Groenland: Trump lève subitement ses menaces et annonce un “cadre” d’accord

Après des semaines de déclarations agressives, Donald Trump a subitement annoncé mercredi à Davos “le cadre d’un futur accord” sur le Groenland, extrêmement vague, et levé ses menaces douanières autant que militaires.L’annonce a été accueillie avec enthousiasme par Wall Street et avec un soulagement prudent au Danemark, mais avec méfiance sur l’île arctique, territoire autonome danois.”Il ment”, a réagi Mickel Nielsen, un technicien de 47 ans, auprès de l’AFP. “Je ne crois à rien de ce qu’il dit et je pense que je ne suis pas le seul”.Le président américain a refusé de préciser si le compromis en discussions donnait aux Etats-Unis la possession du territoire autonome danois, comme il l’a exigé à de multiples reprises afin, selon lui, d’en garantir la sécurité face à la Russie et à la Chine.”Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit +je ne vais pas attaquer le Groenland+, ce sont des messages positifs”, a réagi le ministre des Affaires étrangères danois Lars Løkke Rasmussen, sans vouloir se prononcer sur le projet d’accord annoncé.Le chef de l’Otan Mark Rutte, avec qui Donald Trump dit avoir négocié le projet d’accord, a lui déclaré à l’AFP qu’il restait “beaucoup de travail” avant de le finaliser.Sans livrer aucun détail, le président américain a assuré à des journalistes qu’il n’était “pas question d’argent” dans les négociations.Au cours d’une “réunion très productive que j’ai eue avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, nous avons conçu le cadre d’un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, toute la région arctique”, a écrit le dirigeant républicain sur son réseau Truth Social, depuis la station de ski suisse où il participe au Forum économique mondial.- “Pour toujours” -“Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février”, a ajouté Donald Trump dans son message.Cette menace, émise samedi en réaction à l’envoi de troupes européennes, visait la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.Wall Street, dont Donald Trump suit toujours les mouvements avec grande attention, a salué cette désescalade commerciale. Le Dow Jones a progressé de 1,21% et l’indice Nasdaq a pris 1,18% mercredi, après avoir chuté la veille. Le président américain, ancien promoteur immobilier, se vante régulièrement d’être un négociateur hors pair de “deals” forcément avantageux mais parfois bien vagues.Ses déclarations à Davos n’ont pas fait exception à la règle.Il a assuré à des journalistes que le projet d’accord donnait aux Etats-Unis “tout ce (qu’ils) voulaient” et “pour toujours”.Interrogé pour savoir si cela impliquait une possession du Groenland, il a hésité puis esquivé: “Euh… C’est un accord de long terme. C’est l’accord de long terme par excellence”.Mark Rutte a assuré lui sur Fox New que le sujet de la souveraineté du territoire autonome danois n’avait pas été abordé dans leurs discussions.Le milliardaire de 79 ans avait déjà nettement calmé le jeu quelques heures auparavant en excluant pour la première fois d’utiliser “la force” pour mettre la main sur le Groenland.”Je n’utiliserai pas la force”, a-t-il déclaré lors d’un discours.A Nuuk, les habitants ont surtout fait part à l’AFP d’un sentiment de défiance.”Le Groenland est le pays des Groenlandais. On ne peut pas en disposer comme ça, pour quoi que ce soit”, a confié Anak, une aide-soignante de 64 ans.”L’Otan n’a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit sans nous, le Groenland. Rien sur nous, sans nous”, a protesté pour sa part la députée groenlandaise Aaja Chenmitz, l’une des deux élues représentant le Groenland au parlement danois.”Et que l’Otan ait son mot à dire sur notre pays et nos minéraux, c’est complètement dingue”, a-t-elle ajouté.Selon le dernier sondage en date publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux Etats-Unis. Seuls 6% y sont favorables.

Ligue des champions: “On n’a pas bien joué”, admet De Zerbi

L’entraîneur de l’OM Roberto de Zerbi a reconnu mercredi que son équipe n’avait “pas bien joué” face à Liverpool, qui s’est logiquement imposé 3-0 sur la pelouse du Stade Vélodrome.”On n’a pas bien joué et on a pris un premier but stupide. La première période a été disputée avec la volonté de faire le jeu, mais on n’a pas compris où était le jeu”, a déclaré De Zerbi, regrettant que son équipe n’ait pas su lire ou “comprendre” le match.”On a perdu des ballons stupides parce qu’on a mal compris le match”, a-t-il ainsi déploré.”La deuxième période a été plus ouverte et quand tu donnes des espaces aux joueurs de Liverpool, c’est normal de souffrir. On a eu quelques occasions, mais eux aussi, bien sûr”, a encore raconté De Zerbi.”La vraie difficulté, c’est de faire dix matches d’affilée comme celui d’Angers (victoire 5-2). On n’y arrive pas. Je m’assois sur le banc et je ne sais pas si on va être ceux d’Angers ou ceux de Nantes (défaite 2-0)”, a encore regretté le technicien italien.”L’attitude était là, mais la volonté ne suffit pas. Tu dois comprendre le foot, jouer avec personnalité, rater moins de passes. Szoboszlai et Mac Allister n’ont pas raté une seule passe. Ce sont des champions mais on peut faire mieux”, a-t-il ajouté.”Maintenant il y a Lens, puis Bruges, qui est une équipe forte. Si on avait dit qu’on jouerait notre qualification à Bruges lors de la dernière journée, je pense qu’on aurait été contents”, a aussi estimé De Zerbi.”C’est comme une finale, oui. Je ne sais pas si neuf points suffiront ou s’il en faudra 10. Mais ça ne change rien parce qu’on y va pour gagner, en espérant jouer mieux que ce soir. Bruges n’est pas Liverpool mais c’est une équipe à respecter, habituée à la Ligue des champions et qui joue aussi pour la qualification”, a-t-il conclu.

Ligue des champions: l’OM trop fade pour des “Reds” piquants

Timoré parfois et trop inoffensif tout au long du match, l’OM n’a pas trouvé de solution mercredi contre Liverpool, qui s’est très logiquement imposé 3-0 au Stade Vélodrome, obligeant Marseille à aller chercher sa qualification pour les barrages de la Ligue des champions à Bruges dans une semaine.La nouvelle formule de la compétition oblige à de savants calculs pour savoir qui a droit à quoi, mais il y en avait un très simple mercredi: avec un succès face aux Reds, l’OM aurait validé son billet pour les barrages.Mais l’équipe de Roberto De Zerbi en est restée très loin, nettement dominée par les champions d’Angleterre qui, s’ils n’ont pas retrouvé leur magie de la saison dernière, ont tout de même meilleure mine qu’à l’automne.Avec cette défaite, l’OM perd quelques places et glisse au 19e rang. Marseille est donc toujours virtuellement barragiste, mais il lui faudra peut-être prendre un ou trois points dans une semaine à Bruges pour éviter tout accident.L’idée était sans doute de passer le cap dès mercredi et ce match que tout Marseille attendait depuis le tirage au sort. Alors, avant même le coup d’envoi, le Vélodrome, à guichets fermés et même sans doute un peu plus que ça, avait répondu présent.L’ambiance était superbe, comme le tifo déployé par le Virage Sud à l’effigie des Beatles, ces quatre gars de Liverpool encore plus populaires que Mohamed Salah et Virgil van Dijk.- Salah titulaire -Restait à être à la hauteur sur le terrain et l’OM a eu du mal, tout au long d’une première période où les joueurs de De Zerbi ont été appliqués mais vraiment trop inoffensifs, à l’exception d’une bonne frappe en angle d’Amine Gouiri (27e).Avant cela, Alexis Mac Allister avait frappé le premier (19e), avant un but de Hugo Ekitiké refusé pour hors-jeu (23e).Le coup était donc déjà passé près et l’OM avait senti le danger, chacune de ces imprécisions techniques étant punie par la vitesse des Reds en transition, comme sur cette action partie d’une perte de balle de Pierre-Emile Hojbjerg en position haute et conclue par une reprise de Salah de peu au-dessus (40e).Titularisé quelques jours à peine après son retour de la CAN, l’Egyptien formait mercredi une ligne d’attaque intimidante avec Ekitiké et Florian Wirtz (220 millions d’euros de transfert à eux deux) mais l’ouverture du score est venue du cran du dessous, via Dominik Szoboszlai.Sur un coup franc que Leonardo Balerdi aurait pu éviter de concéder, le milieu de terrain hongrois a très habilement frappé à ras de terre pour tromper Geronimo Rulli et mettre les Reds devant (1-0, 45+1).- Place à Lens -La deuxième période a ensuite confirmé la supériorité de l’équipe d’Arne Slot. Mason Greenwood a bien adressé une frappe superbe détournée par Alisson (53e) et Hamed Traoré a eu une énorme occasion peu après (59e). Mais juste avant, Ekitiké avait frappé sur le poteau (58e) et la menace rouge était constante. En essayant, Marseille ouvrait des espaces et Liverpool les dévorait, avec Ekitiké souvent, Wirtz et Salah parfois, et suffisamment de qualité toujours pour qu’on peine à croire que cette équipe ne soit pas parvenue le week-end dernier à battre Burnley à domicile (1-1).La sanction est logiquement arrivée à la 72e minute quand Jeremie Frimpong a maltraité Paixao à peine entré, avant de voir son centre dangereux dévié dans le but marseillais par le talon de Rulli, malheureux.Dans le temps additionnel, Pierre-Emerick Aubameyang a ensuite raté, mais pas Cody Gakpo, qui a porté le score à des proportions un peu cruelles (90+3, 3-0).Loin du compte mercredi, l’OM aura donc une dernière cartouche mercredi prochain en Belgique. Mais d’ici-là, il y a la réception de Lens samedi. Après Liverpool, le leader du championnat, rien que ça.

Ligue des champions: la Juventus enchaîne et reprend espoir

La Juventus Turin entrevoit la phase à élimination directe de la Ligue des champions après avoir signé une troisième victoire consécutive dans la compétition reine du football européen mercredi à domicile face au Benfica (2-0).Impensable après les quatre premières journées conclues avec trois points et aucune victoire, la Juve peut même décrocher sa qualification directe pour les 8e de finale. Désormais 15e avec 12 points, à une longueur du top 8 tant convoité, elle devra s’imposer à Monaco mercredi prochain, mais il y a embouteillage avec dix équipes se tenant en un point, du PSG (6e) à la Juve, en passant par Chelsea (8e), le FC Barcelone (9e), Manchester City (11e) et l’Inter (14e)!Ils sont pour le moment assurés de disputer en février les barrages d’accession aux 8e de finale.Mais comme souvent ces dernières semaines, les Bianconeri ont joué avec les nerfs de leurs tifosi et de leur entraîneur Luciano Spalletti.Dans un duel souvent crispant et pour tout dire bien décevant, il a longtemps fallu se tourner vers le banc de la Juve pour voir de l’action et de l’émotion.A la différence de son homologue Jose Mourinho, inhabituellement stoïque, Spalletti a multiplié les gestes théâtraux pour dire sa frustration, comme lorsque Kenan Yildiz a frôlé la cage portugaise (17e) ou quand Jonathan David, seul dans la surface, a dévissé sa reprise de la tête (43e).- Penalty raté -Mais l’entraîneur de la Juve a fini par céder le premier rôle à ses joueurs.D’abord à Khéphren Thuram qui, à la 55e minute, a libéré son équipe. Le milieu français s’est frayé un chemin dans la surface de réparation de Benfica et a trompé le gardien portugais d’une délicieuse frappe sèche au premier poteau, pour son premier but depuis le 13 septembre.Transfigurée, la Juve a doublé la mise 11 minutes plus tard grâce à Weston McKennie servi par David.Malgré ce double avantage et un nouvelle occasion de McKennie repoussée par un montant (74e), la “Vieille Dame”, sauvée en première période (22e) par Michele Di Gregorio, décisif devant Georgiy Sudakov, a commencé à trembler.Fébrile, Gleison Bremer a fait trébucher dans sa surface Leandro Barreiro (80e) mais Vangelis Pavlidis a glissé au moment de frapper son penalty et a complétement manqué sa tentative.”On a souffert jusqu’à ce qu’on marque le premier but. Etre assuré de jouer les barrages est une première étape, mais un club comme la Juve doit toujours regarder le plus haut possible”, a estimé Thuram.”On a été plus dangereux que la Juve jusqu’à ce qu’ils marquent leur premier but. Si ensuite on marque ce pénalty, c’est un autre match”, a de son côté estimé Mourinho, dont l’équipe, 29e avec six points, “aura du mal à se qualifier pour les barrages”.