Accord UE-Mercosur: barrage filtrant d’agriculteurs au port du Havre
Une centaine d’agriculteurs ont passé la nuit à l’entrée du port du Havre (Seine-Maritime) pour mettre en place dimanche un “barrage filtrant” et contrôler les camions afin de dénoncer l’accord signé par l’UE avec les pays du Mercosur, a déclaré à l’AFP un porte-parole.”On a établi un petit camp de base à l’entrée du port et l’idée ça va être de contrôler un maximum de produits alimentaires qui entrent et qui sortent”, a expliqué par téléphone Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime (JA76), un syndicat proche de la première organisation agricole française, la FNSEA.Les militants agricoles entendent bloquer le passage des aliments qui ne respectent pas les normes sanitaires et environnementales imposées aux producteurs français et européens.”On sait très bien qu’il n’y aura pas un flux de camions important dans la journée mais on veut être en place pour ce soir, où le trafic va s’intensifier. Demain lundi, on nous annonce 5.000 camions par jour”, a-t-il dit.Les agriculteurs présents, qui organisent un roulement avec des collègues de Seine-Maritime et de départements voisins, veulent “filtrer mais pas bloquer les accès au port du Havre, pour ne pas bloquer totalement l’activité des dockers”, a souligné Justin Lemaître.Selon lui, aucun membre des forces de l’ordre n’était à proximité immédiate des manifestants. “On a la visite de la sécurité portuaire assez régulièrement et ça se passe très bien. Pour l’instant, on ne nous a pas dit qu’on allait nous déloger”, a assuré le militant agricole.La veille, 250 à 300 agriculteurs, dont une partie s’était rassemblée à la mi-journée sur le pont de Normandie avec des tracteurs, avaient convergé vers le port du Havre pour protester contre l’accord avec le Mercosur, sans que les autorités ne s’y opposent.”Mercosur, mort à coup sûr”, proclamait une banderole.D’autres actions de blocage ont été organisées ces derniers jours par des syndicats agricoles, notamment sur des autoroutes dans le Sud-Ouest.Pour ses détracteurs, dont font partie les agriculteurs français, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique Latine moins chers et pas forcément respectueux des normes européennes, faute de contrôles suffisants.En supprimant une large part des droits de douane, l’accord favorise les exportations européennes de voitures, de machines, de vins, d’huile d’olive et de produits laitiers, et il facilite l’entrée en Europe de boeuf, de volaille, de sucre, riz, miel, et soja.
Les Birmans votent pour la deuxième phase des législatives organisées par la junte
La deuxième phase des élections législatives a débuté dimanche en Birmanie, où la junte au pouvoir promet un retour à la démocratie à l’issue de ce scrutin dénoncé par les observateurs occidentaux comme une manœuvre pour prolonger le régime militaire.L’armée dirige le pays d’Asie du Sud-Est depuis son indépendance en 1948, en dehors d’une parenthèse démocratique qui avait suscité une vague de réformes et d’optimisme entre 2011 et 2021.Les militaires ont repris le pouvoir lors d’un coup d’Etat il y a cinq ans, annulant le résultat des dernières élections, arrêtant la figure démocratique Aung San Suu Kyi et plongeant la Birmanie dans une guerre civile.Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 (23H30 GMT samedi) à Kawhmu, la circonscription de l’ancienne dirigeante et prix Nobel de la paix, ont constaté des journalistes de l’AFP. Ils doivent fermer dans l’après-midi.Than Than Sint, une agricultrice, a admis que le pays connaissait de “nombreux problèmes” et dit à l’AFP avoir voté pour remplir son devoir civique et parce qu’elle souhaitait la paix en Birmanie.”On sait que cela n’arrivera pas tout de suite. Mais on doit avancer étape par étape pour les générations futures”, a déclaré cette femme de 54 ans à la sortie d’une école primaire transformée en bureau de vote à Kawhmu.”Je pense que les choses s’amélioreront après l’élection”, a-t-elle jugé.Après avoir gouverné par la force pendant cinq ans, la junte présente ces législatives, qui doivent s’achever le 25 janvier à l’issue d’une troisième phase, comme un pas vers la réconciliation.Mais Aung San Suu Kyi, âgée de 80 ans, reste emprisonnée et son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a été dissous.De nombreux pays et observateurs internationaux ont condamné ces élections, marquées par une répression des voix dissidentes, et des listes majoritairement composées de partis favorables à l’armée.Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), que des experts considèrent comme un relais civil de la junte, a remporté près de 90% des sièges de la chambre basse en jeu lors de la première phase du scrutin fin décembre.Peuplée d’environ 50 millions d’habitants, la Birmanie est déchirée par une guerre civile et les élections ne se tiennent pas dans les larges zones tenues par les rebelles.- “Façade de légitimité” -“Les résultats ne sortiront que de la bouche des militaires”, a déclaré un habitant de Rangoun âgé de 50 ans, sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.Les analystes estiment que l’armée cherche à redorer son image pour améliorer ses relations diplomatiques, attirer davantage d’investissements étrangers et couper l’élan des rebelles.”La junte a conçu le scrutin pour assurer la victoire de son relais (le PUSD), renforcer la domination militaire en Birmanie et fabriquer une façade de légitimité alors que la violence et la répression se poursuivent sans relâche”, a dénoncé jeudi l’expert de l’ONU Tom Andrews.La première phase a vu fin décembre un taux de participation d’environ 50%, bien en-deçà des 70% du scrutin de 2020 qui avait porté le parti d’Aung San Suu Kyi au pouvoir.”Le peuple a très peu d’intérêt pour cette élection”, a estimé l’habitant de Rangoun. “Elle ne mettra pas fin à nos souffrances.”La LND d’Aung San Suu Kyi avait largement devancé les candidats proches des militaires aux élections de 2020 avant que le général Min Aung Hlaing ne s’empare du pouvoir en invoquant une fraude électorale généralisée.Selon le Réseau asiatique pour des élections libres, les noms des partis qui avaient alors remporté 90% des sièges ne figurent pas cette fois sur les bulletins de vote après avoir été dissous par la junte.Dans le sillage du coup d’Etat de février 2021, l’armée a réprimé les manifestations pro-démocratie, mais des militants ont formé des guérillas qui combattent souvent aux côtés d’armées issues de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central.Le chef militaire Min Aung Hlaing n’a pas exclu l’idée d’échanger son uniforme kaki contre le costume civil de président lorsqu’un nouveau gouvernement sera formé.Il a affirmé lors de la première phase que l’élection était “libre et équitable”.
En Chine, des librairies design qui attirent surtout les amateurs de selfies
Avec son majestueux escalier en colimaçon et ses livres jusqu’au plafond, une immense librairie de Tianjin, dans le nord de la Chine, attire davantage les amateurs de selfies que les rats de bibliothèque, et elle n’est pas la seule.En Chine, les ventes de livre papier n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant la pandémie de Covid-19, malgré les efforts des autorités pour stimuler la consommation intérieure et l’essor du commerce en ligne. Pourtant, ces dernières années, le nombre de librairies y a “maintenu une croissance régulière”, a indiqué en janvier Ai Limin, qui dirige une association d’éditeurs. “Une vague de librairies aux caractéristiques uniques” a vu le jour, a-t-il expliqué.Avec ses grands volumes, la librairie Zhongshuge de Tianjin, qui a ouvert en septembre 2024, est souvent comparée sur les réseaux sociaux au château gothique de Poudlard, la célèbre école de sorcellerie de Harry Potter.”Les photos sont vraiment magnifiques”, s’enthousiasme Li Mengting, qui visitait la ville avec une amie et est entrée dans la librairie pour prendre quelques clichés.Mais l’étudiante de 24 ans a eu du mal à trouver l’angle idéal car “il y avait vraiment beaucoup de monde à l’intérieur”.Des touristes équipés de perches à selfie et de trépieds se pressent dans l’escalier central de couleur cobalt bordé d’imposantes colonnes longeant trois étages et qui s’arquent jusqu’au plafond.Au sol, des inscriptions ternies désignent ici et là: “Le meilleur endroit pour prendre des photos”.- “D’autres sources de revenus” -Il est devenu “relativement courant” que des librairies chinoises misent sur un design intérieur destiné à être photographié, explique Zheng Shiwei, architecte basé à Pékin et dont le cabinet participe à des projets de ce type.Mais, “cela peut inciter beaucoup de gens à ne pas venir uniquement pour lire, ce qui peut avoir des conséquences imprévues”, souligne-t-il.En juin dernier, une librairie de la ville de Nankin (est), devenue un lieu touristique très prisé, a pris la décision d’interdire les photographies avec flash, ainsi que les trépieds et les séances photo sans autorisation préalable.Les prises de vue incessantes à Librairie Avant-Garde “perturbaient la lecture”, a déclaré Yuan Jia, employé dans la finance, originaire de Nankin et grand lecteur.Dans une librairie du centre de Pékin aménagée dans un ancien temple taoïste, des dizaines de visiteurs se promènent entre les présentoirs de petits bibelots ou commandent du thé.”Les livres rapportent relativement peu”, explique Juli Hu, la fondatrice du lieu qui a ouvert en 2024, et “il faut trouver d’autres sources de revenus”.Elle dit accueillir volontiers les personnes qui prennent des photos pour les publier en ligne et explique changer régulièrement la disposition de ses produits culturels.Pour l’architecte Zheng Shiwei, les librairies qui aménagent des espaces dédiés à la prise de photos devraient être encouragées.”Au moins, les gens se pointent dans les librairies, et pas ailleurs, n’est-ce pas ?”, fait-il remarquer.
New protests hit Iran as alarm grows over crackdown ‘massacre’
Iranians took to the streets in new protests against the clerical authorities overnight despite an internet shutdown, as rights groups warned on Sunday that authorities were committing a “massacre” to quell the demonstrations.The protests, initially sparked by anger over the rising cost of living, have now become a movement against the theocratic government that has ruled Iran since the 1979 revolution and have already lasted two weeks.The mass rallies are one of the biggest challenges to the rule of supreme leader Ayatollah Ali Khamenei, 86, coming in the wake of Israel’s 12-day war against the Islamic republic in June, which was backed by the United States.Videos posted to social media showed large crowds taking to the streets in new protests in several Iranian cities including the capital Tehran and Mashhad in the east, where images showed vehicles set on fire. The videos filtered out despite a total shutdown of the internet in Iran that has rendered impossible normal communication with the outside world via messaging apps or even phone lines.The internet blackout “is now past the 60 hour mark… The censorship measure presents a direct threat to the safety and wellbeing of Iranians at a key moment for the country’s future”, monitor Netblocks said early Sunday.Several circulating videos, which have not been verified by AFP, allegedly showed relatives in a Tehran morgue identifying bodies of protesters killed in the crackdown.The US-based Human Rights Activists News Agency said it had confirmed the deaths of 116 people in connection with the protests, including 37 members of the security forces or other officials.But activists warned that the shutdown was limiting the flow of information and the actual toll risks being far higher.The US-based Center for Human Rights in Iran (CHRI) said it had received “eyewitness accounts and credible reports indicating that hundreds of protesters have been killed across Iran during the current internet shutdown”. “A massacre is unfolding in Iran. The world must act now to prevent further loss of life,” it said. It said hospitals were “overwhelmed”, blood supplies were running low and that many protesters had been shot in the eyes in a deliberate tactic. – ‘Significant arrests’ -In comments to state TV late Saturday, Interior Minister Eskandar Momeni insisted that acts of “vandalism” were decreasing and warned that “those who lead the protest towards destruction, chaos and terrorist acts do not let the people’s voices be heard”. National police chief Ahmad-Reza Radan said authorities made “significant” arrests of protest figures on Saturday night, without giving details on the number or identities of those arrested, according to state TV. Iran’s security chief Ali Larijani drew a line between protests over economic hardship, which he called “completely understandable”, and “riots”, accusing them of actions “very similar to the methods of terrorist groups”, Tasnim news agency reported.In Tehran, an AFP journalist described a city in a state of near paralysis. The price of meat has nearly doubled since the start of the protests, and while some shops are open, many others are not.Those that do open must close at around 4:00 or 5:00 pm, when security forces deploy in force.On Saturday, mobile phone lines appeared to have gone down as well, rendering nearly all communication impossible.Reza Pahlavi, the exiled son of the ousted shah, who has played a prominent role in calling for the protests, called for new actions later Sunday.”Do not abandon the streets. My heart is with you. I know that I will soon be by your side,” he said. US President Donald Trump has spoken out in support of the protests and threatened military action against Iranian authorities “if they start killing people”.On Sunday, Iran’s parliament speaker Mohammad Bagher Ghalibaf said Iran would hit back if the US launched military action. “In the event of a military attack by the United States, both the occupied territory and centres of the US military and shipping will be our legitimate targets,” he said in comments broadcast by state TV. He was apparently also referring to Israel, which the Islamic republic does not recognise and considers occupied Palestinian territory.
Des libérations d’opposants toujours attendues au Venezuela, Maduro reste combatif
Les Vénézuéliens attendent toujours dimanche la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le régime, tandis que le président déchu Nicolas Maduro reste combatif depuis sa cellule américaine.Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie, peu de temps après le début de libérations d’opposants par les autorités sous la pression de Washington.Agent dans l’Etat vénézuélien de Portuguesa, à environ 400 kilomètres à l’ouest de Caracas, le policier, qui comptait plus de vingt ans de service, avait été arrêté le 9 décembre dernier pour avoir “partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’Etat”, selon ce collectif, baptisé “Comité des familles pour la liberté des prisonniers politiques”.Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un “nombre important” de prisonniers, y compris des étrangers. Mais à peine une vingtaine de personnes détenues pour des raisons politiques ont été libérées depuis, selon des proches et des défenseurs des droits humains.Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de “coexistence pacifique”, les Etats-Unis y voyant une conséquence de leur intervention après le bombardement du pays pour capturer le président Nicolas Maduro le 3 janvier dernier.- “Des combattants” -Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, New York, où il est incarcéré, M. Maduro, s’est montré confiant. “Nous allons bien. Nous sommes des combattants”, a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.Accusés notamment de trafic de drogue, l’ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores, qui ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.Avec des pancartes proclamant “Nous voulons leur retour”, un petit millier de sympathisants ont défilé samedi dans les rues de Caracas, scandant “Maduro et Cilia sont notre famille!” “Ici, il y a un peuple qui se bat”, dit dans le cortège Yusleidys Arroyo, 36 ans. Les appels à manifester en soutien au président déchu sont quotidiens depuis l’opération militaire américaine. La mobilisation était moindre samedi, où aucune figure du PSUV n’était présente pour haranguer les foules. Peut-être aussi par lassitude de ces rassemblements quotidiens.La manifestation coïncidait également avec l’anniversaire de l’investiture de M. Maduro pour un troisième mandat, à l’issue des élections de 2024 dénoncées par l’opposition comme frauduleuses. – Encore plus de 800 prisonniers politiques -La télévision publique a diffusé une visite de la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans une foire agricole à Petare, un quartier emblématique de Caracas où s’est également tenue une petite manifestation en faveur du régime.”Nous n’allons pas nous reposer une seule minute tant que nous n’aurons pas récupéré le président”, a lancé Mme Rodriguez. “Nous allons le sauver, bien sûr que oui”.Dans la foulée de la chute surprise de l’ex-dirigeant, Mme Rodriguez, qui était vice-présidente, a été investie comme cheffe de l’Etat par intérim, et négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.Son gouvernement a décidé d’entamer “un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019.Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l’administration du président américain Donald Trump “reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, a indiqué samedi un responsable du département d’Etat. M. Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington entend “dicter” toutes ses décisions. Elle a rétorqué que son pays n’est ni “subordonné, ni soumis” à Washington.Samedi, le département d’Etat américain a enjoint tous ses ressortissants à ne pas voyager au Venezuela et ceux qui s’y trouvent à “quitter le pays immédiatement”, en raison d’une situation sécuritaire jugée “instable”.Il a évoqué la présence de “groupes de milices armées, connus sous le nom de colectivos, qui installent des barrages routiers et fouillent des véhicules à la recherche de preuves de citoyenneté américaine ou de soutien aux Etats-Unis”.L’alerte américaine “repose sur des récits inexistants visant à créer une perception de risque qui n’existe pas”, a rétorqué Caracas dans un communiqué, ajoutant que “le Venezuela jouit d’un calme, d’une paix et d’une stabilité absolus”.”Le Venezuela a commencé, DE MANIERE SPECTACULAIRE, à libérer ses prisonniers politiques. Merci !”, a commenté samedi M. Trump sur sa plateforme Truth Social. Depuis, des dizaines de familles d’opposants ou militants vivent dans l’angoisse et l’espoir de retrouver leurs proches. Certains campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas. Là, des proches devaient allumer des bougies et prier en tenant des pancartes avec le nom des leurs emprisonnés, a constaté l’AFP.Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention, selon des organisations de défense des droits humains. Selon leurs estimations, le Venezuela en compte actuellement entre 800 et 1.200.Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolas Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l’arrestation de 2.400 personnes. Plus de 2.000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels. bur-pr-al-lab/cn/pz
Joyau vieillissant de New York, le Chrysler Building cherche l’acheteur qui le ravivera
Silhouette sans pareil de l’horizon new-yorkais, le Chrysler Building est à vendre mais les candidats ne se bousculent pas pour mettre la main sur ce joyau art déco vieillissant, après l’expropriation des derniers propriétaires.Coiffé de sa célèbre couronne en acier inoxydable, agrémenté de gargouilles et de casques ailés de Mercure – hommage aux bouchons de radiateur des premiers véhicules Chrysler -, il attire toujours les touristes qui restent néanmoins cantonnés au rez-de-chaussée depuis que sa plateforme d’observation a fermé en 1945.Pas facile de se démarquer de l’Empire State Building, qui lui a rapidement ravi le titre de bâtiment plus élevé au monde (depuis détrôné par d’autres), et de la poignée de gratte-ciels de Manhattan plus récents, plus hauts et ouverts aux visites.Le Chrysler Building, conçu juste avant la crise de 1929 et construit en seulement deux ans, voulait représenter l’exubérance et le modernisme, le monde des machines, avec sa flèche d’acier inspirée des enjoliveurs de la marque éponyme.L’édifice, qui a accueilli ses premiers locataires en avril 1930, culmine à 318 mètres et compte 77 étages pour 117.000 m2.L’adresse – 405 Lexington Avenue, au coeur de Manhattan – est prestigieuse et attire cabinets d’avocats, professions libérales mais aussi une grande agence artistique, des sociétés de coworking, etc.Pourtant des médias ont évoqué des occupants se plaignant de locaux vieillots, de peintures écaillées, d’ascenseurs en panne, d’eau impropre aux fontaines à eau, de fenêtres trop petites, de bureaux exigus, de rencontres avec des rongeurs, etc.Le “magnifique (Chrysler building) a beaucoup de problèmes techniques”, confirme Ruth Colp-Haber, de l’agence Wharton Property, spécialisée dans l’immobilier commercial. “Il faudra beaucoup de travaux et beaucoup d’argent”, dit-elle à l’AFP.Avec la popularisation du télétravail pendant le Covid, “ces vieux immeubles ne font pas le poids face aux récents, qui ont de hauts plafonds, des climatisations nec plus ultra”, explique-t-elle. – Rivalité -Difficile ainsi de rivaliser avec des tours de verre flambant neuves offrant de meilleures prestations, comme One Vanderbilt, ouverte en septembre 2020 à quelques rues à peine, ou celles du quartier revitalisé d’Hudson Yards.Une concurrence d’autant plus vive que l’immobilier de bureaux new-yorkais souffre de l’essor du télétravail post-pandémie. Les loyers, commerciaux comme résidentiels, sont particulièrement élevés dans la capitale économique des Etats-Unis.A cela s’ajoute une situation inhabituelle: le terrain sur lequel est construit le Chrysler Building appartient depuis 1902 à Cooper Union, une école d’ingénierie, architecture et sciences humaines, qui perçoit un loyer annuel du propriétaire du bâtiment (20,1 millions en 2018, 32,5 millions de 2019 à 2027).Mais le dernier propriétaire, un consortium composé du promoteur immobilier américain RFR et du groupe autrichien Signa, a été exproprié par un juge en septembre 2024 pour non-paiement du loyer.Le duo s’était porté acquéreur en 2019, pour 151 millions de dollars et la promesse de réaliser 250 millions de travaux. Mais Signa a fait faillite fin 2023.D’après des documents de justice consultés par l’AFP, RFR a cessé de payer en mai 2024 et l’arriéré atteignait 21 millions de dollars au moment de l’expropriation.”Nous avons constitué d’importantes réserves et surplus au cours des sept dernières années”, indiquait à l’époque Malcolm King, président par intérim de Cooper Union, dans un message aux employés et aux étudiants.Il affirmait que ces vicissitudes immobilières n’affecteraient pas les bourses estudiantines, ni les frais de scolarité.Depuis, Cooper Union cherche un repreneur pour cette tour classée au patrimoine de la ville de New York en 1978. Toute modification intérieure ou extérieure doit être validée par la Commission de préservation des monuments historiques (LPC) de la ville.En attendant, une certaine omerta domine concernant l’avenir du bâtiment. Sollicités par l’AFP, Cooper Union, la LPC, plusieurs agents immobiliers dont ceux chargés de la vente et RFR, entre autres, se sont refusés à tout commentaire.”Tout est gelé en attendant de connaître le nouveau propriétaire”, indique Mme Colp-Haber, évoquant une possible conversion partielle en hôtel ou en logements.Quoiqu’il en soit, “il est extrêmement rare que la Commission approuve la démolition d’un monument historique”, veut rassurer un spécialiste sous couvert d’anonymat.






