Décès de Dominique Bucchini, figure communiste et ex-président de l’Assemblée de Corse

L’ancien président de l’Assemblée de Corse et ex-député européen Dominique Bucchini est mort à l’âge de 82 ans, la classe politique saluant samedi l'”amour pour la Corse” de ce dirigeant communiste et “une figure majeure de l’histoire contemporaine” de l’île.Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a salué samedi sur le réseau social X un “militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle”, voyant en Dominique Bucchini “une figure majeure de l’histoire contemporaine de l’île.”Corse Matin indique qu’il s’est éteint vendredi soir dans sa ville natale, “éreinté par une maladie qui fut son dernier combat”.Né en janvier 1943 à Sartène, en Corse du sud, Bucchini a très tôt milité pour le parti communiste. Enseignant de profession, il fut maire de Sartène de 1977 à 2001.Au début des années 1980, il devient député au sein de la première législature du Parlement européen. En 2010 il est élu pour cinq ans à la tête de l’Assemblée de Corse –l’organe qui règle par ses délibérations les affaires de l’île, contrôle notamment le conseil exécutif et vote le budget.”Dirigeant du PCF, Dominique Bucchini s’en est allé. Nous garderons en mémoire son amour pour la Corse, pour la République, la force de ses convictions et une droiture à toute épreuve. Au revoir camarade”, s’est ému sur son compte X Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français.L’actuelle présidente autonomiste de l’Assemblée de Corse Marie-Antoinette Maupertuis retient, elle, sur X “son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse”.Le sénateur de Corse-du-Sud Jean-Jacques Panunzi, apparenté au groupe Les Républicains, a également salué la mémoire d’un homme qui “a traversé cinquante ans d’histoire politique de notre île, cinquante ans au cours desquels il a su prendre des positions courageuses”, indique-t-il dans un communiqué.

Iran’s Khamenei says protesters’ economic demands fair, warns ‘rioters’

Supreme leader Ayatollah Ali Khamenei on Saturday acknowledged the economic demands of protesters in Iran, where demonstrations have spread to more than two dozen cities, even as he warned there would be no quarter for “rioters”.The protests began on Sunday as an expression of discontent over high prices and economic stagnation, but have since expanded to include political demands.Iranian media have reported localised violence and vandalism in the west of the country in recent days.”During clashes in Malekshahi, Latif Karimi, a member of the IRGC, was killed while defending the country’s security,” Mehr news agency said.Malekshahi is a county of about 20,000 residents with a large Kurdish population, where “rioters attempted to enter a police station”, according to separate news agency Fars, which added that “two assailants were killed”.Mehr earlier reported a member of the Basij paramilitary force was also killed during another protest in western Iran after being “stabbed and shot” by “armed rioters”.The protests have affected, to varying degrees, at least 30 different cities, mostly medium-sized, according to an AFP tally based on official announcements and media reports. At least 12 people have been killed since Wednesday in clashes, including members of the security forces, according to a toll based on official reports.Speaking to worshippers gathered in Tehran for a Shiite holiday, Khamenei said the protesters’ economic demands in the sanctions-battered country were “just”.”The shopkeepers have protested against this situation and that is completely fair,” he added.But Khamenei nonetheless warned that while “authorities must have dialogue with protesters, it is useless to have dialogue with rioters. Those must be put in their place.”The first deaths were reported on Thursday as demonstrators clashed with authorities.The Tasnim news agency, citing a local official, also reported a man was killed on Friday in the holy city of Qom, south of Tehran, when a grenade he was trying to use exploded “in his hands”.A 17-year-old boy, connected to the Qom protests and wounded by gunfire, also died from his injuries, Tasnim added.However, local media do not necessarily report on every incident, and state media have downplayed coverage of protests, while videos flooding social media are often impossible to verify.- Political demands -The Fars news agency reported gatherings on Friday in several working-class neighbourhoods of Tehran, which is home to around 10 million people.In Darehshahr, in the country’s west, around 300 people blocked streets, threw Molotov cocktails and “brandished Kalashnikovs” on Friday, according to Fars.The movement kicked off on Sunday when shopkeepers went on strike in Tehran to protest economic conditions, and spread after university students elsewhere in the country took up the cause.In recent days, the protests have taken on a more overtly political bent.In Karaj, on the outskirts of the capital, “a few people burned the Iranian flag, shouting ‘Death to the dictator!’ and ‘This isn’t the last battle, Pahlavi is coming back!'” Fars reported, adding that others in the crowd objected to the slogans.The pro-Western Pahlavi dynasty ruled Iran from 1925 to 1979, when it was toppled by the Islamic revolution.Since the protests began, authorities have adopted a conciliatory tone when it comes to economic demands, while warning that destabilisation and chaos will not be tolerated.Though widespread, the demonstrations are smaller than the ones that broke out in 2022, triggered by the death in custody of Mahsa Amini, who was arrested for allegedly violating Iran’s strict dress code for women.Her death sparked a nationwide wave of anger that left several hundred people dead, including dozens of members of the security forces.Iran was also gripped by nationwide protests that began in late 2019 over a rise in fuel prices, eventually leading to calls to topple the country’s clerical rulers.

L’Iran estime “justes” les revendications économiques des manifestants mais fustigent les “émeutiers”

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a estimé samedi que les revendications économiques des manifestants en Iran étaient “justes” mais que les “émeutiers” devaient être “remis à leur place”, au septième jour d’un mouvement de contestation.Le mouvement, initialement lié au coût de la vie, a débuté le 28 décembre de Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique, et s’est depuis élargi à des revendications politiques.Au moins 12 personnes ont été tuées depuis lors d’affrontements, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan basé sur des annonces officielles.Les médias iraniens ont rapporté ces derniers jours des violences et dégradations localisées dans l’ouest du pays.”Lors d’affrontements à Malekshahi, Latif Karimi, membre des Gardiens de la Révolution, a été tué en défendant la sécurité du pays”, a indiqué samedi l’agence de presse Mehr, tandis que la mort d’un autre membre des forces de sécurité “à l’arme blanche et par balles” avait été annoncée plus tôt.Malekshahi est un comté d’environ 20.000 habitants où vit une importante population kurde. “Des émeutiers ont tenté de pénétrer dans un commissariat”, selon Fars, une autre agence, précisant que “deux assaillants ont été abattus”.- “Emeutiers” -La contestation touche ou a touché, à des degrés divers, au moins 30 villes, essentiellement de taille moyenne, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias.Devant des fidèles rassemblés à Téhéran à l’occasion d’une fête chiite, l’ayatollah Khamenei a estimé “justes” les revendications économiques des manifestants.”Les autorités du pays le reconnaissent, le président et d’autres responsables de haut rang s’efforcent de résoudre ce problème”, a-t-il déclaré. “C’est pourquoi les commerçants ont protesté contre cette situation, et c’est tout à fait juste”, a ajouté M. Khamenei, au pouvoir depuis 1989.”Nous dialoguons avec les manifestants (…) mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers. Ces derniers doivent être remis à leur place”, a toutefois affirmé le guide suprême.Depuis le début des protestations, le pouvoir joue à la fois sur l’apaisement, reconnaissant des “revendications légitimes” liées aux difficultés économiques, et sur la fermeté face à toute tentative de déstabilisation.L’agence Fars a fait état samedi de rassemblements la veille dans plusieurs quartiers populaires de Téhéran, qui compte environ 10 millions d’habitants. A Darehshahr, dans l’ouest de l’Iran, environ 300 personnes ont lancé des cocktails Molotov, bloqué des rues et “exhibé des kalachnikovs” vendredi, a rapporté l’agence de presse Fars.Selon l’agence Tasnim, qui cite un responsable local, un homme a par ailleurs été tué vendredi dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, par l’explosion “dans ses mains” d’une grenade qu’il comptait utiliser. Un jeune de 17 ans, en lien avec les manifestations à Qom et blessé par balles, a par ailleurs succombé à ses blessures, a ajouté Tasnim.- Slogans politiques -Les autorités et les médias iraniens ne communiquent pas nécessairement et en détail sur tous les incidents, ce qui complique l’appréciation des événements. Des vidéos sur la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.A Karaj, en périphérie de Téhéran, “quelques personnes ont brûlé le drapeau iranien en criant +Mort au dictateur!+ et +C’est pas la dernière bataille, Pahlavi revient!+”, a rapporté Fars, ajoutant que ces slogans avaient suscité des “protestations”.La dynastie Pahlavi (1925-1979), pro-occidentale et alliée des Etats-Unis, a été renversée par la Révolution islamique.Ces protestations sont toutefois de moindre ampleur que celles qui avaient secoué l’Iran fin 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée par la police des moeurs pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin. En 2019, des manifestations avaient aussi éclaté après l’annonce d’une envolée du prix de l’essence. La contestation avait alors touché une centaine de villes, notamment Téhéran, et fait des dizaines de morts.

Suisse: enquête pénale ouverte contre les gérants français du bar incendié

Les autorités suisses ont annoncé samedi l’ouverture d’une enquête pénale contre les deux gérants français du bar ravagé la nuit du nouvel an par un incendie dans la station de ski de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 119 blessés.Ils sont “prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”, ont indiqué la police et le bureau de la procureure générale du canton du Valais dans un communiqué.Avant d’envisager un éventuel procès, cette enquête devra établir la responsabilité de ce couple, Jacques et Jessica Moretti, dans le drame vraisemblablement provoqué par des bougies incandescentes entrées en contact avec le plafond du sous-sol de l’établissement.Un peu plus tôt samedi, la police avait annoncé l’identification et la remise à leurs familles des premiers corps. Ils s’agissait de ceux de deux Suissesses âgées de 21 et 16 ans et de deux Suisses de 18 et 16 ans.Vendredi, la même source avait annoncé que 113 des 119 blessés parmi lesquels 71 Suisses, 14 Français (16 selon le ministère français des Affaires étrangères samedi), 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais avaient pu être formellement identifiés.- “Emouvant” -“La Suisse est profondément triste”, a déclaré sur place dans l’après-midi le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, affirmant également que “le monde a besoin de connaître les responsabilités”.”C’est incroyablement émouvant de voir cet endroit et de réaliser la puissance de ces flammes, même au dernier étage où j’ai pu entrer. On peut sentir l’odeur… on voit les dégâts causés par ces flammes, elles devaient être d’une intensité incroyable. 500, 600 degrés, même à l’étage du dessus. C’est une tragédie terrible”, a-t-il encore déclaré devant la presse.Alors que l’identification des corps et des derniers blessés devrait durer plusieurs jours, selon les autorités, des dossiers ante mortem pour les disparus ont été ouverts en lien avec plusieurs pays parmi lesquelles la Belgique, la France, l’Italie, le Portugal, les Philippines, la Roumanie, la Serbie et la Turquie.Plusieurs patients-grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux de France, Belgique, Allemagne et Italie.- Solidarité -A Milan, Guido Bertolaso, responsable régional de la santé de Lombardie, a indiqué à la presse qu’une jeune fille de 15 ans grièvement atteinte devait arriver samedi à Milan par hélicoptère en provenance de Lausanne.Deux autres garçons vraisemblablement italiens, a-t-il précisé, se trouvent également au centre des grands brûlés de Zurich, en attente de tests ADN.”Pourquoi ne pouvons-nous pas les identifier ? Parce que leurs visages sont entièrement recouverts de bandages. (…) Nous ne pouvons donc pas retirer les bandages pour les distinguer. Ils sont intubés et ne peuvent donc pas parler. Nous devons attendre de pouvoir les identifier formellement”, a déclaré M. Bertolaso.Les hommages et appels à se rassembler sont lancés dans le Valais. Plusieurs messes à l’intention des victimes sont prévues, dont une samedi à Montana. Parallèlement, de nombreux groupes ont été créés sur les réseaux sociaux pour proposer aide, services ou solutions de logement aux proches des victimes ou équipes de soin ou de secours à Crans-Montana, mais aussi à à Genève, Lausanne ou Zurich, où des blessés ont été admis.”Je propose un petit logement pour une ou deux personnes en couple, à Grimisuat, 20 min de voiture de Crans et 12 mn de l’hôpital de Sion. Salle de bains et micro-ondes mais pas de cuisine. Uniquement pour famille ou soignant du drame de Crans Montana”, indiquait une de ces annonces.- Une mousse qui interroge -Avant l’ouverture de l’enquête pour “négligence” contre les patrons du bar, la procureure, Béatrice Pilloud, avait indiqué vendredi que “tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne”.Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.Des témoins ont décrit des scènes d’horreur: des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.Outre les bougies, les enquêteurs se penchent également sur la mousse -un isolant acoustique – recouvrant le plafond du sous-sol du bar, qui semble s’être rapidement embrasée si l’on se fie aux vidéos circulant sur les réseaux sociaux. La suite de l’enquête “portera notamment sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité”, avait détaillé vendredi Mme Pilloud.- “laissez-nous tranquilles” -De son côté le président de la commune de Crans-Montana Nicolas Féraud a assuré à la radio-télévision publique suisse RTS qu’il n’y avait eu aucun laxisme de la part de sa commune, mais qu’il est “évident que ce genre de catastrophe remet” des choses en cause, notamment sur “le contrôle de tous les établissements publics”.Interrogé samedi par quelques journalistes – dont l’AFP – devant son domicile de la commune voisine de Lens, le propriétaire du bar Jacques Moretti a lancé: “laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil”.Vendredi, il avait assuré au quotidien La Tribune de Genève que son bar avait été contrôlé “trois fois en dix ans” et que “tout s'(était) fait dans les normes”.Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation. En attendant, les intéressés n’ont fait l’objet d’aucune mesure de détention provisoire ni d’assignation à résidence, a confirmé à l’AFP un porte-parole de la police cantonale.

Venezuela: la chute soudaine de Nicolas Maduro

Des sifflements, des détonations… On pense d’abord à des feux d’artifices, innombrables à Caracas le jour de l’an, mais les fenêtres tremblent sous l’effet du souffle de ces énormes explosions: ce samedi à 02H00 du matin, l’opération américaine pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir vient de commencer.Les sifflements et grondements d’avions et/ou de missiles sont omniprésents, ponctués par des dizaines d’explosions avec parfois le ciel qui s’illumine quelques instants.”J’ai senti que (les explosions) m’ont soulevée hors du lit. Sur le moment j’ai pensé +Mon Dieu, mon jour est arrivé+, et j’ai pleuré”, a raconté à l’AFP Maria Eugenia Escobar, une habitante de La Guaira, âgée de 58 ans.Des journalistes de l’AFP entendent des hélicoptères sans savoir s’il s’agit d’appareils vénézuéliens ou américains.Des colonnes de fumée s’élèvent de plusieurs endroits de la capitale: Fuerte Tiuna, l’immense enclave militaire dans Caracas et l’aéroport militaire de la Carlota.Des témoins évoquent des frappes à la Guaira, l’aéroport et port de Caracas, à Maracay à l’ouest, et Higuerote à l’est.Vers 03H15, les opérations semblent se terminer… Mais, vers 05H00 c’est le surprise: le président américain Donald Trump annonce que les Etats-Unis ont capturé et exfiltré M. Maduro et la Première dame, Cilia Flores, surnommée la Première combattante.Où et comment? Aucune explication. Jusqu’à la prise de parole de Trump sur la chaîne américaine FoxNews.- Aveu d’impuissance -“Il se trouvait dans un endroit très fortement gardé… en fait, c’était comme une forteresse. Il était dans une forteresse. Il y avait des portes en acier, il y avait ce qu’ils appellent un espace de sécurité, avec de l’acier solide tout autour. Il n’a pas réussi à fermer cet espace, il a essayé d’y entrer mais il s’est fait attraper tellement vite qu’il n’y est pas parvenu”, a fanfaronné Donald Trump, racontant avoir suivi en direct l’opération “littéralement comme j’aurais regardé un show télévisé”.Le lever du jour révèle l’ampleur de l’attaque. Des petits blindés présentent des impacts de balles, d’autres véhicules sont calcinés. Des zones de la capitale sentent encore la poudre. Des habitants fuient Fuerte Tiuna, parlant de survie.Aveu d’impuissance, la vice-présidente Delcy Rodriguez dit, par téléphone à la télévision, ne pas savoir où se trouve Maduro, tout en appelant à un plan de défense du pays.Des hélicoptères américains ont pénétré jusqu’au coeur de Caracas pour capturer Nicolas Maduro. C’est une surprise. Au Venezuela, on avait fini par s’habituer aux menaces de Trump qui avait tenté en vain d’évincer Maduro du pouvoir lors de son premier séjour à la Maison Blanche (2017-2021). Comme aux soit-disant coup d’Etat et conspirations réelles ou imaginaires dénoncés par Maduro.- Pas de bilan humain -Trump a graduellement accentué sa pression sur Maduro. Dès le début de son mandat début 2025, il a durci les sanctions économiques, puis en août a déployé une flotte militaire dans les Caraïbes, accusant Maduro d’être à la tête d’un cartel de narcotrafiquants dont l’existence reste, selon des experts, à démontrer.En septembre, Washington commence à mener des frappes contre des bateaux de narcotrafiquants présumés, lesquelles ont fait jusqu’ici plus de 100 morts. En novembre, arrive dans les Caraïbes le plus grand porte-avions du monde. En décembre, les Etats-Unis saisissent manu militari un pétrolier, puis un deuxième. Tout cela sur fond d’innombrables incursions d’avions militaires américains aux limites, voire au-dessus du Venezuela.”Yes peace, No war”, s’écriait, chantait ou dansait Nicolas Maduro à de nombreuses reprises en public ou à la télévision, parlant de guerre “psychologique” menée par “Goliath” contre David. Finalement, après avoir patiemment placé ses pions, “Goliath” est passé à l’offensive avec une opération qui lui a permis de mettre à exécution une menace répétée à plusieurs reprises ces dernières semaines: les jours au pouvoir de Maduro sont “comptés”.Si M. Trump s’est félicité qu’aucun soldat américain n’ait été tué, on ne connaît pas encore le bilan humain côté vénézuélien.Le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a accusé l’armée américaine d’avoir frappé “des zones résidentielles de population civile”.

Le président vénézuélien Maduro capturé et exfiltré par les Etats-Unis, qui veulent le juger

Le président américain Donald Trump a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro, amené à New York pour y être jugé, après plusieurs frappes sur le pays sud-américain.Nicolas Maduro, capturé avec son épouse par les forces américaines, va être conduit à New York, a déclaré dans une interview à Fox News le président américain qui a affirmé avoir regardé en direct l’opération de capture et d’exfiltration.”Ils ont été inculpés à New York”, a rappelé le président américain, faisant écho à une précédente déclaration de sa ministre de la Justice, Pam Bondi, selon laquelle le couple est poursuivi pour “narcoterrorisme” et “complot pour importation de cocaïne” aux Etats-Unis. “Ils sont à bord d’un navire, mais ils se dirigent vers New York”, a-t-il précisé.”L’heure de la liberté est arrivée”, a réagi dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, après la capture du président Maduro. La prix Nobel de la paix 2025 a estimé que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, doit “assumer immédiatement” la présidence.”Les Etats-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays”, avait écrit auparavant M. Trump sur son réseau Truth Social.Le bilan humain des frappes reste pour l’heure inconnu. Alors que Caracas s’est réveillée dans le silence et que plusieurs quartiers sentaient la poudre, des habitants ont commencé à se rendre dans les supermarchés et les stations d’essence où des files d’attente se sont formées, a constaté l’AFP. Dans le même temps, quelque 500 partisans du président vénézuélien, au pouvoir depuis 2013, se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas. “Comment se fait-il qu’un gouvernement étranger vienne s’ingérer dans le pays et en expulse le président? (…) C’est la force du puissant, c’est la force du caïd de quartier”, a déploré Katia Briceño, une professeure d’université de 54 ans.Le président américain a assuré qu’aucun Américain n’a été tué lors de la capture de Nicolas Maduro, qui se trouvait “dans un endroit très bien gardé, comme une forteresse”. “Deux hommes ont été touchés, mais ils sont revenus et sont en bonne forme”, a-t-il précisé.Dans une brève déclaration au New York Times, Donald Trump s’était félicité d’une opération “remarquable” ayant impliqué “une bonne préparation et beaucoup de bons, bons soldats”, notamment contre le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, au sud de Caracas, et la base aérienne de Carlota, au nord.- Frappes nocturnes -Après avoir jugé “profondément inquiétante et condamnable” l’intervention américaine, Moscou a “exhorté” les Etats-Unis à “libérer le président légalement élu d’un pays souverain ainsi que son épouse”, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.Pékin s’est dit “profondément choqué” et a “condamné fermement le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain et leur action contre son président”, tandis que l’Iran, un autre allié de Caracas, a condamné “fermement l’attaque militaire américaine”.La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a exigé des Etats-Unis “une preuve de vie” du couple Maduro après cette opération spectaculaire.  En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil. Dans beaucoup de quartiers, ils se sont rués à leur fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qu’il se passait.De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l’AFP. Les explosions “m’ont soulevée hors du lit par la force, et sur le moment j’ai pensé +Mon Dieu, mon jour est arrivé+, et j’ai pleuré”, a raconté à l’AFP Maria Eugenia Escobar, une habitante de La Guaira, âgée de 58 ans.Des explosions ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP. D’autres habitants ont dit à l’AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de km à l’est de Caracas.A fuerte Tiuna, épicentre des bombardements de la nuit, des gens fuyaient l’enclave avec des valises et des sacs remplis de vêtements. Certains ont expliqué à l’AFP qu’ils partaient pour protéger leur famille. “Ils ont failli nous tuer”, a expliqué l’un des résidents.”Le Venezuela rejette et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens”, a dénoncé le gouvernement vénézuélien dans un communiqué.”L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la Nation”, poursuit le communiqué.”Les forces envahisseuses (…) ont profané notre sol (…) allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles”, a accusé le général Vladimir Padrino Lopez, indiquant être en “train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts”.- “Dangereux précédent” -L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient “comptés”, après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est inquiété “que le droit international n’ait pas été respecté”, déplorant un “dangereux précédent”.L’Espagne a “appelé à la désescalade et à la modération” et s’est dite “disposée à offrir ses bons offices” comme médiateur.L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a rappelé qu'”en toutes circonstances, les principes du droit international et de la Charte des Nations unies doivent être respectés”. Londres et Paris ont rappelé le respect des mêmes principes, tandis que la Première ministre italienne Georgia Meloni a jugé “légitime” l'”intervention défensive” des Etats-Unis.Le Mexique a condamné “avec la plus grande fermeté”, comme le président Lula au Brésil, les frappes américaines, à l’inverse saluées par un tonitruant “La liberté avance, vive la liberté, bordel !” du président argentin pro-Trump, Javier Milei.