Booming markets propel Hong Kong exchange’s profits to record high

Hong Kong’s stock exchange reported record profits for the second consecutive year on Thursday, after the finance hub topped the global rankings for initial public offerings in 2025.Profit attributable to shareholders rose 36 percent to US$2.3 billion, while total revenue and other income jumped 30 percent to also hit a peak of US$3.7 billion.Core business revenue climbed 32 percent from the previous year, thanks to increases in trading and clearing fees driven by record volumes across capital markets.Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEx) chairman Carlson Tong said the performance was driven by “strong interest and increasing participation of international and Chinese Mainland investors, amid the ongoing dynamic macro backdrop”.”In 2025, HKEx reinforced its role as a global superconnector, regained its position as the world’s leading venue for IPOs and set new trading as well as financial performance records,” chief executive Bonnie Chan said.The firm expects volatility to “persist amid the prevailing macro landscape in 2026”, she added.But she said there was cause for optimism in capital markets as global investors seek diversification and risk management opportunities in Asian and Chinese assets.HKEx’s net investment income is expected to be affected in part by interest rate movement and the redemptions from the external portfolio, Herbert Hui, the exchange’s chief financial officer, said Thursday.- Behind the surge -Hong Kong’s IPO market welcomed 119 new listings and raised a total of US$36.7 billion in 2025, a 226 percent year-over-year increase.Dozens of companies from China piled into the city last year to raise overseas capital thanks to policy support from Beijing and optimised listing rules by Hong Kong regulators.The renewed interest in Chinese assets is partly because investors are seeking alternatives outside of the US market and are realising “that the performance of some sectors in China aren’t as bad as the feeble wider economy suggest”, China-focused economist Kelvin Lam told AFP.But over exposure to Chinese companies may pose potential risk to Hong Kong’s equity market, as they “can be volatile at times through policy and regulatory changes, sometimes not very transparent,” said Lam, who works for Pantheon Macroeconomics.The exchange operator is processing more than 400 listing applications, HKEx’s database shows.Amid the surge, Hong Kong’s market regulator, the Securities and Futures Commission (SFC), said in late January it had directed 13 IPO sponsors to conduct internal reviews to “rectify serious deficiencies” in preparing listing documents.The related behaviours also include sponsors’ misconduct and significant mismanagement of resources.The contacted sponsors are handling 70 percent of IPO applications in Hong Kong.Earlier this month, exchange head Bonnie Chan told reporters the review request was a “friendly reminder” from the regulators.She said Thursday that HKEx will continue to roll out listing rules to “support the development of the real economy”.HKEx is also dedicated to improving its market’s structure and efficiency, including shortening stock clearing time, she said.She added the bourse operator would “carefully consider” market calls to broaden the scope of confidential IPO filings. She did not provide details.In his annual budget on Wednesday, the city’s finance chief Paul Chan said the exchange would continue to explore establishing a multi‑asset post‑trade securities platform to cover China and Hong Kong equity and debt markets.Shares in HKEx were up 0.78 percent on Thursday.

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En RDC, des communautés s’unissent face à la ruée sur leurs forêts

Les chants allègres des travailleurs du village de Romée résonnent encore sous les voûtes de leur cathédrale sylvestre aux piliers à la sève rouge sang. En RDC, les communautés tentent de faire face à la prédation de leurs forêts et à l’anarchie foncière qui engendrent parfois des conflits meurtriers.Les quelque 150 millions d’hectares de forêts en République démocratique du Congo (RDC), un “poumon vert” essentiel à la lutte contre le changement climatique, sont l’enjeu d’âpres disputes entre les communautés locales mais aussi les acheteurs de concessions forestières, destinées notamment aux marchés de compensation carbone. Après quatre années de bataille administrative, les habitants de la communauté de Yainyongo (nord-est de la RDC), composée de plusieurs villages dont celui de Romée, ont acquis en commun en 2023 deux titres de concession officiels sanctuarisant 11.000 hectares de leur forêt dans la province orientale de la Tshopo.- L’appétit des “riches” -Machette en main, Jean-Paul Bitilaongi, jeune habitant de Romée, se réjouit d’échapper aux appétits de ces “riches” investisseurs, congolais ou étrangers, qu’il accuse de piller les ressources de sa précieuse forêt.”Quand ils arrivent ici, ils ne payent presque rien, peut-être du savon, du sel, et ils récupèrent l’étendue” pour l’exploiter, peste Jean-Paul.En RDC, les terres appartiennent à l’Etat qui en attribue la concession à des particuliers. L’Etat reconnaît les droits des communautés originelles sur leurs terres, mais celles-ci peinent à les faire respecter dans un pays miné par la corruption.Toutefois, depuis 2014, le mécanisme de “foresterie communautaire” permet à celles-ci d’acquérir indéfiniment leur propre concession, jusqu’à 50.000 hectares, à condition de la gérer de manière durable.Un modèle qui vise à limiter la prédation foncière et les dégâts liés à la déforestation, tout en permettant aux communautés d’exploiter leurs ressources.”Désormais, on gère notre forêt comme on veut”, se réjouit Jean-Paul Bitiaongi, au pied de géants abattus par les tronçonneuses.Avec d’autres jeunes de Romée, il pousse à bout de bras de lourdes billes de bois, qui seront brûlées sur place et transformées en charbon de bois, puis acheminées par des pirogues jusqu’à Kisangani, la capitale provinciale. Ce commerce est essentiel pour les communautés qui en tirent 8.000 francs congolais (l’équivalent de 3 dollars) par sac, mais alimente la déforestation.De 2004 à 2022, la RDC a perdu 36% de sa couverture arborée, selon l’observatoire Global Forest Watch.- “Causer moins de dégâts” -Rares sont les habitants de Yainyongo à savoir décrire le concept de gestion “durable”, souvent perçu comme une fantaisie d’Occidentaux, aux effets parfois néfastes.La RDC a vu proliférer ces dernières années des projets de compensation carbone destinés aux entreprises.Mais une étude de l’ONG britannique Rainforest Foundation UK (RFUK) publié en octobre, a révélé “des illégalités généralisées dans l’attribution des projets” et “un manque flagrant de respect” du consentement des communautés, empêchées d’exploiter les arbres de leurs forêts. A Yainyongo, “l’approche “ne consiste pas à empêcher les activités, mais à les faire d’une manière qui cause beaucoup moins de dégâts”, explique Paolo Cerruti, chercheur au Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), ONG qui appuie le projet. Au lieu d’inciter les villageois à abandonner le lucratif commerce de charbon, le CIFOR promeut des techniques de fertilisation des sols pour sédentariser les agriculteurs et limiter les défrichements.Dans le village d’Ikongo-école, qui en fait partie, les arbres ont commencé à pousser au milieu des plants de riz patiemment alignés de Yuma LokotombaCes techniques “donnent beaucoup plus de récolte et nous nous sommes mis à cultiver deux à trois fois le même champ”, assure ce cultivateur.Une rupture avec l’agriculture itinérante traditionnelle qui consiste à défricher chaque année une nouvelle parcelle de forêt, alimentant les conflits dans une région en proie à un fort accroissement démographique.”Comme la terre n’est pas infinievous allez finir par empiéter sur la terre de quelqu’un d’autre”, explique Paolo Cerruti. Des cartes pendues aux murs de son bureau à Kisangani attestent du grignotage inexorable de la forêt par les terres agricoles. De vastes polygones y représentent les concessions forestières qui couvrent 11 millions d’hectares en RDC. – Machettes et fétiches -Pourtant, nombre de communautés, de concessions et même d’organisations gouvernementales ne disposent pas d’un titre en bonne et due forme en RDC, selon les spécialistes du secteur. Le chevauchement des parcelles et des juridictions engendre d’indémêlables conflits fonciers, qui dégénèrent parfois en spirales meurtrières.Et en 2025, Yainyongo a subi les secousses d’un sanglant conflit communautaire déclenché dans le territoire voisin par l’attribution d’une concession d’exploitation forestière à une société libanaise, sur une terre partagée entre deux communautés locales, les Mbole et les Lengola. Des politiciens locaux avaient alors accusé les Lengola d’avoir vendu leurs terres, déclenchant une vague de tueries. A Yainyongo, les communautés ont été victimes des mêmes allégations, en raison du soutien d’un partenaire étranger, le CIFOR. “Comme les blancs venaient toujours me voir, les gens ont raconté que c’est moi qui avait vendu” la forêt, raconte Jérôme Bitilaongi, le doyen du village et l’un des initiateurs du projet de forêt communautaire. Un matin, des miliciens Mbole, armés de “machettes, de lances et de flèches” et bardés de fétiches, l’ont pris en otage, volé tous ses biens et quarante têtes de bétail dans le village, relate-t-il, sans oser nommer les coupables. L’intervention du gouverneur et des médiations communautaires ont ramené une paix fragile dans la zone, mais les instigateurs des violences courent toujours.

“Tontons flingueurs”: Tondelier estime que Mélenchon et Hollande mènent la gauche vers la “défaite”

Des “Tontons flingueurs”: la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, a accusé jeudi Jean-Luc Mélenchon et François Hollande d’envoyer la gauche vers la “défaite”, se disant “très inquiète” pour les municipales des 15 et 22 mars.”J’en ai marre de Jean-Luc Mélenchon, de François Hollande, de ces Tontons flingueurs de la gauche qui, toute la journée, nous emmènent dans un piège, le piège de la défaite”, a-t-elle dit sur France Inter, jugeant que l’un était “spécialiste du renoncement” et l’autre du “sectarisme”.Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, a été pris dans la tempête en étant accusé par ses adversaires d’avoir un lien indirect avec l’homicide du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque. L’ancien président socialiste François Hollande a lui appelé à refuser toute alliance avec les Insoumis.Marine Tondelier a estimé que, si LFI faisait des mauvais scores aux municipales, “ce sera leur responsabilité parce qu’ils ont des comportements qui sont violents dans les méthodes” et les propos.Elle n’a toutefois pas fermé la porte à des alliances au second tour “au cas par cas” et avec “une exigence de clarification de leur part”.L’écologiste s’est dite “très inquiète” pour les municipales et “pas que pour les villes écologistes”. “Si la gauche perd la moitié de ses grandes villes, oui, on devra tous se remettre en question et 2027 sera de toute manière compromise”, a-t-elle dit.L’écologiste a reproché à LFI d'”invectiver la moitié de la terre” et de se comporter comme si leurs “principaux adversaires” étaient à gauche plutôt qu’à droite.”Jean-Luc, pour être aimé, faut être aimable”, a-t-elle lancé.Marine Tondelier a assuré que, contrairement à ce qui avait été avancé, le service d’ordre de son parti n’avait jamais été formé par La Jeune Garde, groupe d’ultragauche mis en cause dans la mort de Quentin Deranque.Depuis le Salon de l’agriculture où elle s’est ensuite rendue, Mme Tondelier a refusé de parler “tactique de deuxième tour” aux municipales mais souligné que ce scrutin allait, selon elle, avoir “beaucoup d’impact sur l’agriculture”.Les écologistes ont notamment lancé une campagne “Zone hors Mercosur”, invitant les candidats aux municipales à dire, en cas d’élection, “s’il placeront leur commune hors Mercosur. Symboliquement, mais pas seulement”, a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse, vêtue de sa célèbre veste verte.”Un maire, il peut décider que dans son cahier des charges, pour la cantine par exemple de nos enfants ou les EHPAD, il n’y aura pas de produits issus du Mercosur et qu’il fera plutôt du local”, a-t-elle insisté. Distribuant des tracs dans le salon, elle a incité les visiteurs à interpeller leur maire sur le sujet. Tout en évitant de croiser les patrons du RN,  Marine Le Pen et Jordan Bardella, présents eux aussi dans les travées du salon.

Le Pen et Bardella font “bloc” au Salon de l’agriculture

Travailler “ensemble”, être “main dans la main”: Jordan Bardella et Marine Le Pen ont martelé jeudi un message d’unité lors de leur déambulation commune au Salon de l’agriculture, l’un ou l’autre étant appelé à porter les couleurs du Rassemblement national pour la présidentielle de 2027.”Nous avons toujours fait bloc et je crois que personne n’en doute. Nous travaillons ensemble, main dans la main”, a affirmé devant des journalistes Jordan Bardella, président du parti d’extrême droite, Mme Le Pen se tenant à ses côtés.”Nous faisons campagne ensemble et nous continuerons à faire campagne ensemble. Je me prépare à devenir chef du gouvernement et Marine se prépare à devenir présidente de la République”, a-t-il ensuite insisté.Mais le sort de Marine Le Pen, présidente des députés RN et déjà triple candidate présidentielle, est suspendu à la décision de la cour d’appel de Paris, attendue le 7 juillet, dans le dossier des assistants des eurodéputés RN. Elle avait été condamnée en première instance notamment à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, ce qui lui barrerait la route vers l’Elysée.Marine Le Pen a aussi exclu mercredi de faire campagne si elle était condamnée à porter un bracelet électronique, tout comme de jouer un “rôle de tutelle” sur Jordan Bardella s’il reprenait son flambeau.Le duo a attiré les curieux, avides de selfies, lors de leur passage au Salon jeudi. “Jordan je t’aime”, a crié un jeune, tandis qu’une femme estimait que “c’est un bel homme, il n’y a pas à tergiverser”.”Fasciste!”, a lancé une autre.Mme Le Pen a affirmé qu’ils étaient venus apporter “une double dose d’espoir” à l’agriculture française, que M. Bardella a promis de défendre lors des prochains scrutins, y compris aux municipales.Questionné sur les “brebis galeuses”, des candidats RN accusés d’avoir tenu des propos racistes ou antisémites, il a assuré avoir été “extrêmement prudent” au moment des investitures.Si quelqu’un sort de la ligne, “eh bien nous le mettons à la porte” ce qui n’est “pas le cas dans les autres mouvements”, a affirmé M. Bardella, allusion à peine voilée aux attaques visant La France insoumise depuis la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.Il a réitéré ses appels à un “front commun” contre LFI, qui “s’est placée hors de la République”. “La République, c’est nous”, a encore assuré M. Bardella, qui veut faire de son parti un “bouclier” face à la supposée “stratégie du désordre permanent” de LFI. 

Stocks mostly rise as markets digest Nvidia earnings

Stock markets mostly extended gains on Thursday as investors digested company earnings, including forecast-beating results from chip titan Nvidia. Oil prices fell as Iran and the United States began a new round of indirect talks on the Islamic republic’s nuclear programme, in a last-ditch bid to avert war. The market response to Nvidia’s earnings Wednesday was muted as initial excitement over its record quarterly revenue gave way to concerns that sky-high expectations for AI have become almost impossible to meet. Shares in the firm — which last year became the first to top $5 trillion in market capitalisation — dipped in after-hours trade in New York.”It says a lot when a stock market darling beating revenue forecasts by billions of dollars can no longer muster a positive share price reaction,” said Dan Coatsworth, head of markets at AJ Bell.”The mood music is changing on Nvidia, and it represents a significant shift in investor sentiment,” he added.Major European indices advanced nearing midday trade on Thursday. London was boosted by a more than six percent rise in Rolls-Royce shares after the British engine-maker upgraded its guidance, announced a share buyback and posted soaring annual profits.Paris and Frankfurt also rose. In Asia, Tokyo hit a new record, while Hong Kong edged down and Shanghai was flat.Asian tech firms have enjoyed a blockbuster start to the year as investors reassess their AI bets, with attention turning to “upstream” firms such as chipmakers and away from Wall Street’s “downstream” companies that run apps and software.The shift has come amid growing concerns about the hundreds of billions of dollars pumped into AI and when that will see a return, while a slew of new tools has raised fears the technology will disrupt other businesses.Still, Seoul climbed more than three percent to a fresh peak on Thursday, led again by surges in chipmaker Samsung and rival SK hynix. The Kospi index is now up nearly 50 percent already this year.On currency markets the yen clawed back some losses against the dollar that came after it emerged that Japanese Prime Minister Sanae Takaichi had nominated two academics to the Bank of Japan board who are considered policy doves.That came after reports had earlier said she had told the central bank’s boss Kazuo Ueda of her concern about hiking interest rates further.- Key figures at around 1100 GMT -London – FTSE 100: UP 0.2 percent at 10,826.63 pointsParis – CAC 40: UP 0.8 percent at 8,623.54Frankfurt – DAX: UP 0.2 percent at 25,235.17Tokyo – Nikkei 225: UP 0.3 percent at 58,753.39 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: DOWN 1.4 percent at 26,381.02 (close)Shanghai – Composite: FLAT at 4,146.63 (close)New York – Dow: UP 0.6 percent at 49,482.15 (close)Dollar/yen: DOWN at 155.97 yen from 156.46 yen on WednesdayEuro/dollar: DOWN at $1.1798 from $1.1805Pound/dollar: DOWN at $1.3535 from $1.3554Euro/pound: UP at 87.16 pence from 87.10 penceWest Texas Intermediate: DOWN 1.7 percent at $64.32 per barrelBrent North Sea Crude: DOWN 1.4 percent at $69.71 per barrel

Merz appelle Allemagne et Chine à surmonter “ensemble” les défis commerciaux

Le chancelier Friedrich Merz a achevé jeudi une visite de deux jours en Chine, premier partenaire commercial de l’Allemagne, en vantant la “bonne relation” bilatérale, tout en soulignant son désir de relever avec Pékin les “défis” posés par la concurrence chinoise.Ce déplacement de M. Merz dans le pays asiatique, le premier depuis son arrivée au pouvoir en 2025, illustre la volonté commune de Berlin et Pékin de faire front face aux droits de douane et revirements diplomatiques du président américain, Donald Trump.Mais M. Merz doit trouver le bon équilibre, car la Chine, débouché historique majeur pour le “Made in Germany”, est également pour le monde industriel allemand de plus en plus une rivale, de l’automobile aux nouvelles technologies.Le chancelier était accompagné durant sa visite par plusieurs dizaines de chefs d’entreprises. Parmi eux figuraient des hauts responsables des constructeurs Volkswagen ou BMW, très implantés dans le pays asiatique mais confrontés au défi de l’électrification et qui affrontent une féroce concurrence chinoise sur ce créneau.Après avoir visité jeudi matin la Cité interdite, ancienne résidence des empereurs à Pékin, M. Merz a assisté à la présentation de véhicules autonomes du constructeur allemand Mercedes.Il s’est ensuite envolé pour Hangzhou (est), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Shanghai. Cette métropole de 12 millions d’habitants est le siège de nombreux fleurons technologiques chinois, comme la startup DeepSeek, célèbre pour son robot conversationnel, ou le mastodonte Alibaba (commerce en ligne), tous deux en pointe dans l’intelligence artificielle (IA).”Nous avons une bonne coopération avec la Chine. Mais il y a aussi quelques défis que nous devons relever ensemble”, a déclaré M. Merz à la presse.”Il y a surtout des dossiers liés à la concurrence. La Chine dispose de capacités de production élevées, qui dans une certaine mesure commencent à poser problème aussi pour l’Europe”, a-t-il souligné.- Pas de nouveaux Airbus -Comme ses partenaires de l’Union européenne (UE), l’Allemagne s’alarme de l’arrivée sur le marché du Vieux Continent d’un nombre croissant de produits chinois meilleur marché, notamment des véhicules électriques, et des excédents de production.Le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine a atteint l’an dernier un niveau record de 89 milliards d’euros.Reçu mercredi par le président Xi Jinping, le chancelier avait vanté devant lui le potentiel d’une meilleure coopération bilatérale, mais aussi plaidé pour une relation économique plus “juste”.Il avait annoncé dans la foulée une commande chinoise allant “jusqu’à 120” appareils Airbus. Une source française proche du dossier, confirmant une information du journal “Le Monde”, a indiqué jeudi à l’AFP qu’il s’agissait de “la finalisation d’un protocole d’accord signé” par l’avionneur européen durant la visite en Chine en décembre du président français, Emmanuel Macron.Xi Jinping et Friedrich Merz ont dit mercredi leur engagement commun à développer des liens plus étroits, le président chinois déclarant à son hôte qu’il souhaitait parvenir “sans cesse à de nouvelles avancées” dans les relations bilatérales.- “Eux aussi” -Le chef du gouvernement allemand a également évoqué avec M. Xi la guerre en Ukraine.Friedrich Merz a indiqué avoir exhorté Pékin à user de son influence sur Moscou, notamment en bloquant les exportations vers la Russie de biens pouvant potentiellement être utilisés à des fins militaires. “J’espère avoir, au cours de mes entretiens, suscité un peu de compréhension quant au fait que les dirigeants de ce pays (la Chine) devraient, eux aussi, contribuer à mettre fin à la guerre en Ukraine”, a déclaré M. Merz à des journalistes jeudi avant son départ pour Berlin.Si la Chine appelle régulièrement à des pourparlers de paix et au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays, sous-entendu Ukraine comprise, elle n’a jamais condamné la Russie pour son offensive et se présente comme neutre.Friedrich Merz est le dernier en date d’une série de dirigeants occidentaux à s’être rendus à Pékin ces derniers mois, après Emmanuel Macron et les Premiers ministres britannique, Keir Starmer, et canadien, Mark Carney.

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Pesticides: deux études alertent sur leur impact “sur l’ensemble du vivant”

Santé dégradée pour les perdrix, davantage de parasites sanguins pour les passereaux: deux études récentes “interrogent sur l’impact de l’usage des pesticides sur l’ensemble du vivant”, selon les chercheurs d’un immense laboratoire à ciel ouvert des Deux-Sèvres.Dans cette vaste plaine de 450 km2 au sud de Niort, qui comprend 24 communes et 435 exploitations agricoles, dont 18% en agriculture biologique, l’équipe Résilience du Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC) compare les avantages et inconvénients des modèles agricoles avec ou sans intrants chimiques.”Nous travaillons avec et pour les agriculteurs”, explique Jérôme Moreau, enseignant-chercheur à La Rochelle Université et membre de cette équipe sous contrat entre le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), présente cette semaine au Salon de l’agriculture à Paris.  “Nous venons au Salon pour démontrer que des solutions existent et fonctionnent pour pouvoir réduire l’utilisation des pesticides”, ajoute-t-il.Alors que la proposition de loi dite “Duplomb 2” fait actuellement débat, en particulier parce qu’elle prévoit la réintroduction de l’acétamipride, un néonicotinoïde controversé, le CEBC estime que ces deux études consacrées aux effets sublétaux des pesticides sur des oiseaux viennent appuyer la “nécessité de développer l’agriculture biologique”. – “L’environnement est très impactant” -La première, publiée en janvier, concerne une espèce emblématique des plaines agricoles en fort déclin. Durant cinq mois, 35 perdrix grises ont été nourries en conditions semi-naturelles dans un élevage avec des céréales conventionnelles contenant des pesticides identifiés.Des prises de sang ont ensuite révélé des molécules non identifiées dans leur alimentation. “Cela prouve que la nourriture n’est pas la seule source de contamination, l’environnement est très impactant”, explique Karine Monceau, enseignante-chercheuse de l’équipe Résilience.En cas de combinaison de plusieurs molécules, les effets sont même préoccupants: diminution de l’activité physique, réduction de la tache rouge près de l’œil (un signal sexuel majeur), baisse de la réactivité face au danger, etc.”L’état de santé des perdrix les plus contaminées par un mélange de pesticides s’est dégradé petit à petit. C’est la première étude qui le démontre en conditions réelles d’exposition”, ajoute-t-elle.  La seconde étude, révélée cet automne, s’intéresse à la charge parasitaire des passereaux: ces différentes espèces d’oiseaux des champs, dont 60% ont disparu depuis 40 ans, restent généralement à proximité immédiate des haies en période de reproduction. Elle a été menée trois printemps d’affilée sur plus de 1.000 volatiles dans la zone atelier du CEBC.     – “Réintroduire de la biodiversité” -Selon le système de production environnant, les conclusions sont radicalement différentes. Dans une zone d’agriculture conventionnelle, les oiseaux présentent moins de parasites externes (tiques, poux…) mais davantage de parasites sanguins, ce qui pourrait “être une cause de leur déclin”.Quand l’agriculture biologique domine, le schéma s’inverse: les passereaux ont moins de parasites sanguins en raison “d’un système immunitaire moins fragilisé” mais plus de parasites externes.  “Ces résultats interrogent sur l’impact de l’usage des pesticides sur l’ensemble du vivant. Or, la santé animale, environnementale et humaine sont liées”, relève Jérôme Moreau qui en appelle à une “volonté politique” pour “changer de mode de production agricole”.Au Salon, l’équipe Résilience présente un programme interdisciplinaire montrant comment la biodiversité et les écosystèmes peuvent être “support de solutions” pour améliorer la santé des humains et préserver leur lieu de vie.”Il y a de nombreux leviers, à commencer par les solutions fondées sur la nature qui consistent souvent à réintroduire de la biodiversité dans les pratiques. Mais le lobby des pesticides est très puissant et les agriculteurs sont, dans une certaine mesure, prisonniers de ce système”, dénonce le chercheur.  Une autre étude du CEBC sur la réduction d’intrants dans 58 parcelles céréalières, publiée en 2025, fait ressortir une baisse de rendement d’environ 5%. “Mais les économies réalisées sur les dépenses compensent les pertes économiques, voire les dépassent largement, avec une augmentation de la marge de 292 euros par hectare en moyenne pour 55% des agriculteurs en agriculture conventionnelle”, relèvent ses auteurs.

Crash électrique pour Stellantis, qui annonce la deuxième plus lourde perte pour un groupe français

Pénalisé par ses déboires dans les voitures électriques, le constructeur automobile Stellantis a publié jeudi une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025, la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français.Cette énorme perte du groupe italo-franco-américain aux 14 marques (Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall…) s’explique par des charges de 25,4 milliards d’euros, qui traduisent un plan de réduction de sa production dans l’électrique, où les ventes sont très inférieures à ses attentes initiales, et de relance de modèles à essence et diesel.Une décision prise à la suite des difficultés des modèles électriques aux Etats-Unis, marché clé pour Stellantis, où ce segment recule faute de soutien de l’administration Trump.En annonçant le 6 février cette provision colossale, le nouveau directeur général Antonio Filosa, arrivé aux commandes en juin pour remplacer Carlos Tavares, avait expliqué vouloir “réinitialiser” la stratégie du groupe qui a “surestimé” le rythme de la mutation électrique, surtout aux Etats-Unis.Les provisions financeront notamment l’arrêt de certains modèles électriques et de projets d’usines de batteries. La perte comptable de Stellantis est la deuxième plus importante jamais annoncée par un groupe français, derrière le record de Vivendi (-23,3 milliards d’euros en 2002) mais devant France Télécom (-20,7 milliards en 2002) et EDF (-17,9 milliards en 2022). C’est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (-8 milliards).Comme Stellantis, Ford et General Motors ont eux aussi passé de très lourdes charges pour prendre en compte dans leur bilan la lenteur des ventes de voitures électriques aux Etats-Unis.  En 2025, le chiffre d’affaires du groupe italo-franco-américain a baissé de 2%, à 153,5 milliards, malgré une hausse de 1% des ventes en volume, à 5,5 millions de véhicules.Les recettes ont pâti d’une politique de baisse des prix, un tournant après la stratégie de prix élevés de Carlos Tavares.Au second semestre 2025, Stellantis a en revanche vu son chiffre d’affaires progresser de 10%, avec 2,8 millions de véhicules vendus, grâce à un rebond de 39% aux Etats-Unis.Pour 2026, il a confirmé ses perspectives d’une amélioration de son chiffre d’affaires et d’un retour à une marge légèrement positive. – Retour du thermique -Les ventes devraient être portées cette année par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux Etats-Unis, avec un niveau de prix stable, en hausse sur le marché américain mais en baisse en Europe. Pour le groupe, “il n’y a pas de conflit entre diesel et innovation, il faut fournir ce que les clients demandent”.En revanche, les droits de douanes mis en place aux Etats-Unis ont impacté les comptes de 1,2 milliard d’euros en 2025 et devraient de nouveau les amputer de 1,6 milliard en 2026. Estimation que Stellantis a confirmée jeudi malgré la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’invalider les taxes douanières du président Donald Trump.Ces derniers jours, Stellantis a confirmé son revirement dans l’électrique en annonçant la vente de ses 49% dans NextStar Energy, qui développe la première “gigafactory” de batteries pour voitures électriques du Canada, et une prochaine sortie de sa coentreprise avec Samsung, qui construit deux giga-usines de batteries aux Etats-Unis. L’annonce des charges début février avait fait chuter de 24% le cours de l’action Stellantis, mais celle-ci n’a quasiment pas bougé jeudi matin, signe que les marchés avaient anticipé ces résultats.Même s’ils jugeaient nécessaire un tournant stratégique au vu des difficultés du groupe, les analystes restent mitigés sur son choix de fortement ralentir dans l’électrique.La vente des voitures tout-électriques se développe inégalement dans le monde, d’où un impact contrasté selon les constructeurs. Elle est rapide en Chine, où les voitures 100% électriques représentent environ la moitié des ventes, lente aux Etats-Unis (environ 8% des ventes) et intermédiaire en Europe (20% environ), encore loin des 90% que vise l’UE pour 2035. Un niveau insuffisant pour Stellantis qui, en 2022, annonçait vouloir vendre 100% de véhicules électriques en Europe et 50% aux Etats-Unis en 2030.