Canada: pour Carney, un nouveau face-à-face à haut risque avec Trump

Le Premier ministre canadien Mark Carney se rend de nouveau à Washington mardi pour rencontrer Donald Trump et tenter d’assouplir certains des droits de douane imposés à son pays, où l’on attend désormais de lui des résultats.Ce sera sa seconde visite à la Maison Blanche depuis son élection en avril alors que la guerre commerciale menée par l’administration Trump a profondément perturbé les relations bilatérales et fragilisé l’économie canadienne.Il sera reçu par le président américain à 11h30 locale (15h30 GMT), avant une réunion dans le Bureau ovale, précédée d’un point presse. C’est un moment toujours délicat pour les dirigeants étrangers de passage à la Maison Blanche, face à un Donald Trump imprévisible, qui n’hésite pas à bousculer parfois ses invités.Les deux dirigeants déjeuneront ensuite ensemble.Selon Ottawa, il s’agit d’une “visite de travail” pour évoquer “les priorités communes dans le cadre d’une nouvelle relation économique et sécuritaire” entre les deux pays.”Le commerce sera l’un des sujets de discussion (mardi), ainsi que d’autres dossiers importants pour le Canada et les États-Unis”, a confirmé lundi Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche. Donald Trump “se réjouit à l’idée d’avoir cette discussion”. Contrairement à d’autres grands alliés des États-Unis, dont l’Union européenne, le Canada n’a pas encore conclu d’accord commercial global avec son voisin et principal partenaire économique. L’enjeu est de taille pour le Canada, dont 75% des exportations partent vers son voisin du sud, et qui a vu son PIB reculer d’environ 1,5% au deuxième trimestre.En face, le président américain s’estime en position de force. Il a déjà imposé des droits de douane aux secteurs canadiens du bois d’œuvre, de l’aluminium, de l’acier et de l’automobile. Il a ajouté lundi les poids lourds importés aux États-Unis, taxés à hauteur de 25% dès le 1er novembre. Et si la grande majorité des échanges reste protégée par l’ACEUM – accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique – celui-ci doit faire l’objet de nouvelles négociations prochainement et Donald Trump souhaite en revoir les termes pour favoriser davantage les industriels américains. – “La pression monte” -Dans ce contexte, l’ancien banquier central, Mark Carney, qui est entré en politique il y a moins d’un an, fait face à des critiques croissantes. Il a mené campagne en expliquant que sa grande expérience de gestion des crises faisait de lui le candidat idéal pour défendre le Canada.Six mois plus tard, “la pression monte pour au moins obtenir une baisse de certains droits de douane, comme ceux qui pèsent sur l’acier et l’aluminium”, explique Daniel Béland, politologue à l’Université McGill de Montréal.”Mark Carney n’a pas le choix, il doit revenir de Washington avec des progrès”, ajoute le professeur, rappelant que le Premier ministre a accepté plusieurs concessions sans rien obtenir en retour pour l’instant.Fin juin, M. Carney a en effet annulé une taxe ciblant les géants technologiques américains sous la pression de Donald Trump qui l’avait jugée “scandaleuse”. Il a également levé une grande partie des droits de douane instaurés par le précédent gouvernement.L’absence de réaction de Washington à ces gestes d’ouverture a suscité de vives critiques de l’opposition au Canada.”Si vous ne revenez qu’avec des excuses, des promesses brisées et des séances de photos, vous aurez laissé tomber nos travailleurs, nos entreprises et notre pays”, a écrit lundi Pierre Poilievre, le chef de l’opposition conservatrice, dans une lettre à Mark Carney.Mais si les Canadiens espèrent des annonces, “ils ont aussi conscience qu’il y a toujours un risque à aller discuter avec Donald Trump. Ces rencontres peuvent facilement dérailler et tout se fait en public”, estime Geneviève Tellier, politologue à l’université d’Ottawa.La semaine dernière, le président américain a de nouveau évoqué son désir de faire du Canada le 51e État américain lors d’un discours devant les généraux et amiraux américains, en parlant de la potentielle participation du pays à son bouclier antimissile “dôme d’or”.”Le Canada m’a appelé il y a quelques semaines, ils veulent en faire partie”, a affirmé Donald Trump. “Donc j’ai dit: pourquoi ne pas simplement nous rejoindre? Devenez le 51e État, et vous l’obtiendrez gratuitement.”

Charlie Hebdo et la famille de Charb demandent que le dessinateur entre au Panthéon

“Un journaliste victime du terrorisme” au Panthéon? La rédaction de Charlie Hebdo et les parents de Charb en font la demande pour le dessinateur, tué dans l’attaque jihadiste contre l’hebdomadaire satirique il y a dix ans.”Charb coche toutes les cases pour s’y retrouver” et ses “valeurs” étaient “exactement celles de notre démocratie”, défend Riss, qui lui a succédé à la tête de Charlie Hebdo, dans son édito à paraître mercredi, à la veille de l’entrée de Robert Badinter au Panthéon.Il est “un journaliste exécuté pour ses opinions par des terroristes sur le territoire national” et l’idée d’une panthéonisation n’est ainsi “pas si conne que cela”, appuie-t-il.Charb l’aurait-il validée? Non, mais il n’est pas question “d’une récompense ou d’un honneur”, mais de “valeurs” qu’il représente, a répondu Riss à l’AFP.Selon lui, “quelle que soit l’issue de cette demande, l’intérêt est aussi d’entretenir, de réveiller la réflexion autour des valeurs de Charb et du journal”. Une telle décision d’entrée au Panthéon “graverait dans le marbre de notre République l’attachement viscéral du peuple français à la liberté d’expression”, souligne aussi dans son édito le directeur de la publication, qui avait été lui-même grièvement blessé le 7 janvier 2015.L’attentat avait fait douze morts, dont huit membres de la rédaction à Paris, parmi lesquels d’autres figures de la caricature comme Cabu et Wolinski.”Nous souhaiterions ancrer définitivement cet événement dans l’histoire du pays, par un acte fort et fédérateur”, ont écrit les parents de Charb et son frère dans leur requête au président de la République également publiée par Charlie Hebdo.Outre la liberté d’expression, ils évoquent “l’antiracisme”, “la justice sociale” et “la laïcité”, “valeurs éminemment républicaines pour lesquelles Charb s’est battu toute sa vie et qui rassemblent la très grande majorité des Français de toutes opinions et de toutes confessions”.La demande est faite à l’occasion des vingt ans de la publication de 12 caricatures de Mahomet dans le quotidien danois Jyllands-Posten, à l’origine de violentes manifestations dans certains pays musulmans. Ces dessins avaient été repris en 2006 par l’hebdomadaire français, en faisant une cible des jihadistes.Republiées à plusieurs reprises, elles sont reproduites à nouveau dans l’édition de mercredi, pour marquer “l’anniversaire d’une manipulation internationale”, titre Charlie Hebdo.”Cette publication (en 2005-2006) ainsi que l’attentat du 7 janvier 2015 furent des événements considérables. Aujourd’hui, ils sont devenus des faits historiques” et des rues, des places portent des noms des victimes, constate Riss, qui a avancé cette idée de panthéonisation auprès de la famille de son ami, mort à 47 ans.Avec d’autres membres de la rédaction, il se rend régulièrement auprès de lycéens et d’étudiants. “Ce n’est pas aberrant de faire rentrer au Panthéon quelqu’un de cette génération”, un “contemporain”, a-t-il en outre souligné à l’AFP.

Charlie Hebdo et la famille de Charb demandent que le dessinateur entre au Panthéon

“Un journaliste victime du terrorisme” au Panthéon? La rédaction de Charlie Hebdo et les parents de Charb en font la demande pour le dessinateur, tué dans l’attaque jihadiste contre l’hebdomadaire satirique il y a dix ans.”Charb coche toutes les cases pour s’y retrouver” et ses “valeurs” étaient “exactement celles de notre démocratie”, défend Riss, qui lui a succédé à la tête de Charlie Hebdo, dans son édito à paraître mercredi, à la veille de l’entrée de Robert Badinter au Panthéon.Il est “un journaliste exécuté pour ses opinions par des terroristes sur le territoire national” et l’idée d’une panthéonisation n’est ainsi “pas si conne que cela”, appuie-t-il.Charb l’aurait-il validée? Non, mais il n’est pas question “d’une récompense ou d’un honneur”, mais de “valeurs” qu’il représente, a répondu Riss à l’AFP.Selon lui, “quelle que soit l’issue de cette demande, l’intérêt est aussi d’entretenir, de réveiller la réflexion autour des valeurs de Charb et du journal”. Une telle décision d’entrée au Panthéon “graverait dans le marbre de notre République l’attachement viscéral du peuple français à la liberté d’expression”, souligne aussi dans son édito le directeur de la publication, qui avait été lui-même grièvement blessé le 7 janvier 2015.L’attentat avait fait douze morts, dont huit membres de la rédaction à Paris, parmi lesquels d’autres figures de la caricature comme Cabu et Wolinski.”Nous souhaiterions ancrer définitivement cet événement dans l’histoire du pays, par un acte fort et fédérateur”, ont écrit les parents de Charb et son frère dans leur requête au président de la République également publiée par Charlie Hebdo.Outre la liberté d’expression, ils évoquent “l’antiracisme”, “la justice sociale” et “la laïcité”, “valeurs éminemment républicaines pour lesquelles Charb s’est battu toute sa vie et qui rassemblent la très grande majorité des Français de toutes opinions et de toutes confessions”.La demande est faite à l’occasion des vingt ans de la publication de 12 caricatures de Mahomet dans le quotidien danois Jyllands-Posten, à l’origine de violentes manifestations dans certains pays musulmans. Ces dessins avaient été repris en 2006 par l’hebdomadaire français, en faisant une cible des jihadistes.Republiées à plusieurs reprises, elles sont reproduites à nouveau dans l’édition de mercredi, pour marquer “l’anniversaire d’une manipulation internationale”, titre Charlie Hebdo.”Cette publication (en 2005-2006) ainsi que l’attentat du 7 janvier 2015 furent des événements considérables. Aujourd’hui, ils sont devenus des faits historiques” et des rues, des places portent des noms des victimes, constate Riss, qui a avancé cette idée de panthéonisation auprès de la famille de son ami, mort à 47 ans.Avec d’autres membres de la rédaction, il se rend régulièrement auprès de lycéens et d’étudiants. “Ce n’est pas aberrant de faire rentrer au Panthéon quelqu’un de cette génération”, un “contemporain”, a-t-il en outre souligné à l’AFP.

Le Nobel de physique à un trio britanno-franco-américain pour la mise en évidence macroscopique d’un mécanisme quantique

Le prix Nobel de physique 2025 a été décerné mardi à un trio britanno-franco-américain pour la découverte à l’échelle macroscopique de “l’effet tunnel” en mécanique quantique, une science qui décrit le monde de l’infiniment petit.Les trois physiciens ont été récompensés “pour la découverte de l’effet tunnel quantique macroscopique et de la quantification de l’énergie dans un circuit électrique”, a déclaré le comité Nobel.Une question majeure en physique est celle de la taille maximale d’un système pouvant démontrer des effets de mécanique quantique.Cette science contre-intuitive décrit la façon dont les choses fonctionnent à des échelles incroyablement petites – au niveau des particules – où les choses peuvent simultanément exister, ne pas exister et être quelque part entre les deux.Par exemple, lorsqu’une balle ordinaire frappe un mur, elle rebondit. Mais à l’échelle quantique, une particule peut en réalité traverser directement un mur comparable, un phénomène appelé “effet tunnel”.Le prix décerné mardi récompense des expériences menées dans les années 1980 qui ont montré que l’effet tunnel quantique peut également être observé à une échelle macroscopique, impliquant de multiples particules, grâce à l’utilisation de supraconducteurs.Ils ont réalisé une série d’expériences pour démontrer que “les propriétés étranges du monde quantique” peuvent être rendues concrètes dans un système assez grand pour être tenu dans la main, explique l’Académie des sciences de Suède.Leur système électrique supraconducteur pouvait passer d’un état à un autre comme s’il traversait directement un mur. Ils ont également montré que le système absorbait et émettait de l’énergie par quantités de tailles précises, exactement comme le prédit la mécanique quantique.”Ce prix récompense une expérience qui élève l’échelle à un niveau macroscopique, c’est-à-dire à une échelle que nous pouvons comprendre et mesurer selon les normes humaines”, a expliqué pour l’AFP Ulf Danielsson du comité Nobel de physique.- “Fondement de toute technologie numérique” -“C’est merveilleux de pouvoir célébrer la manière dont la mécanique quantique centenaire offre continuellement de nouvelles surprises. Elle est également extrêmement utile car la mécanique quantique est le fondement de toute technologie numérique”, a souligné Olle Eriksson, le président du Comité Nobel de physique.Ces découvertes jettent les bases “pour développer la prochaine génération de technologies quantiques, notamment la cryptographie quantique, les ordinateurs quantiques et les capteurs quantiques”, a ajouté le jury.”C’est la surprise de ma vie!”, a réagi le physicien John Clarke, 83 ans, joint par le comité Nobel lors de la conférence de presse.”Nous n’aurions jamais imaginé que cette découverte ait un tel impact”, a-t-il dit, soulignant que lui et les deux autres lauréats “étaient alors submergés par le poids de la compréhension de la physique et des calculs qui entraient en jeu”.L’exemple le plus probant de l’utilité de cette découverte est le téléphone mobile. “C’est notamment grâce à tous ces travaux que les téléphones portables fonctionnent”, a dit John Clarke.Lui et ses collègues Michel Devoret, 72 ans, et John M. Martinis, né en 1958, travaillent à l’Université de Californie.Pour Eleanor Crane, physicienne quantique au King’s College de Londres, le fait qu’il “soit parti aux Etats-Unis est un exemple de la fuite des cerveaux, un phénomène qui est en train de s’inverser avec la nouvelle administration” Trump, a-t-elle dit à l’AFP.”La coopération est essentielle aux progrès de la science — et en particulier la coopération internationale, sans laquelle une grande partie de ces recherches n’aurait pas pu être réalisée”, a-t-elle ajouté.Les coupes budgétaires décidées par Donald Trump alimentent le débat sur le risque d’affaiblissement de la recherche américaine à moyen terme.L’an dernier, le prix Nobel de physique avait distingué le Britanno-Canadien Geoffrey Hinton et l’Américain John Hopfield pour leurs recherches dès les années 1980 sur les réseaux de neurones artificiels, ouvrant la voie au développement de l’intelligence artificielle contemporaine.A la réception du prix, les deux scientifiques s’étaient dit très inquiets des récentes avancées technologiques de l’IA.Le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 11 millions de couronnes suédoises (près d’un million d’euros) à partager entre les lauréats.

Le Nobel de physique à un trio britanno-franco-américain pour la mise en évidence macroscopique d’un mécanisme quantique

Le prix Nobel de physique 2025 a été décerné mardi à un trio britanno-franco-américain pour la découverte à l’échelle macroscopique de “l’effet tunnel” en mécanique quantique, une science qui décrit le monde de l’infiniment petit.Les trois physiciens ont été récompensés “pour la découverte de l’effet tunnel quantique macroscopique et de la quantification de l’énergie dans un circuit électrique”, a déclaré le comité Nobel.Une question majeure en physique est celle de la taille maximale d’un système pouvant démontrer des effets de mécanique quantique.Cette science contre-intuitive décrit la façon dont les choses fonctionnent à des échelles incroyablement petites – au niveau des particules – où les choses peuvent simultanément exister, ne pas exister et être quelque part entre les deux.Par exemple, lorsqu’une balle ordinaire frappe un mur, elle rebondit. Mais à l’échelle quantique, une particule peut en réalité traverser directement un mur comparable, un phénomène appelé “effet tunnel”.Le prix décerné mardi récompense des expériences menées dans les années 1980 qui ont montré que l’effet tunnel quantique peut également être observé à une échelle macroscopique, impliquant de multiples particules, grâce à l’utilisation de supraconducteurs.Ils ont réalisé une série d’expériences pour démontrer que “les propriétés étranges du monde quantique” peuvent être rendues concrètes dans un système assez grand pour être tenu dans la main, explique l’Académie des sciences de Suède.Leur système électrique supraconducteur pouvait passer d’un état à un autre comme s’il traversait directement un mur. Ils ont également montré que le système absorbait et émettait de l’énergie par quantités de tailles précises, exactement comme le prédit la mécanique quantique.”Ce prix récompense une expérience qui élève l’échelle à un niveau macroscopique, c’est-à-dire à une échelle que nous pouvons comprendre et mesurer selon les normes humaines”, a expliqué pour l’AFP Ulf Danielsson du comité Nobel de physique.- “Fondement de toute technologie numérique” -“C’est merveilleux de pouvoir célébrer la manière dont la mécanique quantique centenaire offre continuellement de nouvelles surprises. Elle est également extrêmement utile car la mécanique quantique est le fondement de toute technologie numérique”, a souligné Olle Eriksson, le président du Comité Nobel de physique.Ces découvertes jettent les bases “pour développer la prochaine génération de technologies quantiques, notamment la cryptographie quantique, les ordinateurs quantiques et les capteurs quantiques”, a ajouté le jury.”C’est la surprise de ma vie!”, a réagi le physicien John Clarke, 83 ans, joint par le comité Nobel lors de la conférence de presse.”Nous n’aurions jamais imaginé que cette découverte ait un tel impact”, a-t-il dit, soulignant que lui et les deux autres lauréats “étaient alors submergés par le poids de la compréhension de la physique et des calculs qui entraient en jeu”.L’exemple le plus probant de l’utilité de cette découverte est le téléphone mobile. “C’est notamment grâce à tous ces travaux que les téléphones portables fonctionnent”, a dit John Clarke.Lui et ses collègues Michel Devoret, 72 ans, et John M. Martinis, né en 1958, travaillent à l’Université de Californie.Pour Eleanor Crane, physicienne quantique au King’s College de Londres, le fait qu’il “soit parti aux Etats-Unis est un exemple de la fuite des cerveaux, un phénomène qui est en train de s’inverser avec la nouvelle administration” Trump, a-t-elle dit à l’AFP.”La coopération est essentielle aux progrès de la science — et en particulier la coopération internationale, sans laquelle une grande partie de ces recherches n’aurait pas pu être réalisée”, a-t-elle ajouté.Les coupes budgétaires décidées par Donald Trump alimentent le débat sur le risque d’affaiblissement de la recherche américaine à moyen terme.L’an dernier, le prix Nobel de physique avait distingué le Britanno-Canadien Geoffrey Hinton et l’Américain John Hopfield pour leurs recherches dès les années 1980 sur les réseaux de neurones artificiels, ouvrant la voie au développement de l’intelligence artificielle contemporaine.A la réception du prix, les deux scientifiques s’étaient dit très inquiets des récentes avancées technologiques de l’IA.Le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 11 millions de couronnes suédoises (près d’un million d’euros) à partager entre les lauréats.

Présidentielle anticipée: pas de campagne possible sans démission effective, selon une constitutionnaliste

Annoncer la démission à l’avance d’Emmanuel Macron, comme proposé par Edouard Philippe, risquerait de créer une pré-campagne présidentielle “inéquitable”, selon la constitutionnaliste Anne-Charlène Bezzina qui estime que la France s’achemine “immanquablement vers une dissolution”. Question: Edouard Philippe demande à Emmanuel Macron de programmer sa démission pour début 2026 pour avoir une présidentielle anticipée avec une campagne plus ordonnée. Est-ce possible constitutionnellement ?Réponse: “C’est absolument impossible de démissionner en deux temps et de considérer qu’on va lancer une campagne présidentielle en annonçant sa démission. L’article 7 de la Constitution précise bien que c’est la vacance de la présidence de la République qui va lancer la campagne présidentielle. Cela nous est arrivé en 1969 et en 1974, la première fois parce que de Gaulle démissionne, la deuxième fois parce que Pompidou meurt. Cette campagne-là, de 35 jours maximum, va lancer toutes les règles de financement, de temps de parole médiatique, de recueil des parrainages, de déclaration des candidatures officielles, etc.On ne peut pas avancer la présidentielle car ce sont des délais précis prévus par la Constitution. La seule chose qui peut avancer la présidentielle, c’est une déclaration de vacance par le Conseil constitutionnel. En dehors de ce cadre, le Président peut bien annoncer qu’il démissionnera, la parole présidentielle ne crée pas du droit.” Q: Est-ce que politiquement cette démission annoncée ne permettrait pas au moins d’organiser une pré-campagne ?R: “Est-ce que cette pré-campagne vaudra véritablement campagne, et est-ce qu’elle ne va pas être complètement inéquitable, parce que chacun pourra se déclarer pré-candidat ?Cela va amener des inégalités, avec des primes aux sortants ou à ceux qui ont déjà une très forte présence médiatique et c’est précisément ce que nos règles constitutionnelles veulent essayer d’éviter, c’est-à-dire qu’on part tous sur la ligne de départ avec les mêmes chances. Cela va être un embrouillamini absolu, puisque vous allez avoir des recours tous les quatre matins en disant +j’ai eu moins de temps qu’untel, pourtant je suis véritablement candidat+, +comment on finance ça+, etc. Si c’est juste pour lancer des idées, rien n’empêche à ce qu’une campagne d’idées infuse dès maintenant pour la présidentielle de 2027…Que ça vienne d’Edouard Philippe donne surtout l’impression que l’étau se resserre autour d’Emmanuel Macron parce que là vous avez affaire à son ancien Premier ministre qui tue le père. Donc ça veut dire quelque chose du clivage autour de la personnalité d’Emmanuel Macron.”Q: Il est de toute façon peu probable qu’Emmanuel Macron suive le conseil d’Edouard Philippe… Selon vous, on va inévitablement vers la dissolution ?R: “Si on raisonne en mode troisième et quatrième République, une Assemblée nationale contient en elle plusieurs potentialités gouvernementales, c’est-à-dire que vous pouvez essayer plusieurs alliages. Sauf qu’à mon sens, on les a utilisés tous.Certes, on n’a pas essayé l’alliage gauche-centre, mais c’est trop tard maintenant puisque le centre lui-même ne parle plus d’une seule voix. Comment est-ce que vous voulez qu’un gouvernement de gauche, qui n’est plus soutenu par l’ensemble de la gauche en plus et ne sait pas jusqu’où il s’étend, trouve véritablement une assise à l’Assemblée ?On peut encore avoir des petites solutions comme celle-ci, mais j’ai peur qu’elles amènent au même échec de gouvernement de 48 heures.Il me semble qu’on est immanquablement orienté vers la dissolution. La dissolution, c’est la sortie d’un blocage entre deux institutions, le gouvernement et l’Assemblée, qui ne peuvent plus travailler ensemble. Là on est en plein dedans.”

Pour la première fois, une Française sera jugée à Paris pour génocide

Sonia Mejri, revenante de Syrie, va devenir la première Française à être jugée pour le crime de génocide devant la cour d’assises de Paris, après la non-admission du pourvoi de cette femme qui conteste avoir réduit en esclavage une adolescente yazidie au printemps 2015.Selon des sources proches du dossier à l’AFP, Mme Mejri, 36 ans, sera non seulement la première revenante française de Syrie à comparaître en France pour génocide sur les Yazidis, minorité ethno-religieuse kurdophone, mais aussi la première Française à être jugée, de manière générale, pour ce crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Sonia Mejri sera également jugée pour d’autres infractions terroristes et pour complicité de crimes contre l’humanité.Elle comparaîtra détenue devant la cour d’assises spéciale de Paris, à une date encore indéterminée.”L’innocence de ma cliente sera prononcée par les juges du siège”, lors du procès, a réagi l’un de ses avocats, Nabil Boudi.Un juge d’instruction antiterroriste parisien avait initialement ordonné en septembre 2024 ce procès pour Abdelnasser Benyoucef, un émir du groupe Etat islamique (EI), et son ex-épouse Sonia Mejri, les soupçonnant d’avoir réduit en esclavage, au printemps 2015, une Yazidie âgée de 16 ans.M. Benyoucef “savait qu’en acquérant” l’adolescente “et en la soumettant à un enfermement, à des viols répétés et à des privations graves, il participait à l’attaque dirigée par l’EI contre la communauté yézidie”, avait justifié le magistrat.Sonia Mejri était présentée comme “garante de l’enfermement” de la jeune Yazidie: elle détenait la clef de l’appartement et portait, selon l’ordonnance de mise en accusation consultée par l’AFP, une arme pour la dissuader de fuir.Il lui était notamment reproché “des atteintes graves à l’intégrité physique et psychique” de cette adolescente, soumise à son domicile “à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction” de sa communauté.- “Plan concerté” -Mais la cour d’appel de Paris avait partiellement infirmé en janvier ce renvoi, estimant plusieurs victimes nécessaires pour retenir le crime de génocide.”Les magistrats de la cour d’appel n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les charges, c’est dire la fragilité et la faiblesse de l’accusation”, a souligné Me Boudi.En mai, la Cour de cassation avait au contraire considéré que l’on pouvait bien être poursuivi pour génocide en ne s’en prenant qu’à un seul membre d’un groupe faisant l’objet d'”un plan concerté tendant à sa destruction totale ou partielle”.La chambre de l’instruction a fini par avaliser début juillet ces poursuites pour génocide, avant le feu vert définitif en cassation le 1er octobre.Les violences sexuelles ont été utilisées par les jihadistes de l’EI comme des armes pour briser la résistance des Yazidis et instaurer un climat de peur généralisé. En atteste notamment l’instauration de marchés aux esclaves sexuelles.La parole de la victime est au coeur de ce dossier. Son avocat, Romain Ruiz, n’a pas souhaité faire de commentaires à ce stade.Retrouvée par les enquêteurs, elle a affirmé avoir été séquestrée pendant plus d’un mois au printemps 2015 en Syrie, et n’avoir pu ni boire, ni manger, ni se doucher sans l’autorisation de Sonia Mejri.Elle accusait aussi cette dernière de l’avoir violentée et d’avoir été au courant que son mari la violait quotidiennement.Son témoignage faisait écho à de nombreux rapports d’associations décrivant la stratégie de l’EI pour s’attaquer aux Yazidis: marchés aux esclaves, instauration d’un “département des butins de guerre”…Sonia Mejri avait elle contesté toute infraction liée à la jeune Yazidie: son ex-mari en était le “propriétaire”, avait-elle déclaré au cours de l’enquête, et elle n’avait “aucun droit” sur elle.”La Licra se satisfait” de la tenue de ce procès, a précisé Ilana Soskin, avocate de l’association.”Les accusations ne sont ni faibles ni fragiles: elles sont fondées, factuelles, et juridiquement solides”, a abondé sa consoeur Inès Davau, pour l’ONG Free Yezidi Foundation, estimant que face à “l’impunité persistante”, “il est temps que justice soit rendue”.Visé par un mandat d’arrêt et présumé mort depuis 2016, Abdelnasser Benyoucef devrait lui être jugé par défaut comme auteur de génocide et de crimes contre l’humanité et pour des infractions terroristes.