Bayrou a remis sa démission, Macron veut nommer très vite son successseur

Le Premier ministre François Bayrou a remis sa démission mardi au président Emmanuel Macron, ouvrant la voie à la nomination de son successeur, potentiellement un fidèle du chef de l’Etat, le ministre des Armées Sébastien Lecornu, qui pourrait intervenir très rapidement.Le chef du gouvernement, qui a échoué lundi à obtenir la confiance des députés, a franchi peu avant 13H30 la grille de l’Elysée pour un ultime entretien avec le président. Emmanuel Macron a “pris acte” dès lundi soir du refus des députés de lui apporter leur confiance et promis de nommer dans les “tout prochains jours” son successeur.Cette nomination pourrait intervenir dès mardi -“C’est possible”, glisse-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat- le nom de Sébastien Lecornu, déjà favori en décembre avant que François Bayrou ne s’impose, revenant avec insistance.Le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, un temps cité, a fait savoir mardi qu’il ne serait pas nommé et précisé que “Sébastien Lecornu est en train de composer son propre gouvernement” lors d’une réunion des dirigeants de son parti, a indiqué à l’AFP un participant.Une fois n’est pas coutume, le chef de l’Etat paraît donc déterminé à aller vite pour désigner son Premier ministre, à l’encontre des appels à choisir la gauche, à négocier d’abord un accord politique ou à recevoir les chefs des partis.Ce sera le cinquième chef du gouvernement depuis le début du quinquennat en 2022. Du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution en juin 2024.- “Urgence” avant “Bloquons tout” -Il y a “urgence à nommer un Premier ministre” parce qu’il ne doit pas “y avoir de pouvoir vacant” à la veille du mouvement “Bloquons tout” et avant la mobilisation syndicale du 18 septembre, a martelé le ministre de l’Intérieur sortant Bruno Retailleau, patron du parti Les Républicains (LR), évoquant un mois “propice à tous les débordements”.Le casse-tête auquel est confronté le président est pourtant le même que celui qu’il a été incapable de dénouer depuis qu’il a dissous l’Assemblée nationale: trouver un profil susceptible de survivre dans un paysage parlementaire sans l’ombre d’une majorité.A l’Elysée, on estime que la fragile coalition bâtie il y a un an entre la macronie et la droite est un acquis. Le président a exhorté ses chefs à “travailler avec les socialistes” pour “élargir” son assise.Mais il ne devrait pas aller jusqu’à nommer comme Premier ministre le patron du Parti socialiste Olivier Faure, malgré ses offres de services pour la formation d’un “gouvernement de gauche” qui irait chercher des “compromis”. Selon ses proches, Emmanuel Macron préfère donner les clés de Matignon à une personnalité “de confiance”. Depuis lundi soir, le nom du ministre des Armées Sébastien Lecornu, 39 ans, devenu au fil du temps un intime du chef de l’Etat, revient avec insistance en macronie, certains interlocuteurs de l’Elysée allant jusqu’à rapporter que ce choix avait été arrêté. Avec la prudence d’usage: déjà en décembre, le président avait voulu désigner ce fidèle, avant que François Bayrou ne s’impose à lui pour Matignon.Le nom de Catherine Vautrin est aussi cité, mais la ministre du Travail et de la Santé reste discrète, ayant elle aussi déjà expérimenté un revirement élyséen en 2022.Sur l’aile gauche de la macronie, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet s’est dite prête mardi à aller Matignon pour y appliquer un éventuel “pacte de coalition”.- Concessions au PS ? -Autant de noms qui ne résolvent pas en soi l’équation: comment obtenir, a minima, une non-censure du PS, nécessaire pour tenir ? Selon un interlocuteur régulier d’Emmanuel Macron, ce dernier pourrait cette fois accepter que le Premier ministre, d’autant plus si c’est un proche, fasse de réelles concessions aux socialistes, par exemple sur la taxation des plus riches jusqu’ici un tabou pour lui.Olivier Faure a refusé de dire si son parti négocierait avec une personnalité issue du camp présidentiel, continuant de “revendiquer le pouvoir”.La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a exhorté le chef de l’Etat à “recevoir” les chefs des partis de gauche “avant toute décision”.Le macroniste Gabriel Attal a demandé la désignation préalable d’un “négociateur” à même de vérifier les coalitions possibles, proposition qui semble mort-née.Cette fois, l’intéressé ne devrait même pas engager des “consultations formelles”, alors qu’il avait reçu les formations politiques à tour de rôle avant de désigner Michel Barnier il y a un an, et organisé une table ronde de plusieurs chefs de parti avant de choisir François Bayrou en décembre.Ses stratèges estiment qu’il a déjà invité les forces politiques à dialoguer.Il en donnera donc probablement plutôt mandat au futur Premier ministre, en lui demandant de négocier un programme a minima, et notamment une ébauche de budget pour 2026.Emmanuel Macron le sait: s’il n’a que des cartes imparfaites entre les mains, l’atout qu’il va abattre risque d’être le dernier avant de devoir, en cas de nouvel échec, redissoudre l’Assemblée, comme l’y invite le Rassemblement national. En cas d’impasse prolongée, la pression monterait sur une démission d’Emmanuel Macron, espérée par l’extrême droite comme par La France insoumise.

Nepal’s veteran communist leader Oli ousted as prime minister

Tough-talking Nepali leader Khadga Prasad Sharma Oli spent decades in communist politics and served as prime minister four times before resigning Tuesday, after deadly youth protests triggered by a ban on social media.The 73-year-old quit shortly after angry protesters set fire to his house, writing in his resignation letter that he hoped it would help “towards a political solution and resolution of the problems”.On Monday, after at least 19 people were killed in a police crackdown on protests against his government’s ban on unregistered social media, access to the apps was restored — but the demonstrations continued.Protesters also set fire to parliament on Tuesday, and Oli’s whereabouts were not immediately clear.The often outspoken head of the Communist Party of Nepal – Unified Marxist-Leninist (CPN-UML), formed a government with the backing of the centre-left Nepali Congress in 2024. Oli, often known by his first initials “KP”, carefully crafted a cult-like image as his party’s supreme leader, with life-size cutouts and banners of “KP Ba (father), we love you” seen at his rallies.- Authoritarian streak -Political journalist Binu Subedi said he had “transformed the party’s image as his own”.But an authoritarian streak emerged.Subedi said Oli had considered his word as “final”, and rarely accepted criticism or suggestions, even from his own party.Oli’s political career stretches nearly six decades, a period that saw a decade-long civil war, with Nepal abolishing its absolute monarchy in 2008 to become a republic.Drawn into underground communist politics as a teenager, he was 21 when he was arrested in 1973 for campaigning to overthrow the king. “I was sentenced to harsh imprisonment for 14 years, with four years of solitary confinement”, he wrote in a book of selected speeches. He studied and wrote poetry in detention, penning his verses on cigarette boxes when he couldn’t access paper. “My crime was that I fought against the autocratic regime,” Oli added.”But this never deterred me, instead, it emboldened me to continue the struggle.”After his release in 1987, he joined the CPN-UML and rose through the ranks, winning elections to parliament. The veteran politician was first prime minister in 2015, before being re-elected in 2018 and reappointed briefly in 2021 in Nepal’s often turbulent parliament.He previously said he recognises that “Marxism and Leninism cannot be a ready-made solution to every problem”.In the Himalayan republic of some 30 million people, overshadowed by giant neighbours India and China, Oli previously trod a fine balance between the rivals.He was cordial to both but reached out to Beijing to decrease Nepal’s dependence on New Delhi, with promises of economic growth helping him gain popularity.Oli also stoked populist rhetoric against India, which is often portrayed as acting like an overbearing “big brother” to Nepal.

Trump’s alleged birthday note to Epstein released by House panel

A lewd birthday letter that Donald Trump allegedly sent to Jeffrey Epstein in 2003 — which the US president claimed did not exist — was published Monday by a congressional panel investigating the late financier’s sex crimes case.The letter, a type-written message inserted into the sketched outline of a nude woman, was one of many notes sent by Epstein’s friends that his associate Ghislaine Maxwell, now imprisoned, had compiled into a book for his 50th birthday.The Wall Street Journal had reported on the existence of the book and letter in July, prompting a $10 billion defamation suit from Trump, 79.The US House Oversight Committee subpoenaed the book along with other documents from Epstein’s estate, including bank records, as part of its probe launched this summer into the handling of the late sex offender’s case.Trump’s alleged note consists of a short dialogue between “Donald” and “Jeffrey.””We have certain things in common,” says Donald, to which Jeffrey responds: “Yes, we do, come to think of it.””Enigmas never age, have you noticed that?” asks Donald.”As a matter of fact, it was clear to me the last time I saw you,” says Jeffrey.”A pal is a wonderful thing. Happy Birthday — and may every day be another wonderful secret,” the note ends, followed by Trump’s signature, which takes the place of pubic hair on the nude outline.Another letter in the book also mentions Trump, with a photo of Epstein holding an oversized $22,500 check. The signature on the check says “DJ Trump” but is very different from Trump’s normal writing.”Jeffrey showing early talents with money + women! Sells ‘fully depreciated’ [redacted name] to Donald Trump,” reads the note.The Wall Street Journal reported Monday that the letter from businessman Joel Pashcow referenced a woman who was courted by both Trump and Epstein in the 1990s.Democrats on the panel published the copy of the Trump letter before the entire book was released, prompting accusations from Republican chairman James Comer of “cherry-picking documents and politicizing information.”The White House reiterated its denial of the authenticity of the letter, with Press Secretary Karoline Leavitt saying “it’s very clear President Donald Trump did not draw this picture and he did not sign it.””President Trump’s legal team will continue to aggressively pursue litigation,” she added.Epstein, a wealthy financier with high-level connections around the world, was found dead in his New York jail cell in 2019 while awaiting trial for alleged sex trafficking of underage girls recruited to provide him with sexual massages.Trump’s supporters have been obsessed with the Epstein case for years and held as an article of faith that “deep state” elites were protecting a sex ring of Epstein associates, particularly in the Democratic Party and Hollywood.- Committee investigation -Trump took office in January promising to quickly get to the bottom of the Epstein conspiracies.But many of his supporters have been up in arms since the FBI and Justice Department said in July that Epstein had committed suicide, did not blackmail any prominent figures, and did not keep a “client list.”Trump himself has repeatedly attempted to bury the controversy — dubbing it the “Democrat Epstein hoax” — as attention intensifies on his own long-term friendship with the financier.Democrats and a handful of Republicans risking Trump’s ire have doubled down, demanding that all legal files related to Epstein be released.The Republican-controlled Oversight Committee has subpoenaed Justice Department documents as well as testimony from many high-ranking officials, including former president Bill Clinton, whose own letter allegedly written to Epstein appears in the birthday book praising his “childlike curiosity” and “desire to make a difference.”Peter Mandelson, Britain’s ambassador to the United States since 2024, also allegedly left a message in the book, calling Epstein his “best pal” and an “intelligent, sharp-witted man” who would come and go as he pleased, “leaving you with some ‘interesting’ friends to entertain instead.”As part of its response to the controversy, Trump’s Justice Department interviewed Epstein associate Maxwell, who is now serving a 20-year prison sentence for recruiting underage girls for the financier.She was interviewed by Deputy Attorney General Todd Blanche, Trump’s former personal lawyer.The Justice Department later released a transcript and audio recording of the interview, in which Maxwell says Trump was friendly with Epstein but was “never inappropriate with anybody.”The 63-year-old Maxwell, the only former Epstein associate convicted in connection with his activities, was moved from a prison in Florida to a minimum security facility in Texas following the interview with Blanche.

L’enseignement supérieur à un niveau sans précédent dans l’OCDE

Le niveau de formation a fortement augmenté dans l’OCDE depuis le début des années 2000 avec un taux sans précédent de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, indique le rapport annuel “Regards sur l’Education” publié mardi.”48% des jeunes adultes des pays” membres sont désormais diplômés de l’enseignement supérieur “contre 27% en 2000”, souligne ce rapport de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), qui rassemble les pays les plus industrialisés.L’Irlande et la Norvège affichent notamment des “progrès remarquables” avec une hausse de diplômés du supérieur d’environ 6 points de pourcentage entre 2005 et 2024, suivies par la Colombie, le Costa Rica, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, le Mexique, le Portugal et la Turquie, a noté Mathias Cormann, le secrétaire général de l’OCDE, lors d’une présentation du rapport. L’OCDE souligne cependant que nombre d’étudiants ne finissent pas leurs études, en particulier les hommes, en raison d’une inadéquation entre attentes et réalité de la formation, ou d’un manque de soutien aux étudiants.Autre problème: diplôme ne veut pas toujours dire compétences. Ces dernières, notamment en maîtrise de l’écrit et des mathématiques, ont stagné ou diminué sur la dernière décennie dans la plupart des pays membres.”En France, il y a des adultes qui ont passé des années à l’école et parfois à l’université et qui n’ont même pas les compétences en littératie (compétences à l’écrit, ndlr) d’un enfant de 10 ans”, a relevé Andreas Schleicher, directeur du département d’Education et des compétences de l’OCDE, lors de la présentation.- Les études supérieures rapportent -En outre, malgré la hausse des diplômés de l’enseignement supérieur, les entreprises ont du mal à trouver les qualifications dont elles ont besoin: “40% des employeurs sont en état de pénurie de compétences”, relève l’OCDE, qui recommande la généralisation des formations courtes certifiantes tout au long de la vie active, afin d’aider “les travailleurs à s’adapter à l’évolution des besoins des entreprises, particulièrement avec la montée de l’intelligence artificielle. L’OCDE insiste sur un point souvent débattu: les études supérieures sont rentables, même lorsqu’elles coûtent cher comme en Angleterre ou aux Etats-Unis.”Une bonne éducation rapporte. Si vous avez une licence, vous gagnez 39% de plus qu’un diplômé de l’enseignement secondaire”, et encore plus avec un master, fait valoir Andreas Schleicher.La plus-value d’un diplôme du supérieur dans une trajectoire professionnelle fait que la mobilité des étudiants internationaux ne cesse de croître, en dépit du coût des formations.Bémol notable: l’inégalité de l’accès à l’enseignement supérieur persiste et les enfants de diplômés du supérieur ont encore beaucoup plus de chances de décrocher eux aussi une formation de l’enseignement supérieur et de la terminer que ceux dont les parents n’ont pas fait d’études supérieures.Certains pays comme le Danemark et la Corée ont réussi à gommer en partie ces inégalités avec “tout de même 40% de possibilités d’avoir un diplôme de l’enseignement supérieur si vos parents n’ont pas terminé leurs études secondaires”. A l’inverse en Hongrie ou en Lituanie par exemple ce taux n’est que de 7%.M. Schleicher relève que le système britannique de prêts étudiants est plutôt mieux à même de gommer les inégalités que certains autres pays où l’Etat finance davantage les études supérieures: le remboursement sera exigé après la fin des études seulement si le jeune gagne au moins un certain niveau de rémunération.  

Nepal PM resigns after deadly protests sparked by social media ban

Nepali youth protesters set fire to parliament on Tuesday as the veteran prime minister obeyed furious crowds to quit, a day after one of the deadliest crackdowns in years in which at least 19 people were killed.The protests, which began on Monday with demands that the government lift a ban on social media and tackle corruption, reignited despite the apps going back online.Demonstrators on Tuesday attacked and set fire to KP Sharma Oli’s house, the 73-year-old, four-time prime minister and leader of the Communist Party.Shortly after, chanting protesters — some wielding assault rifles, according to an AFP reporter at the site — gathered outside main government buildings.Plumes of smoke also covered Nepal’s parliament as demonstrators set the building ablaze.”Hundreds have breached the parliament area and torched the main building,” Ekram Giri, spokesman for the Parliament Secretariat, told AFP. Protesters, mostly young men, were seen waving the country’s national flag as they dodged water cannons deployed by the security forces.Other demonstrators targeted the properties of politicians and government buildings.Kathmandu’s airport remains open, but some flights were cancelled after smoke from fires affected visibility, airport spokesman Rinji Sherpa said.”I have resigned from the post of prime minister with effect from today… in order to take further steps towards a political solution and resolution of the problems,” Oli said Tuesday in a statement.His political career stretched nearly six decades, a period that saw a decade-long civil war, with Nepal abolishing its absolute monarchy in 2008 to become a republic.First elected as prime minister in 2015, he was re-elected in 2018, reappointed briefly in 2021, and then took power in 2024 after his Communist Party forged a coalition government with the centre-left Nepali Congress in the often-volatile parliament.His resignation followed that of three other ministers, and came despite the government repealing the ban.Bringing social media back online “was among the Gen Z’s demands”, Minister for Communication Prithvi Subba Gurung told AFP, referring to young people aged largely in their 20s.The ban fed into existing anger at the government in a country with a youth bulge.People aged 15-40 make up nearly 43 percent of the population, according to government statistics — while unemployment hovers around 10 percent and GDP per capita is just $1,447, according to the World Bank.- Live ammunition -Slogans demanding accountability from the authorities have been a feature at the protests.”Nearly 20 people were murdered by the state — that shows the scale of police brutality,” said 23-year-old student Yujan Rajbhandari.Several social media sites — including Facebook, YouTube and X — were blocked on Friday in the Himalayan nation of 30 million people, after the government cut access to 26 unregistered platforms.Amnesty International said live ammunition had been used against protesters on Monday, and the United Nations demanded a swift and transparent probe.Since Friday, videos contrasting the struggles of ordinary Nepalis with the children of politicians flaunting luxury goods and expensive vacations have gone viral on TikTok, which was not blocked.Popular platforms such as Instagram have millions of users in Nepal who rely on them for entertainment, news and business. Others rely on the apps for messaging.”This isn’t just about social media — it’s about trust, corruption, and a generation that refuses to stay silent,” The Kathmandu Post newspaper wrote.”Gen Z grew up with smartphones, global trends, and promises of a federal, prosperous Nepal,” it added.”For them, digital freedom is personal freedom. Cutting off access feels like silencing an entire generation.”Nepal has restricted access to popular online platforms in the past, including to Telegram in July, citing a rise in online fraud.It lifted a nine-month ban on TikTok last year after the platform agreed to comply with Nepali regulations.

L’armée israélienne dit qu’elle va frapper durement la ville de Gaza

L’armée israélienne a affirmé mardi qu’elle allait frapper durement le mouvement palestinien Hamas dans la ville de Gaza, d’où fuient en nombre des habitants à pied, en vélo ou à bord de véhicules surchargés. Près de deux ans après le début de la guerre, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a intensifié ces dernières semaines ses bombardements et opérations terrestres dans la ville, la plus grande de la bande de Gaza, qu’elle présente comme le dernier grand bastion du mouvement islamiste.Disant contrôler 40% de l’agglomération, elle affirme vouloir s’en emparer pour venir à bout du Hamas et libérer les otages capturés le 7-Octobre. L’ONU, qui estime à environ un million de personnes la population de la ville et ses environs, a mis en garde contre un “désastre”.”A tous les habitants (…) l’armée de défense est déterminée à vaincre le Hamas et agira dans la zone de la ville de Gaza avec une grande puissance”, a écrit sur les réseaux sociaux le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée.”Evacuez immédiatement par l’axe al-Rachid”, la grande route côtière allant du nord au sud de la bande de Gaza, a-t-il ajouté. Des avions ont largué sur la ville des centaines de tracts portant le même message, a constaté un photographe de l’AFP. – “Où aller?” -Mais “où sommes-nous supposés aller”, interpelle Khaled Khuwaiter, 36 ans. “Les gens qui ont fui vers Al-Mawasi”, désignée par l’armée comme la zone “humanitaire” que doivent rejoindre les habitants dans le sud du territoire, “n’ont pas trouvé où s’installer, pas de tentes, d’eau ou de nourriture”, dit-il. Le porte-parole de la Défense civile de Gaza, Mahmoud Bassal, affirme aussi à l’AFP que dans les zones centrales et méridionales du territoire “il n’y a pas de produits de première nécessité pour vivre”. Lundi, des images de l’AFP près de Nousseirat (centre) ont montré de nombreux Gazaouis fuyant vers le sud, à bord de véhicules ou charrettes surchargées, à vélo ou même à pied. “Qu’ils ouvrent les postes-frontières, qu’ils mettent fin à la guerre et qu’ils permettent à la vie de revenir à la normale, comme avant. Ça suffit”, exhorte parmi ces déplacés Ahmed Shamlakh. Selon la Défense civile, au moins 15 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le lever du jour dans le territoire palestinien. “Ce n’est que le début de l’intensification des opérations terrestres dans la ville de Gaza. Je dis aux habitants: vous avez été prévenus, partez maintenant!”, a lui-même averti lundi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.”Tout cela n’est qu’un prélude, juste l’ouverture à l’opération principale qui s’intensifie – la manoeuvre terrestre de nos forces, qui s’organisent et se rassemblent actuellement pour entrer dans la ville de Gaza”, a-t-il ajouté. Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les affirmations des diverses parties.- “Déplacement forcé” -Le Hamas a dénoncé “un acte explicite de déplacement forcé” des habitants de la ville de Gaza, qui constitue une violation “flagrante et sans précédent” du droit et des conventions internationales. La quasi-totalité de la population gazaouie a déjà été déplacée au moins une fois depuis le début de la guerre par les bombardements et combats, selon l’ONU.Le Hamas a par ailleurs salué, sans la revendiquer, une attaque armée perpétrée à Jérusalem-Est lundi par deux assaillants palestiniens, qui ont tué six Israéliens à une station de bus avant d’être abattus.  L’armée a annoncé le même jour la mort de quatre soldats dans l’explosion d’un engin lancé sur leur char dans le nord du territoire. Selon un bilan de l’AFP basé sur les données de l’armée, 468 soldats ont été tués depuis le début de l’offensive terrestre dans la bande de Gaza le 27 octobre 2023. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.D’après l’armée, 47 captifs restent retenus à Gaza dont 25 présumés morts, sur un total de 251 personnes enlevées ce jour là. L’offensive de représailles israéliennes a fait au moins 64.605 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas à Gaza, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Elle a dévasté le territoire, dont les quelque deux millions d’habitants assiégés font face à une catastrophe humanitaire. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

L’UE s’attaque au gaspillage alimentaire et à la fast fashion

Le Parlement européen a définitivement adopté mardi à Strasbourg une loi contre le gaspillage alimentaire et les déchets textiles, notamment ceux liés à la fast fashion, ces millions de vêtements à bas coûts importés de Chine.Les eurodéputés ont approuvé sans la moindre modification ce texte consensuel négocié avec les Etats membres.Chaque Européen génère en moyenne par an 130 kilos de déchets alimentaires et une quinzaine de kilos de déchets textiles, secteur où le recyclage est quasi nul, selon l’UE.La nouvelle loi, qui ne détaille pas de mesures concrètes, fixe aux pays européens des objectifs contraignants de réduction des déchets dans l’alimentation.En 2030, chaque Etat membre devra réduire de 30% les déchets alimentaires de la distribution, de la restauration et des ménages, et de 10% ceux générés par la transformation et la fabrication des aliments, par rapport aux volumes annuels enregistrés entre 2021 et 2023.En première lecture il y a un an et demi, les eurodéputés avaient voté pour des objectifs plus ambitieux – 40 et 20% – mais il a fallu sceller un compromis avec la Commission et les 27 pays membres dans la version définitive.Les professionnels de l’hôtellerie et la restauration souhaitaient, eux, éviter des objectifs contraignants et s’en tenir à de la pédagogie.”La clé réside surtout dans la sensibilisation y compris celle des consommateurs : plus de 50% du gaspillage alimentaire en Europe se produit au niveau des ménages”, estime Marine Thizon, à l’Hotrec, le lobby européen des hôtels, restaurants et cafés.- Aucun objectif pour le secteur agricole -Afin d’atteindre leurs objectifs, les États pourront choisir des programmes de prévention adaptés à l’organisation de leur secteur agroalimentaire.”L’idée est d’adopter des solutions ciblées (…) mettre en valeur les fruits et légumes +moches+ (que la grande distribution ne met pas sur ses étals), clarifier l’étiquetage, donner les invendus encore consommables” aux banques alimentaires et aux associations, explique l’eurodéputée polonaise Anna Zalewska (ECR), rapporteure du texte.Aucun objectif n’est en revanche assigné au secteur agricole, ce que dénoncent des ONG comme le WWF.Après les déchets des ménages et de l’industrie agroalimentaire, “les pertes qui surviennent avant, pendant et après la récolte ou l’élevage représentent une part considérable du gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne de valeur”, souligne cette organisation environnementale.Cette loi vient réviser une directive qui existe depuis 2008 sur les déchets dans l’UE. Et à l’initiative des eurodéputés, elle y intègre un secteur qui n’y figurait pas auparavant: l’industrie textile.Dans une logique de pollueur-payeur, les producteurs du secteur devront s’assurer de la collecte, du tri et du recyclage des vêtements en fin de vie et les prendre en charge financièrement.Là encore, il reviendra aux Etats de déterminer les éventuels frais dont devront s’acquitter les producteurs.L’Union européenne met notamment en avant l’impact de la production textile sur la consommation d’eau: la fabrication d’un t-shirt en coton nécessite 2.700 litres d’eau douce (en comptant l’irrigation agricole), de quoi couvrir les besoins en eau potable d’une personne pendant 2 ans et demi.Le Parlement européen cible en particulier la mode “ultra éphémère”, la fast fashion, vêtements à bas coûts souvent venus de Chine.Bien qu’elle s’en défende, la plateforme d’origine chinoise Shein est régulièrement présentée comme un emblème des dérives sociales et environnementales de cette mode.La Commission européenne a ouvert en février une enquête contre cette entreprise, soupçonnée de lutter insuffisamment contre la vente de produits illégaux, non respectueux des normes européennes. Bruxelles souhaite également lutter contre l’afflux massif de petits colis bon marché sur son territoire, avec une proposition encore à l’étude visant à imposer une taxe de deux euros par colis.L’an dernier, 4,6 milliards de colis de ce type sont entrés dans l’UE – soit plus de 145 par seconde – dont 91% provenant de Chine.”L’ultra fast fashion crée des montagnes de déchets textiles. Ce mode de production, en plus d’être extrêmement polluant, met en danger les enseignes françaises et européennes”, a réagi l’eurodéputé de droite Laurent Castillo (PPE), en saluant l’adoption de la loi.

L’UE s’attaque au gaspillage alimentaire et à la fast fashion

Le Parlement européen a définitivement adopté mardi à Strasbourg une loi contre le gaspillage alimentaire et les déchets textiles, notamment ceux liés à la fast fashion, ces millions de vêtements à bas coûts importés de Chine.Les eurodéputés ont approuvé sans la moindre modification ce texte consensuel négocié avec les Etats membres.Chaque Européen génère en moyenne par an 130 kilos de déchets alimentaires et une quinzaine de kilos de déchets textiles, secteur où le recyclage est quasi nul, selon l’UE.La nouvelle loi, qui ne détaille pas de mesures concrètes, fixe aux pays européens des objectifs contraignants de réduction des déchets dans l’alimentation.En 2030, chaque Etat membre devra réduire de 30% les déchets alimentaires de la distribution, de la restauration et des ménages, et de 10% ceux générés par la transformation et la fabrication des aliments, par rapport aux volumes annuels enregistrés entre 2021 et 2023.En première lecture il y a un an et demi, les eurodéputés avaient voté pour des objectifs plus ambitieux – 40 et 20% – mais il a fallu sceller un compromis avec la Commission et les 27 pays membres dans la version définitive.Les professionnels de l’hôtellerie et la restauration souhaitaient, eux, éviter des objectifs contraignants et s’en tenir à de la pédagogie.”La clé réside surtout dans la sensibilisation y compris celle des consommateurs : plus de 50% du gaspillage alimentaire en Europe se produit au niveau des ménages”, estime Marine Thizon, à l’Hotrec, le lobby européen des hôtels, restaurants et cafés.- Aucun objectif pour le secteur agricole -Afin d’atteindre leurs objectifs, les États pourront choisir des programmes de prévention adaptés à l’organisation de leur secteur agroalimentaire.”L’idée est d’adopter des solutions ciblées (…) mettre en valeur les fruits et légumes +moches+ (que la grande distribution ne met pas sur ses étals), clarifier l’étiquetage, donner les invendus encore consommables” aux banques alimentaires et aux associations, explique l’eurodéputée polonaise Anna Zalewska (ECR), rapporteure du texte.Aucun objectif n’est en revanche assigné au secteur agricole, ce que dénoncent des ONG comme le WWF.Après les déchets des ménages et de l’industrie agroalimentaire, “les pertes qui surviennent avant, pendant et après la récolte ou l’élevage représentent une part considérable du gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne de valeur”, souligne cette organisation environnementale.Cette loi vient réviser une directive qui existe depuis 2008 sur les déchets dans l’UE. Et à l’initiative des eurodéputés, elle y intègre un secteur qui n’y figurait pas auparavant: l’industrie textile.Dans une logique de pollueur-payeur, les producteurs du secteur devront s’assurer de la collecte, du tri et du recyclage des vêtements en fin de vie et les prendre en charge financièrement.Là encore, il reviendra aux Etats de déterminer les éventuels frais dont devront s’acquitter les producteurs.L’Union européenne met notamment en avant l’impact de la production textile sur la consommation d’eau: la fabrication d’un t-shirt en coton nécessite 2.700 litres d’eau douce (en comptant l’irrigation agricole), de quoi couvrir les besoins en eau potable d’une personne pendant 2 ans et demi.Le Parlement européen cible en particulier la mode “ultra éphémère”, la fast fashion, vêtements à bas coûts souvent venus de Chine.Bien qu’elle s’en défende, la plateforme d’origine chinoise Shein est régulièrement présentée comme un emblème des dérives sociales et environnementales de cette mode.La Commission européenne a ouvert en février une enquête contre cette entreprise, soupçonnée de lutter insuffisamment contre la vente de produits illégaux, non respectueux des normes européennes. Bruxelles souhaite également lutter contre l’afflux massif de petits colis bon marché sur son territoire, avec une proposition encore à l’étude visant à imposer une taxe de deux euros par colis.L’an dernier, 4,6 milliards de colis de ce type sont entrés dans l’UE – soit plus de 145 par seconde – dont 91% provenant de Chine.”L’ultra fast fashion crée des montagnes de déchets textiles. Ce mode de production, en plus d’être extrêmement polluant, met en danger les enseignes françaises et européennes”, a réagi l’eurodéputé de droite Laurent Castillo (PPE), en saluant l’adoption de la loi.