Protection des océans: l’UE affiche ses ambitions, avant le sommet de l’ONU

Lutte contre la pollution et la pêche illégale, développement de réserves de carbone : l’Union européenne a présenté jeudi sa stratégie pour mieux protéger les océans et veut afficher son “leadership” avant un grand sommet de l’ONU à Nice la semaine prochaine.”L’océan se réchauffe. Son niveau s’élève. Il s’acidifie. La pollution par les plastiques, les produits chimiques et le bruit altère les écosystèmes marins (…). Il est urgent d’agir”, a souligné le commissaire européen Costas Kadis.Ce “pacte” européen sur l’océan ne constitue pas un big bang mais prévoit un renforcement des règles dans les années qui viennent.Pour mieux protéger la biodiversité, la Commission proposera d’ici à 2027 aux eurodéputés une loi sur les océans, via la révision de législations actuelles sur les milieux marins et la planification des activités maritimes.Cette future loi est une “première victoire”, a réagi l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau.Bruxelles promet aussi la création de “réserves européennes de carbone bleu” aux contours encore flous. L’UE souhaite cartographier et étendre des écosystèmes marins capables de davantage capter le CO2.- “Sentiments mitigés” des ONG -Les organisations environnementales ont fait part de “sentiments mitigés” après les annonces de l’UE. Certaines saluent le “signal” en faveur de la protection des océans, d’autres fustigent l’absence d’actions de court terme. Dans les aires marines protégées, des ONG comme Oceana et Surfrider réclament l’interdiction immédiate du chalutage de fond, une technique de pêche critiquée pour son impact écologique destructeur.  Mais ce sujet, très sensible pour les pêcheurs, divise les forces politiques. Et la Commission s’en tient à une simple recommandation, appelant à mettre fin à cette pratique à l’horizon 2030 dans les aires protégées.Contre la pollution, l’UE entend par ailleurs renforcer le système de surveillance par satellite CleanSeaNet, qui scrute les mers afin de détecter les déversements potentiels d’hydrocarbures.Un récent rapport de la Cour des comptes européenne en a démontré les considérables lacunes.En 2022-2023, les Etats membres ont donné suite à moins de la moitié des alertes et n’ont confirmé la pollution que dans 7% des cas. En cause bien souvent, le décalage entre le moment où l’image satellite est prise et celui où le contrôle en mer est effectué.Dans la même veine, la Commission veut renforcer la lutte contre la pêche illégale. Comme elle l’avait déjà annoncé, un système de certification numérique des captures (IT Catch) devient obligatoire en janvier 2026 pour les importations de poissons dans l’UE.- 70% d’importations -A propos de l’exploitation minière en eaux profondes, la Commission réitère son appel à faire une “pause” et respecter le “principe de précaution”. Des propos salués par l’ONG Seas at Risk.Avec sa nouvelle stratégie, l’UE promet d’accorder une attention particulière aux “petits pêcheurs” et aux “communautés côtières vulnérables”. Et compte présenter en 2026 une “vision de long terme” pour la pêche et l’aquaculture.Bruxelles souligne la place de la mer dans le quotidien des Européens. Environ 40% d’entre eux vivent à moins de 50 kilomètres des côtes. “L’économie bleue” représente près de cinq millions d’emplois et contribue à hauteur de plus de 250 milliards d’euros au PIB annuel de l’UE.Mais, paradoxalement, l’UE demeure encore dépendante et importe 70% des produits de la mer que les Européens consomment. Le tout dans un monde où l’océan est confronté à la pression sans cesse grandissante du réchauffement climatique et de la pollution.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ira défendre ce “pacte” européen lundi à Nice, dans le sud de la France, à la troisième conférence de l’ONU sur les océans.Les espaces maritimes, qui couvrent 70,8% du globe, ont été victimes ces deux dernières années de canicules inédites menaçant la survie des espèces qu’ils renferment. La conférence permettra “soit d’inverser le déclin des océans d’ici à 2030, soit de documenter l’échec de l’humanité à agir”, a prévenu Maritza Chan, l’ambassadrice à l’ONU du Costa Rica, dont le pays est coorganisateur avec la France de cet événement.Mme Chan dit attendre 100 milliards de dollars de nouveaux financements publics et privés en faveur du développement durable de l’océan. “C’est ce qui est différent cette fois-ci : zéro rhétorique, maximum de résultats”, veut-elle croire.

La filière de la rénovation énergétique gronde contre la suspension de MaPrimeRénov’

Levée de boucliers contre la suspension de MaPrimeRénov’: la filière de la rénovation énergétique tout entière s’inquiète de l’arrêt temporaire des demandes d’aides et le secteur du bâtiment envisage des manifestations.Les ministres de l’Economie et du Logement ont confirmé mercredi une fermeture “cet été” du guichet de dépôt des dossiers de demande d’aide MaPrimeRénov’ pour les rénovations énergétiques globales et les travaux d’isolation et de remplacement de chaudière ponctuels.Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), juge la décision du gouvernement de fermer ce guichet “injustifiable, inqualifiable”, risquant de  mettre “sur le carreau 100.000 salariés du secteur”.La FFB compte profiter de son congrès national le 13 juin pour “décider des mesures à prendre”, indique Olivier Salleron à l’AFP. “Ca va gronder”, ajoute-t-il, manifestation, blocage, montage de grues dans des “lieux stratégiques” étant envisagés. Prêt à participer à la mobilisation, Peter Lehmann, chauffagiste dans les Hautes-Alpes prévient ainsi: “on n’a pas de tracteurs, mais on a des engins”. Il craint des conséquences “catastrophiques en termes d’emploi”. Même volonté de protester du côté du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb qui s’organise pour définir “un mouvement” afin de “réagir fortement et dire notre mécontentement”, selon son président Jean-Christophe Repon, interrogé par Franceinfo. La rénovation énergétique représente 30% de l’activité des adhérents de la FFB et 600.000 salariés, selon Olivier Salleron.  “Les TPE, PME, artisans, tout le monde est vent debout. Avec en plus la crise grave et historique du logement neuf, trop c’est trop, on ne va pas se laisser crever sans rien dire”, gronde-t-il.Colère identique chez les fabricants de pompes à chaleur ou chauffe-eau dont certains “suspendent” déjà leurs décisions d’investissement dans des agrandissements d’usine, souligne Teoman Bakoglu, délégué-général adjoint de la FIEEC qui regroupe les industries électriques, électroniques et de communication. “S’il n’y a plus de carnet de commandes, les usines s’arrêtent” a-t-il dit à l’AFP.Dans un communiqué commun, 19 organisations professionnelles de la rénovation énergétique expriment leur “stupéfaction” et leurs “inquiétudes”. “Sans stabilité du dispositif, a fortiori sans sa pérennisation, et sans sa simplification, ce sont des milliers d’entreprises d’installateurs, d’artisans du bâtiment, de distributeurs et d’emplois industriels qui sont directement fragilisés”, dénoncent ces fédérations de professionnels du bâtiment, du chauffage, de l’énergie, de l’électricité ou encore du génie climatique.Le collectif de fédérations estime que la réunion prévue vendredi au ministère de l’Economie pour discuter du marché de la rénovation énergétique n’a “plus lieu d’être car sans objet désormais” et demande à être reçue par le Premier ministre, François Bayrou. – “Fléau” de la fraude -La suspension concerne uniquement les nouveaux dossiers. “Les dossiers non frauduleux déposés avant la fermeture seront instruits et payés dans les meilleurs délais, et une démarche d’accélération de l’instruction sera mise en place”, a précisé le ministère chargé du Logement.Les aides à la rénovation énergétique ont “besoin de stabilité”, assure Christophe Ferrari, président de la métropole de Grenoble et vice-président d’Intercommunalités de France, chargé de l’habitat, pour qui cet énième changement du dispositif MaPrimeRénov’ est “la meilleure façon pour que les particuliers n’aillent pas dans la rénovation énergétique”.”Les particuliers font leur budget et leurs travaux en fonction de MaPrimeRénov’, si demain ils n’y ont plus droit, ils vont rester dans leur passoire” énergétique, s’inquiète Christophe Perrier, à la tête d’une entreprise de maîtrise d’oeuvre spécialisée en rénovation, extension et neuf, Elaborplan. “Les gens n’ont pas les moyens de dépenser des millions”.Cette pause du dispositif est motivée par “un encombrement (de nouvelles demandes, NDLR) en ce moment et un excès des fraudes”, selon Eric Lombard, ministre de l’Economie qui évaluent à “16.000” le nombre de “dossiers suspicieux”, soit “12% du stock”. En 2024, 44.172 dossiers frauduleux de demande d’aide MaPrimeRénov’ avaient été détectés par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) avant leur mise en paiement, ce qui représentait 229 millions d’euros de fraudes évitées.

Une installation aquatique et musicale monumentale au coeur de la Bourse de Commerce à Paris

Des tonnes d’eau qui chantent ont investi la rotonde de la Bourse de Commerce à Paris: l’écrin de la collection d’art de l’homme d’affaires François Pinault accueille à partir de jeudi une installation monumentale aquatique et musicale du Français Céleste Boursier-Mougenot.A la surface de ce bassin de 18 mètres de diamètre rempli de 75 tonnes d’eau bleutée, des dizaines de bols de porcelaine blanche de différentes tailles s’entrechoquent grâce à un léger courant initié par des pompes invisibles, créant une mélodie qui rappelle les cloches d’un carillon ou le son de poulies agitées par le vent contre les mâts de voiliers. Le public est invité à déambuler autour et peut aussi s’asseoir.L’ensemble, présenté dans le monde entier mais pour la première fois à Paris et à cette échelle, donne à l’immense cylindre de béton circulant conçu sous la verrière par l’architecte japonais Tadao Ando le coeur vibrant qui lui manquait.”Ici c’est ma partition, ce dispositif est une manière de caresser la rétine et de corréler avec le son”, dit à l’AFP Céleste Boursier-Mougenot, “aux anges” devant le résultat.”Ma problématique en tant que musicien était de pouvoir embrasser toutes les possibilités d’un matériau”, ajoute-t-il, un “défi technique” qu’il n’a cessé de relever depuis 1997 en l’expérimentant pour la première fois “avec des tortues de Floride dans une piscine gonflable” puis avec des objets domestiques, en créant, grâce à une pompe, “un courant avec deux hémisphères”.”C’est une installation autant visuelle que sonore, multisensorielle. Elle a une dimension cosmique qui fait référence à d’autres oeuvres de grands artistes comme les Nymphéas de Monet ou les grands +Bleu+ de Miro. Elle se reconfigure sans arrêt avec la lumière, en essayant de capter l’infini et les changements permanents”, commente Emma Lavigne, directrice générale de la collection.Présentée dans différents musées notamment en Asie, l’oeuvre offre “un moment de méditation qui rappelle les expérimentations des compositeurs américain John Cage ou italien Luigi Nono, essayant de traduire la couleur de l’eau de la lagune à Venise”, ajoute-t-elle.Né en 1961 à Nice, Céleste Boursier-Mougenot vit et travaille à Sète. Ses travaux, des dispositifs sonores extraits de toutes sortes de situations et d’objets, sont présentés depuis près de 30 ans dans les lieux d’art contemporain, en France et à l’étranger.

US trade deficit sharply narrows in April as Trump tariffs take hold

The US trade deficit more than halved in April, government data showed Thursday, pulling back from a record on a plunge in imports as President Donald Trump’s global tariffs kicked in.While the White House has framed the tariffs as a means to address perceived trade imbalances, it is unclear if the narrowing is sustainable as analysts believe businesses had merely paused further imports while waiting for countries to strike deals.The world’s biggest economy logged a trade gap of $61.6 billion in the same month that Trump unveiled 10 percent levies on almost all trading partners. This was down by 55.5 percent from March, said the Commerce Department.In March, the overall US trade deficit widened to a new record of $138.3 billion as businesses sought to get ahead of Trump’s promised duties.But imports slumped by 16.3 percent in April to $351 billion as the blanket tariffs on US allies and competitors alike kicked in.Apart from the 10 percent levy, Trump also announced -– before swiftly pausing –- higher rates on dozens of economies including the European Union and Japan. This halt, which allowed room for trade negotiations to take place, is due to expire in early July.Goods from China were the biggest target of Trump’s during the month as the world’s two biggest economies engaged in a tit-for-tat escalation that took both sides’ levies on each other’s products to three digits.This brought many shipments from China to a halt before the countries reached a temporary deal to de-escalate the situation.For now, all eyes are on a phone call between Trump and Chinese President Xi Jinping, amid hopes that both leaders can help bring about a longer-lasting truce.But the state of a trade deal between both countries remains uncertain as Trump last week accused Beijing of violating the terms of their temporary agreement — which China denied.Both April exports and imports involving China were the lowest since early 2020 during the Covid-19 pandemic, according to the Commerce Department.- ‘Hit pause’ -“The economy has essentially hit pause on discretionary imports and is now working off inventories as businesses and consumers delay spending and wait for clarity on tariffs,” said Nationwide financial markets economist Oren Klachkin.He added in a statement that the sharp drop in goods imports, stronger goods exports and larger services surplus narrowed the total April trade gap by the most on record.Overall in April, US imports dropped by 16.3 percent to $351 billion on a retreat in goods shipments.In particular, imports of consumer goods fell by $33 billion, data showed, with pullbacks in pharmaceuticals and cell phones.US exports ticked up by 3 percent to $289.4 billion, helped by goods exports such as those of industrial supplies.But US exports of autos and parts dropped by $3.3 billion.Besides wide-ranging tariffs targeting different countries, businesses have also been contending with sector-specific duties that Trump has rolled out in recent months.In March and April, the president slapped tariffs on imports of steel, aluminum and automobiles and he has since doubled the duties on both metals this month.The overall US deficit was the smallest since 2023, according to government figures.

Germany’s Merz to brave Trump’s Oval Office test

German Chancellor Friedrich Merz meets Donald Trump in the Oval Office on Thursday, hoping to avoid one of the US president’s infamous ambushes amid discord over Ukraine and tariffs.A month into his job, the conservative Merz, 69, will try to build a rapport with the mercurial Trump as he seeks to maintain good ties with the country he considers post-war Germany’s “indispensable” ally.He will offer pledges to sharply increase Germany’s NATO spending and look for common ground on confronting Vladimir Putin on Ukraine.On Trump’s threat to hammer the European Union with sharply higher tariffs, Merz, leader of the bloc’s biggest economy, has argued that it must be self-confident in its negotiations with Washington.But first Merz must brave the televised rite of passage of an Oval Office meeting with Trump — whose administration has taken an aggressive stance towards Germany and even backed the far-right there.Trump, 78, has delivered a series of public dressing downs to foreign leaders in the heart of the White House, from Ukrainian President Volodymyr Zelensky to South Africa’s Cyril Ramaphosa.The New York Times reported that Trump was set to confront Merz over free speech issues in Germany — a bugbear the administration has repeatedly brought up with European leaders despite its own record.- ‘Calmness and joy’ -Merz told reporters in Washington ahead of the meeting that if Trump brings up German domestic politics “I will state my opinion very clearly if necessary.”Despite the tensions, Merz said he was “looking forward” to his first face-to-face meeting with Trump.”Our alliance with America was, is, and remains of paramount importance for the security, freedom, and prosperity of Europe,” he posted on X.The German chancellor is believed to have studied videos of previous Oval Office ambushes and learned how to stay calm and let Trump talk.Merz is approaching his Trump meeting “with great calmness and joy,” his spokesman Stefan Kornelius said, pointing to their “very good relationship” so far.The two leaders — both with business backgrounds and keen golf players — are on first-name terms after several phone calls, Kornelius said, and Merz now has Trump’s cellphone number on speed dial.But whatever the personal chemistry. the issues are potentially explosive. Trump has lashed out at Germany, and particularly its car industry, among the European nations he accuses of trying to “screw” the United States.The US president launched his “Liberation Day” tariffs in April and the EU faces levies of 50 percent.- Far-right support -On the Ukraine war, where Germany strongly backs Kyiv, Merz will hope to convince Trump to heighten pressure on Putin through new sanctions to persuade him to agree to a ceasefire. Trump has expressed frustration with Putin, but said sanctions could harm the chances of a truce.Merz’s visit also comes ahead of a G7 summit in Canada on June 15-17 and a NATO meeting in The Hague at the end of the month.Merz has said Germany is willing to follow a plan to raise defense spending to 3.5 percent of GDP over coming years, with another 1.5 percent dedicated to security-related infrastructure.But a major potential flashpoint is the vocal support Trump and some in his administration have given to the far-right and anti-immigration Alternative for Germany (AfD) party, which came second in February elections.US Vice President JD Vance, Secretary of State Marco Rubio and former Trump adviser Elon Musk have all weighed in in support of the AfD, which in Germany is shunned by all other political parties.When Germany’s domestic intelligence service recently designated the AfD a “right-wing extremist” group, Rubio denounced the step as “tyranny in disguise.”Merz at the time told the US government to “largely stay out of” German domestic politics.burs-dk/bgs

Le suspect du meurtre d’Hichem Miraoui, contestant tout crime “raciste”, va être présenté à un juge antiterroriste

Christophe B. est présenté jeudi à un magistrat antiterroriste en vue d’une mise en examen pour le meurtre d’Hichem Miraoui, un quadragénaire tunisien, samedi à Puget-sur-Argens (Var), un crime qu’il reconnaît mais dont il conteste le caractère raciste et terroriste.Après quatre jours de garde à vue et un transfert de l’enquête du parquet de Draguignan aux mains du parquet antiterroriste (Pnat), celui-ci a annoncé jeudi à l’AFP l’ouverture d’une information judiciaire pour cet attentat et la présentation de Christophe B. à un juge d’instruction, avant une éventuelle incarcération.”Dans le cadre de sa garde à vue, si Christophe B. reconnaît la matérialité des faits, il conteste toute motivation raciste à ses actes, ainsi que toute intention terroriste”, détaille le Pnat dans un communiqué.Christophe B., âgé de 53 ans et de nationalité française, pourrait être mis en examen pour assassinat terroriste et tentative de la même infraction en raison de la race, de l’ethnie, la nation ou la religion, mais aussi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, d’après un communiqué du Pnat. A Puget sur-Argens, samedi soir vers 22 heures, le suspect, qui avait consommé de l’alcool dans la journée, a selon le Pnat “tiré à plusieurs reprises” sur son “voisin”, Hichem Miraoui, depuis sa voiture.Il a ensuite tiré sur le logement d’un second voisin, puis sur deux de ses occupants, “blessant l’un d’entre eux à la main”, un homme né en 1990 en Turquie, “avant de prendre la fuite” en voiture. Il avait finalement été interpellé par des hommes du GIGN. D’après le communiqué, il avait diffusé sur Facebook avant les faits une vidéo interpellant ainsi les “Français” : “Réveillez-vous, allez les chercher là où ils sont”. Il faisait “allégeance au bleu blanc rouge” et annonçait son intention de dire “stop aux islamiques”.Après son périple meurtrier et jusqu’à son interpellation à 5h00 le dimanche matin, il a publié selon le Pnat quatre autres vidéos sur Facebook dans lesquelles il décrivait un Etat “pas capable de nous protéger, de les renvoyez chez eux” et précisait “avoir dégommé les 2-3 merdes qui étaient près de chez [lui]”.Selon le Pnat, son examen psychiatrique n’a pointé “aucune pathologie ou anomalie mentale”.Outre les vidéos déjà évoquées, le parquet relève que Christophe B. avait déjà fait sur les réseaux sociaux “de très nombreuses publications portant notamment sur le terrorisme, les étrangers, l’islam, l’ultra-droite ou ciblant les instances gouvernementales françaises.”C’est la première saisine du Pnat concernant un homicide raciste lié à l’ultradroite.Une source proche du dossier a souligné à l’AFP que ce parquet spécialisé appréciait “au cas par cas” sa compétence concernant les faits liés à l’ultradroite, qui ne sont pas rattachés à un groupe dont les actions passées auraient déjà reçu une qualification terroriste, contrairement aux actes jihadistes avec le groupe Etat islamique.Cela se fait donc, selon cette source, au regard de la personnalité de l’auteur, de la gravité intrinsèque de l’acte et de l’intention finale de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur.En l’espèce, selon la source proche du dossier, Christophe B. avait bien comme volonté de “troubler l’ordre public par la terreur”. – “Haine des Arabes” -Mardi après-midi, devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a exprimé “une pensée émue” pour les victimes, leurs familles, mais aussi pour “la communauté tunisienne”. Ce meurtre est “clairement un crime raciste”, “sans doute aussi antimusulman”, et “peut-être aussi un crime terroriste”, a ajouté le ministre, “heureux” de la saisine du Pnat.”Je veux justice pour mon frère”, “victime d’un acte terroriste”, a déclaré mardi à l’AFP sa soeur Hanen Miraoui. Samedi soir, elle discutait au téléphone avec son frère quand “tout d’un coup, je l’ai entendu dire +Aïe+ puis la communication s’est interrompue”.D’après elle, le suspect “était connu dans le quartier de (son) frère pour sa haine des Arabes”.Le ministre tunisien de l’Intérieur, Khaled Nouri, a évoqué le “profond mécontentement et la profonde tristesse” des Tunisiens après ce “crime terroriste”.Organisée par les proches d’Hichem Miraoui, une marche blanche doit avoir lieu dimanche à 15H00 à Puget-sur-Argens.Les actes antimusulmans ont augmenté de 72% au premier trimestre, avec 79 cas recensés, selon le décompte du ministère de l’Intérieur.De nombreuses voix ont dénoncé à l’occasion de ce crime la stigmatisation de la communauté musulmane.

L’Assemblée appelle à abroger la réforme des retraites

Plus de deux ans après la promulgation de la réforme des retraites, l’Assemblée nationale a appelé jeudi à son abrogation lors d’un premier vote sur le sujet dans l’hémicycle, que la gauche espère voir érigé en étendard de la contestation malgré sa portée purement symbolique.A quelques jours de la fin des travaux du “conclave” de partenaires sociaux censés plancher de nouveau sur les retraites, les députés ont adopté une résolution déposée par le groupe GDR (communistes et ultra-marins), lors d’une journée dédiée à ses textes.A la tribune, le président du groupe Stéphane Peu (PCF) a dénoncé le passage de l’âge légal de départ à 64 ans, adopté à l’époque sans vote, grâce à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. “La plus grande blessure démocratique depuis la négation du vote des Français lors du référendum de 2005”, a-t-il lancé.Adoptée par 198 voix contre 35, avec celles de la gauche, du Rassemblement national et d’une partie du groupe centriste Liot, la résolution n’aura aucune valeur normative. Mais les communistes espèrent en faire un levier politique pour ranimer la contestation, alors qu’une journée de manifestation et de grèves est justement organisée jeudi, à l’appel de la CGT.Quelque 165 points de rassemblement sont prévus en France. A Paris, le cortège s’est élancé en début d’après-midi depuis l’Ecole militaire et doit passer à proximité du lieu où la concertation sur les retraites se poursuit. Depuis Strasbourg, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a salué un “grand événement”, qui montre que “quand la démocratie parle, elle défait cette réforme”.Elle en a de nouveau demandé l’abrogation, promettant de ne pas “tourner (…) la page”. – Abrogation ou référendum -Le chef du groupe communiste, qui a commencé son discours devant un hémicycle quasiment vide, a exigé du gouvernement qu’il respecte le vote de la résolution, en abrogeant la réforme ou en convoquant un référendum.”La démographie et l’allongement de la durée de vie constituent des contraintes qui conditionnent les recettes et les dépenses de notre système de retraite. Que vous le vouliez ou non”, a rétorqué Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du Travail. “Vous nous dites +très bien, on va dans le mur, mais proposons une abrogation symbolique+”, a piqué la députée macroniste Stéphanie Rist, dénonçant une “farce”.Le texte “affirme l’impérieuse nécessité d’aboutir à l’abrogation des mesures les plus régressives” de la loi du 14 avril 2023, à savoir “le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans et l’augmentation de la durée de cotisation portée à 43 annuités dès 2027″.”Une simple pétition de principe”, a critiqué Théo Bernhardt (RN), reprochant à la gauche de ne pas avoir soutenu les initiatives de son groupe pour une abrogation.Le RN mais aussi le groupe Liot et les Insoumis ont mené différentes initiatives parlementaires pour tenter d’obtenir un vote, sans succès. La dernière en date étant celle de LFI, fin novembre: la proposition de loi des Insoumis n’avait pu aboutir, victime de l’obstruction du camp gouvernemental.- Et la censure ? -Le sujet des retraites a retrouvé une actualité en janvier, à la faveur du compromis noué entre le Premier ministre François Bayrou et le groupe PS à l’Assemblée.Ces derniers ont accepté de ne pas censurer son gouvernement, contre un ensemble de promesses, dont la remise en chantier de la réforme des retraites.Mais l’enthousiasme a rapidement fait place à la déception. Après avoir appelé à des discussions “sans totem ni tabou”, le Premier ministre a successivement imposé l’objectif d’un équilibre financier en 2030, puis fermé la porte à un retour aux 62 ans. Les syndicats FO et CGT ont claqué la porte dès le début des discussions.Les organisations restant autour de la table prévoient de clore leurs travaux le 17 juin. Pour l’instant, le Medef n’a exprimé aucune ouverture quant aux demandes des syndicats, qui veulent par exemple obtenir des possibilités de partir plus tôt pour les femmes qui ont eu des enfants, ou pour les personnes ayant travaillé dans des conditions pénibles ou usantes.Quant aux députés socialistes, ils agitent de nouveau la menace d’une censure du gouvernement Bayrou, si ce dernier ne soumet pas au Parlement un éventuel accord entre les partenaires sociaux.

L’Assemblée appelle à abroger la réforme des retraites

Plus de deux ans après la promulgation de la réforme des retraites, l’Assemblée nationale a appelé jeudi à son abrogation lors d’un premier vote sur le sujet dans l’hémicycle, que la gauche espère voir érigé en étendard de la contestation malgré sa portée purement symbolique.A quelques jours de la fin des travaux du “conclave” de partenaires sociaux censés plancher de nouveau sur les retraites, les députés ont adopté une résolution déposée par le groupe GDR (communistes et ultra-marins), lors d’une journée dédiée à ses textes.A la tribune, le président du groupe Stéphane Peu (PCF) a dénoncé le passage de l’âge légal de départ à 64 ans, adopté à l’époque sans vote, grâce à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. “La plus grande blessure démocratique depuis la négation du vote des Français lors du référendum de 2005”, a-t-il lancé.Adoptée par 198 voix contre 35, avec celles de la gauche, du Rassemblement national et d’une partie du groupe centriste Liot, la résolution n’aura aucune valeur normative. Mais les communistes espèrent en faire un levier politique pour ranimer la contestation, alors qu’une journée de manifestation et de grèves est justement organisée jeudi, à l’appel de la CGT.Quelque 165 points de rassemblement sont prévus en France. A Paris, le cortège s’est élancé en début d’après-midi depuis l’Ecole militaire et doit passer à proximité du lieu où la concertation sur les retraites se poursuit. Depuis Strasbourg, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a salué un “grand événement”, qui montre que “quand la démocratie parle, elle défait cette réforme”.Elle en a de nouveau demandé l’abrogation, promettant de ne pas “tourner (…) la page”. – Abrogation ou référendum -Le chef du groupe communiste, qui a commencé son discours devant un hémicycle quasiment vide, a exigé du gouvernement qu’il respecte le vote de la résolution, en abrogeant la réforme ou en convoquant un référendum.”La démographie et l’allongement de la durée de vie constituent des contraintes qui conditionnent les recettes et les dépenses de notre système de retraite. Que vous le vouliez ou non”, a rétorqué Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du Travail. “Vous nous dites +très bien, on va dans le mur, mais proposons une abrogation symbolique+”, a piqué la députée macroniste Stéphanie Rist, dénonçant une “farce”.Le texte “affirme l’impérieuse nécessité d’aboutir à l’abrogation des mesures les plus régressives” de la loi du 14 avril 2023, à savoir “le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans et l’augmentation de la durée de cotisation portée à 43 annuités dès 2027″.”Une simple pétition de principe”, a critiqué Théo Bernhardt (RN), reprochant à la gauche de ne pas avoir soutenu les initiatives de son groupe pour une abrogation.Le RN mais aussi le groupe Liot et les Insoumis ont mené différentes initiatives parlementaires pour tenter d’obtenir un vote, sans succès. La dernière en date étant celle de LFI, fin novembre: la proposition de loi des Insoumis n’avait pu aboutir, victime de l’obstruction du camp gouvernemental.- Et la censure ? -Le sujet des retraites a retrouvé une actualité en janvier, à la faveur du compromis noué entre le Premier ministre François Bayrou et le groupe PS à l’Assemblée.Ces derniers ont accepté de ne pas censurer son gouvernement, contre un ensemble de promesses, dont la remise en chantier de la réforme des retraites.Mais l’enthousiasme a rapidement fait place à la déception. Après avoir appelé à des discussions “sans totem ni tabou”, le Premier ministre a successivement imposé l’objectif d’un équilibre financier en 2030, puis fermé la porte à un retour aux 62 ans. Les syndicats FO et CGT ont claqué la porte dès le début des discussions.Les organisations restant autour de la table prévoient de clore leurs travaux le 17 juin. Pour l’instant, le Medef n’a exprimé aucune ouverture quant aux demandes des syndicats, qui veulent par exemple obtenir des possibilités de partir plus tôt pour les femmes qui ont eu des enfants, ou pour les personnes ayant travaillé dans des conditions pénibles ou usantes.Quant aux députés socialistes, ils agitent de nouveau la menace d’une censure du gouvernement Bayrou, si ce dernier ne soumet pas au Parlement un éventuel accord entre les partenaires sociaux.

Trump administration plans to cut $4 bn from California rail

The Trump administration intends to pull some $4 billion in federal funding from California’s long-delayed high-speed rail project, transportation officials say.The announcement Wednesday by the Department of Transportation follows a report by federal railroad regulators, which concluded the project to link the state’s megacities Los Angeles and San Francisco was rife with “missed deadlines, budget shortfalls, and overrepresentation of projected ridership.””I promised the American people we would be good stewards of their hard-earned tax dollars,” Transportation Secretary Sean Duffy said in a statement.”This report exposes a cold, hard truth: CHSRA has no viable path to complete this project on time or on budget,” he added, referring to California High-Speed Rail Authority.Duffy said California’s rail agency has 37 days to respond to the findings of the review before the two grants worth some $4 billion would be terminated.CHSRA said it strongly disagreed with Federal Railroad Administration’s conclusions, adding they “do not reflect the substantial progress made.””We remain committed to completing the nation’s first true HSR system & will fully address + correct the record in our response to the FRA’s notice,” the rail authority said.California’s Democratic lawmakers also strongly denounced the decision by President Donald Trump’s Republican administration.”For the millions of Californians left to pick up the tab for Trump’s reckless trade wars and rising costs of living, today’s announcement is devastating,” Alex Padilla and Adam Schiff said in a statement.Despite being the world’s largest economy, the United States does not have high-speed rail lines and the California project has been 15 years in the making.Another high-speed rail line is planned to open in 2028 in the neighboring state of Nevada, connecting Las Vegas to Los Angeles in time for the Summer Olympics hosted by the United States.

La BCE poursuit les baisses de taux face aux menaces sur la croissance

La Banque centrale européenne (BCE) a baissé ses taux jeudi pour la huitième fois en un an, naviguant en pleine incertitude face aux menaces de droits de douane de Donald Trump et à leurs répercussions sur l’inflation et la croissance de la zone euro.Le taux de dépôt, principal instrument de référence, a été diminué d’un quart de point à 2,0%, un niveau que l’institution présidée par Christine Lagarde ne juge plus pénalisant pour l’économie. Depuis juin 2024, le reflux de l’inflation dans la zone euro a permis à l’institution basée à Francfort, en Allemagne, de lâcher du lest sur les taux, inversant un cycle de resserrement monétaire amorcé deux ans plus tôt pour endiguer la flambée des prix, avec un taux de dépôt atteignant le plus haut historique de 4,0%.Cette septième baisse d’affilée depuis septembre dernier intervient alors que “l’inflation se situe actuellement autour de l’objectif” de 2% de la BCE, a souligné cette dernière jeudi.Les inquiétudes se sont déplacées vers la faiblesse persistante de l’activité économique dans les vingt pays de la zone euro, où l’atonie de la demande pourrait avoir des effets déflationnistes.”L’incertitude autour des politiques commerciales” freinera à court terme l’investissement et les exportations, mais la hausse des investissements publics et la solidité du marché du travail soutiendront la croissance et la consommation, “rendant l’économie plus résistante face aux chocs mondiaux”, a expliqué la BCE.La principale menace vient du président américain Donald Trump, qui ne cesse de s’emporter contre l’important excédent commercial envers les États-Unis et maintient une forte incertitude quant à l’ampleur du choc à venir. Son ultimatum sur des taxes de 50% visant les produits européens expire le 9 juillet.Washington a déjà relevé mercredi à 50% les droits de douane sur l’acier et l’aluminium du Vieux Continent. Une mesure “fortement” regrettée par le commissaire européen Maros Sefcovic, qui estime qu’elle complique les négociations en cours entre les deux blocs.- Nouvelles prévisions -“Compte tenu, singulièrement, du contexte actuel d’incertitudes exceptionnelles”, la BCE continue de vouloir réagir en fonction des “données”, “réunion par réunion”, a-t-elle noté dans un communiqué.Les données collectées depuis sa dernière réunion d’avril ont conforté les décisions annoncées jeudi: l’inflation est retombée à 1,9% en mai dans la zone euro, en net ralentissement et sous la cible de 2% visée par la BCE.Ce recul s’explique notamment par la baisse des prix de l’énergie, mais même hors énergie et autres prix volatils de l’alimentation, l’inflation sous-jacente a également ralenti, à 2,3% sur un an en mai contre 2,7% en avril.La BCE a aussi relevé que la progression des salaires “reste forte, mais continue de s’atténuer sensiblement”, éloignant les craintes d’effets de “second tour” sur les prix.De nouvelles prévisions macroéconomiques ont été publiées jeudi, censées donner des indices sur la suite de la politique monétaire.La BCE a revu en baisse ses prévisions d’inflation pour 2025 et 2026, en raison de la baisse des prix de l’énergie et d’un euro plus fort. Elle a aussi abaissé sa prévision de croissance économique pour 2026.Pour cette année, l’institution de Francfort a ramené sa prévision d’inflation à sa cible de 2,0%, contre 2,3% précédemment. Cet indicateur devrait descendre à 1,6% en 2026 et atteindre 2,0% en 2027. Le PIB de la zone euro devrait croître de 0,9% en 2025, comme estimé en mars, mais ne grimper que d’1,1% l’an prochain, contre 1,2% prévu auparavant, en raison de “l’incertitude” liée aux droits de douanes du président Trump.La série de baisses des taux en zone euro tranche avec la position de la banque centrale américaine (Fed), qui maintient ses taux au-dessus de 4%, craignant que les mesures de M. Trump ne relancent l’inflation aux États-Unis.La Banque d’Angleterre suit une stratégie similaire.En zone euro, l’attention pourrait se détourner au second semestre des tensions commerciales pour se concentrer sur la mise en œuvre du plan de relance allemand, dont les effets sur la croissance et l’inflation en Europe après 2025 seront scrutés de près.