Difficiles négociations sur une trêve à Gaza, frappes israéliennes meurtrières

Le Hamas s’est dit opposé jeudi à un accord de trêve qui maintiendrait une présence militaire israélienne à Gaza, tout en acceptant de libérer dix otages retenus dans le territoire palestinien où des bombardements ont fait des dizaines de morts, selon les secours.Après 21 mois de guerre, les difficiles négociations entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, menées par le Qatar, les Etats-Unis et l’Egypte, se sont poursuivies pour le cinquième jour d’affilée à Doha.Le projet d’accord, selon Washington, prévoit une trêve de 60 jours associée à la libération de dix otages vivants et au retour en Israël des dépouilles de neuf otages morts.Le Hamas a affirmé mercredi que les négociations demeuraient “difficiles en raison de l’intransigeance” d’Israël mais qu’il avait néanmoins accepté “de libérer dix prisonniers”, sans donner de calendrier ni d’indication sur la restitution des dépouilles.Sur 251 personnes enlevées durant l’attaque du Hamas en Israël, qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Un haut responsable politique du Hamas, Bassem Naïm, a assuré jeudi que le mouvement était engagé dans les discussions, afin de mettre fin à la guerre “le plus vite possible”.Mais, a-t-il ajouté, “nous ne pouvons accepter que se perpétue l’occupation de notre terre et la réduction de notre peuple à des enclaves isolées sous le contrôle de l’armée d’occupation (Israël, ndlr)”.Il a souligné que le Hamas était opposé en particulier au contrôle israélien sur la ville de Rafah, frontalière avec l’Egypte, et sur le couloir militarisé de Morag, mis en place par Israël entre cette ville et Khan Younès, dans le sud du territoire.- “Questions essentielles” -Le Hamas a répété à de nombreuses reprises qu’il exigeait le retrait israélien de Gaza ainsi que des “garanties” sur le caractère permanent du cessez-le-feu et sur une reprise en main de l’aide humanitaire par l’ONU et des organisations internationales reconnues.Le mouvement a souligné mercredi que ces “questions essentielles” restaient en suspens.De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a jusqu’à présent refusé de transiger en affirmant que ses objectifs étaient la libération de tous les otages, “les vivants et les morts”, et l’élimination du Hamas.Sous très forte pression de son opinion publique pour mettre fin à la guerre, il a cependant affirmé qu’un accord pourrait être proche, après deux rencontres lundi et mardi à Washington avec le président américain, Donald Trump, qui insiste pour qu’une trêve soit conclue au plus vite.  L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.Au moins 57.680 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive militaire lancée en représailles par Israël sur Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- “Quelle faute?” -A Gaza, la Défense civile a annoncé jeudi la mort de 52 personnes parmi lesquelles au moins huit enfants dans des bombardements israéliens.Parmi elles figurent “trois personnes qui attendaient pour recevoir de l’aide” humanitaire, a déclaré à l’AFP Mohammad al-Moughayyir, un responsable de cette organisation de secouristes. Selon la Défense civile, 17 personnes ont notamment été tuées dans des frappes aériennes qui ont visé “un rassemblement de citoyens devant un centre médical” à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza.Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a répondu qu’elle allait se renseigner.A Khan Younès, une famille pleurait la mort de trois enfants, dont le plus âgé avait cinq ans et le plus jeune était né après le début de la guerre, tués avec leur mère par un bombardement. “Quelle est la faute de ces enfants? Comme si le manque de nourriture, d’eau potable, la faim, ne suffisaient pas”, s’interrogeait leur tante, Magdalene Jadallah.Dans le camp de Bureij, dans le centre du territoire, des images de l’AFP ont montré des rescapés errant parmi des amas de décombres, après une frappe nocturne. “Il nous semble qu’ils n’ont aucune intention d’arrêter la guerre”, a lancé Marwan Al-Hourani, un habitant du camp.Compte tenu des restrictions imposées aux médias par Israël à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations des différentes parties.

Difficiles négociations sur une trêve à Gaza, frappes israéliennes meurtrières

Le Hamas s’est dit opposé jeudi à un accord de trêve qui maintiendrait une présence militaire israélienne à Gaza, tout en acceptant de libérer dix otages retenus dans le territoire palestinien où des bombardements ont fait des dizaines de morts, selon les secours.Après 21 mois de guerre, les difficiles négociations entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, menées par le Qatar, les Etats-Unis et l’Egypte, se sont poursuivies pour le cinquième jour d’affilée à Doha.Le projet d’accord, selon Washington, prévoit une trêve de 60 jours associée à la libération de dix otages vivants et au retour en Israël des dépouilles de neuf otages morts.Le Hamas a affirmé mercredi que les négociations demeuraient “difficiles en raison de l’intransigeance” d’Israël mais qu’il avait néanmoins accepté “de libérer dix prisonniers”, sans donner de calendrier ni d’indication sur la restitution des dépouilles.Sur 251 personnes enlevées durant l’attaque du Hamas en Israël, qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Un haut responsable politique du Hamas, Bassem Naïm, a assuré jeudi que le mouvement était engagé dans les discussions, afin de mettre fin à la guerre “le plus vite possible”.Mais, a-t-il ajouté, “nous ne pouvons accepter que se perpétue l’occupation de notre terre et la réduction de notre peuple à des enclaves isolées sous le contrôle de l’armée d’occupation (Israël, ndlr)”.Il a souligné que le Hamas était opposé en particulier au contrôle israélien sur la ville de Rafah, frontalière avec l’Egypte, et sur le couloir militarisé de Morag, mis en place par Israël entre cette ville et Khan Younès, dans le sud du territoire.- “Questions essentielles” -Le Hamas a répété à de nombreuses reprises qu’il exigeait le retrait israélien de Gaza ainsi que des “garanties” sur le caractère permanent du cessez-le-feu et sur une reprise en main de l’aide humanitaire par l’ONU et des organisations internationales reconnues.Le mouvement a souligné mercredi que ces “questions essentielles” restaient en suspens.De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a jusqu’à présent refusé de transiger en affirmant que ses objectifs étaient la libération de tous les otages, “les vivants et les morts”, et l’élimination du Hamas.Sous très forte pression de son opinion publique pour mettre fin à la guerre, il a cependant affirmé qu’un accord pourrait être proche, après deux rencontres lundi et mardi à Washington avec le président américain, Donald Trump, qui insiste pour qu’une trêve soit conclue au plus vite.  L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.Au moins 57.680 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive militaire lancée en représailles par Israël sur Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- “Quelle faute?” -A Gaza, la Défense civile a annoncé jeudi la mort de 52 personnes parmi lesquelles au moins huit enfants dans des bombardements israéliens.Parmi elles figurent “trois personnes qui attendaient pour recevoir de l’aide” humanitaire, a déclaré à l’AFP Mohammad al-Moughayyir, un responsable de cette organisation de secouristes. Selon la Défense civile, 17 personnes ont notamment été tuées dans des frappes aériennes qui ont visé “un rassemblement de citoyens devant un centre médical” à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza.Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a répondu qu’elle allait se renseigner.A Khan Younès, une famille pleurait la mort de trois enfants, dont le plus âgé avait cinq ans et le plus jeune était né après le début de la guerre, tués avec leur mère par un bombardement. “Quelle est la faute de ces enfants? Comme si le manque de nourriture, d’eau potable, la faim, ne suffisaient pas”, s’interrogeait leur tante, Magdalene Jadallah.Dans le camp de Bureij, dans le centre du territoire, des images de l’AFP ont montré des rescapés errant parmi des amas de décombres, après une frappe nocturne. “Il nous semble qu’ils n’ont aucune intention d’arrêter la guerre”, a lancé Marwan Al-Hourani, un habitant du camp.Compte tenu des restrictions imposées aux médias par Israël à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations des différentes parties.

EU opens new probe into TikTok data transfer to China

An Irish regulator helping police European Union data privacy said Thursday it had launched an investigation into TikTok over the transfer of European users’ personal data to servers in China. TikTok was fined 530 million euros ($620 million) in May by the Data Protection Commission over sending personal data to China, though the Chinese social media giant had insisted this data was only accessed remotely.The DPC on Thursday said it had been informed by TikTok in April that “limited EEA user data had in fact been stored on servers in China,” then deleted, contrary to evidence previously presented by the company.The watchdog said it had expressed “deep concern” in its previous investigation that “TikTok had submitted inaccurate information”.TikTok plans to appeal the May fine — the second largest ever imposed by the DPC.The social media giant has been in the crosshairs of Western governments for years over fears personal data could be used by China for espionage or propaganda purposes.But TikTok has insisted that it has never received any requests from Chinese authorities for European users’ data.- Big tech -TikTok, which has 1.5 billion users worldwide, is a division of Chinese tech giant ByteDance.But since it has its European headquarters in Ireland, the Irish authority is the lead regulator in Europe for the social platform — as well as others such as Google, Meta and Apple.The DPC is tasked with ensuring companies comply with the EU’s strict General Data Protection Regulation (GDPR), launched in 2018 to protect European consumers from personal data breaches. Its latest probe against the Chinese-owned giant will determine “whether TikTok has complied with its relevant obligations” to comply with the GDPR.The data protection watchdog has imposed a number of massive fines against tech companies as the EU seeks to rein in big tech firms over privacy, competition, disinformation and taxation.For years, TikTok promoted its data protection policies. It made much of what it called Project Clover, a plan to invest 12 billion euros (currently $14 billion) in European data security over 10 years, from 2023 onwards.It claimed that Europeans’ data was by default stored in Norway, Ireland, and the United States and “that employees in China have no access to restricted data,” such as phone numbers or IP addresses.TikTok told AFP in May that it had “promptly” informed the DPC of a technical issue regarding data transfers.The social media giant is also under pressure in the United States where it faces a looming ban if it does not find a non-Chinese buyer. US President Donald Trump said at the end of June that a group of buyers had been found for TikTok, adding that he could name the purchasers in a matter of weeks.

TikTok: ouverture d’une enquête dans l’UE sur le stockage en Chine de données personnelles

L’autorité irlandaise de protection des données (DPC), qui agit au nom de l’Union européenne, a ouvert jeudi une enquête contre TikTok sur le stockage de certaines données personnelles d’utilisateurs européens sur des serveurs chinois, qui pourrait être contraire à la législation.La puissante plate-forme de partage de vidéos, qui compte 1,5 milliard de membres, est la propriété de ByteDance, un groupe chinois. Il est depuis des années dans le viseur des gouvernements occidentaux, qui redoutent son lien avec Pékin et un possible usage des données de ses utilisateurs à des fins d’espionnage ou de propagande.La DPC a déjà sanctionné TikTok d’une amende de 530 millions début mai, pour avoir échoué à garantir une protection suffisante des données personnelles des Européens, accessibles à distance depuis la Chine, mais stockées en dehors.Mais au cours de cette enquête, le géant des réseaux sociaux l’avait informé que certaines données européennes avaient été, non plus rendues accessibles, mais bien stockées dans le pays (et supprimées depuis).TikTok avait évoqué “un problème technique” découvert grâce à sa surveillance “proactive”.La DPC avait “exprimé sa profonde préoccupation sur le fait que TikTok ait soumis des informations inexactes lors de cette enquête”, rappelle-t-elle dans son communiqué jeudi.- “Possible accès de Pékin” -L’objectif de la nouvelle investigation “est de déterminer si le réseau social a respecté ses obligations pertinentes en vertu du RGPD (règlement européen de protection des données), dans le contexte des transferts désormais en question”, explique l’autorité irlandaise.L’amende de 530 millions d’euros prononcée début mai par la DPC est la deuxième par ordre d’importance jamais infligée par cet organisme, qui agit au nom de l’UE car le siège européen de TikTok, comme celui de la plupart des géants de la tech, se trouve en Irlande.TikTok n’avait pas été en mesure de proposer des garanties contre “le possible accès des autorités chinoises” à ces données via ses lois d’antiterrorisme et de contre-espionnage.La plateforme, qui avait annoncé son intention de faire appel, avait assuré n’avoir “jamais reçu de demande” des autorités chinoises et ne leur avoir “jamais fourni de données d’utilisateurs européens”.Les données européennes ne peuvent être transférées — c’est-à-dire stockées ou rendues accessibles — dans un pays tiers que s’il est jugé suffisamment sûr par l’UE comme par exemple le Japon, le Royaume-Uni ou les États-Unis.Faute d’un tel feu vert, c’est à l’entreprise de prouver que le niveau de protection est équivalent, ce que TikTok n’a pas su faire.Selon l’entreprise, les données des Européens sont par défaut stockées en Norvège, en Irlande et aux États-Unis.- Ciblé par Washington -Le régulateur irlandais a déjà infligé une amende de 345 millions d’euros à TikTok en 2023 pour avoir enfreint les règles européennes dans le traitement d’informations concernant des mineurs.La plus lourde amende de la DPC avait touché Meta en 2023: 1,2 milliard d’euros concernant le transfert de données vers les Etats-Unis malgré des craintes de surveillance à l’époque par les services américains.TikTok est d’ailleurs dans le collimateur des États-Unis, où le Congrès a voté en 2024 une loi imposant à ByteDance de céder son contrôle sur le territoire, sous peine d’interdiction.”Nous avons un acheteur” pour l’entité américaine de TikTok, a assuré fin juin Donald Trump dans une interview à la chaîne Fox News, sans autre précision.L’Agence France-Presse (AFP), parmi plus d’une quinzaine d’organisations de fact-checking, est rémunérée par TikTok dans plusieurs pays pour vérifier des vidéos qui contiennent potentiellement de fausses informations.

TikTok: ouverture d’une enquête dans l’UE sur le stockage en Chine de données personnelles

L’autorité irlandaise de protection des données (DPC), qui agit au nom de l’Union européenne, a ouvert jeudi une enquête contre TikTok sur le stockage de certaines données personnelles d’utilisateurs européens sur des serveurs chinois, qui pourrait être contraire à la législation.La puissante plate-forme de partage de vidéos, qui compte 1,5 milliard de membres, est la propriété de ByteDance, un groupe chinois. Il est depuis des années dans le viseur des gouvernements occidentaux, qui redoutent son lien avec Pékin et un possible usage des données de ses utilisateurs à des fins d’espionnage ou de propagande.La DPC a déjà sanctionné TikTok d’une amende de 530 millions début mai, pour avoir échoué à garantir une protection suffisante des données personnelles des Européens, accessibles à distance depuis la Chine, mais stockées en dehors.Mais au cours de cette enquête, le géant des réseaux sociaux l’avait informé que certaines données européennes avaient été, non plus rendues accessibles, mais bien stockées dans le pays (et supprimées depuis).TikTok avait évoqué “un problème technique” découvert grâce à sa surveillance “proactive”.La DPC avait “exprimé sa profonde préoccupation sur le fait que TikTok ait soumis des informations inexactes lors de cette enquête”, rappelle-t-elle dans son communiqué jeudi.- “Possible accès de Pékin” -L’objectif de la nouvelle investigation “est de déterminer si le réseau social a respecté ses obligations pertinentes en vertu du RGPD (règlement européen de protection des données), dans le contexte des transferts désormais en question”, explique l’autorité irlandaise.L’amende de 530 millions d’euros prononcée début mai par la DPC est la deuxième par ordre d’importance jamais infligée par cet organisme, qui agit au nom de l’UE car le siège européen de TikTok, comme celui de la plupart des géants de la tech, se trouve en Irlande.TikTok n’avait pas été en mesure de proposer des garanties contre “le possible accès des autorités chinoises” à ces données via ses lois d’antiterrorisme et de contre-espionnage.La plateforme, qui avait annoncé son intention de faire appel, avait assuré n’avoir “jamais reçu de demande” des autorités chinoises et ne leur avoir “jamais fourni de données d’utilisateurs européens”.Les données européennes ne peuvent être transférées — c’est-à-dire stockées ou rendues accessibles — dans un pays tiers que s’il est jugé suffisamment sûr par l’UE comme par exemple le Japon, le Royaume-Uni ou les États-Unis.Faute d’un tel feu vert, c’est à l’entreprise de prouver que le niveau de protection est équivalent, ce que TikTok n’a pas su faire.Selon l’entreprise, les données des Européens sont par défaut stockées en Norvège, en Irlande et aux États-Unis.- Ciblé par Washington -Le régulateur irlandais a déjà infligé une amende de 345 millions d’euros à TikTok en 2023 pour avoir enfreint les règles européennes dans le traitement d’informations concernant des mineurs.La plus lourde amende de la DPC avait touché Meta en 2023: 1,2 milliard d’euros concernant le transfert de données vers les Etats-Unis malgré des craintes de surveillance à l’époque par les services américains.TikTok est d’ailleurs dans le collimateur des États-Unis, où le Congrès a voté en 2024 une loi imposant à ByteDance de céder son contrôle sur le territoire, sous peine d’interdiction.”Nous avons un acheteur” pour l’entité américaine de TikTok, a assuré fin juin Donald Trump dans une interview à la chaîne Fox News, sans autre précision.L’Agence France-Presse (AFP), parmi plus d’une quinzaine d’organisations de fact-checking, est rémunérée par TikTok dans plusieurs pays pour vérifier des vidéos qui contiennent potentiellement de fausses informations.

Panne de clim en voiture? Des taxis afghans installent des climatiseurs sur leurs toits

Face à la chaleur écrasante et des voitures en fin de vie, des chauffeurs de taxi afghans ont trouvé la parade: fixer sur leurs toits des climatiseurs portatifs qui envoient de l’air froid à l’intérieur de l’habitacle, au grand plaisir des passagers.Depuis quelques années à Kandahar, ville du sud de l’Afghanistan où les températures dépassent allègrement les 40 degrés en été, il n’est pas rare de voir des taxis bleus se balader avec sur leurs toits –à la place des bagages et colis– un cube de climatisation, dont le large bras en aluminium s’engouffre à travers une fenêtre.”Ca marche mieux que la clim de la voiture, qui ne refroidit que le devant de la voiture”, estime Abdul Bari, chauffeur de 34 ans. “Cette clim-là propage de l’air à travers le véhicule dans son entier”.Gul Mohammed, un autre chauffeur de 32 ans, a dépensé 3.000 afghanis (36 euros) pour ce système qu’il connecte à la batterie de son taxi et qu’il remplit régulièrement d’eau. D’autres sont connectés à des panneaux solaires, également installés sur le toit.”Il a commencé à faire extrêmement chaud il y a trois ou quatre ans. Comme la climatisation de la voiture ne marche pas et qu’il coûterait trop cher de la réparer, un fabriquant m’a fait un refroidisseur sur mesure”, explique Gul Mohammad, qui ne facture pas plus cher la course depuis qu’elle se fait en toute fraîcheur.L’Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres au monde, est aussi l’un des plus vulnérables aux effets du changement climatique.Le département météorologique afghan estime que 2025 est déjà l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées dans le pays.Murtaza, fabriquant de climatiseurs âgé de 21 ans, note que la demande des taxis s’accroît depuis deux ou trois ans et salue un “progrès”.”De nombreuses voitures n’étaient pas équipées de clim de toute façon, raison pour laquelle on installe celles-ci”, dit-il à l’AFP, dans son petit magasin du centre de Kandahar.Les villes afghanes sont souvent saturées par des véhicules vieillissants, qui s’offrent une dernière vie après avoir été transférés de pays voisins.”Sans clim, c’est très difficile”, témoigne Norullah, un passager de 19 ans, le visage à quelques centimètres de la sortie d’air froid. “Dans les taxis où elle a été installée (sur le toit), c’est vraiment bien (…) car la chaleur de nos jours est extrême.”En 2024, près de neuf millions d’Afghans ont été affectés par des aléas climatiques et plus de 500.000 ont été déplacés par des inondations, la sécheresse et d’autres catastrophes, d’après l’ONU.Peu de logements sont équipés de climatiseurs en raison de leur coût et des pannes récurrentes d’électricité.

Euro-2025: les “bonnes sensations” de Clara Mateo avec les Bleues

Clara Mateo vit l’une des meilleures saisons de sa carrière et l’a encore prouvé mercredi soir face aux Galloises à l’Euro-2025, où son pressing et son intelligence du jeu ont porté les Bleues vers une deuxième victoire en deux matches.”C’est vrai que j’avais des bonnes sensations. Je suis vraiment très contente d’avoir participé à cette victoire collective”, a commenté la joueuse du Paris FC dans les couloirs du Kybunpark, à Saint-Gall, où l’équipe de France venait de s’imposer 4-1. Remplaçante lors du succès initial contre les Anglaises, championnes d’Europe en titre, samedi dernier (2-1), la joueuse polyvalente de 27 ans a été essentielle dans le jeu des Bleues, qui a souvent manqué de liant: elle a constamment déstabilisé la défense galloise par ses déplacements intelligents, sa vision et sa technique dans les petits espaces.Sa feuille de statistiques en porte l’empreinte. L’attaquante du PFC – qui joue ailière avec son club et dans l’axe en sélection – a été impliquée sur les quatre buts: buteuse sur le premier, provoquant le pénalty du deuxième, passeuse décisive sur le troisième après avoir chipé le ballon dans les pieds de la gardienne galloise et à l’avant-dernière passe sur le dernier.- “Altruiste” -La meilleure joueuse du championnat de France cette saison (18 buts) a apporté “du pressing, elle a fait beaucoup d’appels, a joué beaucoup en déviation et a percuté, ce qui a provoqué le pénalty. Elle mérite aussi le trophée de meilleure joueuse”, a dit d’elle la Lyonnaise Amel Majri, dont l’UEFA a fait sa joueuse du match mercredi soir.”Elle a cette capacité à décrocher, à prendre la profondeur et à aller juste devant le but”, disait-elle déjà avant l’entrée en lice des Bleues dans la compétition. Tout en vantant le côté “altruiste” de la joueuse la plus technique du groupe emmené en Suisse par Laurent Bonadei . “Elle est sur tous les buts, je ne suis pas surprise quand on voit la saison qu’elle a pu faire et la joueuse que c’est”, a abondé Grace Geyoro, capitaine du soir en raison de la blessure au mollet de Griedge Mbock.”Aujourd’hui, a-t-elle appuyé, elle est récompensée et cela va la mettre en confiance pour la suite de la compétition, on aura besoin d’elle et de tout le monde”.Depuis l’annonce de sa liste pour l’Euro début juin, Laurent Bonadei le répète: il veut une équipe offensive qui presse haut et fort, nécessitant un important turn-over, et aligne donc Clara Mateo dans l’axe en alternance avec Marie-Antoinette Katoto.”J’ai joué avec Clara en jeunes donc cela ne me surprend pas non plus. J’ai vu ses capacités, je lui ai toujours dit qu’un jour cela arriverait et qu’elle serait en pleine possession de ses capacités sur le terrain”, confiait en juin “MAK” à l’AFP, et “c’est une bosseuse, elle est très gentille et respectueuse”.- Privée des JO -“Je ne la vois pas comme une concurrente, je suis très contente qu’elle soit capable de cela, c’est une très bonne chose pour l’équipe de France et pour le football français. J’espère qu’on fera de grandes choses ensemble cet été”, avait-elle ajouté. Un discours qui plaît au sélectionneur. “Elles ne sont pas concurrentes mais complémentaires et d’ailleurs les deux pourraient jouer ensemble dans un système très offensif”, avait-il insisté en juin auprès de l’AFP.”Je suis polyvalente, j’aime bien finir les actions, j’essaye d’être encore plus décisive dans le dernier geste mais j’aime bien aussi faire la passe à mes partenaires et faire des appels en profondeur”, avait de son côté développé la Parisienne, arrivée au PFC en 2017, et qui poursuit une carrière d’ingénieur “à 40%”, quand son emploi du temps lui permet.Lors de l’Euro-2022, alors sous les ordres de Corinne Diacre, elle avait été la révélation de l’équipe de France. Après avoir manqué les Jeux de Paris l’été dernier, non sélectionnée par Hervé Renard, elle retrouve de la plus belle manière la compétition continentale pour prendre sa revanche.

Avec l’IA, une visite immersive retrace la vie d’Anne Frank à Amsterdam

Reconstituer, sur l’écran d’un smartphone, les rues d’Amsterdam en 1941, à l’époque où Anne Frank y subissait les lois antisémites: c’est le pari d’un nouveau dispositif mêlant technologie et intelligence artificielle, proposé aux touristes désireux de mieux comprendre son parcours.Chaque jour, la jeune Anne Frank et sa soeur Margot devaient marcher 2,5 kilomètres pour se rendre à l’école, les lois anti-juives leur interdisant les transports en commun et la bicyclette. C’est ce genre de détails que présente cette reconstitution interactive de la vie des Juifs d’Amsterdam avant et pendant l’occupation nazie.”Nous avons créé ce produit pour rapprocher Anne Frank d’un plus grand nombre de personnes”, explique à l’AFP Moti Erdeapel, directeur de CityFans, l’entreprise mêlant tourisme et technologie derrière le projet.”La Maison d’Anne Frank, le musée, est très petite et sa capacité d’accueil est limitée. Beaucoup de gens viennent ici et sont déçus parce qu’ils n’ont pas pu découvrir Anne Frank,” déplore-t-il.- Musée saturé -Chaque année, plus d’un million de touristes visitent l’étroite maison et l’annexe où la jeune fille allemande et sa famille se sont cachées des nazis pendant deux ans, de juillet 1942 jusqu’à leur arrestation début août 1944. La famille s’était installée aux Pays-Bas en 1933 pour fuir les persécutions en Allemagne.Pour découvrir ce lieu où Anne Frank écrivit son célèbre journal, les visiteurs doivent réserver un mois et demi à l’avance.Avec la visite virtuelle, il suffit de s’armer d’un téléphone portable et d’écouteurs. Un code unique donne accès à un parcours de 7 kilomètres en douze étapes à travers Amsterdam.Un récit audio accompagne le visiteur, ainsi que des animations générées par l’IA à partir de données provenant des archives de l’Institut Anne Frank, de la ville d’Amsterdam et du musée de l’Holocauste.”Nous avons essayé de sortir de l’oubli des histoires que la plupart des gens ne connaissent peut-être pas, mais qui sont incroyables: des gens qui ont vraiment risqué leur vie pour sauver des enfants des nazis”, continue M. Erdeapel, 45 ans.- Narration humaine -Une étape notable de la visite est la maison de Miep Gies, néerlandaise catholique qui a aidé les Frank à se cacher. Les traits de son visage s’animent à partir de photos d’archives.Dans le quartier branché de De Pijp, la visite révèle qu’à la place d’un coffee-shop se trouvait pendant la guerre le populaire marchand de glaces Koco, tenu par des réfugiés juifs-allemands. Ceux-ci furent à l’origine d’un mouvement de résistance qui a déclenché la seule manifestation contre le sort réservé aux juifs à Amsterdam, réprimée dans le sang.”Cette histoire me tient à coeur parce qu’elle est importante non seulement pour Amsterdam, mais aussi pour moi personnellement”, poursuit M. Erdeapel, d’ascendance juive-polonaise et hongroise, qui dit avoir “grandi avec ces histoires sur l’Holocauste et sur les personnes qui n’ont pas survécu”.Bien qu’il souligne l’importance des musées et du Journal, M. Erdeapel voit dans cette visite guidée une opportunité de raconter l’histoire d’Anne Frank à une nouvelle génération habituée à la technologie. Avec de “bonnes recherches”, et une attention portée à l'”aspect humain” de la narration, “l’IA ne fera qu’embellir les choses et les rendre plus passionnantes et immersives pour tout le monde”, conclut-il.Environ 107.000 juifs néerlandais et réfugiés ont été déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi eux, 102.000, dont Anne Frank, sont morts dans les camps de concentration et d’extermination, soit environ 75% de la population juive d’avant-guerre aux Pays-Bas.

Le monde consommera toujours plus de pétrole, au moins jusqu’en 2050, estime l’Opep

Le monde devrait consommer encore plus de pétrole pendant de nombreuses années, au moins jusqu’en 2050, a assuré jeudi le patron de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole en jugeant “irréalisable” une sortie “rapide” des énergies fossiles, à rebours des efforts requis pour lutter contre le réchauffement de la planète. Dans son édition 2025 de son rapport sur les perspectives de la demande pétrolière mondiale, l’Opep estime que la consommation de pétrole augmentera de 18,6% entre 2024 et 2050, de 103,7 millions de barils par jour (mb/j) à environ 123 mb/j. “Il n’y a aucun pic de demande de pétrole en vue”, dans cette période de prévision, a déclaré le secrétaire général du cartel, Haitham al-Ghais, pour souligner qu’il n’y aurait pas de baisse de la consommation de pétrole au cours des 25 prochaines d’années. Bien au contraire. L’Opep a revu en hausse ses propres projections issues de son rapport 2024 qui tablaient sur une progression de 17% entre 2023 et 2050, de 102,2 millions de barils par jour (mb/j) à 120,1 mb/j.Elles sont à contre-courant de toutes les préconisations des experts du climat qui prônent une sortie rapide des énergies fossiles que sont le charbon, le pétrole et le gaz, pour contenir le réchauffement de la planète à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, l’objectif le plus ambitieux des accords de Paris de 2015.Elles sont aussi en fort décalage avec les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie qui anticipe que la consommation de pétrole de la planète devrait connaître “une légère baisse” en 2030 après avoir atteint un plus haut l’année précédente, une première depuis 2020, année hors norme du Covid.Pour l’organisation emmenée par l’Arabie saoudite, “la réalité d’aujourd’hui est que le monde consomme plus de bois, de pétrole, de charbon, de gaz, en fait, toutes les énergies, que jamais auparavant”.”Ces dernières années, il est devenu de plus en plus évident pour de nombreux décideurs politiques que le récit d’une élimination rapide du pétrole et du gaz était perçu pour ce qu’elle était: irréalisable et de l’ordre du fantasme”, a souligné le secrétaire général de l’Opep, très critique sur le rythme de la transition énergétique.”De nombreuses politiques initiales de neutralité carbone ont promu des calendriers irréalistes ou n’ont guère tenu compte de la sécurité énergétique, de l’accessibilité financière ou de la faisabilité (de ces mesures). Cet état d’esprit est en train de changer”, a-t-il fait valoir.- le charbon en baisse -L’Opep estime que la demande globale d’énergies devrait augmenter de 23% d’ici à 2050, tirée par l’augmentation de la population mondiale qui devrait passer de 8,2 milliards d’habitants en 2024 à presque 9,7 milliards en 2050, l’urbanisation croissante, les appétits en électricité des centres de données et la nécessité de fournir de l’énergie aux personnes qui en sont dépourvues dans les pays en développement.A l’exception du charbon dont la part est annoncée en recul de 27% en 2024 à 14% en 2050, l’Opep prévoit une hausse de la demande de toutes les sources d’énergies. Le pétrole et le gaz resteront majoritaires pour représenter encore une part combinée de 54%, – respectivement 30 et 24% – dans la consommation énergétique en 2050 : encore loin devant les énergies renouvelables autres que l’hydroélectricité (principalement l’éolien et le solaire) dont la place sera pourtant en forte progression, passant de 3% en 2024 à 14% en 2050.La demande de brut sera principalement portée par les pays hors OCDE, avec l’Inde en tête, qui verra sa consommation de pétrole croître de 8,2 millions de barils par jour en moyenne sur 2024-2050. La consommation d’or noir commencera à baisser vers 2040 en Chine, 2e plus grand consommateur mondial de pétrole après les Etats-Unis, et à partir de 2030 dans les pays de l’OCDE (pays développés). Par secteur, l’aviation, le transport routier et la pétrochimie resteront les principaux moteurs de la demande pétrolière.Pour étancher cette soif de brut, l’Opep évalue les investissements nécessaires dans le secteur pétrolier à 18.200 milliards de dollars d’ici 2050, soit environ 700 milliards par an en moyenne.