Syrie: les civils autorisés à fuir les quartiers kurdes d’Alep avant de nouveaux bombardements

Les autorités syriennes ont autorisé les civils à sortir jeudi matin de deux quartiers kurdes d’Alep, encerclés par l’armée, avant de les pilonner à nouveau, au troisième jour des violences dans la grande ville du nord de la Syrie.Les affrontements pourraient prendre une dimension régionale, la Turquie se disant prête à intervenir aux côtés du pouvoir syrien et Israël prenant la défense des Kurdes.Les commerces, les universités et les écoles sont restés fermés pour le deuxième jour consécutif dans la deuxième ville de Syrie, selon les correspondants de l’AFP sur place.Les affrontements qui ont éclaté mardi et ont fait au moins 17 morts sont les plus graves dans la ville entre les autorités islamistes et les Kurdes.Ils surviennent alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde au sein du nouvel Etat syrien.Le pouvoir syrien avait exigé mercredi le départ des combattants kurdes des deux quartiers du nord d’Alep qu’ils contrôlent et qui sont encerclés par les forces gouvernementales.Jeudi matin, des civils fuyaient les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh en empruntant deux “couloirs humanitaires” mis en place par l’armée, selon les correspondants de l’AFP.”Nous avons vécu des moments très difficiles, mes enfants étaient terrorisés”, a affirmé à l’AFP Rana Issa, 43 ans, qui a quitté le quartier d’Achrafieh. “Nous sommes partis sous les balles des francs-tireurs, beaucoup de gens veulent sortir mais ont peur des snipers”.Les autorités ont accordé trois heures en matinée aux civils pour évacuer, avant la reprise des bombardements, et l’armée a publié une carte d’une position kurde à Cheikh Maqsoud qu’elle compte viser.Déjà mercredi, des milliers de civils avaient fui les deux quartiers kurdes, chargés de bagages.- Turquie contre Israël -Les violences ont exacerbé la rivalité en Syrie entre Israël et la Turquie, qui se livrent une lutte d’influence depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad il y a plus d’un an.Ankara, allié des autorités islamistes syriennes, s’est dit prêt à “soutenir” l’armée dans son “opération antiterroriste” contre les combattants kurdes.”Si la Syrie sollicite notre assistance, la Turquie lui apportera le soutien nécessaire”, a indiqué le ministère turc de la Défense.La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d’envergure contre les combattants kurdes.Israël, qui mène de son côté des négociations avec Damas pour parvenir à un accord de sécurité, a condamné les “attaques” du pouvoir syrien contre la minorité kurde d’Alep et fustigé “le silence de la communauté internationale”.”Les attaques menées par les forces du régime syrien contre la minorité kurde dans la ville d’Alep sont graves et dangereuses”, a écrit le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar sur X.En juillet, Israël avait bombardé Damas lors de violences entre les autorités islamistes et les druzes dans le sud de la Syrie, affirmant vouloir protéger cette autre minorité.- Manifestation -A Qamishli, principale ville de la zone autonome kurde dans le nord-est de la Syrie, des centaines de personnes ont manifesté jeudi à l’appel des autorités locales pour protester contre ces violences, selon des correspondants de l’AFP.”Non à la guerre”, “Non à l’épuration ethnique”, proclamaient les banderoles.”Nous appelons la communauté internationale à intervenir”, a déclaré Salaheddine Cheikhmous, 61 ans.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mercredi les parties à la “retenue” et à la reprise “rapide des négociations” pour la mise en oeuvre de l’accord de mars. Les Kurdes, une importante minorité ethnique en Syrie, contrôlent de vastes étendues dans le nord-est du pays, riches en pétrole et en blé. Ils ont conclu en mars un accord avec les nouvelles autorités syriennes pour intégrer leurs institutions civiles et les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS) au sein de l’Etat, mais son application piétine en raison d’exigences contradictoires.

Aux Etats-Unis, nouvelles manifestations attendues après la mort d’une femme tuée par un policier de l’immigration

De nouvelles manifestations sont attendues jeudi à Minneapolis, où un agent du service de l’immigration a abattu une mère de famille américaine, suscitant l’indignation des responsables locaux qui ont rejeté les affirmations de l’administration Trump évoquant un acte de “légitime défense” face au “terrorisme intérieur”.Selon l’administration Trump, la victime, une femme de 37 ans, aurait tenté de tuer des policiers avec sa voiture. Cette version des faits, est vigoureusement contestée, vidéos à l’appui, par les autorités locales.Le maire démocrate Jacob Frey a qualifié les récits des responsables fédéraux de “conneries”, affirmant que la conductrice n’avait jamais représenté un danger pour quiconque.”Nous redoutions ce moment depuis le début” de la présence de l’ICE dans la ville, a-t-il poursuivi, ajoutant avoir “un message” pour eux: “cassez-vous de Minneapolis!”.Le gouverneur de l’Etat du Minnesota, ancien candidat à la vice-présidence des Etats-unis, Tim Walz, a publié sur les réseaux sociaux: “Ne croyez pas à cette machine de propagande” des autorités fédérales.Mercredi soir, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur les lieux du drame en hommage à la victime. “Il n’y aucune raison, quoi que cette personne ait fait, qu’elle mérite d’être tuée”, a rapporté une participant à la chaîne locale WCCO.Sur les réseaux sociaux, des membres du Congrès comme Eric Swalwell ont qualifié la mort de cette femme de “meurtre” et exigé que les responsables fédéraux rendent des comptes.La police fédérale de l’immigration (ICE) mène depuis mardi une vaste série d’opérations impliquant environ 2.000 policiers dans cette grande ville du nord des Etats-Unis et sa banlieue.Lors d’une opération, “des émeutiers ont commencé à bloquer les agents”, a rapporté le ministère américain de la Sécurité intérieure dans un communiqué.L’une des protestataires aurait alors “transformé son véhicule en arme, tentant de renverser nos forces de l’ordre dans l’intention de les tuer – un acte de terrorisme intérieur”, poursuit le texte.”Un agent de l’ICE, craignant pour sa vie, pour celle de ses collègues et pour la sécurité du public, a tiré des coups de feu en état de légitime défense”, a ajouté le ministère. La conductrice du véhicule est décédée après les tirs.Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, non authentifiée par l’AFP, on voit des agents des forces de l’ordre se diriger vers un véhicule SUV, sur une route enneigée. Puis la voiture commence à manoeuvrer, lorsque retentissent des coups de feu. Le véhicule vient alors en percuter un autre, garé quelques mètres plus loin.Dans une autre vidéo, prise sous un angle différent, on voit un policier qui tente d’ouvrir la portière du côté de la conductrice. La voiture fait marche arrière puis repart vers l’avant. Un autre policier placé devant le véhicule ouvre alors le feu. Des témoins crient: “Assassins!”.Le FBI est en charge de l’enquête. Un journal local a identifié la victime comme étant Renée Nicole Good, 37 ans, de nationalité américaine.Des affiches sont apparues à Minneapolis avec la photo de cette mère de famille blonde, au-dessus des mots: “assassinée par l’ICE”.”Cette situation est examinée, dans son intégralité, mais la raison pour laquelle ces incidents surviennent est que la gauche radicale menace, agresse et cible quotidiennement les forces de l’ordre et les agents de la police de l’immigration”, a justifié Donald Trump sur son réseau Truth Social.”Je tiens à ce que chaque agent de l’ICE sache que son président, son vice-président et l’ensemble de l’administration le soutiennent”, a dit de son côté sur X le vice-président JD Vance avant d’ajouter: “Nous allons travailler encore plus dur pour faire respecter la loi”.Dans une conférence de presse mercredi soir, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a affirmé que la victime avait “suivi et entravé le travail de (la police) tout au long de la journée”.Elle a ajouté que le policier de l’immigration qui a ouvert le feu avait, lors d’une précédente opération en juin, été percuté par une voiture “et traîné sur plusieurs mètres”.Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’un des principaux axes de sa politique intérieure.ICE a lancé une vaste campagne de recrutement l’été dernier, attirant environ 10.000 nouveaux agents – suscitant des craintes sur leur manque d’entraînement.Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, quelque 70 millions de dollars ont été dépensés par cette agence fédérale dans les catégories “armes légères, munitions et accessoires”.A plusieurs reprises ces derniers mois, des personnes sont mortes, souvent accidentellement, en tentant d’échapper aux contrôles.

China confirms extradition of accused scam boss from Cambodia

Accused scam boss Chen Zhi has been extradited to China from Cambodia, Beijing confirmed on Thursday, after he was indicted by the United States over alleged multibillion-dollar fraud.Video released by China’s Ministry of Public Security on Thursday showed Chen in handcuffs as security forces lifted a black bag off his head, after he was escorted off a China Southern plane with black-clad armed guards waiting on a runway.Cambodia said earlier on Thursday that the bank founded by Chen, Prince Bank, had been put into liquidation.The bank is a subsidiary of Chen’s Prince Holding Group, one of Cambodia’s biggest conglomerates, which Washington alleges has served as a front for “one of Asia’s largest transnational criminal organizations”.China’s public security ministry said Chen had been brought back to China from Phnom Penh and lauded the “major achievement in China–Cambodia law enforcement cooperation”.Chinese authorities will soon issue arrest warrants for “the first batch of key members of Chen Zhi’s criminal group, and will resolutely apprehend the fugitives”, it said in a statement.The National Bank of Cambodia (NBC), the Southeast Asian country’s central bank, said Prince Bank had been placed into liquidation and “suspended from providing new banking services, including accepting deposits and providing credit”.It said in a statement auditor Morisonkak MKA has been appointed as liquidator. Prince Bank has about a billion dollars in assets under management, according to its website.Customers “can withdraw money normally” and borrowers “must continue to fulfill their obligations”, the NBC said.- ‘Building pressure’ -Chinese-born Chen was sanctioned by Washington and London in October for directing alleged cyberfraud run by hundreds of scammers trafficked into compounds in Cambodia.Cambodian authorities said they arrested Chen and two other Chinese nationals this week and extradited them at China’s request.Chinese courts have sentenced people to death over involvement in scams, including more than a dozen people last year for their participation in criminal groups with fraud operations in Myanmar’s Kokang region, which borders China.The US Justice Department declined to comment on Wednesday.Jacob Sims, a transnational crime expert and visiting fellow at Harvard University’s Asia Center, said the “vast majority” of the dozens of scam compounds in Cambodia operated with “strong support” from the government”This arrest comes after months of building pressure against the Cambodian government for continuing to harbor and abet a now famous criminal actor,” Sims told AFP.A change in status quo could only happen if international pressure on Cambodia’s “scam-invested oligarchs” was sustained, he said.Cambodian officials deny allegations of government involvement and say authorities are cracking down.However, Amnesty International said last year that rights abuses in scam hubs were happening on a “mass scale”, and the government’s poor response suggested its complicity.Chen was charged by US authorities of wire fraud and money laundering conspiracy charges involving approximately 127,271 seized bitcoin, worth more than $11 billion at current prices.Prince Group has denied the allegations.Prince Bank and a law firm that issued a statement on the group’s behalf in November did not respond immediately to AFP requests for comment.- Former adviser -US prosecutors accused Chen of presiding over compounds in Cambodia where trafficked workers carried out cryptocurrency fraud schemes that netted billions.Victims were targeted through “pig butchering” scams — investment schemes that build trust over time before stealing funds. The operations have caused billions in global losses.Scam centres across Cambodia, Myanmar and the region lure foreign nationals — many Chinese — with fake job ads, then force them under threat of violence to commit online fraud.Amnesty International has identified at least 53 scam compounds in Cambodia alone, where rights groups say criminal networks perpetrate human trafficking, forced labour, torture and slavery.Experts estimate tens of thousands of people work in the multibillion-dollar industry, some willingly and others trafficked.Prince Group has operated across more than 30 countries since 2015 under the guise of legitimate real estate, financial services and consumer businesses, US prosecutors have said.Prince Bank opened in 2015 as a microfinance institution and became a commercial bank in 2018.In Cambodia, Chen served as an adviser to Prime Minister Hun Manet and his father, former leader Hun Sen, but his Cambodian nationality was revoked in December.

Des tracteurs au coeur de Paris, Yaël Braun-Pivet chahutée par les agriculteurs

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs sont entrés dans Paris jeudi pour porter au coeur de la capitale les revendications de leur profession en colère, certains s’installant en milieu de matinée devant l’Assemblée nationale où la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a été chahutée.”Mission accomplie”, s’est félicité Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.Yaël Braun-Pivet a pourtant été prise à partie au moment d’aller à la rencontre des agriculteurs rassemblés aux alentours du Palais Bourbon. “Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00”, a-t-elle annoncé devant les manifestants, dans une ambiance hostile, esquivant invectives, appels à démission.Un échange est aussi prévu avec des membres de la commission des affaires économiques à 12H30, selon des parlementaires et des membres de la CR. Plus tôt, des responsables de la CR ont échangé avec des élus devant l’Arc de Triomphe, puis à l’Assemblée. Des tracteurs se sont aussi installés devant la Tour Eiffel avant l’aube, proclamant “NON AU MERCOSUR” sur des pancartes.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait le syndicat, habitué des opérations coup de poing, notamment contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse qui a ravivé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest d’où sont partis de nombreux convois.”On n’a pas eu de réponse”, a déploré M. Venteau sur BFMTV, dénonçant un problème “français” de normes trop contraignantes et réitérant la proposition du syndicat, à la fois libéral et souverainiste, de supprimer les agences environnementales.”On est fatigué, on manque de reconnaissance, de revenus, on n’a pas de perspective”, se désole devant l’Assemblée auprès de l’AFP Sylvere Nollet, 52 ans, éleveur bovin et céréalier dans la Somme. L’abattage total des troupeaux infectés par la dermatose est “un exemple de ce qui ne va pas en France, on ne nous fait pas confiance”.- Actions “illégales” -Le gouvernement “ne laissera pas faire” les actions des agriculteurs en région parisienne qui sont “illégales”, a prévenu jeudi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur France info.La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a elle joué l’apaisement, appelant au “calme” et au “dialogue” face à des revendications et inquiétudes “légitimes”, dans une déclaration à l’AFP.Les avancées obtenues à Bruxelles mercredi, sur les engrais ou encore les importations de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes, ne font toujours pas passer la pilule de l’accord avec le Mercosur. Mardi, la FNSEA, syndicat dominant mais plus en retrait des actions jeudi, avait dit attendre des annonces “concrètes” du Premier ministre dans la semaine.La France devrait voter vendredi à Bruxelles contre cet accord, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon Maud Bregeon.La préfecture de police avait interdit mercredi les manifestations autour de certaines zones sensibles notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères, ou le marché de Rungis.Certains convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.”On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l’Essonne”, “il faut les libérer”, a déclaré M. Venteau.- Blocages ailleurs en France -Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricoles de la CR, selon la préfecture.Une dizaine de blocages routiers ont été recensés, en Bourgogne et dans le Sud-Ouest. Des tracteurs de la CR tentent de bloquer l’accès à Rodez dans l’Aveyron.Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales.Plusieurs dizaines de leurs adhérents des sections Ile-de-France se sont toutefois rassemblés avec des drapeaux jeudi matin devant la Tour Eiffel pour déposer une gerbe “aux agriculteurs français” entourées de fumigènes. sha-meh-alh-mdz-ved/bfi

Des tracteurs au coeur de Paris, Yaël Braun-Pivet chahutée par les agriculteurs

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs sont entrés dans Paris jeudi pour porter au coeur de la capitale les revendications de leur profession en colère, certains s’installant en milieu de matinée devant l’Assemblée nationale où la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a été chahutée.”Mission accomplie”, s’est félicité Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.Yaël Braun-Pivet a pourtant été prise à partie au moment d’aller à la rencontre des agriculteurs rassemblés aux alentours du Palais Bourbon. “Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00”, a-t-elle annoncé devant les manifestants, dans une ambiance hostile, esquivant invectives, appels à démission.Un échange est aussi prévu avec des membres de la commission des affaires économiques à 12H30, selon des parlementaires et des membres de la CR. Plus tôt, des responsables de la CR ont échangé avec des élus devant l’Arc de Triomphe, puis à l’Assemblée. Des tracteurs se sont aussi installés devant la Tour Eiffel avant l’aube, proclamant “NON AU MERCOSUR” sur des pancartes.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait le syndicat, habitué des opérations coup de poing, notamment contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse qui a ravivé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest d’où sont partis de nombreux convois.”On n’a pas eu de réponse”, a déploré M. Venteau sur BFMTV, dénonçant un problème “français” de normes trop contraignantes et réitérant la proposition du syndicat, à la fois libéral et souverainiste, de supprimer les agences environnementales.”On est fatigué, on manque de reconnaissance, de revenus, on n’a pas de perspective”, se désole devant l’Assemblée auprès de l’AFP Sylvere Nollet, 52 ans, éleveur bovin et céréalier dans la Somme. L’abattage total des troupeaux infectés par la dermatose est “un exemple de ce qui ne va pas en France, on ne nous fait pas confiance”.- Actions “illégales” -Le gouvernement “ne laissera pas faire” les actions des agriculteurs en région parisienne qui sont “illégales”, a prévenu jeudi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur France info.La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a elle joué l’apaisement, appelant au “calme” et au “dialogue” face à des revendications et inquiétudes “légitimes”, dans une déclaration à l’AFP.Les avancées obtenues à Bruxelles mercredi, sur les engrais ou encore les importations de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes, ne font toujours pas passer la pilule de l’accord avec le Mercosur. Mardi, la FNSEA, syndicat dominant mais plus en retrait des actions jeudi, avait dit attendre des annonces “concrètes” du Premier ministre dans la semaine.La France devrait voter vendredi à Bruxelles contre cet accord, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon Maud Bregeon.La préfecture de police avait interdit mercredi les manifestations autour de certaines zones sensibles notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères, ou le marché de Rungis.Certains convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.”On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l’Essonne”, “il faut les libérer”, a déclaré M. Venteau.- Blocages ailleurs en France -Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricoles de la CR, selon la préfecture.Une dizaine de blocages routiers ont été recensés, en Bourgogne et dans le Sud-Ouest. Des tracteurs de la CR tentent de bloquer l’accès à Rodez dans l’Aveyron.Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales.Plusieurs dizaines de leurs adhérents des sections Ile-de-France se sont toutefois rassemblés avec des drapeaux jeudi matin devant la Tour Eiffel pour déposer une gerbe “aux agriculteurs français” entourées de fumigènes. sha-meh-alh-mdz-ved/bfi

Trump ordonne le retrait des Etats-Unis d’un traité de référence sur le climat

Donald Trump a lancé une nouvelle charge contre la diplomatie climatique, ordonnant le retrait des Etats-Unis d’un traité et du comité scientifique de référence sur le climat, organisations parmi des dizaines identifiées par Washington comme ne servant “plus les intérêts américains”.Le décret signé mercredi par le président américain ordonne au total le retrait des Etats-Unis de 66 organisations, dont environ une moitié liée à l’ONU, a annoncé la Maison Blanche.Parmi elles, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux, conclu en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio.C’est dans le cadre de la CNUCC qu’a notamment été signé l’accord de Paris de 2015, dont Donald Trump a claqué la porte une deuxième fois dès son retour à la Maison Blanche il y a un an.Lors de son premier mandat, il avait également quitté l’accord de Paris, mais pas la CNUCC, permettant aux Etats-Unis de continuer à participer aux conférences annuelles sur le climat.”La décision prise par la première économie mondiale et le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre de se retirer de cette convention est regrettable et malheureuse”, a réagi jeudi le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, sur le réseau LinkedIn.Ce retrait supplémentaire “est un coup majeur pour l’action climatique mondiale, fracturant le consensus durement gagné et posant le plus grand défi aux efforts climatiques depuis l’adoption de l’accord de Paris”, a déclaré à l’AFP l’analyste Li Shuo, de l’Asia Society Policy Institute. Cette annonce pourrait également représenter un défi juridique, alors que la Constitution américaine, qui permet au président de rejoindre un traité après un vote de deux-tiers des sénateurs, ne dit rien sur sa sortie.Si Donald Trump avait fait sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris lors de son premier mandat, avant que Joe Biden n’y revienne, “sortir de la CNUCC est radicalement différent”, estime Jean Su, avocate pour le Centre de la diversité biologique. “Nous estimons qu’il est illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote de deux-tiers du Sénat”, a-t-elle indiqué à l’AFP, évoquant des “options légales” pour le prouver.Le décret ordonne également le retrait des Etats-Unis du comité d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat (Giec), la référence en matière de science climatique, ainsi que d’autres organisations liées à la protection de la planète, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature, ou encore ONU-Eau.- “Idéologie progressiste” -En septembre, depuis la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump avait provoqué de vives réactions en s’en prenant sans détours à la science climatique, qualifiant le réchauffement de “plus grande arnaque de notre histoire” et faisant l’éloge du charbon “propre et magnifique”.Le climat n’est pas la seule cible de l’administration Trump qui s’en prend à d’autres principes défendus par les Objectifs de développement durable de l’ONU destinés à améliorer l’avenir de l’humanité, comme l’égalité femme-homme. Le décret publié mercredi ordonne ainsi la sortie des Etats-Unis du Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé de la mère et de l’enfant, et d’ONU-Femmes. Egalement sur la liste, l’agence de l’ONU pour le Commerce et le Développement (Cnuced).Dans un communiqué, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a accusé les organisations visées de promouvoir une “idéologie progressiste”, dénonçant notamment “les campagnes pour +l’égalité de genre+ et l’orthodoxie climatique”.Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump met en oeuvre sa vision de “l’Amérique d’abord”.En plus de l’accord de Paris, il a notamment décidé de retirer à nouveau les Etats-Unis de l’Unesco (organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture).Il a en outre claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé.Le président républicain a également largement coupé l’aide américaine à l’étranger, amputant les budgets de nombreuses agences onusiennes forcées de réduire leurs activités humanitaires sur le terrain, comme le Haut commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.Il a plus généralement lancé des attaques contre l’ONU, selon lui “très loin de réaliser son potentiel”.