Trump propose un “Conseil de paix” concurrent de l’ONU, totalement à sa main

Donald Trump veut créer un “Conseil de paix” à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l’ONU, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent selon une “charte”, dont l’AFP a obtenu une copie. – De quoi s’agit-il?La Maison Blanche avait annoncé qu’en vertu du plan pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza soutenu par Washington, un “Conseil de paix” présidé par Donald Trump serait formé.Depuis le week-end dernier, divers pays ont indiqué avoir reçu une invitation pour y participer, notamment la France, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la Chine. Mais le projet de “charte” révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.- La mission “Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits”, peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux Etats “invités” à y siéger.Le texte de huit pages critique les “approches et institutions qui ont trop souvent échoué”, dans une allusion claire à l’ONU, et appelle à avoir “le courage” de s’en “écarter”. Il souligne “la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace”.- Trump tout puissantDonald Trump sera le “premier président du Conseil de paix”, dont les pouvoirs prévus sont très étendus: il est seul habilité à “inviter” d’autres chefs d’Etat et de gouvernement à l’intégrer et peut révoquer leur participation, sauf en cas de “veto par une majorité des deux tiers des Etats membres”.Le conseil exécutif, dirigé par M. Trump, comportera sept membres parmi lesquels le secrétaire d’Etat Marco Rubio, l’émissaire spécial Steve Witkoff, le gendre de M. Trump Jared Kushner, et l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair.Un responsable américain a confirmé sous couvert de l’anonymat que Trump pourra en conserver la présidence, y compris après la fin de son mandat, jusqu’à ce qu’il “démissionne”.- Ticket d’entrée “Chaque Etat membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président.Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux Etats membres qui versent plus d’un milliard de dollars au “Conseil de paix” au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte, ajoute le texte, sans précisions.Le responsable américain a cependant indiqué que cela se faisait sur la base du volontariat et qu’il n’y avait aucun prix d’entrée pour être membre du Conseil.- Quels pays ont dit oui? Benjamin Netanyahu a accepté l’invitation de Donald Trump à siéger “en tant que membre” au “Conseil de paix”, a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien.Le président argentin Javier Milei a déclaré que ce serait un “honneur” de siéger au Conseil.En Azerbaïdjan, le ministère des Affaires étrangères a annoncé mardi que le président Ilham Aliyev était “prêt à prendre part aux activités du Conseil de paix”. Le roi du Maroc Mohamed VI rejoindra le conseil en tant que “membre fondateur”, a indiqué la diplomatie marocaine.Le président des Emirats arabes unis Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane a accepté l’invitation américaine. De même, le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a “accepté l’invitation du président Donald Trump”, selon le ministère des Affaires étrangères à Manama.En Hongrie, le Premier ministre, Viktor Orban, a accepté dès dimanche l’invitation “honorable” de son allié Donald Trump d’être “membre fondateur” du “Conseil de paix”.En Arménie, le Premier ministre Nikol Pachinian a déclaré mardi sur Facebook avoir accepté l’invitation.- Quels pays ont dit non? La France “ne peut donner (une) suite favorable” à ce stade à l’invitation, a indiqué lundi l’entourage du président Emmanuel Macron. “Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera”, a rétorqué M. Trump.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit mardi avoir reçu une invitation, mais “n’imagine pas” y participer au côté de la Russie.La Norvège ne participera pas au “Conseil de paix” qui “soulève un certain nombre de questions”, a annoncé mercredi à l’AFP le cabinet du Premier ministre.- Quels pays réservent leur réponse? Donald Trump a confirmé lundi soir avoir invité son homologue russe, Vladimir Poutine, à rejoindre le “Conseil”. Moscou a dit vouloir “clarifier toutes les nuances” de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.Le gouvernement britannique s’est dit “inquiet” de cette invitation faite au président russe qui “a prouvé à maintes reprises qu’il n’était pas sérieusement engagé pour la paix”.Il a confirmé que le Royaume-Uni avait reçu une invitation et en examinait les “modalités” en contact avec les Etats-Unis et ses autres partenaires internationaux.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.Le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se “coordonner” avec ses partenaires.La Chine, après avoir confirmé avoir reçu une invitation, n’a pas dit si elle l’acceptait, tout en indiquant mercredi par le biais de sa diplomatie “défendre fermement le système international avec les Nations unies en son centre”.Au Canada, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré à l’AFP: “Nous examinons la situation. Mais nous n’allons pas payer un milliard de dollars.”- Quels pays invités?La Maison Blanche n’a pas publié la liste des pays invités. Mais de nombreuses capitales ont fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d’invitation.Parmi les autres pays qui ont confirmé avoir reçu une invitation figurent l’Italie, la Suède, la Finlande, l’Albanie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne, le Brésil, le Paraguay, l’Egypte, la Jordanie, la Turquie, ou encore l’Inde et la Corée du Sud.- Quand?Selon la “charte” du “Conseil de paix”, elle est censée entrer en vigueur quand au moins “trois Etats” l’auront signée.

NASA astronaut stuck in space for nine months retires

A NASA astronaut who was stuck in space for nine months because of problems with her spacecraft has retired after 27 years of service, the space agency said Tuesday.Suni Williams stepped down from her post on December 27 — making her ill-fated mission her last journey to space.Williams and fellow astronaut Barry “Butch” Wilmore set out on an eight-day mission in June 2024 to test fly Boeing’s new Starliner capsule on its first crewed mission when they were unexpectedly marooned.Despite the incident, Williams on Tuesday called her time with NASA “an incredible honor.””Anyone who knows me knows that space is my absolute favorite place to be,” she said in a statement.Boeing’s new Starliner developed propulsion issues while Williams and Wilmore were traveling to the International Space Station (ISS) and it was deemed unfit to fly back.The technical problems prompted NASA to entrust the return of their astronauts to Elon Musk’s SpaceX, snubbing Boeing.The two veteran astronauts finally returned safely back to Earth with SpaceX in March 2025. Wilmore announced his retirement in August that same year.NASA Administrator Jared Isaacman said in a statement on Tuesday that Williams had been a “trailblazer in human spaceflight,” adding that she shaped the “future of exploration through her leadership aboard the space station” and paved the way for commercial missions to low Earth orbit.During her career, Williams logged 608 days in space — the second most cumulative time in space by a NASA astronaut, the agency said.She also ranks sixth on the list of longest single spaceflights by an American due to the Starliner incident, NASA added.Williams has completed nine spacewalks totaling 62 hours, the most spacewalk time by a woman and fourth-most on the all-time cumulative spacewalk duration list.

Les derniers voeux de Brigitte Bardot, “âme fatiguée” confiante dans l’avenir de sa fondation  

“Le combat continuera, avec ou sans moi…” : dans un ultime message de voeux aux accents testamentaires publié mercredi dans “L’Info-Journal”, magazine de sa fondation, Brigitte Bardot se déclare confiante dans l’avenir du mouvement pour la cause animale qu’elle a créé.”Vous le savez sans doute, j’ai été hospitalisée et je suis aujourd’hui en convalescence. Je me repose en toute confiance, car toutes les équipes de la Fondation travaillent chaque jour avec un engagement sans faille”, écrit l’ex-actrice dans cet édito daté du 28 novembre, un mois avant son décès.Le magazine trimestriel de la Fondation Bardot est diffusé à 40.000 exemplaires. Chaque don déclenche un abonnement d’une durée d’un an. BB signait un édito dans chaque numéro.”Je veux que vous sachiez, tous, combien votre amour m’a portée, combien il m’a tenue debout, combien vous avez été, pour moi, une famille de coeur” , ajoute-t-elle, “vos cadeaux, vos fleurs, vos voeux si tendres m’ont bouleversée. Je les ai reçus comme on reçoit des caresses sur une âme fatiguée” “Je sais que ma Fondation est entre des mains solides et fidèles. Grâce à votre fidélité, à votre incroyable générosité envers ma Fondation, le combat continuera, avec ou sans moi”, écrit encore BB, emportée par un cancer le 28 décembre à 91 ans.”Nous vivons une époque dure, affolante, injuste. Les animaux paient chaque jour les fautes d’une humanité qui s’égare. Toutes ces catastrophes, ces violences, ces tragédies… L’homme les provoque, et l’animal les subit. Cette injustice m’a toujours déchirée, et jusqu’à mon dernier souffle, elle brûlera dans mon coeur”, poursuit-elle.”Surtout, surtout, embrassez pour moi vos chiens, vos chats, tous les petits êtres qui partagent votre vie. Ils sont l’amour pur de ce monde et ils ont été la cause de tous mes combats. Avec toute ma tendresse”, conclut Brigitte Bardot.

Botswana warns diamond oversupply to hit growthWed, 21 Jan 2026 09:48:33 GMT

Botswana is sitting on nearly double its permitted diamond stockpile as weak prices and rising competition from lab‑grown stones curb demand, the government said, warning the glut will weigh on economic growth.The cash-strapped southern African country, the world’s second largest diamond producer after Russia, relies on the gems for about a third of its GDP. It held …

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Mode masculine: Jonathan Anderson très attendu pour sa nouvelle collection à Paris

Après un premier vestiaire masculin salué en juin, Jonathan Anderson revient mercredi à Paris avec une nouvelle collection Dior Homme, étape décisive pour asseoir l’identité renouvelée de la griffe et préparer son entrée en haute couture.Le défilé, organisé au deuxième jour de la semaine de la mode masculine de Paris, dans le jardin du musée Rodin à 14H30 (13H30 GMT), figure parmi les points d’orgue de cette semaine.”Il y a une forte attente, une forte pression”, confirme auprès de l’AFP Alice Feillard, directrice des achats homme aux Galeries Lafayette.Le styliste a une nouvelle fois soigné son invitation. Après les assiettes ornées d’oeufs puis de noix, il a cette fois envoyé un col en soie très dandy d’un autre temps. Pour sa première collection, le couturier nord-irlandais de 41 ans avait puisé dans les archives de la maison fondée en 1946, en réinterprétant la robe Delft à plis multiples via de larges shorts cargo ou en réactualisant l’emblématique veste Bar, très cintrée à la taille et aux hanches arrondies.”Mon idée, c’est qu’il faut décrypter et reprogrammer Dior”, expliquait-il, “Dior, c’est une maison capable de renaître en elle-même”.Le défilé, qui avait attiré de nombreuses stars, de Rihanna à Daniel Craig, en passant par Sabrina Carpenter et Robert Pattinson, s’était conclu par une standing ovation, accompagnée de critiques très élogieuses, la presse saluant un juste équilibre entre héritage et réinvention.- “Consolider” -“Après 10 ans de Kim Jones” (son prédécesseur, ndlr) et son travail “remarquable” du tailoring, Jonathan Anderson a proposé “une approche complètement différente”, analyse Franck Nauerz, directeur des départements homme du Bon Marché et de la Samaritaine, avec “des associations beaucoup plus créatives, plus casual, un peu moins de tailoring””C’était une première collection hyper prometteuse, mais il va falloir consolider avec les besoins des uns et des autres”, prévient toutefois le spécialiste. Sa première ligne femme, présentée en octobre, avait été accueillie de manière plus nuancée.”Mon rôle, en tant que directeur artistique de Dior, est d’emmener notre clientèle vers un nouveau chapitre, tout en attirant un autre public. Et j’espère faire entrer cette nouvelle esthétique Dior dans la réalité quotidienne”, a affirmé de son côté le couturier au Figaro début janvier.Jonathan Anderson est considéré comme l’un des enfants prodiges de la mode. Salué pour avoir propulsé sur le devant de la scène la griffe espagnole Loewe, également propriété de LVMH, il s’est forgé une réputation de créateur aux coupes impeccables, avec une utilisation généreuse de matériaux nobles, comme le cuir et le métal.Parmi ses créations phares, des tenues de scène pour Beyoncé ou Rihanna. Il a également conçu les costumes de “Challengers” et “Queer”, deux films de l’Italien Luca Guadagnino.- Objectif couture – Nommé en juin dernier en remplacement de Maria Grazia Chiuri à la tête des collections femme, quelques semaines après son arrivée chez Dior Homme, il est devenu le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH, avec la haute couture, dont la première collection sera présentée le 26 janvier à Paris.”Il est très attendu” pour cet exercice inédit, souligne le journaliste mode Marc Beaugé. Même défi le lendemain pour le nouveau directeur artistique de Chanel, le Franco-Belge Matthieu Blazy.Les deux créateurs ont donné un aperçu de leur savoir-faire lors de la dernière cérémonie des Golden Globes, à Los Angeles.Jonathan Anderson a notamment habillé l’actrice irlandaise Jessie Buckley d’une longue robe bustier bleu clair largement fendue, ainsi que la comédienne américaine Rashida Jones d’une robe noire toute en transparence et dentelle, tandis que la star américaine Selena Gomez portait une robe fourreau noire au décolleté recouvert de plumes blanches signée Chanel.Jusqu’au 25 janvier, 66 maisons vont dévoiler leur nouveau vestiaire hivernal à travers 36 défilés et 30 présentations. Parmi les autres points forts de cette semaine, Véronique Nichanian présentera samedi soir son ultime collection pour Hermès après 37 ans à la tête de la ligne homme, avant de céder la place à Grace Wales Bonner en 2027.

Loi martiale en Corée du Sud: l’ex-Premier ministre Han Duck-soo condamné à 23 ans de prison

Un tribunal de Séoul a condamné mercredi à 23 ans de prison l’ex-Premier ministre sud-coréen Han Duck-soo, pour son implication dans la tentative ratée d’imposition de la loi martiale dans le pays en décembre 2024.Cette peine est très supérieure aux réquisitions du parquet, qui avait requis 15 ans de prison.L’accusé “a manqué jusqu’au bout à …

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A Nanterre, l’infernale promiscuité et l’insalubrité d’une prison française

Ils sont cinq, confinés 22 heures par jour dans le huis clos d’une cellule de 11 m2: le centre pénitentiaire de Nanterre craque, malade d’un fléau français, une surpopulation carcérale hors de contrôle dont pâtissent détenus comme surveillants.Dans cet espace conçu pour deux, mal ventilé et assombri par un caillebotis devant la fenêtre, entre deux lits superposés, une table minuscule accueille cinq assiettes. Ce soir, un maigre matelas la remplacera. Dans une autre cellule, appuyé sur ses béquilles pour soulager sa sciatique, un sexagénaire explique avoir hérité de la couche au sol, où ce soir il s’allongera, tête contre le frigo. La nuit tombée, ses compagnons descendront de leur lit dépourvu d’échelle, puis l’enjamberont, avant d’atteindre des toilettes guère dissimulées par un drap tendu. Ici, elles fuient un peu. Dans une autre, le robinet de l’évier goutte en continu sous une tablette peinant à accueillir les cinq verres à dents. Contre le froid et l’humidité qui se lit sur les moisissures des fenêtres, les plaques de cuisson resteront allumées, une poêle vide chauffée à blanc faisant office de radiateur, explique un détenu. Envahies de corps, de linge étendu, de provisions cantinées et de modestes effets, des cellules comme celles-ci, l’AFP en a vu plusieurs en accompagnant mi-janvier la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, venue exercer son droit de visite parlementaire dans cette prison ouverte en 1991, enchâssée entre la Seine et l’autoroute, à deux encablures de l’université. D’autres, plus petites, accueillent trois détenus dans des conditions aussi indignes. Télévision allumée en permanence, dans une atmosphère parfois enfumée par les cigarettes, on tue le temps en rabâchant les mêmes débats, en se racontant la vie dehors, en lisant, en somnolant pour rattraper des nuits hachées, ou en jouant aux cartes au risque d’exacerber les inévitables tensions, racontent les détenus.- Deux heures de promenade -Et puis il y a les cafards, selon des occupants qui montrent le carton colmatant les fissures, tentative dérisoire d’affronter l’invasion. La bétonisation des pieds de bâtiments, juste achevée, a permis d’éloigner les rats, assure à la parlementaire le directeur Thomas Benesty. Le progrès est récent: un certificat médical établi en novembre, dont l’AFP a eu connaissance, évoque sur le pied d’un détenu qui dormait par terre, des “lésions compatibles avec une morsure de rongeur”, peut-être arrivé par les toilettes.De ces cagibis, on s’échappe durant les deux heures de promenade quotidienne, ou au gré des micro-événements qui scandent des jours sans fin: trois parloirs hebdomadaires dans des cabines vitrées offertes aux regards, douches (là encore trois par semaine), rendez-vous médicaux, activités… Cela représente “quatre, cinq, six heures par semaine”, estime un détenu.Après une visite fin 2023, le Contrôleur général des prisons (CGLPL) avait estimé que l’établissement n’était pas en mesure “d’assurer des conditions d’hébergement dignes”. Mais, relevait-il, il est “parvenu à éviter les matelas au sol depuis 2020”. Signe d’une dégradation générale, ce rare satisfecit appartient au passé: 202 matelas sont comptabilisés au moment de la visite, indique à l’élue Thomas Benesty, avec, pour 592 places, 1.226 prisonniers, dont 60% en attente de procès, les autres étant condamnés à des peines courtes ou plus longues en attente d’affectation. Solidement installée au-dessus des 200%, la densité “est montée jusqu’à 213%” fin 2025, glisse le directeur.- “Carencés” -Malgré une abnégation saluée par le CGLPL, comment demander aux agents d’assurer convenablement l’ordre, de repérer les fragilités psychologiques, les tensions émergentes, de répondre aux doléances, comme cet appareil d’assistance respiratoire nocturne défaillant, cette rage de dents ou cette demande d’activité pendante? “On ne sait plus s’il faut écrire, si on va nous répondre”, soupire un détenu. “On sait pourquoi on est là et on le comprend. Mais là, on a l’impression d’une peine sur une peine sur une peine…”  Un tableau d’honneur a été installé à l’entrée de la zone de détention pour récompenser l’engagement des surveillants. Certains, raconte le directeur, renoncent à des jours de repos pour assurer le maintien d’activités de réinsertion ou des extractions médicales. Mais l’absentéisme atteint 25%, signe d’épuisement des corps et des esprits.Dans ces conditions “contraires à nos principes fondamentaux”, demande Elsa Faucillon, comment prévenir la récidive, une des missions de la prison avec la punition et la protection de la société ? Cette dernière a récemment “été privilégiée”, “choix politique qu’un représentant de l’administration pénitentiaire n’a pas à commenter”, répond M. Benesty. “Ce qui est certain, c’est qu’actuellement à Nanterre, pour pouvoir répondre aux trois missions en même temps, nous sommes carencés.” Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (Cpip) gèrent 90 dossiers chacun, quand le chiffre référence c’est 60, détaille leur responsable Virginie Nouaille. “Il y a forcément une connaissance moindre” des détenus “qui fragilise notre mission d’évaluation et de prise en charge.” Pour mener cette mission, manquent actuellement six postes de conseillers pénitentiaires. Ainsi que deux assistantes sociales. “Sur deux”, ironise-t-elle. 

A Nanterre, l’infernale promiscuité et l’insalubrité d’une prison française

Ils sont cinq, confinés 22 heures par jour dans le huis clos d’une cellule de 11 m2: le centre pénitentiaire de Nanterre craque, malade d’un fléau français, une surpopulation carcérale hors de contrôle dont pâtissent détenus comme surveillants.Dans cet espace conçu pour deux, mal ventilé et assombri par un caillebotis devant la fenêtre, entre deux lits superposés, une table minuscule accueille cinq assiettes. Ce soir, un maigre matelas la remplacera. Dans une autre cellule, appuyé sur ses béquilles pour soulager sa sciatique, un sexagénaire explique avoir hérité de la couche au sol, où ce soir il s’allongera, tête contre le frigo. La nuit tombée, ses compagnons descendront de leur lit dépourvu d’échelle, puis l’enjamberont, avant d’atteindre des toilettes guère dissimulées par un drap tendu. Ici, elles fuient un peu. Dans une autre, le robinet de l’évier goutte en continu sous une tablette peinant à accueillir les cinq verres à dents. Contre le froid et l’humidité qui se lit sur les moisissures des fenêtres, les plaques de cuisson resteront allumées, une poêle vide chauffée à blanc faisant office de radiateur, explique un détenu. Envahies de corps, de linge étendu, de provisions cantinées et de modestes effets, des cellules comme celles-ci, l’AFP en a vu plusieurs en accompagnant mi-janvier la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, venue exercer son droit de visite parlementaire dans cette prison ouverte en 1991, enchâssée entre la Seine et l’autoroute, à deux encablures de l’université. D’autres, plus petites, accueillent trois détenus dans des conditions aussi indignes. Télévision allumée en permanence, dans une atmosphère parfois enfumée par les cigarettes, on tue le temps en rabâchant les mêmes débats, en se racontant la vie dehors, en lisant, en somnolant pour rattraper des nuits hachées, ou en jouant aux cartes au risque d’exacerber les inévitables tensions, racontent les détenus.- Deux heures de promenade -Et puis il y a les cafards, selon des occupants qui montrent le carton colmatant les fissures, tentative dérisoire d’affronter l’invasion. La bétonisation des pieds de bâtiments, juste achevée, a permis d’éloigner les rats, assure à la parlementaire le directeur Thomas Benesty. Le progrès est récent: un certificat médical établi en novembre, dont l’AFP a eu connaissance, évoque sur le pied d’un détenu qui dormait par terre, des “lésions compatibles avec une morsure de rongeur”, peut-être arrivé par les toilettes.De ces cagibis, on s’échappe durant les deux heures de promenade quotidienne, ou au gré des micro-événements qui scandent des jours sans fin: trois parloirs hebdomadaires dans des cabines vitrées offertes aux regards, douches (là encore trois par semaine), rendez-vous médicaux, activités… Cela représente “quatre, cinq, six heures par semaine”, estime un détenu.Après une visite fin 2023, le Contrôleur général des prisons (CGLPL) avait estimé que l’établissement n’était pas en mesure “d’assurer des conditions d’hébergement dignes”. Mais, relevait-il, il est “parvenu à éviter les matelas au sol depuis 2020”. Signe d’une dégradation générale, ce rare satisfecit appartient au passé: 202 matelas sont comptabilisés au moment de la visite, indique à l’élue Thomas Benesty, avec, pour 592 places, 1.226 prisonniers, dont 60% en attente de procès, les autres étant condamnés à des peines courtes ou plus longues en attente d’affectation. Solidement installée au-dessus des 200%, la densité “est montée jusqu’à 213%” fin 2025, glisse le directeur.- “Carencés” -Malgré une abnégation saluée par le CGLPL, comment demander aux agents d’assurer convenablement l’ordre, de repérer les fragilités psychologiques, les tensions émergentes, de répondre aux doléances, comme cet appareil d’assistance respiratoire nocturne défaillant, cette rage de dents ou cette demande d’activité pendante? “On ne sait plus s’il faut écrire, si on va nous répondre”, soupire un détenu. “On sait pourquoi on est là et on le comprend. Mais là, on a l’impression d’une peine sur une peine sur une peine…”  Un tableau d’honneur a été installé à l’entrée de la zone de détention pour récompenser l’engagement des surveillants. Certains, raconte le directeur, renoncent à des jours de repos pour assurer le maintien d’activités de réinsertion ou des extractions médicales. Mais l’absentéisme atteint 25%, signe d’épuisement des corps et des esprits.Dans ces conditions “contraires à nos principes fondamentaux”, demande Elsa Faucillon, comment prévenir la récidive, une des missions de la prison avec la punition et la protection de la société ? Cette dernière a récemment “été privilégiée”, “choix politique qu’un représentant de l’administration pénitentiaire n’a pas à commenter”, répond M. Benesty. “Ce qui est certain, c’est qu’actuellement à Nanterre, pour pouvoir répondre aux trois missions en même temps, nous sommes carencés.” Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (Cpip) gèrent 90 dossiers chacun, quand le chiffre référence c’est 60, détaille leur responsable Virginie Nouaille. “Il y a forcément une connaissance moindre” des détenus “qui fragilise notre mission d’évaluation et de prise en charge.” Pour mener cette mission, manquent actuellement six postes de conseillers pénitentiaires. Ainsi que deux assistantes sociales. “Sur deux”, ironise-t-elle.