Nouvelle-Calédonie: Macron ouvre des négociations minées par l’absence des indépendantistes

Emmanuel Macron a ouvert vendredi à l’Élysée un nouveau cycle de discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, affirmant vouloir avancer “sans passage en force mais sans paralysie”, malgré l’absence du principal mouvement indépendantiste.”L’État souhaite continuer d’avancer sur la stabilisation des institutions de la Nouvelle-Calédonie dans un dialogue respectueux de chacun, sans passage en force mais sans paralysie non plus”, a déclaré le chef de l’Etat en ouverture de cette réunion avec l’ensemble des forces politiques de l’archipel à l’exception du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), qui a refusé de se rendre à Paris.”Je regrette qu’un des partenaires n’ait pas souhaité répondre à notre invitation mais je respecte les choix de chacun et je souhaite qu’on puisse trouver pour l’avenir un chemin qui donne une place à tous”, a affirmé Emmanual Macron, saluant “le courage” des délégations présentes qui, selon lui, “prenaient des risques” en venant négocier.Le président de la République veut relancer les discussions autour de l’accord de Bougival, signé le 12 juillet 2025 entre indépendantistes, non-indépendantistes et l’Etat. Ce texte prévoit notamment la création d’un État calédonien au sein de la République française, doté d’une nationalité propre et qui pourrait être reconnu internationalement.Mais il n’ouvre pas de perspective de souveraineté pleine de la Nouvelle-Calédonie, ce qui a provoqué son rejet catégorique par le FLNKS. Mardi, son président, Christian Tein, a mis en garde le gouvernement contre toute solution à marche forcée.Le FLNKS avait signé le texte en juillet, mais répète n’avoir paraphé qu’un “projet d’accord” à présenter à ses militants, qui l’ont rejeté. L’Union nationale pour l’indépendance (UNI), autre coalition indépendantiste, soutient de son côté le texte, tout en réclamant des éclaircissements.Selon Emmanuel Macron, l’objectif de cette réunion “n’est pas de repartir de zéro” mais “d’apporter des clarifications à l’accord du 12 juillet” afin d’ouvrir “de nouvelles perspectives politiques”. – “Soit avancer, soit sombrer” -Avant la réunion, les responsables politiques présents ont affiché leur détermination. “C’est soit avancer, soit sombrer pour la Nouvelle-Calédonie”, a estimé la loyaliste Virginie Ruffenach, vice-présidente du Rassemblement-Les Républicains.Philippe Gomes, leader du parti non-indépendantiste modéré Calédonie ensemble, a lui reconnu que l’absence du FLNKS “pénalise” et “handicape” la réunion, ajoutant toutefois que “le crime est de ne pas tenter” de trouver de solution. Parmi les points de friction: le dégel du corps électoral, réclamé par les non-indépendantistes avant les élections provinciales, cruciales sur l’archipel. “Nous n’accepterons pas des élections provinciales sur un corps électoral gelé qui exclut plus de 40.000 personnes, dont 12.000 enfants nés en Nouvelle-Calédonie”, a prévenu Virginie Ruffenach.Le gel du corps électoral, instauré en 1998, limite le droit de vote aux scrutins provinciaux aux personnes installées avant cette date et à leurs descendants. Sa réforme avait été au cœur des tensions ayant déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024.Si beaucoup estiment qu’un accord sans le FLNKS risque d’être inapplicable, et pourrait raviver les violences qui ont ensanglanté l’archipel en 2024 et fait 14 morts, l’Elysée se montre optimiste sur “la possibilité de faire émerger un accord” approuvé par les cinq autres groupes représentés au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, soit “environ 75%” des élus.Mais même si un compromis émerge de ces discussions, son adoption reste semée d’embûches. L’exécutif envisage de l’introduire par amendements dans le projet de révision constitutionnelle visant à mettre en oeuvre Bougival, actuellement en suspens au Parlement.Il faudrait cependant le faire ensuite voter par le Congrès à Versailles aux trois cinquièmes des suffrages, un seuil difficile à atteindre en l’état par le gouvernement.Si la réforme constitutionnelle était adoptée, une consultation de la population calédonienne aurait lieu, suivie d’élections provinciales qui doivent normalement se tenir fin juin – selon une décision du Conseil constitutionnel de novembre 2025 – mais pourraient être repoussées à septembre 2026, pour la quatrième fois.Cette réunion a été convoquée mi-décembre alors que la mise en oeuvre de l’accord de Bougival se heurtait à de nombreuses réserves, plusieurs formations, notamment l’UNI, estimant qu’il devait être amendé afin de dégager un consensus jugé indispensable.Samedi et dimanche, des “ateliers” au ministère des Outre-mer tenteront de préciser certains points de l’accord sur l’identité kanak, la notion d’autodétermination ou l’exercice des compétences régaliennes.

Présidentielle au Portugal: le candidat d’extrême droite favori du premier tour

La campagne pour le premier tour de l’élection présidentielle au Portugal s’achève vendredi, avec le candidat d’extrême droite André Ventura dans le rôle de favori du scrutin de dimanche, un scénario inédit même s’il a très peu de chances de l’emporter au second tour.Les différents sondages qui placent le président du parti Chega (“Assez”) en …

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Brésil: Bolsonaro transféré dans une prison aux conditions “plus favorables”

L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de détention pour tentative de coup d’Etat, a été transféré jeudi dans une prison aux conditions “plus favorables” que celles de son lieu d’incarcération précédent, sur décision de justice.Détenu depuis fin novembre, l’ex-chef d’Etat d’extrême droite (2019-2022), aujourd’hui âgé de 70 ans, n’a pas obtenu de …

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Entre peine et patriotisme, les Cubains rendent hommage aux 32 militaires morts au Venezuela

“Nous ne voulons pas la guerre”, mais “nous n’allons pas nous rendre”: entre peine et ferveur patriotique, les Cubains ont répondu jeudi aux menaces du président Donald Trump, en rendant hommage aux 32 militaires morts au Venezuela lors de la capture de Nicolas Maduro.Après avoir reçu les honneurs militaires à l’aéroport international de La Havane …

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Syrie: la coalition internationale veut désamorcer la tension entre Damas et les Kurdes

La coalition internationale dirigée par les Etats-Unis est intervenue vendredi pour réduire la tension entre les forces kurdes et le pouvoir central islamiste, déterminé à les déloger d’une zone dans le nord de la Syrie.L’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, avait annoncé sur X oeuvrer “sans relâche” pour “empêcher une escalade” entre le gouvernement …

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Ten killed in Ugandan elections, Museveni set to extend 40-year ruleFri, 16 Jan 2026 17:56:09 GMT

At least 10 people died in violence-marred elections in Uganda, the opposition said Friday, as veteran leader Yoweri Museveni looked set to prolong his four-decade rule in a ballot that saw widespread repression and an internet blackout. Ugandan opposition leader Bobi Wine said he was under house arrest after Thursday’s vote while Uganda’s Electoral Commission said …

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Ligue 1: Pierre Sage, la force tranquille de Lens

“Calme”, “très grand manager”, l’entraîneur de Lens Pierre Sage, qui a porté les Artésiens au sommet de la Ligue 1 avant la réception d’Auxerre samedi (17h00), “correspond au club” où il est arrivé l’été dernier pour un mariage de raison, racontent ses adjoints. Devant son banc de touche, Pierre Sage observe le jeu se dérouler, parka aux couleurs Sang et Or sur le dos, s’agitant parfois pour donner ses consignes mais serein, toujours. L’entraîneur de 46 ans a habitué Bollaert à cette tranquillité naturelle depuis son arrivée.”C’est quelqu’un de stable émotionnellement. Dans un milieu avec beaucoup de pression, c’est très appréciable”, décrit Guillaume Ravé, responsable de la performance au RC Lens.De l’extérieur, rien ne semble pouvoir déstabiliser le Racing. Pas même les absences du taulier de la défense Jonathan Gradit, gravement blessé, ou de la pépite du milieu de terrain Mamadou Sangaré, qui disputait jusqu’à très récemment la Coupe d’Afrique des nations (CAN).De jeunes novices — Andrija Bulatovic, Ismaëlo Ganiou — remplacent les absents sans que la machine lensoise ne cale dans sa série impressionnante de neuf succès. Le fruit, sans doute, de la force paisible insufflée par Pierre Sage à son effectif.- “Il s’est approprié la philosophie du club” -Mais cela n’empêche pas le Jurassien d’être suffisamment ferme pour écarter son défenseur titulaire Malang Sarr du match contre Metz pour un retard, ou de hausser le ton dans le vestiaire lorsqu’il l’estime nécessaire.”Il nous a surpris pas mal de fois à la mi-temps en remettant l’église au milieu du village et en secouant les mecs”, admet Cédric Berthelin, entraîneur des gardiens. L’ancien portier lensois, natif de Courrières dans le bassin minier, loue la volonté de Sage de s’abreuver de l’histoire du club, son staff avec lui: “Il s’est approprié la philosophie du club. On a fait des choses que je n’avais pas faites depuis des années: on a monté des terrils ensemble, il a emmené son staff, on est allé boire un verre dans un des cafés mythiques des supporters du Racing Club de Lens, on a été manger dans une friterie ensemble. Il veut vraiment que tout le monde s’imprègne de la culture locale.”L’adaptation parfaite d’un homme qui “correspond complètement à la mentalité des gens d’ici”, selon Berthelin. “C’est quelqu’un de simple, de chaleureux, il ne se prend pas la tête, poursuit-il. Tu as l’impression qu’il vient de la région.”- Intensité et “sensibilité au jeu” -Si Lens est premier (40 points) avant cette 18e journée et ce match contre l’AJA (17e, 12 pts), c’est en grande partie dû aux principes instaurés par l’ancien entraîneur de Lyon (novembre 2023-janvier 2025), comme l’entraînement minuté, hyper précis, avec le moins de pauses possibles, présenté au staff dans un document avec un fil conducteur une à deux heures avant. Objectif: mettre les joueurs en condition de match et “développer leurs qualités cardio-vasculaires”, comme l’explique Guillaume Ravé.Au-delà de l’aspect physique, Sage et son staff mettent en place “des jeux, des systèmes” pour améliorer la complicité entre chaque joueur, développe Jamal Alioui: “On parle beaucoup des datas, des courses, mais on oublie une chose qui est primordiale: c’est la sensibilité au jeu, la synchronisation avec ses partenaires. L’intensité sans réflexion, elle ne sert à rien.”Homme de confiance de Sage, qu’il connaît depuis une dizaine d’années, Alioui considère l’ancien joueur amateur comme un “très grand manager de par sa posture et sa façon de s’exprimer”.Cette louange colle à la vision qu’a Sage de son métier, entré selon lui dans “l’ère du management”: “Un entraîneur est un généraliste qui doit s’entourer de personnes qui sont beaucoup plus expertes que lui dans les différents domaines qui composent l’activité d’une équipe, affirme l’entraîneur principal. Sa mission première devient de coordonner toutes les énergies en direction des objectifs. Donc le management, selon moi, est l’élément central.”

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“Calme”, “très grand manager”, l’entraîneur de Lens Pierre Sage, qui a porté les Artésiens au sommet de la Ligue 1 avant la réception d’Auxerre samedi (17h00), “correspond au club” où il est arrivé l’été dernier pour un mariage de raison, racontent ses adjoints. Devant son banc de touche, Pierre Sage observe le jeu se dérouler, parka aux couleurs Sang et Or sur le dos, s’agitant parfois pour donner ses consignes mais serein, toujours. L’entraîneur de 46 ans a habitué Bollaert à cette tranquillité naturelle depuis son arrivée.”C’est quelqu’un de stable émotionnellement. Dans un milieu avec beaucoup de pression, c’est très appréciable”, décrit Guillaume Ravé, responsable de la performance au RC Lens.De l’extérieur, rien ne semble pouvoir déstabiliser le Racing. Pas même les absences du taulier de la défense Jonathan Gradit, gravement blessé, ou de la pépite du milieu de terrain Mamadou Sangaré, qui disputait jusqu’à très récemment la Coupe d’Afrique des nations (CAN).De jeunes novices — Andrija Bulatovic, Ismaëlo Ganiou — remplacent les absents sans que la machine lensoise ne cale dans sa série impressionnante de neuf succès. Le fruit, sans doute, de la force paisible insufflée par Pierre Sage à son effectif.- “Il s’est approprié la philosophie du club” -Mais cela n’empêche pas le Jurassien d’être suffisamment ferme pour écarter son défenseur titulaire Malang Sarr du match contre Metz pour un retard, ou de hausser le ton dans le vestiaire lorsqu’il l’estime nécessaire.”Il nous a surpris pas mal de fois à la mi-temps en remettant l’église au milieu du village et en secouant les mecs”, admet Cédric Berthelin, entraîneur des gardiens. L’ancien portier lensois, natif de Courrières dans le bassin minier, loue la volonté de Sage de s’abreuver de l’histoire du club, son staff avec lui: “Il s’est approprié la philosophie du club. On a fait des choses que je n’avais pas faites depuis des années: on a monté des terrils ensemble, il a emmené son staff, on est allé boire un verre dans un des cafés mythiques des supporters du Racing Club de Lens, on a été manger dans une friterie ensemble. Il veut vraiment que tout le monde s’imprègne de la culture locale.”L’adaptation parfaite d’un homme qui “correspond complètement à la mentalité des gens d’ici”, selon Berthelin. “C’est quelqu’un de simple, de chaleureux, il ne se prend pas la tête, poursuit-il. Tu as l’impression qu’il vient de la région.”- Intensité et “sensibilité au jeu” -Si Lens est premier (40 points) avant cette 18e journée et ce match contre l’AJA (17e, 12 pts), c’est en grande partie dû aux principes instaurés par l’ancien entraîneur de Lyon (novembre 2023-janvier 2025), comme l’entraînement minuté, hyper précis, avec le moins de pauses possibles, présenté au staff dans un document avec un fil conducteur une à deux heures avant. Objectif: mettre les joueurs en condition de match et “développer leurs qualités cardio-vasculaires”, comme l’explique Guillaume Ravé.Au-delà de l’aspect physique, Sage et son staff mettent en place “des jeux, des systèmes” pour améliorer la complicité entre chaque joueur, développe Jamal Alioui: “On parle beaucoup des datas, des courses, mais on oublie une chose qui est primordiale: c’est la sensibilité au jeu, la synchronisation avec ses partenaires. L’intensité sans réflexion, elle ne sert à rien.”Homme de confiance de Sage, qu’il connaît depuis une dizaine d’années, Alioui considère l’ancien joueur amateur comme un “très grand manager de par sa posture et sa façon de s’exprimer”.Cette louange colle à la vision qu’a Sage de son métier, entré selon lui dans “l’ère du management”: “Un entraîneur est un généraliste qui doit s’entourer de personnes qui sont beaucoup plus expertes que lui dans les différents domaines qui composent l’activité d’une équipe, affirme l’entraîneur principal. Sa mission première devient de coordonner toutes les énergies en direction des objectifs. Donc le management, selon moi, est l’élément central.”

Meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti prescrit: choc pour la famille, coup dur pour les cold cases

Larmes et colère rentrée ont traversé les rangs de la famille: la Cour de cassation a entériné vendredi la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, pourtant résolu 36 ans après sa disparition, ce qui risque de fragiliser certains dossiers du pôle cold cases de Nanterre.Le premier président de la Cour de cassation, Christophe Soulard, l’a dit au moment de rendre la décision: elle serait “lourde” et “difficile à comprendre” pour la famille de la victime.Les mots de la plus haute juridiction judiciaire française sont sans appel: “Dans cette affaire, il n’y a pas eu d’obstacle insurmontable (dissimulation du corps jusqu’aux aveux, par exemple, ndlr) de nature à suspendre le cours de la prescription”. “Des investigations pouvaient donc être réalisées (…) L’action publique est donc prescrite”, a conclu la Cour de cassation.  Le délai de prescription de meurtre, qui court à compter du jour où le crime a été commis, était de 10 ans avant 2017 et est de 20 ans depuis (cet allongement du délai ne s’applique pas aux crimes prescrits avant 2017).Cette décision ferme donc la porte aux poursuites contre Yves Chatain, aujourd’hui sexagénaire, qui avait finalement avoué en 2022 avoir étranglé Mme Bonfanti, portée disparue à l’âge de 25 ans en 1986 en Isère.A l’énoncé de la décision, la famille de la victime est restée abasourdie sur son banc. Et les gorges ont eu du mal à se dénouer devant la presse.  – “Abandon moral” -Amer et les larmes aux yeux, son mari, Thierry Bonfanti, a dénoncé une “injustice violente”. “On nous demande d’accepter l’inacceptable”, a renchéri Eugène Saia, frère de la victime, évoquant “le sentiment” d’une “incompréhension profonde et d’un abandon moral”. “Marie-Thérèse n’est pas un dossier, c’est une femme dont la vie a été brutalement arrachée”, a-t-il appuyé.”L’affaire se termine puisque c’est une cassation sans renvoi. Vous comprendrez l’immense désespoir de la famille”, a regretté Me Catherine Bauer-Violas, avocate de la famille dans ce dernier volet judiciaire devant la Cour de cassation.Me Bernard Boulloud, avocat historique de la famille, a critiqué “une bénédiction légale et judiciaire” pour des “individus qui peuvent commettre ce que j’appellerais maintenant une sorte de crime parfait”.”C’est l’application de la loi”, commente pour l’AFP Me Hélène Farge, avocate du camp Chatain. Avant de souligner: “il ne peut appartenir qu’au législateur de faire le choix d’abandonner la prescription pour les infractions les plus graves comme le font certains pays européens”.Marie-Thérèse Bonfanti fut portée disparue le 22 mai 1986, alors qu’elle distribuait des journaux à Pontcharra (Isère). Yves Chatain, qui vivait dans le voisinage, avait été soupçonné puis relâché. Un non-lieu prononcé en 1987 a été confirmé en 1989. L’affaire est alors devenue un cold case (crime non élucidé).- Pôle de Nanterre “fragilisé” -Mais le dossier a connu un revirement majeur en mai 2022 avec une nouvelle interpellation d’Yves Chatain, qui a finalement avoué avoir étranglé Marie-Thérèse Bonfanti, avant de cacher son cadavre. Mis en examen après ses aveux pour enlèvement, séquestration et meurtre, c’est lui qui avait formé le pourvoi en cassation. “Il va se voir délié de son contrôle judiciaire, va pouvoir terminer ses jours le plus librement possible”, s’est lamenté Me Boulloud.La plus haute juridiction judiciaire n’a donc pas suivi l’avis de Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, qui avait insisté lors de l’audience du 28 novembre pour une évolution de la jurisprudence dans un tel cas, invoquant les attentes de la société aujourd’hui, notamment en terme d’impunité. Rémy Heitz avait aussi élargi la focale: parmi les 22 procédures qualifiées fin 2025 d’enlèvement et séquestration dans le périmètre du pôle cold cases de Nanterre, sept pourraient être remises en cause si la prescription était établie dans cette affaire, avait-il mis en garde.La situation du pôle cold cases de Nanterre “va se trouver éminemment fragilisée”, a prévenu Me Bauer-Violas.Le parquet de Nanterre, qui ne peut pas s'”exprimer sur l’arrêt rendu ce jour”, a toutefois précisé à l’AFP les cas où des procédures sans corps découvert seraient impactées: “dans l’éventualité où l’auteur des faits avouerait un crime instantané commis à la date retenue de l’enlèvement ou de la séquestration de la victime”.Ce parquet rappelle aussi qu’il n’est pas “l’unique entité juridictionnelle à être saisi” de cold cases.