“Le nanisme, ce n’est pas une blague”

Le nanisme, dont la journée internationale est célébrée samedi, n’est pas une “plaisanterie” ni “une vulgaire source de divertissement” mais un “handicap avec plus de 500 maladies rares”, souligne dans un entretien à l’AFP la présidente de l’association des personnes de petite taille (APPT) Violette Viannay.Trente ans après l’arrêt de Morsang-sur-Orge qui a interdit les spectacles de “lancer de nains” au nom du “respect de la dignité de la personne humaine”, les personnes atteintes de nanisme continuent d’être “regardées, montrées du doigt et moquées”, déplore la jeune trentenaire, cheffe de cabinet au ministère de la Culture.Si en théorie les “lancers de nains” n’existent plus depuis l’arrêt du 27 octobre 1995, d'”autres activités récréatives s’en rapprochent, comme la location de nains ou les combats de nains dans les boîtes de nuit”, ajoute-t-elle. Elle cite notamment un “combat de nains” qui avait été annoncé en mars 2024 dans une discothèque de Toulouse, une boîte d’événementiel à la recherche de “nains” pour jouer les lutins du Père Noël dans un centre commercial ou encore l’embauche de personnes de petites tailles pour animer la soirée des 18 ans du footballeur espagnol Lamine Yamal en juillet dernier.A cela s’ajoutent les photos prises à la volée dans la rue, vécues comme de “véritables agressions”, qui sont diffusées ensuite sur les réseaux sociaux “à des fins de moquerie”. “Les gens ont tendance à justifier ça en évoquant l’humour, sauf que ça légitimise ces formes de discrimination qui sont complètement banalisées et ça structure la santé mentale des personnes qui sont directement concernées”, insiste Violette Viannay. Soit “environ 10.000 personnes en France tout nanisme confondu”. Dans la construction de ces clichés, Fort Boyard a joué selon elle un rôle important en véhiculant des stéréotypes. L’émission a fini par revoir sa copie “en donnant la parole” aux figurants de petite taille mais le mal était fait.”Le nombre de personnes qui se sont fait traitées de Passe-Partout….ce n’est pas anodin et ce n’est pas comme ça qu’un enfant de petite taille se construit”, souligne-t-elle, appelant à s’interroger sur la manière “dont la culture ou le secteur culturel peut avoir un impact positif ou négatif” sur le handicap. – Quelques centimètres -“Le nanisme ce n’est n’est pas une blague. Il s’agit de plusieurs formes de maladies rares osseuses qui évoluent sur le temps long, qui impliquent un suivi médical extrêmement rigoureux. Clairement, on n’est jamais en vacances de cette maladie”, poursuit-elle.”A 30 ans, à 50 ans, vous allez rencontrer des difficultés qui sont lourdes avec des interventions chirurgicales, parfois des pertes de mobilité qui peuvent être importantes”, ajoute-t-elle. “Un os qui grandit mal, ce n’est pas juste une question de taille, c’est aussi une question d’équilibre dans l’oreille interne, la cage thoracique, tout un tas de choses qui touchent ensuite à la zone ORL, au cœur, au poumon et à la rhumatologie.”Il reste par ailleurs encore beaucoup à faire pour accompagner les personnes concernées mais également leurs parents qui “viennent nous voir avec beaucoup d’interrogations”.”Certains parents qui attendent un enfant ne savent pas s’ils vont poursuivre l’aventure et on se rend compte que leurs angoisses tournent beaucoup autour du regard de l’autre : est-ce que cet enfant pourra passer au-dessus des moqueries?”Le tableau n’est pas entièrement noir pour autant et des avancées ont été observées ces dernières années que ce soit en terme de recherche sur l’achondroplasie – avec un traitement plus accessible pour les enfants et “qui permet de gagner quelques centimètres” – qu’en suivi médical des enfants.Pour tenter de mobiliser sur la question, son association publiera en janvier un livre “Pour quelques centimètres en moins” (Éditions du Cherche midi), ensemble de témoignages et de contributions de spécialistes en forme de manifeste.”On a tendance à oublier que 90% des personnes de petite taille naissent de parents de taille classique, tout le monde peut demain être touché par le nanisme, au même titre que la trisomie, ou que d’autres formes de handicap”, souligne Violette Viannay. “Il ne s’agit pas juste d’un phénomène concernant 10 pauvres personnes qui devraient conjurer le mauvais sort”.

Broyage de poussins: L214 porte plainte contre un couvoir des Deux-Sèvres

L’association de défense des animaux L214 a porté plainte contre un important couvoir d’œufs dans les Deux-Sèvres, dénonçant des “sévices graves” et “mauvais traitements” sur des poussins broyés, une pratique autorisée dans certaines filières.De brèves images mises en ligne par l’association dans la nuit de mercredi à jeudi montrent un employé du site, situé à La Boissière-en-Gâtine près de Niort, lancer des poussins vivants sur le tapis d’une machine à broyer, tandis qu’un autre en écrase à l’aide d’une raclette, ce qui constitue selon L214 des “sévices graves”.Des images “choquantes et absolument contraires aux valeurs de notre entreprise et aux exigences que nous imposons à nos collaborateurs en matière de bien-être animal. Nous les condamnons avec la plus grande fermeté”, a réagi la coopérative agricole Terrena, propriétaire du couvoir incriminé.”Une enquête interne est en cours afin de faire toute la lumière sur ces faits et de comprendre précisément les circonstances dans lesquelles ces images ont été tournées”, a-t-elle ajouté.Les autres extraits vidéo diffusés par L214 montrent le broyage de poussins et pintadeaux encore vivants, déversés dans la machine par caisses entières.Depuis 2022, la France a interdit le broyage des poussins mâles dans la filière des poules pondeuses destinées à la production d’œufs. Mais cette pratique reste autorisée pour mettre à mort des poussins destinés à la filière viande, pour laquelle intervient le couvoir en question.La société Boyé Accouvage, qui emploie 130 salariés, fournit en effet une cinquantaine d’éleveurs de volailles de chair dans cinq départements – un million de poussins et 220.000 pintadeaux voyant le jour, chaque semaine, dans ses installations, selon elle.Dans sa plainte déposée mercredi auprès du parquet de Niort, L214 dénonce le broyage comme un “mauvais traitement” dépourvu de “nécessité”, contraire au Code rural et découlant de “choix purement économiques”, alors que “d’autres solutions existent pour éviter la mise à mort” des poussins, comme le sexage des œufs, utilisé dans la filière ponte.”Il n’y a pas d’élimination des poussins en fonction de leur sexe dans la filière viande”, répond Terrena, qui compte 18.000 exploitations adhérentes et 13.000 collaborateurs dans le grand Ouest.Tous les poussins viables sont valorisés, affirme la coopérative, “l’élimination” de ceux qui présentent des malformations ne représentant “qu’une part très limitée des éclosions” et étant “strictement encadrée par la réglementation”.

Municipales: la députée LFI Belouassa-Cherifi candidate à Lyon

La députée La France insoumise du Rhône, Anaïs Belouassa-Cherifi, sera candidate aux élections municipales à Lyon l’année prochaine, notamment face au maire écologiste sortant Grégory Doucet et à l’ancien patron de l’OL Jean-Michel Aulas, a-t-elle annoncé jeudi à l’AFP.”Je suis candidate aux municipales à Lyon pour La France insoumise. Jean-Michel Aulas utilise sa notoriété pour cette élection et les Ecologistes font campagne simplement sur leur bilan, sans être force de proposition. Il faut élever le niveau du débat”, indique Anaïs Belouassa-Cherifi.Cette jeune députée de 30 ans, élue à l’Assemblée nationale en 2024 après la dissolution, était la secrétaire générale de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2022. Discrète médiatiquement, elle est la première députée LFI de l’histoire de Lyon, la troisième ville du pays.Comme cela semble se dessiner dans beaucoup de villes, les Insoumis se préparent à partir seuls à gauche à Lyon. “On avait espoir de négocier avec d’autres partis, mais les Ecologistes ont préféré entamer des négociations avec le PS et Place publique”, dénonce Mme Belouassa-Cherifi, qui aspire à “remettre de la radicalité concrète dans les problématiques publiques”.La candidate ne ferme pas la porte à d’éventuelles discussions avec le maire sortant en vue d’une fusion des listes entre les deux tours, “mais ces discussions auront lieu sur des bases programmatiques”, prévient-elle. Un récent sondage Verian pour Mag2Lyon la crédite de 15% d’intentions de vote, derrière la liste de Grégory Doucet (23%) et celle de Jean-Michel Aulas (47%), qui est soutenu par Les Républicains et Renaissance. “Depuis que les sondages ont commencé, on apparaît comme la troisième force”, note la députée, qui lancera sa campagne par un meeting avec la vice-présidente de l’Assemblée nationale Clémence Guetté le 6 novembre. “A Lyon, je n’ai pas l’impression qu’il y ait une prime au sortant, comme on peut parfois le voir”, ajoute-t-elle, en qualifiant l’ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, qui bénéficie toujours d’une bonne cote de popularité dans la capitale des Gaules, “d’archétype de l’entrepreneur qui n’y connaît rien au monde politique”.La France insoumise compte sur les élections de 2026 pour entrer dans les conseils municipaux des grandes villes et espère gagner quelques municipalités, notamment dans les villes avec un fort taux de pauvreté. En 2020, la formation de Jean-Luc Mélenchon, qui était alors un tout jeune mouvement, n’avait pas vraiment présenté de candidatures aux municipales.A Paris et Marseille, les candidatures des députés Sophia Chikirou et Sébastien Delogu sont fortement pressenties mais n’ont pas été encore officialisées. 

Bangladesh leader urges calm after cabinet neutrality questioned

Bangladesh’s interim leader has sought to calm rival political parties questioning the impartiality of his cabinet as they jostle for power ahead of the first elections since a 2024 uprising.The polls, expected in February 2026, will be the first in the South Asian nation of 170 million people since a student-led revolt ousted prime minister Sheikh Hasina, ending her 15-year hardline rule.Muhammad Yunus, the 85-year-old Nobel Peace Prize winner serving as the country’s “chief adviser”, had “taken measures to hold free, impartial, and fair elections”, his press team said Thursday.But Nahid Islam, convener of the National Citizen Party (NCP) — made up of many students who spearheaded the uprising — alleged some advisers were collaborating with parties to secure their “safe exit” in the future administration.”Major political parties are appointing party loyalists to various administrative posts ahead of the elections,” Islam told reporters late Wednesday.”Some advisers within the government are helping them.”He did not give further details, but those and similar accusations from other parties have sent political tensions soaring.Yunus met late Wednesday with leaders of Jamaat-e-Islami, the Muslim-majority nation’s largest Islamist party, in the latest of a series of talks aimed at easing tensions.Senior Jamaat leader Abdullah Muhammad Taher said they had told Yunus that some of his advisors had been “misleading” him, by “working on behalf of a certain political party”, without giving further details.”You should be aware of them,” Taher said in a message to Yunus, speaking to reporters.That followed meetings on October 21 with the Bangladesh Nationalist Party (BNP), seen as among the election front-runners.Senior BNP official Mirza Fakhrul Islam Alamgir, speaking to reporters after that meeting, said he had “requested the government remove any adviser found siding with political parties”.Almagir did not give further details, although Dhaka’s Prothom Alo newspaper reported the BNP had submitted two names.Hasina, 78, fled last year to New Delhi, where she has defied court orders to return to attend her ongoing crimes against humanity trial for ordering the deadly crackdown.Her Awami League has been outlawed and is barred from taking part in elections.

Trump heads to Asia aiming to make deals with Xi

US President Donald Trump is set to embark on a major trip to Asia this week with all eyes on an expected meeting with Chinese leader Xi Jinping that has huge implications for the global economy.Trump said on Wednesday he was making a “big trip” to Malaysia, Japan and South Korea, his first visit to the region since he returned to the White House in a blaze of tariffs and geopolitical brinkmanship.Much of the trip remains shrouded in uncertainty. The White House has given almost no details, and Trump has warned that his anticipated sit-down with Xi in South Korea may not even happen amid ongoing tensions.But Trump has made it clear he hopes to seal a “good” deal with China and end a bitter trade war between the world’s two largest economies that has caused global shockwaves.The host nations are meanwhile set to roll out the red carpet to ensure they stay on the right side of the unpredictable 79-year-old, and win the best deals they can on tariffs and security assistance. – Malaysia and Japan – His first stop is expected to be Malaysia for the October 26-28 summit of the Association of Southeast Asian Nations (ASEAN) — a grouping Trump skipped several times in his first term.Trump is set to ink a trade deal with Malaysia — but more importantly to oversee the signing of a peace accord between Thailand and Cambodia, as he continues his quest for a Nobel Peace Prize.”President Trump is keen to see the more positive results of the peace negotiations between Thailand and Cambodia,” Malaysian Prime Minister Anwar Ibrahim said on Wednesday.The US leader may also meet Brazilian counterpart Luiz Inacio Lula da Silva on the sidelines of the summit to improve ties after months of bad blood, officials from both countries told AFP.Trump’s next stop is expected to be Tokyo where he will be able to meet conservative Sanae Takaichi, named this week as Japan’s first woman prime minister.Japan has escaped the worst of the tariffs Trump slapped on countries around the world to end what he calls unfair trade balances that are “ripping off the United States.” At the same time, Trump wants Japan to halt Russian energy imports and has also urged Tokyo to follow Western allies in increasing defense spending.- Xi in South Korea? -But the climax of the trip is expected to be in South Korea, where Trump is due to arrive on October 29 for the Asia-Pacific Economic Cooperation (APEC) summit — and potentially meet Xi.The first meeting between the two leaders since Trump’s return to office could smooth over the trade war between Washington and Beijing — but Beijing’s rare earth curbs have also infuriated Trump.Trump initially threatened to cancel the meeting and imposed fresh tariffs, before saying he would go ahead after all. But he added on Tuesday that still “maybe it won’t happen.”He said on Wednesday that he hoped to make a deal with Xi on “everything” and also hoped the Chinese leader could have a “big influence” on getting Russia’s Vladimir Putin to end the Ukraine war.Analysts warned not to expect any breakthroughs.”The meeting will be a data point along an existing continuum rather than an inflection point in the relationship,” said Ryan Hass, a senior fellow at Brookings Institution.South Korea, seeking its own trade deal, is reportedly considering the rare step of awarding Trump the Grand Order of Mugunghwa — the country’s highest decoration — during his visit. North Korea will also be on the agenda. The country fired multiple ballistic missiles on Wednesday, just days before Trump was due to visit.Trump has said he hopes to meet North Korean leader Kim Jong Un following several meetings during the US president’s first term, but there has been no confirmation of reports that the White House was looking at a new meeting this time.burs-dk/sla/lb

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

L’odyssée d’une Brésilienne dans l’Arctique: “De moins en moins de glace”

Il y a 30 ans, la traversée du passage du Nord-Ouest ne pouvait se faire qu’en brise-glace. La navigatrice brésilienne Tamara Klink l’a accomplie à la voile et en solitaire, un exploit rendu possible par la fonte des glaces dans l’Arctique liée au réchauffement climatique.A 28 ans, elle est devenue en septembre la deuxième femme au monde et la première personne latino-américaine (hommes et femmes confondus) à avoir parcouru ainsi les 6.500 km entre le Groenland et l’Alaska, à bord de “Sardinha 2” (Sardine 2), un monocoque en acier de seulement dix mètres de long. “Très peu de personnes ont traversé le passage du Nord-Ouest en solitaire (elle est la 14e au total, ndlr), non seulement parce que c’est un vrai défi, mais aussi parce que c’était impossible. L’eau était gelée tout l’hiver et partiellement en été”, dit-elle lors d’un entretien à l’AFP à Rio de Janeiro.”Je n’ai trouvé de la glace que sur 9% de la traversée. C’est très peu. En discutant avec des scientifiques et avec la population locale, avec des chasseurs et des pêcheurs inuits, je comprends que cela fait partie d’une tendance générale à avoir de moins en moins de glace de mer chaque année”, alerte la Brésilienne.Selon l’ONU, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne supérieure de 1,5°C à celle de la période pré-industrielle (1850-1900).”Ce sera très compliqué d’inverser la tendance si nous ne prenons pas de décisions fermes et courageuses au cours de cette décennie”, insiste-t-elle, alors que son pays, le Brésil, accueille en novembre la COP30, conférence de l’ONU sur le climat, dans la ville amazonienne de Belem.- “Bon voyage” -Fille d’Amyr Klink, célèbre navigateur brésilien, Tamara a hérité de lui son amour pour l’exploration.”J’avais 12 ans quand j’ai demandé à mon père de m’aider à commencer à naviguer seule. Il m’a dit qu’il m’aiderait avec zéro bateau et zéro conseil. Il m’a juste répondu: +Dis-moi quand tu seras prête et bon voyage+”, raconte-t-elle.”Il avait toutes les réponses et tous les outils, mais il m’a donné le droit de commettre mes propres erreurs et d’apprendre à être qui je suis”, ajoute la jeune navigatrice.La traversée du passage du Nord-Ouest est “le point d’orgue d’un projet de deux ans”.”D’abord, j’ai navigué (5.000 km) depuis la France jusqu’au Groenland, j’y ai passé l’hiver, puis j’ai navigué vers l’Alaska”.Avant la traversée, qui a duré deux mois, elle a passé les huit mois d’hiver dans son voilier dans la baie de Disko, au Groenland.En 2021, Tamara Klink avait accompli son premier exploit en solitaire en traversant l’Atlantique sur 13.000 km entre la Norvège et le Brésil, à bord du premier “Sardinha”, acheté au “prix d’un vélo”.