Les Etats-Unis saisissent un second pétrolier au large du Venezuela qui dénonce un “vol”

Les Etats-Unis ont saisi samedi un second pétrolier au large du Venezuela au nom de ce que Washington présente comme la lutte contre le trafic de drogue, Caracas dénonçant un “vol” et un acte de “piraterie navale”.En début de semaine, Donald Trump a annoncé un “blocus total” contre des pétroliers sous sanctions se rendant ou partant du Venezuela. Le président américain a même déclaré vendredi qu’il n’excluait pas une guerre avec ce pays pétrolier d’Amérique du Sud présidé par le socialiste Nicolas Maduro, bête noire des Etats-Unis.Selon Caracas, l’administration Trump utilise des accusation fallacieuses de trafic de drogue pour chercher à renverser le dirigeant vénézuélien et prendre le contrôle des importantes ressources pétrolières du pays.La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé samedi sur X l’interception avant l’aube le 20 décembre par les garde-côtes américains et avec le soutien du Pentagone d'”un pétrolier qui avait accosté pour la dernière fois au Venezuela”.Un message accompagné d’une vidéo de près de huit minutes avec des prises de vue aériennes montrant un hélicoptère au-dessus du pont d’un pétrolier en mer et un soldat y débarquant.- Pas de sanctions sur le pétrolier -“Les Etats-Unis continueront de traquer le flux illégal de pétrole sous sanctions qui sert à financer le narcoterrorisme dans la région”, a martelé Mme Noem.Son ministère a donné le nom du bateau, le Centuries, qu’il a accusé de “transporter du pétrole sous sanctions américaines”. Selon le site TankerTrackers, le navire bat pavillon panaméen et a chargé 1,8 million de barils de brut dans un port vénézuélien pour le compte d’une société chinoise.Le Centuries n’apparaît toutefois pas sur la liste des personnes morales ou physiques sous sanctions du Trésor américain examinée par l’AFP.”Le pétrolier contient du pétrole de la PDSVA (la compagnie pétrolière publique vénézuélienne) sous sanctions”, a justifié sur X une porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly.D’après elle, le navire navigue sous “un faux pavillon et fait partie de la flotte fantôme vénézuélienne pour du trafic de pétrole volé et financer le régime narcoterroriste de Maduro”.- Embargo américain -“Le Venezuela dénonce et rejette catégoriquement le vol et l’enlèvement d’un nouveau navire privé transportant du pétrole vénézuélien, ainsi que la disparition forcée de son équipage, actes commis par des militaires des Etats-Unis”, a tonné Caracas dans un communiqué.L’armée américaine a saisi le 10 décembre un premier pétrolier au large du Venezuela, ce que M. Maduro avait qualifié de “piraterie navale”.”Ces actes ne resteront pas impunis”, a averti Caracas samedi, promettant une “dénonciation devant le Conseil de sécurité des Nations Unies”.Soumis à un embargo américain depuis 2019, le pétrole vénézuélien est écoulé à des prix inférieurs aux prix du marché, à destination notamment de la Chine.Caracas dément toute implication dans le trafic de drogue et assure que Washington cherche à renverser le président Maduro pour s’emparer des réserves pétrolières du pays.Pour justifier le blocus, Donald Trump affirme que le Venezuela se sert de l’or noir pour financer “le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements”.Il a également assuré cette semaine que le Venezuela avait volé du pétrole et des terres appartenant aux Etats-Unis, sans étayer cette accusation qui semble liée à la nationalisation de l’industrie pétrolière vénézuélienne dans les années 1970 et à l’obligation imposée aux “majors” étrangères présentes dans le pays de travailler au sein d’entreprises mixtes contrôlées par PDVSA.Les Etats-Unis ont déployé depuis cet été un important dispositif militaire dans les Caraïbes, et bombardé des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte contre le trafic de drogues, des opérations à la légalité mise en doute par des experts, ONG et responsables des Nations unies.Ces opérations ont tué au moins 104 personnes dans les Caraïbes et le Pacifique, sans que Washington ne fournisse la moindre preuve que les navires visés étaient effectivement impliqués dans un quelconque trafic.Et le président américain agite depuis des semaines la menace d’une intervention terrestre.En marge du sommet du Mercosur samedi à Foz do Iguaçu, au Brésil, le président Lula a mis en garde contre une “catastrophe humanitaire” en cas de conflit armé au Venezuela, alors que son homologue argentin Javier Milei a au contraire salué “la pression” des Etats-Unis.burs/nr/phs

Des Andes au Darfour: des mercenaires colombiens au coeur du conflit soudanais

Des centaines d’anciens soldats colombiens ont été attirés au Soudan par la promesse de salaires mirobolants. Nombreux y sont morts, pris au piège d’une sanglante guerre civile marquée par des massacres, des viols et la famine. Des Andes au Darfour, en passant par les Emirats arabes unis et la Somalie, une enquête de l’AFP montre comment ces mercenaires se sont retrouvés à l’autre bout de la planète. Pour combattre aux côtés des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis avril 2023 contre l’armée et accusés d’atrocités et exactions.L’AFP a pu reconstituer leur périple et le fonctionnement du réseau, sur la base d’interviews, de registres de sociétés et de la géolocalisation d’images du champ de bataille: – Un recrutement via WhatsApp et une première escale, Dubaï, pour une courte formation.- Au moins deux itinéraires pour rejoindre le Soudan, à travers l’est de la Libye ou une base aérienne en Somalie, dotée d’une présence militaire émiratie.- Des mercenaires géolocalisés sur des scènes des pires combats au Darfour, province occidentale du Soudan.- Derrière le réseau, un colonel colombien à la retraite, récemment placé sous sanctions américaines.Si Washington ne les cite pas nommément, apparaît en filigrane le rôle des Emirats dans cette opération. Accusé par le gouvernement soudanais et des rapports internationaux de soutenir les FSR, Abou Dhabi nie toute responsabilité et a dénoncé auprès de l’AFP “une campagne de désinformation”.- Siège d’El-Facher -“Ils n’ont toujours pas rapatrié son corps”, déplore une veuve colombienne, trop effrayée pour donner son nom ou celui de son défunt mari.A 33 ans, cet ancien soldat a embarqué pour le Soudan mi-2024, dans le tout premier groupe de combattants. Il est décédé trois mois plus tard, en pleine offensive des FSR pour s’emparer du Darfour.Avec le soutien des Colombiens, les paramilitaires ont finalement fait main basse fin octobre sur El-Facher, dernière grande ville de la région qui échappait à leur contrôle.Des vidéos analysées par l’AFP montrent des mercenaires colombiens sur le terrain dans les mois précédant la prise.Sur l’une, ils traversent en voiture les ruines noircies du camp de déplacés de Zamzam, écoutant du reggaeton. Situé en périphérie d’El-Facher, ce camp a subi une attaque des FSR en avril, qui a fait plus de 1.000 morts et 400.000 déplacés, selon l’ONU.”Tout est détruit”, constate un homme à l’accent colombien, assis sur le siège passager d’un véhicule blindé. Ailleurs, on le voit prendre la pose avec des mineurs munis de fusils d’assaut AK-47.Avant de trouver la mort: son cadavre apparaît ensanglanté dans des images fournies par les Forces conjointes alliées de l’armée, le présentant comme le “commandant” du peloton.Pas moins de 80 Colombiens auraient participé au siège d’El-Facher et selon les autorités soudanaises, plus de la moitié sont tombés sous les balles de l’armée.Le conflit a fait depuis deux ans et demi des dizaines de milliers de morts et 12 millions de déplacés, plongeant le Soudan dans ce que l’ONU décrit comme la pire crise humanitaire du monde. Terres fertiles, or, carrefour stratégique: les ressources et atouts de ce troisième plus grand pays d’Afrique aiguisent les rivalités régionales.Des deux côtés, sont intervenus des mercenaires étrangers, principalement originaires de pays africains comme l’Erythrée et le Tchad. Mais l’opération colombienne se distingue par sa sophistication.Recherchés pour leur expertise en matière de guerre des drones et d’artillerie, ces hommes ont été appâtés par des salaires allant de 2.500 à 4.000 dollars américains par mois, selon un ex-soldat, soit jusqu’à six fois leur pension militaire.- Petites annonces -Comment ont-ils été recrutés?Un an après avoir pris sa retraite, un spécialiste colombien de drones militaires raconte avoir reçu un message via WhatsApp.”Des vétérans intéressés par un emploi? Nous recherchons des réservistes issus de toute force armée. Détails par message privé”.L’homme de 37 ans, fort de 20 ans de service, est intrigué. Il appelle le numéro et se voit proposer un travail à Dubaï par un interlocuteur se présentant comme un ancien colonel de l’armée de l’air. Il accepte, attiré par les sommes promises. En Colombie, des milliers de soldats prennent chaque année leur retraite relativement jeunes et avec de modestes pensions, et certains se sont fait embaucher par le passé par Abou Dhabi sur des sites pétroliers ou combattant au Yémen contre les séparatistes. Mais rapidement, l’ex-soldat apprend que la ville ne sera qu’une escale pour quelques mois de formation avant un déploiement “en Afrique” pour des missions de reconnaissance tactique, raconte-t-il sous couvert d’anonymat.Méfiant, il contacte un ami travaillant aux Emirats, qui l’avertit du risque de se retrouver au Soudan. Et décide de refuser la proposition.Nombre de ses compatriotes ont eux saisi l’offre, embarquant dans un périple censé passer sous les radars.Mais certains combattants se sont montrés peu discrets, à l’instar de Christian Lombana qui a partagé sur les réseaux sociaux ses déplacements.Une vidéo TikTok le localise notamment dans le désert du sud-est de la Libye, d’après le collectif d’investigation Bellingcat – une zone contrôlée par Khalifa Haftar, accusé de fournir armes et carburant aux FSR pour le compte des Emirats arabes unis. Il sera pris quelques jours plus tard en embuscade au Darfour.Sur des images devenues virales filmées par un combattant ennemi, on voit des photos de famille du mercenaire éparpillées dans le sable ainsi que son passeport comportant un tampon d’entrée en Libye.- Des enfants recrutés – A l’oeuvre derrière le recrutement, un colonel italo-colombien à la retraite, Alvaro Quijano.Sanctionné le 9 décembre par les Etats-Unis aux côtés de trois autres personnes, il est accusé de “jouer un rôle central” dans ce “réseau transnational” ayant embauché “des centaines de Colombiens”, y compris “des enfants”, pour combattre au Soudan depuis septembre 2024, selon un communiqué du Trésor américain.L’homme a co-fondé en 2017 l’Académie pour la formation à la sécurité (A4SI), officiellement une agence pour l’emploi.Ses recrues se rendaient d’abord aux Emirats arabes unis, puis dans l’est de la Libye, avant de rejoindre le Soudan, expliquent deux anciens mercenaires.Désireux de blanchir son nom, son associé repenti, l’ex-commandant Omar Rodriguez, a accepté de parler à l’AFP.Il dénonce aujourd’hui des activités “illégales” basées sur la “traite d’êtres humains”, avec pour but de “placer 2.500 hommes” au Soudan.Pour tenter de brouiller les pistes, l’opération aurait un temps été suspendue puis de nouveaux itinéraires mis en place.- Transit en Somalie -Depuis mars, les mercenaires transitent par Bosaso, en Somalie, des vols dont les autorités somaliennes ont officiellement fait état.Un employé a aussi raconté sous couvert d’anonymat avoir vu des groupes d’étrangers à la peau claire “d’une trentaine, quarantaine d’années, équipés d’attirail militaire et embarquant dans des avions-cargos”. Ils étaient souvent escortés vers une section de l’aéroport réservée aux responsables militaires émiratis, dont des sources sécuritaires ont confirmé l’existence à l’AFP.Des images satellites de l’aéroport montrent plusieurs appareils Ilyushin Il-76D en stationnement, un modèle fréquemment utilisé sur des bases aériennes aux Emirats et dans l’est libyen.Dans cette région semi-autonome du Puntland, ancienne place forte de la piraterie somalienne, Abou Dhabi forme, arme et finance depuis 2010 des forces de la police maritime, selon des experts en sécurité et de l’Onu.Après une fuite massive de données du système de visas en novembre semblant confirmer ce transit de Colombiens, les autorités somaliennes ont été interrogées sur l’implication des Emirats et ont promis “d’enquêter”. “Nous nous y attelons”, assure à l’AFP Awes Hagi Yusuf, conseiller à la sécurité nationale, insistant néanmoins sur la nécessité de disposer de preuves solides et d’entretenir de bonnes relations avec l’Etat du Golfe.- Nouvelle loi en Colombie -D’autres éléments pointent vers la piste émiratie. L’AFP a ainsi pu consulter 26 contrats signés par des Colombiens autorisant une société basée aux Emirats, Global Security Services Group (GSSG), à verser leurs salaires via une entreprise enregistrée au Panama, par exemple pour des prestations “d’agent de sécurité”. Des documents assortis d’une clause de confidentialité prévoyant des poursuites en vertu des “lois civiles et pénales” de la monarchie pétrolière.Dans des documents datés de 2018, il apparaît que GSSG est détenue par l’homme d’affaires Mohamed Hamdan Alzaabi. Son site internet la présente comme “le seul prestataire de services de sécurité privée armée pour le gouvernement”.Aucun des protagonistes mis en cause n’a répondu aux sollicitations de l’AFP.De son côté, Abou Dhabi dément “catégoriquement”.”Les Emirats réfutent toute affirmation selon laquelle ils auraient fourni, financé, transporté des armes ou en auraient facilité la livraison à l’une des parties belligérantes, par quelque canal que ce soit. Ces assertions sont fausses et non étayées”, a commenté un haut responsable émirati, en réponse à des questions détaillées de l’AFP.En Colombie, l’implication de nombreux compatriotes au Soudan, mais aussi à Haïti, en Afghanistan ou encore en Ukraine, a suscité l’indignation. Et le Parlement a récemment adopté une loi interdisant le recrutement de mercenaires. Mais c’était trop tard pour tous ceux tombés au combat, comme ce Colombien décédé l’an dernier, à l’âge de 25 ans.”Ses cendres sont arrivées en Colombie”, confie à l’AFP une femme se présentant comme sa cousine. Peu de familles acceptent de s’exprimer publiquement, par peur de compromettre le versement des indemnités d’assurance-vie de leurs proches.

US again seizes oil tanker off coast of Venezuela

The United States “apprehended” an oil tanker off Venezuela on Saturday, a move Caracas deemed a “theft and kidnapping,” in the latest salvo of a pressure campaign by Washington, the US government said.It was the second time in two weeks that US forces have interdicted a tanker in the region, and comes days after President Donald Trump announced a blockade of “sanctioned oil vessels” heading to and leaving Venezuela.”In a pre-dawn action early this morning on Dec. 20, the US Coast Guard with the support of the Department of War apprehended an oil tanker that was last docked in Venezuela,” US Homeland Security chief Kristi Noem said in a post on X.The post was accompanied by a nearly eight-minute video of aerial footage that showed a helicopter hovering just above the deck of a large tanker at sea.Caracas slammed the seizure as theft and kidnapping, saying “those responsible for these serious events will answer to justice and to history for their criminal conduct.”A post from Homeland Security identified the vessel as the Centuries and said it was “suspected of carrying oil subject to US sanctions.” Centuries is a Chinese-owned, Panama-flagged oil tanker, according to TankerTrackers, an online service monitoring oil shipments and storage.It said that Centuries loaded 1.8 million barrels of crude oil at a Venezuelan port earlier this month before being escorted out of Venezuela’s exclusive economic zone on December 18. The VesselFinder database also listed the ship’s last recorded location as off the Venezuelan coast.An AFP review found that Centuries does not appear on the US Treasury Department’s list of sanctioned companies and individuals.White House deputy spokeswoman Anna Kelly said in a post on X the tanker “contained sanctioned PDVSA oil,” in reference to Venezuela’s state oil company, and charged the ship as being “a falsely flagged vessel operating as part of the Venezuelan shadow fleet.”- ‘Waging a battle against lies’ -On December 10, US forces seized a large oil tanker off the coast of Venezuela, which the attorney general said was involved in carrying sanctioned oil from Venezuela to Iran.The United States has for months been building a major military deployment in the Caribbean with the stated goal of combatting Latin American drug trafficking, but taking particular aim at Venezuela.Venezuelan Defense Minister Vladimir Padrino Lopez voiced defiance in comments at a public event in Caracas broadcast Saturday on state TV — although he made no mention of the interdicted ship.”We are waging a battle against lies, manipulation, interference, military threats, and psychological warfare,” the defense minister said, adding “that will not intimidate us.”Venezuelan Foreign Minister Yvan Gil also said Iran, one of Caracas’s largest international allies, was offering support “in all areas” to combat “piracy and international terrorism” by the United States.There are currently 11 US warships in the Caribbean: the world’s largest aircraft carrier, an amphibious assault ship, two amphibious transport dock ships, two cruisers and five destroyers.Caracas views the operation as a campaign to push out leftist strongman Nicolas Maduro — whom Washington and many nations view as an illegitimate president — and to “steal” Venezuelan oil.The US military has also conducted a series of air strikes on alleged drug trafficking boats in the Caribbean Sea and eastern Pacific Ocean since September. Critics have questioned the legality of the attacks, which have killed more than 100 people.The ship interception occurred as South American leaders gathered for a summit of the Mercosur bloc, where tensions over suspended member Venezuela overshadowed discussions of a future trade deal with the European Union.At the gathering, Brazilian President Luiz Inacio Lula da Silva clashed with his Argentinian counterpart Javier Milei, arguing that an outbreak armed conflict over Venezuela could cause a “humanitarian catastrophe.”Milei, a Trump ally, countered by saying Argentina “welcomes the pressure from the United States and Donald Trump to free the Venezuelan people.”

China’s rare earths El Dorado gives strategic edge

Buried in the reddish soil of southern China lies latent power: one of the largest clusters of crucial rare earths is mined around the clock by a secretive and heavily guarded industry.The hills of Jiangxi province are home to most of China’s rare earth mines, with the materials used in a wide range ofproducts including smartphones and missile guidance technology.The flourishing industry is closely protected by Chinese authorities and media access is seldom granted.In a rare visit to the region last month, AFP journalists were trailed and monitored by minders who declined to identify themselvesCompanies did not accept requests for interviews.Business has been booming: the number of rare earth processing points in China observed by the US Geological Survey jumped from 117 in 2010 to 2,057 by 2017. Most of the 3,085 nationwide recorded by the USGS today are clustered in the hills of Jiangxi.Locals there told AFP thatone rare earths mine was maintaining near-constant operations.”It’s busy 24 hours a day, seven days a week,” a resident in the town of Banshi said.Nearby, construction work was getting started for the day on a vast new industrial park housing facilities including rare earth processing sites.The bustling mining region is the result of a decades-long push by Beijing to build up its might in the strategic sector.Those efforts paid off this year, with a tentative truce in a trade war with the United States reached when China relaxed stringent export controls on rare earths.Washington is now racing to establish alternative supply chains, but experts warn such efforts will take years.In a sign of deepening concern among other Western governments, the European Union announced new measures this month to reduce the bloc’s dependence on China for securing the critical minerals.The bloc said it would earmark nearly three billion euros ($3.5 billion) to support projects in mining, refining and recycling vital materials, and proposed the creation of an EU supply hub — the European Centre for Critical Raw Materials.- Heavy metal -“The Middle East has oil, China has rare earths,” former Chinese leader Deng Xiaoping said in a 1992 speech.Since then, China has taken advantage of its natural reserves — the largest of any country — to dominate processing and innovation in the field.The country’s rare earths industry is concentrated in two main hubs.One is the Inner Mongolia region’s Bayan Obo mining district on the edge of the Gobi Desert, which is rich in “light” rare earths used for magnets in everyday items.The other hub, around the city of Ganzhou in Jiangxi, specialises in “heavy” rare earths — harder to extract but more valuable because of their use in heat-resistant magnets, fighter jet engines, missile guidance systems and lasers.The rugged hills surrounding Ganzhou are home to the world’s largest mining and processing operations of the strategic “heavy” elements, including dysprosium, yttrium and terbium.And in the county-level district of Longnan alone, USGS counted 886 such locations, accounting for 31.5 percent of Jiangxi’s total.An AFP team in Longnan saw rows of large rare earths processing plants in an industrial district adjacent to that dense smattering of extraction sites.- ‘Moving mountains’ -Heavy rare earths are formed over millions of years, as rainfall weathers igneous rocks, breaking them down and leaving elements concentrated near the surface.Jiangxi’s gentle slopes, high rainfall and natural stone make it a prime location for such elements.Mining methods in the region have evolved throughout the decades.Authorities have criticised highly destructive approaches and cracked down on what they call “chaotic extraction” since the early 2010s.One method — termed “moving mountains” — was described in 2015 by China’s top industry and technology regulator as “first cutting down trees, then clearing weeds and finally stripping away the topsoil, causing irreparable damage”.Unlicensed mining has been drastically reduced over time.Large signs in rural areas now warn against illegal extraction of rare earth resources. Others offer cash rewards for reporting such actions.The industry has been largely consolidated into two huge state-owned companies.On a Ganzhou street dubbed “Rare Earth Avenue”, construction workers bustled to complete a sprawling new headquarters for one of those giants, China Rare Earth Group.But the province’s hills still bear the scars of bygone mining practices, with bare patches of red soil visible where vegetation has struggled to regrow.

Macron attendu aux Emirats pour fêter Noël avec les troupes

Emmanuel Macron est attendu dimanche aux Emirats arabes unis pour célébrer Noël avec les forces françaises déployées à l’étranger et vanter son partenariat avec ce pays du Golfe, dont Paris espère plus de coopération dans sa lutte contre le narcotrafic.Le président français, accompagné notamment de sa ministre des Armées Catherine Vautrin, arrivera dans la matinée à Abou Dhabi, a indiqué l’Elysée.Il doit rencontrer le président émirati, cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, afin d’évoquer “le renforcement du partenariat stratégique” entre leurs pays, d’après cette même source, qui souligne leur coopération “en matière de sécurité et de défense”.La France travaille avec les Emirats sur le plan militaire, plus de 900 soldats français y étant déployés sur trois bases.C’est devant eux qu’Emmanuel Macron doit s’exprimer dimanche après-midi, avant de partager un dîner de Noël préparé par les chefs cuisiniers de l’Elysée.Le président célèbre traditionnellement les fêtes de fin d’années auprès de troupes françaises déployées à l’étranger.Les Emirats ont été choisis cette fois car “la région cristallise un ensemble de crises”, a précisé la présidence française cette semaine.- “Guerre” du narco -La France coopère avec les Emirats sur un éventail de domaines allant de l’intelligence artificielle à la culture, en passant bien sûr par le commerce. Le pays pétrolier est son premier client en termes d’exportations au Proche et Moyen orient, selon l’Elysée.Paris veut désormais s’assurer de l’appui des Emirats dans la “guerre” déclarée par l’exécutif au narcotrafic.D’importants narcotrafiquants s’y seraient installés, notamment à Dubaï, et se sont parfois constitué des patrimoines immobiliers imposants.Le sujet est omniprésent en France depuis l’assassinat en novembre de Mehdi Kessaci, le frère d’un militant engagé contre le narcotrafic, abattu en plein jour à Marseille.Mardi, dans la cité phocéenne, Emmanuel Macron a dit vouloir rechercher la coopération des pays où se trouvent certaines “têtes de réseau”, afin de “pouvoir saisir leurs biens” et obtenir leur arrestation.Son ministre de la Justice Gérald Darmanin a déjà réclamé en novembre aux Emirats arabes unis l’extradition d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés recherchés par la France.- Houthis -Certains des soldats français déployés aux Emirats contribuent à la lutte contre le narcotrafic.Sur l’imposante frégate “La Provence”, des militaires de la marine tentent de repérer et d’intercepter des bateaux transportant de la drogue.Ils se trouvent à proximité de l’océan Indien, une route importante. Les trafiquants passent souvent par le golfe d’Aden, vers la Somalie ou le Yémen, ou alors vers l’Afrique de l’Ouest. En 2025, “plus d’une vingtaine de tonnes de drogue” ont déjà été saisies par la marine française dans la zone de l’Océan Indien, soit une valeur marchande pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, selon le commandant de frégate Pascal Forissier.Autant de stupéfiants sortis du marché. Mais, reconnaît le militaire, les saisies ne représentent “qu’une petite partie” de toute la drogue en circulation.Le narcotrafic ne constitue qu’une facette de leurs responsabilités. La France participe à l’opération Aspides, qui protège les bateaux contre les frappes des Houthis en mer rouge.En plus de cela, les soldats français aux Emirats sont engagés dans l’opération Chammal, au sein de la coalition contre le groupe Etat islamique.D’après l’Elysée, la présence des troupes aux Emirats illustre la volonté de la France de conserver une capacité “d’action autonome dans un contexte international tendu”.Lundi, Emmanuel Macron devrait être aux premières loges pour observer les moyens militaires français dans la zone au cours d’une démonstration organisée pour conclure sa visite.Il reprendra ensuite l’avion pour Paris, où l’attend l’épineux dossier du budget de l’Etat. Faute d’accord entre députés et sénateurs sur la question, un conseil des ministres doit se tenir lundi soir pour tenter de sortir enfin du blocage.