Budget: à l’Assemblée des débats décousus à l’ombre du 49.3

Une assistance clairsemée, des votes sans cohérence d’ensemble: depuis mardi, la nouvelle lecture du budget à l’Assemblée donne lieu à des débats décousus, renforçant l’hypothèse d’un couperet rapide du gouvernement, via le 49.3 ou une ordonnance.Mercredi, les députés du Rassemblement national ont obtenu à la faveur de la démobilisation générale une réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d’euros. Un vote “ubuesque”, selon Régions de France.Jeudi matin, le gouvernement a subi un important revers, son amendement sur la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, étant sèchement battu. C’était pourtant un des points clés de la négociation avec le PS, qui espère des augmentations de recettes pour atténuer d’autant les baisses de dépenses.Mais alors que plane depuis plusieurs jours au-dessus des débats la possibilité d’un 49.3 ou d’une ordonnance, permettant au gouvernement de faire adopter un budget sans vote faute de majorité, les députés se montrent moins soucieux de rechercher dans l’hémicycle un compromis.Principal soutien du gouvernement, le groupe EPR (Renaissance) a ainsi voté contre la surtaxe; tout en se disant “ouvert à faire des pas” dans un autre cadre, selon son chef de file sur le budget, Paul Midy.En parallèle des débats dans l’hémicycle, se tiennent des négociations en coulisses, notamment entre le PS et le gouvernement, pour parvenir à un accord de non-censure.Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même présent à l’Assemblée jeudi, échangeant avec des parlementaires y compris dans les couloirs.”Il y a une fatigue d’un jour sans fin”, souligne un ténor LR, et ce d’autant plus que les parlementaires ont “du mal à voir où ils atterrissent”. Faute d’avoir la photographie globale d’un éventuel accord, les députés “reviennent sur leurs bases initiales”, analyse-t-il.Cette attitude, et les votes qui en résultent, contribuent à alimenter la petite musique d’un 49.3 ou d’une ordonnance. Car à quoi bon continuer les débats s’ils n’ont plus de sens ?- Réponse d’ici mardi ? -L’Assemblée bruissait ainsi jeudi de rumeurs sur un éventuel conseil des ministres, préalable à l’utilisation du 49.3. Une source au sein de l’exécutif n’a pas exclu qu’il y en ait un ce weekend, mais ne l’envisageait ni jeudi ni vendredi.L’hypothèse d’une ordonnance, au titre de l’article 47 de la Constitution, revenant avec tout autant de force.Ce chemin est vivement rejeté par plusieurs parlementaires ou juristes, qui note sa dimension antiparlementariste, alors que cette procédure ne requiert aucun vote du Parlement.”Aucune femme, aucun homme attaché à la défense de la République ne peut accepter ce qui ne serait ni plus ni moins qu’un nouveau 18 Brumaire (…) Je censurerai sans aucune hésitation tout gouvernement qui cèderait à une telle tentation”, affirme ainsi l’un des négociateurs du PS sur le budget, Philippe Brun, dans une tribune transmise à l’AFP.Avantage de l’ordonnance par rapport au 49.3: elle permet de doter la France d’un budget, que le Premier ministre soit censuré ou non.L’exécutif devra quoiqu’il arrive se décider avant le vote de la partie “recettes” du budget, qui en cas de rejet enverrait directement le texte au Sénat.Ce moment pourrait arriver assez rapidement, puisqu’il restait jeudi en fin d’après-midi moins de 500 amendements à débattre sur cette partie, et les débats avançaient à bon rythme. “C’est possible qu’il y ait un scénario tranché d’ici mardi”, a timidement confirmé l’entourage du Premier ministre, tout en assurant qu’il n’y aurait pas de budget définitivement adopté “avant la mi-février”.”Tout ça va se décanter dans le weekend. Je ne vois pas le Premier ministre activer quoi que ce soit avant d’avoir pu saisir l’opinion sur l’incapacité de l’Assemblée à bâtir un budget”, résume un cadre macroniste.

Suicide d’une lycéenne de 17 ans, enquête ouverte pour harcèlement scolaire

Camélia, 17 ans, s’est suicidée mardi en gare de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne. Devant son lycée, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi matin pour dénoncer le harcèlement scolaire dont elle aurait été victime et appeler à agir contre ce fléau.Scolarisée au lycée Balzac de Mitry-Mory, au nord-est de Paris, l’adolescente “s’est volontairement donné la mort”, a indiqué le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, dans un communiqué.Selon une source policière, Camélia avait prévenu sa mère de son geste par messagerie. Descendue et allongée sur les rails de la gare de Villeparisis-Mitry-Le-Neuf, elle a été mortellement percutée par un train RER en fin d’après-midi.Le parquet a ouvert deux enquêtes: une pour déterminer les causes de la mort, la seconde du chef de “harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider”, motif pour lequel la peine encourue est de dix ans de prison.”C’était une fille super souriante”, a témoigné auprès de l’AFP Chloé, 18 ans, qui était dans sa classe en terminale sciences et technologies du management et de la gestion.Selon Ilyana, qui la fréquentait en cours de sport et “rigolait souvent” avec, Camélia était une lycéenne “super ouverte” et qui a “vraiment bien caché” sa souffrance.D’après le procureur, la famille a expliqué à la police que la jeune fille avait été victime de harcèlement scolaire depuis décembre et “qu’à la rentrée de janvier, la situation ne s’était pas améliorée”, malgré la convocation des jeunes soupçonnés de son harcèlement.Selon plusieurs élèves, les insultes, parfois à caractère sexuel, auraient démarré il y a environ un an.”Il y avait trois principaux harceleurs mais aussi toute une classe derrière”, qui laissait faire, raconte Sofia, 17 ans, sa “meilleure amie pendant tout le collège”.- “Stop au harcèlement” -Selon la famille, la “jeune femme avait été elle-même convoquée par le chef d’établissement le jour de son décès” et “au cours de cet entretien, l’intéressée avait été renvoyée à sa propre part de responsabilité dans les faits”, a détaillé le procureur dans son communiqué.Selon le magistrat, depuis la mort de l’adolescente, “le personnel de direction de l’établissement est victime, notamment sur les réseaux sociaux, de menaces violentes, tandis que des rassemblements sont organisés devant le lycée, tant à l’initiative de la famille de la défunte, que de tiers”.Jeudi en début d’après-midi, plusieurs véhicules de police étaient stationnés devant le lycée où s’était tenu, quelques heures plus tôt, un rassemblement comptant plusieurs centaines de personnes, dont des parents et d’anciens élèves de l’établissement.Sur une vidéo consultée par l’AFP, les manifestants scandent “Stop au harcèlement” et, selon des témoignages, plusieurs victimes ou ex-victimes de harcèlement ont pris la parole.Si les élèves interrogés par l’AFP et ayant participé à la manifestation assurent que le rassemblement visait à dénoncer le harcèlement et non pas l’attitude de la direction du lycée, plusieurs ont fait part de leur “colère” à son égard. Le mail de la direction envoyé mercredi et annonçant le “décès d’une élève (…) survenu hier en dehors de l’établissement”, sans précision sur les circonstances, a également été mal perçu par plusieurs lycéens.- “Cyclone médiatique” -Sollicitée par l’AFP, l’académie de Créteil a déclaré qu’elle n’allait pas ouvrir d’enquête administrative “à ce stade” car il n’y avait, selon elle, pas d’éléments suggérant qu’il y ait eu un dysfonctionnement dans le système d’alerte harcèlement.Une cellule psychologique a par ailleurs été mise en place au sein de l’établissement, ainsi qu'”une protection fonctionnelle du proviseur face au cyclone médiatique et numérique dans lequel il est plongé”.Selon le procureur, “des élèves susceptibles d’être impliqués dans les faits subis par la défunte sont eux-mêmes victimes de faits de harcèlement”.Deux autres enquêtes préliminaires, l’une pour menaces envers une personne exerçant une fonction publique et la seconde pour harcèlement moral, ont ainsi été ouvertes.Le harcèlement scolaire, qui en France toucherait plus d’un élève par classe en moyenne, a été érigé en priorité par les gouvernements successifs ces dernières années, après plusieurs suicides d’adolescents dont ceux en 2023 de Lindsay, 13 ans, dans le Pas-de-Calais, et de Nicolas, 15 ans, dans les Yvelines.

Foot: “Infantino a viré autocrate”, accuse Michel Platini

L’ancien patron de l’UEFA Michel Platini a violemment attaqué le président de la Fifa Gianni Infantino, l’accusant d’avoir “viré autocrate depuis la pandémie” de Covid-19, dans un entretien publié jeudi dans The Guardian.    “C’était un bon numéro deux, mais pas un bon numéro un. Il a très bien travaillé à l’UEFA, mais il a un problème: il aime les riches et les puissants, ceux qui ont de l’argent. C’est dans sa nature. Il était comme ça en tant que numéro deux, mais à l’époque, il n’était pas le patron. Malheureusement, Infantino a viré autocrate depuis la pandémie”, a déclaré l’ancien N.10 des Bleus à propos du dirigeant italo-suisse, qui était son secrétaire général entre 2009 et 2015 quand il officiait à la tête de l’instance européenne (2007-2015).”Il y a moins de démocratie qu’à l’époque de Blatter (président de la Fifa entre 1998 à 2015, ndlr). On peut dire ce qu’on veut de Blatter, mais son principal problème était qu’il voulait rester à la Fifa à vie. C’était une bonne personne pour le football”, a poursuivi le triple Ballon d’Or.Platini s’oppose frontalement depuis plusieurs années à Gianni Infantino et à son entourage, qu’il soupçonne de l’avoir évincé de la course à la présidence de la Fifa en 2015 en alertant le parquet suisse sur un paiement suspect de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros). Ce versement a été réalisé par la Fifa sur ordre de son président de l’époque Sepp Blatter à l’attention de Michel Platini en 2011, sans justification écrite.Accusés notamment d’escroquerie, MM. Blatter et Platini ont été définitivement acquittés en 2025 par la justice suisse. Platini avait également été suspendu huit ans de toute activité dans le football par la commission d’éthique de la Fifa, une sanction ramenée à six ans en appel puis à quatre ans par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Fin novembre, Platini a déposé plainte contre trois anciens dirigeants de la Fifa pour diffamation.”J’étais destiné à devenir président de la Fifa, a-t-il dit. Tout ça s’est passé parce qu’ils ne le voulaient pas. Cette suspension était une grave injustice et, au final, c’était politique. Un groupe de personnes a décidé de me tuer.””Ces dix dernières années ont été très compliquées à cause des souffrances de ma famille: ils voient ce qui se dit dans les journaux, ce que les gens disent de moi, le débat international. Mais je ne me suis jamais soucié du verdict final car je savais que j’étais innocent, je savais qu’au final, il n’y aurait rien. Je me suis toujours senti en paix avec moi-même”, a aussi expliqué Platini, âgé de 70 ans.

Goldman Sachs’ profits jump on hot merger market

Goldman Sachs’ quarterly profits jumped on robust merger activity as clients seize a “window” of opportunity during the Trump administration, bank officials said Thursday.Fueled by higher revenues from merger advisory services and financial markets trading, Goldman Sachs reported profits of $4.4 billion in the fourth quarter, up 12 percent from the year-ago period.Executives expressed a bullish outlook on continued deal flow in 2026, noting the potential for more initial public offerings and that its backlog of anticipated future deal revenue stands at a four-year high. CEO David Solomon said corporations sense a better climate under Donald Trump after the Biden administration, where leading antitrust officials were viewed as broadly hostile to consolidation.”CEOs definitely believe that the art of the deal and scaled consolidation is possible now,” Solomon said on a conference call with analysts.Overall revenues were $13.5 billion, down three percent from the year-ago period, due largely to ending its credit card business with Apple.However, Goldman’s profits were boosted by a $2.1 billion accounting benefit from dropping the Apple credit card venture.Investment banking fees came in at $2.6 billion in the final three months of 2025, up 25 percent. The New York banking giant also scored double-digit increases in revenues for equities trading and fixed income, currency and commodities.Goldman’s press release did not mention specific transactions, but the company advised Metsera in its buyout of up to $10 billion from Pfizer.In prior quarters, Goldman has pointed to $12 billion deals involving energy company NRG and in Electronic Arts’ $55 billion deal to go private.”I think CEOs, boards are looking and saying ‘Okay, we’ve got a window here a handful of years, to consider big, huge, transformative things,'” said Solomon.”I think the world is set up at the moment to be incredibly constructive in 2026 in M&A and capital markets activity,” Solomon said. “What could change that? Something could go on in the world, sort of an exogenous event, or macro event that changes the sentiment,” he said, adding that this is not the bank’s view of a likely scenario.Goldman’s earnings per share topped analyst estimates while revenues lagged projections.Shares jumped 4.6 percent in early-afternoon trading.

Au procès du RN, le Parlement européen dément tout “manque de clarté” dans ses règles

Sous le feu des avocats de Marine Le Pen et du Rassemblement national, le Parlement européen s’est longuement défendu jeudi de tout “manque de clarté” dans ses règles au procès en appel des assistants d’eurodéputés du Front national.Le parti d’extrême droite, sa cheffe de file et dix autres personnes sont jugés depuis mardi et jusqu’au 11 février par la cour d’appel de Paris dans ce procès décisif pour la présidentielle de 2027, pour laquelle Marine Le Pen est actuellement inéligible.Représentant du Parlement européen à cette audience où l’institution européenne est partie civile, son directeur général des finances, Didier Klethi, a eu droit jeudi, avec près de six heures passées à la barre, à un interrogatoire digne d’un prévenu.”Le Parlement est la victime d’un système selon lequel certains assistants de députés européens du FN ont en fait travaillé au profit du parti”, précise-t-il d’emblée à la cour, fustigeant une “organisation bien rodée que seule l’instruction (de la justice) a permis de révéler”.Dès ses premiers mots à l’ouverture de l’audience mardi, Marine Le Pen a donné le ton du procès en axant sa défense sur une présumée défaillance de l’administration du Parlement européen, qui n’aurait pas joué son “rôle d’alerte” sur les contrats litigieux.”Nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit”, avait soutenu dans son propos introductif la députée du Pas-de-Calais de 57 ans.Les prévenus sont poursuivis pour avoir utilisé entre 2004 et 2016 des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés et destinées à rémunérer leurs assistants, travaillant en réalité au seul bénéfice du parti ou de ses cadres.Sur les 25 condamnés de première instance en mars, seule la moitié a fait appel.- Enveloppe mensuelle -Devant la cour d’appel, Didier Klethi expose les règles internes définissant le cadre d’emploi d’assistants parlementaires par un eurodéputé sur l’enveloppe qui lui est allouée chaque mois pour les frais de personnel, dont le montant s’élevait en 2014 à 21.379 euros.”L’activité de militantisme est autorisée. Les assistants sont libres d’avoir une activité et des engagements politiques, c’est droit fondamental, mais ils ne peuvent pas les exercer pendant les heures de travail”, décrit le haut fonctionnaire européen.C’est en 2015, en découvrant dans Le Figaro le nouvel organigramme du parti à la flamme tricolore, sur lequel figurent plusieurs personnes censées être des assistants parlementaires d’eurodéputés, que le Parlement européen commence à s’interroger sur leur travail réel. Effectuant des vérifications plus poussées, l’institution met alors en branle l’affaire dans laquelle se trouve embourbée dix ans après la triple candidate malheureuse à l’Elysée, en ces temps de crise politique où l’extrême droite survole les sondages.Sous les grandioses boiseries de la première chambre de la cour d’appel, les différents avocats de la défense passent au grill le représentant du Parlement européen, s’interrogeant à haute voix sur le manque de contrôles de la part de l’administration et la complexité de ses règles.”Il ne faut pas se réfugier derrière un manque de clarté. La même chose a été plaidée à maintes reprises et la Cour de justice (de l’Union européenne) a répété et répété dans ses arrêts que la règle est assez claire”, pare Didier Klethi.Le 31 mars 2025, Marine Le Pen a été condamnée en première instance par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire immédiate, qui l’empêche pour l’instant de concourir à la présidentielle.La cour d’appel de Paris a indiqué jeudi qu’elle se prononcerait lors du délibéré sur la question procédurale complexe soulevée mercredi par sa défense, portant sur le nombre de contrats dont est saisie la justice. Elle a par ailleurs rejeté une demande de disjonction du procès du cas du maire de Perpignan Louis Aliot, qui sera interrogé la semaine prochaine.Le procès reprendra lundi après-midi.