CAN-2025: Nigeria-Algérie, opposition de stars, opposition de styles
Le Nigeria de Victor Osimhen, meilleure attaque du tournoi, affronte l’Algérie de Riyad Mahrez, la meilleure défense, dans une opposition de styles en quarts de finale de la CAN-2025, samedi à Marrakech. Parmi les formations les plus impressionnantes du tournoi, les Super Eagles et les Fennecs sont en outre les seules à s’être imposées lors de leurs trois matches de groupe.Et de 4 qui font douze: en huitièmes de finale, face au modeste Mozambique (4-0), Osimhen, l’attaquant masqué, et ses lieutenants Ademola Lookman -pas loin d’être le meilleur joueur du tournoi- et Akor Adams ont en outre porté à 12 le nombre de réalisations depuis le début de la Coupe d’Afrique.Une attaque de feu, impressionnante, qui masque jusqu’à présent les problèmes que les Super Eagles rencontrent en coulisses. Bouderie d’Osimhen pestant contre Lookman pour une passe oubliée et un éventuel triplé, primes promises qui tardent à arriver et menace de grève des joueurs… Les hommes du Malien Eric Chelle ont l’art de se compliquer la tâche.Mais l’attaquant de Galatasaray dont la rumeur a couru qu’il allait quitter le Maroc pour regagner la Turquie est toujours là et ses coéquipiers, qui avaient menacé de ne pas se rendre à Marrakech pour disputer leur quart, sont arrivés également. “On est bien préparé”, a affirmé Chelle, qui a entrainé en Algérie, préférant ne pas évoquer ce qui se passe en coulisses.En face, pourtant, “on a concédé qu’un seul but donc je ne dirais pas qu’on a peur du Nigeria, on est l’une des meilleures défenses du tournoi”, a souligné Ibrahim Maza, 20 ans et nouvelle pépite du football algérien.- Préparés à souffrir -Avec un but encaissé lors de leur troisième match de poule, les Fennecs partagent avec l’hôte marocain la meilleure défense du tournoi. Mais le but concédé par l’Algérie face à la Guinée Équatoriale est intervenue à 3-0, alors que l’équipe maghrébine avait été fortement remaniée.Et c’est peut-être la plus grande réussite du Bosnien Vladimir Petković depuis son arrivée à la tête des Fennecs: être parvenu à former un groupe homogène, presque interchangeable.Durant les trois premiers matches de groupe, il a beaucoup fait tourner, en défense notamment, sans que le rendement de l’équipe n’en pâtisse vraiment.En huitièmes, c’est son coaching en fin de rencontre qui a permis aux Fennecs de s’imposer in extremis grâce à un but splendide d’Adil Boulbina sur une passe de Ramiz Zerrouki, deux entrants.”Je suis convaincu que mes joueurs savent comment souffrir et sont capables de le faire”, a expliqué Petkovic, en dévoilant, selon lui, une clé de la rencontre à venir.D’autant qu’au-delà de faire le dos rond pour contenir les flèches nigérianes, les Algériens ont aussi quelques arguments offensifs: Maza impressionne tous les observateurs par la justesse de son jeu. Mahrez, qui a annoncé que cette CAN serait probablement sa dernière, a inscrit trois buts malgré ses 34 ans.Et si les Super Eagles disposent d’une attaque sans commune mesure, ils sont beaucoup moins sereins en défense. Depuis le début du tournoi, ils ont déjà encaissé quatre buts. Soit la moins bonne défense de tous les quarts de finalistes.
CAN-2025: Hassan le feu égyptien, Faé la glace ivoirienne, une rivalité de 20 ans
Hossam Hassan, le sélectionneur égyptien, et Emerse Faé, son homologue ivoirien, se sont affrontés en tant que joueurs lors de la CAN-2006 avant de se retrouver comme entraineurs en quarts de finale la Coupe d’Afrique 2025, où Pharaons et Eléphants se font face samedi à Agadir. “Depuis mardi, je reçois beaucoup de photos où on me voit 20 ans en arrière quand j’étais joueur et que j’affrontais le sélectionneur de l’Égypte”, s’est amusé Emerse Faé vendredi. “C’est bizarre de le de le retrouver demain en quart de finale, en tant que qu’entraîneur. Mais pour l’instant, il y a 1-0 pour lui, j’ai bien l’intention d’égaliser demain”, a-t-il poursuivi. Faé, intronisé il y a deux ans, en pleine CAN-2024 disputée à domicile, avait affronté Hassan, 39 ans à l’époque, lors de la CAN-2006 en Egypte, lors du match de poules entre les deux équipes qui allaient ensuite se retrouver en finale.- Egypte 1 – Côte d’Ivoire 0 -Celui qui était déjà une légende chez les Pharaons, avec deux CAN glanées en 1986 et en 1998, n’était pas entré en jeu lors de la finale perdue par les Eléphants aux tirs au but. 20 ans après, rien n’a changé… ou presque en Egypte. “On a regardé l’Égypte version 2025-2026, mais j’aurais pu remettre les images de 2006, ça aurait été exactement pareil”, a exagéré Faé. “Les joueurs changent, le style du maillot aussi, mais c’est exactement l’Égypte que j’attendais: on a toujours l’impression qu’ils sont en difficulté et que ça va lâcher, mais ça ne lâche jamais… enfin quasiment jamais”.C’est encore le cas dans cette édition marocaine de la Coupe d’Afrique que les partenaires de Mohamed Salah ont passé jusqu’à présent à Agadir au soleil, loin du tumulte et de la pluie de Rabat où ils se sont hissés sans jamais briller, sans encombre non plus, jusqu’en quart de finale. Ils espèrent fermement porter la marque de leur record de titre obtenus à la CAN, à huit sacres, le 18 janvier, jour de la finale, avec l’insolente confiance en eux qui les caractérise.Si le bouillant Hossam Hassan, 59 ans, à la longévité de joueur à peine croyable, et le placide Emerse Faé, 41 ans, qui a stoppé sa carrière à 28 ans, s’opposent sur presque tout, ils ont toutefois un point commun dans leur management.Depuis 2024, Hassan est systématiquement accompagné d’Ibrahim, son frère jumeau, manager de l’équipe, qui a suivi son frère dans tous les clubs où il a joué durant son interminable carrière, d’Al Alhy, en passant par le PAOK en Grèce, Xamax en Suisse ou Al Ain en Arabie Saoudite. – Deux adjoints, deux frères -En évoquant son frère, Hassan a presque fendu l’armure qu’il porte devant un micro. “Travailler avec Ibrahim me donne une force particulière. Je travaille avec lui comme avec personne d’autre. Chacun de nous deux est à sa place, comme lorsque nous jouions. Il était le meilleur arrière droit en Afrique. Et personne n’a encore atteint son niveau. Je ne dis pas cela parce que c’est mon frère. Son rôle de directeur de la sélection m’a facilité beaucoup de choses”.”La fédération a de la chance d’avoir un cadre comme lui. Son expérience apporte la même valeur que mon rôle technique”, a poursuivi Hassan, toujours aussi dithyrambique. Faé, lui, n’a pas son frère de sang comme adjoint, mais un frère tout de même. Il s’agit de Guy Demel, qu’il a connu en sélection en 2005, qui l’accompagne depuis 2023, et qui lui a présenté sa cousine, devenue sa femme.Intronisé après la démission de Jean-Louis Gasset en pleine CAN pour une mission commando, Faé n’a exigé qu’une chose: que Demel, ancien défenseur des Eléphants, alors consultant pour Canal+ Afrique, le rejoigne comme adjoint.”En fait, je n’ai même pas eu à l’exiger, précise Faé. Parce que le président en me nommant m’a dit qu’il avait déjà nommé Guy comme adjoint avant de me proposer le poste, parce qu’il connaissait notre relation, savait que Guy était mon ‘grand frère’ et qu’il pensait qu’on ferait de grandes choses tous les deux”. Accompagnés de “leurs frères”, Faé et Hassan ont un match retour à disputer. 20 ans après.
Angleterre: Liam Rosenior lance sa nouvelle vie à Chelsea
Parti d’Angleterre sur la pointe des pieds, revenu par la grande porte, Liam Rosenior étrenne son nouveau costume d’entraîneur de Chelsea samedi en “Cup” à Charlton, dans l’est de Londres, où ses choix seront scrutés comme jamais.La dernière expérience de Rosenior (41 ans) sur un banc anglais remonte à mai 2024, un jour de défaite à Plymouth avec Hull City, club de deuxième division qui le licenciera quelques jours après.Difficile alors d’imaginer le Londonien d’origine occuper le poste si convoité à la tête des “Blues”, lauréats du dernier Mondial des clubs, moins de deux ans plus tard.Mais il a fait ses preuves entre temps à Strasbourg, où la pression est nettement plus faible, certes, et où le propriétaire (BlueCo) est le même qu’à Chelsea, un facteur qui a joué en faveur de sa promotion express.L’actionnaire américain a choisi d’en faire le successeur d’Enzo Maresca, démis de ses fonctions le 1er janvier après une crise de résultats, sur fond de tensions en interne.”Les niveaux de talent et de capacité que j’ai vus ces derniers jours sont de classe mondiale”, a-t-il dit vendredi en conférence de presse, saluant la qualité de son effectif à la veille du troisième tour de Coupe d’Angleterre contre Charlton Athletic, actuel 19e de Championship.”L’entraîneur précédent Enzo (Maresca) a fait un très bon travail tactique et ma tâche est de l’amener au niveau supérieur”, a-t-il souligné.Rosenior a également affirmé son indépendance par rapport à BlueCo. “Je comprends, je ne suis pas un extraterrestre et je lis la presse, mais on ne peut pas être manager si on ne prend pas de décision seul”, a-t-il lancé.De nombreux supporters anglais vont découvrir la silhouette de l’entraîneur aux fines lunettes noires et au sweat à capuche, à laquelle les amateurs de Ligue 1 sont habitués.- Clough, Ferguson et Guardiola -L’ancien défenseur ou ailier de Fulham, Reading ou encore Brighton n’est pas une célébrité dans son pays, mais pas un inconnu non plus.Au crépuscule de sa carrière de joueur, étirée entre la Premier League et la deuxième division, il a rédigé des chroniques pour le quotidien The Guardian puis été consultant chez le diffuseur Sky Sports.Il a ensuite très vite embrassé la carrière d’entraîneur, auprès des jeunes de Brighton d’abord, dans le staff de Derby County ensuite, puis à Hull comme numéro un.”J’entraînais l’équipe de l’école quand j’avais 11 ans, je faisais des sessions avec eux, j’organisais l’équipe pour les matches et mes professeurs me laissaient faire. C’est quelque chose que j’adore et qui a toujours été en moi”, racontait-il en mars à l’AFP.Il a appris très jeune aux côtés de son père Leroy, ex-joueur de Fulham et West Ham notamment, devenu lui aussi entraîneur en Angleterre après avoir raccroché les crampons.En sources d’inspiration, il cite Brian Clough et Alex Ferguson parmi les figures historiques, mais aussi l’actuel entraîneur de Manchester City: “Pep Guardiola est mon héros”, disait-il à l’AFP. “Je pense qu’il façonne le football moderne, la manière dont le football a évolué, la manière dont chaque entraîneur voit le jeu”.Rosenior Junior pourrait lui aussi servir de modèle aux générations suivantes. Il est devenu mardi le dixième entraîneur noir à être nommé de manière permanente à la tête d’une équipe de Premier League.Dans le championnat le plus suivi au monde, il devra relancer une équipe de Chelsea qui a glissé à la huitième place après n’avoir remporté qu’un seul de ses neuf derniers matches, et convaincre les supporters de ses capacités, dès le 17 janvier contre Brentford à domicile.Trois jours plus tôt, le public de Stamford Bridge le découvrira pour la première fois à l’occasion de la demi-finale aller de coupe de la Ligue contre Arsenal.”Dans un club de cette envergure, les fans veulent des victoires et ils ont en ont tout à fait le droit, a dit Rosenior jeudi. Mon travail, pour gagner la confiance des supporters, c’est de gagner des matches”.



