Enlèvement dans l’Orne: la fillette retrouvée saine et sauve, le père en garde à vue

L’homme soupçonné d’avoir enlevé sa fille de trois ans dans l’Orne a été interpellé mercredi près de Vannes (Morbihan) et placé en garde à vue, tandis que l’enfant a été retrouvée saine et sauve, a annoncé mercredi le parquet d’Alençon.La petite Khuslen est “en bonne santé”, a souligné la vice-procureure du parquet d’Alençon, Elodie Casanovas, dans un communiqué.La fillette a été retrouvée vers midi dans le Morbihan. Son père a été “interpellé” et placé “en garde à vue” pour “enlèvement et séquestration ou détention arbitraire de mineure de 15 ans”, a précisé la magistrate. Deux autres gardes à vue sont en cours, a-t-elle ajouté.Une procédure d’alerte enlèvement avait été déclenchée mardi soir, avant d’être levée mercredi matin, pour tenter de retrouver Khuslen. Son père, un homme de 36 ans d’origine mongole, s’était enfui avec elle et était activement recherché par la police.Les faits remontent à lundi soir. La fillette avait été enlevée vers 21h40, selon l’alerte diffusée plus de 24 heures après. Son père, soupçonné d’être le ravisseur, aurait pris la fuite à bord d’un véhicule blanc Peugeot 308. La voiture a été retrouvée abandonnée près d’Alençon mercredi dans la matinée, mais sans ses occupants. C’est seulement à la mi-journée que la police a pu les retrouver près de Vannes.Selon Ouest-France, le suspect avait déjà été condamné pour violences conjugales en 2024. L’homme était séparé de la mère de leur fille dont il avait perdu l’autorité parentale, et il serait venu à son domicile d’Alençon lundi soir en prétextant vouloir récupérer des affaires.Le père avait commenté mercredi des articles concernant l’enlèvement de sa fille sur la page Facebook de la rédaction Ouest-France d’Alençon. “J’ai besoin d’un avocat. Après je viendrai avec ma fille au commissariat”, avait-il répondu à une internaute qui lui demandait de “rendre la petite”.- Appel à témoins -Le parquet d’Alençon avait appelé d’éventuels témoins à contacter les services de police ou de gendarmerie pour communiquer tout élément qui pourrait être utile à l’enquête. Des descriptions du père et de sa fille avaient été diffusées.Mme Casanovas a remercié mercredi “l’ensemble des personnes ayant permis de retrouver cette petite fille”.Le 25 septembre, le dispositif d’alerte enlèvement avait déjà été déclenché dans l’Orne, avec succès, après la disparition d’une enfant de douze ans enlevée par un ami de son père à Dompierre.Le suspect et la mineure, saine et sauve, avaient été retrouvés quelques heures plus tard en Loire-Atlantique, grâce à un signalement. L’homme âgé de 34 ans et sous tutelle avait été mis en examen pour enlèvement, séquestration, viol et agression sexuelle aggravés, puis placé en détention provisoire.Adopté en France en février 2006, “alerte-enlèvement” est un dispositif d’alerte massive et immédiate déployé pour aider à la recherche d’un enfant présumé enlevé. Il est largement inspiré du plan “Amber Alert”, créé au Texas en 1996, après l’enlèvement et l’assassinat de la petite Amber Hagerman.Il a été déclenché en France à plus d’une trentaine de reprises depuis sa création.

L’exploitant du BHV lâché par la Banque des territoires après le scandale Shein

Dans la tourmente depuis son alliance avec Shein et désormais lâchée par la Banque des territoires, l’exploitant du BHV dénonce des “pressions politiques” et assure pouvoir mener à bien le rachat des murs du grand magasin parisien.Depuis le 4 juin, la Société des grands magasins (SGM) et la Banque des territoires, entité de la Caisse des dépôts (CDC), étaient en négociations pour “la création d’une foncière commune pour le rachat des murs” de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, qui sont détenus par les Galeries Lafayette et évalués à 300 millions d’euros selon le magazine Challenges. En 2023, la Société des grands magasins (SGM), avait déjà racheté le fonds de commerce du BHV aux Galeries Lafayette.Mais l’annonce le 1er octobre par la plateforme asiatique Shein et la SGM d’une alliance pour l’ouverture progressive de six magasins physiques, dont l’un au sein du BHV Marais, en plein cœur du Paris touristique, a remis en cause les négociations immobilières.”La Banque des territoires a pris connaissance de ce partenariat par voie de presse, sans aucune information préalable, entraînant en conséquence une rupture de confiance entre les deux parties”, a regretté l’entité publique dans un communiqué transmis mercredi à l’AFP et annonçant “la fin des négociations avec la SGM”.Shein est une “entreprise dont le modèle ne correspond pas aux valeurs et à la doctrine d’action de la Banque des territoires”, insiste cette dernière.En novembre, la marque de mode ultra-éphémère Shein doit s’installer de manière pérenne au sixième étage de l’établissement ouvert en 1856 au cœur de Paris et dans cinq magasins des Galeries Lafayette en province.Jusqu’à présent, elle ne vendait ses produits qu’en ligne ou via des boutiques éphémères.Shein n’a pas souhaité réagir au communiqué de la Banque des territoires.- “Le rachat se fera” -Cette annonce par un acteur accusé par ses détracteurs de tuer le prêt-à-porter français a aussitôt suscité une levée de boucliers parmi les commerçants et certains responsables politiques.”La CDC est un partenaire qui a subi de fortes pressions à la suite de l’annonce du partenariat” et “a cédé aux pressions politiques. Ils en tireront les conséquences”, a affirmé la SGM dans une déclaration transmise à l’AFP.La SGM assure également ne pas être inquiète pour le projet immobilier.”Le projet de rachat des murs se fera, SGM ayant d’autres partenaires qui ont confirmé leur engagement et qui soutiennent la démarche de dynamisation et de modernisation de l’offre au BHV”, indique la foncière, sans souhaiter communiquer à ce stade de nom. Au-delà de ce scandale, le BHV fait face à d’importantes difficultés et se voit abandonné par de nombreuses marques à cause d’impayés. Le Slip français est par exemple absent du BHV depuis quinze jours, après dix ans de collaboration.Farrow & Ball (peinture et papier peint), Swarovski (bijoux) ou encore American Vintage (vêtements) ont également quitté le navire, selon les syndicats. A propos de ce litige, la SGM a précédemment assuré à l’AFP que les retards de paiement, de plusieurs millions d’euros, étaient transitoires et imputables à la mise en place d’un nouveau système de comptabilité automatisé. L’annonce du partenariat avec Shein a accru les départs. Plusieurs marques françaises (AIME, Culture Vintage, Talm…) ont décidé de quitter le grand magasin.”A une semaine du démarrage de notre pop‑up au BHV Marais, nous avons pris la décision de tout annuler”, a expliqué mardi sur LinkedIn Chloë Laigre, fondatrice d’Infuse Me, marque de création de cocktails.”Cette collaboration aurait été une vraie fierté pour Infuse Me. Mais nos valeurs ne sont pas en accord avec l’arrivée” de Shein, a-t-elle affirmé dans son message.Fondée en 2012 en Chine et basée à Singapour, Shein se démarque par ses prix extrêmement bas, la profusion des références et son marketing agressif. En 2022, l’entreprise a réalisé 23 milliards de dollars (20 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.L’enseigne est régulièrement accusée de pollution environnementale et de conditions de travail indignes.Ses principaux marchés se trouvent en Europe et aux États-Unis. Elle ne vend pas en Chine où ses 10.000 fournisseurs fabriquent ses produits.

L’exploitant du BHV lâché par la Banque des territoires après le scandale Shein

Dans la tourmente depuis son alliance avec Shein et désormais lâchée par la Banque des territoires, l’exploitant du BHV dénonce des “pressions politiques” et assure pouvoir mener à bien le rachat des murs du grand magasin parisien.Depuis le 4 juin, la Société des grands magasins (SGM) et la Banque des territoires, entité de la Caisse des dépôts (CDC), étaient en négociations pour “la création d’une foncière commune pour le rachat des murs” de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, qui sont détenus par les Galeries Lafayette et évalués à 300 millions d’euros selon le magazine Challenges. En 2023, la Société des grands magasins (SGM), avait déjà racheté le fonds de commerce du BHV aux Galeries Lafayette.Mais l’annonce le 1er octobre par la plateforme asiatique Shein et la SGM d’une alliance pour l’ouverture progressive de six magasins physiques, dont l’un au sein du BHV Marais, en plein cœur du Paris touristique, a remis en cause les négociations immobilières.”La Banque des territoires a pris connaissance de ce partenariat par voie de presse, sans aucune information préalable, entraînant en conséquence une rupture de confiance entre les deux parties”, a regretté l’entité publique dans un communiqué transmis mercredi à l’AFP et annonçant “la fin des négociations avec la SGM”.Shein est une “entreprise dont le modèle ne correspond pas aux valeurs et à la doctrine d’action de la Banque des territoires”, insiste cette dernière.En novembre, la marque de mode ultra-éphémère Shein doit s’installer de manière pérenne au sixième étage de l’établissement ouvert en 1856 au cœur de Paris et dans cinq magasins des Galeries Lafayette en province.Jusqu’à présent, elle ne vendait ses produits qu’en ligne ou via des boutiques éphémères.Shein n’a pas souhaité réagir au communiqué de la Banque des territoires.- “Le rachat se fera” -Cette annonce par un acteur accusé par ses détracteurs de tuer le prêt-à-porter français a aussitôt suscité une levée de boucliers parmi les commerçants et certains responsables politiques.”La CDC est un partenaire qui a subi de fortes pressions à la suite de l’annonce du partenariat” et “a cédé aux pressions politiques. Ils en tireront les conséquences”, a affirmé la SGM dans une déclaration transmise à l’AFP.La SGM assure également ne pas être inquiète pour le projet immobilier.”Le projet de rachat des murs se fera, SGM ayant d’autres partenaires qui ont confirmé leur engagement et qui soutiennent la démarche de dynamisation et de modernisation de l’offre au BHV”, indique la foncière, sans souhaiter communiquer à ce stade de nom. Au-delà de ce scandale, le BHV fait face à d’importantes difficultés et se voit abandonné par de nombreuses marques à cause d’impayés. Le Slip français est par exemple absent du BHV depuis quinze jours, après dix ans de collaboration.Farrow & Ball (peinture et papier peint), Swarovski (bijoux) ou encore American Vintage (vêtements) ont également quitté le navire, selon les syndicats. A propos de ce litige, la SGM a précédemment assuré à l’AFP que les retards de paiement, de plusieurs millions d’euros, étaient transitoires et imputables à la mise en place d’un nouveau système de comptabilité automatisé. L’annonce du partenariat avec Shein a accru les départs. Plusieurs marques françaises (AIME, Culture Vintage, Talm…) ont décidé de quitter le grand magasin.”A une semaine du démarrage de notre pop‑up au BHV Marais, nous avons pris la décision de tout annuler”, a expliqué mardi sur LinkedIn Chloë Laigre, fondatrice d’Infuse Me, marque de création de cocktails.”Cette collaboration aurait été une vraie fierté pour Infuse Me. Mais nos valeurs ne sont pas en accord avec l’arrivée” de Shein, a-t-elle affirmé dans son message.Fondée en 2012 en Chine et basée à Singapour, Shein se démarque par ses prix extrêmement bas, la profusion des références et son marketing agressif. En 2022, l’entreprise a réalisé 23 milliards de dollars (20 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.L’enseigne est régulièrement accusée de pollution environnementale et de conditions de travail indignes.Ses principaux marchés se trouvent en Europe et aux États-Unis. Elle ne vend pas en Chine où ses 10.000 fournisseurs fabriquent ses produits.

Shutdown showdown: The health care fight giving US a migraine

Republicans say Democrats want to hand out free health care to illegal immigrants. Democrats accuse Republicans of trying to blow up Obamacare — again. And somewhere in the middle, the US federal government is stuck in shutdown mode, with the finger-pointing in full swing over insurance subsidies that millions of Americans rely on.Here is a look at what’s driving a clash that is proving a bitter pill for Americans to swallow.  – Why is Washington shut down? -Congress failed to pass a bill to keep federal departments and agencies funded and functioning past October 1, triggering a shutdown. The sticking point? Health care.Democrats are demanding an extension of subsidies for Affordable Care Act (ACA) plans — financial aid that keeps premiums affordable for millions.Republicans — who run Congress and the White House but need Democratic votes to set budgets — say that debate should happen later, not as part of a must-pass funding bill.Both sides have repeatedly blocked the other’s reopening proposals in the Senate, meaning federal agencies have been closing and placing some 750,000 nonessential workers on enforced leave, while essential employees have been working without pay. – What are these subsidies about? -The subsidies are enhanced tax credits for people who buy insurance through the ACA — or “Obamacare” — marketplace. They were boosted during the Covid-19 pandemic but are set to expire at the end of the year.If Congress does not act, premiums could rise by an average of 114 percent in 2026 for 24 million Americans who rely on Obamacare, according to health care policy research group KFF. That means someone paying the 2025 average of $888 would suddenly owe $1,904 in 2026. The Congressional Budget Office estimates four million people could lose coverage altogether. Democrats say letting the subsidies expire would be a disaster for working families, especially in rural areas and Republican-voting states like Texas and Florida, where Obamacare enrollment is highest.- Why are Republicans saying no? -Republican leaders argue that health care policy should be debated separately from government funding. They have proposed a “clean” bill with no strings attached to keep the lights on through November 21.But there is division within the party, with moderates supporting extending the subsidies and hardline conservatives pushing for an end to “Covid-era handouts.”Even Georgia congresswoman and staunch conservative Marjorie Taylor Greene broke ranks, saying she is “disgusted” that premiums could double for her own grown-up children.- How does this tie into Obamacare? -The ACA has been a political battleground since it passed in 2010. Republicans have tried for years to dismantle it, while Democrats have fought to protect and expand it.In this latest chapter of the battle, Democrats want to make the enhanced subsidies permanent, framing it as a defense of affordable health care. Republicans see the shutdown as a chance to revisit the ACA and push for reforms — or rollbacks.Some Republicans are also pushing for restrictions on subsidies going to insurers that cover abortion, adding another layer of controversy.- What is each side telling voters? -Democrats say Republicans are risking the health of millions by refusing to extend ACA subsidies. Their message: “Protect working families. Extend the subsidies. Reopen the government.”Republicans say Democrats are holding the government hostage over unrelated demands. Their message: “Pass a clean bill. Debate health care later.”Trump and his allies have added to the noise by pushing misleading claims that Democrats want to give free health care to undocumented immigrants.US law bars such migrants from receiving the health care benefits under debate, and the Democrats have not called for a new act of Congress to change that.Polls show most Americans side with Democrats on the health care issue. A recent KFF survey found 78 percent support extending the subsidies, including 59 percent of Republicans.

Le Parlement européen dit non au “steak végétal”

Fini le burger végétarien? Le Parlement européen a voté mercredi pour interdire l’usage de termes comme steak, saucisse ou hamburger pour des produits qui ne contiennent pas de viande. Les eurodéputés ont soutenu par 355 contre 247 voix une proposition de la droite bannissant des dénominations comme “steak végétal”, afin d’éviter une “confusion” avec les produits carnés.Mais le débat est loin d’être clos. La mesure doit encore être négociée avec les 27 États européens.Selon l’eurodéputée de droite Céline Imart, à l’origine du texte adopté mercredi, “il s’agit de transparence et de clarté pour le consommateur et de reconnaissance pour le travail de nos éleveurs”.Il n’est “aucunement question d’interdire les alternatives végétales, mais je suis attachée à la valorisation des termes, à leur sens véritable”, ajoute cette élue française, également exploitante céréalière.Des organisations de consommateurs ont à l’inverse fait part de leur “déception” après ce vote. “Près de 70% des consommateurs européens comprennent ces noms tant que les produits sont clairement étiquetés comme véganes ou végétariens”, affirme Irina Popescu, une responsable du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).Selon cette organisation, la consommation des produits végétariens imitant la viande a quintuplé depuis 2011, portée par le souci de manger sainement, de défendre le bien-être animal ou de réduire son empreinte environnementale, alors que les élevages sont de gros émetteurs de CO2.Cette loi visant à interdire les dénominations comme le “steak de soja” a provoqué des débats enflammés dans l’hémicycle de Strasbourg.La droite s’est elle-même divisée. L’eurodéputé allemand Peter Liese trouve par exemple “dommage” que le Parlement européen consacre du temps à “une telle bêtise”. “Nous ne devons pas prendre les consommateurs pour des imbéciles”, si “un emballage indique +burger végétarien+ ou +saucisse végétarienne+, chacun peut décider s’il veut l’acheter ou non”, estime-t-il.- “Lobby de la viande” -Les écologistes étaient vent debout contre le texte. La Néerlandaise Anna Strolenberg a tancé le “lobby de la viande” qui “tente d’affaiblir ses concurrents innovants dans le domaine alimentaire”.La filière Elevage et Viande française (Interbev) a, au contraire, salué le vote. Les alternatives végétales “brouillent les repères et affaiblissent la reconnaissance d’un produit brut et 100% naturel”, en “s’appropriant les dénominations de la viande à des fins marketing”, critique Interbev.En 2020, les eurodéputés avaient rejeté une loi sur le même sujet.Mais les élections européennes de 2024 ont changé l’équilibre des partis, accordant plus de places aux députés de droite et d’extrême droite, qui revendiquent leur proximité avec le secteur agricole.Pour Nicolas Schweitzer, le PDG de la marque française La Vie qui fournit Burger King en “bacon végétal”, l’adoption de ce texte, “est une vraie déception”.”Il s’agit uniquement d’une tentative de déstabilisation de la progression des alternatives végétales” qui “répondent à une vraie demande des consommateurs, de plus en plus préoccupés par les enjeux environnementaux, éthiques et de santé soulevés par l’élevage intensif”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.En Allemagne, le sujet inquiète les supermarchés, dont Lidl et Aldi, qui considèrent qu’exclure des “termes familiers” permettant aux “consommateurs de faire un choix éclairé”, rendrait “beaucoup plus difficile pour les entreprises la vente de leurs produits”. Cela “affecterait particulièrement l’Allemagne” le plus large marché pour les alternatives végétales en Europe, assurent-ils.Ce dossier agite aussi les passions en France, où un décret proposant d’interdire ce type d’appellation avait été pris en 2024, pour apaiser la colère des agriculteurs. Il avait été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025, dans la foulée d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.

Le Parlement européen dit non au “steak végétal”

Fini le burger végétarien? Le Parlement européen a voté mercredi pour interdire l’usage de termes comme steak, saucisse ou hamburger pour des produits qui ne contiennent pas de viande. Les eurodéputés ont soutenu par 355 contre 247 voix une proposition de la droite bannissant des dénominations comme “steak végétal”, afin d’éviter une “confusion” avec les produits carnés.Mais le débat est loin d’être clos. La mesure doit encore être négociée avec les 27 États européens.Selon l’eurodéputée de droite Céline Imart, à l’origine du texte adopté mercredi, “il s’agit de transparence et de clarté pour le consommateur et de reconnaissance pour le travail de nos éleveurs”.Il n’est “aucunement question d’interdire les alternatives végétales, mais je suis attachée à la valorisation des termes, à leur sens véritable”, ajoute cette élue française, également exploitante céréalière.Des organisations de consommateurs ont à l’inverse fait part de leur “déception” après ce vote. “Près de 70% des consommateurs européens comprennent ces noms tant que les produits sont clairement étiquetés comme véganes ou végétariens”, affirme Irina Popescu, une responsable du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).Selon cette organisation, la consommation des produits végétariens imitant la viande a quintuplé depuis 2011, portée par le souci de manger sainement, de défendre le bien-être animal ou de réduire son empreinte environnementale, alors que les élevages sont de gros émetteurs de CO2.Cette loi visant à interdire les dénominations comme le “steak de soja” a provoqué des débats enflammés dans l’hémicycle de Strasbourg.La droite s’est elle-même divisée. L’eurodéputé allemand Peter Liese trouve par exemple “dommage” que le Parlement européen consacre du temps à “une telle bêtise”. “Nous ne devons pas prendre les consommateurs pour des imbéciles”, si “un emballage indique +burger végétarien+ ou +saucisse végétarienne+, chacun peut décider s’il veut l’acheter ou non”, estime-t-il.- “Lobby de la viande” -Les écologistes étaient vent debout contre le texte. La Néerlandaise Anna Strolenberg a tancé le “lobby de la viande” qui “tente d’affaiblir ses concurrents innovants dans le domaine alimentaire”.La filière Elevage et Viande française (Interbev) a, au contraire, salué le vote. Les alternatives végétales “brouillent les repères et affaiblissent la reconnaissance d’un produit brut et 100% naturel”, en “s’appropriant les dénominations de la viande à des fins marketing”, critique Interbev.En 2020, les eurodéputés avaient rejeté une loi sur le même sujet.Mais les élections européennes de 2024 ont changé l’équilibre des partis, accordant plus de places aux députés de droite et d’extrême droite, qui revendiquent leur proximité avec le secteur agricole.Pour Nicolas Schweitzer, le PDG de la marque française La Vie qui fournit Burger King en “bacon végétal”, l’adoption de ce texte, “est une vraie déception”.”Il s’agit uniquement d’une tentative de déstabilisation de la progression des alternatives végétales” qui “répondent à une vraie demande des consommateurs, de plus en plus préoccupés par les enjeux environnementaux, éthiques et de santé soulevés par l’élevage intensif”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.En Allemagne, le sujet inquiète les supermarchés, dont Lidl et Aldi, qui considèrent qu’exclure des “termes familiers” permettant aux “consommateurs de faire un choix éclairé”, rendrait “beaucoup plus difficile pour les entreprises la vente de leurs produits”. Cela “affecterait particulièrement l’Allemagne” le plus large marché pour les alternatives végétales en Europe, assurent-ils.Ce dossier agite aussi les passions en France, où un décret proposant d’interdire ce type d’appellation avait été pris en 2024, pour apaiser la colère des agriculteurs. Il avait été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025, dans la foulée d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.

Comment le Nobel de la paix est devenu une obsession de Trump

Ne pas le lui donner serait une “insulte” contre les Etats-Unis, a-t-il lancé récemment: née pendant son premier mandat, l’obsession de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix n’a fait que croître depuis son retour au pouvoir.”Tout le monde dit que je devrais avoir le prix Nobel”, a lancé le président américain à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.Il assure avoir mis fin à sept conflits, donnant pour exemples ses médiations entre l’Inde et le Pakistan, le Cambodge et la Thaïlande, l’Egypte et l’Ethiopie, le Rwanda et la République démocratique du Congo, la Serbie et le Kosovo…Les experts estiment toutefois que le président américain exagère son rôle, quand il ne l’invente pas tout à fait.Récemment, Donald Trump a observé que le compteur pourrait encore monter si ses efforts pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza s’avéraient fructueux.- Bonne volonté diplomatique -Le Forum des familles, la principale organisation de proches d’otages en Israël, a d’ores et déjà appelé à lui décerner le prix, pour sa “détermination à instaurer la paix” dans la région.Evoquer la prestigieuse récompense est devenu, pour certains dirigeants étrangers, un signe de bonne volonté diplomatique à l’égard d’un président américain qui a mis sens dessus dessous l’ordre international.Le Pakistan a nommé Trump pour le prix Nobel de la paix, tout comme le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Pendant une réunion début juillet à la Maison Blanche, une journaliste avait demandé aux présidents du Liberia, du Sénégal, de Mauritanie, de Guinée-Bissau et du Gabon si le dirigeant méritait cette récompense.Entendant les réponses généralement flatteuses des dirigeants africains, Trump, ravi, avait déclaré: “Je pourrais faire ça toute la journée.”Le patron du géant de la pharmacie Pfizer, Albert Bourla, s’est ajouté à ce choeur, en estimant récemment que le développement à grande vitesse d’un vaccin contre le Covid-19, pendant le premier mandat Trump, “méritait” la prestigieuse distinction.Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes peuvent proposer un nom au comité Nobel: parlementaires et ministres, certains professeurs d’université, membres du comité eux-mêmes, anciens lauréats…- “Je le mérite” -La nomination doit être déposée avant le 31 janvier, pour une annonce en octobre – cette année, ce sera vendredi, le 10 octobre.La professeure de droit Anat Alon-Beck a ainsi soumis le nom du président américain aux cinq personnalités composant le comité, désignées par le Parlement norvégien.Elle a indiqué à l’AFP l’avoir fait en raison de “l’extraordinaire autorité” et du “talent stratégique” qu’il a selon elle montrés pour “promouvoir la paix et assurer la libération des otages” retenus dans la bande de Gaza.Les experts estiment que les chances de Donald Trump cette année sont quasiment nulles, ce que le principal intéressé reconnaît, non sans le déplorer amèrement.”Quoi que je fasse, je n’aurai pas le prix Nobel” a-t-il déploré en juin sur son réseau Truth Social. En février, en présence de Benjamin Netanyahu, il avait lancé: “Je le mérite mais ils ne me le donneront jamais.”Ce qui ne l’empêche pas de tâter le terrain: à en croire le journal norvégien Dagens Naeringsliv, le président américain a abordé le sujet fin juillet avec le ministre norvégien des Finances, Jens Stoltenberg, qu’il connaît bien depuis que celui-ci a dirigé l’Otan.- Obama -“Trump a la réputation d’être particulièrement friand de récompenses et de prix, il serait donc enchanté de cette reconnaissance internationale”, commente pour l’AFP Garret Martin, professeur de relations internationales à l’American University.”Par ailleurs, depuis qu’il a déclaré ses ambitions présidentielles il y a dix ans, il se présente comme le grand opposant à Barack Obama”, or ce dernier a remporté le prix Nobel de la paix en 2009, souligne l’expert.La distinction accordée à l’ancien président démocrate, neuf mois à peine après sa prise de fonction à la tête des Etats-Unis, avait suscité et continue de susciter de vifs débats.”Si je m’appelais Obama j’aurais reçu le prix Nobel en dix secondes” a déclaré Trump en octobre 2024.Trois autres présidents américains ont été honorés: Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson, Jimmy Carter. Le prix a aussi été décerné en 1973 à Henry Kissinger.Le choix de l’ancien secrétaire d’Etat, considéré dans bien des pays comme l’incarnation de la brutalité et du cynisme diplomatique, avait été très critiqué.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Dans les villages du Bangladesh, le retour de la grande peur des serpents

Cachés au pied des plantations, ondoyant dans les rues ou enroulés sur les lits, ils sont partout. Avec la mousson estivale, les serpents sont de retour en nombre dans les villages du Bangladesh, avec leur cortège de morsures… et de peurs.Dans le village de Rajshani (nord), baigné par le fleuve Padma, Sree Ananda Mondol, 35 ans, ne leur a pas échappé. Et il en tremble encore.”Je rassemblais des pieds de riz quand un serpent a surgi du tas et m’a mordu à la cheville”, raconte-t-il. “J’ai trébuché, je ne pouvais plus ni parler ni bouger. J’ai vomi, mes intestins ont lâché et j’avais de la salive qui sortait de la bouche”.Rapidement admis à l’hôpital du district, il a passé trois jours en soins intensifs avant de rentrer chez lui.Ces dernières semaines, ces incidents parfois mortels sont devenus monnaie courante dans la région, à plus d’une centaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale Dacca.La hausse des morsures est attribuée pèle-mêle par les experts aux fortes pluies de cette saison de mousson, au changement des pratiques agricoles et à l’urbanisation.- “Dans nos lits” -“On en trouve jusque dans nos lits”, témoigne Rezina Begum, habitante d’un village voisin, en lavant son linge dans le fleuve. “J’ai le cœur qui s’affole quand je marche le long des champs”, renchérit Mohammad Bablu, 56 ans, “rien qu’hier, ils en ont tué sept…”Les brûlis des rizières servent de refuge à de nombreuses espèces de serpents, surtout lorsque les pluies de la mousson gonflent le cours des fleuves.A l’hôpital universitaire de Rajshahi, le Pr. Abu Shahin Mohammed Mahbubur Rahman a compté 25 morts par morsures depuis le début de l’année.”Nous avons aussi traité plus d’un millier de patients cette année”, dénombre-t-il, “dont 206 ont été mordus par des serpents venimeux comme les cobras, les bongares ou les vipères”.- Ecosystèmes bouleversés -En 2024, les autorités sanitaires avaient recensé 118 morts par morsure de serpent sur l’ensemble du territoire, un record.Cette année, on dénombre déjà 84 décès.La résurgence de la vipère dite de Russell est particulièrement redoutée. Un temps considérée comme disparue, cette espèce est réapparue en 2013 et cause de plus en plus de victimes.”Ce sont d’excellentes nageuses, qui peuvent flotter sur les jacinthes d’eau et se déplacer très facilement”, décrit le zoologue Farid Ahsan, de l’université de Chittagong.Leur multiplication cette année est d’abord liée aux précipitations abondantes, diagnostiquent les experts. La région de Rajshahi a reçu de mai à septembre 1.409 mm de pluies, bien plus que les 1.175 mm d’une saison normale.Le bouleversement des écosystèmes favorise également la prolifération des reptiles.”Leur habitat est détruit, ils vivent maintenant au contact des humains”, note l’expert Gowhar Naim Wara.La hausse de la production agricole – il y a désormais trois récoltes de riz annuelles au Bangladesh – a en outre causé la prolifération des rongeurs qui s’en nourrissent et de leurs prédateurs, donc des serpents, souligne Farid Ahsan.- Anti-venin -La hausse des morsures a d’ores et déjà contraint les hôpitaux du pays à renforcer en urgence leurs stocks de sérums anti-venin.”Nous avons suffisamment de doses pour les trois prochaines semaines, et nous avons lancé une commande auprès de l’Inde”, affirme un responsable du ministère de la Santé et de la Famille, Md Sayedur Rahman.Les autorités ont aussi lancé la mise au point d’un sérum adapté au venin des vipères de Russell. Mais il ne sera pas disponible avant trois ans.En attendant, les habitants des villages tentent de limiter les risques de morsures par la seule prévention: ils ne se déplacent plus qu’avec des bâtons, en pantalons et en bottes.Pas de quoi les rassurer. “N’importe lequel d’entre nous peut se faire mordre”, répète Mohammad Bablu, “et cette idée nous hante”.