Les énergies renouvelables ralentissent, rendant difficile l’objectif de tripler les capacités

L’éolien et le solaire ont dépassé le charbon l’an dernier mais la croissance des énergies renouvelables ralentit en raison de changements politiques aux Etats-Unis et en Chine, ce qui met hors de portée l’objectif de tripler les capacités mondiales d’ici 2030 fixé lors de la COP28.L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimait encore l’an dernier possible d’atteindre cette cible, décidée dans l’accord final de la COP28 de Dubaï en 2023.Mais selon son dernier rapport annuel publié mardi, la capacité mondiale d’énergie produite à partir de solaire, d’éolien ou d’hydraulique devrait plutôt “atteindre 2,6 fois son niveau de 2022 d’ici 2030″. Cette progression permet à la part des énergies renouvelables dans l’électricité mondiale d’atteindre 34,3% au premier semestre, dépassant ainsi celle du charbon, tombée à 33,1%, tandis que le gaz est à 23%, selon un rapport distinct du centre de réflexion Ember.”Le solaire et l’éolien connaissent désormais une croissance suffisamment rapide pour répondre à la demande mondiale croissante en électricité”, relève Malgorzata Wiatros-Motyka, analyste chez Ember.Mais cette croissance ralentit et les prévisions de capacités d’énergies renouvelables “sont inférieures de 5%” à l’an dernier, “reflétant les changements de politique, de réglementation et de marché depuis octobre 2024”, estime l’AIE.Deux raisons principales à cela, relève l’agence: la suppression anticipée des incitations fiscales fédérales aux Etats-Unis ainsi que d’autres modifications réglementaires, qui ont conduit l’AIE à réduire de près de 50% ses prévisions pour le marché américain par rapport à l’an dernier.La seconde est le passage de la Chine pour l’achat d’électricité renouvelable de tarifs réglementés à un système d’enchères, ce qui “affecte la rentabilité des projets” et conduit à une réduction des prévisions de croissance pour le pays.L’AIE prévoit désormais une augmentation de la capacité mondiale d’énergie renouvelable de 4.600 gigawatts (GW) d’ici 2030, “soit environ l’équivalent de la capacité de production totale de la Chine, de l’Union européenne et du Japon réunis”.Il y a un an, elle tablait encore sur un presque triplement avec plus de 5.500 GW de nouvelles capacités entre 2024 et 2030.Toutefois, souligne l’AIE, “ces ajustements sont en partie compensés par le dynamisme d’autres régions”, notamment l’Inde, l’Europe et la plupart des économies émergentes et en développement, où les perspectives de croissance sont revues à la hausse.Sur le plan géographique, la Chine mène toujours la danse mais l’Inde “est en passe de devenir le deuxième marché mondial de croissance des énergies renouvelables” avec une capacité qui devrait être multipliée par 2,5 en cinq ans.Dans l’Union européenne, les prévisions sont légèrement revues à la hausse grâce à l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Pologne en particulier, tandis que celles pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord progressent de 25 %.- Baisse des importations fossiles -Le solaire photovoltaïque représentera à lui seul environ 80% de l’augmentation mondiale des capacités renouvelables au cours des cinq prochaines années, estime l’AIE, suivi par l’éolien, l’hydraulique, la bioénergie et la géothermie.Cette dernière est en passe d’atteindre des “sommets historiques” dans des marchés clés, notamment les États-Unis, le Japon ou l’Indonésie.L’hydroélectricité devrait également connaître un fort engouement du fait des avantages qu’elle offre pour équilibrer les réseaux électriques, grâce aux stations de transfert d’énergie par pompage.Et en dépit de problèmes de chaîne d’approvisionnement, de coûts en hausse et de retards dans l’obtention des permis, la capacité mondiale d’énergie éolienne devrait presque doubler d’ici 2030, ajoute l’agence.L’éolien en mer voit en revanche ses perspectives de croissance reculer par rapport à l’an dernier à cause “de changements de politique sur les marchés clés”, notamment les Etats-Unis, indique l’AIE.”Le déploiement des énergies renouvelables a déjà permis de réduire considérablement les besoins d’importation de carburant dans de nombreux pays”, souligne l’agence mais il faut augmenter la flexibilité des réseaux électriques pour mieux les intégrer.Intermittentes par essence, elles devraient produire près de 30% de l’approvisionnement mondial en électricité d’ici 2030, soit le double d’aujourd’hui.”La réduction de la production (d’électricité) et les prix négatifs (lorsque l’offre est supérieure à la demande, ndlr) signalent un manque de flexibilité” alors que des solutions existent, notamment les chargeurs intelligents pour véhicules électriques, la flexibilité d’approvisionnement et le stockage d’électricité.

Pour la première fois, une Française va être jugée à Paris pour génocide

Sonia Mejri, revenante de Syrie, va devenir la première Française à être jugée pour le crime de génocide lors d’assises à Paris qui s’annoncent historiques, après la non-admission du pourvoi de cette femme qui conteste avoir réduit en esclavage une adolescente yazidie au printemps 2015.Selon des sources proches du dossier à l’AFP, Mme Mejri, 36 ans, sera non seulement la première revenante française de Syrie à comparaître en France pour génocide sur les Yazidis, minorité ethno-religieuse kurdophone, mais aussi la première Française à être jugée, de manière générale, pour ce crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Mme Mejri sera également jugée pour d’autres infractions terroristes et pour complicité de crimes contre l’humanité.Elle comparaîtra détenue devant la cour d’assises spéciale à Paris, à une date encore indéterminée.”L’innocence de ma cliente sera prononcée par les juges du siège”, lors du procès, a réagi l’un de ses avocats, Me Nabil Boudi.Un juge d’instruction antiterroriste parisienne avait initialement ordonné en septembre 2024 ce procès pour Abelnasser Benyoucef, un émir du groupe Etat islamique (EI), et son ex-épouse Mme Mejri, les soupçonnant d’avoir réduit en esclavage, au printemps 2015, une Yazidie âgée de 16 ans.M. Benyoucef “savait qu’en acquérant” l’adolescente “et en la soumettant à un enfermement, à des viols répétés et à des privations graves, il participait à l’attaque dirigée par l’EI contre la communauté yézidie”, avait justifié le magistrat.Sonia Mejri était présentée comme “garante de l’enfermement” de la jeune Yazidie : elle détenait la clef de l’appartement et portait, selon l’ordonnance de mise en accusation consultée par l’AFP, une arme pour la dissuader de fuir.L’accusation lui reprochait notamment “des atteintes graves à l’intégrité physique et psychique” de cette adolescente, soumise à son domicile “à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction” de sa communauté.- “Plan concerté” -Mais la cour d’appel de Paris avait partiellement infirmé en janvier ce renvoi, estimant plusieurs victimes nécessaires pour retenir le crime de génocide.”Les magistrats de la cour d’appel n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les charges, c’est dire la fragilité et la faiblesse de l’accusation”, a ajouté Me Boudi.En mai, la Cour de cassation avait au contraire considéré que l’on pouvait bien être poursuivi pour génocide en ne s’en prenant qu’à un seul membre d’un groupe faisant l’objet d'”un plan concerté tendant à sa destruction totale ou partielle”.La chambre de l’instruction a fini par avaliser début juillet ces poursuites pour génocide, avant le feu vert définitif en cassation le 1er octobre.Les violences sexuelles ont été utilisées par les jihadistes de l’EI comme des armes pour briser la résistance des Yazidis et instaurer un climat de peur généralisé. En atteste notamment l’instauration de marchés aux esclaves sexuelles.La parole de la victime est au coeur de ce dossier. Son avocat, Romain Ruiz, n’a pas souhaité faire de commentaires à ce stade.Retrouvée par les enquêteurs, elle a affirmé avoir été séquestrée pendant plus d’un mois au printemps 2015 en Syrie, et n’avoir pu ni boire, ni manger, ni se doucher sans l’autorisation de Sonia Mejri.Elle accusait aussi cette dernière de l’avoir violentée et d’avoir été au courant que son mari la violait quotidiennement.Son témoignage faisait écho à de nombreux rapports d’associations décrivant la stratégie de l’EI pour s’attaquer aux Yazidis: marchés aux esclaves, instauration d’un “département des butins de guerre”…Sonia Mejri avait elle contesté toute infraction liée à la jeune Yazidie: son ex-mari en était le “propriétaire”, avait-elle déclaré au cours de l’enquête, et elle n’avait “aucun droit” sur elle.”La défense a multiplié les recours. La Licra se satisfait que ce procès pour génocide (…) puisse enfin se tenir”, a précisé Me Ilana Soskin, avocate de l’association.Visé par un mandat d’arrêt et présumé mort depuis 2016, Abdelnasser Benyoucef devrait lui être jugé par défaut comme auteur de génocide et de crimes contre l’humanité et pour des infractions terroristes.

Procès Jubillar: la voiture, possible pièce à conviction, a-t-elle bougé dans la nuit de la disparition ?

Au procès de Cédric Jubillar devant la cour d’assises du Tarn, un témoin a assuré mardi être “sûr à 100%” que le véhicule de Delphine, utilisé selon l’accusation pour transporter le corps de son épouse, a été déplacé durant la nuit de la disparition de l’infirmière en 2020.Cet homme, voisin des Jubillar, a expliqué aux jurés et magistrats, au dixième jour du procès du peintre-plaquiste de 38 ans, avoir garé sa camionnette blanche ce soir-là face à la 207 bleu marine de Delphine Jubillar, garée dans le sens de la montée comme à l’habitude.Il a ajouté être “sûr et certain” que le véhicule avait le lendemain changé de sens, notamment car la Peugeot était alors plus proche de son pare-choc, presque collée, et qu’il a “dû manœuvrer pour faire demi tour”.Selon la défense, aucun des trois premiers gendarmes intervenus sur les lieux après l’appel au 17 de Cédric Jubillar n’avait, dans leurs premiers procès verbaux, ni lors de la reconstitution, mentionné cette camionnette, avant d’expliquer au procès avoir été tellement “focus” sur le véhicule de Delphine qu’ils étaient incapables de se prononcer avec certitude sur l’éventuelle présence de l’utilitaire blanc.”Je pense qu’ils étaient tellement focus sur le véhicule (des Jubillar, ndlr) qu’ils n’ont pas vu mon camion”, a déclaré le témoin. “Je n’ai jamais changé de place (de stationnement) en 15 ans, je ne vois pas pourquoi je changerais de place. Je suis sûr à 1000%.”- Condensation -Cette 207 a également fait l’objet mardi d’une expertise à propos des traces de condensation observées sur l’intérieur des vitres du véhicule par les gendarmes. Un spécialiste a ainsi dit qu’au vu des conditions atmosphériques (températures, humidité ambiante) ce soir-là à Cagnac-les-Mines (Tarn), communiquées sur réquisition par Météo France, l’hypothèse qu’une personne humaine ait été présente dans le véhicule durant la nuit était possible.Pour que la condensation se dépose sur les vitres, il a en effet fallu que se produise un “choc de température”, a-t-il expliqué à la cour. Or, un véhicule peut subir au cours d’une nuit “des variations de température régulières et légères, à des vitesses relativement lentes, qui font que l’équilibre atmosphérique à l’intérieur du véhicule se fait sans condensation”.Pour produire de la condensation, il faudrait donc qu’il y ait “un changement de température important” théoriquement compatible avec l’usage du véhicule par une personne pendant la nuit, a-t-il indiqué, précisant avoir été cité pour “expliquer” le phénomène décrit pas les gendarmes, pas pour se “prononcer” sur l’enquête.”Ce sont les lois de la physique!”, a-t-il notamment répondu à l’avocate de la défense Emmanuelle Franck, qui le questionnait sur la température supposée du point de rosée.- “Falsifié la procédure” -La présidente de la cour d’assises du Tarn, Hélène Ratinaud, avait ouvert l’audience, mardi matin, en annonçant avoir invité à déposer l’après-midi même, à 15H30, le gendarme auteur d’une liste de numéros détectés la nuit de la disparition autour du domicile des Jubillar, sur laquelle figurait selon la défense le numéro de Jean, l’amant de Delphine.Les avocats de Cédric Jubillar ont en effet accusé lundi les gendarmes d’avoir “falsifié la procédure” concernant la possible présence du téléphone de Jean près de Cagnac-les-Mines, la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Ils ont demandé à la cour de prendre acte de leurs conclusions à ce propos, ce que les magistrat ont rejeté.”Les faits allégués par la défense n’ont pas eu lieu lors de l’audience, il convient de rejeter la demande de donner acte”, a déclaré Hélène Ratinaud.La cour doit également entendre mardi le médecin légiste ayant examiné Cédric Jubillar après la disparition, ainsi qu’une famille d’accueil chez qui le peintre-plaquiste avait été placé pendant son enfance.Cédric Jubillar a toujours nié avoir tué son épouse, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Le verdict est attendu le 17 octobre, après quatre semaines d’audience.

La Bourse de Paris toujours dans le rouge après la démission de Lecornu

La Bourse de Paris évolue en baisse au lendemain de la démission surprise du Premier ministre français Sébastien Lecornu, poussant les investisseurs à la prudence face à un nouvel épisode d’instabilité politique dans le pays.Vers 10H00 heure de Paris, l’indice vedette CAC 40 perdait 0,44% soit 34,73 points pour s’établir à 7.937,05 points. La veille, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,36% pour s’établir à 7.971,78 points.”La France est empêtrée dans ses problèmes politiques et budgétaires”, commente Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.La crise politique s’enflamme mardi jusque dans le camp présidentiel et le chef de l’Etat français Emmanuel Macron, qui a demandé au Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu de poursuivre “d’ultimes négociations” pour tenter de composer une coalition, se trouve plus isolé que jamais.Ces négociations de la dernière chance laissent planer la menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale, voire d’une élection présidentielle anticipée. “Macron semble acculé”, résume Neil Wilson.La chute de l’éphémère gouvernement Lecornu lundi “a suivi des tentatives infructueuses de former une coalition stable et des critiques selon lesquelles son nouveau gouvernement ressemblait trop à l’ancien”, commente Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.”La démission a entraîné une réaction immédiate sur les actifs français”, note Jim Reid, le taux d’intérêt de l’emprunt de la France à dix ans grimpant lundi jusqu’à 3,61% avant de terminer à 3,57%. Mardi, il évoluait à 3,59% vers 10H00 à Paris.”Les investisseurs perçoivent donc la France comme un (émetteur de dette souveraine) de plus en plus risqué par rapport à ses pairs, et l’écart France-Allemagne à 10 ans” a atteint lundi un plus haut depuis janvier, à 0,85 point de pourcentage, note M. Reid.L’écart avec l’Allemagne se situait mardi vers 10H00 heure de Paris à 0,86 point de pourcentage.Valneva dévisseLe fabricant franco-autrichien de vaccins, Valneva, a annoncé lundi avoir revu à la baisse ses prévisions financières pour 2025, après la décision des autorités sanitaires américaines de suspendre la licence de son vaccin contre le chikungunya.La société de biotechnologie prévoit désormais un chiffre d’affaires compris “entre 165 et 180 millions d’euros”, contre 180 à 190 millions d’euros annoncés précédemment, et revoit aussi à la baisse ses investissements en R&D, désormais compris “entre 80 et 90 millions d’euros”, contre 90 à 100 millions d’euros prévus auparavant, selon un communiqué.En réaction, le titre de Valneva chutait de 7,72% à 4,49 euros vers 10H15 à Paris.

Estimations de vendanges 2025 revues à la baisse, proches du faible volume de 2024

Les estimations de vendanges 2025 en France ont été revues à la baisse pour atteindre un volume comparable à celui déjà faible de 2024, du fait notamment de l’impact de la canicule du mois d’août, a indiqué mardi le ministère de l’Agriculture.Selon les estimations établies au 1er octobre, la production viticole française en 2025 atteindrait 36 millions d’hectolitres, soit très en deçà de la production moyenne de ces cinq dernières années (-16%), indique le service de la statistique du ministère.”Les vendanges, désormais presque achevées, confirment les conséquences défavorables de la canicule d’août sur le potentiel de production dans la plupart des bassins”, note-t-il, alors que la production 2024 avait déjà été minée par les intempéries, que ce soit précipitations, sécheresse ou gel tardif.Cette fois-ci, la canicule et la sécheresse d’août ont réduit le potentiel de production, accélérant la maturité des raisins tout en bloquant leur grossissement: le résultat a été des baies plus petites avec moins de jus. Les pluies de septembre, arrivées tardivement, n’ont pas permis de d’y remédier, explique le ministère.Seule la production de vins AOP devrait progresser, de quelque 5% par rapport à 2024, portée par des hausses en Champagne, Bourgogne, Val de Loire, Corse et dans le Sud-Est. Mais elle reste de 11% inférieure à la moyenne de 2020-24.

Estimations de vendanges 2025 revues à la baisse, proches du faible volume de 2024

Les estimations de vendanges 2025 en France ont été revues à la baisse pour atteindre un volume comparable à celui déjà faible de 2024, du fait notamment de l’impact de la canicule du mois d’août, a indiqué mardi le ministère de l’Agriculture.Selon les estimations établies au 1er octobre, la production viticole française en 2025 atteindrait 36 millions d’hectolitres, soit très en deçà de la production moyenne de ces cinq dernières années (-16%), indique le service de la statistique du ministère.”Les vendanges, désormais presque achevées, confirment les conséquences défavorables de la canicule d’août sur le potentiel de production dans la plupart des bassins”, note-t-il, alors que la production 2024 avait déjà été minée par les intempéries, que ce soit précipitations, sécheresse ou gel tardif.Cette fois-ci, la canicule et la sécheresse d’août ont réduit le potentiel de production, accélérant la maturité des raisins tout en bloquant leur grossissement: le résultat a été des baies plus petites avec moins de jus. Les pluies de septembre, arrivées tardivement, n’ont pas permis de d’y remédier, explique le ministère.Seule la production de vins AOP devrait progresser, de quelque 5% par rapport à 2024, portée par des hausses en Champagne, Bourgogne, Val de Loire, Corse et dans le Sud-Est. Mais elle reste de 11% inférieure à la moyenne de 2020-24.

Estimations de vendanges 2025 revues à la baisse, proches du faible volume de 2024

Les estimations de vendanges 2025 en France ont été revues à la baisse pour atteindre un volume comparable à celui déjà faible de 2024, du fait notamment de l’impact de la canicule du mois d’août, a indiqué mardi le ministère de l’Agriculture.Selon les estimations établies au 1er octobre, la production viticole française en 2025 atteindrait 36 millions d’hectolitres, soit très en deçà de la production moyenne de ces cinq dernières années (-16%), indique le service de la statistique du ministère.”Les vendanges, désormais presque achevées, confirment les conséquences défavorables de la canicule d’août sur le potentiel de production dans la plupart des bassins”, note-t-il, alors que la production 2024 avait déjà été minée par les intempéries, que ce soit précipitations, sécheresse ou gel tardif.Cette fois-ci, la canicule et la sécheresse d’août ont réduit le potentiel de production, accélérant la maturité des raisins tout en bloquant leur grossissement: le résultat a été des baies plus petites avec moins de jus. Les pluies de septembre, arrivées tardivement, n’ont pas permis de d’y remédier, explique le ministère.Seule la production de vins AOP devrait progresser, de quelque 5% par rapport à 2024, portée par des hausses en Champagne, Bourgogne, Val de Loire, Corse et dans le Sud-Est. Mais elle reste de 11% inférieure à la moyenne de 2020-24.

Les “steaks végétariens” sur le gril du Parlement européen

“Steak végétal”, “saucisse de légumineuses”, “jambon végan”… Ces dénominations sont menacées par un vote au Parlement européen mercredi, porté par le milieu agricole qui voit dans les protéines végétales, une menace pour la viande.”Ce n’est pas de la saucisse et ce n’est pas du steak, tout simplement, il faut appeler un chien un chien et un chat un chat”, tacle Céline Imart, la députée européenne de droite à l’origine du texte. Reprendre ces noms, c’est “tirer parti de la renommée de ces produits, il y a un côté mensonger dans cette récupération”, proteste l’élue, également exploitante céréalière, auprès de l’AFP.Les produits végétariens imitant la viande ont connu un essor au cours des dernières années, porté par le souci des consommateurs de manger sainement ou de réduire leur empreinte environnementale, alors que les élevages sont de gros émetteurs de CO2.Si le texte, débattu mardi à Strasbourg, est adopté le lendemain, les aliments étiquetés “saucisse”, “hamburger”, ou encore “escalope” ne pourraient être appelés ainsi que s’ils contiennent de la viande.L’issue du vote reste toutefois incertaine. Et les eurodéputés devront encore négocier avec les 27 États de l’Union européenne sur la modification proposée.De son côté, la filière Élevage et Viande française (Interbev) “refuse que les protéines végétales s’approprient les dénominations de la viande à des fins marketing”, elles “brouillent les repères et affaiblissent la reconnaissance d’un produit brut et 100% naturel”.Sans “protection claire, les consommateurs risquent d’être trompés par des produits qui empruntent les codes de la viande sans en être”, a dit à l’AFP son président Jean-François Guihard, “ces dénominations doivent garantir une distinction nette entre deux produits fondamentalement différents”.Cette controverse est un “écran de fumée”, rétorque l’eurodéputée écologiste néerlandaise Anna Strolenberg, “une interdiction des +Veggie Burgers+ ne changera rien pour les éleveurs”.- “Le but n’est pas de nuire aux éleveurs” -Cette loi est une “diversion pour faire le buzz”, appuie son collègue vert David Cormand. “On passe à côté des sujets majeurs pour l’agriculture”.Ce n’est pas la première fois qu’un tel texte est débattu au Parlement. En 2020, les eurodéputés avaient rejeté une loi visant à interdire les appellations de “steak” ou “burger” pour des produits végétariens sans viande animale. Mais les élections européennes de 2024 ont changé l’équilibre des partis, accordant plus de places aux députés de droite, qui revendiquent leur proximité avec le secteur agricole.Cette initiative s’inscrit aussi dans une “logique de cohérence avec la réglementation européenne, qui protège déjà les termes issus des produits laitiers” de leurs alternatives végétales. “Il est légitime d’en faire de même pour la viande”, plaide Céline Imart.Mais pour Nicolas Schweitzer, le PDG de la marque française La Vie qui fournit Burger King en “bacon végétal”, “le but n’est pas de nuire aux éleveurs”.”C’est une manière plus simple et évidente pour le consommateur de comprendre ce qu’on lui propose, qu’il pourra les cuisiner de la même manière, que les produits contiennent des informations nutritionnelles équivalentes”, défend-il auprès de l’AFP.”Ce sont des produits qui cochent toutes les cases qui adressent toutes les problématiques de bien-être animal, d’élevage intensif, de réchauffement climatique… Ca devrait être encouragé pas complexifié”, estime-t-il. En Allemagne, le sujet inquiète les supermarchés, dont Lidl et Aldi, qui considèrent qu’exclure des “termes familiers” permettant aux “consommateurs de faire un choix éclairé”, rendrait “beaucoup plus difficile pour les entreprises la vente de leurs produits”, alertent-ils. Cela “affecterait particulièrement l’Allemagne” le plus large marché pour les alternatives végétales en Europe, assurent-ils.Ce dossier agite aussi les passions en France, où un décret proposant lui aussi d’interdire ce type d’appellation avait été pris en 2024, pour apaiser la colère des agriculteurs. Il avait été annulé par le Conseil d’Etat fin janvier 2025, dans la foulée d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.

OpenAI’s Fidji Simo says AI investment frenzy ‘new normal,’ not bubble

The dizzying investments in artificial intelligence infrastructure do not constitute a bubble but rather represent today’s “new normal” to meet skyrocketing user demand, Fidji Simo, OpenAI’s de facto number two, said on Monday.The French-born executive made her comments in an interview with AFP, her first since taking up her role as Chief Operating Officer of OpenAI’s applications, including its flagship model ChatGPT.In the past few weeks, her company, under the leadership of CEO Sam Altman, has made a series of huge investments in data centers and AI chips, despite no real signs that the fast-emerging AI business is close to breaking even.The answers were lightly edited for length and clarity.- Is the AI investment frenzy a bubble right now? -What I am seeing here is a massive investment in compute (or computing power), with us meeting that need for computing power so incredibly badly for a lot of use cases that people want. [Video AI generator] Sora is a great example right now — there’s much more demand than we can serve.From that perspective, I really do not see that as a bubble. I see that as a new normal, and I think the world is going to switch to realizing that computing power is the most strategic resource.- What do you say to those who fret over AI’s dangers? -I see my job as really making sure that the good side of this technology happens and we mitigate the bad side.Take mental health, for example. I’m hearing tons of users say that they go to ChatGPT for advice in tough moments where they may not have other people to talk to. Many people can’t afford to go to a therapist. I talk to a lot of parents who are telling me: God, I got this really awesome advice that helped me unlock a situation with my child. But at the same time, we need to make sure that the model behaves as expected.On mental health, we have announced a very robust roadmap. We started with parental controls. We have plans to launch age prediction: if we can predict that the user is a teenager, we give them a model that is less permissive than we would give to an adult.Jobs are also very much on my mind, and it’s a similar approach. AI is going to create a lot of jobs, like prompt engineering, that absolutely did not exist before. At the same time, there are some professions that are going to be directly impacted, and we see our role as helping with the transition.- What are the next steps toward intelligent AI? -I think the breakthroughs are about models understanding your goals and helping accomplish them proactively.Not just give you a good answer to a question, not just have a dialog, but actually tell you, ‘Oh, okay, you’re telling me that you want to spend more time with your wife. Well, there might be some weekend getaways that would be helpful, and I know it’s a lot to plan, so I’ve already done all the planning for you and I’ve already made some reservations. Just tap one button to approve and everything gets done.’We’re still very early, but we’re on that journey to capture that.- In San Francisco, you sometimes hear: ‘America innovates, China copies, Europe regulates’ -As a European, every time I hear this saying, my heart breaks a bit. I think there has certainly been a tendency in Europe to focus on regulation a little too much.On China, we continue to be extremely focused on continuing to have a lead, because we see China continuing to invest heavily in being competitive — whether in terms of innovation or in terms of computing — and so we think it’s incredibly important to continue investing across a democratic bloc to advance AI that has these [democratic] values.- Do you let your child use ChatGPT? -ChatGPT is not supposed to be for under 13, but my kid is 10 — I still let her use it under supervision. It’s magical to see what she’s able to create. Just this weekend, she was telling me about creating a new business. She was using ChatGPT to make banners for the new business, to create taglines.In our childhood, we couldn’t turn our imagination into something real that fast. And I see that really giving her superpowers, where she thinks anything is possible.