Israël bombarde des défenses aériennes et des lanceurs de missiles en Iran

IsraĂ«l a bombardĂ© samedi les dĂ©fenses aĂ©riennes et des lanceurs de missiles en Iran, intensifiant ses opĂ©rations qui visent Ă  dĂ©manteler les capacitĂ©s militaires de son ennemi jurĂ©, après un engrenage de violences nocturnes.Vendredi, IsraĂ«l, disant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, a lancĂ© une attaque d’une ampleur sans prĂ©cĂ©dent sur le sol iranien, touchant plus de 200 sites militaires et nuclĂ©aires et tuant les plus hauts gradĂ©s du pays.L’Iran, qui dĂ©ment fabriquer l’arme nuclĂ©aire, a tirĂ© en riposte des dizaines de missiles contre IsraĂ«l, affirmant avoir ciblĂ© des installations militaires. La plupart ont Ă©tĂ© interceptĂ©s par l’armĂ©e israĂ©lienne mais d’importants dĂ©gâts ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s dans la rĂ©gion de Tel-Aviv. L’escalade militaire entre l’Iran et IsraĂ«l, distants de plus de 1.500 km, fait craindre un conflit prolongĂ© qui engloutirait la rĂ©gion, selon des experts.AlliĂ© d’IsraĂ«l, le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a exhortĂ© vendredi l’Iran Ă  “conclure un accord” sur son programme nuclĂ©aire et prĂ©venu que les “prochaines attaques” israĂ©liennes seraient “encore plus brutales”. Il a qualifiĂ© d'”excellentes” la première salve de frappes israĂ©liennes.Samedi, l’Iran a tirĂ© de nouveaux missiles contre IsraĂ«l, oĂą les secours ont fait Ă©tat de trois morts et de dizaines de blessĂ©s. Le mĂŞme jour, de nouvelles frappes israĂ©liennes ont ciblĂ© des systèmes de dĂ©fense aĂ©riens dans la rĂ©gion de TĂ©hĂ©ran et “des dizaines” de lanceurs de missiles sol-sol en Iran selon IsraĂ«l.Le reprĂ©sentant iranien Ă  l’ONU Amir Saeid Iravani, a fait Ă©tat vendredi de 78 morts et plus de 320 blessĂ©s dont une “large majoritĂ© de civils” dans l’attaque israĂ©lienne.- Discussions incertaines dimanche -A TĂ©hĂ©ran, une foule s’est rassemblĂ©e vendredi soir en soutien au pouvoir, aux cris de “Mort Ă  IsraĂ«l, mort Ă  l’AmĂ©rique!”. “Nous continuerons de riposter de façon Ă©crasante” Ă  IsraĂ«l, a affirmĂ© Khatira Abolfazli, une manifestante.Dans la rĂ©gion de Tel-Aviv, des images de l’AFP ont montrĂ© des flammes et de la fumĂ©e s’Ă©levant d’un immeuble dans la nuit et des habitations dĂ©truites. “Nous avons entendu une très forte explosion, tout tremblait: fumĂ©e, poussière, tout Ă©tait Ă©parpillĂ©. C’Ă©taient des moments vraiment effrayants”, a racontĂ© Chen Gabizon, 29 ans, rĂ©fugiĂ© dans un abri souterrain de l’immeuble touchĂ©. Sur CNN, l’ambassadeur israĂ©lien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a dĂ©clarĂ© que les tirs iraniens ne devraient pas s’arrĂŞter, l’Iran possĂ©dant selon lui un arsenal de près de 2.000 missiles.Les Etats-Unis ont aidĂ© IsraĂ«l Ă  abattre les missiles iraniens, selon un responsable amĂ©ricain.L’Iran est soupçonnĂ© par les Occidentaux et par IsraĂ«l, considĂ©rĂ© par des experts comme la seule puissance nuclĂ©aire au Moyen-Orient, de vouloir se doter de l’arme atomique. TĂ©hĂ©ran dĂ©ment et dĂ©fend son droit Ă  dĂ©velopper un programme nuclĂ©aire civil.Un nouveau cycle de nĂ©gociations indirectes est prĂ©vu dimanche Ă  Oman entre TĂ©hĂ©ran et Washington pour tenter de trouver un accord encadrant le programme nuclĂ©aire iranien en Ă©change de la levĂ©e des sanctions contre l’Iran. Mais la participation de TĂ©hĂ©ran est “incertaine” selon un mĂ©dia d’Etat.- “Plus Ă  venir” -MalgrĂ© les appels internationaux Ă  cesser les attaques, M. Netanyahu a averti qu’il y en aurait “plus Ă  venir” et le ministre iranien des Affaires Ă©trangères, Abbas Araghchi, a dĂ©noncĂ© une “dĂ©claration de guerre”.Dans un message vidĂ©o adressĂ© Ă  la population iranienne, Benjamin Netanyahu l’a appelĂ©e Ă  se rĂ©volter contre le “rĂ©gime malĂ©fique et oppressif”.”Nous avons Ă©liminĂ© les principaux commandants militaires, des scientifiques nuclĂ©aires, l’installation d’enrichissement (d’uranium) la plus importante du rĂ©gime islamique et une grande partie de son arsenal de missiles balistiques”, a-t-il prĂ©cisĂ©. Son armĂ©e a affirmĂ© avoir “dĂ©mantelĂ©” une usine d’uranium Ă  Ispahan (centre). L’organisation iranienne de l’Ă©nergie atomique (OIEA) a affirmĂ© que les dĂ©gâts Ă  Ispahan et sur le site de Fordo, au sud de TĂ©hĂ©ran, Ă©taient mineurs.Le centre pilote d’enrichissement d’uranium de Natanz (centre) a Ă©tĂ© visĂ©, selon la tĂ©lĂ©vision d’Etat iranienne.L’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique (AIEA) a dĂ©clarĂ© que la partie en surface avait Ă©tĂ© “dĂ©truite”, citant des informations iraniennes. Mais “aucune augmentation des niveaux de radiation” n’avait Ă©tĂ© observĂ©e. Vendredi soir, IsraĂ«l a dit avoir frappĂ© la base militaire de Tabriz qui a Ă©tĂ© “dĂ©mantelĂ©e” selon lui.- Commandants et gĂ©nĂ©raux tuĂ©s -Dans les premières frappes israĂ©liennes, le chef des Gardiens de la RĂ©volution, armĂ©e idĂ©ologique d’Iran, le gĂ©nĂ©ral Hossein Salami, le commandant de la force aĂ©rospatiale des Gardiens, Amirali Hajizadeh, ainsi que d’autres responsables militaires ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans une frappe sur leur quartier gĂ©nĂ©ral. Le chef d’Ă©tat-major iranien, le gĂ©nĂ©ral Mohammad Bagheri, et six scientifiques du programme nuclĂ©aire iranien ont aussi pĂ©ri dans d’autres bombardements.Samedi, la tĂ©lĂ©vision d’Etat iranienne a fait Ă©tat de la mort de deux hauts gradĂ©s de l’armĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Gholamreza Mehrabi, adjoint au renseignement de l’Ă©tat-major des forces armĂ©es, et le gĂ©nĂ©ral Mehdi Rabbani, adjoint aux opĂ©rations.La dernière attaque d’IsraĂ«l contre l’Iran annoncĂ©e publiquement remonte Ă  octobre 2024, quand il a menĂ© des frappes sur des cibles militaires en reprĂ©sailles au tir de quelque 200 missiles iraniens vers son territoire. Les tirs iraniens Ă©taient en riposte Ă  une attaque imputĂ©e Ă  IsraĂ«l qui a ciblĂ© le consulat d’Iran Ă  Damas.Face Ă  l’escalade militaire au Moyen-Orient, plusieurs compagnies aĂ©riennes ont supprimĂ© ou dĂ©routĂ© des dizaines de vols, et les cours du pĂ©trole ont flambĂ©. 

Zadrima, l’art de cultiver le bonheur en soie

La culture de la soie, un temps menacĂ© de disparition, rĂ©apparait dans le nord de l’Albanie grâce Ă  un groupe de femmes qui maitrise chaque Ă©tape de la production, de la culture des vers au tissage du prĂ©cieux tissu.La tenue traditionnelle de la rĂ©gion de Zadrima, coincĂ©e entre les montagnes et la cĂ´te – Ă©charpe en soie sur la tĂŞte, ceinture de soie fermant une blouse en gaze de soie Ă©toffe de soie rouge sur la poitrine – est dĂ©crite dans plusieurs rĂ©cits de voyages du dĂ©but du XXe siècle “L’histoire de la soie sur ces territoires remonte au dixième siècle”, explique Ă  l’AFP Aferdita Onuzi, ethnologue. Au fil des siècle, la production de cette rĂ©gion d’Albanie a souvent Ă©tĂ© exportĂ©e, et particulièrement apprĂ©ciĂ©e par les noblesses italienne et française.Au XXe siècle, le rĂ©gime communiste a concentrĂ© tous les ateliers de fabrication pour ouvrir une unique fabrique de traitement et de tissage de la soie qui, Ă  la chute de la dictature au dĂ©but des annĂ©es 1990, a Ă©tĂ© totalement dĂ©truite. Puis l’Ă©migration massive et la concurrence des fibres synthĂ©tiques ont failli mettre Ă  terre cette tradition.Mais depuis une quinzaine d’annĂ©es Franceska Pjetraj et sa famille, comme d’autres femmes de cette rĂ©gion, travaillent Ă  la faire renaĂ®tre.”C’est une tradition aussi ancienne que Zadrima, autrefois les femmes d’ici s’habillaient en soie, c’Ă©tait une de leur joie”, explique Franceska, 30 ans qui avec Mimoza, sa mère, a ouvert son atelier. Comme les autres femmes qui y travaillent, elles tissent aussi les rĂŞves d’une vie meilleure.”Ici tout se fait d’une manière artisanale, la culture et l’extradition du fil Ă  soie, le tissage jusqu’Ă  la production finale”, prĂ©cise Mimoza, 54 ans, infirmière.- Conditions idĂ©ales -La rĂ©gion de Zadrima, oĂą la nature sauvage est parsemĂ©e de villages pittoresques, offre des conditions idĂ©ales pour planter et cultiver les mĂ»riers blancs, dont les feuilles sont la nourriture prĂ©fĂ©rĂ©e du vers Ă  soie.”Elever un vers Ă  soie c’est un monde fascinant”, s’exclame Franceska tout en veillant sur les chenilles.InstallĂ©es sur les Ă©tagères d’une Ă©table plongĂ©e dans l’obscuritĂ©, certaines semblent perturbĂ©es au moindre bruit, quand d’autres continuent, impassibles, Ă  tisser leur cocon – sĂ©crĂ©tant le fameux fil Ă  soie.”C’est comme un bĂ©bĂ© : il demande autant de dĂ©vouement et d’amour que nos enfants. Son cycle de vie dure de 5 Ă  7 semaines et pendant ce temps, il faut le nourrir et lui prĂŞter toute son attention”, explique la jeune femme.DĂ©licats et très sensibles, les vers ne supportent pas les tempĂ©ratures au-dessus de 28 degrĂ©s, ni le froid ou l’humiditĂ©, encore moins les pesticides, et les orages les effraient.       “Du cocon au fil puis du fil au tissage, c’est tout un art”, dĂ©crit Mimoza, “il faut un savoir-faire, de la patience, mais aussi de la passion”.Les cocons sont rĂ©coltĂ©s avant que les papillons ne les quittent. Ils sont d’abord plongĂ©s dans un bain d’eau bouillante pour les ramollir puis sont agitĂ©s avec un petit balai afin de dĂ©gager les fils, qui sont Ă©tirĂ©s, puis tissĂ©. L’an dernier Mimoza et sa fille ont pu produire 10 kilos de fils de soie, transformĂ©s en Ă©toles, jupe ou blouses. “Pour notre bonheur, les commandes n’ont pas manquĂ©, parce que la qualitĂ© est supĂ©rieure et nos prix concurrentiels”, se rĂ©jouit Mimoza.A Zadrima et aux alentours, des centaines d’autres femmes se sont mises Ă  la culture des vers Ă  soie et au tissage artisanal en suivant leur exemple.”C’est un mĂ©tier très ancien, en voie de disparition, c’est aussi un art de grande qualitĂ© et je pense que [les maisons de haute couture] Versace ou Dolce Gabana devraient s’inspirer des tenues qu’on produit ici”, sourit Rozana Gostorani, 18 ans. EspĂ©rant un jour voir les soies qu’elle tisse sur son mĂ©tier dĂ©filer sur les podiums du monde entier. 

Inflation et pĂ©nuries : la Bolivie au bord de l’asphyxie

Encore une fois, Sonia, une mère cĂ©libataire de 40 ans, repart bredouille. Depuis l’aube, elle faisait la queue devant un supermarchĂ© d’État de La Paz pour tenter d’acheter des produits devenus inaccessibles dans un pays plongĂ© dans une grave crise Ă©conomique.”Je dois travailler pour mes six enfants. Et venir faire cette queue en plus, je n’y arrive pas”, dit-elle avec lassitude en repartant les mains vides. EmmitouflĂ©e dans plusieurs couches de vĂŞtements face au froid mordant, elle refuse de donner son nom.  La crise Ă©conomique, causĂ©e par une pĂ©nurie de dollars et des dĂ©penses publiques excessives, appauvrit depuis l’annĂ©e dernière la population.Dans le supermarchĂ©, qui vend des produits de base Ă  prix contrĂ´lĂ©s, certains invectivent le personnel. “Il n’y a pas de riz, pas de sucre, pas d’Ĺ“ufs. Il n’y a plus rien”, peste Gisela Vargas, 30 ans. La crise s’est aggravĂ©e ces derniers jours avec le blocage de routes par les partisans de l’ancien prĂ©sident Evo Morales. Ils rĂ©clament la dĂ©mission du prĂ©sident Luis Arce, qu’ils tiennent pour responsable du marasme et accusent d’avoir Ă©cartĂ© leur leader de l’Ă©lection prĂ©sidentielle du 17 aoĂ»t.- “PrĂ©cipice” -Les barrages empĂŞchent notamment la circulation des marchandises. Des heurts avec la police, qui tente de dĂ©loger les protestataires, ont fait cinq morts, dont quatre policiers, selon un dernier bilan du gouvernement jeudi. Dans la longue queue pour accĂ©der Ă  un autre entrepĂ´t d’Etat de la capitale administrative, Rocio Perez, une retraitĂ©e de 65 ans, explique vivre avec ses enfants et petits-enfants et avoir du mal Ă  joindre les deux bouts. “Nous n’avons jamais pensĂ© que la situation pourrait en arriver lĂ , Ă  devoir faire la queue pour des aliments ou du papier hygiĂ©nique. Nous sommes au bord du prĂ©cipice,” dit-elle Ă  l’AFP.”En termes de pouvoir d’achat, les salaires se dĂ©tĂ©riorent très fortement” avec l’inflation, explique JosĂ© Luis Evia, Ă©conomiste et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale de Bolivie. Ces dernières annĂ©es, la chute des exportations de gaz bolivien a fortement rĂ©duit les entrĂ©es de devises dans le pays andin, dont le gouvernement a besoin pour importer du carburant revendu ensuite Ă  prix subventionnĂ©. Faute de rĂ©serves suffisantes, les importations diminuent, provoquant de longues files d’attente aux stations-service. Dans un quartier commerçant, un camion dĂ©charge des poulets pour un magasin de gros. Des centaines de personnes forment, lĂ  aussi, une lonque queue. Il y a quelques mois, le kilogramme de poulet se vendait pour l’Ă©quivalent de 2,6 dollars. Aujourd’hui, il a presque doublĂ© Ă  5 dollars.Francisca Flores, une vendeuse ambulante de 69 ans du quartier, assure ne plus pouvoir en acheter, expliquant se contenter de plats Ă  base d’oeufs. “Je sors avec mes petits sous (…) et si je ne peux rien” acheter, “eh bien je pars, rĂ©signĂ©e”, dit-elle. – HĂ´pitaux Ă  sec -Pour JosĂ© Luis Evia, le mĂ©contentement social pourrait ĂŞtre un facteur dĂ©cisif dans une Ă©ventuelle dĂ©faite de la gauche, au pouvoir depuis presque deux dĂ©cennies, lors de la prĂ©sidentielle d’aoĂ»t prochain. “Il y a de plus en plus de consensus pour un changement”, assure-t-il. Le prix des produits importĂ©s figure parmi ceux qui ont le plus augmentĂ©, en raison de la hausse du dollar sur le marchĂ© parallèle, qui renchĂ©rit leur coĂ»t pour les importateurs.La mère diabĂ©tique de Griselda Ventura, 27 ans, a dĂ» ĂŞtre hospitalisĂ©e Ă  La Paz. Dans sa province, Ă  une centaine de kilomètres de lĂ , les mĂ©dicaments importĂ©s dont elle dĂ©pend Ă©taient introuvables. Mais mĂŞme lĂ , l’hĂ´pital peine Ă  lui en fournir, faute de stocks. “Il n’y a mĂŞme pas une seringue” lĂ -bas, assure Griselda devant une pharmacie.

Inflation et pĂ©nuries : la Bolivie au bord de l’asphyxie

Encore une fois, Sonia, une mère cĂ©libataire de 40 ans, repart bredouille. Depuis l’aube, elle faisait la queue devant un supermarchĂ© d’État de La Paz pour tenter d’acheter des produits devenus inaccessibles dans un pays plongĂ© dans une grave crise Ă©conomique.”Je dois travailler pour mes six enfants. Et venir faire cette queue en plus, je n’y arrive pas”, dit-elle avec lassitude en repartant les mains vides. EmmitouflĂ©e dans plusieurs couches de vĂŞtements face au froid mordant, elle refuse de donner son nom.  La crise Ă©conomique, causĂ©e par une pĂ©nurie de dollars et des dĂ©penses publiques excessives, appauvrit depuis l’annĂ©e dernière la population.Dans le supermarchĂ©, qui vend des produits de base Ă  prix contrĂ´lĂ©s, certains invectivent le personnel. “Il n’y a pas de riz, pas de sucre, pas d’Ĺ“ufs. Il n’y a plus rien”, peste Gisela Vargas, 30 ans. La crise s’est aggravĂ©e ces derniers jours avec le blocage de routes par les partisans de l’ancien prĂ©sident Evo Morales. Ils rĂ©clament la dĂ©mission du prĂ©sident Luis Arce, qu’ils tiennent pour responsable du marasme et accusent d’avoir Ă©cartĂ© leur leader de l’Ă©lection prĂ©sidentielle du 17 aoĂ»t.- “PrĂ©cipice” -Les barrages empĂŞchent notamment la circulation des marchandises. Des heurts avec la police, qui tente de dĂ©loger les protestataires, ont fait cinq morts, dont quatre policiers, selon un dernier bilan du gouvernement jeudi. Dans la longue queue pour accĂ©der Ă  un autre entrepĂ´t d’Etat de la capitale administrative, Rocio Perez, une retraitĂ©e de 65 ans, explique vivre avec ses enfants et petits-enfants et avoir du mal Ă  joindre les deux bouts. “Nous n’avons jamais pensĂ© que la situation pourrait en arriver lĂ , Ă  devoir faire la queue pour des aliments ou du papier hygiĂ©nique. Nous sommes au bord du prĂ©cipice,” dit-elle Ă  l’AFP.”En termes de pouvoir d’achat, les salaires se dĂ©tĂ©riorent très fortement” avec l’inflation, explique JosĂ© Luis Evia, Ă©conomiste et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale de Bolivie. Ces dernières annĂ©es, la chute des exportations de gaz bolivien a fortement rĂ©duit les entrĂ©es de devises dans le pays andin, dont le gouvernement a besoin pour importer du carburant revendu ensuite Ă  prix subventionnĂ©. Faute de rĂ©serves suffisantes, les importations diminuent, provoquant de longues files d’attente aux stations-service. Dans un quartier commerçant, un camion dĂ©charge des poulets pour un magasin de gros. Des centaines de personnes forment, lĂ  aussi, une lonque queue. Il y a quelques mois, le kilogramme de poulet se vendait pour l’Ă©quivalent de 2,6 dollars. Aujourd’hui, il a presque doublĂ© Ă  5 dollars.Francisca Flores, une vendeuse ambulante de 69 ans du quartier, assure ne plus pouvoir en acheter, expliquant se contenter de plats Ă  base d’oeufs. “Je sors avec mes petits sous (…) et si je ne peux rien” acheter, “eh bien je pars, rĂ©signĂ©e”, dit-elle. – HĂ´pitaux Ă  sec -Pour JosĂ© Luis Evia, le mĂ©contentement social pourrait ĂŞtre un facteur dĂ©cisif dans une Ă©ventuelle dĂ©faite de la gauche, au pouvoir depuis presque deux dĂ©cennies, lors de la prĂ©sidentielle d’aoĂ»t prochain. “Il y a de plus en plus de consensus pour un changement”, assure-t-il. Le prix des produits importĂ©s figure parmi ceux qui ont le plus augmentĂ©, en raison de la hausse du dollar sur le marchĂ© parallèle, qui renchĂ©rit leur coĂ»t pour les importateurs.La mère diabĂ©tique de Griselda Ventura, 27 ans, a dĂ» ĂŞtre hospitalisĂ©e Ă  La Paz. Dans sa province, Ă  une centaine de kilomètres de lĂ , les mĂ©dicaments importĂ©s dont elle dĂ©pend Ă©taient introuvables. Mais mĂŞme lĂ , l’hĂ´pital peine Ă  lui en fournir, faute de stocks. “Il n’y a mĂŞme pas une seringue” lĂ -bas, assure Griselda devant une pharmacie.

Inflation et pĂ©nuries : la Bolivie au bord de l’asphyxie

Encore une fois, Sonia, une mère cĂ©libataire de 40 ans, repart bredouille. Depuis l’aube, elle faisait la queue devant un supermarchĂ© d’État de La Paz pour tenter d’acheter des produits devenus inaccessibles dans un pays plongĂ© dans une grave crise Ă©conomique.”Je dois travailler pour mes six enfants. Et venir faire cette queue en plus, je n’y arrive pas”, dit-elle avec lassitude en repartant les mains vides. EmmitouflĂ©e dans plusieurs couches de vĂŞtements face au froid mordant, elle refuse de donner son nom.  La crise Ă©conomique, causĂ©e par une pĂ©nurie de dollars et des dĂ©penses publiques excessives, appauvrit depuis l’annĂ©e dernière la population.Dans le supermarchĂ©, qui vend des produits de base Ă  prix contrĂ´lĂ©s, certains invectivent le personnel. “Il n’y a pas de riz, pas de sucre, pas d’Ĺ“ufs. Il n’y a plus rien”, peste Gisela Vargas, 30 ans. La crise s’est aggravĂ©e ces derniers jours avec le blocage de routes par les partisans de l’ancien prĂ©sident Evo Morales. Ils rĂ©clament la dĂ©mission du prĂ©sident Luis Arce, qu’ils tiennent pour responsable du marasme et accusent d’avoir Ă©cartĂ© leur leader de l’Ă©lection prĂ©sidentielle du 17 aoĂ»t.- “PrĂ©cipice” -Les barrages empĂŞchent notamment la circulation des marchandises. Des heurts avec la police, qui tente de dĂ©loger les protestataires, ont fait cinq morts, dont quatre policiers, selon un dernier bilan du gouvernement jeudi. Dans la longue queue pour accĂ©der Ă  un autre entrepĂ´t d’Etat de la capitale administrative, Rocio Perez, une retraitĂ©e de 65 ans, explique vivre avec ses enfants et petits-enfants et avoir du mal Ă  joindre les deux bouts. “Nous n’avons jamais pensĂ© que la situation pourrait en arriver lĂ , Ă  devoir faire la queue pour des aliments ou du papier hygiĂ©nique. Nous sommes au bord du prĂ©cipice,” dit-elle Ă  l’AFP.”En termes de pouvoir d’achat, les salaires se dĂ©tĂ©riorent très fortement” avec l’inflation, explique JosĂ© Luis Evia, Ă©conomiste et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale de Bolivie. Ces dernières annĂ©es, la chute des exportations de gaz bolivien a fortement rĂ©duit les entrĂ©es de devises dans le pays andin, dont le gouvernement a besoin pour importer du carburant revendu ensuite Ă  prix subventionnĂ©. Faute de rĂ©serves suffisantes, les importations diminuent, provoquant de longues files d’attente aux stations-service. Dans un quartier commerçant, un camion dĂ©charge des poulets pour un magasin de gros. Des centaines de personnes forment, lĂ  aussi, une lonque queue. Il y a quelques mois, le kilogramme de poulet se vendait pour l’Ă©quivalent de 2,6 dollars. Aujourd’hui, il a presque doublĂ© Ă  5 dollars.Francisca Flores, une vendeuse ambulante de 69 ans du quartier, assure ne plus pouvoir en acheter, expliquant se contenter de plats Ă  base d’oeufs. “Je sors avec mes petits sous (…) et si je ne peux rien” acheter, “eh bien je pars, rĂ©signĂ©e”, dit-elle. – HĂ´pitaux Ă  sec -Pour JosĂ© Luis Evia, le mĂ©contentement social pourrait ĂŞtre un facteur dĂ©cisif dans une Ă©ventuelle dĂ©faite de la gauche, au pouvoir depuis presque deux dĂ©cennies, lors de la prĂ©sidentielle d’aoĂ»t prochain. “Il y a de plus en plus de consensus pour un changement”, assure-t-il. Le prix des produits importĂ©s figure parmi ceux qui ont le plus augmentĂ©, en raison de la hausse du dollar sur le marchĂ© parallèle, qui renchĂ©rit leur coĂ»t pour les importateurs.La mère diabĂ©tique de Griselda Ventura, 27 ans, a dĂ» ĂŞtre hospitalisĂ©e Ă  La Paz. Dans sa province, Ă  une centaine de kilomètres de lĂ , les mĂ©dicaments importĂ©s dont elle dĂ©pend Ă©taient introuvables. Mais mĂŞme lĂ , l’hĂ´pital peine Ă  lui en fournir, faute de stocks. “Il n’y a mĂŞme pas une seringue” lĂ -bas, assure Griselda devant une pharmacie.

A l’assaut des rayons de supermarchĂ©, des produits hyperprotĂ©inĂ©s Ă  l’intĂ©rĂŞt limitĂ© pour la santĂ©

Yaourts, pâtes, mais aussi fromages, glaces ou saucissons : de plus en plus de versions hyperprotĂ©inĂ©s de produits dĂ©jĂ  commercialisĂ©s envahissent les rayons des grandes surfaces, bĂ©nĂ©ficiant d’un marketing très poussĂ© malgrĂ© leur faible utilitĂ© pour la santĂ©.”C’est vraiment une dĂ©ferlante”, assure Matteo Neri, directeur d’Ă©tudes chez Xerfi. Entre 2020 et 2024, le chiffre d’affaires des produits hyperprotĂ©inĂ©s – portĂ© principalement par les yaourts et les skyrs – est passĂ© d’environ 70 Ă  plus de 380 millions d’euros.”C’est assez considĂ©rable et la gamme continue de se dĂ©velopper : saucisson Justin Bridou, fromage Babybel, pâtes Carrefour… Il y a un vĂ©ritable engouement des industriels et des consommateurs”, souligne M. Neri.Auparavant rĂ©servĂ©e aux grands sportifs et aux enseignes spĂ©cialisĂ©es, l’alimentation hyperprotĂ©inĂ©e s’est largement dĂ©mocratisĂ©e. “Il y a une image très positive des protĂ©ines qui sont associĂ©es Ă  la puissance, aux muscles, Ă  la vitalitĂ©, et on se dit que c’est bon pour la santĂ©”, explique Ă  l’AFP François Mariotti, professeur de nutrition Ă  Agro-Paris Tech.Pourtant, la promesse d’apport en protĂ©ines vendue par ces produits n’a pas rĂ©ellement d’intĂ©rĂŞt, relativisent les professionnels de santĂ©.”En France, il n’y a pas de carences en protĂ©ines. La quasi-totalitĂ© de la population est dĂ©jĂ  très au-dessus des recommandations fixĂ©es entre 0,8 et 1 gramme de protĂ©ines par kilo de poids de corps”, dĂ©taille Violette Babocsay, diĂ©tĂ©ticienne.-Marketing “trompeur”-En misant sur une stratĂ©gie marketing rodĂ©e autour du sport, de la nutrition et de la santĂ©, ces produits attirent, en plus des sportifs, des personnes soucieuses de leur alimentation, en jouant sur l’idĂ©e que les protĂ©ines permettent de perdre du poids. Mais attention aux fausses promesses. Si les protĂ©ines contribuent Ă  faire croĂ®tre la masse musculaire, elles ne peuvent prĂ©tendre “favoriser la satiĂ©tĂ©” ou “aider Ă  contrĂ´ler les sensations de faim”, a tranchĂ© l’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (Efsa).”Et mĂŞme pour les sportifs, il y a un maximum au-delĂ  duquel il n’est pas utile d’aller, ce n’est pas +plus j’en mange, mieux c’est+”, prĂ©cise Mme Babocsay.La diĂ©tĂ©ticienne critique Ă©galement le marketing “presque trompeur” de certaines versions enrichies en protĂ©ines – dont la composition est souvent proche de leur version classique.Pour rendre leurs produits plus protĂ©inĂ©s, les industriels peuvent soit ajouter une source de protĂ©ines ou simplement diminuer le taux de matières grasses, ce qui augmente mĂ©caniquement la proportion de protĂ©ines.”Pour la version protĂ©inĂ©e du fromage Babybel, il n’y a pas d’ajout de protĂ©ines, mais moins de matières grasses”, illustre par exemple la professionnelle. “Il faut vraiment s’intĂ©resser aux valeurs nutritionnelles pour se rendre compte que l’écart en protĂ©ines entre les deux versions est finalement très limitĂ©”.”La composition de la version protĂ©inĂ©e est d’ailleurs quasiment identique Ă  la version allĂ©gĂ©e, avec un packaging noir d’un cĂ´tĂ©, et bleu de l’autre”, ironise-t-elle.-Des produits plus chers-Aussi, contrairement aux idĂ©es reçues, la mention “protĂ©inĂ©” ne signifie pas que le produit est forcĂ©ment plus sain. Au contraire, leur composition est parfois encore moins bonne et beaucoup contiennent davantage de sucre, d’additifs ou d’Ă©dulcorants…Le Pr Mariotti dĂ©plore ainsi “le dĂ©voiement des messages nutritionnels”, utilisĂ©s pour promouvoir des produits “mauvais pour la santĂ©”.D’autant que ces produits sont aussi plus chers : “Pour du lait de soja classique, on va ĂŞtre sur 1,85 euro et 4 grammes de protĂ©ines pour 100 ml, contre presque 3 euros et seulement 5 grammes de protĂ©ines dans une version protĂ©inĂ©e”, avertit Violette Babocsay.Le constat est encore plus frappant du cĂ´tĂ© des yaourts, oĂą des produits dĂ©jĂ  riches en protĂ©ines comme le petit-suisse coĂ»tent 3,5 euros le kilo, contre 8 euros pour une marque spĂ©cialisĂ©e.Ainsi, des aliments qui mettent en avant leur aspect protĂ©inĂ© peuvent l’ĂŞtre beaucoup moins que d’autres qui le sont naturellement -comme le filet de dinde-, sans que leur emballage en fasse mention.”Beaucoup de produits, mĂŞme de simples pains de mie nature, peuvent se dĂ©clarer +source de protĂ©ines+ selon la rĂ©glementation. Ce n’est qu’un choix marketing qui a peu de valeur en rĂ©alitĂ©”, illustre Elsa Abdoun, journaliste au magazine Que Choisir.Revendiquer des propriĂ©tĂ©s pour la santĂ© sur la base des teneurs en protĂ©ines est donc “tout Ă  fait inadaptĂ©”, dĂ©plore le Pr Mariotti.”Cela met beaucoup de cacophonie, et ça commence Ă  devenir un vrai problème” pointe-t-il.

A l’assaut des rayons de supermarchĂ©, des produits hyperprotĂ©inĂ©s Ă  l’intĂ©rĂŞt limitĂ© pour la santĂ©

Yaourts, pâtes, mais aussi fromages, glaces ou saucissons : de plus en plus de versions hyperprotĂ©inĂ©s de produits dĂ©jĂ  commercialisĂ©s envahissent les rayons des grandes surfaces, bĂ©nĂ©ficiant d’un marketing très poussĂ© malgrĂ© leur faible utilitĂ© pour la santĂ©.”C’est vraiment une dĂ©ferlante”, assure Matteo Neri, directeur d’Ă©tudes chez Xerfi. Entre 2020 et 2024, le chiffre d’affaires des produits hyperprotĂ©inĂ©s – portĂ© principalement par les yaourts et les skyrs – est passĂ© d’environ 70 Ă  plus de 380 millions d’euros.”C’est assez considĂ©rable et la gamme continue de se dĂ©velopper : saucisson Justin Bridou, fromage Babybel, pâtes Carrefour… Il y a un vĂ©ritable engouement des industriels et des consommateurs”, souligne M. Neri.Auparavant rĂ©servĂ©e aux grands sportifs et aux enseignes spĂ©cialisĂ©es, l’alimentation hyperprotĂ©inĂ©e s’est largement dĂ©mocratisĂ©e. “Il y a une image très positive des protĂ©ines qui sont associĂ©es Ă  la puissance, aux muscles, Ă  la vitalitĂ©, et on se dit que c’est bon pour la santĂ©”, explique Ă  l’AFP François Mariotti, professeur de nutrition Ă  Agro-Paris Tech.Pourtant, la promesse d’apport en protĂ©ines vendue par ces produits n’a pas rĂ©ellement d’intĂ©rĂŞt, relativisent les professionnels de santĂ©.”En France, il n’y a pas de carences en protĂ©ines. La quasi-totalitĂ© de la population est dĂ©jĂ  très au-dessus des recommandations fixĂ©es entre 0,8 et 1 gramme de protĂ©ines par kilo de poids de corps”, dĂ©taille Violette Babocsay, diĂ©tĂ©ticienne.-Marketing “trompeur”-En misant sur une stratĂ©gie marketing rodĂ©e autour du sport, de la nutrition et de la santĂ©, ces produits attirent, en plus des sportifs, des personnes soucieuses de leur alimentation, en jouant sur l’idĂ©e que les protĂ©ines permettent de perdre du poids. Mais attention aux fausses promesses. Si les protĂ©ines contribuent Ă  faire croĂ®tre la masse musculaire, elles ne peuvent prĂ©tendre “favoriser la satiĂ©tĂ©” ou “aider Ă  contrĂ´ler les sensations de faim”, a tranchĂ© l’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (Efsa).”Et mĂŞme pour les sportifs, il y a un maximum au-delĂ  duquel il n’est pas utile d’aller, ce n’est pas +plus j’en mange, mieux c’est+”, prĂ©cise Mme Babocsay.La diĂ©tĂ©ticienne critique Ă©galement le marketing “presque trompeur” de certaines versions enrichies en protĂ©ines – dont la composition est souvent proche de leur version classique.Pour rendre leurs produits plus protĂ©inĂ©s, les industriels peuvent soit ajouter une source de protĂ©ines ou simplement diminuer le taux de matières grasses, ce qui augmente mĂ©caniquement la proportion de protĂ©ines.”Pour la version protĂ©inĂ©e du fromage Babybel, il n’y a pas d’ajout de protĂ©ines, mais moins de matières grasses”, illustre par exemple la professionnelle. “Il faut vraiment s’intĂ©resser aux valeurs nutritionnelles pour se rendre compte que l’écart en protĂ©ines entre les deux versions est finalement très limitĂ©”.”La composition de la version protĂ©inĂ©e est d’ailleurs quasiment identique Ă  la version allĂ©gĂ©e, avec un packaging noir d’un cĂ´tĂ©, et bleu de l’autre”, ironise-t-elle.-Des produits plus chers-Aussi, contrairement aux idĂ©es reçues, la mention “protĂ©inĂ©” ne signifie pas que le produit est forcĂ©ment plus sain. Au contraire, leur composition est parfois encore moins bonne et beaucoup contiennent davantage de sucre, d’additifs ou d’Ă©dulcorants…Le Pr Mariotti dĂ©plore ainsi “le dĂ©voiement des messages nutritionnels”, utilisĂ©s pour promouvoir des produits “mauvais pour la santĂ©”.D’autant que ces produits sont aussi plus chers : “Pour du lait de soja classique, on va ĂŞtre sur 1,85 euro et 4 grammes de protĂ©ines pour 100 ml, contre presque 3 euros et seulement 5 grammes de protĂ©ines dans une version protĂ©inĂ©e”, avertit Violette Babocsay.Le constat est encore plus frappant du cĂ´tĂ© des yaourts, oĂą des produits dĂ©jĂ  riches en protĂ©ines comme le petit-suisse coĂ»tent 3,5 euros le kilo, contre 8 euros pour une marque spĂ©cialisĂ©e.Ainsi, des aliments qui mettent en avant leur aspect protĂ©inĂ© peuvent l’ĂŞtre beaucoup moins que d’autres qui le sont naturellement -comme le filet de dinde-, sans que leur emballage en fasse mention.”Beaucoup de produits, mĂŞme de simples pains de mie nature, peuvent se dĂ©clarer +source de protĂ©ines+ selon la rĂ©glementation. Ce n’est qu’un choix marketing qui a peu de valeur en rĂ©alitĂ©”, illustre Elsa Abdoun, journaliste au magazine Que Choisir.Revendiquer des propriĂ©tĂ©s pour la santĂ© sur la base des teneurs en protĂ©ines est donc “tout Ă  fait inadaptĂ©”, dĂ©plore le Pr Mariotti.”Cela met beaucoup de cacophonie, et ça commence Ă  devenir un vrai problème” pointe-t-il.

A l’assaut des rayons de supermarchĂ©, des produits hyperprotĂ©inĂ©s Ă  l’intĂ©rĂŞt limitĂ© pour la santĂ©

Yaourts, pâtes, mais aussi fromages, glaces ou saucissons : de plus en plus de versions hyperprotĂ©inĂ©s de produits dĂ©jĂ  commercialisĂ©s envahissent les rayons des grandes surfaces, bĂ©nĂ©ficiant d’un marketing très poussĂ© malgrĂ© leur faible utilitĂ© pour la santĂ©.”C’est vraiment une dĂ©ferlante”, assure Matteo Neri, directeur d’Ă©tudes chez Xerfi. Entre 2020 et 2024, le chiffre d’affaires des produits hyperprotĂ©inĂ©s – portĂ© principalement par les yaourts et les skyrs – est passĂ© d’environ 70 Ă  plus de 380 millions d’euros.”C’est assez considĂ©rable et la gamme continue de se dĂ©velopper : saucisson Justin Bridou, fromage Babybel, pâtes Carrefour… Il y a un vĂ©ritable engouement des industriels et des consommateurs”, souligne M. Neri.Auparavant rĂ©servĂ©e aux grands sportifs et aux enseignes spĂ©cialisĂ©es, l’alimentation hyperprotĂ©inĂ©e s’est largement dĂ©mocratisĂ©e. “Il y a une image très positive des protĂ©ines qui sont associĂ©es Ă  la puissance, aux muscles, Ă  la vitalitĂ©, et on se dit que c’est bon pour la santĂ©”, explique Ă  l’AFP François Mariotti, professeur de nutrition Ă  Agro-Paris Tech.Pourtant, la promesse d’apport en protĂ©ines vendue par ces produits n’a pas rĂ©ellement d’intĂ©rĂŞt, relativisent les professionnels de santĂ©.”En France, il n’y a pas de carences en protĂ©ines. La quasi-totalitĂ© de la population est dĂ©jĂ  très au-dessus des recommandations fixĂ©es entre 0,8 et 1 gramme de protĂ©ines par kilo de poids de corps”, dĂ©taille Violette Babocsay, diĂ©tĂ©ticienne.-Marketing “trompeur”-En misant sur une stratĂ©gie marketing rodĂ©e autour du sport, de la nutrition et de la santĂ©, ces produits attirent, en plus des sportifs, des personnes soucieuses de leur alimentation, en jouant sur l’idĂ©e que les protĂ©ines permettent de perdre du poids. Mais attention aux fausses promesses. Si les protĂ©ines contribuent Ă  faire croĂ®tre la masse musculaire, elles ne peuvent prĂ©tendre “favoriser la satiĂ©tĂ©” ou “aider Ă  contrĂ´ler les sensations de faim”, a tranchĂ© l’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (Efsa).”Et mĂŞme pour les sportifs, il y a un maximum au-delĂ  duquel il n’est pas utile d’aller, ce n’est pas +plus j’en mange, mieux c’est+”, prĂ©cise Mme Babocsay.La diĂ©tĂ©ticienne critique Ă©galement le marketing “presque trompeur” de certaines versions enrichies en protĂ©ines – dont la composition est souvent proche de leur version classique.Pour rendre leurs produits plus protĂ©inĂ©s, les industriels peuvent soit ajouter une source de protĂ©ines ou simplement diminuer le taux de matières grasses, ce qui augmente mĂ©caniquement la proportion de protĂ©ines.”Pour la version protĂ©inĂ©e du fromage Babybel, il n’y a pas d’ajout de protĂ©ines, mais moins de matières grasses”, illustre par exemple la professionnelle. “Il faut vraiment s’intĂ©resser aux valeurs nutritionnelles pour se rendre compte que l’écart en protĂ©ines entre les deux versions est finalement très limitĂ©”.”La composition de la version protĂ©inĂ©e est d’ailleurs quasiment identique Ă  la version allĂ©gĂ©e, avec un packaging noir d’un cĂ´tĂ©, et bleu de l’autre”, ironise-t-elle.-Des produits plus chers-Aussi, contrairement aux idĂ©es reçues, la mention “protĂ©inĂ©” ne signifie pas que le produit est forcĂ©ment plus sain. Au contraire, leur composition est parfois encore moins bonne et beaucoup contiennent davantage de sucre, d’additifs ou d’Ă©dulcorants…Le Pr Mariotti dĂ©plore ainsi “le dĂ©voiement des messages nutritionnels”, utilisĂ©s pour promouvoir des produits “mauvais pour la santĂ©”.D’autant que ces produits sont aussi plus chers : “Pour du lait de soja classique, on va ĂŞtre sur 1,85 euro et 4 grammes de protĂ©ines pour 100 ml, contre presque 3 euros et seulement 5 grammes de protĂ©ines dans une version protĂ©inĂ©e”, avertit Violette Babocsay.Le constat est encore plus frappant du cĂ´tĂ© des yaourts, oĂą des produits dĂ©jĂ  riches en protĂ©ines comme le petit-suisse coĂ»tent 3,5 euros le kilo, contre 8 euros pour une marque spĂ©cialisĂ©e.Ainsi, des aliments qui mettent en avant leur aspect protĂ©inĂ© peuvent l’ĂŞtre beaucoup moins que d’autres qui le sont naturellement -comme le filet de dinde-, sans que leur emballage en fasse mention.”Beaucoup de produits, mĂŞme de simples pains de mie nature, peuvent se dĂ©clarer +source de protĂ©ines+ selon la rĂ©glementation. Ce n’est qu’un choix marketing qui a peu de valeur en rĂ©alitĂ©”, illustre Elsa Abdoun, journaliste au magazine Que Choisir.Revendiquer des propriĂ©tĂ©s pour la santĂ© sur la base des teneurs en protĂ©ines est donc “tout Ă  fait inadaptĂ©”, dĂ©plore le Pr Mariotti.”Cela met beaucoup de cacophonie, et ça commence Ă  devenir un vrai problème” pointe-t-il.

OcĂ©an: le sommet de Nice s’achève, avec un cap clair sur la haute mer

Les cornes de brume ont rĂ©sonnĂ©, vendredi Ă  Nice, Ă  la clĂ´ture du sommet de l’ONU sur l’ocĂ©an, marquĂ© par une avancĂ©e vers une meilleure protection de la haute mer et un ton plus ferme sur l’exploitation des abysses, menacĂ©s par les projets de Donald Trump. Avec la participation record de 64 chefs d’État, cette troisième confĂ©rence des Nations unies sur les ocĂ©ans (Unoc) a toutefois Ă©chouĂ© Ă  lever des fonds pour les pays pauvres et a fait l’impasse sur la question centrale des Ă©nergies fossiles. “L’Unoc nous a rappelĂ© que la coopĂ©ration est encore possible”, a soulignĂ© Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris sur le climat. Mais “aucun communiquĂ© n’a jamais refroidi une canicule marine”, a-t-elle prĂ©venu.- Un Ă©lan en haute mer -La ratification du traitĂ© sur la haute mer par 50 pays, actĂ©e dès lundi, a Ă©tĂ© unanimement saluĂ©e. Seuls dix pays manquent Ă  l’appel pour une entrĂ©e en vigueur rapide de cet accord international destinĂ© Ă  mieux protĂ©ger les eaux internationales, soit la moitiĂ© de la planète. Ce “vĂ©ritable Ă©lan mondial” en faveur du traitĂ© “est une Ă©tape dĂ©cisive pour la protection des ocĂ©ans”, a vantĂ© Johannes MĂĽller, de l’ONG OceanCare.La première confĂ©rence des parties (COP) sur la haute mer pourrait avoir lieu dès l’automne 2026, selon l’ambassadeur français pour les ocĂ©ans Olivier Poivre d’Arvor.- Les abysses divisent -Dès l’ouverture du sommet, les dirigeants de la planète ont durci le ton face Ă  la dĂ©cision des États-Unis (absents Ă  Nice) de se lancer unilatĂ©ralement dans l’exploitation des “nodules” polymĂ©talliques dans les eaux internationales.Une dĂ©cision qualifiĂ©e de “folie” et d’action “prĂ©datrice” par le prĂ©sident français Emmanuel Macron, tandis que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Antonio Guterres, mettait en garde contre un nouveau “Far West”.Cette rhĂ©torique inĂ©dite n’a pas dĂ©bouchĂ© sur un Ă©largissement sensible de la coalition pour un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins. Elle est passĂ©e de 32 Ă  37 pays seulement, sur les 169 États membres de l’AIFM, l’autoritĂ© onusienne chargĂ©e de fixer les règles d’exploitation.”Un code minier doit ĂŞtre approuvĂ© Ă  l’unanimitĂ© et, avec 37 pays, on va bloquer”, a affirmĂ© vendredi M. Poivre d’Arvor, un mois avant la prochaine rĂ©union de l’AIFM en JamaĂŻque.- Aires (mieux) protĂ©gĂ©es -De la Colombie aux Samoa, en passant par le Portugal ou la Grèce, 14 pays ont annoncĂ© la crĂ©ation d’aires marines protĂ©gĂ©es (AMP), les portant Ă  plus de 10% de la surface des ocĂ©ans, contre 8,4% avant le sommet.D’autres ont renforcĂ© la protection des aires existantes, notamment en y interdisant le chalutage de fond. La faiblesse des annonces de la France, avec une limitation du chalutage de fond sur 4% seulement des eaux de l’Hexagone, a déçu les ONG.Il va falloir “faire la course” pour atteindre l’objectif de 30% de protection en 2030 au niveau mondial, et crĂ©er 85 nouvelles zones protĂ©gĂ©es par jour, a prĂ©venu Enric Sala, explorateur de la National Geographic Society.- Silence fossile -Responsables du rĂ©chauffement et de l’acidification de l’ocĂ©an, gaz, pĂ©trole et charbon ont Ă©tĂ© les grands absents de cette confĂ©rence, pourtant dĂ©diĂ©e Ă  la protection de la vie marine.  “Ignorer l’impĂ©ratif de sortir du pĂ©trole et du gaz offshore n’est pas seulement une injustice: c’est inadmissible”, a critiquĂ© Bruna Campos, de l’ONG Ciel.La dĂ©claration finale de Nice, adoptĂ©e vendredi, ne fait pas mention de ces Ă©nergies carbonĂ©es, et encore moins d’une “transition” vers leur abandon, comme lors de la COP28 de DubaĂŻ en 2023.”Il est impossible de protĂ©ger les ocĂ©ans sans s’attaquer Ă  la principale cause de leur effondrement: la pollution due aux combustibles fossiles injectĂ©s sans relâche dans l’atmosphère”, a remarquĂ© l’ancien Ă©missaire amĂ©ricain pour le climat John Kerry, prĂ©sent Ă  Nice.- FossĂ© financier -Les pays pauvres n’ont pas vu la couleur des 100 milliards de dollars de financement, Ă©voquĂ©s par le Costa Rica avant le sommet. Les seuls engagements pris, principalement par des philanthropes privĂ©s, ont portĂ© sur 8,7 milliards d’euros sur cinq ans. “Le fossĂ© est Ă©norme. Nous avons besoin de 175 milliards de dollars (153 milliards d’euros) par an. Or, au cours des cinq dernières annĂ©es, seuls 10 milliards ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s”, a commentĂ© Li Junhua, sous-secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU vendredi.

OcĂ©an: le sommet de Nice s’achève, avec un cap clair sur la haute mer

Les cornes de brume ont rĂ©sonnĂ©, vendredi Ă  Nice, Ă  la clĂ´ture du sommet de l’ONU sur l’ocĂ©an, marquĂ© par une avancĂ©e vers une meilleure protection de la haute mer et un ton plus ferme sur l’exploitation des abysses, menacĂ©s par les projets de Donald Trump. Avec la participation record de 64 chefs d’État, cette troisième confĂ©rence des Nations unies sur les ocĂ©ans (Unoc) a toutefois Ă©chouĂ© Ă  lever des fonds pour les pays pauvres et a fait l’impasse sur la question centrale des Ă©nergies fossiles. “L’Unoc nous a rappelĂ© que la coopĂ©ration est encore possible”, a soulignĂ© Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris sur le climat. Mais “aucun communiquĂ© n’a jamais refroidi une canicule marine”, a-t-elle prĂ©venu.- Un Ă©lan en haute mer -La ratification du traitĂ© sur la haute mer par 50 pays, actĂ©e dès lundi, a Ă©tĂ© unanimement saluĂ©e. Seuls dix pays manquent Ă  l’appel pour une entrĂ©e en vigueur rapide de cet accord international destinĂ© Ă  mieux protĂ©ger les eaux internationales, soit la moitiĂ© de la planète. Ce “vĂ©ritable Ă©lan mondial” en faveur du traitĂ© “est une Ă©tape dĂ©cisive pour la protection des ocĂ©ans”, a vantĂ© Johannes MĂĽller, de l’ONG OceanCare.La première confĂ©rence des parties (COP) sur la haute mer pourrait avoir lieu dès l’automne 2026, selon l’ambassadeur français pour les ocĂ©ans Olivier Poivre d’Arvor.- Les abysses divisent -Dès l’ouverture du sommet, les dirigeants de la planète ont durci le ton face Ă  la dĂ©cision des États-Unis (absents Ă  Nice) de se lancer unilatĂ©ralement dans l’exploitation des “nodules” polymĂ©talliques dans les eaux internationales.Une dĂ©cision qualifiĂ©e de “folie” et d’action “prĂ©datrice” par le prĂ©sident français Emmanuel Macron, tandis que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Antonio Guterres, mettait en garde contre un nouveau “Far West”.Cette rhĂ©torique inĂ©dite n’a pas dĂ©bouchĂ© sur un Ă©largissement sensible de la coalition pour un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins. Elle est passĂ©e de 32 Ă  37 pays seulement, sur les 169 États membres de l’AIFM, l’autoritĂ© onusienne chargĂ©e de fixer les règles d’exploitation.”Un code minier doit ĂŞtre approuvĂ© Ă  l’unanimitĂ© et, avec 37 pays, on va bloquer”, a affirmĂ© vendredi M. Poivre d’Arvor, un mois avant la prochaine rĂ©union de l’AIFM en JamaĂŻque.- Aires (mieux) protĂ©gĂ©es -De la Colombie aux Samoa, en passant par le Portugal ou la Grèce, 14 pays ont annoncĂ© la crĂ©ation d’aires marines protĂ©gĂ©es (AMP), les portant Ă  plus de 10% de la surface des ocĂ©ans, contre 8,4% avant le sommet.D’autres ont renforcĂ© la protection des aires existantes, notamment en y interdisant le chalutage de fond. La faiblesse des annonces de la France, avec une limitation du chalutage de fond sur 4% seulement des eaux de l’Hexagone, a déçu les ONG.Il va falloir “faire la course” pour atteindre l’objectif de 30% de protection en 2030 au niveau mondial, et crĂ©er 85 nouvelles zones protĂ©gĂ©es par jour, a prĂ©venu Enric Sala, explorateur de la National Geographic Society.- Silence fossile -Responsables du rĂ©chauffement et de l’acidification de l’ocĂ©an, gaz, pĂ©trole et charbon ont Ă©tĂ© les grands absents de cette confĂ©rence, pourtant dĂ©diĂ©e Ă  la protection de la vie marine.  “Ignorer l’impĂ©ratif de sortir du pĂ©trole et du gaz offshore n’est pas seulement une injustice: c’est inadmissible”, a critiquĂ© Bruna Campos, de l’ONG Ciel.La dĂ©claration finale de Nice, adoptĂ©e vendredi, ne fait pas mention de ces Ă©nergies carbonĂ©es, et encore moins d’une “transition” vers leur abandon, comme lors de la COP28 de DubaĂŻ en 2023.”Il est impossible de protĂ©ger les ocĂ©ans sans s’attaquer Ă  la principale cause de leur effondrement: la pollution due aux combustibles fossiles injectĂ©s sans relâche dans l’atmosphère”, a remarquĂ© l’ancien Ă©missaire amĂ©ricain pour le climat John Kerry, prĂ©sent Ă  Nice.- FossĂ© financier -Les pays pauvres n’ont pas vu la couleur des 100 milliards de dollars de financement, Ă©voquĂ©s par le Costa Rica avant le sommet. Les seuls engagements pris, principalement par des philanthropes privĂ©s, ont portĂ© sur 8,7 milliards d’euros sur cinq ans. “Le fossĂ© est Ă©norme. Nous avons besoin de 175 milliards de dollars (153 milliards d’euros) par an. Or, au cours des cinq dernières annĂ©es, seuls 10 milliards ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s”, a commentĂ© Li Junhua, sous-secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU vendredi.