Après le recul de Trump sur le Groenland, les Européens restent prudents

Soulagés mais pas dupes. Après le recul de Donald Trump sur le Groenland, les dirigeants européens ont appelé jeudi soir à la vigilance, au début d’un sommet consacré aux relations de leurs pays avec les Etats-Unis.Après une “forme d’escalade” et de “menaces”, “nous sommes revenus à une situation beaucoup plus acceptable” mais il faut rester “vigilant”, a résumé le président français Emmanuel Macron, à son arrivée à Bruxelles. Il a aussi appelé les Etats-Unis à “respecter” l’Europe.Les Européens acceptent le “leadership” américain mais pas la “domination” ni la “coercition”, a aussi prévenu le Premier ministre polonais Donald Tusk.Rudoyés par le président américain depuis son retour au pouvoir, les Vingt-Sept ont entamé l’année dans un état de sidération, confrontés à l’hypothèse que leur allié historique puisse recourir à la force pour s’emparer du territoire autonome danois.Si le milliardaire a, pour l’heure, écarté ce scénario et renoncé à imposer de nouveaux droits de douane après un “cadre” d’accord conclu mercredi à Davos, les Européens appellent à la prudence.”Tout le monde considère que la voie qui a été ouverte, qui engagera le Danemark et l’Otan, est bienvenue”, assure un diplomate européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat. “Tout le monde considère également qu’il convient de maintenir unité, solidarité et vigilance”, résume-t-il.Peu de détails ont fuité sur ce qui a été conclu à propos du Groenland eu cours d’une réunion mercredi entre le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et Donald Trump.Moi-même, “je ne sais pas ce que contient exactement l’accord concernant mon pays”, a déploré jeudi le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, pendant une conférence de presse à Nuuk, la capitale du Groenland.Mais la souveraineté et l’intégrité territoriale de cette île constituent une “ligne rouge”, a-t-il souligné, plaidant pour un “dialogue pacifique” dans le respect du “droit à l’autodétermination” des Groenlandais.Une source au fait des discussions a assuré à l’AFP que les Etats-Unis et le Danemark allaient notamment renégocier leur accord de défense sur le Groenland datant de 1951.C’est “tout ce que nous voulions”, s’est réjoui le président américain en annonçant ce “cadre” et l’abandon de ses menaces.Tous les pays de l’Otan sont d’accord pour une “présence permanente de l’Alliance dans l’Arctique et autour du Groenland”, a affirmé la Première ministre danoise Mette Frederiksen à Bruxelles.- “Trump a franchi le Rubicon” -Faut-il vraiment croire cependant que Donald Trump a fait marche arrière pour de bon ? Et qu’il ne redonnera pas des sueurs froides aux Européens sur d’autres dossiers, que ce soit sur l’Ukraine ou lié à ses tentatives de remodeler l’ordre international avec son “Conseil de paix” ?Dès jeudi après-midi, le président américain a repris un ton menaçant, promettant des “représailles” si les Européens commençaient à vendre de la dette américaine.Autant de raisons pour les dirigeants européens de maintenir leur sommet à Bruxelles, portant très sobrement sur “les relations transatlantiques” – victimes ces derniers mois de secousses à répétition.”Trump a franchi le Rubicon. Il pourrait recommencer”, alerte un diplomate européen auprès de l’AFP, jugeant qu'”il n’y a pas de retour en arrière possible”, dans les relations entre le Vieux continent et les Etats-Unis. “On reste à un tweet près de la prochaine crise”, a averti un autre diplomate.Avant de se rendre à Bruxelles, le chancelier allemand Friedrich Merz s’est inquiété que Washington ait radicalement remodelé sa “politique étrangère”.Il a exhorté ses “amis européens” à “investir massivement dans nos capacités de défense” et à “rendre nos économies plus compétitives”.Pour d’autres responsables, il faut continuer à réfléchir à ce que pourrait être une riposte européenne face au gouvernement Trump — non pas pour l’activer immédiatement mais en prévision du cas, considéré comme probable, où de nouvelles menaces viendraient à émerger.Un diplomate européen veut ainsi croire que la promesse d’une réaction forte de l’UE et d’une utilisation de son arsenal commercial, y compris l’outil anticoercition comparé par certains à un “bazooka”, a poussé Donald Trump à changer de pied sur le Groenland.”La fermeté et l’unité de l’UE ont contribué à le faire changer de position”, assure-t-il. “Tout comme évidemment les pressions politiques internes aux Etats-Unis et la réaction des marchés boursiers”.La relation transatlantique demeure “extrêmement importante” mais, “quand quelqu’un se met à casser la porcelaine de la famille, vous vivez avec l’idée que cela peut recommencer chaque jour”, conclut cette source diplomatique. max-fpo-cjc-adc/ob/bds

Cacophonie dans l’enseignement catholique au sujet d’une fermeture de Bétharram

Fermera, fermera pas ? La structure associative qui fédère la gestion des établissements scolaires catholiques a annoncé jeudi la fin prochaine du site de Bétharram, au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles, avant d’être démentie par le secrétariat général du secteur, rattaché à l’Église.”Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l’Histoire”, a déclaré sur la radio RTL, à la mi-journée, Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec), qui chapeaute le fonctionnement des établissements.Depuis deux ans, près de 250 plaintes ont été déposées par d’anciens élèves de Notre-Dame-de-Bétharram auprès du parquet de Pau, mettant en cause des prêtres et des laïcs pour des faits commis entre la fin des années 1950 et le début des années 2000.”Le symbole doit disparaître”, a ajouté le responsable, précisant que l’ensemble scolaire fondé en 1837 à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), rebaptisé Le Beau Rameau depuis 2009, aurait fermé ses portes “à l’été” et que ses élèves actuels poursuivraient leur scolarité dans l’établissement catholique d’une commune voisine, Igon.Son annonce a rapidement été saluée par le principal porte-parole des victimes, Alain Esquerre, et les députés Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI), co-rapporteurs d’une commission d’enquête parlementaire – née du scandale – sur le contrôle par l’État des établissements scolaires, publics et privés.Mais les propos de M. Guéret ont été démentis, dans l’après-midi, par le Secrétariat général de l’Enseignement catholique (Sgec), chargé de “mettre en œuvre la politique” du secteur en accord avec la Conférence des évêques de France.”Il n’est pas question de fermeture de l’établissement à ce stade”, a assuré cette instance dans un communiqué, saluant le travail engagé par la direction du Beau Rameau pour “rétablir la confiance et la sérénité”, ce qui “demande temps et discernement”.Une mission visant à “renouveler en profondeur la gouvernance de l’Enseignement catholique” doit par ailleurs être lancée lundi, selon le Sgec.- “Dissonance” -“Querelle de chefs”, balaie Alain Esquerre, ancien élève de Bétharram qui fut à l’origine de la révélation du scandale, auquel il a consacré un livre. Selon lui, l’établissement est dans une situation financière “catastrophique” et sa fermeture est bien actée, les parents d’élèves en étant informés.”Sans Ogec, il n’y a pas de financement public et le fonctionnement ne peut perdurer dans son cadre actuel”, abonde le député Paul Vannier, interrogé par l’AFP.”Cette dissonance démontre que l’enseignement catholique est mal à l’aise dans les mesures à prendre”, juge de son côté Violette Spillebout, qui appelait “depuis longtemps”, avec son collègue co-rapporteur, à la fermeture de ce “lieu de terribles souffrances”. Quinze prêtres, presque tous décédés, et quatre laïcs ont été mis en cause. Mais seules deux plaintes ont échappé à la prescription, conduisant à la mise en examen, pour viol et agression sexuelle, d’un ex-surveillant placé en détention.Des violences avaient déjà été dénoncées dans les années 1990 mais la parole des anciens élèves ne s’est libérée qu’à partir de l’automne 2023, dénonçant fellations et masturbations forcées, passages à tabac, humiliations et supplices.Des faits pour lesquels la congrégation des pères de Bétharram a reconnu sa responsabilité, l’an dernier après que le scandale eut éclaté, et compte indemniser toutes les victimes.Selon le président de la Fnogec, fermer l’établissement nécessite l’accord de cette communauté religieuse, dont le siège est à Rome. “Si celle-ci ne s’engage pas, on les attaquera en justice”, a lancé M. Guéret au micro de RTL.Dans un communiqué, la congrégation de Bétharram a rappelé qu’elle n’avait plus, depuis juillet, la tutelle sur l’établissement béarnais, exercée désormais par celle des Filles de la Croix, implantée à Igon.Elle reste cependant propriétaire des murs, a précisé à l’AFP son vicaire régional, Jean-Marie Ruspil.slb-cg-cas-ppy/tsq/asm

Le Crédit Agricole en grève pour la rémunération et l’emploi

La colère sociale monte au sein des caisses régionales du Crédit Agricole: plusieurs syndicats ont appelé à un débrayage jeudi, regrettant des augmentations de salaires insuffisantes l’an dernier et la mise en place d’un plan de transformation menaçant l’emploi.Les quelque 78.000 salariés de la fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), qui regroupe les 39 caisses régionales et plusieurs filiales associées (spécialisées dans l’informatique ou la formation par exemple) ont été invités à arrêter le travail deux heures jeudi, voire une demi-journée ou une journée pour ceux qui le souhaitent.Le taux de grévistes varie fortement en fonction des caisses, ont indiqué deux syndicats à l’AFP, et allait jusqu’à 40 à 50% en Normandie Seine.”Ce sont des milliers de salariés qui ont manifesté leur mécontentement, du jamais vu”, a déclaré à l’AFP Samuel Mathieu, président du Sneca, lié à la la CFE-CGC.La direction fait quant à elle état d’une “participation très faible”, inférieure à 5% à la mi-journée.A Paris, une vingtaine de salariés de la caisse régionale d’Ile-de-France se sont rassemblés devant le siège, a constaté une journaliste de l’AFP.”Les augmentations générales de salaires sont bloquées à 0,5% (…) c’est insatisfaisant. Et le Crédit Agricole a les moyens d’augmenter nos salaires”, a déploré Corinne Kazmierczak, porte-parole du Sneca CFE-CGC Ile-de-France.Elle dénonce également des restructurations qui n’ont pour objectif, selon elle, que la rentabilité.La grève est rare dans le secteur bancaire, d’autant plus dans une banque mutualiste comme le Crédit Agricole.Contacté par l’AFP, le secrétaire national Sud-Crédit agricole Mutuel (Sud-Cam) Jean-Yves Salvat dénonce de son côté un “manque de respect” de la direction dans les négociations salariales menées en fin d’année dernière, et souhaite leur réouverture.Les syndicats n’ont pas digéré l’échec de ces négociations, qui se sont soldées par une augmentation générale d’environ 0,5%.”La négociation a été forcément une négociation difficile”, concède auprès de l’AFP François-Xavier Heulle, directeur général adjoint de la FNCA en charge des ressources humaines, mettant en avant la part supplémentaire d’augmentations individuelles à la discrétion des caisses régionales, qui sont des banques coopératives autonomes.- “Efficacité” -Les syndicats se mobilisent également contre les potentiels effets d’un plan de mutualisation de certains métiers porté par la direction, baptisé “efficacité”.Ce programme vise à “être un peu plus +industriel+ dans la façon de traiter les opérations” parmi les caisses régionales du Crédit Agricole, explique de son côté le directeur adjoint de la FNCA en charge de la transformation et de la performance, Eric Gonce.Le Crédit Agricole “travaille depuis toujours et en continu sur l’amélioration et l’optimisation de ses offres, ses process, ses parcours clients et collaborateurs. Cette démarche n’implique pas de plan de réduction d’effectifs”, écrit jeudi la banque dans un communiqué.L’objectif du plan se limite à “essayer de baisser la masse salariale en regroupant des services partout en France”, balaye M. Salvat, qui cite en exemple une menace sur 150 postes dans la caisse régionale du Centre Ouest, qui regroupe les départements de la Haute-Vienne et de l’Indre.Le responsable syndical souhaite être davantage “associé” au projet “efficacité”, en négociant réellement les mesures d’accompagnement pour les salariés.Les syndicats sont également attentifs au nombre d’agences, dont la baisse s’est amorcée au tournant des années 2010, selon un décompte tenu par Sud-cam.Le syndicat constate une accélération du phénomène, avec 112 agences fermées l’an dernier, deux fois plus que les années précédentes.Le Crédit Agricole ne fait pas face à des problèmes de rentabilité: le bénéfice net part du groupe des caisses régionales approche des 3,2 milliards d’euros pour les trois premiers trimestres de 2025.La banque a vu l’arrivée en mai 2025 d’un nouveau directeur général au sein de l’entité cotée du groupe (Casa), Olivier Gavalda.Les craintes sur l’emploi dans l’industrie bancaire se matérialisent en outre jeudi pour deux concurrents du Crédit Agricole.Société Générale a ainsi annoncé un projet de réorganisation qui prévoit la suppression de 1.800 postes en France d’ici à fin 2027, sans procéder à un plan de départs, quand BNP Paribas envisage une réorganisation de sa filiale de gestion d’actifs.

L’Allemagne expulse un diplomate russe dans une affaire d’espionnage

L’Allemagne a annoncé jeudi à la Russie l’expulsion d’un de ses diplomates en poste à Berlin qu’elle accuse d’espionnage, une “provocation ridicule” pour l’ambassade russe.Le ministère allemand des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l’ambassadeur russe, Sergueï Netchaïev, pour lui signifier l’expulsion d’un diplomate “qui a espionné pour le compte de la Russie”.Dans une réaction …

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A Vienne, un ex-agent autrichien jugé pour espionnage pour la Russie

Un ancien agent autrichien est jugé depuis jeudi pour avoir notamment vendu des informations à la Russie, au risque d’entacher la réputation de son pays auprès de ses partenaires européens.Le procès de Egisto Ott, 63 ans, s’est ouvert au tribunal de Vienne, devant des dizaines de journalistes autrichiens et internationaux. L’ex-employé de l’Office de la sûreté …

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Que vaut la parole de Trump sur le Groenland? Les Européens très prudents

Et maintenant? La reculade de Trump sur le Groenland a profondément soulagé les Européens, qui appellent toutefois à ne pas être dupes de l’état des relations transatlantiques, dont ils discuteront jeudi soir lors d’un sommet extraordinaire.Rudoyés par le président américain depuis son retour au pouvoir, les Vingt-Sept ont entamé l’année dans un état de sidération, …

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Mercosur: le Parlement européen rejette une motion de censure contre von der Leyen

Le Parlement européen a largement rejeté jeudi une motion de censure visant Ursula von der Leyen, à l’initiative du groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe, sur fond de critiques ciblant l’accord commercial avec les pays du Mercosur.Cette motion de censure contre la présidente de la Commission européenne a recueilli 390 voix contre, 165 pour et dix abstentions.Pour …

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Trump a inauguré son “Conseil de paix” et appelé la Russie à mettre fin à la guerre en Ukraine

Donald Trump a inauguré jeudi à Davos son nouveau “Conseil de paix”, en présence d’une vingtaine de dirigeants de pays ayant rallié cette instance placée sous sa coupe, avant d’appeler la Russie à mettre fin au conflit en Ukraine à l’issue d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky.”La guerre doit prendre fin”, a lancé en marge du Forum …

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