Flou sur ses intentions, Lecornu laisse les oppositions sur leur faim

A la veille d’une journée de manifestations, Sébastien Lecornu est resté évasif mercredi sur ses intentions en recevant les oppositions, qui sont restées sur leur faim et agitent toujours la menace d’une censure, à commencer par les socialistes, indispensables pour la survie du futur gouvernement.Les représentants de la gauche et du Rassemblement national ont été reçus tour à tour, longuement, par le nouveau Premier ministre macroniste. La France insoumise est le seul parti à avoir refusé l’invitation.”Nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours”, a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, à sa sortie de Matignon, jugeant M. Lecornu “très flou sur ses intentions”.”On n’a pas eu de réponses très claires”, a renchéri la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, tout en reconnaissant “une grosse rupture” sur “la forme et sur la qualité des rendez-vous” avec son prédécesseur François Bayrou, renversé début septembre par l’Assemblée nationale après avoir présenté un plan de réduction du déficit budgétaire décrié par tous les opposants. Donc “soit Sébastien Lecornu renverse la table, soit il sera renversé”, a complété la cheffe de file des députés verts Cyrielle Chatelain.- Quelles “ruptures”? -Au Premier ministre de “prouver qu’il est véritablement dans une rupture” avec “la politique macroniste”, a déclaré ensuite Marine Le Pen, cheffe des députés du RN, pour qui “ce soir, on n’est nulle part”. “S’il poursuit la politique qui est menée jusqu’à présent, alors il tombera”, a mis en garde à ses côtés le président du parti d’extrême droite Jordan Bardella.Chacun à sa manière, les partis d’opposition disent vouloir prendre au mot le chef de gouvernement qui a promis à son arrivée des “ruptures” sur le fond et sur la forme, mais n’en a pas encore défini le contenu. Tous le menacent ouvertement de censure s’il ne répond pas à leurs demandes.Sébastien Lecornu, qui a déjà rencontré syndicats et patronat, ne s’est pas montré plus précis dans la lettre adressée mercredi aux maires de France: il s’est borné à promettre d'”inscrire” dans le budget 2026 “une plus juste reconnaissance” de leur “engagement comme agents de l’État”.Ce très proche du président Emmanuel Macron doit à présent réunir jeudi, pour la deuxième fois, les chefs des partis du “socle commun”, cette fragile coalition gouvernementale entre le centre et la droite née il y a un an et qu’il ambitionne de mieux coordonner.Il n’est pas clair dans l’immédiat s’il envisage un nouveau round de consultations avec les opposants pour tenter de conclure un pacte de non-censure avec, au moins, le PS. Il doit ensuite former son gouvernement, avant de prononcer sa déclaration de politique générale devant le Parlement — a priori “début octobre”, selon Marine Tondelier.- Pression de la rue -“Nous ne cherchons pas la censure, nous ne cherchons pas la dissolution, nous ne cherchons pas la destitution” d’Emmanuel Macron, “nous cherchons à ce que les Français soient entendus”, a plaidé Olivier Faure. Mais s’il s’agissait de reprendre le plan Bayrou, “nous censurerions dès la (déclaration) de politique générale”, a-t-il prévenu.Ces rencontres se font sous la pression de la rue, syndicats et partis de gauche promettant un jeudi “noir” de grèves et manifestations. A l’unisson des autres chefs de la gauche, le communiste Fabien Roussel a exhorté les Français à “sortir massivement” pour que leurs revendications viennent jusqu’aux “oreilles” de Sébastien Lecornu.Le Premier ministre a déjà fait des gestes: retrait de la proposition impopulaire de supprimer deux jours fériés et suppression, très symbolique, des derniers avantages “à vie” octroyés aux ex-Premiers ministres.Les socialistes comme les écologistes ont mis en avant un sondage Ifop montrant que les Français, quelle que soit leur sensibilité, plébiscitent les mesures poussées par le PS (commanditaire de l’étude).Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la taxe Zucman qui enflamme le débat budgétaire.”Si on veut la stabilité, eh bien il faut que les multimilliardaires payent leur juste part à l’effort commun”, a martelé Raphaël Glucksmann, pour Place publique, tout en relevant qu’il ne semblait pas y avoir, chez Sébastien Lecornu, “un refus absolu de discuter de l’objectif” porté par la taxe Zucman.Marine Le Pen a pour sa part aussi mis en avant la nécessité d’agir contre l’immigration.

Flou sur ses intentions, Lecornu laisse les oppositions sur leur faim

A la veille d’une journée de manifestations, Sébastien Lecornu est resté évasif mercredi sur ses intentions en recevant les oppositions, qui sont restées sur leur faim et agitent toujours la menace d’une censure, à commencer par les socialistes, indispensables pour la survie du futur gouvernement.Les représentants de la gauche et du Rassemblement national ont été reçus tour à tour, longuement, par le nouveau Premier ministre macroniste. La France insoumise est le seul parti à avoir refusé l’invitation.”Nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours”, a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, à sa sortie de Matignon, jugeant M. Lecornu “très flou sur ses intentions”.”On n’a pas eu de réponses très claires”, a renchéri la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, tout en reconnaissant “une grosse rupture” sur “la forme et sur la qualité des rendez-vous” avec son prédécesseur François Bayrou, renversé début septembre par l’Assemblée nationale après avoir présenté un plan de réduction du déficit budgétaire décrié par tous les opposants. Donc “soit Sébastien Lecornu renverse la table, soit il sera renversé”, a complété la cheffe de file des députés verts Cyrielle Chatelain.- Quelles “ruptures”? -Au Premier ministre de “prouver qu’il est véritablement dans une rupture” avec “la politique macroniste”, a déclaré ensuite Marine Le Pen, cheffe des députés du RN, pour qui “ce soir, on n’est nulle part”. “S’il poursuit la politique qui est menée jusqu’à présent, alors il tombera”, a mis en garde à ses côtés le président du parti d’extrême droite Jordan Bardella.Chacun à sa manière, les partis d’opposition disent vouloir prendre au mot le chef de gouvernement qui a promis à son arrivée des “ruptures” sur le fond et sur la forme, mais n’en a pas encore défini le contenu. Tous le menacent ouvertement de censure s’il ne répond pas à leurs demandes.Sébastien Lecornu, qui a déjà rencontré syndicats et patronat, ne s’est pas montré plus précis dans la lettre adressée mercredi aux maires de France: il s’est borné à promettre d'”inscrire” dans le budget 2026 “une plus juste reconnaissance” de leur “engagement comme agents de l’État”.Ce très proche du président Emmanuel Macron doit à présent réunir jeudi, pour la deuxième fois, les chefs des partis du “socle commun”, cette fragile coalition gouvernementale entre le centre et la droite née il y a un an et qu’il ambitionne de mieux coordonner.Il n’est pas clair dans l’immédiat s’il envisage un nouveau round de consultations avec les opposants pour tenter de conclure un pacte de non-censure avec, au moins, le PS. Il doit ensuite former son gouvernement, avant de prononcer sa déclaration de politique générale devant le Parlement — a priori “début octobre”, selon Marine Tondelier.- Pression de la rue -“Nous ne cherchons pas la censure, nous ne cherchons pas la dissolution, nous ne cherchons pas la destitution” d’Emmanuel Macron, “nous cherchons à ce que les Français soient entendus”, a plaidé Olivier Faure. Mais s’il s’agissait de reprendre le plan Bayrou, “nous censurerions dès la (déclaration) de politique générale”, a-t-il prévenu.Ces rencontres se font sous la pression de la rue, syndicats et partis de gauche promettant un jeudi “noir” de grèves et manifestations. A l’unisson des autres chefs de la gauche, le communiste Fabien Roussel a exhorté les Français à “sortir massivement” pour que leurs revendications viennent jusqu’aux “oreilles” de Sébastien Lecornu.Le Premier ministre a déjà fait des gestes: retrait de la proposition impopulaire de supprimer deux jours fériés et suppression, très symbolique, des derniers avantages “à vie” octroyés aux ex-Premiers ministres.Les socialistes comme les écologistes ont mis en avant un sondage Ifop montrant que les Français, quelle que soit leur sensibilité, plébiscitent les mesures poussées par le PS (commanditaire de l’étude).Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la taxe Zucman qui enflamme le débat budgétaire.”Si on veut la stabilité, eh bien il faut que les multimilliardaires payent leur juste part à l’effort commun”, a martelé Raphaël Glucksmann, pour Place publique, tout en relevant qu’il ne semblait pas y avoir, chez Sébastien Lecornu, “un refus absolu de discuter de l’objectif” porté par la taxe Zucman.Marine Le Pen a pour sa part aussi mis en avant la nécessité d’agir contre l’immigration.

Louboutin taps Jaden Smith to lead well-heeled shoemaker’s men’s line

Christian Louboutin of scarlet-stiletto fame on Wednesday named Jaden Smith, who has followed in his superstar father Will’s footsteps as an actor and rapper, as artistic director of the French shoemaker’s men’s collection.”Jaden Smith will unveil four collections per year, including shoes, leather goods, and accessories,” the brand said in a statement.Louboutin, the head of his eponymous brand since its founding in 1991, will be handing over the reins of his menswear line for the first time. “One morning, I was swimming and I asked myself: ‘Why not Jaden?’,” the 62-year-old told Le Figaro newspaper.He is banking on Smith, 35 years his junior at 27, to inject “visibility” into the line, which has grown to account for a quarter of Louboutin’s revenue since launching in 2008. “I am convinced by his creativity, but I am also happy to have an intelligent voice from a different generation at my side,” Louboutin added.Smith said his elevation represented “one of the biggest honours” of his life.”I feel a lot of pressure to be able to live up to everything that Christian has done for the house, and also stepping into such a serious role,” he told American media outlet WWD.Jaden Smith, son of Will and Jada Pinkett Smith, was in the spotlight from a young age, acting in “The Pursuit of Happyness” in 2006 and 2010’s “The Karate Kid” before turning towards music and fashion.While Smith the younger has already made a name for himself in with his brand MSFTSrep and a collaboration with sneaker-maker New Balance, he has never before headed a luxury fashion house’s entire line. “Today he lacks technique but he’s starting to learn,” Louboutin said, explaining that Smith had already made several visits to Italian factories.”What you cannot learn is enthusiasm and taste and passion. All that, he has,” the stylist added.Smith’s first collection will be unveiled at Paris Fashion Week for men in January 2026.

Decaying body found in US rapper’s Tesla identified as teen girl

A dismembered corpse found rotting in an impounded Tesla registered to rising American rap star D4vd was that of a teenage girl, a US medical examiner has said.Los Angeles police discovered the body in the car’s trunk last week when they were called to a Hollywood tow yard by workers and neighbors who complained of a foul smell.When officers arrived, they found a badly decomposed body that multiple reports said was in pieces, wrapped in a plastic sheet in the electric vehicle’s front luggage compartment.The Los Angeles County medical examiner said the body was that of Celeste Rivas, who would be 15 years old if she were still alive.Entertainment outlet TMZ said Wednesday that its reporters had spoken to Celeste’s mother, who said her daughter had a boyfriend named David.The outlet carried a missing person poster published by Riverside County Sheriff seeking the whereabouts of Celeste, who was 13 when she went missing in Lake Elsinore, southeast of Los Angeles, in April last year.The medical examiner’s office had earlier described the dead person as a woman of unknown age with wavy black hair.”The decedent was found severely decomposed inside a vehicle,” the statement said.”She appears to have been deceased inside the vehicle for an extended period of time before being found.”Los Angeles Police Department investigators said the Tesla had been parked in the tony Hollywood Hills area for nearly a month before being towed.TMZ reported that the car, registered in Texas, to David Anthony Burke — D4vd’s real name — had never been reported stolen.A representative for the singer said he had been informed of the discovery and was fully cooperating with investigators.The 20-year-old has continued a world tour since the grisly discovery, and is due to play at the Greek Theatre in Los Angeles at the weekend.The young star shot to internet fame in 2022 when his “Romantic Homicide” became a breakout hit on TikTok.The tow yard where the car with the body was found sits a stone’s throw from Elon Musk’s new Tesla Diner, which opened to great fanfare in Hollywood in July.

Doctor warns children face heightened risks in US climate trial

Children are “uniquely and disproportionately” harmed by climate change, a medical expert told a US federal court Wednesday in a landmark constitutional case brought by young Americans challenging President Donald Trump’s fossil-fuel agenda.On the second and final day of a hearing in Missoula, Montana, the plaintiffs’ attorneys called Lori Byron — a former pediatric hospitalist with more than four decades of experience — to explain how a warming planet is impacting young people.The case, Lighthiser v. Trump, is emblematic of a growing global trend of using the courts to push climate action amid political inertia or outright hostility. At issue are three executive orders from the president that together seek to “unleash” fossil fuel development at the expense of renewable energy.Twenty-two plaintiffs represented by the nonprofit Our Children’s Trust are also contesting actions they say undermine federal climate science in the United States — from firing experts to scrubbing reports and reversing the scientific foundation for regulating greenhouse gases.They are seeking a preliminary injunction that could pave the way for a full trial, while lawyers for the Trump administration and conservative-leaning states want the case thrown out, arguing it is undemocratic.Byron, who co-authored the state’s climate assessment and has served on an Environmental Protection Agency committee, testified that the state faces more extreme heat days by mid-century, longer and more severe wildfire smoke seasons, and an increase in “climate surprises” such as catastrophic floods.”They breathe more air, they drink more water, they eat more food per pound of body weight compared to adults,” Byron said, adding that children are especially vulnerable to illness and injury from heat and extreme weather because of their developing bodies and reliance on adults.The toll is not only physical but also psychological: “Their brains are still developing, and stability in their life is very important. When you get displaced or lose your home, those experiences can have mental health impacts that last for decades.”Byron’s testimony was followed by Isaiah H., a 17-year-old from Missoula, an aspiring athlete who spoke of his love for his home but said it was becoming harder to spend time outdoors and connect with nature as a result of worsening wildfires and declining snowfall.”When my brother was really little, we had to actually evacuate our house because the smoke was too bad… for his lungs,” he said.”As a 17-year-old, I shouldn’t be having to step in like this, and shouldn’t have to miss school and make up tests and assignments just to advocate for my health and safety.”Michael Gerrard, an environmental law professor, told AFP: “The plaintiffs are building a strong factual case about the causes and dangers of climate change.”He added: “It would be plowing new ground for a court to say that there is a substantive due process right under the US Constitution to a stable climate system.”

Une collègue du Dr Péchier dit avoir été “choquée” par l’anesthésiste

Une ex-collègue du docteur Frédéric Péchier, jugé pour empoisonnements devant les assises du Doubs, s’est dite “choquée” mercredi par une intervention en 2017 de l’anesthésiste, venu administrer un médicament inattendu, sans concertation, lors d’un arrêt cardiaque en pleine opération.Frédéric Péchier, 53 ans, est jugé par la cour d’assises du Doubs à Besançon pour 30 empoisonnements de patients, dont 12 sont morts, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon.Déterminée, l’anesthésiste Anne-Sophie Balon a décrit la journée du 11 janvier 2017 où sa patiente, Sandra Simard, 36 ans, a été empoisonnée avec du potassium, injecté dans une poche de soluté de réhydratation.La patiente est endormie pour une opération, puis à 08H56, la Dr Balon est appelée en urgence. Sandra Simard fait un arrêt cardiaque. La jeune médecin anesthésiste entame rapidement un massage cardiaque.Le Dr Péchier entre alors dans la salle, “avant même le cardiologue de garde”, et “injecte du gluconate de calcium” sans concertation. “Il ne m’en parle pas. Et il repart”, se souvient-elle.Le gluconate de calcium n’est pas un antidote à un excès de potassium (hyperkaliémie), mais aide le coeur à le supporter.”J’ai été choquée par le timing” de l’arrivée de Frédéric Péchier, par “l’administration précoce” du gluconate de calcium et par “le fait qu’une hyperkaliémie” était envisagée alors qu’il n’y avait “pas le contexte pour” à ce moment-là, a témoigné la jeune femme.Pour la défense, Me Randall Schwerdorffer note que “quand il y a de l’agitation dans un bloc, il est courant qu’on vienne prêter main forte”. “C’est vrai”, admet Mme Balon.Mais “il n’est pas usuel d’administrer quelque chose à un patient sans même s’adresser à son médecin” ni échanger des informations capitales pour “comprendre ce qui se passe”, selon elle.D’après Me Schwerdorffer, son client avait “annoncé l’administration du gluconate de calcium”.Sandra Simard survivra à cet arrêt cardiaque.Anne-Sophie Balon fera saisir et analyser les poches de perfusion utilisées pour l’anesthésie, dans lesquelles une dose de potassium 100 fois supérieure à la normale sera retrouvée.Au sein de la clinique, “on avait identifié que ça pouvait être lui”, Frédéric Péchier, l’auteur de l’empoisonnement, confie devant la cour la médecin, qui dit avoir “été grandement soulagée” lors de son interpellation.La praticienne n’a “jamais” été confrontée à d’autres arrêts cardiaques, ni avant ni après celui de Mme Simard.L’avocate générale, Christine de Curraize, a relevé comme possible mobile que le Dr Péchier, qui avait “le statut de leader” au sein de la clinique, était “déstabilisé” par l’arrivée d’une nouvelle génération de jeunes anesthésistes, dont Mme Balon.Lors de l’instruction, Frédéric Péchier avait mis en cause sa collègue en prétendant qu’elle aurait pu injecter le potassium a posteriori pour couvrir une erreur médicale.”Et Mme Simard, il est dû à quoi son arrêt cardiaque ? On n’a rien trouvé. C’est rocambolesque, ça ne tient pas !”, rétorque Anne-Sophie Balon.L’accusé, qui a toujours clamé son innocence, comparaît libre, mais risque la réclusion criminelle à perpétuité.Le verdict est attendu le 19 décembre.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le plus grand lac du Royaume-Uni suffoque à cause des algues toxiques

Pour la troisième année d’affilée, des algues bleu-vert toxiques ont proliféré sur le Lough Neagh, en Irlande du Nord, au point de donner une couleur de soupe de pois à ce lac, le plus grand du Royaume-Uni, duquel se dégage une odeur d’oeufs pourris. Cet été, l’épaisse couche verte – si étendue qu’elle est visible depuis l’espace – a atteint des records, selon les locaux très préoccupés par l’ampleur de la pollution due à ces algues, dont le nom scientifique est “cyanobactéries”.”Le lac est en train de mourir”, dit Mary O’Hagan à l’AFP, depuis Ballyronan, sur la rive ouest, pendant que des canards se débattent sur des pierres recouvertes d’une couche verte et glissante.La prolifération des algues – alimentée, selon les experts, par la pollution industrielle, agricole, les eaux usées et le changement climatique – dévaste la pêche et nuit fortement aux activités nautiques. Les rejets d’engrais provenant de fermes approvisionnant l’industrie agroalimentaire sont considérés comme un des principaux responsables de la pollution. Le déversement d’eaux usées non traitées est également mis en cause.Cette surabondance suscite aussi des inquiétudes sanitaires: environ 40% de l’eau potable d’Irlande du Nord provient du Lough Neagh.Des panneaux interdisant la baignade jalonnent les 125 kilomètres de rives, notamment à Ballyronan, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Belfast, la capitale d’Irlande du Nord. – “Déchirant” -Pendant les années Covid, Mary O’Hagan, 48 ans, nageait dans le Lough Neagh, mais ce n’est plus une option. “Nager ici, face à des levers de soleil spectaculaires, m’a aidée pendant des périodes difficiles de ma vie. C’est déchirant de voir le lac dans cet état aujourd’hui”, dit-elle.Mary O’Hagan fait partie du groupe “Sauvez Lough Neagh”, qui a récemment manifesté pour demander au gouvernement régional d’agir.”Il faut sanctionner les pollueurs !”, dit-elle, réclamant la création d’une agence environnementale indépendante capable de punir les responsables. Régulièrement accusé, le transformateur de volaille Moy Park affirme que le secteur avicole est “fortement réglementé, avec des limites strictes fixées pour la qualité des eaux usées”. La prolifération des algues est un “problème complexe qui ne peut pas être attribué à un seul secteur”, selon un porte-parole.Le changement climatique a également favorisé localement la propagation des moules zébrées, une espèce invasive, dont la capacité à filtrer l’eau peut faciliter la formation des cyanobactéries.- Aucune compensation -Les algues ont décimé les mouches de Lough Neagh, un maillon essentiel de la chaîne alimentaire pour les poissons et les oiseaux, explique Mick Hagan, en lançant sa ligne dans une rivière voisine.”Avant, la rivière était pleine de truites, mais c’est fini”, dit cet homme de 38 ans, revenu bredouille.La plus grande pêcherie d’anguilles d’Europe, située sur Lough Neagh, a suspendu ses activités cette année en raison de préoccupations sur la qualité.Mick Hagan appartient à la première génération de sa famille qui ne pêche pas l’anguille dans le Lough Neagh.Il tient un camion à pizzas sur un site de camping-cars près de Ballyronan, mais l’odeur nauséabonde provenant du lac a repoussé les touristes cet été.Selon Gavin Knox, dont la petite entreprise de paddle lancée en 2022 a elle aussi été victime des algues, la puanteur peut se faire sentir à plusieurs kilomètres.”Faire tourner l’entreprise est devenu impossible”, dit-il. “Même s’il reste des endroits sûrs pour pagayer, personne n’en a envie alors que les poissons meurent et que les oiseaux sont couverts de boue verte”. Cet homme de 48 ans, qui s’est endetté pour lancer son entreprise, se dit révolté qu’aucune compensation n’ait jamais été proposée par les autorités. En juillet 2024, le gouvernement régional a lancé un plan d’action, mais moins de la moitié des mesures prévues ont été mises en œuvre. Les autres devraient être réalisées “en 2026 et au-delà”, a indiqué le gouvernement à l’AFP, sans plus de précisions.