Ukraine : Starmer à Washington pour essayer de rapprocher Trump et l’Europe

Après Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer se rend à son tour jeudi à Washington pour essayer de convaincre Donald Trump que des garanties de sécurité sont nécessaires à tout accord de cessez-le feu avec la Russie en Ukraine.L’exercice diplomatique s’annonce périlleux pour l’ancien avocat des droits humains, travailliste très attaché au multilatéralisme, face à un président américain, unilatéraliste souvent imprévisible.Alors que le président français a estimé lundi qu’une “trêve” est possible “dans les semaine à venir”, le principal objectif de Keir Starmer est d’obtenir de Trump que les États-Unis fournissent un filet de sécurité, peut-être sous la forme d’une couverture aérienne, de renseignement et de logistique, pour soutenir d’éventuelles troupes européennes envoyées en Ukraine pour surveiller un cessez-le-feu.Londres et Paris sont les fers de lance de propositions visant à envoyer une “force de réassurance” de milliers de soldats européens pour protéger l’Ukraine dans le cadre d’une cessation des combats.L’administration Trump a exclu d’engager des soldats américains, mais pour Starmer le “filet de sécurité” américain est essentiel pour dissuader la Russie de “lancer une autre invasion dans quelques années”.Publiquement, M. Starmer a déjà cherché à apaiser Trump en se disant prêt à envoyer des soldats de la paix britanniques sur le terrain, comme l’a aussi fait la France.Soucieux de convaincre, il sera “très réticent à critiquer publiquement Trump, mais il devra trouver une façon de le faire diplomatiquement, pour le bien de l’Ukraine”, explique Evie Aspinall, directrice du centre britannique de recherches “Foreign Policy Group”.Le Premier ministre britannique insistera aussi sur le fait que l’Ukraine doit être impliquée dans les négociations pour mettre fin à la guerre lancée par Moscou il y a trois ans contre son voisin, alors que Washington a choqué l’Europe en entamant ces négociations avec la seule Russie.- Un “pont” entre Washington et l’Europe -Il essayera aussi de convaincre Donald Trump lors de leur rencontre à la Maison Blanche que les dirigeants européens sont sérieux dans leur volonté d’augmenter leurs dépenses de défense, alors que le président américain répète régulièrement qu’ils devraient contribuer plus à l’OTAN.Starmer est sous pression pour s’engager sur un calendrier visant à augmenter les dépenses de défense britanniques de 2,3% à 2,5% du PIB et pourrait être tenté de faire une annonce cette semaine pour amadouer le président américain.Contrairement à d’autres dirigeants européens, il s’est efforcé d’éviter de s’opposer publiquement à Donald Trump.Il a néanmoins apporté la semaine dernière son “soutien” au président ukrainien Volodymyr Zelensky “démocratiquement élu”, après une sortie du président américain le qualifiant de “dictateur”.Trump a accusé le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique de n’avoir “rien” fait pour mettre fin à la guerre en Ukraine depuis trois ans.Keir Starmer espère néanmoins pouvoir être un “pont” entre les Etats-Unis et l’Europe.Pour Kim Darroch, ancien ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis, Starmer devrait jouer sur l’ego de Trump et souligner l’héritage qu’il pourrait laisser. “Si j’étais Starmer, je dirais à Trump +c’est votre chance d’entrer dans l’histoire+”, a-t-il déclaré sur la BBC.”+Mais il faut que ce soit un accord équitable. Si c’est un mauvais accord, vous n’obtiendrez pas ces éloges, vous recevrez beaucoup de critiques et c’est cela qui restera dans les livres d’histoire+”, a-t-il ajouté.D’autres sujets de tensions sont aussi à l’agenda de Keir Starmer, dont les prochains droits de douane de 25% annoncés par Trump sur l’acier et l’aluminium.L’intention de Keir Starmer de transférer à l’île Maurice le contrôle des îles Chagos, archipel stratégique de l’océan Indien où se trouve une base militaire américano-britannique sur l’île de Diego Garcia, pourrait aussi ajouter à ces tensions.”Le plus grand risque est que Trump continue de réprimander l’Ukraine et l’Europe et peut-être même le Royaume-Uni, embarrassant Starmer et portant atteinte à la crédibilité du Royaume-Uni”, estime Evie Aspinall. 

Allemagne : la Bundesbank enregistre sa première perte depuis 1979

La banque centrale allemande a fait état mardi d’une perte historique de 19,2 milliards d’euros en 2024, sa première depuis 1979, ce qui prive le gouvernement de soutien financier pour son budget déjà difficile à boucler.En cause: les taux élevés de la Banque centrale européenne.À partir de l’été 2022, la BCE a rapidement relevé les taux pour maîtriser l’inflation élevée en zone euro, avant de les abaisser à partir de juin dernier une fois la déflation confirmée.La hausse des taux a accru les dépenses d’intérêts des banques centrales de la zone euro, comme la Bundesbank, qui rémunèrent les banques commerciales sur une partie des dépôts dormant à leurs guichets.Dans le même temps les recettes s’amenuisent car de nombreux emprunts d’Etat et obligations d’entreprises achetés massivement par la Bundesbank et les autres banques centrales nationales pendant les années de crise offrent des rendements faibles.La Bundesbank avait aussi terminé les quatre derniers exercices dans le rouge mais avait comblé les trous en puisant dans ses réserves, ce qui avait permis d’afficher des comptes à l’équilibre.D’autres pertes sont également probables pour les années à venir, même si “le pic devrait être dépassé”, a déclaré le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, lors de la présentation des résultats annuels.En temps normal, le ministère fédéral des Finances prévoit un gain de plusieurs milliards d’euros de la Bundesbank dans le budget fédéral. En 2019, le ministre de l’époque, le social-démocrate Olaf Scholz, avait pu se réjouir d’un bénéfice record de 5,85 milliards d’euros par la “Buba” venant grossir les recettes de l’Etat. Des recettes dont le prochain gouvernement mené par le conservateur Friedrich Merz, qui peine déjà à trouver des financements pour ses projets, devra encore se passer un moment.

En Europe, près de 76.000 enfants meurent chaque année avant l’âge de 5 ans

Les complications liées à la prématurité, l’asphyxie à la naissance, ou les infections ont causé le décès, en partie évitable, de 75.647 enfants avant leur 5ème anniversaire en Europe en 2022, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié mardi.Les anomalies congénitales du coeur et le sepsis néonatal (septicémie) comptent également parmi les cinq raisons principales de cette mortalité, selon cette étude portant sur 53 pays d’Europe et d’Asie centrale, dont les 27 de l’UE, représentant 930 millions d’habitants.”De nombreux nourrissons et enfants meurent encore de façon injustifiée avant l’âge de cinq ans”, écrit l’OMS Europe dans son bilan triennal publié mardi.”Dans certains pays, la mortalité des enfants de moins de cinq ans, et même la mortalité maternelle, stagne, augmente ou s’inverse (…) ce n’est pas le moment de se reposer sur ses lauriers”, a dit une responsable de santé publique de l’agence, Natasha Muscat, lors d’une conférence de presse en ligne.Si le taux de mortalité des moins de cinq ans reste très faible en Europe, les écarts entre les pays les mieux et les moins bien classés sont considérables.Ainsi, la plupart des pays de l’Union européenne compte entre 1,5 et 4,1 décès pour 1.000 naissances, à l’opposé du Turkménistan et du Tadjikistan, où ce taux est compris entre 18,2 et 40,4. “Réduire cet écart demeure un défi”, écrit l’agence.La région, qui abrite des systèmes de santé parmi les plus solides au monde, stagne voire régresse sur une série d’indicateurs, notamment en matière de santé des enfants et des adolescents, souligne l’OMS.- “Menaces nouvelles et évolutives” -D’autres problématiques liées à la santé des enfants et des adolescents assombrissent le tableau: un adolescent sur cinq souffre d’un trouble mental, le suicide reste la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, les filles signalent systématiquement un niveau de bien-être mental inférieur à celui des garçons. “Nos jeunes sont confrontés à des menaces nouvelles et évolutives”, a noté lors du point presse le directeur régional de l’OMS, Hans Kluge.Ainsi 15% des adolescents déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement, un adolescent sur 10 âgé de 13 à 15 ans consomme du tabac et près d’un enfant sur trois ayant atteint l’âge scolaire est en surpoids, 1 sur 8 en état d’obésité.L’organisation a lancé une consultation avec les 53 États membres pour définir les priorités et les actions à mener lors des cinq prochaines années.Pour M. Kluge, il est urgent de se réformer car non seulement les virus ne respectent pas les frontières mais la population européenne vieillit – la part des seniors (plus de 65 ans) est supérieure à celle des moins de 15 ans – et son mode de vie (obésité, tabagisme, consommation d’alcool) inquiète.”La région européenne doit être audacieuse et innovante dans ses efforts pour construire des sociétés plus saines et plus stables, mais elle doit aussi réaliser que la sécurité sanitaire est essentielle à la sécurité nationale et internationale”, a-t-il dit, notant que nos systèmes de santé n’étaient pas mieux préparés aux urgences sanitaires qu’avant la pandémie de Covid-19.

En Europe, près de 76.000 enfants meurent chaque année avant l’âge de 5 ans

Les complications liées à la prématurité, l’asphyxie à la naissance, ou les infections ont causé le décès, en partie évitable, de 75.647 enfants avant leur 5ème anniversaire en Europe en 2022, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié mardi.Les anomalies congénitales du coeur et le sepsis néonatal (septicémie) comptent également parmi les cinq raisons principales de cette mortalité, selon cette étude portant sur 53 pays d’Europe et d’Asie centrale, dont les 27 de l’UE, représentant 930 millions d’habitants.”De nombreux nourrissons et enfants meurent encore de façon injustifiée avant l’âge de cinq ans”, écrit l’OMS Europe dans son bilan triennal publié mardi.”Dans certains pays, la mortalité des enfants de moins de cinq ans, et même la mortalité maternelle, stagne, augmente ou s’inverse (…) ce n’est pas le moment de se reposer sur ses lauriers”, a dit une responsable de santé publique de l’agence, Natasha Muscat, lors d’une conférence de presse en ligne.Si le taux de mortalité des moins de cinq ans reste très faible en Europe, les écarts entre les pays les mieux et les moins bien classés sont considérables.Ainsi, la plupart des pays de l’Union européenne compte entre 1,5 et 4,1 décès pour 1.000 naissances, à l’opposé du Turkménistan et du Tadjikistan, où ce taux est compris entre 18,2 et 40,4. “Réduire cet écart demeure un défi”, écrit l’agence.La région, qui abrite des systèmes de santé parmi les plus solides au monde, stagne voire régresse sur une série d’indicateurs, notamment en matière de santé des enfants et des adolescents, souligne l’OMS.- “Menaces nouvelles et évolutives” -D’autres problématiques liées à la santé des enfants et des adolescents assombrissent le tableau: un adolescent sur cinq souffre d’un trouble mental, le suicide reste la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, les filles signalent systématiquement un niveau de bien-être mental inférieur à celui des garçons. “Nos jeunes sont confrontés à des menaces nouvelles et évolutives”, a noté lors du point presse le directeur régional de l’OMS, Hans Kluge.Ainsi 15% des adolescents déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement, un adolescent sur 10 âgé de 13 à 15 ans consomme du tabac et près d’un enfant sur trois ayant atteint l’âge scolaire est en surpoids, 1 sur 8 en état d’obésité.L’organisation a lancé une consultation avec les 53 États membres pour définir les priorités et les actions à mener lors des cinq prochaines années.Pour M. Kluge, il est urgent de se réformer car non seulement les virus ne respectent pas les frontières mais la population européenne vieillit – la part des seniors (plus de 65 ans) est supérieure à celle des moins de 15 ans – et son mode de vie (obésité, tabagisme, consommation d’alcool) inquiète.”La région européenne doit être audacieuse et innovante dans ses efforts pour construire des sociétés plus saines et plus stables, mais elle doit aussi réaliser que la sécurité sanitaire est essentielle à la sécurité nationale et internationale”, a-t-il dit, notant que nos systèmes de santé n’étaient pas mieux préparés aux urgences sanitaires qu’avant la pandémie de Covid-19.

Jordan Bardella a démissionné de son mandat de conseiller régional d’ÃŽle-de-France

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a démissionné de son mandat de conseiller régional d’Ile-de-France, où il était élu depuis 2015, a-t-on appris mardi auprès de l’institution, confirmant des informations de Libération.”Il laisse sa place, ce qui est très commun dans le cadre de mandats multiples”, a commenté auprès de l’AFP son entourage.M. Bardella avait été élu conseiller régional dès 2015, son premier mandat électif, alors qu’il était âgé de 20 ans.Elu député européen à partir de 2019, il avait conservé son siège dans l’assemblée francilienne et s’était représenté lors des régionales de 2021, tête de liste dans le département de Seine-Saint-Denis.”Il était conseiller régional bénévole”, a souligné son entourage, en rappelant que ses indemnités d’élu à Strasbourg et en ÃŽle-de-France étaient “écrêtées”, ne pouvant être cumulées.Selon la Région présidée par Valérie Pécresse (LR), Jordan Bardella a quitté son siège le 19 février. “Jordan Bardella était invisible à la Région, il n’était quasiment jamais présent aux plénières”, a-t-on indiqué de source régionale.Il passe la main à Colette Lévêque, numéro deux sur la liste RN en Seine-Saint-Denis.

COP16: le monde reprend à Rome l’âpre débat pour financer la sauvegarde de la nature

La COP16, grande conférence environnementale des Nations Unies, a entamé mardi trois jours de prolongations à Rome pour dénouer le blocage Nord-Sud sur le financement de la sauvegarde de la nature, “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle”, a exhorté la présidente colombienne du sommet. Les débats portent sur “l’une des politiques qui a le pouvoir d’unifier le monde”, “ce qui n’est pas rien dans un paysage géopolitique très polarisé, fragmenté, divisé et conflictuel”, a déclaré en ouverture la ministre colombienne Susana Muhamad, présidente de cette 16e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB).Ce qui est en jeu est “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle, c’est-à-dire notre capacité à soutenir la vie sur cette planète”, a-t-elle rappellé en ouverture de ces prolongations organisées au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Face à elle, quelque 300 représentants de 154 pays avaient pris place vers 10H00 dans la grande salle dominant les ruines du Circus Maximus battues par la pluieMais dès les premières prises de paroles, le Brésil, au nom de plusieurs pays émergents riches en biodiversité, et le Zimbabwe, pour le groupe Afrique, ont rejeté le compromis proposé par la présidence pour éviter la répétition de l’échec des négociations en Colombie.Début novembre, la COP16 s’était conclue à Cali sans régler une vive dispute entre pays riches et en développement sur leur collaboration pour débloquer l’argent nécessaire afin de stopper la destruction de la nature d’ici 2030.Cet objectif, fixé en 2022 dans l’accord de Kunming-Montréal, s’accompagne d’une feuille de route de 23 objectifs à atteindre dans la décennie, destinés à protéger la planète et ses êtres vivants contre la déforestation, la surexploitation des ressources, le changement climatique, la pollution et les espèces invasives.L’objectif phare prévoit de placer 30% des terres et des mers dans des aires protégées d’ici 2030, contre environ 17% et 8% actuellement selon l’ONU.Un éventuel échec de ce programme fait peser un risque majeur sur les ressources alimentaires, la qualité de l’air, la régulation du climat et la santé des écosystèmes de la planète.Les trois quarts des terres émergées ont déjà été altérées par l’humanité — urbanisées ou transformées en cultures — et un quart des espèces pour lesquelles les données scientifiques sont solides sont menacées d’extinction.- Nouveau fonds ? -L’accord de Kunming-Montréal a fixé l’objectif d’atteindre 200 milliards de dollars de dépenses annuelles pour la nature d’ici 2030 dont 30 milliards de transfert des pays développés vers les pays pauvres (contre environ 15 en 2022, selon l’OCDE).Mais comment mobiliser et répartir l’argent ? A Cali, le dernier texte prévoyait la création d’un fonds pour distribuer l’argent public des grandes puissances.Mais ces dernières — menées par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des Etats-Unis, non-signataires de la convention mais important bailleur — y sont radicalement hostiles. Elles dénoncent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement en cours des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Vendredi, la présidence de la COP16 a publié une proposition de compromis qui  propose une réforme d’ici 2030 des différents flux financiers destinés à la sauvegarde de la nature.Le document prévoit d'”améliorer les performances” du Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution temporaire modestement dotée (400 millions de dollars).Mais il prévoit aussi de “désigner ou établir un instrument mondial, ou une série d’instruments” sur le financement de la protection de la nature.Il fixe l’objectif qu'”au moins un instrument” soit placé sous l’autorité de la CDB, revendication majeure des pays en développement, qui réclament plus d’équité et de transparence dans l’accès aux financements.C’est cette proposition que les premiers orateurs du monde en développement ont repoussé mardi, annonçant trois jours de difficile discussions, dans un contexte géopolitique difficile, déjà marqué par négociations financières décevantes à la COP29 sur le climat et l’enlisement de celles sur un traité contre la pollution plastique.Loin des 23.000 participants de Cali, la session a repris sur un petit format, avec 1.400 personnes accréditées, en majorité observateurs de la société civile et experts, et seulement 25 pays représentés au niveau ministériel.

COP16: le monde reprend à Rome l’âpre débat pour financer la sauvegarde de la nature

La COP16, grande conférence environnementale des Nations Unies, a entamé mardi trois jours de prolongations à Rome pour dénouer le blocage Nord-Sud sur le financement de la sauvegarde de la nature, “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle”, a exhorté la présidente colombienne du sommet. Les débats portent sur “l’une des politiques qui a le pouvoir d’unifier le monde”, “ce qui n’est pas rien dans un paysage géopolitique très polarisé, fragmenté, divisé et conflictuel”, a déclaré en ouverture la ministre colombienne Susana Muhamad, présidente de cette 16e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB).Ce qui est en jeu est “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle, c’est-à-dire notre capacité à soutenir la vie sur cette planète”, a-t-elle rappellé en ouverture de ces prolongations organisées au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Face à elle, quelque 300 représentants de 154 pays avaient pris place vers 10H00 dans la grande salle dominant les ruines du Circus Maximus battues par la pluieMais dès les premières prises de paroles, le Brésil, au nom de plusieurs pays émergents riches en biodiversité, et le Zimbabwe, pour le groupe Afrique, ont rejeté le compromis proposé par la présidence pour éviter la répétition de l’échec des négociations en Colombie.Début novembre, la COP16 s’était conclue à Cali sans régler une vive dispute entre pays riches et en développement sur leur collaboration pour débloquer l’argent nécessaire afin de stopper la destruction de la nature d’ici 2030.Cet objectif, fixé en 2022 dans l’accord de Kunming-Montréal, s’accompagne d’une feuille de route de 23 objectifs à atteindre dans la décennie, destinés à protéger la planète et ses êtres vivants contre la déforestation, la surexploitation des ressources, le changement climatique, la pollution et les espèces invasives.L’objectif phare prévoit de placer 30% des terres et des mers dans des aires protégées d’ici 2030, contre environ 17% et 8% actuellement selon l’ONU.Un éventuel échec de ce programme fait peser un risque majeur sur les ressources alimentaires, la qualité de l’air, la régulation du climat et la santé des écosystèmes de la planète.Les trois quarts des terres émergées ont déjà été altérées par l’humanité — urbanisées ou transformées en cultures — et un quart des espèces pour lesquelles les données scientifiques sont solides sont menacées d’extinction.- Nouveau fonds ? -L’accord de Kunming-Montréal a fixé l’objectif d’atteindre 200 milliards de dollars de dépenses annuelles pour la nature d’ici 2030 dont 30 milliards de transfert des pays développés vers les pays pauvres (contre environ 15 en 2022, selon l’OCDE).Mais comment mobiliser et répartir l’argent ? A Cali, le dernier texte prévoyait la création d’un fonds pour distribuer l’argent public des grandes puissances.Mais ces dernières — menées par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des Etats-Unis, non-signataires de la convention mais important bailleur — y sont radicalement hostiles. Elles dénoncent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement en cours des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Vendredi, la présidence de la COP16 a publié une proposition de compromis qui  propose une réforme d’ici 2030 des différents flux financiers destinés à la sauvegarde de la nature.Le document prévoit d'”améliorer les performances” du Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution temporaire modestement dotée (400 millions de dollars).Mais il prévoit aussi de “désigner ou établir un instrument mondial, ou une série d’instruments” sur le financement de la protection de la nature.Il fixe l’objectif qu'”au moins un instrument” soit placé sous l’autorité de la CDB, revendication majeure des pays en développement, qui réclament plus d’équité et de transparence dans l’accès aux financements.C’est cette proposition que les premiers orateurs du monde en développement ont repoussé mardi, annonçant trois jours de difficile discussions, dans un contexte géopolitique difficile, déjà marqué par négociations financières décevantes à la COP29 sur le climat et l’enlisement de celles sur un traité contre la pollution plastique.Loin des 23.000 participants de Cali, la session a repris sur un petit format, avec 1.400 personnes accréditées, en majorité observateurs de la société civile et experts, et seulement 25 pays représentés au niveau ministériel.

COP16: le monde reprend à Rome l’âpre débat pour financer la sauvegarde de la nature

La COP16, grande conférence environnementale des Nations Unies, a entamé mardi trois jours de prolongations à Rome pour dénouer le blocage Nord-Sud sur le financement de la sauvegarde de la nature, “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle”, a exhorté la présidente colombienne du sommet. Les débats portent sur “l’une des politiques qui a le pouvoir d’unifier le monde”, “ce qui n’est pas rien dans un paysage géopolitique très polarisé, fragmenté, divisé et conflictuel”, a déclaré en ouverture la ministre colombienne Susana Muhamad, présidente de cette 16e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB).Ce qui est en jeu est “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle, c’est-à-dire notre capacité à soutenir la vie sur cette planète”, a-t-elle rappellé en ouverture de ces prolongations organisées au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Face à elle, quelque 300 représentants de 154 pays avaient pris place vers 10H00 dans la grande salle dominant les ruines du Circus Maximus battues par la pluieMais dès les premières prises de paroles, le Brésil, au nom de plusieurs pays émergents riches en biodiversité, et le Zimbabwe, pour le groupe Afrique, ont rejeté le compromis proposé par la présidence pour éviter la répétition de l’échec des négociations en Colombie.Début novembre, la COP16 s’était conclue à Cali sans régler une vive dispute entre pays riches et en développement sur leur collaboration pour débloquer l’argent nécessaire afin de stopper la destruction de la nature d’ici 2030.Cet objectif, fixé en 2022 dans l’accord de Kunming-Montréal, s’accompagne d’une feuille de route de 23 objectifs à atteindre dans la décennie, destinés à protéger la planète et ses êtres vivants contre la déforestation, la surexploitation des ressources, le changement climatique, la pollution et les espèces invasives.L’objectif phare prévoit de placer 30% des terres et des mers dans des aires protégées d’ici 2030, contre environ 17% et 8% actuellement selon l’ONU.Un éventuel échec de ce programme fait peser un risque majeur sur les ressources alimentaires, la qualité de l’air, la régulation du climat et la santé des écosystèmes de la planète.Les trois quarts des terres émergées ont déjà été altérées par l’humanité — urbanisées ou transformées en cultures — et un quart des espèces pour lesquelles les données scientifiques sont solides sont menacées d’extinction.- Nouveau fonds ? -L’accord de Kunming-Montréal a fixé l’objectif d’atteindre 200 milliards de dollars de dépenses annuelles pour la nature d’ici 2030 dont 30 milliards de transfert des pays développés vers les pays pauvres (contre environ 15 en 2022, selon l’OCDE).Mais comment mobiliser et répartir l’argent ? A Cali, le dernier texte prévoyait la création d’un fonds pour distribuer l’argent public des grandes puissances.Mais ces dernières — menées par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des Etats-Unis, non-signataires de la convention mais important bailleur — y sont radicalement hostiles. Elles dénoncent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement en cours des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Vendredi, la présidence de la COP16 a publié une proposition de compromis qui  propose une réforme d’ici 2030 des différents flux financiers destinés à la sauvegarde de la nature.Le document prévoit d'”améliorer les performances” du Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution temporaire modestement dotée (400 millions de dollars).Mais il prévoit aussi de “désigner ou établir un instrument mondial, ou une série d’instruments” sur le financement de la protection de la nature.Il fixe l’objectif qu'”au moins un instrument” soit placé sous l’autorité de la CDB, revendication majeure des pays en développement, qui réclament plus d’équité et de transparence dans l’accès aux financements.C’est cette proposition que les premiers orateurs du monde en développement ont repoussé mardi, annonçant trois jours de difficile discussions, dans un contexte géopolitique difficile, déjà marqué par négociations financières décevantes à la COP29 sur le climat et l’enlisement de celles sur un traité contre la pollution plastique.Loin des 23.000 participants de Cali, la session a repris sur un petit format, avec 1.400 personnes accréditées, en majorité observateurs de la société civile et experts, et seulement 25 pays représentés au niveau ministériel.

Memories of World Cup shock boost Afghanistan for England clash

Afghanistan skipper Hashmatullah Shahidi warned England on Tuesday that memories of their famous 2023 World Cup win over the then holders gives them the confidence to pull off a Champions Trophy surprise.Both teams need a win on Wednesday in Lahore to keep alive their hopes of reaching the semi-finals in the 50-over tournament after losing their respective openers.Afghanistan shocked England in 2023 when they humbled the defending world champions by 69 runs in New Delhi.Afghanistan’s rise in white-ball cricket has been rapid.”We worked hard to achieve at this level and are ready to play every game in a positive way,” Shahidi said on the eve of the pivotal Group B clash.”We will take that confidence with us what happened in the 2023 World Cup. But at the same time, tomorrow is a new day and we will try our best to beat them again.”Afghanistan started the eight-nation Champions Trophy with a 107-run hammering by South Africa in Karachi.Their bowlers took a beating in South Africa’s impressive total of 315-6. Ace spinner Rashid Khan went wicketless and leaked 59 runs from his 10 overs of leg-spin.In turn Afghanistan were bowled out for a meagre 208. Shahidi, however, expects a much better show from his side at the Gaddafi Stadium and believes the Afghan spinners could be the difference on what he expects to be a turning pitch.”When we bat first that gives us more chance. At the same time in the last World Cup we beat teams batting second,” Shahidi told reporters.”But in the South Africa game the wicket was supportive for fast bowling and there was no support for spinners. I didn’t see even one ball turn. “The world knows we have quality spinners. Hopefully we have some support for our spinners in tomorrow’s game.”England came under pressure from British politicians to boycott Wednesday’s game over the treatment of Afghan women by the ruling Taliban.The England and Wales Cricket Board resisted the demand but said they would not schedule a bilateral series against Afghanistan.Shahidi batted away questions about it on the eve of the match.”We are cricket players, we are sportsmen,” said Shahidi.”What we control is what we do on the ground, we don’t worry what is happening off the ground. So our confidence is good.”

Stock markets struggle on fears over Trump’s China tech curbs

Stock markets struggled on Tuesday as US President Donald Trump reignited trade war fears after he called for fresh curbs on Chinese investments including in the tech sector.London equities rose while Paris and Frankfurt struggled for direction, with defence and banking stocks faring particularly well. That followed a weak session across Asia and in New York. Global markets were responding to an “unease over looming US tariff policies and their potential ripple effects on global growth and inflation,” said Matt Britzman, senior equity analyst at Hargreaves Lansdown.Trump said on Monday that he plans to proceed with tariffs on Canada and Mexico once a 30-day suspension expires next week.Levies were announced against countries in January but had been delayed to allow for negotiations. Tariffs on Chinese goods went ahead without a grace period.The announcement came after Trump signed a memo at the weekend calling for curbs on Chinese investments in industries including technology and critical infrastructure, healthcare and energy.The developments fanned tensions between the world’s top economic superpowers and added to concerns about the possibility of another debilitating trade war amid growing uncertainty about the global outlook.”Trump’s first term as US president was defined by trade wars. We might now be looking at his second term as being a tech war, with the world battling China,” said AJ Bell investment director Russ Mould.Hong Kong dropped more than one percent, with Alibaba and e-commerce rival JD.com off more than three percent and Tencent losing nearly three percent. Shanghai and Tokyo stock markets were also in the red.The losses followed a broadly negative day in New York, where tech giants have hit a wall since China’s DeepSeek unveiled a chatbot that upended the AI industry and led traders to reassess their recent vast investments.It also came ahead of the release of earnings from market darling Nvidia, which will be closely watched for its views on the outlook in light of the Chinese startup’s arrival.Seoul retreated as the South Korean central bank cut its economic growth outlook and lowered interest rates amid fears over the US tariffs and the fallout from President Yoon Suk Yeol’s brief declaration of martial law in December.Bitcoin fell back below $90,000 for the first time in a little more than a month as the optimism over expected Trump deregulation for the crypto market ebbs away.The sector has also been hit by the recent $1.5 billion hack of Dubai-based cryptocurrency exchange Bybit, representing the biggest crypto theft in history, as well as a memecoin scandal in Argentina.In company news, shares in British consumer goods giant Unilever fell around two percent after chief executive Hein Schumacher stepped down after less than two years at the helm. – Key figures around 1100 GMT -London – FTSE 100: UP 0.3 percent at 8,686.25 pointsParis – CAC 40: DOWN 0.1 at 8,081.10Frankfurt – DAX: DOWN 0.1 percent at 22,396.74 Tokyo – Nikkei 225: DOWN 1.4 percent at 38,237.79 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: DOWN 1.3 percent at 23,034.02 (close)Shanghai – Composite: DOWN 0.8 percent at 3,346.04 (close)New York – Dow: UP 0.1 percent at 43,461.21 (close)Euro/dollar: UP at $1.0473 from $1.0468 on MondayPound/dollar: UP at $1.2625 from $1.2623Dollar/yen: UP at 149.79 from 149.76 yenEuro/pound: UP at 82.97 pence from 82.91 pence West Texas Intermediate: FLAT at $70.71 per barrelBrent North Sea Crude: UP 0.3 percent at $74.24 per barrel