La menace russe concerne tous les pays de l’UE, souligne le président du Conseil européen

Avant un nouveau sommet européen jeudi à Bruxelles consacré en particulier à la défense, le président du Conseil européen Antonio Costa souligne que la menace russe concerne tous les Etats de l’UE, quelle que soit leur proximité géographique avec la Russie. “Évidemment, les voisins de la Russie sont plus concernés par la Russie, ça va de soi (…) mais la menace à laquelle on fait face nous concerne tous”, a-t-il expliqué dans un entretien à l’AFP.”C’est aussi pour ça qu’on est tous ensemble dans notre soutien à l’Ukraine. Parce que la défense de l’Ukraine, c’est le premier niveau de notre propre défense”.A la tête du Conseil, le Portugais de 63 ans a la délicate mission de rapprocher les positions des 27 Etats membres, sur le réarmement européen ou la relation avec les Etats-Unis de Donald Trump.Lors du sommet de Bruxelles, les dirigeants européens discuteront de nouveau de la guerre en Ukraine. Antonio Costa assure que l’Europe ne sera pas absente des éventuelles négociations sur l’avenir du pays. “On est prêt à participer. Sous le leadership de la France et du Royaume-Uni, on se prépare pour participer aux éventuelles mesures de sécurité pour assurer la paix si et quand elle arrive”.Q: En matière d’armement, pendant longtemps, les Européens ont acheté du matériel américain essentiellement. Faut-il que les Européens achètent européen désormais ?R: “Il faut regarder selon la temporalité. Le matériel dont on a besoin dès maintenant, il faut l’acheter là où il est disponible, en Europe, en Corée du Sud, au Japon, aux États-Unis, en Turquie…. Quand on regarde à plus long terme évidemment, ce qui est important, ce n’est pas seulement d’acheter, mais aussi de produire. Et pour ça, de renforcer notre base industrielle et technologique. On est en train de le faire.La préférence européenne, c’est la préférence naturelle mais quand on parle avec les États membres, ce que tous vous disent, c’est que pour certaines capacités, la grande difficulté, c’est de trouver où acheter parce qu’il n’y a pas de production suffisante.”Q: Est-il raisonnable aujourd’hui d’acheter des avions F-35 aux États-Unis si les Américains peuvent empêcher l’utilisation de certaines armes  ? R: “Le Conseil européen ne prend pas la décision de ce qu’on achète. Il crée les conditions pour que les États membres puissent acheter. Évidemment, il y a une question dont tout le monde a pris conscience. Si on achète mais qu’on n’a pas le contrôle sur l’utilisation (des armes), c’est un problème.Mais on n’est pas nécessairement en compétition avec les Américains. Pour les Etats-Unis, leur priorité géostratégique, ce n’est plus l’Europe, mais le Pacifique. Ils demandent aux Européens de prendre plus de responsabilités dans leur propre défense. Ca veut dire que les Américains ont pleinement conscience qu’on doit avoir une capacité de défense propre. C’est notre intérêt commun.C’est pourquoi une compétition sur les tarifs douaniers, avec les risques d’une guerre commerciale, serait une grande erreur. Parce que si on veut investir plus, il ne faut pas créer de problèmes économiques. C’est perdant-perdant”.Q: Considérez-vous encore les États-Unis comme un allié fiable ?R: “La relation de l’Europe et des États-Unis vient de loin et restera pour longtemps. Ce n’est pas la conjoncture des leaders qui existent de ce côté de l’Atlantique ou de l’autre côté qui va changer ça d’une façon durable. Le tournant géopolitique des États-Unis n’a pas commencé avec Trump et peut-être ne va pas finir avec Trump. Donc l’Europe doit faire ce qu’elle doit faire indépendamment de la position des États-Unis et de Donald Trump”.Q: La Hongrie ou l’Italie affichent une plus grande proximité avec Donald Trump. Y-a-t-il un risque qu’il divise l’Europe ?R: “Non. Si on regarde objectivement, on arrive toujours à avoir des décisions au sein du Conseil européen. La question qui a isolé la Hongrie vis-à-vis des autres 26 a été la manière d’arriver à la paix en Ukraine. Les 26 croyaient à une stratégie de renforcement de l’Ukraine pour arriver à une paix durable, et la Hongrie a une vision différente. Mais franchement, quand il y a une position (hongroise) face à la position de 26, je ne crois pas qu’on puisse décrire ça comme une division”.Q: Donald Trump et Vladimir Poutine ont échangé aujourd’hui (mardi) par téléphone sur l’Ukraine. Est-ce que cela vous inquiète?R: “Ni la Russie ni les États-Unis n’ont besoin de l’Union Européenne pour se parler. Et c’est déjà positif que la Russie et les États-Unis se parlent.Notre position est très claire, il n’est pas possible d’avoir une négociation sur l’Ukraine sans l’Ukraine. Seule l’Ukraine en tant qu’État souverain peut décider quand, comment et jusqu’où aller dans ces négociations. Mais je crois que tout le monde a déjà compris, et tout d’abord les États-Unis, que la question ce n’est pas seulement l’Ukraine, mais c’est la question de la sécurité de l’Europe”.

La menace russe concerne tous les pays de l’UE, souligne le président du Conseil européen

Avant un nouveau sommet européen jeudi à Bruxelles consacré en particulier à la défense, le président du Conseil européen Antonio Costa souligne que la menace russe concerne tous les Etats de l’UE, quelle que soit leur proximité géographique avec la Russie. “Évidemment, les voisins de la Russie sont plus concernés par la Russie, ça va de soi (…) mais la menace à laquelle on fait face nous concerne tous”, a-t-il expliqué dans un entretien à l’AFP.”C’est aussi pour ça qu’on est tous ensemble dans notre soutien à l’Ukraine. Parce que la défense de l’Ukraine, c’est le premier niveau de notre propre défense”.A la tête du Conseil, le Portugais de 63 ans a la délicate mission de rapprocher les positions des 27 Etats membres, sur le réarmement européen ou la relation avec les Etats-Unis de Donald Trump.Lors du sommet de Bruxelles, les dirigeants européens discuteront de nouveau de la guerre en Ukraine. Antonio Costa assure que l’Europe ne sera pas absente des éventuelles négociations sur l’avenir du pays. “On est prêt à participer. Sous le leadership de la France et du Royaume-Uni, on se prépare pour participer aux éventuelles mesures de sécurité pour assurer la paix si et quand elle arrive”.Q: En matière d’armement, pendant longtemps, les Européens ont acheté du matériel américain essentiellement. Faut-il que les Européens achètent européen désormais ?R: “Il faut regarder selon la temporalité. Le matériel dont on a besoin dès maintenant, il faut l’acheter là où il est disponible, en Europe, en Corée du Sud, au Japon, aux États-Unis, en Turquie…. Quand on regarde à plus long terme évidemment, ce qui est important, ce n’est pas seulement d’acheter, mais aussi de produire. Et pour ça, de renforcer notre base industrielle et technologique. On est en train de le faire.La préférence européenne, c’est la préférence naturelle mais quand on parle avec les États membres, ce que tous vous disent, c’est que pour certaines capacités, la grande difficulté, c’est de trouver où acheter parce qu’il n’y a pas de production suffisante.”Q: Est-il raisonnable aujourd’hui d’acheter des avions F-35 aux États-Unis si les Américains peuvent empêcher l’utilisation de certaines armes  ? R: “Le Conseil européen ne prend pas la décision de ce qu’on achète. Il crée les conditions pour que les États membres puissent acheter. Évidemment, il y a une question dont tout le monde a pris conscience. Si on achète mais qu’on n’a pas le contrôle sur l’utilisation (des armes), c’est un problème.Mais on n’est pas nécessairement en compétition avec les Américains. Pour les Etats-Unis, leur priorité géostratégique, ce n’est plus l’Europe, mais le Pacifique. Ils demandent aux Européens de prendre plus de responsabilités dans leur propre défense. Ca veut dire que les Américains ont pleinement conscience qu’on doit avoir une capacité de défense propre. C’est notre intérêt commun.C’est pourquoi une compétition sur les tarifs douaniers, avec les risques d’une guerre commerciale, serait une grande erreur. Parce que si on veut investir plus, il ne faut pas créer de problèmes économiques. C’est perdant-perdant”.Q: Considérez-vous encore les États-Unis comme un allié fiable ?R: “La relation de l’Europe et des États-Unis vient de loin et restera pour longtemps. Ce n’est pas la conjoncture des leaders qui existent de ce côté de l’Atlantique ou de l’autre côté qui va changer ça d’une façon durable. Le tournant géopolitique des États-Unis n’a pas commencé avec Trump et peut-être ne va pas finir avec Trump. Donc l’Europe doit faire ce qu’elle doit faire indépendamment de la position des États-Unis et de Donald Trump”.Q: La Hongrie ou l’Italie affichent une plus grande proximité avec Donald Trump. Y-a-t-il un risque qu’il divise l’Europe ?R: “Non. Si on regarde objectivement, on arrive toujours à avoir des décisions au sein du Conseil européen. La question qui a isolé la Hongrie vis-à-vis des autres 26 a été la manière d’arriver à la paix en Ukraine. Les 26 croyaient à une stratégie de renforcement de l’Ukraine pour arriver à une paix durable, et la Hongrie a une vision différente. Mais franchement, quand il y a une position (hongroise) face à la position de 26, je ne crois pas qu’on puisse décrire ça comme une division”.Q: Donald Trump et Vladimir Poutine ont échangé aujourd’hui (mardi) par téléphone sur l’Ukraine. Est-ce que cela vous inquiète?R: “Ni la Russie ni les États-Unis n’ont besoin de l’Union Européenne pour se parler. Et c’est déjà positif que la Russie et les États-Unis se parlent.Notre position est très claire, il n’est pas possible d’avoir une négociation sur l’Ukraine sans l’Ukraine. Seule l’Ukraine en tant qu’État souverain peut décider quand, comment et jusqu’où aller dans ces négociations. Mais je crois que tout le monde a déjà compris, et tout d’abord les États-Unis, que la question ce n’est pas seulement l’Ukraine, mais c’est la question de la sécurité de l’Europe”.

Paris: évacuation sous tension des jeunes migrants occupant la Gaîté lyrique

Gaz lacrymogène, coups de matraque et cris de protestation: les forces de l’ordre ont procédé mardi matin à l’évacuation sous tension de la Gaîté lyrique, lieu culturel au cÅ“ur de Paris occupé depuis plus de trois mois par des centaines de jeunes migrants.”Les personnes ont été évacuées et les manÅ“uvres se sont déroulées dans des conditions satisfaisantes malgré quelques tensions qui ont conduit à un usage ponctuel et proportionné de la force”, a indiqué la préfecture de police de Paris dans un communiqué.Au total, 46 personnes ont tout de même été interpellées lors de l’évacuation, a indiqué le préfet de police Laurent Nuñez. Une pour “outrage et rébellion”, les autres vont faire l’objet de “vérifications administratives” et seront “placées en rétention administrative”, a-t-il détaillé.Vers 6H00, CRS et gendarmes mobiles ont forcé les cordons formés devant la Gaîté par plusieurs dizaines de militants dans un climat houleux, selon des journalistes de l’AFP sur place.Les forces de l’ordre sont ensuite entrées dans l’édifice situé dans le 3e arrondissement, selon une reporter, qui a vu de jeunes migrants sortir du bâtiment avec leurs affaires.Peu avant 9H00, les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, selon un journaliste de l’AFP.- “Panique” -“Il y a eu une panique et un mouvement de foule, de jeunes migrants et des militants sont tombés par terre, se sont fait marcher dessus”, a témoigné David, un militant qui n’a pas donné son nom, évoquant “plusieurs blessés”.Il y a eu “neuf blessés”, a indiqué Laurent Nuñez. Parmi eux, six migrants dont l’état ne nécessitait pas de prise en charge. Trois autres blessés ont été pris en charge: un migrant, un CRS, et un journaliste blessé légèrement au genou. Un dispositif de sécurisation restera en place “dans les jours qui viennent”, a-t-il ajouté.La députée de gauche radicale Danielle Simonnet, présente lors de l’évacuation, a dénoncé une “intervention extrêmement violente”.Dans la soirée, les jeunes exilés rassemblés dans le “Collectif des jeunes du parc de Belleville” ont déploré “des dizaines de personnes” blessées et “avoir subi le déploiement total du racisme dans l’indifférence de la plus grande Mairie française”. “Tout le monde est traumatisé”, dit leur communiqué.Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait salué dans l’après-midi sur X la fin de cette “situation inacceptable”. “L’Etat a pris ses responsabilités (…) malgré la réticence de la Mairie de Paris propriétaire des lieux, à demander cette expulsion”.Le préfet de police avait pris lundi un arrêté ordonnant l’évacuation du lieu occupé depuis le 10 décembre par des migrants venus notamment d’Afrique subsaharienne – jusqu’à 450 environ – demandant à être hébergés et affirmant être des mineurs devant être reconnus comme tels. Une minorité que contestent la mairie et la préfecture de région.Le préfet a invoqué un “trouble à l’ordre public” pour justifier l’évacuation, promettant des solutions d’hébergement pour les jeunes migrants, ainsi que l’examen de leur situation administrative.Des agents de la préfecture d’ÃŽle-de-France chargés de l’hébergement d’urgence sont venus mardi matin à la rencontre des migrants, a constaté un journaliste de l’AFP.Mais “la plupart ont refusé les solutions de prise en charge qui étaient proposées”, a assuré M. Nuñez, affirmant que seuls six avaient accepté une solution d’hébergement.- “On est venus pour s’intégrer” -“Je dois aller à l’école ce matin, à 10H00. Je sais pas quoi dire à mon prof, il faut que je lui laisse un message pour dire que je serai pas là aujourd’hui”, a témoigné auprès de l’AFP un jeune migrant, Adama, se présentant comme un Ivoirien âgé de 15 ans.”Nous on tue pas, on vole pas. On est venus pour s’intégrer”, a-t-il fait valoir.Le 10 décembre, un premier groupe d’environ 200 jeunes migrants rassemblés dans le “Collectif des jeunes du parc de Belleville” s’était installé à la Gaîté lyrique.L’établissement avait annulé sa programmation culturelle depuis le 17 décembre, se disant compréhensive et dénonçant “à la fois l’occupation et l’inaction des autorités”.Depuis le début de l’occupation, la mairie et l’Etat se sont renvoyé la balle. Saisi par la Ville de Paris, le juge des référés du tribunal administratif avait ordonné le 13 février l’évacuation dans un délai d’un mois.Une banderole noire ornait toujours mardi la façade du bâtiment, au-dessus de l’entrée: “Gaîté lyrique occupée. 400 vies en danger, 80 emplois menacés”. Les salariés l’ont accrochée avant de partir le 26 février, exerçant leur droit de retrait.La Gaîté lyrique a “porté plainte le 10 février contre X, dénonçant notamment des dégradations de biens et des messages malveillants”, a appris mardi l’AFP de source proche du dossier.Cette occupation était devenue emblématique des tensions sur la question migratoire entre militants de gauche radicale, soutenant les exilés, et une extrême droite hostile à leur accueil en France.abe-abo-mca-juc-tll/mat/sp

“On se connaît tous”: tristesse et colère en Macédoine du Nord après l’incendie d’une discothèque

La tristesse et la colère régnaient mardi à Kocani, en Macédoine du Nord, où 59 personnes sont mortes et 196 ont été blessées dans l’incendie d’une boîte de nuit, le “Pulse”. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans la soirée rendre hommage aux victimes et prier.Dans cette ville de 30.000 habitants, située à une centaine de kilomètres de la capitale, Skopje, la mort de ces dizaines de personnes, en majorité des adolescents et de jeunes adultes, a touché presque chaque maison.”Nous sommes un petit endroit. Nous nous connaissons tous”, explique à l’AFP Sasko Jordanov, un dentiste de 38 ans. “Beaucoup de mes patients sont morts, des enfants d’amis, de voisins…””C’est horrible, l’enfant de ma cousine est mort… C’est une catastrophe”, murmure une habitante, refusant de donner son nom, comme beaucoup de ceux que l’AFP a rencontrés.En début de soirée, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le centre de Kocani pour rendre hommage aux victimes – un rassemblement lundi soir s’était transformé en éruption de colère lorsque plusieurs dizaines d’habitants s’en sont pris à différents biens du propriétaire de la boîte de nuit, jetant des pierres et brisant des vitres.Mardi, plusieurs prêtres se sont adressés à la foule pour demander “le calme et la paix” le temps d’enterrer les victimes, dont les funérailles sont prévues jeudi.Les tombes ont commencé à être creusées mardi matin dans le cimetière de Kocani.A Skopje, la capitale, plusieurs centaines de personnes se sont également rassemblées sur la place principale, et ont respecté plusieurs minutes de silence en hommage aux victimes. – Livre de condoléances -Le drame a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche au “Pulse”, une boîte de nuit qui opérait sous une licence frauduleuse et dans des conditions de sécurité désastreuses, selon les premiers éléments de l’enquête: pas assez d’extincteurs, une seule porte de sortie au lieu de deux, aucune autorisation d’utiliser les engins pyrotechniques qui éclairaient la scène.Au moins 500 personnes se trouvaient dans le club au moment où le feu a pris, soit le double de la capacité officielle. Les étincelles ont atteint le plafond constitué d’un matériau facilement inflammable, l’incendie s’est rapidement propagé à toute la discothèque, une épaisse fumée s’est formée et une bousculade a eu lieu dans laquelle des dizaines de personnes sont mortes ou ont été grièvement blessées.Au centre de Kocani, des dizaines de personnes signent depuis dimanche le livre de condoléances installé sur une grande table, déposant des fleurs ou allumant des bougies, les mains tremblantes et les yeux plein de larmes.”Je ne peux pas parler, comprenez-moi … Les amis de mes enfants sont morts. C’est atroce”, explique une femme en allumant une bougie.”Je n’ai personne de proche qui est mort, mais je me sens très mal. C’est dur. Je pleurais hier quand un père est venu. Il n’avait qu’un fils et il est mort”, raconte Dragi Gjorgjiev, un habitant de Kocani rencontré en ville. “Jusqu’à quand nous allons continuer comme ça ?”- 16 gardes à vue -Une enquête a été ouverte et 16 personnes ont été placées en garde-à-vue, a indiqué mardi le ministre de l’Intérieur.Les bureaux d’employés du ministère de l’Économie ont également été fouillés, “car il existe des motifs raisonnables de soupçonner leur implication dans des activités illégales liées à la délivrance de licences” de boîtes de nuit, a précisé Pance Toskovski, qui a aussi remplacé la direction de la police locale à Veles et Stip (près de Kocani, ndlr) par des agents de Skopje. “Cette décision n’implique aucune culpabilité mais est une étape pour garantir que l’enquête se déroule sans pression, suspicion ou influence indue”, a-t-il expliqué.Mardi, le Premier ministre Hristijan Mickoski a déclaré que la réponse du gouvernement serait elle aussi rapide. “Ce sont des individus qui pensent être au-dessus du système. C’est ça le problème, et ils devront répondre de cela. J’ai entendu le procureur dire que le parquet demanderait la peine la plus élevée”, a-t-il déclaré à la presse. “Est-ce que cela ramènera les vies humaines? Non, cela ne les ramènera pas. Mais je demande que cela soit un avertissement pour nous, pour ne jamais répéter de telles choses”, a-t-il ajouté. Tout en “comprenant la révolte”, le Premier ministre en a appelé à la raison. “Avec l’injustice et l’anarchie, on n’apporte pas la justice”, a-t-il estimé.

Devoir de vigilance: La Poste fixée sur son sort le 17 juin

La Poste, condamnée en 2023 pour manquement à son “devoir de vigilance” et qui avait fait appel de la décision, sera fixée le 17 juin sur son sort.Assignée par le syndicat Sud PTT en 2021, elle avait été la première entreprise sanctionnée en France au titre de cette loi de 2017.Le tribunal judiciaire de Paris avait partiellement condamné le groupe sur le fondement de cette loi française, qui contraint les grandes sociétés à publier un plan de vigilance sur les risques humains et environnementaux de leurs activités, y compris au sein de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.Il l’avait enjoint notamment de compléter ce plan de vigilance “par une cartographie des risques”, l’estimant “pas conforme aux exigences légales en raison de son imprécision”.Mardi, lors d’une audience de plaidoiries à la cour d’appel de Paris, Me Bernard Cazeneuve, représentant le groupe, a argué que le caractère “général” du plan de vigilance avait été voulu par le législateur lui-même pour que les entreprises “puissent s’adapter”.Il n’est ainsi pas question “de soustraire les entreprises à leurs obligations” mais “de ne pas rendre impossible l’application de la loi”, a plaidé l’ancien Premier ministre, aujourd’hui avocat.Un tel niveau de détail pour un groupe employant 233.000 collaborateurs (dont 54.000 à l’étranger) “ne permettrait pas de prendre en compte” les spécificités des situations, lieux et personnes, a abondé Me Ophélia Claude, également avocate de La Poste.La cartographie des risques “est le pilier du devoir de vigilance”, a de son côté souligné l’avocate de Sud PTT, Me Céline Gagey. “Une description large et générique ne permet pas d’identifier concrètement les risques”, a-t-elle estimé.L’avocate a rappelé l’histoire de Seydou Bagaga, un salarié non déclaré d’un sous-traitant de La Poste, qui s’était noyé en voulant rattraper un colis dans la Seine. La Poste avait été condamnée en 2020 pour prêt illicite de main-d’Å“uvre et marchandage. “La Cour d’appel de Versailles, sur renvoi de la Cour de Cassation, a intégralement relaxé La Poste dans ce contentieux” en janvier 2025, a précisé La Poste à l’AFP.Un nombre croissant de multinationales se voient reprocher de ne pas respecter leur devoir de vigilance, telles TotalEnergies, BNP Paribas, Casino, Yves Rocher ou encore Teleperformance.Mais aucune procédure n’avait abouti auparavant à une condamnation.

Immigration: Ciotti (UDR) annonce une résolution demandant la fin des accords franco-algériens

Éric Ciotti, patron des députés UDR à l’Assemblée, a annoncé que son groupe inscrirait à l’ordre du jour de sa journée réservée en juin une proposition de résolution appelant le gouvernement à dénoncer les accords franco-algériens sur l’immigration, au cÅ“ur des récentes tensions entre les deux pays.Le président du groupe allié au Rassemblement national a d’abord interrogé le Premier ministre François Bayrou lors des traditionnelles questions au gouvernement: “jusqu’à quand allez-vous accepter l’humiliation que fait subir chaque jour un peu plus l’État voyou algérien à notre pays?”, appelant à “révoquer les accords” de 1968, qui donnent un statut particulier aux Algériens en France en matière de circulation, de séjour et d’emploi.Réfutant le terme “d’État voyou”, M. Bayrou lui a répondu que le gouvernement était “déterminé à réviser les accords” faute de “reprise” par Alger de certains “ressortissants algériens”.L’Algérie a rejeté lundi la liste d’une soixantaine de ses ressortissants que Paris souhaite expulser, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau ayant promis en réponse une “riposte graduée” qui inclurait, “au bout”, une “remise en cause des accords de 1968″.”Si le gouvernement ne le fait pas, nous en discuterons au plus tard” le 26 juin, a promis Éric Ciotti, date à laquelle son groupe bénéficiera d’une journée dont il pourra fixer l’agenda parlementaire. “C’est très long, et j’espère que le gouvernement n’utilisera pas ce délai une fois de plus de façon dilatoire”, a-t-il poursuivi devant des journalistes à l’Assemblée nationale. La proposition de résolution que l’AFP a pu consulter – et qui ne serait pas contraignante même en cas d’adoption – dispose que les “autorités algériennes font montre d’une hostilité grandissante à l’égard de la France”, “qu’aucun motif ne justifie désormais que les ressortissants algériens” bénéficient d’un régime favorable et qu’il est “nécessaire d’arrêter l’immigration de masse vers la France”. Elle appelle à dénoncer les accords de 1968 et “l’accord du 16 décembre 2013” qui permet à la nomenklatura algérienne de se rendre en France sans visa.Une proposition de résolution demandant aux autorités françaises de dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 avait déjà été défendue sans succès à l’Assemblée fin 2023, dans une journée réservée au groupe LR dont faisait partie à l’époque Éric Ciotti.

Rapporteurs parlementaires à Bétharram: saisies “intéressantes”, mais “dossiers manquants”

Les deux corapporteurs de la commission d’enquête parlementaire sur le contrôle des établissements scolaires par l’État ont saisi mardi de nombreux documents “extrêmement intéressants” au sein de l’ex-Notre-Dame-de-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques) et dans les archives scolaires diocésaines, sans obtenir néanmoins “tous” les dossiers souhaités.Les députés Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI) ont rencontré l’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, qui leur a pour la première fois ouvert les archives de la direction diocésaine de l’enseignement catholique. En 2021, il avait été le seul responsable religieux à refuser d’ouvrir celles de son diocèse à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). Les deux parlementaires ont aussi passé “une heure et demie” au Beau Rameau, nom actuel de l’institution catholique Notre-Dame-de-Bétharram, établissement au coeur d’une vaste affaire de violences physiques et sexuelles perpétrées durant des décennies sur des élèves. Son directeur actuel Romain Clercq, en poste depuis 2011, leur a ouvert les archives disponibles.”Globalement, nous avons trouvé une partie de ce que nous cherchions”, a déclaré mardi à la presse Paul Vannier. “Nous avons récolté beaucoup de documents mais il y a aussi des documents qui manquent”, a-t-il ajouté, soulignant néanmoins que “toutes les portes” leur avaient été “ouvertes”.”On a trouvé un certain nombre de documents extrêmement intéressants, par exemple sur le contexte de l’époque des délits présumés ou dénoncés, des comptes-rendus de conseils de discipline, des dossiers de médecine scolaire…”, a détaillé Violette Spillebout.La commission doit achever ses auditions courant mai et restituer son rapport fin juin. Elle prévoit d’auditionner plusieurs personnalités dans les trois prochains mois, à commencer jeudi par le porte-parole des victimes de Bétharram Alain Esquerre, qui sera reçu également par la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne.Mi-février, un religieux et deux ex-surveillants laïcs de Bétharram ont été interpellés dans le cadre de l’enquête judiciaire qui porte sur plus de 150 plaintes. Le prêtre et un des surveillants ont bénéficié de la prescription des faits, l’autre a été mis en examen et écroué.Les corapporteurs n’ont pas trouvé de correspondance entre l’établissement et l’inspection académique, le rectorat ou le ministère de l’Éducation, la seule inspection connue datant de 1996. Une nouvelle est en cours depuis lundi.Les archives semblent “s’interrompre”, selon eux, “dans les années 2000”, la période antérieure paraissant “inaccessible” à ce stade.Dans l’ensemble, les deux députés ont saisi des documents concernant “cinq ou six” établissements des Pyrénées-Atlantiques. Certaines archives illustrent selon eux les procédures suivies par les structures éducatives pour “porter certaines informations à la connaissance du procureur” en cas de violences, de manière automatique ou non.”On ne peut pas dire aujourd’hui qu’on est satisfait. Il y a bien sûr des manques. Mais on va dans le bon sens”, a jugé Violette Spillebout.Les deux élus ont au passage effectué un signalement au procureur de Pau concernant “deux faits de violences sexuelles entre élèves de l’établissement” Beau Rameau (ex-Bétharram) survenus fin 2024, alors que le fait le plus récent retenu pour l’heure par la justice remonte à 2004.

Le Parlement adopte définitivement une loi sur la sécurité dans les transports

Le Parlement a adopté définitivement mardi un texte visant à renforcer la sécurité dans les transports, très attendu des professionnels mais dont certaines mesures sont décriées par la gauche, comme le renforcement des prérogatives des forces de sécurité de la SNCF et de la RATP.Après un feu vert du Sénat lundi, le texte a été adopté par un dernier vote de l’Assemblée nationale par 303 voix contre 135, avec le soutien de la coalition gouvernementale, de l’alliance RN-ciottistes, et d’une bonne partie des indépendants du groupe Liot.Le texte élargit notamment les prérogatives des forces de sécurité dans les transports (Sûreté ferroviaire pour la SNCF, et GPSR pour la RATP), qui pourront procéder à des palpations sans avoir besoin du feu vert des préfets, intervenir aux abords des gares, et saisir des objets considérés comme potentiellement dangereux.”Il était temps de donner des droits aux agents de sûreté, car il n’est pas possible de leur demander d’assurer la sécurité des utilisateurs des transports en commun sans leur en donner les moyens nécessaires”, s’est félicité le député Les Républicains Ian Boucard.La gauche a au contraire dénoncé un glissement des missions régaliennes. “Les frontières entre les compétences des agents de sûreté et celles des forces de l’ordre s’atténuent dangereusement”, a déploré le député communiste Stéphane Peu.Le texte contient aussi la pérennisation du port de caméras-piétons par les contrôleurs. Une expérimentation de ce dispositif plébiscité par la profession a pris fin le 1er octobre. La proposition de loi ouvre en outre une expérimentation similaire pour les chauffeurs de bus et de car.La France insoumise (LFI), les socialistes, les communistes et les écologistes ont très largement voté contre. Seuls l’ancien président François Hollande et l’ancien ministre macroniste Aurélien Rousseau se sont abstenus au groupe PS.- “Mise en Å“uvre rapide” -“Je souhaite désormais une mise en Å“uvre rapide de ce texte”, a déclaré sur X le ministre des Transports Philippe Tabarot qui avait la particularité d’être aussi à l’origine de la proposition de loi lorsqu’il était sénateur.Elle avait été adoptée pour la première fois au Sénat en février 2024. Son parcours législatif avait été stoppé par la dissolution en juin, puis par la censure du gouvernement de Michel Barnier en décembre.Le texte comporte aussi une gradation des amendes pour les bagages oubliés, et la possibilité pour un juge de prononcer une interdiction de paraître dans les réseaux de transports, similaire à celle existant pour les stades de football.Une mesure toutefois difficilement applicable surtout dans le réseau francilien, de l’aveu même de Guillaume Gouffier Valente, député macroniste rapporteur du texte à l’Assemblée.Le texte contient “une espèce d’appétit de répression”, a estimé le socialiste Roger Vicot.Une autre disposition, introduite par un amendement du gouvernement, a été très critiquée: elle proroge jusqu’à mars 2027 l’expérimentation d’un dispositif de vidéosurveillance algorithmique (VSA) lors de grands rassemblements, testé notamment lors des Jeux olympiques de Paris-2024.Avec la VSA, un algorithme analyse les images de vidéosurveillance afin de repérer des comportements suspects.Un “cavalier” législatif sans lien suffisant avec le texte, selon certains députés, et donc susceptible d’être censuré par le Conseil constitutionnel.”Cette expérimentation est bien plus large que les transports qui nous occupent aujourd’hui”, a critiqué le député du groupe MoDem Philippe Latombe.L’association La Quadrature du net a accusé le gouvernement – qui demande davantage de temps pour avoir le recul nécessaire sur cette technique – de “violer les promesses d’évaluation” et a déploré des “méthodes brutales (…) révélatrices de la dynamique autoritaire en cours”.”Brique après brique, vous bâtissez une France surveillée, punie, contrôlée, enfermée”, a estimé la députée insoumise Elisa Martin, qui a défendu en ouverture de séance une motion de rejet du texte, largement repoussée par les députés.

Le Parlement adopte définitivement une loi sur la sécurité dans les transports

Le Parlement a adopté définitivement mardi un texte visant à renforcer la sécurité dans les transports, très attendu des professionnels mais dont certaines mesures sont décriées par la gauche, comme le renforcement des prérogatives des forces de sécurité de la SNCF et de la RATP.Après un feu vert du Sénat lundi, le texte a été adopté par un dernier vote de l’Assemblée nationale par 303 voix contre 135, avec le soutien de la coalition gouvernementale, de l’alliance RN-ciottistes, et d’une bonne partie des indépendants du groupe Liot.Le texte élargit notamment les prérogatives des forces de sécurité dans les transports (Sûreté ferroviaire pour la SNCF, et GPSR pour la RATP), qui pourront procéder à des palpations sans avoir besoin du feu vert des préfets, intervenir aux abords des gares, et saisir des objets considérés comme potentiellement dangereux.”Il était temps de donner des droits aux agents de sûreté, car il n’est pas possible de leur demander d’assurer la sécurité des utilisateurs des transports en commun sans leur en donner les moyens nécessaires”, s’est félicité le député Les Républicains Ian Boucard.La gauche a au contraire dénoncé un glissement des missions régaliennes. “Les frontières entre les compétences des agents de sûreté et celles des forces de l’ordre s’atténuent dangereusement”, a déploré le député communiste Stéphane Peu.Le texte contient aussi la pérennisation du port de caméras-piétons par les contrôleurs. Une expérimentation de ce dispositif plébiscité par la profession a pris fin le 1er octobre. La proposition de loi ouvre en outre une expérimentation similaire pour les chauffeurs de bus et de car.La France insoumise (LFI), les socialistes, les communistes et les écologistes ont très largement voté contre. Seuls l’ancien président François Hollande et l’ancien ministre macroniste Aurélien Rousseau se sont abstenus au groupe PS.- “Mise en Å“uvre rapide” -“Je souhaite désormais une mise en Å“uvre rapide de ce texte”, a déclaré sur X le ministre des Transports Philippe Tabarot qui avait la particularité d’être aussi à l’origine de la proposition de loi lorsqu’il était sénateur.Elle avait été adoptée pour la première fois au Sénat en février 2024. Son parcours législatif avait été stoppé par la dissolution en juin, puis par la censure du gouvernement de Michel Barnier en décembre.Le texte comporte aussi une gradation des amendes pour les bagages oubliés, et la possibilité pour un juge de prononcer une interdiction de paraître dans les réseaux de transports, similaire à celle existant pour les stades de football.Une mesure toutefois difficilement applicable surtout dans le réseau francilien, de l’aveu même de Guillaume Gouffier Valente, député macroniste rapporteur du texte à l’Assemblée.Le texte contient “une espèce d’appétit de répression”, a estimé le socialiste Roger Vicot.Une autre disposition, introduite par un amendement du gouvernement, a été très critiquée: elle proroge jusqu’à mars 2027 l’expérimentation d’un dispositif de vidéosurveillance algorithmique (VSA) lors de grands rassemblements, testé notamment lors des Jeux olympiques de Paris-2024.Avec la VSA, un algorithme analyse les images de vidéosurveillance afin de repérer des comportements suspects.Un “cavalier” législatif sans lien suffisant avec le texte, selon certains députés, et donc susceptible d’être censuré par le Conseil constitutionnel.”Cette expérimentation est bien plus large que les transports qui nous occupent aujourd’hui”, a critiqué le député du groupe MoDem Philippe Latombe.L’association La Quadrature du net a accusé le gouvernement – qui demande davantage de temps pour avoir le recul nécessaire sur cette technique – de “violer les promesses d’évaluation” et a déploré des “méthodes brutales (…) révélatrices de la dynamique autoritaire en cours”.”Brique après brique, vous bâtissez une France surveillée, punie, contrôlée, enfermée”, a estimé la députée insoumise Elisa Martin, qui a défendu en ouverture de séance une motion de rejet du texte, largement repoussée par les députés.

“L’ourse m’a attaqué, j’ai paniqué, j’ai tiré”, dit le chasseur jugé pour destruction d’espèce protégée

“L’ourse m’a attaqué”. Le chasseur jugé pour avoir abattu une femelle plantigrade, espèce protégée, lors d’une battue au sanglier dans les Pyrénées, s’est défendu mardi, assurant au tribunal ne pas avoir eu d’autre choix que de tirer.”Elle m’a attrapé la cuisse gauche, j’ai paniqué et j’ai tiré un coup de carabine. Elle a reculé en grognant, elle m’a contourné et m’a mordu le mollet droit, je suis tombé, elle me bouffait la jambe, j’ai réarmé ma carabine et j’ai tiré. Elle est morte cinq mètres plus bas”, a déclaré le prévenu, aujourd’hui âgé de 81 ans.Au premier jour de son procès devant le tribunal correctionnel de Foix, le chasseur, qui avait été grièvement blessé par l’ourse Caramelles, a raconté avoir vu dans sa lunette deux oursons sortir du bois alors qu’il se trouvait en position de tir au cours de la battue.”Je les ai regardés avec admiration. (…) Je me suis fait tout petit. Puis la mère m’a vu. Nos regards se sont croisés, elle a chargé”, a-t-il déclaré à la présidente du tribunal qui lui demandait de résumer la scène de ce 20 novembre 2021.- Battue interdite -L’octogénaire est jugé pour chasse dans une zone interdite et “destruction d’espèce protégée”, l’ours étant en voie d’extinction dans le massif pyrénéen, malgré un programme de restauration de la population initié dans les années 1990.Était-il au courant “de la présence de l’ours dans le secteur”?, lui demande Julie Rover, avocate d’associations écologistes constituées partie civile.”Dans ce secteur (où nous chassons), non. Dans la réserve, oui”, répond le prévenu.Un autre avocat de la partie civile, François Ruffier, pointe le risque de cette méthode de chasse, dans une zone de présence potentielle de l’ours.Quinze autres chasseurs ayant également participé à la battue sont poursuivis pour diverses infractions, notamment chasse non autorisée dans la réserve naturelle du Mont-Valier, une zone protégée.”Ce n’est pas le procès des anti-ours ou des pro-ours, ni des pro-chasse ou des anti-chasse”, avait dit en préambule la présidente du tribunal Sun Yung Lazare. Au sujet de l’interdiction, elle précise: “La chasse n’est pas interdite dans la réserve, elle est interdite en battue”.- Limite de la réserve -Les chasseurs avaient-ils organisé la battue dans la réserve domaniale du Mont Valier ? La question est au centre des débats.”La limite est mal marquée (…) on ne sait jamais vraiment où on est”, s’est défendu à la barre l’un des deux responsables de la battue.”Votre obligation de chasseur est de savoir où vous chassez”, a rétorqué le procureur Olivier Mouysset. L’enquête a mis en évidence que le plantigrade a été tué à 400 mètres à l’extérieur de la zone de chasse autorisée.Parmi les prévenus, un passionné de l’ours, chasseur-naturaliste, est intarissable. Selon lui, des battues se déroulent depuis 40 ans dans cette zone avec l’accord tacite de l’ONF.Quant au face-à-face chasseur-ours, “c’est la meilleure chose qui soit arrivée pour l’avenir de l’ours dans les Pyrénées. Si un homme était mort, il y aurait une psychose dans les Pyrénées”, estime-t-il.L’ourse, ajoute-t-il, “aurait pu continuer son chemin avec ses oursons, mais elle a attaqué. La battue l’a manifestement dérangée”.Des photos diffusées à l’audience montrent une signalisation de la réserve à peine visible: des R pour “réserve” de couleur rouge sur fond blanc peints sur des arbres.Une signalisation qualifiée de “biscornue” par un agent de l’Office français de la biodiversité (OFB), a plaidé l’avocat de la défense Charles Lagier, qui demande la relaxe des chasseurs.”Les chasseurs avaient-ils été prévenus par l’OFB de la présence de l’ours dans la réserve? Jamais. Des agents de l’ONF leur ont-ils dit de cesser les battues? Non”, martèle Me Lagier.”Les explications des chasseurs restent floues, juge Me Rover. On se retranche en adressant des reproches aux institutions ONF et OFB”.”La chasse a été menée avec beaucoup de légèreté, avec des conséquences graves pour la faune sauvage comme pour l’intégrité des chasseurs. Et on a l’impression qu’aucune leçon n’a été tirée”, regrette Me Rover.Le procès se termine mercredi par le réquisitoire en fin de matinée et les plaidoiries de la défense l’après-midi. La décision devrait être mise en délibéré.