CNews: Mabrouk prend ses distances avec le maintien de Morandini à l’antenne

La décision de garder Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews malgré sa condamnation pour corruption de mineurs “ne m’appartient pas”, a déclaré mardi l’une des vedettes de la chaîne, Sonia Mabrouk, selon qui “le respect” qu’elle voue à sa direction n’équivaut pas à “cautionner” ce maintien.”La décision de maintenir Jean-Marc Morandini, c’est une décision qui ne m’appartient pas. C’est la direction de CNews qui a assumé cette décision par fidélité, semble-t-il, à son égard”, a affirmé la journaliste à la fin de son interview politique, après avoir été interpellée par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj.”Votre question est légitime, j’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours”, a dit la journaliste, première figure de la chaîne à prendre publiquement ses distances avec le maintien de M. Morandini à l’antenne.”J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas ça ne vaut de cautionner cela, en aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle”, a-t-elle également développé.”Je pense ce matin, comme vous et avec vous, aux victimes quelles qu’elles soient, et aux victimes les plus jeunes, je pense aux mineurs”, a-t-elle ajouté, en se définissant comme une “mère de famille (…) engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes”.”Ca a été jugé par la justice française, il reste la justice européenne, je ne veux pas me substituer à la justice. Je voudrais simplement dire: il n’a pas été condamné pour ne plus exercer sa profession”, a nuancé Sonia Mabrouk.Interrogée ultérieurement par Le Parisien, la présentatrice a affirmé ne pas “vouloir de chasse à l’homme” ou “vouloir abattre quelqu’un”. “Mais sur ce sujet, il n’y a pas d’ambiguïté à avoir. Ce n’est pas à géométrie variable. Ce n’est pas négociable. La justice française est passée”, a-t-elle ajouté, assurant qu’elle aurait conseillé à M. Morandini de “prendre du recul” si elle avait été l’une de ses proches.Le 15 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de M. Morandini pour corruption de mineurs pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n’admettant pas son pourvoi.Dans la foulée, CNews a annoncé son maintien à l’antenne pour son émission quotidienne, et l’animateur a indiqué qu’il envisageait de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.”On assume complètement” cette décision, a déclaré Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France. CNews, première chaîne info de France en part d’audience, appartient à ce groupe, qui est dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.