Acier: ArcelorMittal envisage une nouvelle délocalisation de ses fonctions support

Nouvelle vague de départs potentiels d’Europe dans les métiers tertiaires au sein du sidérurgiste ArcelorMittal: le groupe envisage une nouvelle délocalisation de ses fonctions support vers l’Inde, qui pourrait concerner à terme plusieurs milliers d’emplois.Lors d’un conseil d’entreprise européen extraordinaire organisé jeudi à distance, “la direction européenne d’ArcelorMittal a annoncé le lancement d’une nouvelle phase d’analyse visant la délocalisation massive des fonctions support (informatique, logistique, maintenance, etc.) dans l’ensemble des entités européennes du groupe” vers l’Inde, a annoncé le comité d’entreprise européen dans un communiqué.ArcelorMittal Europe, qui avait déjà annoncé au printemps dernier une première vague de délocalisations, “étudie la possibilité d’étendre son projet de transformation des fonctions support afin d’optimiser et de standardiser les activités actuellement dispersées sur de nombreux sites en Europe”, a indiqué le groupe dans une déclaration transmise à l’AFP.Cette nouvelle vague va affecter “potentiellement (…) 20 pays européens et plus de 5.600 salariés, dont 1.650 pour la France”, le périmètre concerné, a indiqué à l’AFP Jean-Luc Ruffin, secrétaire du CEE, qui souligne que cela ne signifie pas qu'”il n’y aura pas obligatoirement 1.650 suppressions d’emplois en France”.”Sur la première vague, le périmètre, c’était un peu plus de 4.000 emplois et il y a eu 1.400 suppressions d’emplois” effectivement délocalisés, a-t-il rappelé, indiquant que ce premier plan était “toujours en cours”.Jeudi, devant les représentants des salariés de toute l’Europe, la direction a fait “une belle présentation pour nous dire qu’ils avaient déjà embauché près de 900 salariés en Inde pour occuper ces fonctions”, a ironisé M. Ruffin.- “Aligner les performances” -Ce nouveau projet concerne notamment “le personnel informatique (maintenance des systèmes, cybersécurité, support applicatif, infrastructures) et “les prestataires en ingénierie, services, logistique, consultance et maintenance”, a précisé le CEE dans un communiqué.Il demande “l’arrêt immédiat de toute nouvelle délocalisation tant que les plans en cours ne sont pas clôturés et évalués”.”La création d’un pôle de services aux entreprises en Inde et l’expansion de son centre d’excellence en Pologne contribueront à l’élaboration d’un modèle économique durable pour ArcelorMittal Europe”, a ajouté le groupe, qui souhaite “aligner les performances de l’entreprise sur celles des autres grands groupes”, notamment en ayant recours à l’intelligence artificielle.La demande d’acier, historiquement portée par l’automobile et le bâtiment, s’est émoussée en Europe et le continent fait face à l’énorme concurrence de la production asiatique et surtout chinoise, vendue beaucoup moins chère.”Cette décision constitue une nouvelle attaque frontale contre les travailleurs européens, sans bilan, sans évaluation et sans considération pour les conséquences humaines, sociales et industrielles”, a déploré le CEE d’ArcerlorMittal.En France, le groupe a supprimé dans le nord du pays 608 postes l’an passé (260 emplois du fait de postes déjà vacants et en raison de réorganisations et reclassements anticipés), dans les fonctions support mais aussi la production.Lors de cette deuxième phase touchant les fonctions support, “ce sont les sites d’ArcelorMittal Méditerranée et d’autres sites français”, qui sont potentiellement concernés, selon M. Ruffin.”C’est juste scandaleux”, a réagi Jean-Marc Vecrin, coordinateur CFDT pour l’ensemble du groupe : “on met un plan acier sur mesure, on fait avec EDF, un contrat sur 18 ans” de fourniture d’électricité “et puis derrière on vous annonce comme ça, sans aucun remords, qu’on continue notre plan de délocalisation des fonctions support en Inde”.”On ne va pas se laisser faire”, a-t-il assuré.Une prochaine réunion est prévue le 26 février prochain, au siège européen du groupe à Luxembourg.

Propos sur les “rafles”: ciblé par des tweets “abjects”, Arno Klarsfeld porte plainte pour “incitation à la haine”

Visé par une procédure disciplinaire au Conseil d’Etat pour ses propos sur des “rafles” d’étrangers, l’ex-avocat Arno Klarsfeld va porter plainte pour “incitation à la haine” face aux “centaines de tweets abjects” le visant, ont annoncé jeudi ses avocats à l’AFP.”Différents organes de presse ont fait l’écho d’une ouverture de procédure disciplinaire lancée par le président de la commission supérieure du Conseil d’État à l’encontre de M. Arno Klarsfeld”, indiquent-ils.Ces fuites ont provoqué un “déferlement d’insultes antisémites”, ajoutent-ils.M. Klarsfeld, 60 ans, avait suscité dimanche l’indignation pour avoir évoqué sur CNews le lancement de “grandes rafles” en France, sur le modèle américain, pour arrêter les étrangers en situation irrégulière.Selon ses avocats, les griefs retenus “tronquent l’élément essentiel de son intervention”, lié au “viol présumé par un OQTF d’une nonagénaire” à Nice.M. Klarsfeld livrait une “analyse critique” de la politique menée aux États-Unis, relevant qu’elle “suscitait de multiples injustices”, assurent ses conseils.Le terme de “rafle” a été utilisé dans son “acception strictement lexicale” de “vaste opération policière d’interpellation”, précisent-ils, réfutant toute équivalence avec “l’action des nazis”.”Il n’est pas équivalent d’arrêter un enfant juif parce qu’il est juif et de l’envoyer être assassiné à Auschwitz dans une chambre à gaz que d’arrêter des délinquants et criminels sous OQTF et de les renvoyer dans leur pays d’origine”, soulignent-ils.M. Klarsfeld entend faire cesser par “toute voie de droit” cette campagne qui lui met “une cible dans le dos” compte tenu de “l’action que lui et sa famille ont toujours mené dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et le soutien à Israël”, concluent-ils.Dimanche, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure avait confié son incrédulité. “Dites-moi que c’est un fake, dites-moi que ce n’est pas possible”, avait-il réagi sur X.”La loi du 24 juillet 1881 permettra de condamner sa provocation à la discrimination, la haine et la violence, mais aussi l’apologie du crime”, avait ajouté le numéro un du PS dans un nouveau message, annonçant saisir la procureure de la République, comme l’avaient déjà indiqué des députés de La France insoumise, tels que Thomas Portes.Ce dernier avait annoncé qu’il effectuait également une démarche auprès de l’Arcom, le régulateur des médias.Les parents de l’avocat ont lutté contre l’impunité des anciens nazis et créé une association pour défendre les Fils et Filles de déportés juifs de France.En France, les persécutions et les déportations des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ont été marquées par la Rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942, lorsque plus de 13.000 personnes furent arrêtées.

Privée de festival, Angoulême parie sur un Grand Off de la BD “libérateur”

“Peace & OFF”: massivement boycotté puis annulé, le festival international de la BD à Angoulême est remplacé cette année par un “Grand Off” qui a permis aux acteurs de la filière de se “réapproprier” un évènement où ils ne trouvaient plus leur place.Au Musée de la bande dessinée en bordure de la Charente, l’un des 60 lieux où se tiennent expositions, rencontres et spectacles de jeudi à dimanche, Morgane Parisi présente son calendrier de l’avant post-apocalyptique.”Il n’y aura probablement pas 200.000 visiteurs”, comme lors des éditions précédentes du FIBD, reconnaît l’artiste angoumoisine de 40 ans mais elle est fière d’avoir participé à cette initiative “en adéquation avec nos valeurs”.Quelque 200 évènements, tous gratuits, se nichent un peu partout, dans la cathédrale, la Chambre de commerce, des librairies, théâtres, musées… “On ne demandait pas la lune. On avait juste 20 ans de retard et c’est une bonne opportunité pour se remettre à niveau et se libérer de 9e Art+ qui nous écrasait”, affirme-t-elle, en référence aux critiques visant la société qui organisait le FIBD depuis 2007.Dans un article publié juste avant l’édition 2025, l’Humanité avait épinglé l’opacité et la dérive commerciale du festival ainsi que le licenciement d’une salariée qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge de l’événement, l’année précédente.Face à la menace d’un boycott massif des auteurs, l’édition 2026 a été annulée et une association regroupant financeurs publics et acteurs de la BD a lancé un appel à projets pour réinventer le festival à partir de l’an prochain, une décision que 9e Art+ va contester en justice, a annoncé la société jeudi, mettant en avant son contrat de délégation courant jusqu’en 2027 inclus.- “All you need is OFF” -Pour combler le vide, la ville et tout son écosystème autour de l’image et de la BD –avec notamment le pôle image Magelis et son Ecole européenne supérieure de l’image (EESI), les studios d’animation et la Cité internationale de la BD– se sont mobilisés avec des collectifs de professionnels pour monter en quelques semaines ce “Grand Off”. “Peace & OFF” et “All you need is OFF”, pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des artistes.L’évènement “est avant tout militant. Il est là pour dire qu’il y avait un problème”, dans la prise en compte des artistes, réagit Julie Gore, autrice et illustratrice de 36 ans.Dans son exposition interactive pour enfants intitulée “La chaîne du livre”, au Vaisseau Moebius, elle montre, de façon artistique, mais aussi politique, comment la personne qui créé un ouvrage récolte “la plus petite part du camembert”, comparé aux acteurs de l’édition, de l’impression ou de la vente.”On a un statut inexistant. Pas d’arrêt maladie, pas de congé maternité”, témoigne la trentenaire qui estime que de tels évènements peuvent donner une plus grande visibilité aux revendications de la profession.- “Vent nouveau” -En ville, où des bulles façon BD ont remplacé les traditionnelles plaques de rues, des panneaux de signalisation ont aussi été détournés, indiquant des villes imaginaires.Et même si la BD semble partout, les patrons des cafés et restaurants restent sur leur faim; ils savent qu’ils ne feront pas le même chiffre d’affaires que les années précédentes.Patientant dans une queue pour se faire dédicacer un album, Raphaël, un infirmier de 45 ans, peine aussi à cacher sa déception. “Il n’y a pas la ferveur habituelle, la foule, les expositions spectaculaires”, dit-il, reconnaissant toutefois “plus de proximité avec les auteurs et un évènement plus accessible” du fait de sa gratuité.”Je trouve ça génial que les artistes se réapproprient leurs outils de diffusion, s’enthousiasme pour sa part Nelly Turonnet, formatrice en éducation artistique. C’est un vent nouveau qui souffle, rappelant les débuts du festival”, né en 1974.En attendant la prochaine édition, avec un nouvel organisateur, “2026 sera donc une parenthèse (…) posant les bases pour un évènement plus inclusif, plus respectueux du travail des auteurices et exemplaires sur le plan des violences sexistes et sexuelles”, espèrent, dans un texte commun, les collectifs d’artistes.

Narcotrafic: Macron demande de nouvelles mesures pour les douanes et les Antilles

“Plan douanes massif” dans les ports et aéroports, mobilisation accrue aux Antilles, campagne de sensibilisation: Emmanuel Macron a demandé jeudi au gouvernement de “muscler” la lutte contre le narcotrafic, enjeu majeur à quelques semaines des municipales.Lors d’une réunion autour du chef de l’Etat, le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs membres du gouvernement ont fait le point sur les décisions prises depuis novembre et sur de “nouvelles mesures” voulues par le président, a dit son entourage à des journalistes.Emmanuel Macron a demandé “un plan douanes massif” pour “muscler notre action dans la lutte contre le narcotrafic dans les ports et les aéroports”, estimant qu’il fallait “changer d’échelle”. Sébastien Lecornu et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin doivent “rendre ce plan dans un mois”, a rapporté la présidence.Les autorités ont constaté que les opérations contre les mules, ces personnes chargées d’acheminer la drogue, particulièrement sur les avions au départ de Guyane, avaient eu un vrai succès, mais ont aussi comme conséquences de déporter le trafic via d’autres plateformes aéroportuaires ou dans les bagages et le frêt des avions.Il s’agit donc notamment d’investir dans des scanners de “façon massive” afin que les contrôles ne se concentrent pas uniquement sur les passagers.Emmanuel Macron a aussi demandé des “opérations coup de poing” dès “les prochains jours” dans plusieurs aéroports, y compris en métropole, a ajouté l’Elysée.- Après Marseille, les Antilles -Il a par ailleurs estimé que “la mobilisation devait être totale et beaucoup plus massive” dans les Antilles, où il se rendra “dans les prochains mois” pour faire le point.A l’instar de ce qui est fait à Marseille, il a demandé des “moyens humains, techniques et interministériels qui soient à la hauteur” du nombre élevé des “narchomicides” de l’année 2025, notamment à Fort-de-France en Martinique, a ajouté la présidence. Il a dit attendre “sous un mois” des “propositions”, avec notamment un “plan d’urgence sur les quatre îles de la zone avec une coopération régionale intensifiée immédiatement” avec les partenaires d’Amérique du Nord et du Sud, selon la même source.Enfin, le chef de l’Etat a réclamé une “campagne de sensibilisation” sur “les ravages de la consommation” d’ici la fin du premier trimestre, a dit son entourage.Il avait annoncé en décembre le doublement de l’amende forfaitaire pour la consommation de stupéfiants, et d’autres mesures sur le sujet sont attendues dans le prochain projet de loi sur la sécurité du quotidien.Il faut “rediaboliser” les drogues dites “récréatives”, a-t-on fait valoir à l’Elysée.S’agissant des mesures actées fin 2025, en matière de coopération avec des pays étrangers, le président a dit vouloir des “résultats” avec des “auteurs d’assassinats” impliqués dans les cartels de drogue “qui puissent être localisés et neutralisés judiciairement pour qu’ils puissent arrêter de donner leurs ordres de trafic, voire d’assassinats commandités depuis l’étranger sur le territoire national”.Pour alléger la charge de juridictions nationales “embolisées” par les dossiers liés au narcotrafic, des dispositions ont été identifiées et seront intégrées au prochain projet de loi du ministre de la Justice Gérald Darmanin.Outre M. Darmanin et Mme de Montchalin, les ministres Laurent Nuñez (Intérieur), Stéphanie Rist (Santé), Naïma Moutchou (Outre-mer) étaient présents, et celui des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot représenté.Il s’agissait de la troisième réunion de ce type depuis celle du 18 novembre convoquée quelques jours après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, jeune frère d’un militant écologiste, Amine, engagé dans la lutte contre le narcotrafic et candidat sur la liste du maire sortant de gauche, Benoît Payan, à Marseille.

Procès Casino: l’ex-PDG Jean Charles Naouri, l’entreprise et Nicolas Miguet condamnés pour corruption

L’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri a été condamné jeudi à quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis pour corruption et diffusion d’informations fausses, l’enseigne de supermarchés, trois de ses anciens cadres et le patron de presse Nicolas Miguet ayant également été reconnus coupables.Le tribunal correctionnel de Paris a aménagé la partie d’emprisonnement ferme de M. Naouri en détention à domicile sous bracelet électronique. L’ex-champion de la grande distribution, qui a annoncé faire appel, a également été condamné à un million d’euros, une amende deux fois moins élevée que celle réclamée par le parquet national financier.La société Casino, désormais dans l’escarcelle de l’entrepreneur tchèque Daniel Kretinsky, a pour sa part été condamnée à 40 millions d’euros d’amende dont 20 millions avec sursis.Jean-Charles Naouri avait conclu en septembre 2018 une “convention” avec le sulfureux patron de presse Nicolas Miguet, facturée 823.000 euros, supposément pour des “conseils” pendant neuf mois.Pour l’accusation, dont le raisonnement a été suivi par le tribunal, il s’agissait en fait de défendre le cours de l’action Casino, au moment même où elle décrochait en Bourse, en présentant sous un jour favorable l’enseigne de grande distribution dans les différentes publications de conseils boursiers de M. Miguet.Celui qui s’était fait connaître dès les années 1990 par son activisme médiatique et politique — il a tenté, en vain, de se présenter à plusieurs reprises à l’élection présidentielle — a été condamné à 800.000 euros d’amende et quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis.Le mandat de dépôt, avec effet différé, lui a été décerné pour la partie ferme: Nicolas Miguet devra donc être incarcéré dans les prochaines semaines.Le tribunal correctionnel “a également jugé que la diffusion de la rumeur d’une offre publique hostile imminente de Carrefour sur Casino” par Nicolas Miguet, “à l’instigation de Casino et de ses anciens dirigeants, constituait bien le délit de diffusion d’informations fausses ou trompeuses”. Le patron de presse a encore été condamné pour blanchiment et délit d’initié.Les magistrats ont en revanche relaxé l’ensemble des mis en cause du délit de manipulation de cours par recours à des procédés fictifs: “La démonstration d’un lien de causalité entre les faits et un effet sur le cours de Casino n’a pas été rapportée”, ont-ils noté.Dans un communiqué, Jean-Charles Naouri s’est dit “déterminé à se battre afin que la justice prononce sa totale innocence”, en rappelant en outre qu’il avait déposé une plainte “visant les manipulations de cours dont Casino a été victime entre 2015 et 2018”.Le groupe Casino a indiqué à l’AFP “prendre acte du jugement” et “se donner dix jours” quand à l’opportunité de faire appel.Trois ex-cadres du groupe de grande distribution ont par ailleurs été condamnés à trois ans d’emprisonnement avec sursis, avec des peines d’amende allant de 250.000 à 500.000 euros.

Ligue 1: “Mon doublé contre Paris a été le déclic”, assure Panichelli à l’AFP

Le doublé au Parc des Princes contre le PSG (3-3) en octobre “a été le déclic pour que mon nom commence à résonner”, assure l’Argentin de Strasbourg Joaquin Panichelli, qui retrouve dimanche le club champion d’Europe en L1, dans un entretien avec l’AFP.De la neige fondue tombe sur une Meinau vide et Panichelli se penche vers la tribune pour montrer le virage où se masseront les ultras. “C’est là que je veux marquer !”, dit l’avant-centre de 23 ans – 11 buts en Ligue 1 – à propos de son nouveau rendez-vous avec le champion d’Europe. Question : Comment digère-t-on le fait d’être passé en quelques mois de la deuxième division espagnole à star de la Ligue 1 ?Réponse : « Star quand même pas… Mais oui, au final, en très peu de temps, j’ai franchi des étapes qui prennent peut-être des années à d’autres joueurs. J’ai toujours eu confiance en mes qualités. Le passage à Mirandés (D2 espagnole) a été clé, on m’a donné 10 ou 15 matchs pour prendre confiance. J’avais besoin de cet espace pour me développer parce que je savais que j’avais les qualités. Je me préparais pour l’étape suivante et c’est ce que je fais aujourd’hui aussi ici. »Q : Quelle est la clé de votre adaptation rapide à Strasbourg ? R : « On m’a donné beaucoup de confiance. C’est un club en croissance, chaque match est un plaisir parce que le stade est toujours plein, c’est fondamental. Et nous avons un groupe très jeune, avec une très bonne ambiance. » Q : Vous affrontez dimanche le PSG, contre lequel vous vous êtes illustré au Parc des Princes. R : « Au final, on se prépare pour ces moments-là, pour affronter les meilleurs et être à la hauteur. Ce soir-là, c’est tombé sur moi et c’était peut-être le déclic pour que le nom de Panichelli commence à résonner en France et en Europe. » Q : Vous considérez-vous comme un attaquant vintage, une espèce en voie de disparition ? R : « Oui, j’aime ça. Mon profil sur le terrain va avec ce que je suis en dehors. J’aime les choses classiques, comme lire et le rock. Mais bon, j’essaie de combiner un peu ce style vintage avec les exigences de notre époque, qui demande beaucoup physiquement, beaucoup de volume de course. J’essaie d’avoir un mélange. Dans la surface, j’ai des armes pour marquer, je me débrouille du pied droit, du pied gauche, de la tête… et l’humilité pour accompagner l’équipe: si d’autres doivent briller et marquer, ça ne me pose aucun problème. » Q : Quelles sont vos références ? R : « Je regardais (Olivier) Giroud à l’époque d’Arsenal, (Karim) Benzema, un joueur de classe mondiale… Mais évidemment (Erling) Haaland est le prototype du numéro neuf de surface que tout le monde regarde pour s’améliorer et s’inspirer. » Q : Comment s’est passé votre première avec l’Argentine, lorsque vous êtes entré à la place de Lionel Messi ? (Il a fait ses débuts en novembre contre l’Angola – 2-0)R : « Représenter son pays, pour moi qui me sens tellement argentin, c’est un rêve. Pouvoir avoir au moins quelques minutes et remplacer Messi, c’était une folie, un rêve devenu réalité. » Q : La Coupe du monde commence dans moins de cinq mois… Vous voyez-vous dans la liste de Lionel Scaloni ? R : « Je dois continuer comme je le fais, ni plus ni moins. Au final, si l’on fait les choses bien, tôt ou tard, ce qui doit arriver arrive. Je ne veux pas me mettre cette pression parce qu’on risque de jouer autrement ou de faire des choses auxquelles on n’est pas habitué. »