L’ex-cheffe de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini arrêtée dans une enquête pour fraude

L’ancienne cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a été placée en garde à vue mardi en Belgique, dans le cadre d’une enquête pour usage frauduleux de fonds européens, selon une source proche du dossier.La responsable italienne de 52 ans, qui fut Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères de 2014 à …

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Le pape Léon XIV appelle à la fin des attaques contre le Liban au terme de son premier voyage à l’étranger

Le pape Léon XIV a demandé mardi avant de s’envoler pour le Vatican “l’arrêt des attaques” contre le Liban, soumis à des frappes israéliennes régulières, et souhaité lors d’une messe devant plus de 150.000 fidèles à Beyrouth que la paix prévale au Moyen-Orient.Pendant trois jours, le pape a été accueilli avec ferveur émotion dans le petit pays, dernière étape de son premier voyage international qui l’a d’abord conduit en Turquie.”Que cessent les attaques et les hostilités”, a lancé le chef de l’Eglise catholique dans un discours à l’aéroport de Beyrouth avant de prendre l’avion.”Les armes tuent, tandis que la négociation, la médiation et le dialogue construisent. Choisissons tous la paix comme chemin (…)”, a-t-il dit.Le Liban a connu une guerre meurtrière avec Israël il y a un an et craint une nouvelle escalade malgré le cessez-le-feu.Après une récente intensification des frappes aériennes, Israël n’en a pas mené pendant la visite du pape.”Oui je pense qu’une paix durable est atteignable, (…) parce que je crois fermement qu’il est possible que la paix revienne dans la région, dans votre pays, au Liban”, a par la suite déclaré le pape dans l’avion le ramenant à Rome.”J’ai d’ailleurs déjà, modestement, entamé des discussions avec certains dirigeants (…) et j’entends poursuivre dans ce sens, personnellement ou par l’intermédiaire du Saint-Siège”, a précisé Léon XIV.- “Signe d’espoir” -Plus tôt dans la journée, lors d’une messe en plein air sur le front de mer à Beyrouth, moment fort de sa visite, le souverain pontife avait déjà appelé à la paix dans la région.”Le Moyen-Orient a besoin de nouvelles approches afin de rejeter la mentalité de vengeance et de violence (..) et d’ouvrir de nouveaux chapitres au nom de la réconciliation et de la paix”, a-t-il déclaré. Les mots du pape sont “un signe d’espoir pour le Liban”, confie à l’AFP Elias Fadel, 22 ans. “J’espère qu’il n’y aura pas de guerre”, ajoute le jeune homme, reflétant l’inquiétude qui prévaut au Liban.Dès l’aube, les fidèles, dont beaucoup sont venus de pays du Moyen-Orient, avaient afflué, portant des drapeaux du Vatican et du Liban.A bord de sa papamobile, le pape a été acclamé dans une atmosphère mêlant ferveur et joie.”J’espère que la paix va régner dans ce beau pays qui réunit toutes les confessions et religions”, dit Sandra Naïm, 37 ans.- Prière silencieuse -Avant la messe, le souverain pontife s’était recueilli sur le site de l’explosion du port de Beyrouth, qui a dévasté plusieurs zones de la capitale en 2020, faisant plus de 220 morts.Il a béni les proches des victimes, dont beaucoup étaient émus aux larmes et portaient les portraits de leurs êtres chers tués.”Nous avons besoin de justice pour nos frères et pour toutes les victimes de cette explosion”, a déclaré Cécile Roukoz, une avocate qui a perdu son frère.Le pape a déclaré que cette visite au port l’avait “profondément touché”. “J’ai prié pour toutes les victimes et je porte en moi la douleur et la soif de vérité et de justice de tant de familles, de tout un pays”, a-t-il dit.Cinq ans après la catastrophe, justice n’a pas encore été rendue, des responsables politiques ayant fait obstruction à l’enquête.La déflagration, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’Histoire, avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d’ammonium malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.- “Père des oubliés” -Tôt mardi, Léon XIV s’était rendu dans un hôpital psychiatrique tenu par des religieuses près de Beyrouth, où il a été accueilli par des applaudissements.Marie Makhlouf, la mère supérieure des Soeurs franciscaines de la Croix, a remercié le pape, “père des oubliés et des marginalisés”.En dépit du rôle politique important que jouent les chrétiens au Liban, seul Etat arabe où le poste de président de la République est réservé à cette communauté, ces derniers ont vu leur nombre diminuer au cours des dernières décennies, notamment en raison de l’émigration des jeunes.Le chef de l’Eglise catholique a également appelé les chrétiens d’Orient à faire preuve de “courage”.”Toute l’Eglise vous regarde avec affection et admiration”, leur a-t-il assuré.La visite du pape est venue “nous rappeler que le monde n’a pas oublié le Liban, qu’il existe encore des coeurs qui prient pour lui et œuvrent pour sa paix”, a déclaré en lui faisant ses adieux le président libanais Joseph Aoun.cmak-lar-at-ljm/jra/mdh

En plein débat budgétaire, CGT, FSU et Solidaires peinent à mobiliser contre l’austérité

La journée d'”alerte” contre l’austérité budgétaire et pour les salaires ne fait pas le plein: la mobilisation à l’appel de trois syndicats, dont la CGT, est restée mardi bien en-deçà de celles constatées lors des manifestations de septembre et octobre.Au moment où le budget 2026 de la Sécurité sociale revient devant les députés, la CGT, la FSU et Solidaires avaient appelé à une nouvelle mobilisation contre le doublement des franchises médicales, le gel des pensions de retraites et des prestations sociales ou encore “la violente baisse du budget des hôpitaux et des Ehpad, de la culture, des associations et des collectivités”. Avec un trafic ferroviaire quasi-normal et peu d’enseignants grévistes, le mouvement est resté peu visible.A Paris, un cortège de quelques milliers de personnes s’est élancé vers 14H00 de la place de la Bourse vers la place de la République, a constaté l’AFP. “On dégraisse, ils engraissent, changeons de régime”, “pour un budget de progrès social”, pouvait-on lire sur des pancartes. Mais dès 15h45, la majorité des manifestants s’était dispersée.La CGT a décompté 17.000 participants à Paris. Selon le ministère de l’Intérieur, les manifestants étaient 31.900 dans toute la France, contre 500.000 le 18 septembre et 195.000 le 2 octobre, deux journées de mobilisation à l’appel d’une intersyndicale plus large incluant notamment la CFDT et FO.Mardi, les syndicats annonçaient quelque 150 rassemblements et cortèges à travers la France.A Nantes, au moins 1.500 personnes selon les syndicats, la moitié selon la préfecture, ont défilé en fin de matinée derrière une banderole “on prend la rue pour sortir de l’impasse”. A Rennes, une journaliste de l’AFP a dénombré quelques centaines de manifestants.”Quand on voit que la taxe Zucman a été refusée par l’Assemblée nationale et que de l’autre côté ils vont supprimer la prime de Noël pour ceux qui n’ont pas d’enfant parce qu’ils estiment qu’ils (…) n’en ont pas besoin, c’est tellement immonde, c’est répugnant”, s’exaspère Pascale Chaubard, 55 ans, battant le pavé à Paris, revêtue d’une chasuble de la CGT.Enseignant dans un lycée polyvalent, Maxime Sognac, 37 ans, manifeste avec une pancarte “Elèves, ni chair à patrons ni chair à canons. Des moyens pour l’éducation”. “On constate qu’il y a une casse du service public, qui est la richesse de ceux qui n’ont rien”, déplore-t-il.- “Décisifs” -“A partir d’aujourd’hui, le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale est dans sa dernière lecture à l’Assemblée nationale, ce qui signifie que tous les votes vont être décisifs pendant les 15 prochains jours”, a souligné la cheffe de file de la CGT, Sophie Binet, avant le départ du cortège.Les députés devraient ré-indexer sur l’inflation les minima sociaux et pensions de retraite et suspendre de nouveau la réforme des retraites (après le rejet de la suspension par le Sénat), exigent les manifestants.Autre point brûlant: les franchises médicales, que le gouvernement entend doubler par décret. Le Premier ministre rencontre mardi le groupe écologiste, qui appelle à renoncer à cette mesure et dont le vote pourrait être décisif pour le budget de la Sécurité sociale.”Il faut un budget, mais pas à n’importe quel prix”, a insisté mardi matin Sophie Binet sur France Inter.”On est aussi tout à fait responsables et conscients qu’il est nécessaire de réduire le déficit”, a assuré la secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé, dans le cortège parisien. Mais “réduire le déficit, ça ne peut pas se faire sur le dos des services publics, (…) de l’hôpital, de l’école ou de celles et ceux, dans les collectivités territoriales, qui sont en charge des politiques sociales”.Le ministère de l’Education nationale a annoncé un taux de grévistes de 5,27% chez les enseignants, celui de la fonction publique a recensé 3,43% de grévistes dans l’ensemble de la fonction publique d’Etat et 1,84% dans la fonction publique territoriale.Dans la matinée, le trafic ferroviaire était quasi-normal, avec des perturbations concentrées sur les régions Centre-Val de Loire et Occitanie, selon la SNCF. En Ile-de-France, seul le RER C est légèrement perturbé, avec 9 trains sur 10 en circulation.burs-bj-boc/dsa

Ligue des nations: Claudia Pina permet à l’Espagne de conserver son bien

Championne du monde en 2023 et vice-championne d’Europe en 2025, l’Espagne a remporté mardi soir à Madrid sa deuxième Ligue des nations, en faisant plier l’Allemagne (3-0) dans la dernière demi-heure de la finale retour, avec notamment un doublé de Claudia Pina.A l’aller, les joueuses de Sonia Bermudez, nommée à la tête de la sélection espagnole après la finale perdue contre l’Angleterre à l’Euro-2025, avaient plié mais n’avaient pas rompu (0-0), face aux multiples occasions pour les Allemandes, sur la pelouse du Fritz-Walter-Stadion de Kaiserslautern (sud de l’Allemagne).Mardi soir, devant plus de 55.000 spectateurs (55.843) dont le Roi d’Espagne Felipe VI, c’est Claudia Pina qui a délivré son équipe peu après l’heure de jeu, avec un doublé en l’espace d’un quart d’heure.A la 61e minute, venue de son aile droite, la joueuse du FC Barcelone a trouvé en appui Mariona Caldentey, qui lui a remis en retrait. Pina a ensuite assuré sa frappe du plat du pied droit, pour tromper la gardienne de but allemande Ann-Katrin Berger.Quelques minutes plus tôt, Pina avait effectué un retour décisif pour empêcher la frappe de l’Allemande Nicole Anyomi, seule à huit mètres du but espagnol mais dont le contrôle trop approximatif a permis à Pina de revenir.- Sans Bonmati -Sept minutes après l’ouverture du score, Vicky Lopez s’est jouée de la défense centrale allemande, avec une superbe frappe du pied gauche dans le petit filet opposé de Berger, qui n’a rien pu faire.A l’entame du dernier quart d’heure, Pina a récupéré au milieu de terrain une relance de Janina Minge, a remonté la balle sur près de 35 mètres puis a déclenché une somptueuse frappe à l’entrée de la surface de réparation, le ballon allant se loger en pleine lucarne.Les Espagnoles étaient privées pour cette finale retour de leur triple lauréate du Ballon d’Or, Aitana Bonmati (2023, 2024, 2025), victime à l’entraînement dimanche d’une fracture du péroné gauche et qui sera absente pour cinq mois.Elles remportent la Ligue des nations pour la deuxième fois en autant d’éditions. Fin février 2024, elles avaient battu la France en finale (2-0), qui se jouaient à l’époque sur un match.Tombeuses de la France en demi-finales (3-2 au cumul aller-retour) de cette Ligue des nations, les coéquipières de Guilia Gwinn pourront regretter les nombreuses occasions manquées en finale aller, face aux Espagnoles qui les avaient privées de finale à l’Euro-2025, au bout de la prolongation sur un but de Bonmati (1-0, 112e).

Casse du Louvre: le quatrième membre présumé du commando placé en détention provisoire

Le quatrième membre présumé du commando du casse du Louvre a été placé mardi en détention provisoire à l’issue d’un débat devant le juge des libertés et de la détention à Paris, une semaine après son interpellation, a-t-on appris auprès du parquet. Présenté comme le dernier membre du commando, il avait été arrêté mardi dernier sur un chantier à Laval, avant d’être mis en examen vendredi par les juges d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée, pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs en récidive. “Nous interjetons appel de ce placement en détention que nous contestons”, ont déclaré à l’AFP ses avocates, dénonçant le placement à l’isolement de leur client à Fresnes (Val-de-Marne), une prison “où la dignité humaine est tous les jours en péril”. “Le but de l’instruction, c’est de réunir des preuves et pour le moment aucun élément ne permet de dire qu’il était sur place”, ont ajouté Mes Ménya Arab-Tigrine et Farida Cagniard.L’homme âgé de 39 ans est originaire de Seine-Saint-Denis et a déjà été condamné à six reprises pour diverses infractions comme proxénétisme, conduite sans permis et recel de vol, délit pour lequel il avait été condamné à deux mois d’emprisonnement avec sursis en 2010, avait expliqué la procureure de Paris, Laure Beccuau après sa mise en examen.Avant ce dernier coup de filet, les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne ainsi que ceux de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels avaient pu interpeller, en deux mouvements, trois des quatre membres présumés de l’équipe de cambrioleurs, qui ont aussi été mis en examen pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs.Parmi les suspects, deux sont soupçonnés d’avoir pénétré le 19 octobre dans la galerie d’Apollon tandis que les deux autres -dont celui placé en détention ce mardi- étaient restés à l’extérieur, avant de prendre la fuite tous ensemble.Une cinquième personne, une femme de 38 ans, compagne de l’un des suspects, est, elle, poursuivie pour complicité mais a pu obtenir sa libération sous contrôle judiciaire.Les malfaiteurs avaient agi en plein jour, encagoulés, munis d’un monte-charge de déménageurs et armés de disqueuses.Un mois après ce casse spectaculaire, les bijoux, estimés à 88 millions d’euros, sont toujours dans la nature. Tout comme les commanditaires.

Accusé à droite de dérive “autoritaire”, Macron réfute tout projet de “label d’Etat” pour les médias

Emmanuel Macron a réfuté mardi vouloir instaurer un “label d’Etat” pour la presse ou un “ministère de la Vérité”, face aux accusations des médias Bolloré, de la droite et de l’extrême droite qui voient dans ses initiatives contre la désinformation une dérive “autoritaire” voire “totalitaire”.Le chef de l’Etat s’est lancé depuis fin octobre dans un vaste chantier pour “sonner le tocsin” sur les risques que les réseaux sociaux font peser, à ses yeux, sur la démocratie.Au fil des rendez-vous, il esquisse des pistes de régulation qu’il entend traduire en “décisions concrètes” début 2026. Au programme, une “majorité numérique” à 15 ans, la transparence des algorithmes, ou encore une action judiciaire en “référé” pour bloquer en urgence les “fausses informations” sur les réseaux.La réflexion se déroulait jusqu’ici plutôt à bas bruit.Mais ce week-end, le Journal du Dimanche, propriété de Vincent Bolloré, a reproché à Emmanuel Macron une “dérive totalitaire”. En cause, un projet, évoqué par le chef de l’Etat il y a deux semaines à Arras, de “labellisation faite par des professionnels” pour distinguer les sites et les réseaux qui font de l’information, selon les règles déontologiques, des autres.L’hebdomadaire a dénoncé “la tentation du ministère de la Vérité”, comme dans le roman dystopique “1984” de George Orwell.Une accusation aussitôt relayée par les autres antennes de l’homme d’affaires conservateur, de CNews à Europe 1, dont le présentateur vedette Pascal Praud a étrillé un “président mécontent du traitement médiatique et qui souhaite imposer un récit unique”. Comme une réponse aussi aux critiques d’Emmanuel Macron contre les “milliardaires” qui détiennent des médias “à des finalités d’influence de l’opinion”.L’attaque a ensuite été reprise à droite.”Toucher à la liberté d’expression est une tentation autoritaire, qui correspond à la solitude d’un homme (…) qui a perdu le pouvoir et cherche à le maintenir par le contrôle de l’information”, a protesté sur CNews le président du RN Jordan Bardella.”Nul gouvernement n’a à trier les médias ni à dicter la vérité”, a abondé le patron des Républicains, Bruno Retailleau, sur le réseau social X. L’ex-ministre de l’Intérieur a ensuite lancé mardi une pétition contre le “projet de labellisation des médias”.Face à ces critiques, l’Elysée s’est fendu lundi soir d’un rare message sur X pour déplorer que “parler de lutte contre la désinformation suscite la désinformation”.- “Vidéo indigne” -“On nous taxe de totalitarisme en déformant totalement ce qu’a dit le président”, soupire un proche d’Emmanuel Macron, qui s'”attriste de voir de prétendus représentants de la droite républicaine” comme Bruno Retailleau reprendre ces mêmes arguments “sans vérifier” les véritables propos présidentiels.Mais cette réaction officielle de la présidence, visant notamment des médias, a déclenché une nouvelle cascade de commentaires enflammés y voyant la démonstration de velléités de contrôle macronistes.”Une vidéo indigne”, s’est offusquée mardi sur BFMTV/RMC la leader du RN Marine Le Pen. “Ce n’est pas le rôle de la présidence de la République”, a-t-elle ajouté, évoquant une volonté “de maîtriser l’information”.L’Etat “ne va pas créer tel ou tel label destiné à la presse”, et “encore moins de ministère de la Vérité”, a martelé mardi le chef de l’Etat en Conseil des ministres pour tenter de couper court à la polémique. Le gouvernement ne sera “pas l’arbitre des élégances”, ce sera “le choix de votre profession”, a abondé sur CNews la ministre de la Culture Rachida Dati, à l’adresse des journalistes. Cette idée de “label” vient des Etats généraux de l’information, dont le comité de pilotage avait recommandé en 2024 aux “professionnels de l’information” de s’engager dans une telle démarche pour “renforcer la confiance” du public.Le président avait d’ailleurs souligné à Arras que ce n’était pas au gouvernement de dire “ceci est une information, ceci n’en est pas”, invoquant plutôt une initiative de labellisation déjà lancée par l’ONG Reporters sans frontières avec la Journalism Trust Initiative. “C’est pas l’Etat qui doit vérifier”, sinon “ça devient une dictature”, avait-il dit à Mirecourt, dans les Vosges, la semaine dernière.La polémique s’inscrit dans une bataille de plus en plus vive pour une “liberté d’expression” supposée être menacée, menée notamment par la sphère Bolloré, dans le sillage de la défense du “free speech” aux Etats-Unis par la galaxie trumpiste.Le président Macron a commencé à essayer de battre en brèche cette idée ces dernières semaines, en appelant à la régulation des réseaux sociaux et de leurs algorithmes qui, martèle-t-il, sont “le Far West et pas le +free speech+”.”C’est pas la liberté de parole que de dire n’importe quoi”, a-t-il lancé mi-novembre à Toulouse, “c’est la loi du plus fort”.

Accusé à droite de dérive “autoritaire”, Macron réfute tout projet de “label d’Etat” pour les médias

Emmanuel Macron a réfuté mardi vouloir instaurer un “label d’Etat” pour la presse ou un “ministère de la Vérité”, face aux accusations des médias Bolloré, de la droite et de l’extrême droite qui voient dans ses initiatives contre la désinformation une dérive “autoritaire” voire “totalitaire”.Le chef de l’Etat s’est lancé depuis fin octobre dans un vaste chantier pour “sonner le tocsin” sur les risques que les réseaux sociaux font peser, à ses yeux, sur la démocratie.Au fil des rendez-vous, il esquisse des pistes de régulation qu’il entend traduire en “décisions concrètes” début 2026. Au programme, une “majorité numérique” à 15 ans, la transparence des algorithmes, ou encore une action judiciaire en “référé” pour bloquer en urgence les “fausses informations” sur les réseaux.La réflexion se déroulait jusqu’ici plutôt à bas bruit.Mais ce week-end, le Journal du Dimanche, propriété de Vincent Bolloré, a reproché à Emmanuel Macron une “dérive totalitaire”. En cause, un projet, évoqué par le chef de l’Etat il y a deux semaines à Arras, de “labellisation faite par des professionnels” pour distinguer les sites et les réseaux qui font de l’information, selon les règles déontologiques, des autres.L’hebdomadaire a dénoncé “la tentation du ministère de la Vérité”, comme dans le roman dystopique “1984” de George Orwell.Une accusation aussitôt relayée par les autres antennes de l’homme d’affaires conservateur, de CNews à Europe 1, dont le présentateur vedette Pascal Praud a étrillé un “président mécontent du traitement médiatique et qui souhaite imposer un récit unique”. Comme une réponse aussi aux critiques d’Emmanuel Macron contre les “milliardaires” qui détiennent des médias “à des finalités d’influence de l’opinion”.L’attaque a ensuite été reprise à droite.”Toucher à la liberté d’expression est une tentation autoritaire, qui correspond à la solitude d’un homme (…) qui a perdu le pouvoir et cherche à le maintenir par le contrôle de l’information”, a protesté sur CNews le président du RN Jordan Bardella.”Nul gouvernement n’a à trier les médias ni à dicter la vérité”, a abondé le patron des Républicains, Bruno Retailleau, sur le réseau social X. L’ex-ministre de l’Intérieur a ensuite lancé mardi une pétition contre le “projet de labellisation des médias”.Face à ces critiques, l’Elysée s’est fendu lundi soir d’un rare message sur X pour déplorer que “parler de lutte contre la désinformation suscite la désinformation”.- “Vidéo indigne” -“On nous taxe de totalitarisme en déformant totalement ce qu’a dit le président”, soupire un proche d’Emmanuel Macron, qui s'”attriste de voir de prétendus représentants de la droite républicaine” comme Bruno Retailleau reprendre ces mêmes arguments “sans vérifier” les véritables propos présidentiels.Mais cette réaction officielle de la présidence, visant notamment des médias, a déclenché une nouvelle cascade de commentaires enflammés y voyant la démonstration de velléités de contrôle macronistes.”Une vidéo indigne”, s’est offusquée mardi sur BFMTV/RMC la leader du RN Marine Le Pen. “Ce n’est pas le rôle de la présidence de la République”, a-t-elle ajouté, évoquant une volonté “de maîtriser l’information”.L’Etat “ne va pas créer tel ou tel label destiné à la presse”, et “encore moins de ministère de la Vérité”, a martelé mardi le chef de l’Etat en Conseil des ministres pour tenter de couper court à la polémique. Le gouvernement ne sera “pas l’arbitre des élégances”, ce sera “le choix de votre profession”, a abondé sur CNews la ministre de la Culture Rachida Dati, à l’adresse des journalistes. Cette idée de “label” vient des Etats généraux de l’information, dont le comité de pilotage avait recommandé en 2024 aux “professionnels de l’information” de s’engager dans une telle démarche pour “renforcer la confiance” du public.Le président avait d’ailleurs souligné à Arras que ce n’était pas au gouvernement de dire “ceci est une information, ceci n’en est pas”, invoquant plutôt une initiative de labellisation déjà lancée par l’ONG Reporters sans frontières avec la Journalism Trust Initiative. “C’est pas l’Etat qui doit vérifier”, sinon “ça devient une dictature”, avait-il dit à Mirecourt, dans les Vosges, la semaine dernière.La polémique s’inscrit dans une bataille de plus en plus vive pour une “liberté d’expression” supposée être menacée, menée notamment par la sphère Bolloré, dans le sillage de la défense du “free speech” aux Etats-Unis par la galaxie trumpiste.Le président Macron a commencé à essayer de battre en brèche cette idée ces dernières semaines, en appelant à la régulation des réseaux sociaux et de leurs algorithmes qui, martèle-t-il, sont “le Far West et pas le +free speech+”.”C’est pas la liberté de parole que de dire n’importe quoi”, a-t-il lancé mi-novembre à Toulouse, “c’est la loi du plus fort”.