Zelensky réclame plus de munitions antiaériennes face aux frappes russes

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de nouveau plaidé dimanche auprès de ses homologues polonais et lituanien à Vilnius pour plus de moyens de défense antiaérienne contre les frappes russes qui ont privé des centaines de milliers d’habitants de Kiev d’électricité et de chauffage au plus fort de l’hiver.”Aujourd’hui nous avons parlé de l’énergie en Ukraine, de la situation difficile pour notre peuple, de la manière de soutenir les Ukrainiens. Nous avons aussi parlé de défense aérienne, de la façon de renforcer l’Ukraine”, a déclaré le dirigeant ukrainien à l’issue de sa rencontre avec les présidents polonais Karol Nawrocki et lituanien Gitanas Nauseda.”Rien que cette semaine, les Russes ont lancé plus de 1.700 drones d’attaque, plus de 1.380 bombes aériennes guidées et 69 missiles de divers types”, avait déclaré plus tôt M. Zelensky en arrivant à Vilnius pour des commémorations officielles.”C’est pourquoi des missiles pour les systèmes de défense antiaérienne sont nécessaires chaque jour et nous continuons de travailler avec les Etats-Unis et l’Europe pour faire en sorte d’assurer une meilleure protection de notre ciel”, a-t-il ajouté. Des centaines de milliers d’Ukrainiens se sont vus plongés dans le noir et le froid à cause des bombardements russes incessants sur les infrastructures énergétiques. La capitale ukrainienne, Kiev, est particulièrement touchée.”Il y a actuellement à Kiev 1.330 grands immeubles résidentiels qui sont privés de chauffage après l’attaque de l’ennemi sur la ville le 24 janvier”, a déclaré le maire de la ville Vitali Klitschko dimanche après-midi. Selon lui, plus d’un demi-million de personnes ont quitté Kiev en janvier.Des équipes travaillent 24 heures sur 24 pour rétablir le chauffage et l’électricité, mais le gel et les frappes aériennes répétées entravent leurs efforts. Mi-janvier, le président Zelensky a déclaré l'”état d’urgence” pour le secteur énergétique.Le président ukrainien participait dimanche à Vilnius aux commémorations de l’insurrection de 1863 en Pologne et Lituanie contre la Russie tsariste, aux côtés notamment du président polonais Karol Nawrocki qui a dressé un parallèle historique avec la guerre en Ukraine.”Qu’il s’agisse de la Russie tsariste, de la Russie bolchevique ou de la Russie de Vladimir Poutine, nos pays (la Pologne, la Lituanie et l’Ukraine, ndlr), aujourd’hui indépendants, se heurtent toujours au même problème: la menace que représente la Fédération de Russie”, a déclaré M. Nawrocki.La Pologne et la Lituanie font partie des proches soutiens de Kiev au sein de l’Union européenne et ont récemment fait dons de générateurs.Un premier cycle de négociations directes entre délégations ukrainienne, russe et américaine sur le plan américain de règlement du conflit en Ukraine qui a fait des centaines de milliers de morts depuis 2022, s’est achevé samedi à Abou Dhabi sans apparente avancée réelle.A Vilnius, le président ukrainien, qui avait qualifié ces discussions de “constructives”, a affirmé que les positions de Kiev et de Moscou sur la question des territoires de l’est de l’Ukraine restent “fondamentalement différentes”.”Les Américains essayent de trouver un compromis. Nous allons vers une communication sous un format tripartite. Ce sont peut-être les premières étapes pour trouver ce compromis”, a dit M. Zelensky.Le président ukrainien a indiqué samedi que de nouveaux pourparlers avec la Russie pourraient avoir lieu “potentiellement dès la semaine prochaine” à Abou Dhabi.

L'”Amérique” d’Hokkaido Jiel

Le trotteur français Hokkaido Jiel, un outsider, drivé par Franck Nivard et âgé de neuf ans, a remporté après lutte dimanche sur l’hippodrome de Vincennes le 105e Prix d’Amérique devenant le nouveau champion du monde du trot attelé.Bien parti, Hokkaido Jiel a voyagé au milieu du peloton dans une course longtemps animée par les deux frères tricolores Go On Boy et Josh Power, deux des favoris.Hokkaido Jiel a placé sa belle pointe de vitesse dans la ligne droite finale damant le pion à Josh Power et Epic Kronos dans les ultimes battues.”C’est extraordinaire ! J’ai eu un parcours parfait. Je suis bien parti, j’ai toujours bien suivi. A l’intersection des pistes, j’ai pris le risque de plonger à la corde et ça s’est ouvert”, a déclaré Franck Nivard sur la piste au micro de la chaîne française dédiée à l’hippisme Equidia.A 47 ans, le manchois Franck Nivard détient le record des victoires dans l’Amérique en tant que driver en activité avec six succès.”Il faut être chanceux, j’ai appris seulement lundi que je mènerai Hokkaido Jiel”, a ajouté Franck Nivard. “Je n’avais pas trop de pression car je n’avais pas une première chance. C’est un chic cheval, son entraineur m’avait dit ne t’inquiète pas le cheval est bien!”Son entraîneur Jean-Luc Dersoir a estimé “mériter” cette victoire. “On a fait un travail très dur. Tout s’est bien passé”, s’est-il réjoui.Dans cette course de 2.700 mètres disputée sous la pluie sur la mythique grande piste, opposant les 18 meilleurs chevaux de la planète trot, le français Josh Power piloté par Sébastien Ernault a pris la deuxième place.”C’est un peu frustrant d’être battu comme ça sur le poteau. On était tous sur la même ligne et je suis tombé sur un snipper”, a commenté Sébastien Ernault, fairplay.- La Suède troisième -La troisième place est revenue au cheval suédois Epic Kronos, âgé de six ans, mené par le français Paul Philippe Ploquin devant une foule de spectateurs. Le guerrier viking à la robe ébène n’a pas démérité en conservant courageusement la 3e place après avoir toujours figuré aux avant-postes.”Mon cheval a été merveilleux. Je suis ravi. Je n’ai pas de regret. Franck Nivard est trop fort”, a dit le trentenaire.Au palmarès de cette course légendaire, Hokkaido Jiel, cheval à la robe baie (marron), qui avait fini 2e de l’Amérique en 2024, a prouvé qu’il fallait encore compter sur lui pour le podium et cette fois il s’est offert la première marche. Il succède à Idao de Tillard, le double tenant du titre et grand absent de cette édition pour raison de santé. L’entourage du fils de l’étalon Brillantissime se voit offrir la somme de 450.000 euros promis au vainqueur sur le million de primes diverses repartis entre les sept premiers. On retiendra de cette édition la défaite de la jument française Iroise de la Noé, une jument très en vue, menée par Eric Raffin. Elle a pris le galop dès les premiers mètres de courses et a été disqualifiée. Il en va de même pour le français Go On Boy piloté par Romain Derieux qui s’est montré fautif lui dans la ligne d’arrivée alors qu’il luttait pour le podium.La ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé a remis le trophée à Jean-Luc Dersoir, l’entraîneur du nouveau roi de Vincennes et à Eric Fremiot, le manager de l’écurie.Côté spectacle, le chanteur et rappeur Gims a enflammé le public lors d’une cérémonie d’ouverture mêlant musique et lumière.Dans deux semaines, les ténors du trot batailleront de nouveau pour une grande majorité sur ce même hippodrome dans le Prix de France, une course de vitesse de 2.100 mètres, considérée comme la revanche du Prix d’Amérique.

Trophée Jules Verne: après le record, un bain de foule émouvant pour Coville et Sodebo

Il a fallu redevenir terrien. Après avoir passé 40 jours en mer à boucler un tour du monde record, récompensé dimanche par le Trophée Jules Verne, Thomas Coville et ses équipiers ont été accueillis en héros par des centaines de personnes à Brest.”C’est un bel ouvrage”, a déclaré en premier à la foule rassemblée quai Malbert le skipper de 57 ans, en hommage à son père décédé, qui aimait le répéter en écoutant les arrivées de course à la radio, lui donnant envie de faire de la voile.Le Sodebo Ultim 3 a touché terre aux alentours de 13h30. Six heures plus tôt, il avait franchi la ligne d’arrivée au large d’Ouessant dans une mer agitée, mettant fin à un périple de 40 jours et 10 heures, nouveau record absolu du tour du monde à la clé.Entre-temps, des centaines de Brestois, des proches mais aussi de nombreuses légendes de la voile ont profité de l’occasion pour venir se serrer devant le ponton d’honneur, sous une belle lumière hivernale.- “Un marin merveilleux” -“C’est magnifique. Le tour du monde, c’est un parcours complet. Je trouve ça réconfortant de voir qu’il y a encore des mecs qui ont gardé l’esprit, le désir de se battre, peur de rien. On y va et on fonce”, a salué Olivier de Kersauson, qui avait embarqué Coville comme mousse pour son tout premier Trophée Jules Verne en 1997.”Cela me rend fier, car il me remercie tout le temps. Mais la plus belle récompense, c’est de voir le marin merveilleux qu’il est devenu. Cette voile d’aventure, qui est technique et intelligente, a encore plein d’avenir”, a estimé “l’Amiral”, âgé de 81 ans.Difficile de lui donner tort en voyant les yeux de Marin, 12 ans, s’illuminer au moment de taper dans les mains de Coville et ses équipiers, fendant la foule après le traditionnel débouchage du champagne pour se diriger vers une grande scène.”L’aventure, ça fait rêver”, a-t-il timidement glissé à l’AFP en retournant dans les bras de ses parents, qui ont passé les deux derniers mois à lui montrer la trace du Sodebo autour du monde et les vidéos envoyées depuis le bord par les navigateurs.Charlie Dalin, vainqueur du dernier Vendée Globe, Titouan Lamazou, du tout premier, mais aussi Armel Le Cléac’h ou Bernard Stamm sont tous venus saluer la ténacité de Coville, qui aura eu besoin de quatre essais pour s’offrir son Jules Verne.- “Pas un long fleuve tranquille” -“Ce n’était pas un long fleuve tranquille pour eux, ils avaient une belle météo pour la première partie du voyage, mais après c’est devenu plus compliqué”, a estimé Stamm, membre de l’équipage de Francis Joyon en 2017, lors du précédent record.”Ils ont fait une super navigation. Cela donne envie d’y retourner”, a-t-il ajouté, amusé. À fleur de peau, sonné par ses derniers jours au coeur de la tempête Ingrid, Coville a versé de chaudes larmes au moment d’enlacer sa femme et ses deux enfants.”La joie de passer la ligne est assez éphémère. Ce n’est pas la plus profonde. La vraie joie arrive quand on retrouve tout le monde, quand on sent que tout cela est pleinement réalisé”, a soufflé le marin, qui courait après tel coup d’éclat depuis des années.”Ma qualité, c’est la pugnacité. Je ne lâche pas. J’ai l’habitude d’aller au bout. Aujourd’hui, j’ai l’impression que ça m’a donné raison”, a-t-il enfin lancé aux Brestois, quasiment tous bouleversés par son arrivée.

Espagne: trop fort pour Oviedo, le FC Barcelone reprend la première place

Doublé samedi par le Real Madrid, son éternel rival, le FC Barcelone a repris les commandes du championnat espagnol dimanche en décrochant un large succès (3-0) au Camp Nou face au promu Oviedo, grâce notamment à un bijou de Lamine Yamal.Le Barça s’accroche à son trône! Vainqueur sur sa pelouse pour la première fois en 2026, après huit matches disputés à l’extérieur, le champion d’Espagne en titre (1er, 52 points) a conservé la tête de la Liga en reprenant une longueur d’avance sur le Real (2e, 51 points), qui venait de battre Villarreal (2-0).Les hommes d’Hansi Flick, bousculés en première mi-temps par la lanterne rouge, ont fait la différence en l’espace de cinq minutes en seconde période d’une frappe croisée du droit du champion d’Europe espagnol Dani Olmo (52e, 1-0) et d’un ballon piqué du Brésilien Raphinha (57e, 2-0).Le prodige catalan Lamine Yamal, discret jusqu’ici, a scellé la victoire des siens d’une superbe reprise acrobatique du gauche (73e, 3-0).Largement dominateurs, les Blaugranas n’étaient pas parvenus à transformer leur possession stérile en occasions franches dans le premier acte, hormis sur une reprise de volée de Raphinha détournée par le gardien Aaron Escandell (45e+3).Ils ont même sérieusement tremblé défensivement, notamment face à l’ailier français Haissem Hassan, ex-joueur de Châteauroux, auteur de deux frappes dangereuses du gauche (23e, 40e) et d’un décalage presque décisif pour le Marocain Ilyas Chaira, qui a buté sur le portier catalan Joan Garcia (45e+2).Battu le week-end dernier par la Real Sociedad (2-1), le club blaugrana a cependant idéalement préparé la semaine cruciale qui l’attend en faisant tourner en fin de match, en vue de la réception de Copenhague mercredi pour décrocher sa qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions.- L’Atlético de retour sur le podium -Tenu en échec par Galatasaray (1-1) en C1 mercredi, l’Atlético Madrid s’est lui relancé dans l’après-midi avec une victoire solide (3-0) sur sa pelouse du Metropolitano contre Majorque, et retrouve le podium de Liga.Sans Antoine Griezman, blessé, les Colchoneros (3e, 44 points) se sont imposés sans forcer grâce à un but de renard de l’attaquant norvégien Alexander Sorloth (22e), un but contre son camp du défenseur David Lopez (75e) et un coup de canon tardif de l’ancien Lyonnais Thiago Almada (88e). Les hommes de Diego Simeone récupèrent la troisième place aux dépens de Villarreal (4e, 41 points), battu (2-0) samedi par le Real, mais qui dispose d’un match en retard à jouer contre Levante en février.Cette 21e journée se poursuit dimanche dans la soirée avec les rencontres des prétendants à l’Europe, la Real Sociedad (10e, 24 points) contre le Celta Vigo (7e, 32 points), et le déplacement du Betis Séville (6e, 32 points) sur le terrain d’Alavés (18e, 19 points), à Vitoria.

“Prendre au sérieux les harcelés”: foule à la marche pour Camélia qui s’est suicidée

“Les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer”, a déclaré dimanche à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) l’oncle de Camélia, lycéenne qui s’est suicidée à 17 ans le 13 janvier, en conclusion d’une marche en sa mémoire réunissant plus de 2.000 personnes.Devant le lycée où était scolarisée sa nièce, Salim Ayachi a imploré: “Parlez !” Face à la foule compacte (quelque 2.200 personnes de source policière), il a enjoint aux élèves de raconter le harcèlement, aux parents de l’évoquer avec leurs enfants, et s’est adressé aux établissements: “Soyez transparents, quand des faits sont signalés, prenez vos responsabilités”… La mère de Camélia, brandissant un portrait de sa fille unique, n’a pu prononcer que quelques remerciements. La banderole de tête de la marche blanche, partie de la gare de Mitry-Claye, à 38 km au nord-est de Paris, avait donné le ton: “Ensemble contre le harcèlement scolaire”.L’élève de terminale, qui devait fêter ses 18 ans vendredi, s’est tuée le 13 janvier dans une gare de la ville. Le lendemain, deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes, dont l’une pour “harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider”, tandis qu’une enquête administrative était ordonnée.”Camélia, elle était dans mon groupe de sport. Elle avait la joie de vivre… Deux heures avant qu’elle aille s’ôter la vie, j’étais avec elle. Elle était comme d’habitude, gentille, on rigolait, on chantait”, a témoigné auprès de l’AFP Amina (prénom d’emprunt), 17 ans, au bras d’une amie la soutenant. Depuis, elle a su que la famille de la lycéenne avait décrit, dans des courriers en décembre et janvier, les faits de harcèlement que l’élève avait relatés, et une nouvelle entrevue entre Camélia et le proviseur l’après-midi du drame.”Dans le lycée, on a dit qu’elle s’était fait harceler et d’autres (ont soutenu) que non, qu’elle avait agrandi les choses”, rapporte-t-elle. “Il aurait fallu prendre plus au sérieux sa parole. Celle de tous ceux qui sont harcelés.”Dans un communiqué mardi, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, avait appelé “solennellement à la plus grande prudence” dans la mise en cause médiatique de personnes, “notamment le proviseur”, en retrait de l’établissement. “Pour pousser une enfant à partir comme ça, il y a certainement des mots malheureux, mal compris, maladroits, qui ont été dits”, a glissé un autre membre de la famille, Aziz, 52 ans, rencontré par l’AFP en marge de la marche et qui n’a pas souhaité donner son nom, tout en s’en remettant à l’enquête.- La réputation des filles visée -Salim Ayachi a rapporté que Camélia avait subi quotidiennement insultes, brimades, humiliations, de la part de plusieurs élèves, mais qu’elle n’était “pas l’enfant harcelée que l’on imagine”: elle se montrait “sociable, joyeuse”, avait “des amis, une famille soudée”, savait “défendre ses opinions”…Il a assuré que la mère de Camélia avait “appelé à l’aide” et “reçu en retour le silence”.En marge de la marche, des élèves évoquaient un harcèlement qui, très souvent, passe par des rumeurs portant sur la réputation des filles.Telle Laura (prénom d’emprunt), 16 ans, élève d’un autre lycée, confiant que “c’est archigrave ce qui se passe mais on n’en parle pas” ajoutant qu’il faut “prendre au sérieux les harcelés”. “On vise toujours le corps des filles et leur mentalité, la plupart du temps c’est par rapport aux relations avec les garçons”, dit la jeune fille, mentionnant, comme beaucoup d’autres, que “l’insulte BDH (pour “bandeuse d’homme”) est très très courante”.Dans le même lycée que Camélia, Julie, 16 ans, dit avoir “des amies qui se sont fait harceler: peu de gens ont agi, elles ont dû se débrouiller seules” ou faire intervenir leurs frères. Les rumeurs les visant évoquaient toujours le même thème: “genre les garçons, ce qu’ils auraient pu faire, envoyer des vidéos, recevoir des vidéos, être traitées de pute et tout ça”.Dans la marche, la présidente de la FCPE (première fédération de parents d’élèves de l’école publique) dans le département, Bélinda Borsali, a pointé auprès de l’AFP le manque de moyens pour faire appliquer le programme Phare (de lutte contre le harcèlement), “bien construit”. Elle a conclu par le message de sa banderole: “Un mot peut blesser. Un mot peut sauver”.

L'”Amérique” d’Hokkaido Jiel

Le trotteur français Hokkaido Jiel, un outsider, drivé par Franck Nivard et âgé de neuf ans, a remporté après lutte dimanche sur l’hippodrome de Vincennes le 105e Prix d’Amérique devenant le nouveau champion du monde du trot attelé.Bien parti, Hokkaido Jiel a voyagé au milieu du peloton dans une course longtemps animée par les deux frères tricolores Go On Boy et Josh Power, deux des favoris.Hokkaido Jiel a placé sa belle pointe de vitesse dans la ligne droite finale damant le pion à Josh Power et Epic Kronos dans les ultimes battues.”C’est extraordinaire ! J’ai eu un parcours parfait. Je suis bien parti, j’ai toujours bien suivi. A l’intersection des pistes, j’ai pris le risque de plonger à la corde et ça s’est ouvert”, a déclaré Franck Nivard sur la piste au micro de la chaîne française dédiée à l’hippisme Equidia.A 47 ans, le manchois Franck Nivard détient le record des victoires dans l’Amérique en tant que driver en activité avec six succès.”Il faut être chanceux, j’ai appris seulement lundi que je mènerai Hokkaido Jiel”, a ajouté Franck Nivard. “Je n’avais pas trop de pression car je n’avais pas une première chance. C’est un chic cheval, son entraineur m’avait dit ne t’inquiète pas le cheval est bien!”Son entraîneur Jean-Luc Dersoir a estimé “mériter” cette victoire. “On a fait un travail très dur. Tout s’est bien passé”, s’est-il réjoui.Dans cette course de 2.700 mètres disputée sous la pluie sur la mythique grande piste, opposant les 18 meilleurs chevaux de la planète trot, le français Josh Power piloté par Sébastien Ernault a pris la deuxième place.”C’est un peu frustrant d’être battu comme ça sur le poteau. On était tous sur la même ligne et je suis tombé sur un snipper”, a commenté Sébastien Ernault, fairplay.- La Suède troisième -La troisième place est revenue au cheval suédois Epic Kronos, âgé de six ans, mené par le français Paul Philippe Ploquin devant une foule de spectateurs. Le guerrier viking à la robe ébène n’a pas démérité en conservant courageusement la 3e place après avoir toujours figuré aux avant-postes.”Mon cheval a été merveilleux. Je suis ravi. Je n’ai pas de regret. Franck Nivard est trop fort”, a dit le trentenaire.Au palmarès de cette course légendaire, Hokkaido Jiel, cheval à la robe baie (marron), qui avait fini 2e de l’Amérique en 2024, a prouvé qu’il fallait encore compter sur lui pour le podium et cette fois il s’est offert la première marche. Il succède à Idao de Tillard, le double tenant du titre et grand absent de cette édition pour raison de santé. L’entourage du fils de l’étalon Brillantissime se voit offrir la somme de 450.000 euros promis au vainqueur sur le million de primes diverses repartis entre les sept premiers. On retiendra de cette édition la défaite de la jument française Iroise de la Noé, une jument très en vue, menée par Eric Raffin. Elle a pris le galop dès les premiers mètres de courses et a été disqualifiée. Il en va de même pour le français Go On Boy piloté par Romain Derieux qui s’est montré fautif lui dans la ligne d’arrivée alors qu’il luttait pour le podium.La ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé a remis le trophée à Jean-Luc Dersoir, l’entraîneur du nouveau roi de Vincennes et à Eric Fremiot, le manager de l’écurie.Côté spectacle, le chanteur et rappeur Gims a enflammé le public lors d’une cérémonie d’ouverture mêlant musique et lumière.Dans deux semaines, les ténors du trot batailleront de nouveau pour une grande majorité sur ce même hippodrome dans le Prix de France, une course de vitesse de 2.100 mètres, considérée comme la revanche du Prix d’Amérique.