13-Novembre: recueillement à Paris et Saint-Denis, dix ans après les attentats

Des commémorations sobres et silencieuses devant le Bataclan et les terrasses parisiennes endeuillées, après une cérémonie devant le stade de France: politiques, victimes et proches des disparus se sont recueillis jeudi devant les lieux des attentats du 13-Novembre, dix ans après une nuit d’horreur.Les noms des 92 victimes du Bataclan – dont deux se sont suicidées depuis le massacre – ont résonné boulevard Voltaire, où une foule d’officiels, de familles et de rescapés s’est rassemblée sur le lieu le plus meurtri des attaques jihadistes.Des membres de la BRI, le visage masqué, sont présents en nombre, dix ans après avoir donné l’assaut contre les terroristes retranchés dans la salle de concert. A eux comme aux autres primo-intervenants, le chef de l’Etat adresse la “reconnaissance” de la Nation. “Vous pouvez être fiers”. Devant les portes du Bataclan, une multitude de bouquets de fleurs ont été déposés au pied d’une plaque où sont gravés les noms des victimes. Chacun attend son tour pour s’en approcher: certains se croisent, se reconnaissent, s’embrassent, se prennent longuement dans les bras ou échangent un petit mot de réconfort, avant de déposer à leur tour une fleur, une bougie, un signe de mémoire.- “La vie continue” -“Aujourd’hui, je peux me souvenir, je peux pleurer, je peux me laisser aller, et puis demain, la vie continue”, confie Sophie Bouchard-Stech à l’AFP, juste avant le début de la cérémonie. L’Allemande fait le voyage chaque année pour rendre hommage à son mari, tombé sous les balles des jihadistes au Bataclan. Devant chacun des lieux frappés par les commandos téléguidés par le groupe Etat islamique (EI) cette funeste soirée du 13 novembre 2015, Arthur Dénouveaux et Philippe Duperron, présidents d’associations de victimes, ont déposé des gerbes de fleurs, avant qu’Emmanuel Macron et Anne Hidalgo ne fassent de même, avant d’observer à chaque fois une minute de silence.”10 ans. La douleur demeure. En fraternité, pour les vies fauchées, les blessés, les familles et les proches, la France se souvient”, a posté sur X le président de la République. Près des terrasses parisiennes, dans les Xe et XIe arrondissements, où 39 vies ont été fauchées au total, dont 21 devant la seule Belle Equipe, le silence règne, les yeux des personnes présentes sont embués de larmes.  Aux alentours, les panneaux publicitaires affichent tous la devise en latin de Paris, “Fluctuat Nec Mergitur” (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas). – “Absence immense” -Les commémorations ont débuté le matin par une cérémonie au stade de France, avec la famille de Manuel Dias, première victime du 13-Novembre, tuée quand trois kamikazes se sont fait exploser devant les portes du stade où se jouait un match amical France-Allemagne.  “Nous n’oublierons jamais; on nous dit de tourner la page dix ans après, mais l’absence est immense”, a dit dans un discours poignant sa fille, Sophie Dias, très émue. Le vendredi 13 novembre 2015, la France a été frappée par les attaques jihadistes les plus meurtrières de son histoire et qui ont profondément marqué le pays. L’hommage national aux 132 morts et à leurs familles, aux blessés et rescapés, aux forces de secours, doit se conclure par l’inauguration à 18H00 d’un jardin mémoriel au coeur de la capitale. Ce jardin est fait de grandes stèles et de blocs de granit, évoquant la géographie des différents lieux visés. Des autocars doivent y emmener les familles et les victimes.La cérémonie orchestrée par Thierry Reboul, déjà à la manœuvre pour l’ouverture des JO-2024, sera retransmise en direct à la télévision et projetée sur grand écran, place de la République à Paris, où un mémorial s’était improvisé il y a dix ans, des Parisiens traumatisés venant y déposer fleurs, bougies et mots. – “Tous ensemble” -“L’objectif cette année, c’est de se dire +soyons tous ensemble+ (…), célébrons évidemment nos morts mais aussi la force de notre République et de notre culture: les terroristes n’ont pas gagné ce soir-là”, a insisté sur RMC Arthur Dénouveaux.”Nous avons été debout pendant 10 ans, nous serons debout (jeudi). Cette cérémonie sera aussi un acte de résistance”, a salué Philippe Duperron, président de l’association “13onze15”. Les commémorations officielles se tiennent sous vigilance renforcée, dans un contexte de menace terroriste “toujours élevée”, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a rappelé sur BFMTV/RMC que “six attentats” avaient été déjoués depuis le début de l’année. Jeudi soir, Notre-Dame de Paris et les églises parisiennes feront sonner leurs cloches “entre 17H57 et 18H02”, a annoncé le diocèse. Des “messes, des veillées, ont lieu dans plusieurs paroisses”, a précisé l’archevêque de Paris Laurent Ulrich.abo-juc-mby-pab-etr-fff-ch/asl/SWI

After novelist’s release, long road to normalising Algeria-France tiesThu, 13 Nov 2025 15:46:02 GMT

The release of novelist Boualem Sansal has de-escalated a crisis in relations between France and its former colony Algeria, but much work remains to be done to normalise ties deeply scarred by history.Algerian-born Sansal, who received French citizenship in 2024, was released on Wednesday after over a year in prison on charges of seeking to …

After novelist’s release, long road to normalising Algeria-France tiesThu, 13 Nov 2025 15:46:02 GMT Read More »

Bruno Retailleau, retour en terrain connu au Sénat avec 2027 dans le viseur

De retour “parmi les siens”: plus d’un an après l’avoir quitté, Bruno Retailleau a retrouvé son siège au Sénat, où ses soutiens espèrent le voir tracer “un chemin pour la droite” en 2027, tout en reconnaissant la mauvaise passe récemment traversée par leur chef.A minuit dans la nuit de mercredi à jeudi, le président des Républicains est formellement redevenu sénateur de Vendée, après avoir respecté le délai légal d’un mois postérieur à la nomination de son successeur Laurent Nuñez au ministère de l’Intérieur.Ce remaniement avait suivi la démission retentissante du premier gouvernement Lecornu… Provoquée, selon de nombreux responsables, par Bruno Retailleau lui-même lorsqu’il avait remis en cause sa participation à l’exécutif, s’attirant de nombreuses critiques.Pour revoir l’ex-locataire de Beauvau dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, il faudra néanmoins probablement patienter jusqu’à la semaine prochaine: en déplacement à Lille jeudi dans le cadre d’un “tour de France” des militants, le chef de la droite ne sera pas à Paris.Son fauteuil l’attend. “Il reprendra très naturellement sa place parmi les siens”, se réjouit Didier Mandelli, le vice-président du Sénat élu lui aussi en Vendée. – En quête d’un “socle” -“Il revient ici avec une autre image, un autre rayonnement, une autre dimension. Ce n’est plus le Bruno qui nous avait quitté il y a un an. C’est désormais un ancien ministre, un président de parti. Il aura une place puissamment singulière dans notre groupe”, prolonge Max Brisson, porte-parole du groupe LR, principale force du Sénat.Un rôle singulier, oui, mais pas de fonction exécutive: le patron de LR ne reprendra pas les rênes du groupe parlementaire, qu’il a pourtant tenues pendant dix ans entre 2014 et 2024. Formant un duo solide avec le président du Sénat Gérard Larcher, avec lequel il a déjeuné mercredi.Depuis la nomination du Vendéen dans le gouvernement de Michel Barnier, la présidence du groupe est en effet assurée par Mathieu Darnaud, sénateur de l’Ardèche. Un proche de Gérard Larcher qui “n’est pas un président par intérim”, martèle un haut responsable du Sénat, assurant qu’il n’a jamais été question pour Bruno Retailleau de réclamer son ancien poste.La situation n’a pas manqué d’être soulignée ces derniers jours par les soutiens de Laurent Wauquiez, rival interne de l’ex-ministre qui préside, lui, le groupe LR de l’Assemblée.”Bruno ne s’intéresse qu’à son retour au Sénat. Il fait tout pour essayer de retrouver un appui, un socle, parce qu’il a l’impression que le monde se dérobe sous ses pieds”, avance un proche du chef des députés.Le patron du parti gaulliste arrive néanmoins en terrain conquis au Sénat, où ses soutiens sont beaucoup plus nombreux qu’à l’Assemblée nationale.Ici, ses troupes ont même globalement soutenu sa décision de ne pas participer au deuxième gouvernement de Sébastien Lecornu. – “Remonter sur le cheval” -“On aurait préféré qu’il reste, mais dans d’autres conditions”, explique la sénatrice de Charente-Maritime Corinne Imbert. “Ca lui a coûté, mais il a eu le courage de renoncer pour ne pas avoir à s’asseoir sur ses convictions”.”Cela été un mauvais épisode”, reconnaît Max Brisson, “mais il sera désormais jugé dans sa capacité à remonter sur le cheval, trouver un chemin pour la droite française et construire un projet politique”.Au Sénat, ses proches l’ont encouragé à sillonner la France pour rencontrer les militants.”C’est important pour lui qu’il aille à leur rencontre, pour expliquer son parcours à Beauvau, sans doute aussi pour expliquer les raisons de son départ. C’est nécessaire”, insiste Didier Mandelli.Tous, toutefois, s’attendent à le voir prendre position comme sénateur sur plusieurs sujets majeurs.Il sera notamment attendu au tournant sur le dossier algérien. La “ligne ferme” qu’il prônait a été vivement critiquée mercredi après la libération de l’écrivain Boualem Sansal, de nombreuses voix  – dont l’Elysée – mettant en avant la réussite du dialogue diplomatique dans cette affaire.La voix du Vendéen risque également de se faire entendre lors de l’examen du budget, en passe de s’ouvrir au Sénat. En qualifiant mercredi de “capitulation” le vote par l’Assemblée de la “suspension” de la réforme des retraites, Bruno Retailleau a déjà posé les bases du débat.

Mexican car industry fears higher tariffs on China will drive its demise

Mexico’s car assembly industry, one of the biggest in the world, fears US President Donald Trump’s tariff war will impede access to an increasingly indispensable component: digital dashboard touchscreens for which parts are sourced mainly in China.As Washington has engaged Beijing in a commercial tug-of-war, Mexico has come under pressure to act in step with its wealthier northern neighbor, and its Congress is considering hiking tariffs on Chinese imports.President Claudia Sheinbaum insists the measure is meant to boost domestic manufacturing.One problem: Mexico does not produce most of the electronic parts used in car assembly — particularly for the dashboard screens that provide drivers with real-time navigation and music at their fingertips. China does.And even if alternative sources could be found, it would take time while prices go up in the short term, undermining a mainstay of the country’s export economy, industry players told AFP.One company that has expressed concern is Germany headquartered Aumovio, which assembles dashboard displays in Guadalajara in Mexico’s west for car companies including Ford, and General Motors and Stellantis.”We have had talks with the Secretary of Economy as a group, not just Aumovio but the entire automotive industry, and we…explained to them the dependence we have” on Chinese parts, Aumovio purchasing director Carlos Gomez told AFP.He said building an alternative supply chain would require a significant investment in machinery and skills training and would take years.- ‘An opportunity’ -Amapola Grijalva of the Mexico-China Chamber of Commerce told AFP the government risked harming the car industry, which has thrived under the USMCA free-trade deal between Mexico, the United States and Canada.”There are components such as electric batteries and electronic components that we believe are very difficult to obtain from other places,” she said.”Nowadays, especially…electronics, photovoltaic generation, and batteries for all kinds of applications, including motorcycles and motor vehicles, come from China because they are truly very efficient.”The Trump administration has said Chinese producers are abusing the USMCA to send goods northward over the Mexican border tariff-free.Many interpreted Sheinbaum’s proposal of a tariff hike on China and other countries with which Mexico has no free-trade agreements as a capitulation to her powerful northern counterpart.According to Luis de la Calle, a Mexican economist who was involved in negotiating the NAFTA trade deal that preceded the USMCA, Sheinbaum’s tariff increases were at least partly driven by a desire to protect the domestic industry. Mexico’s trade deficit with China rose to a record of nearly $120 billion last year.”Not all the increases made were for reasons related to the United States,” de la Calle told AFP.One company that could benefit, for example, is Kold Roll, a manufacturer of steel bars used in cars and other products.”We see it as an opportunity,” said general manager Eric Gonzalez.Mexico replaced China in 2023 as the largest trading partner of the United States, which bought more than 80 percent of its exports.Mexico sends nearly 3 million automobiles to the United States every year, including cars and trucks assembled on its soil by US companies.

Mexican car industry fears higher tariffs on China will drive its demise

Mexico’s car assembly industry, one of the biggest in the world, fears US President Donald Trump’s tariff war will impede access to an increasingly indispensable component: digital dashboard touchscreens for which parts are sourced mainly in China.As Washington has engaged Beijing in a commercial tug-of-war, Mexico has come under pressure to act in step with its wealthier northern neighbor, and its Congress is considering hiking tariffs on Chinese imports.President Claudia Sheinbaum insists the measure is meant to boost domestic manufacturing.One problem: Mexico does not produce most of the electronic parts used in car assembly — particularly for the dashboard screens that provide drivers with real-time navigation and music at their fingertips. China does.And even if alternative sources could be found, it would take time while prices go up in the short term, undermining a mainstay of the country’s export economy, industry players told AFP.One company that has expressed concern is Germany headquartered Aumovio, which assembles dashboard displays in Guadalajara in Mexico’s west for car companies including Ford, and General Motors and Stellantis.”We have had talks with the Secretary of Economy as a group, not just Aumovio but the entire automotive industry, and we…explained to them the dependence we have” on Chinese parts, Aumovio purchasing director Carlos Gomez told AFP.He said building an alternative supply chain would require a significant investment in machinery and skills training and would take years.- ‘An opportunity’ -Amapola Grijalva of the Mexico-China Chamber of Commerce told AFP the government risked harming the car industry, which has thrived under the USMCA free-trade deal between Mexico, the United States and Canada.”There are components such as electric batteries and electronic components that we believe are very difficult to obtain from other places,” she said.”Nowadays, especially…electronics, photovoltaic generation, and batteries for all kinds of applications, including motorcycles and motor vehicles, come from China because they are truly very efficient.”The Trump administration has said Chinese producers are abusing the USMCA to send goods northward over the Mexican border tariff-free.Many interpreted Sheinbaum’s proposal of a tariff hike on China and other countries with which Mexico has no free-trade agreements as a capitulation to her powerful northern counterpart.According to Luis de la Calle, a Mexican economist who was involved in negotiating the NAFTA trade deal that preceded the USMCA, Sheinbaum’s tariff increases were at least partly driven by a desire to protect the domestic industry. Mexico’s trade deficit with China rose to a record of nearly $120 billion last year.”Not all the increases made were for reasons related to the United States,” de la Calle told AFP.One company that could benefit, for example, is Kold Roll, a manufacturer of steel bars used in cars and other products.”We see it as an opportunity,” said general manager Eric Gonzalez.Mexico replaced China in 2023 as the largest trading partner of the United States, which bought more than 80 percent of its exports.Mexico sends nearly 3 million automobiles to the United States every year, including cars and trucks assembled on its soil by US companies.

Protection de l’enfance : l’accompagnement des majeurs, une opération “rentable” selon des associations

Une “piste de réflexion” en plein débat budgétaire : des associations mettent en avant le “gain financier” d’un accompagnement effectif des jeunes majeurs issus de l’aide sociale à l’enfance (Ase), exhortant Etat et collectivités à investir sur le long-terme. Au-delà “d’une nécessité sociale et humaine”, l’accompagnement de ce public vulnérable “est un investissement économique largement rentable pour les finances publiques”, selon une étude publiée jeudi par le collectif Cause majeur !En croisant des données de la Drees, de l’Insee, de France Travail, de l’Assurance maladie ou des impôts, ce collectif, qui regroupe une trentaine d’associations (Apprentis d’Auteuil, Sos Villages d’enfants …) , s’est basé sur trois parcours de vie : un accompagnement jusqu’à 18 ans, un jusqu’à 21 ans et un jusqu’à 25 ans.Ses calculs, qui prennent en compte à la fois les dépenses (RSA, hébergement d’urgence…) et les recettes (cotisations sociales, patronales, impôts sur le revenu…) dans chacun des trois scénarios, concluent à un “gain net total de 1,8 million d’euros sur l’ensemble de la vie du jeune” en cas d’accompagnement jusqu’à 25 ans – “soit 21 fois le coût initial de son accompagnement jeune majeur”.”Chaque euro investi dans l’accompagnement rapporte plusieurs fois sa valeur à la collectivité alors que les sorties sèches enferment les jeunes dans la précarité et coûtent bien plus cher à la société, humainement et financièrement”, insiste Florine Pruchon, responsable du plaidoyer du collectif qui espère que l’exécutif se saisisse de cette “piste de réflexion”.Depuis la loi Taquet de 2022, tout jeune majeur issu de la protection de l’enfance – ils sont selon les derniers chiffres officiels plus de 30.000 sur l’ensemble du territoire – et ne disposant pas de ressources ou d’un soutien familial suffisants a droit à un accompagnement matériel, éducatif et psychologique.Mais les manquements à ce principe, qui vise à éviter une bascule de ces jeunes aux parcours cabossés et tout juste sortis de l’adolescence dans la précarité, le chômage ou le sans-abrisme, restent nombreux.Ces derniers mois, la Cour des comptes et l’Igas, l’inspection générale des affaires sociales, ont coup sur coup pointé une mise en oeuvre très disparate selon les départements, qui ont compétence en la matière. – “Gâchis social” -Sur le terrain, des associations sont à pied d’oeuvre pour tenter de pallier l’absence de l’Etat, à l’image des Apprentis d’Auteuil qui ont mis en place un dispositif d’accompagnement, la Touline, en 2016.”On aide ces jeunes dans leurs démarches en termes d’accès au logement, à l’emploi et aux services de santé mais surtout on contribue à rompre leur isolement”, explique Maxime Chopard, coordinateur du dispositif qui accompagne chaque année entre 1.500 et 2.000 jeunes dont une majorité d’ex-mineurs non accompagnés (MNA).Mais pour aider ce public au “parcours chaotique parfois traumatisant”, il faut des financements publics “à la hauteur”, ajoute-t-il. “Or pour la première fois, on va devoir fermer une Touline faute de financement. Au 1er janvier 2026, 110 jeunes vont rester sur le trottoir”. Estimant que “la société a tout à gagner à accompagner” ces jeunes, l’ensemble des associations réunies dans Cause majeur ! appellent à l’instauration d’un véritable “droit opposable à l’accompagnement”, à poursuivre cet accompagnement “jusqu’à 25 ans si nécessaire” et à un “financement pérenne” de l’Etat. “C’est quand même incompréhensible et absurde que ces jeunes qui ont été soutenus durant leur minorité soient livrés à eux-mêmes du jour au lendemain”, relève Florine Pruchon, dénonçant un “vrai gâchis social”. “Il est temps que les politiques mettent un terme aux logiques court-termistes.”

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Au Kirghizstan, l’avenir incertain d’une rare forêt ancestrale de noyers

“La forêt était tellement dense avant. Mais elle s’est éclaircie”, se remémore Assel Alicheva. En Asie centrale, la plus ancienne forêt de noyers sauvages au monde est menacée, piétinée par les vaches et brûlée par le soleil.Enfant, Mme Alicheva avait “peur d’y aller”. “C’était impossible d’y marcher. Maintenant il y a moins d’arbres, la différence est grande”, dit la septuagénaire en cassant des noix à Arslanbob (ou Arslanbap), village du Kirghizstan.En cette fin d’automne, le silence de cette forêt qui s’étend sur les contreforts d’une montagne de 4.200 mètres d’altitude est troublé par le bruissement des feuilles mortes remuées par les bâtons des femmes et enfants. Tous recherchent des noix, présentes ici depuis environ un millénaire et ressource économique cruciale dans la région de Djalal-Abad (centre).”C’est notre gagne-pain. Il n’y a pas d’autres options, uniquement les noix”, résume Arno Narynbaïeva, 53 ans, qui en ramasse “depuis son enfance”.Mais le fruit à coque est pris entre deux étaux: d’un côté les activités humaines, avec le surpâturage du bétail et les coupes illégales, de l’autre le réchauffement climatique.Ces noyers sont dispersés dans une forêt relique de 600.000 hectares, apparue il y a entre 10 et 50 millions d’années, qui “revêt une importance capitale pour le monde entier” car elle conserve “un important patrimoine génétique”, avec des espèces ancestrales, explique l’expert forestier Zakir Sarymsakov.- Sécheresse et vaches -Mais les habitants des alentours interrogés par l’AFP soulignent l’enchaînement des mauvaises récoltes.”La chaleur est néfaste pour les noix: elles tombent, brûlent et noircissent”, résume la ramasseuse, Mme Narynbaïeva.Au bazar, la revendeuse Jazgoul Omourzakova assure ne “pas avoir vu ça avant”. “Dans les années 2000, on recevait d’importantes quantités, jusqu’à 15 tonnes par jour. Aujourd’hui, trois-quatre tonnes, ça diminue d’année en année”, dit la quadragénaire, qui espère “continuer à en exporter en Russie”.”Le climat se réchauffe, les noix perdent en qualité, elles rougissent. Nous devons expédier des cerneaux blancs (prisés en pâtisserie), mais il y en a de moins en moins”, explique-t-elle.Car comme le souligne le spécialiste Zakir Sarymsakov, “le noyer supporte mal la chaleur”.Ce qui est de mauvais augure car l’Asie centrale s’est réchauffée d’environ 1,5°C en trois décennies, deux fois plus que la moyenne mondiale, selon les scientifiques.”Ces 15-20 dernières années, nos forêts de noyers ont également subi les conséquences du changement climatique, avec des périodes de sécheresse plus fréquentes”, note M. Sarymsakov.Le stress hydrique menace aussi le million de plants de la pépinière d’Arslanbob pour reboiser la forêt.”Il n’a pas plu et il a fait très chaud, la terre s’est asséchée, l’herbe a fané”, constate le jardinier Temir Emirov. “Les plants n’ont pas reçu d’eau depuis un mois et utilisent leur propre humidité pour survivre”.- “Concilier économie et nature” -Au quotidien, la forêt d’Arslanbob lutte contre d’autres ennemis redoutables.”Le bétail est un problème”, estime le garde-forestier Ibraguim Tourgounbekov, responsable de la pépinière, qui se bat aussi contre les “coupes illégales de bois”.Avec l’augmentation des cheptels privés après la chute de l’URSS, les vaches errent dans la forêt, mangent les jeunes pousses et piétinent le sol, empêchant la régénération naturelle et accélérant la désertification.Et les arbres ont longtemps été utilisés comme bois de chauffe, préféré au charbon, plus cher.Avec ses équipes, le garde-forestier Tourgounbekov multiplie les actions de prévention, dresse des contraventions et tente de convaincre les éleveurs de réduire leur cheptel.Pour préserver la forêt, des spécialistes proposent de taxer le surplus de bétail, le gouvernement veut restreindre le pâturage près des habitations et même les imams appellent les fidèles à protéger les noyers.Selon M. Tourgounbekov, “il est nécessaire de diversifier les options économiques des habitants et d’apprendre à concilier économie et nature”, notamment en misant sur le tourisme durable ou en donnant une valeur ajoutée aux noix.”Si nous transformons les noix en parfums ou en huiles et les expédions en Europe, la valeur de la noix augmentera. En vendant plus cher, les locaux seront motivés et prendront davantage soin de la forêt”, propose M. Tourgounbekov.Des conseils que tente d’appliquer la nouvelle génération.Dans son atelier, le lycéen Abdoulaziz Khalmouradov fabrique après les cours de l’huile de noix avec des pressoirs artisanaux.”J’ai de grands projets: je veux augmenter le nombre de machines et produire plusieurs types d’huiles”, dit l’adolescent de 16 ans, qui voudrait viser la clientèle étrangère.”Le tourisme à Arslanbob est peu développé. Si le nombre de touristes augmente, les volumes augmenteront”, estime, confiant, l’apprenti entrepreneur. “Dès que nous aurons obtenu les certificats, nous pourrons exporter”.

Au Kirghizstan, l’avenir incertain d’une rare forêt ancestrale de noyers

“La forêt était tellement dense avant. Mais elle s’est éclaircie”, se remémore Assel Alicheva. En Asie centrale, la plus ancienne forêt de noyers sauvages au monde est menacée, piétinée par les vaches et brûlée par le soleil.Enfant, Mme Alicheva avait “peur d’y aller”. “C’était impossible d’y marcher. Maintenant il y a moins d’arbres, la différence est grande”, dit la septuagénaire en cassant des noix à Arslanbob (ou Arslanbap), village du Kirghizstan.En cette fin d’automne, le silence de cette forêt qui s’étend sur les contreforts d’une montagne de 4.200 mètres d’altitude est troublé par le bruissement des feuilles mortes remuées par les bâtons des femmes et enfants. Tous recherchent des noix, présentes ici depuis environ un millénaire et ressource économique cruciale dans la région de Djalal-Abad (centre).”C’est notre gagne-pain. Il n’y a pas d’autres options, uniquement les noix”, résume Arno Narynbaïeva, 53 ans, qui en ramasse “depuis son enfance”.Mais le fruit à coque est pris entre deux étaux: d’un côté les activités humaines, avec le surpâturage du bétail et les coupes illégales, de l’autre le réchauffement climatique.Ces noyers sont dispersés dans une forêt relique de 600.000 hectares, apparue il y a entre 10 et 50 millions d’années, qui “revêt une importance capitale pour le monde entier” car elle conserve “un important patrimoine génétique”, avec des espèces ancestrales, explique l’expert forestier Zakir Sarymsakov.- Sécheresse et vaches -Mais les habitants des alentours interrogés par l’AFP soulignent l’enchaînement des mauvaises récoltes.”La chaleur est néfaste pour les noix: elles tombent, brûlent et noircissent”, résume la ramasseuse, Mme Narynbaïeva.Au bazar, la revendeuse Jazgoul Omourzakova assure ne “pas avoir vu ça avant”. “Dans les années 2000, on recevait d’importantes quantités, jusqu’à 15 tonnes par jour. Aujourd’hui, trois-quatre tonnes, ça diminue d’année en année”, dit la quadragénaire, qui espère “continuer à en exporter en Russie”.”Le climat se réchauffe, les noix perdent en qualité, elles rougissent. Nous devons expédier des cerneaux blancs (prisés en pâtisserie), mais il y en a de moins en moins”, explique-t-elle.Car comme le souligne le spécialiste Zakir Sarymsakov, “le noyer supporte mal la chaleur”.Ce qui est de mauvais augure car l’Asie centrale s’est réchauffée d’environ 1,5°C en trois décennies, deux fois plus que la moyenne mondiale, selon les scientifiques.”Ces 15-20 dernières années, nos forêts de noyers ont également subi les conséquences du changement climatique, avec des périodes de sécheresse plus fréquentes”, note M. Sarymsakov.Le stress hydrique menace aussi le million de plants de la pépinière d’Arslanbob pour reboiser la forêt.”Il n’a pas plu et il a fait très chaud, la terre s’est asséchée, l’herbe a fané”, constate le jardinier Temir Emirov. “Les plants n’ont pas reçu d’eau depuis un mois et utilisent leur propre humidité pour survivre”.- “Concilier économie et nature” -Au quotidien, la forêt d’Arslanbob lutte contre d’autres ennemis redoutables.”Le bétail est un problème”, estime le garde-forestier Ibraguim Tourgounbekov, responsable de la pépinière, qui se bat aussi contre les “coupes illégales de bois”.Avec l’augmentation des cheptels privés après la chute de l’URSS, les vaches errent dans la forêt, mangent les jeunes pousses et piétinent le sol, empêchant la régénération naturelle et accélérant la désertification.Et les arbres ont longtemps été utilisés comme bois de chauffe, préféré au charbon, plus cher.Avec ses équipes, le garde-forestier Tourgounbekov multiplie les actions de prévention, dresse des contraventions et tente de convaincre les éleveurs de réduire leur cheptel.Pour préserver la forêt, des spécialistes proposent de taxer le surplus de bétail, le gouvernement veut restreindre le pâturage près des habitations et même les imams appellent les fidèles à protéger les noyers.Selon M. Tourgounbekov, “il est nécessaire de diversifier les options économiques des habitants et d’apprendre à concilier économie et nature”, notamment en misant sur le tourisme durable ou en donnant une valeur ajoutée aux noix.”Si nous transformons les noix en parfums ou en huiles et les expédions en Europe, la valeur de la noix augmentera. En vendant plus cher, les locaux seront motivés et prendront davantage soin de la forêt”, propose M. Tourgounbekov.Des conseils que tente d’appliquer la nouvelle génération.Dans son atelier, le lycéen Abdoulaziz Khalmouradov fabrique après les cours de l’huile de noix avec des pressoirs artisanaux.”J’ai de grands projets: je veux augmenter le nombre de machines et produire plusieurs types d’huiles”, dit l’adolescent de 16 ans, qui voudrait viser la clientèle étrangère.”Le tourisme à Arslanbob est peu développé. Si le nombre de touristes augmente, les volumes augmenteront”, estime, confiant, l’apprenti entrepreneur. “Dès que nous aurons obtenu les certificats, nous pourrons exporter”.

Fin de la plus longue paralysie budgétaire des Etats-Unis

Donald Trump a promulgué mercredi la loi mettant fin à la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des Etats-Unis, dont il a profité pour éreinter l’opposition démocrate et vanter une nouvelle fois sa politique économique.”Nous ne céderons jamais au chantage”, a lancé le président américain en signant le texte adopté peu avant par le Congrès américain, après 43 jours qui ont bouleversé des pans entiers de l’économie américaine.Plusieurs agences fédérales ont demandé à leurs salariés de se présenter au travail dès jeudi, selon des médias américains. Les fonctionnaires des ministères de la Santé et des Services sociaux, de l’Intérieur, du Logement, du Développement urbain et de la Justice ont été invités à reprendre le travail.- Le blocage sur l'”Obamacare” -Cherchant à sortir victorieux de ce bras de fer avec l’opposition, Donald Trump a attaqué les “extrémistes de l’autre parti”, les accusant d’avoir mis le gouvernement à l’arrêt pour “des raisons purement politiciennes”.Selon lui, “le pays ne s’est jamais mieux porté”, alors même que les sondages font état d’un mécontentement croissant des Américains sur la santé de l’économie nationale.Après le Sénat lundi, la Chambre des représentants a approuvé la proposition de loi budgétaire avec 222 voix pour et 209 contre. Seuls six élus démocrates ont rejoint la majorité présidentielle, mais deux républicains ont voté contre.”Le combat n’est pas fini”, a affirmé sur la chaîne CBS Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre, promettant que les démocrates allaient maintenir la pression sur l’administration Trump pour prolonger des subventions en faveur de l'”Obamacare”, la couverture santé des plus précaires.Le ténor démocrate a de nouveau appelé les républicains à tenir leur promesse d’organiser rapidement un vote sur ce programme. “Il n’est pas trop tard” pour prolonger ces subventions, a-t-il ajouté.Car le texte voté par le Congrès laisse dans le flou cette question cruciale, au delà du 31 décembre prochain. Et Donald Trump n’a fait aucun mystère de ses intentions, qualifiant ce dispositif de “désastre” et de “cauchemar” qu’il convient de supprimer. Il estime qu’au lieu de subventionner un système collectif, il faudrait redistribuer les financements “directement” aux Américains, afin que ces derniers choisissent individuellement leurs assurances-santé.Des questions au coeur du différend qui a conduit au “shutdown”. Sans leur prolongation, les coûts de l’assurance santé devraient plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains qui utilisent “Obamacare”, selon KFF, cercle de réflexion spécialisé sur les questions de santé.- Rares concessions -Après plus de 40 jours d’impasse budgétaire, une poignée de sénateurs démocrates avaient fini par rendre les armes lundi en approuvant avec leurs collègues républicains une nouvelle proposition de loi, qui étend le budget précédent jusqu’au 30 janvier.Parmi les seules concessions à l’opposition, le texte prévoit la réintégration des fonctionnaires licenciés depuis le début du “shutdown”.Il comprend également des fonds pour le programme d’aide alimentaire SNAP jusqu’en septembre, évitant ainsi que cette aide, dont bénéficient plus de 42 millions d’Américains, soit gelée en cas de nouvelle paralysie budgétaire fin janvier, comme ce fut le cas lors de ce blocage.Depuis le 1er octobre, plus d’un million de fonctionnaires n’étaient pas payés. Le versement de certaines aides a été fortement perturbé, et des dizaines de milliers de vols ont été annulés ces derniers jours en raison de pénuries de contrôleurs aériens, dont certains avaient choisi de se faire porter pâle plutôt que de travailler sans salaire.La reprise des vols devaient se faire progressivement dans les heures et jours qui viennent, à l’image d’une économie toute entière qui devra être relancée. A 09H00 GMT jeudi, près d’un millier de vols avaient été annulés aux Etats-Unis et plus de 400 avaient enregistré des retards, selon le site FlightAware.Le “shutdown” aura aussi des conséquences politiques encore difficiles à évaluer. De nombreux démocrates se sont demandé pourquoi quelques sénateurs avaient cédé quelques jours seulement, après de larges victoires de leur parti dans d’importantes élections à travers le pays, notamment à la mairie de New York, qui validaient selon eux leur stratégie au Congrès.Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, s’est notamment lamenté sur une “capitulation” dans un message sur X.