Agressions sexuelles sur Adèle Haenel: trois ans de prison ferme requis en appel contre Christophe Ruggia

Trois ans de prison ferme ont été requis vendredi en appel à Paris à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était âgée de 12 à 14 ans, l’actrice exposant à la cour d’appel de Paris sa “honte” d’enfant blessée. Les mains enfoncées dans les poches d’un ample costume, les yeux baissés et humides, les mots difficiles, espacés de silence, la comédienne récompensée par deux César a dévoilé, l’espace d’une petite demi-heure à la barre, un traumatisme symptomatique des enfants victimes de violences sexuelles.”Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas. J’ai tendance à minimiser parce que c’est une manière de repousser l’importance de M. Ruggia dans ma vie. Ça me dégoûte de le dire, mais cette importance, c’est l’ampleur de la destruction”, lâche-t-elle, la bouche crispée.Aujourd’hui âgé de 61 ans, Christophe Ruggia est poursuivi pour agressions sexuelles de 2001 à 2004 sur la comédienne lors de rendez-vous hebdomadaires à son domicile, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables” où le réalisateur, de 24 ans son aîné, avait offert à la jeune adolescente son premier rôle au cinéma.Démentant farouchement les faits dans cette affaire, révélée en 2019 dans une enquête de Mediapart, Christophe Ruggia a été condamné en février à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique, et a fait appel.”J’ai envie d’arrêter cette dépression, d’y mettre un terme, mais je sais pas si ça sera fini. Juste vivre avec. C’est une image de soi complètement détruite depuis l’âge de 12 ans”, confie Adèle Haenel à la cour à la reprise vendredi du procès, dont la première moitié s’est tenue en décembre avec l’interrogatoire du réalisateur.Sous la femme de 36 ans, qui a rompu avec le monde du cinéma après une carrière stratosphérique, refait surface dans le prétoire l’adolescente qu’elle était.”Ce que j’ai fait avec l’argent des per diem sur +Les diables+, c’est aller au JouéClub de la place de la Nation pour acheter des Lego, des jouets. C’est ça l’enfant que j’étais en fait. Je faisais du judo, j’étais en 5e, j’étais assez énergique je dirais. Après… après… c’est un peu le début de cet état dépressif. C’est difficile à qualifier, c’est comme si ça avait été toute ma vie. Je croyais que c’était comme ça la vie en fait.”- “Coupable, forcément coupable” -Des séquelles qui se matérialisent aujourd’hui encore par les nombreux tics traversant son corps, rendu plus nerveux encore par la tension du procès. Le chewing gum furieusement mâchonné. Les mains qui se tordent. Les paupières qui clignent frénétiquement. Les grattements à la tête.”Cet endroit sur la tête que j’ai, que je gratte tout le temps, c’est M. Ruggia qui m’a dit un jour que j’étais sur ses genoux +ah tu as un truc là+ (…) Je me suis mis à gratter cet endroit en fait, j’ai eu ma main recouverte de sang et depuis je n’ai pas arrêté”, explique-t-elle.Fustigeant la stratégie de défense de Christophe Ruggia, qui avec ses “mensonges poisseux” se présente comme l'”énième victime sérielle d’une enfant nymphomane”, Adèle Haenel implore la justice qu'”on circonscrive la responsabilité”: “c’est moi qui porte la culpabilité de M. Ruggia, de parents démissionnaires”.Adèle Haenel “vous donne à voir l’enfant qui se recroqueville dans le canapé pour échapper à son agresseur”, résume son avocate Anouck Michelin, qui la représente avec Yann Le Bras.Quelques minutes plus tard, l’avocat général Alexis Bouroz requiert à l’encontre de Christophe Ruggia cinq ans de prison, dont trois ferme, afin que le prévenu connaisse “l’emprisonnement réel”.Ce dossier “a pour particularité de se passer dans le monde du cinéma, mais sur le fond, les ressorts, la réalité, c’est ce que vous retrouvez dans tous les dossiers sur lesquels vous êtes amenés à statuer: le prof d’équitation, le prof de gymnastique, l’encadrant de camp scout… C’est pas un MeToo, c’est des abus sexuels sur des enfants”, analyse-t-il.Pour sa part, la défense dénonce une “procédure menée depuis le premier jour contre Christophe Ruggia, coupable, forcément coupable” et regrette le “déséquilibre médiatique dans cette affaire et son impact, conscient, inconscient, sur la décision de justice”.”Les souvenirs d’Adèle Haenel qui sont l’objet de votre prévention sont des souvenirs reconstruits”, plaide devant la cour Me Fanny Colin. “Adèle Haenel ne décrit qu’une seule scène, qu’elle systématise à cent samedis”, jour de leur rendez-vous hebdomadaire, s’étonne-t-elle, arguant d’une mémoire traumatique “confuse” de l’actrice.Décision le 17 avril.

Gold nears $5,000, silver shines as stocks slip on turbulent week

Global stocks were subdued and precious metals hit fresh highs Friday after a turbulent week that saw US President Donald Trump back down from threats to seize Greenland and hit European allies with fresh tariffs.Gold — a safe-haven asset — pushed closer to a record $5,000 an ounce despite “a calmer end to a chaotic week on the markets”, said Dan Coatsworth, head of markets at AJ Bell.Fellow safe haven silver also continued its rise, blasting through $101 an ounce amid worries over what Trump may say, or actually do, next.”Gold nudged ahead… as investors were reluctant to let go of their safety blanket, just in case Donald Trump woke up with another controversial idea,” said Coatsworth.Sentiment has calmed over the past two days after the US president pulled back from his threat to hit several European nations with levies because of their opposition to Washington taking over the Danish autonomous territory.European markets sought direction in vain, Frankfurt closing just in the green as London and Paris fell the red side of the line at the end of the week.Wall Street was a similar picture, with the Dow losing 0.6 percent around two hours into trading although the broader-based S&P and the tech-heavy Nasdaq were just in positive territory.Intel plunged 16 percent after lacklustre expectations on the chip maker’s earnings.Asian markets closed higher.- Powell under pressure -Trump’s latest salvo against allies revived trade war fears and uncertainty about US investment, putting downward pressure on the dollar this week.Analysts said there was no guarantee that Europe-US relations had improved durably.The US president’s willingness to threaten tariffs over any issue had rattled confidence on trading floors, boosting safe-haven metals, analysts said.Investors were also preparing for next week’s Federal Reserve meeting following economic data broadly in line with forecasts and after US prosecutors took aim at boss Jerome Powell, which has raised fears over the bank’s independence.The bank is tipped to hold interest rates, having cut them in the previous three meetings.The meeting also comes as Trump considers candidates to replace Powell when the Fed chair’s term comes to an end in May.The Bank of Japan left its key interest rate unchanged ahead of the country’s snap election next week, which could impact government spending plans.After sharp volatility in the wake of the announcement, the yen traded slightly higher.Next week’s US earnings calendar is packed with results from Apple, Microsoft, Boeing, Tesla, Meta and other corporate giants.- Key figures at around 1650 GMT -New York – Dow: DOWN 0.6 percent at 49,114.15 pointsNew York – S&P 500: UP 0.2 percent at 6,917.18New York – NASDAQ: UP 0.4 percent at 23,531.81London – FTSE 100: DOWN 0.1 percent at 10,143.44 (close)Paris – CAC 40: DOWN 0.1 percent at 8,143.05 (close)Frankfurt – DAX: UP 0.2 percent at 24,900.71 (close)Tokyo – Nikkei 225: UP 0.3 percent at 53,846.87 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: UP 0.5 percent at 26,749.51 (close)Shanghai – Composite: UP 0.3 percent at 4,136.16 (close)Euro/dollar: UP at $1.1774 from $1.1751 on ThursdayPound/dollar: UP at $1.3593 from $1.3500Dollar/yen: DOWN at 157.52 yen from 158.39 yenEuro/pound: DOWN at 86.63 pence from 87.05 penceWest Texas Intermediate: UP 2.8 percent at $61.02 per barrelBrent North Sea Crude: UP 2.7 percent at $65.80 per barrel

Gold nears $5,000, silver shines as stocks slip on turbulent week

Global stocks were subdued and precious metals hit fresh highs Friday after a turbulent week that saw US President Donald Trump back down from threats to seize Greenland and hit European allies with fresh tariffs.Gold — a safe-haven asset — pushed closer to a record $5,000 an ounce despite “a calmer end to a chaotic week on the markets”, said Dan Coatsworth, head of markets at AJ Bell.Fellow safe haven silver also continued its rise, blasting through $101 an ounce amid worries over what Trump may say, or actually do, next.”Gold nudged ahead… as investors were reluctant to let go of their safety blanket, just in case Donald Trump woke up with another controversial idea,” said Coatsworth.Sentiment has calmed over the past two days after the US president pulled back from his threat to hit several European nations with levies because of their opposition to Washington taking over the Danish autonomous territory.European markets sought direction in vain, Frankfurt closing just in the green as London and Paris fell the red side of the line at the end of the week.Wall Street was a similar picture, with the Dow losing 0.6 percent around two hours into trading although the broader-based S&P and the tech-heavy Nasdaq were just in positive territory.Intel plunged 16 percent after lacklustre expectations on the chip maker’s earnings.Asian markets closed higher.- Powell under pressure -Trump’s latest salvo against allies revived trade war fears and uncertainty about US investment, putting downward pressure on the dollar this week.Analysts said there was no guarantee that Europe-US relations had improved durably.The US president’s willingness to threaten tariffs over any issue had rattled confidence on trading floors, boosting safe-haven metals, analysts said.Investors were also preparing for next week’s Federal Reserve meeting following economic data broadly in line with forecasts and after US prosecutors took aim at boss Jerome Powell, which has raised fears over the bank’s independence.The bank is tipped to hold interest rates, having cut them in the previous three meetings.The meeting also comes as Trump considers candidates to replace Powell when the Fed chair’s term comes to an end in May.The Bank of Japan left its key interest rate unchanged ahead of the country’s snap election next week, which could impact government spending plans.After sharp volatility in the wake of the announcement, the yen traded slightly higher.Next week’s US earnings calendar is packed with results from Apple, Microsoft, Boeing, Tesla, Meta and other corporate giants.- Key figures at around 1650 GMT -New York – Dow: DOWN 0.6 percent at 49,114.15 pointsNew York – S&P 500: UP 0.2 percent at 6,917.18New York – NASDAQ: UP 0.4 percent at 23,531.81London – FTSE 100: DOWN 0.1 percent at 10,143.44 (close)Paris – CAC 40: DOWN 0.1 percent at 8,143.05 (close)Frankfurt – DAX: UP 0.2 percent at 24,900.71 (close)Tokyo – Nikkei 225: UP 0.3 percent at 53,846.87 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: UP 0.5 percent at 26,749.51 (close)Shanghai – Composite: UP 0.3 percent at 4,136.16 (close)Euro/dollar: UP at $1.1774 from $1.1751 on ThursdayPound/dollar: UP at $1.3593 from $1.3500Dollar/yen: DOWN at 157.52 yen from 158.39 yenEuro/pound: DOWN at 86.63 pence from 87.05 penceWest Texas Intermediate: UP 2.8 percent at $61.02 per barrelBrent North Sea Crude: UP 2.7 percent at $65.80 per barrel

Municipales à Paris: à gauche, Emmanuel Grégoire en quête de visibilité

A moins de deux mois des municipales, le candidat de la gauche à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, cherche à booster une campagne encore peu visible qui l’oblige à marcher sur un fil, entre l’héritage revendiqué d’Anne Hidalgo et son désir d’incarner une “nouvelle histoire”.L’accord historique de premier tour arraché en décembre entre socialistes, écologistes et communistes a placé le chef de file de la gauche non-mélenchoniste en tête dans les sondages au premier tour du scrutin des 15 et 22 mars, devant sa rivale de droite, Rachida Dati. Avant un second round au coude à coude.”Etre en tête au premier tour, même de peu, était la raison principale de l’union”, souligne une source chez les Ecologistes. “Sinon, trois listes auraient été en concurrence à gauche. Désormais il n’y a qu’un match, Grégoire-Dati”.”Nous avons une dynamique positive, notre responsabilité c’est de l’amplifier”, estimait la semaine dernière le chef de file de la gauche après son premier meeting.- Dynamique “encore faiblarde” -Pour le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi, cette dynamique est “encore faiblarde”. “La campagne peine à prendre faute de visibilité”, abonde Anne-France Taiclet, enseignante chercheuse en sciences politiques.En face, analyse-t-elle, la dynamique de Rachida Dati “n’est pas non plus vertigineuse” mais la candidate de droite “a commencé assez fort, avec sa capacité produire rapidement des effets d’opinion”, grâce à ses vidéos virales.En terme de visibilité, la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, déjà candidate en 2020, “joue hors catégorie”, constate Bernard Sananès, le président d’Elabe. Selon un récent sondage de l’institut, 89% des inscrits sur les listes électorales connaissent Rachida Dati contre seulement 45% pour Emmanuel Grégoire, derrière Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (LFI). Le prétendant à l’Hôtel de ville a beaucoup progressé en six mois (+18 points), mais cherche à gagner encore en notoriété. Un facteur rendu déterminant avec la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille qui permet de voter directement pour la tête de liste centrale sans passer par les arrondissements.Il y a deux semaines, le député de 48 ans s’est affiché avec Bertrand Delanoë sur un marché, où l’ancien édile socialiste a été souvent mieux reconnu. – “Un vrai bosseur” -“Sur le terrain, on ressent un manque de notoriété mais il passe bien. Et puis en 2001 les Parisiens ne connaissaient pas tant que ça Delanoë”, se souvient Franck Guillory, secrétaire de la section socialiste de Paris Centre.”C’est pas un bateleur mais il est à l’aise et accessible. Après son meeting, il est rentré en métro. Et c’est un vrai bosseur”, témoigne un militant écologiste. Emmanuel Grégoire a aussi “l’avantage d’être peu clivant” par rapport à Rachida Dati, ajoute Bernard Sananès. Sur le projet, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo pendant six ans doit jouer les équilibristes: il revendique un héritage dont il est “fier”, en tant qu’architecte du PLU bioclimatique dessinant l’avenir de Paris, tout en proposant une “nouvelle histoire” après un quart de siècle de règne à gauche.Malgré son froid avec la maire sortante et sa volonté de gouverner différemment, Emmanuel Grégoire a du mal à incarner le renouvellement, ses principaux partenaires, l’écologiste David Belliard et le communiste Ian Brossat, ayant eux aussi été adjoints. Le rassemblement inédit au premier tour “n’est pas la reproduction à l’identique de la majorité municipale depuis 2001”, rétorque Maxime Sauvage, l’un des porte-parole de campagne, citant le ralliement de l’ex-Insoumise de L’Après Danielle Simonnet, qui fut “longtemps notre farouche opposante à gauche”.Emmanuel Grégoire est également comptable d’un bilan sévèrement critiqué par le camp adverse, sur les finances de ville ou les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire dont il a dit “prendre sa part de responsabilité”. “La campagne est encore embryonnaire et sa visibilité peut s’améliorer car la gauche sait faire sur le terrain. A condition de la compléter avec des propositions”, selon la professeure Taiclet. “On a choisi de privilégier le porte-à-porte pour mobiliser dans les quartiers populaires. L’union nous permet de nous y déployer très nombreux, c’est un avantage stratégique”, affirme Ian Brossat.

Municipales à Paris: à gauche, Emmanuel Grégoire en quête de visibilité

A moins de deux mois des municipales, le candidat de la gauche à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, cherche à booster une campagne encore peu visible qui l’oblige à marcher sur un fil, entre l’héritage revendiqué d’Anne Hidalgo et son désir d’incarner une “nouvelle histoire”.L’accord historique de premier tour arraché en décembre entre socialistes, écologistes et communistes a placé le chef de file de la gauche non-mélenchoniste en tête dans les sondages au premier tour du scrutin des 15 et 22 mars, devant sa rivale de droite, Rachida Dati. Avant un second round au coude à coude.”Etre en tête au premier tour, même de peu, était la raison principale de l’union”, souligne une source chez les Ecologistes. “Sinon, trois listes auraient été en concurrence à gauche. Désormais il n’y a qu’un match, Grégoire-Dati”.”Nous avons une dynamique positive, notre responsabilité c’est de l’amplifier”, estimait la semaine dernière le chef de file de la gauche après son premier meeting.- Dynamique “encore faiblarde” -Pour le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi, cette dynamique est “encore faiblarde”. “La campagne peine à prendre faute de visibilité”, abonde Anne-France Taiclet, enseignante chercheuse en sciences politiques.En face, analyse-t-elle, la dynamique de Rachida Dati “n’est pas non plus vertigineuse” mais la candidate de droite “a commencé assez fort, avec sa capacité produire rapidement des effets d’opinion”, grâce à ses vidéos virales.En terme de visibilité, la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, déjà candidate en 2020, “joue hors catégorie”, constate Bernard Sananès, le président d’Elabe. Selon un récent sondage de l’institut, 89% des inscrits sur les listes électorales connaissent Rachida Dati contre seulement 45% pour Emmanuel Grégoire, derrière Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (LFI). Le prétendant à l’Hôtel de ville a beaucoup progressé en six mois (+18 points), mais cherche à gagner encore en notoriété. Un facteur rendu déterminant avec la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille qui permet de voter directement pour la tête de liste centrale sans passer par les arrondissements.Il y a deux semaines, le député de 48 ans s’est affiché avec Bertrand Delanoë sur un marché, où l’ancien édile socialiste a été souvent mieux reconnu. – “Un vrai bosseur” -“Sur le terrain, on ressent un manque de notoriété mais il passe bien. Et puis en 2001 les Parisiens ne connaissaient pas tant que ça Delanoë”, se souvient Franck Guillory, secrétaire de la section socialiste de Paris Centre.”C’est pas un bateleur mais il est à l’aise et accessible. Après son meeting, il est rentré en métro. Et c’est un vrai bosseur”, témoigne un militant écologiste. Emmanuel Grégoire a aussi “l’avantage d’être peu clivant” par rapport à Rachida Dati, ajoute Bernard Sananès. Sur le projet, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo pendant six ans doit jouer les équilibristes: il revendique un héritage dont il est “fier”, en tant qu’architecte du PLU bioclimatique dessinant l’avenir de Paris, tout en proposant une “nouvelle histoire” après un quart de siècle de règne à gauche.Malgré son froid avec la maire sortante et sa volonté de gouverner différemment, Emmanuel Grégoire a du mal à incarner le renouvellement, ses principaux partenaires, l’écologiste David Belliard et le communiste Ian Brossat, ayant eux aussi été adjoints. Le rassemblement inédit au premier tour “n’est pas la reproduction à l’identique de la majorité municipale depuis 2001”, rétorque Maxime Sauvage, l’un des porte-parole de campagne, citant le ralliement de l’ex-Insoumise de L’Après Danielle Simonnet, qui fut “longtemps notre farouche opposante à gauche”.Emmanuel Grégoire est également comptable d’un bilan sévèrement critiqué par le camp adverse, sur les finances de ville ou les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire dont il a dit “prendre sa part de responsabilité”. “La campagne est encore embryonnaire et sa visibilité peut s’améliorer car la gauche sait faire sur le terrain. A condition de la compléter avec des propositions”, selon la professeure Taiclet. “On a choisi de privilégier le porte-à-porte pour mobiliser dans les quartiers populaires. L’union nous permet de nous y déployer très nombreux, c’est un avantage stratégique”, affirme Ian Brossat.

Attention chantier ! Ou quand la mode change de décor

Bureaux vides ou parkings désaffectés: plébiscités pour leur esthétique dépouillée, la liberté qu’ils offrent aux créateurs et des tarifs intéressants, les espaces bruts sont les nouveaux terrains de jeu des défilés parisiens.”Il y a une vraie tendance ces dernières années à exploiter des lieux bruts dans lesquels il n’y a que les murs porteurs et rien d’autre”, observe auprès de l’AFP Rod Reynolds, chasseur d’espaces à la tête de la société Records Collection.Depuis 2017, il déniche pour des maisons comme Chloé, Victoria Beckham ou Stella McCartney des lieux atypiques. Parmi ses clients fidèles: la griffe Dries Van Noten.Jeudi soir, en pleine semaine de la mode masculine, la marque belge a présenté sa collection au premier étage d’un immeuble en chantier, au sud de Paris — un lieu déniché par Rod Reynolds.Quelques jours plus tôt, l’espace n’était qu’un plateau vide de 1.500 m², de 80 mètres de long et cinq mètres de hauteur, avec poutres en béton apparentes, murs abîmés et sol fissuré.Le jour J, plus grand-chose à voir. De grands rideaux noirs ont été accrochés de chaque côté, l’un masquant les fenêtres, l’autre délimitant les backstages. Deux rangées de chaises pour border le podium et des projecteurs au plafond.Les irrégularités dans le sol, elles, persistent. “Attention aux trous!”, prévient l’un des invités. – Esthétique et efficacité -Depuis le Covid, les demandes pour ce type de lieux ont “explosé”, assure Rod Reynolds. Un constat que partage son confrère Benjamin Roussel, fondateur de Subspaces, créé en 2024. En juin dernier, il a mis à disposition un parking en attente de transformation pour le défilé du créateur israélien Hed Mayner.Selon eux, le succès de ces décors austères tient autant à leur esthétique qu’à leur efficacité. Avec cette imagerie “très dépouillée, les créations sont très valorisées”, analyse Rod Reynolds. “Ce qui est sympa, c’est vraiment le contraste du très propre avec du un peu sale, un peu brut”, complète Benjamin Roussel. Avec un avantage pratique: des lieux sans décor préexistant, donc sans contraintes lourdes.Ils sont également moins onéreux. “Par rapport au Palais Brongniart (qui accueille samedi le défilé Hermès, ndlr), qui a une jauge similaire de 500 à 600 personnes, on est deux fois moins cher”, détaille le spécialiste. Les tarifs oscillent entre 8.000 et 13.000 euros par jour, hors coût de production, “mais in fine, cela reste moins cher”, assure-t-il. – “Théâtralité fondamentale” – La foncière Covivio propose en location depuis deux ans et demi des immeubles en travaux ou inoccupés, une manière de les revaloriser en attendant leur transformation. Dries Van Noten a été leur premier client. En avril 2023, le créateur belge — qui a depuis quitté la griffe — visite l’un de leurs bâtiments. Il a le coup de cœur pour cet ancien immeuble du groupe de télécoms Orange. Il décide de “créer une collection totalement inspirée par la façade de l’immeuble et d’y organiser son défilé” de juin, se souvient Céline Leonardi, directrice marketing et expérience client de la foncière.Depuis, l’entreprise a ouvert d’autres sites, comme un ancien centre de tri postal construit dans les années 1900 au cœur de Paris, qui a accueilli 23 défilés en un an et demi. La griffe française AMI y a organisé un concert pour son défilé de janvier 2025 et Lacoste y a installé sable, filets de tennis et écrans géants lors de la Fashion Week d’octobre 2024.Pour la sociologue Émilie Coutant, cette tendance s’inscrit dans une continuité. “Margiela avait défilé dans une station de métro, John Galliano sur les ronds-points du pont Alexandre-III… Le lieu a toujours été une pièce maîtresse du show”, souligne-t-elle.Les défilés de mode reposent sur une “théâtralité fondamentale” qui impose aux créateurs de “se renouveler en allant chercher des lieux nouveaux”, rappelle-t-elle.Une dynamique plus éloignée des ténors du luxe: si Matthieu Blazy chez Chanel a récemment investi le métro new-yorkais pour son défilé Métiers d’art, sa haute couture reviendra la semaine prochaine au Grand Palais. Chez Dior, Jonathan Anderson défilera lui dans les jardins du musée Rodin, comme sa prédécesseure Maria Grazia Chiuri.