Ukraine: deux morts à Kiev dans des frappes russes, record de victimes civiles en juin

Une nouvelle attaque russe d’ampleur contre Kiev a causé la mort dans la nuit de deux personnes, ont annoncé jeudi les autorités ukrainiennes, faisant croître un bilan civil qui a atteint en juin un record mensuel depuis trois ans, selon l’ONU.Ces frappes russes sont intervenues quelques heures avant une réunion, en cours, entre le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et son homologue russe Sergueï Lavrov, dans un contexte d’impasse diplomatique en vue d’un règlement du conflit.En réponse aux frappes nocturnes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé depuis Rome “du pur terrorisme” et appelé sur les réseaux sociaux les Occidentaux à imposer “plus rapidement” des sanctions sur Moscou pour pousser Vladimir Poutine à accepter un cessez-le-feu.Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré 415 drones et missiles, dont 382 ont été interceptés, détruits ou perdus. A Kiev, ces frappes russes ou les débris des projectiles interceptés ont notamment touché des immeubles résidentiels, d’après le chef de l’administration militaire de Kiev, Timour Tkatchenko, qui a recensé au moins deux morts et 13 blessés.- “Tout a brûlé” -Des journalistes de l’AFP présents à Kiev ont entendu pendant plusieurs heures pendant la nuit de puissantes déflagrations sur la ville et vu les explosions de projectiles interceptés dans le ciel par la défense antiaérienne.Rencontrée près d’un des lieux sinistrés, Nadia Voïtsekhivska, une habitante, dit que sa sœur était en état de choc après avoir réussi à échapper à un incendie dans son immeuble. “Dieu merci, tout le monde a survécu. Mais son mari a été emmené par une ambulance”, dit-elle. “Tout a brûlé”.”Agissez dès maintenant pour priver la machine de guerre russe de ses moyens financiers”, a imploré aux Occidentaux le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, sur les réseaux sociaux.Dans la nuit de mardi à mercredi, la Russie avait lancé sa plus grande attaque aérienne depuis le début de l’invasion en février 2022, avec 728 drones et 13 missiles dont la quasi-majorité ont été interceptés, selon Kiev.Signe de l’intensification récente des frappes russes, une mission de l’ONU a annoncé jeudi avoir recensé pour le seul mois de juin un nombre record de morts (232) et de blessés (1.343) civils depuis trois ans, dans une guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts au moins des deux côtés.- Réunion Rubio-Lavrov en cours -Dans ce contexte d’augmentation des frappes russes et d’impasse diplomatique, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et son homologue russe Sergueï Lavrov s’entretiennent actuellement à Kuala Lumpur, sans garantie d’avancée majeure sur le dossier ukrainien.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part réfuté jeudi que les discussions de paix entre Moscou et Kiev, initiées sous la pression de Donald Trump, étaient au point mort.”Je ne le pense pas”, a-t-il affirmé, assurant que Moscou attendait “des signaux de Kiev” pour convenir d’une date pour un troisième cycle de pourparlers bilatéraux, après deux réunions peu fructueuses mi-mai et début juin.Les hostilités se poursuivront “tant que” Moscou considèrera impossible de “réaliser ses objectifs” par la seule voie diplomatique, a-t-il répété.Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé vouloir envoyer “plus d’armes” à Kiev, provoquant le mécontentement du Kremlin, et accusé le lendemain Vladimir Poutine de dire des “conneries” sur l’Ukraine.Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron doivent, quant à eux, participer jeudi à une réunion en visioconférence sur l’Ukraine, avec notamment Volodymyr Zelensky.Le dirigeant ukrainien, en visite à Rome, a une nouvelle fois appelé ses soutiens à investir davantage dans la défense ukrainienne, mise à mal par les attaques russes.Car en l’état et malgré la pression exercée par Donald Trump, Moscou et Kiev demeurent très loin d’un accord, que ce soit sur une trêve ou un règlement à plus long terme.Les forces russes, qui occupent toujours près de 20% du territoire ukrainien, progressent sur le front. Elles ont même revendiqué en début de semaine la prise d’une première localité dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est).Enfin, les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont annoncé jeudi qu’un de leurs agents avait été tué à Kiev, une affaire relativement rare dans le pays. Ce meurtre a été salué par des chaînes Telegram russes pro-Kremlin.

Stocks rise on tariff optimism, London hits record high

Stock markets mostly rose Thursday on optimism that governments would reach deals to avoid US tariffs, with London hitting a record high. London’s FTSE 100 index jumped one percent in morning trading, lifted also by a surge in mining stocks after US President Donald Trump said he would enact a 50-percent copper tariff on August 1.The dollar fell versus main rivals and oil prices slid. Bitcoin steadied after topping $112,000 for the first time on Wednesday.Paris and Frankfurt stock markets advanced, tracking gains in Asia and after the S&P 500 and Nasdaq hit all-time highs Wednesday in New York.”European markets in general continue to shrug off Donald Trump’s daily tariff updates, perhaps seeing them as noise and not facts,” said Dan Coatsworth, investment analyst at AJ Bell.”Trump is throwing out numbers left, right and centre, and investors have begun to dismiss anything that isn’t set in stone,” he added.Negotiators from around the world have been trying to reach agreements with Washington since Trump in April unveiled his “Liberation Day” tariff bombshell, with a July 9 deadline pushed back to August 1.”Indications that the EU is edging closer to a deal with the US, with an agreement thought to be possible in a few days, has added to the positive vibes,” said Susannah Streeter, head of money and markets at Hargreaves Lansdown.The EU expects Trump to keep a 10-percent baseline tariff on EU goods with exemptions for critical sectors like airplanes, spirits and cosmetics.Letters have been sent in recent days to more than 20 trading partners — including Japan and South Korea — setting out new tolls, with some higher and some lower than the initial levels.Thursday’s stock market rallies followed a healthy lead from Wall Street, thanks to a surge in US chip titan Nvidia that pushed the firm to a record $4 trillion valuation at one point.There was little global reaction to news that Trump had hit Brazil with a 50 percent tariff as he blasted the trial of the country’s ex-president Jair Bolsonaro.Brazilian President Luiz Inacio Lula da Silva said he will impose reciprocal levies on the United States.Brazil had not been among those threatened with higher duties, with the United States running a goods trade surplus with the South American giant.Traders were given few guides on the US Federal Reserve’s interest rate plans after minutes from its June policy meeting showed officials divided on the best way forward.While the board sees the president’s tariffs as inflationary, the minutes said there remained “considerable uncertainty” on the timing, size and duration of the effects.- Key figures at around 1030 GMT -London – FTSE 100: UP 1.0 percent at 8,956.73 pointsParis – CAC 40: UP 0.7 percent at 7,930.37Frankfurt – DAX: UP 0.1 percent at 24,584.82Tokyo – Nikkei 225: DOWN 0.4 percent at 39,646.36 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: UP 0.6 percent at 24,028.37 (close)Shanghai – Composite: UP 0.5 percent at 3,509.68 (close)New York – Dow: UP 0.5 percent at 44,458.30 (close)Euro/dollar: UP at $1.1733 from $1.1719 on WednesdayPound/dollar: UP at $1.3606 from $1.3590Dollar/yen: DOWN at 146.17 yen from 146.30 yenEuro/pound: UP at 86.24 pence from 86.21 penceBrent North Sea Crude: DOWN 0.3 percent at $69.92 per barrelWest Texas Intermediate: DOWN 0.5 percent at $68.03 per barrel

Philippines: des policiers soupçonnés de dizaines de meurtres liés aux combats de coqs

Quinze policiers font l’objet d’une enquête aux Philippines, suite à la disparition de dizaines de personnes liées aux combats de coqs, une industrie lucrative dans le pays.Des recherches pour retrouver les corps des disparus ont débuté jeudi dans un lac au sud de la capitale, Manille.Les victimes ont disparu en 2022, mais l’affaire est revenue sur le devant de la scène le mois dernier avec le récit d’un témoin à la chaîne locale GMA. Dans cette interview, Julie “Dondon” Patidongan a raconté qu’au moins 100 personnes avaient été assassinées par des policiers travaillant clandestinement pour un organisateur de combats de coqs en ligne. Les victimes auraient été tuées pour leur implication présumée dans un trucage de matchs, a-t-elle expliqué.Les combats de coqs sont populaires dans le pays. Chaque semaine, des Philippins de tous horizons parient des millions de dollars sur des matchs entre gallinacés, qui se battent à mort avec des éperons métalliques tranchants attachés à leurs pattes.Julie “Dondon” Patidongan a aussi affirmé savoir où trouver les corps des disparus dans le lac Taal, à deux heures de la capitale. Des propos pris très au sérieux par les autorités.Le porte-parole du ministère de la Justice Dominic Clavano a affirmé jeudi que les recherches entamées constituaient “un pas dans la bonne direction (…) mais nous ne nous arrêterons pas là. Ce n’est pas notre seule pistes”.- Course contre la montre -L’horloge tourne pour les autorités, à l’approche de la saison des typhons. “Nous agissons rapidement pour au moins essayer de localiser les corps. Nous savons que c’est très, très difficile”, a déclaré mardi le chef de la police nationale, Nicolas Torre.Le ministre de la Justice a affirmé vendredi avoir demandé de l’aide au Japon, notamment pour cartographier le fond du lac, qui atteint par endroits 172 mètres de profondeur. Pour les familles des victimes, la priorité est de pouvoir enterrer leurs proches, a affirmé Charlene Lasco, dont le frère disparu travaillait pour des combats de coqs retransmis en direct.”Nous sommes heureux que (le gouvernement) fasse de son mieux pour localiser (les corps) et résoudre cette affaire”, a-t-elle déclaré au siège de la police nationale à Manille. Les combats de coqs, interdits dans de nombreux pays, ont survécu aux restrictions imposées par la pandémie de Covid-19 en se lançant sur Internet, attirant ainsi un nombre croissant de parieurs qui misent en utilisant leur téléphone portable. L’ex-président Rodrigo Duterte avait interdit la diffusion en direct de ces combats, peu avant de quitter le pouvoir en 2022. Mais cette pratique perdure, en raison d’une application laxiste de la loi.

Europe court says S.African athlete’s trial wasn’t fair in gender testing caseThu, 10 Jul 2025 10:34:47 GMT

A top European court Thursday said a Swiss court did not give double Olympic champion Caster Semenya a fair trial in a much-awaited appeals ruling over contested gender testing.The European Court of Human Rights’ decision comes after a row engulfed the 2024 Paris Olympics over the gender of an Algerian boxing champion.Semenya, a 34-year-old South …

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Comment encadrer l’IA? L’UE dévoile plusieurs pistes

La Commission européenne a dévoilé jeudi des recommandations pour encadrer les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés, comme ChatGPT.L’objectif derrière ce code de conduite est notamment d’aider les entreprises à se conformer à la législation européenne très ambitieuse sur l’IA, dont les principales mesures entreront en vigueur au cours des prochaines semaines.Nombre d’entreprises sont vent debout contre cette législation, inédite au niveau mondial. Dans une lettre publiée début juillet, 46 dirigeants dont ceux d’Airbus, Mistral, Mercedes-Benz et Lufthansa ont appelé à la suspendre temporairement.Publié jeudi après plusieurs reports, ce code de conduite, élaboré avec des experts indépendants, met l’accent sur les questions de droits d’auteur. Il recommande notamment d’exclure de ses modèles les sites connus pour des actes répétés de piratage.Les géants de l’IA signataires s’engageraient également à vérifier en permanence que leurs conversations ne contiennent pas de propos injurieux ou violents.Ces recommandations sont pensées pour les modèles d’IA dits à usage général, comme ChatGPT d’OpenAI, Grok de la plateforme X ou Gemini de Google. Elles ne sont en aucun cas contraignantes. Les entreprises signataires bénéficieront toutefois d’une “charge administrative réduite” quand il s’agira de prouver qu’elles se conforment bien à la législation européenne sur l’IA, promet la Commission.

Comment encadrer l’IA? L’UE dévoile plusieurs pistes

La Commission européenne a dévoilé jeudi des recommandations pour encadrer les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés, comme ChatGPT.L’objectif derrière ce code de conduite est notamment d’aider les entreprises à se conformer à la législation européenne très ambitieuse sur l’IA, dont les principales mesures entreront en vigueur au cours des prochaines semaines.Nombre d’entreprises sont vent debout contre cette législation, inédite au niveau mondial. Dans une lettre publiée début juillet, 46 dirigeants dont ceux d’Airbus, Mistral, Mercedes-Benz et Lufthansa ont appelé à la suspendre temporairement.Publié jeudi après plusieurs reports, ce code de conduite, élaboré avec des experts indépendants, met l’accent sur les questions de droits d’auteur. Il recommande notamment d’exclure de ses modèles les sites connus pour des actes répétés de piratage.Les géants de l’IA signataires s’engageraient également à vérifier en permanence que leurs conversations ne contiennent pas de propos injurieux ou violents.Ces recommandations sont pensées pour les modèles d’IA dits à usage général, comme ChatGPT d’OpenAI, Grok de la plateforme X ou Gemini de Google. Elles ne sont en aucun cas contraignantes. Les entreprises signataires bénéficieront toutefois d’une “charge administrative réduite” quand il s’agira de prouver qu’elles se conforment bien à la législation européenne sur l’IA, promet la Commission.

Ten rescued, more missing after deadly Huthi ship sinking

Ten people have been rescued after Yemen’s Huthis sank a cargo ship, an EU naval force said Thursday, with three killed and 12 missing in one of the rebel group’s deadliest Red Sea attacks.Three Filipino crew and a Greek member of the Eternity C ship’s onboard security team were plucked from the sea overnight, “bringing the total number of those rescued to 10”, the European Union’s Operation Aspides force posted on X.On Wednesday, the Iran-backed Huthis said they had “rescued” an unspecified number of the Eternity C’s crew and taken them to a safe location. The US embassy for Yemen accused the rebels of kidnapping the survivors.The deadly attack was the second such assault on a commercial vessel in recent days, marking a serious escalation in a key waterway and threatening a May truce with the United States meant to safeguard freedom of navigation in the Red Sea and Gulf of Aden.The Huthis also released a propaganda video showing the Liberian-flagged bulk carrier being attacked and sunk — the second sinking of a cargo ship in quick succession, after they scuttled the Magic Seas on Sunday.A total of 25 people were onboard the Liberian-flagged Eternity C, according to Aspides, the EU’s naval task force patrolling the Red Sea.On Tuesday, the force told AFP that three people were killed and at least two wounded, including a Russian electrician who lost a leg, in the Huthi attack.The two consecutive incidents broke a months-long lull in Huthi ship attacks in the Red Sea and Gulf of Aden, which began after the start of the Gaza war.The attacks, which the Huthis say are against Israel-linked shipping and in solidarity with the Palestinian cause, have forced many companies to avoid a route that normally carries about 12 percent of global trade.- ‘Grave concern’ -The Huthis, who control large swathes of the Arabian Peninsula’s poorest country, had paused their shipping attacks this year after a Gaza ceasefire started in January.Huthi-held areas of Yemen also came under weeks of heavy attack by the United States military until a ceasefire in May. However, the rebels told AFP at the time that they would continue to attack “Israeli” ships.The Magic Seas and Eternity C were probably attacked “due to prior Israeli port calls or ownership/ship manager affiliations”, according to the Joint Maritime Information Centre, run by Western navies.The United Nations envoy for Yemen, Hans Grundberg, expressed “grave concern” over the latest attacks that resulted in “civilian loss of life and casualties as well as the potential for environmental damage”. While the Magic Seas crew was rescued by an Emirati ship, the attack on the Eternity C is the most deadly since three were killed in a missile attack on the True Confidence merchant vessel in March last year.Other Huthi attacks include the storming and hijacking of the Galaxy Leader, a vehicle carrier, in November 2023, and the sinking of the Rubymar carrying 21,000 tonnes of fertiliser in February 2024.

Athlètes hyperandrogènes: la CEDH ne se prononce pas sur le traitement hormonal

La Sud-africaine Caster Semenya a salué jeudi “un résultat positif” dans la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui a reconnu qu’elle n’avait pas eu droit à un procès équitable mais n’a toutefois pas tranché la question centrale du traitement hormonal imposé à cette athlète hyperandrogène.Si elle a condamné la Suisse pour violation du droit à un procès équitable, la Cour a en revanche déclaré irrecevables les griefs de Caster Semenya qui dénonçait des violations de ses droits au respect de la vie privée et à un recours effectif, et s’estimait victime de discrimination.La Grande chambre de la Cour, sorte d’instance d’appel, estime en effet que l’athlète de 34 ans ne relevait pas de la juridiction de la Suisse en ce qui concerne ces griefs, s’écartant ainsi de l’arrêt de première instance rendu par la CEDH en 2023.La Sud-Africaine a néanmoins salué un “résultat positif”, qui rappelle qu’il faut “protéger les athlètes”.- “Combat pas terminé”-“Nous devons respecter les athlètes, nous devons faire passer leurs droits en premier”, a déclaré la double championne olympique, aux côtés de son équipe juridique. “C’est un rappel aux dirigeants que les priorités sont la protection des athlètes.””Le combat n’est pas terminé”, “tant qu’il y a de l’injustice, nous nous battrons”, a-t-elle aussi prévenu, ses avocats expliquant qu’ils allaient maintenant examiner les suites possibles.Dans son arrêt de Grande chambre, la CEDH a rappelé que le respect du droit à un procès équitable, protégé par la Convention européenne des droits de l’homme, “exigeait un examen particulièrement rigoureux de sa cause”.Or la cour a estimé que cela n’a pas été le cas de l’examen opéré par le tribunal fédéral suisse saisi par Caster Semenya pour contester la sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS).La Suisse doit verser à Caster Semenya 80.000 euros pour frais et dépens.”Le jugement rendu aujourd’hui par la Cour confirme qu’à l’avenir, les athlètes et les sportifs ont droit à un examen rigoureux des affaires qui mettent en jeu leurs droits fondamentaux. Leur protection est essentielle. C’est un grand jour pour le sport et pour les athlètes du monde entier”, a commenté Schona Jolly, avocate de l’athlète.Double championne olympique (2012, 2016) et triple championne du monde (2009, 2011, 2017), Caster Semenya produit naturellement beaucoup d’hormones mâles (androgènes), susceptibles d’accroître la masse musculaire et d’améliorer les performances.Depuis 2018, World Athletics, la fédération internationale d’athlétisme, impose aux athlètes hyperandrogènes de faire baisser leur taux de testostérone par un traitement hormonal pour pouvoir participer aux compétitions internationales dans la catégorie féminine. Ce que refuse Caster Semenya, privée ainsi de s’aligner en compétition sur sa distance fétiche.- “Avantage insurmontable” -Révélée au grand public aux Mondiaux de 2009 à Berlin, Caster Semenya y avait remporté la médaille d’or du 800 m mais son apparence physique et sa voix grave avaient suscité débats et spéculations. L’athlète avait été interdite de compétition pendant onze mois et contrainte de subir des tests médicaux dont les résultats sont restés secrets, avant d’être autorisée de nouveau à courir en juillet 2010.Mais en 2018, le règlement de World Athletics a changé la donne.Ce règlement a été validé l’année suivante par le Tribunal arbitral du sport, basé en Suisse, puis confirmé par le Tribunal fédéral de Lausanne, qui a mis en avant en 2020 “l’équité des compétitions” comme “principe cardinal du sport”, au motif qu’un taux de testostérone comparable à celui des hommes confère aux athlètes féminines “un avantage insurmontable”.Les recours de l’athlète sud-africaine contre ces deux décisions ont été rejetés mais elle a obtenu gain de cause devant la CEDH le 11 juillet 2023. La cour avait estimé qu’elle avait été victime de discrimination et d’une violation de sa vie privée.Cependant, les autorités helvètes, appuyées par World Athletics, avaient saisi la Grande chambre de la CEDH, qui s’est prononcée jeudi et dont les décisions sont définitives.Si l’arrêt rendu par la CEDH en 2023 avait constitué une première victoire pour Caster Semenya, il n’avait toutefois pas invalidé le règlement de World Athletics et n’avait pas ouvert directement la voie à une participation de Semenya sur 800 m sans traitement.

Tutelle du FMI: “nous n’en sommes pas là”, dit le gouverneur de la Banque de France

“Nous n’en sommes pas là”, a répondu jeudi le gouverneur de la Banque de France, interrogé sur le risque agité par le gouvernement d’une mise sous tutelle de la France par le FMI en cas de dérive des comptes, à quelques jours de l’annonce d’un grand plan d’économies par Matignon.Le Fonds monétaire international “intervient dans une situation extrême, quand un pays ne peut plus s’en sortir tout seul. Nous n’en sommes pas là, nous avons dans les mains notre destin, mais c’est maintenant qu’il faut agir”, a dit François Villeroy de Galhau en présentant devant la presse le rapport annuel de la balance des paiements à la Banque de France à Paris. “Je redis avec un peu de gravité, avec toute l’indépendance de la Banque de France, qu’il y a là un sujet d’intérêt national”, a affirmé le gouverneur, selon qui “il y a un lien très direct entre le niveau de notre dette et la liberté de la France”.”J’espère que nous n’avons pas besoin du FMI pour réaliser que le sujet est extrêmement sérieux”, a-t-il poursuivi, précisant qu’il n’avait lui-même “jamais employé cette expression”, à propos du mot tutelle.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a de nouveau pointé mercredi le risque “qu’un jour, les institutions internationales décident pour nous”, après avoir à plusieurs reprises ces dernières semaines évoqué le risque d’une “tutelle” des institutions internationales, dont le FMI, en cas de dérive des comptes publics.Ces mises en garde surviennent avant que le gouvernement annonce, le 15 juillet, un grand plan d’économies qui doit représenter un effort budgétaire de 40 milliards d’euros.”Il faut évidemment tout faire pour éviter ça, notre destin budgétaire, il est entre nos mains”, a dit M. Villeroy de Galhau.Une intervention du FMI, comme en Grèce au tournant des années 2010, parait improbable, d’autant que l’Union européenne a depuis mis en place ses propres dispositifs d’intervention d’urgence, à travers le Mécanisme européen de stabilité (MES) et la Banque centrale européenne (BCE).L’économiste en chef de l’institution de Washington, interrogé mi-juin, avait affirmé que “la question pourrait se poser mais, j’ai envie de dire, ni demain ni après-demain. Si vraiment rien n’était fait (…), s’il n’y avait aucune volonté d’infléchir la trajectoire de la dette, évidemment qu’à un moment donné, la question se poserait”, avait estimé Pierre-Olivier Gourinchas.