Roumanie: soulagement du camp pro-européen mais pas d’état de grâce

L’heure est au soulagement lundi dans le camp pro-européen en Roumanie au lendemain de la défaite du candidat nationaliste à la présidentielle, mais le vainqueur Nicusor Dan a désormais la lourde tâche de rassembler un pays meurtri.”Je me sens vraiment bien, soulagé, si heureux que nous puissions poursuivre sur la voie européenne”, commente dans les rues de Bucarest Adrian Ciubotaru, un informaticien de 33 ans, qui craignait que la Roumanie devienne “une sorte d’Etat paria”.Très loin derrière à l’issue du premier tour, le maire centriste de la capitale, 55 ans, l’a emporté dimanche soir avec 53,6% des suffrages, contre 46,4% pour son rival nationaliste George Simion, 38 ans, grâce à une hausse de mobilisation exceptionnelle entre les deux tours.Un succès à l’ampleur inespérée qui lui a valu les félicitations appuyées de plusieurs dirigeants, d’Emmanuel Macron à Donald Tusk, en passant par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Cinq mois après l’annulation – à laquelle avait réagi l’administration Trump – du précédent scrutin sur fond de soupçons d’ingérence russe, le vote dans le pays d’Europe orientale de 19 millions d’habitants était suivi de près à Bruxelles, où certains redoutaient l’arrivée d’un autre eurosceptique hostile à l’aide à Kiev.D’autant que le président roumain est celui qui siège aux sommets européens et de l’Otan, avec à la clé un droit de veto sur des dossiers clés. Même satisfaction du côté de l’Ukraine et de la Moldavie voisines, dont M. Simion est interdit d’entrée après ses propos irrédentistes passés.- “Deux Roumanies” -Pour autant, pas de triomphalisme: après les effusions de la soirée électorale, le nouveau chef d’Etat a du pain sur la planche.”Ce n’est pas une longue route tranquille” qui l’attend, confirme Sorina Soare, politologue à l’université de Florence.Nicusor Dan “devra œuvrer à la réconciliation dans une société profondément polarisée, en colère, où le compromis et le dialogue semblent suspendus”, dit-elle à l’AFP, pointant “la vulnérabilité” du pays et “les risques de déstabilisation”.Plébiscité par un électorat urbain, ce mathématicien de formation a été boudé par de nombreux électeurs des zones rurales, qui ont choisi son adversaire dans un vote protestataire durablement enraciné.Lors de son discours de victoire, le quinquagénaire a insisté sur la nécessité de réunir ces “deux Roumanies”, conscients que “les tensions allaient perdurer des mois, voire des années”. “Nous avons perdu un combat, mais pas la guerre”, a d’ailleurs averti George Simion en concédant sa défaite dans la nuit, après avoir initialement proclamé sa victoire et dénoncé des “fraudes massives” – un narratif repris sur les réseaux sociaux.Cet échec ne doit pas masquer le fait qu’il s’agit d’un “score historique”, a abondé sur X l’eurodéputée française d’extrême droite Marion Maréchal. “Ce résultat”, ajoute-t-elle, “appelle les victoires de demain”.- “Réduire la corruption” -La première tâche concrète du nouveau président : “mener des négociations avec les quatre partis pro-occidentaux du Parlement” et nommer un Premier ministre après la démission surprise dans l’entre-deux-tours du social-démocrate Marcel Ciolacu.La “concertation” avec le gouvernement sera essentielle alors que les milieux économiques appellent à rétablir la confiance en une Roumanie lourdement endettée, rappelle l’analyste.A plus long terme, il faut “réformer l’Etat, la justice, réduire la corruption”, a souligné le maire de Bucarest, qui a fait campagne sur le slogan d’une “Roumanie honnête”.Les partis qui ont dominé la vie politique depuis la fin du communisme en 1989 vont devoir tirer des leçons “drastiques” des récents scrutins, estime Andreea Unguranu, employée de banque de 52 ans, en référence aux libéraux et aux sociaux-démocrates.Enfin, Nicusor Dan devra réparer l’alliance distendue avec les Etats-Unis et écarter le risque d’un retrait partiel des 1.700 soldats américains présents sur le sol roumain.Après les propos très critiques du vice-président américain JD Vance, qui avait fustigé l’annulation du vote du 24 novembre “sur la base des faibles soupçons d’une agence de renseignement”, les yeux sont tournés vers Washington, qui n’a pas encore réagi à la défaite de George Simion.

Roumanie: soulagement du camp pro-européen mais pas d’état de grâce

L’heure est au soulagement lundi dans le camp pro-européen en Roumanie au lendemain de la défaite du candidat nationaliste à la présidentielle, mais le vainqueur Nicusor Dan a désormais la lourde tâche de rassembler un pays meurtri.”Je me sens vraiment bien, soulagé, si heureux que nous puissions poursuivre sur la voie européenne”, commente dans les rues de Bucarest Adrian Ciubotaru, un informaticien de 33 ans, qui craignait que la Roumanie devienne “une sorte d’Etat paria”.Très loin derrière à l’issue du premier tour, le maire centriste de la capitale, 55 ans, l’a emporté dimanche soir avec 53,6% des suffrages, contre 46,4% pour son rival nationaliste George Simion, 38 ans, grâce à une hausse de mobilisation exceptionnelle entre les deux tours.Un succès à l’ampleur inespérée qui lui a valu les félicitations appuyées de plusieurs dirigeants, d’Emmanuel Macron à Donald Tusk, en passant par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Cinq mois après l’annulation – à laquelle avait réagi l’administration Trump – du précédent scrutin sur fond de soupçons d’ingérence russe, le vote dans le pays d’Europe orientale de 19 millions d’habitants était suivi de près à Bruxelles, où certains redoutaient l’arrivée d’un autre eurosceptique hostile à l’aide à Kiev.D’autant que le président roumain est celui qui siège aux sommets européens et de l’Otan, avec à la clé un droit de veto sur des dossiers clés. Même satisfaction du côté de l’Ukraine et de la Moldavie voisines, dont M. Simion est interdit d’entrée après ses propos irrédentistes passés.- “Deux Roumanies” -Pour autant, pas de triomphalisme: après les effusions de la soirée électorale, le nouveau chef d’Etat a du pain sur la planche.”Ce n’est pas une longue route tranquille” qui l’attend, confirme Sorina Soare, politologue à l’université de Florence.Nicusor Dan “devra œuvrer à la réconciliation dans une société profondément polarisée, en colère, où le compromis et le dialogue semblent suspendus”, dit-elle à l’AFP, pointant “la vulnérabilité” du pays et “les risques de déstabilisation”.Plébiscité par un électorat urbain, ce mathématicien de formation a été boudé par de nombreux électeurs des zones rurales, qui ont choisi son adversaire dans un vote protestataire durablement enraciné.Lors de son discours de victoire, le quinquagénaire a insisté sur la nécessité de réunir ces “deux Roumanies”, conscients que “les tensions allaient perdurer des mois, voire des années”. “Nous avons perdu un combat, mais pas la guerre”, a d’ailleurs averti George Simion en concédant sa défaite dans la nuit, après avoir initialement proclamé sa victoire et dénoncé des “fraudes massives” – un narratif repris sur les réseaux sociaux.Cet échec ne doit pas masquer le fait qu’il s’agit d’un “score historique”, a abondé sur X l’eurodéputée française d’extrême droite Marion Maréchal. “Ce résultat”, ajoute-t-elle, “appelle les victoires de demain”.- “Réduire la corruption” -La première tâche concrète du nouveau président : “mener des négociations avec les quatre partis pro-occidentaux du Parlement” et nommer un Premier ministre après la démission surprise dans l’entre-deux-tours du social-démocrate Marcel Ciolacu.La “concertation” avec le gouvernement sera essentielle alors que les milieux économiques appellent à rétablir la confiance en une Roumanie lourdement endettée, rappelle l’analyste.A plus long terme, il faut “réformer l’Etat, la justice, réduire la corruption”, a souligné le maire de Bucarest, qui a fait campagne sur le slogan d’une “Roumanie honnête”.Les partis qui ont dominé la vie politique depuis la fin du communisme en 1989 vont devoir tirer des leçons “drastiques” des récents scrutins, estime Andreea Unguranu, employée de banque de 52 ans, en référence aux libéraux et aux sociaux-démocrates.Enfin, Nicusor Dan devra réparer l’alliance distendue avec les Etats-Unis et écarter le risque d’un retrait partiel des 1.700 soldats américains présents sur le sol roumain.Après les propos très critiques du vice-président américain JD Vance, qui avait fustigé l’annulation du vote du 24 novembre “sur la base des faibles soupçons d’une agence de renseignement”, les yeux sont tournés vers Washington, qui n’a pas encore réagi à la défaite de George Simion.

Incendie mortel à Courchevel: l’accusé clame son innocence

L’incendie avait coûté la vie à deux saisonniers dans la station de ski de Courchevel en 2019: jugé depuis lundi pour avoir volontairement mis le feu à leur résidence, Hicham Abderraouf va tenter de convaincre la cour d’assises qu’il est “innocent”.Cet Algérien de 27 ans originaire de l’Hérault, au casier judiciaire porteur de 11 condamnations, est jugé à Chambéry jusqu’au 30 mai pour “destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux” ayant entraîné la mort et des infirmités permanentes, détention d’arme et évasion par violence. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.Le feu, dépeint comme très violent et rapide, s’était déclaré le 20 janvier 2019 peu après 4H00 du matin dans L’Isba, une résidence vétuste abritant 57 travailleurs saisonniers. Plusieurs témoins ont fait état d’odeurs d’essence dans le bâtiment avant le sinistre et une arme à feu avait été retrouvée à proximité.Une femme de 32 ans et un homme de 50 ans, employés de restaurants, avaient succombé asphyxiés, et une vingtaine d’autres avaient été blessés en se défenestrant pour échapper aux flammes. Une cinquantaine de personnes se sont portées parties civiles.L’enquête établira que l’accusé, soupçonné d’avoir agi par vengeance envers une ex-petite amie, avait effectué plusieurs passages en voiture pendant la nuit devant cette résidence où elle logeait, notamment quelques minutes avant l’apparition des premières fumées. Selon les témoignages cités, il aurait aussi menacé de “cramer” son ex-compagne, n’acceptant pas la rupture qu’elle lui avait imposée quelques mois plus tôt. En outre, il était également présent à Courchevel lors d’un précédent incident quelques semaines plus tôt lors duquel de l’essence aurait déjà été répandue devant des portes de chambre à l’Isba.”Dès les premiers jours, le nom d’Hicham Abderraouf ressort”, et l’hypothèse d’un incendie volontaire “avec produits accélérants” est privilégiée, a expliqué à la cour le gendarme en charge des investigations, Yohan de Ballesto. Même sans témoin direct ou aveu, “les éléments d’enquête s’accumulent”, a-t-il souligné. Quant au mobile, cela pourrait être que “c’est Hicham Abderraouf qui décide quand une relation se termine et pas l’inverse”, note-t-il.Mais pour la défense, qui entend plaider l’acquittement, il s’agit au contraire de démontrer qu’Hicham Abderraouf “est totalement innocent et étranger à ces faits dramatiques” et que l’enquête a été “menée à l’envers”.Ainsi, les messages de menaces à son ex-compagne n’ont pas été retrouvés et d’autres pistes n’ont pas été pleinement vérifiées. “On est au procès, on ne peut plus se contenter de thèses, de rapprochements”, s’est indigné Me Ghaïs Bencharif, l’un des deux avocats de l’accusé.”Pour l’incendie, je suis innocent”, a lancé l’accusé, qui n’a pas été été interrogé plus longuement sur les faits. Lors de son interrogatoire de personnalité, il a révélé avoir été abandonné par ses parents en Algérie, puis élevé en France par des parents algériens. Il a reconnu des faits de délinquance et des violences envers sa mère, affirmant ne pas avoir eu “conscience” de ses dérapages.- “Gravées à vie” -Pour Alain Corci, père d’une jeune femme grièvement blessée lors de l’incendie, l’accusé est “un multirécidiviste, trafiquant de drogue, avec pas mal de passif pour son jeune âge, et en plus de ça, avec deux tentatives d’évasion. Quelqu’un qui est innocent ne va pas s’évader à chaque fois”, a-t-il souligné, le qualifiant de “coupable à 2000%”.”Pour les victimes en général, ma fille compris, il y a des séquelles qui sont visibles, et des séquelles physiques ou morales qui ne sont pas visibles. Et les images que les personnes ont vécues à ce moment-là (…) restent gravées à vie”, a-t-il ajouté, plaidant pour “une condamnation exemplaire”.L’affaire devrait donner lieu à un deuxième procès les 5 et 6 juin à Albertville (Savoie) qui visera cette fois le propriétaire de l’immeuble, accusé d'”homicide et blessures involontaires” et “hébergement de travailleurs dans un local non conforme”.

Au procès Le Scouarnec, les instances médicales se défaussent

Comment Joël Le Scouarnec, condamné dès 2005 pour infraction pédocriminelle, a-t-il pu continuer à être chirurgien et à faire impunément des victimes ? D’anciens responsables des institutions médicales ont été pressés de questions lundi par la cour criminelle du Morbihan, peinant à reconnaître une part de responsabilité de leurs institutions.A neuf jours du verdict, attendu le 28 mai, les débats ont été marqués par l’agacement grandissant de la cour et des avocats des parties civiles face à des témoins qui, pour la plupart, n’ont que de vagues souvenirs et se renvoient la balle concernant “la situation du Dr Le Scouarnec”.L’ex-chirurgien est jugé à Vannes pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, en grande majorité des patients mineurs, dont des dizaines après 2005.”Est-ce qu’il n’y a pas enfin une personne qui va reconnaître que ça a merdé?”, s’est exclamée Me Myriam Guedj Benayoun.Le 1er août 2006, Joël Le Scouarnec était titularisé à la tête du service de chirurgie de l’hôpital de Quimperlé (Finistère), bien qu’un de ses collègues ait averti dès le 14 juin le directeur de l’établissement de la condamnation en 2005 du médecin pour détention d’images pédopornographiques.De nombreux courriers permettent ensuite d’établir que le Conseil départemental de l’Ordre des médecins (CDOM) du Finistère, la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Finistère, l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH, devenue depuis Agence régionale de santé) de Bretagne étaient avisés.Tout comme la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (Dhos), au ministère de la Santé, dont la directrice de l’époque, Annie Podeur, est citée à plusieurs reprises dans des échanges de mails.Elle affirme à la barre ne jamais avoir eu connaissance du dossier Le Scouarnec “parce qu’il n’a pas été traité à (son) niveau”, mais au niveau de Bernard Chenevière, son “N-3”.Ce dernier demande à plusieurs reprises à l’ARH de Bretagne de saisir le CDOM du Finistère. En vain: Joël Le Scouarnec pratiquera la chirurgie auprès d’adultes et enfants jusqu’à son arrestation pour viol sur mineur en 2017.- Petits hôpitaux -Pour Mme Podeur, l’affaire Le Scouarnec est symptomatique de l’isolement des praticiens dans “les petits établissements” hospitaliers comme Quimperlé.”Loin de moi l’idée de remettre en cause les instances disciplinaires, mais force est de constater qu’elles ont failli, et sans doute parce qu’on est dans des microcosmes locaux”, estime-t-elle.En ligne de mire, les CDOM du Finistère et de Charente-Maritime, départements où Joël Le Scouarnec a exercé après sa condamnation en 2005.Interrogé par visioconférence, l’ancien président du CDOM de Charente-Maritime, Joël Belloc, a semblé faire amende honorable. “Personnellement, je pense que (sa condamnation) était gravissime”, indique-t-il à la cour.Pour le médecin, “ça méritait au moins interdiction de contact avec les enfants” pour Joël Le Scouarnec dans sa pratique médicale.Mais lorsque la présidente, Aude Burési, lui demande s’il avait voté contre son inscription au tableau de l’ordre départemental en 2008, il ne se “souvient pas”.- “Un loupé” -Appelé à la barre, le directeur-adjoint de l’ARH de l’époque, Yvon Guillerm, tente de justifier l’absence de sanctions disciplinaires envers le médecin pédocriminel mais se perd dans un charabia administratif.”Savez-vous combien de victimes” a fait Joël Le Scouarnec pendant les 12 ans qui ont suivi sa première condamnation en 2005, le presse Me Céline Astolfe, avocate de parties civiles. “Avez-vous compris l’urgence?””J’ai conscience qu’il y a un décalage”, finit par avouer Yvon Guillerm.Celle qui fut sa chargée des ressources humaines, Valérie Astruc, admet qu'”à Quimperlé, comme de nombreux petits hôpitaux à cette époque, la priorité était d’avoir un certain nombre de spécialités représentées” pour éviter la fermeture.On pouvait donc “dissocier l’exercice chirurgical de la détention d’images pédopornographiques”, lâche-t-elle. “Avec le recul, je trouve que c’est un loupé.”Mme Podeur, de son côté, “veut bien assumer des responsabilités, mais il y a une hiérarchie dans les responsabilités: il y a un homme qui a été assez intelligent pour tout dissimuler à ses collègues”, rappelle-t-elle, évoquant l’accusé qui, dans son box, se tait.Auriez-vous pu faire les choses différemment? demande la présidente à Joël Belloc. “Il est évident qu’avec le recul on peut le penser” mais à l’époque “les perceptions étaient différentes”, estime le médecin retraité.Il admet ainsi que si le dossier de Joël Le Scouarnec avait été instruit en 2025, “il aurait été refusé”.

Au procès Le Scouarnec, les instances médicales se défaussent

Comment Joël Le Scouarnec, condamné dès 2005 pour infraction pédocriminelle, a-t-il pu continuer à être chirurgien et à faire impunément des victimes ? D’anciens responsables des institutions médicales ont été pressés de questions lundi par la cour criminelle du Morbihan, peinant à reconnaître une part de responsabilité de leurs institutions.A neuf jours du verdict, attendu le 28 mai, les débats ont été marqués par l’agacement grandissant de la cour et des avocats des parties civiles face à des témoins qui, pour la plupart, n’ont que de vagues souvenirs et se renvoient la balle concernant “la situation du Dr Le Scouarnec”.L’ex-chirurgien est jugé à Vannes pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, en grande majorité des patients mineurs, dont des dizaines après 2005.”Est-ce qu’il n’y a pas enfin une personne qui va reconnaître que ça a merdé?”, s’est exclamée Me Myriam Guedj Benayoun.Le 1er août 2006, Joël Le Scouarnec était titularisé à la tête du service de chirurgie de l’hôpital de Quimperlé (Finistère), bien qu’un de ses collègues ait averti dès le 14 juin le directeur de l’établissement de la condamnation en 2005 du médecin pour détention d’images pédopornographiques.De nombreux courriers permettent ensuite d’établir que le Conseil départemental de l’Ordre des médecins (CDOM) du Finistère, la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Finistère, l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH, devenue depuis Agence régionale de santé) de Bretagne étaient avisés.Tout comme la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (Dhos), au ministère de la Santé, dont la directrice de l’époque, Annie Podeur, est citée à plusieurs reprises dans des échanges de mails.Elle affirme à la barre ne jamais avoir eu connaissance du dossier Le Scouarnec “parce qu’il n’a pas été traité à (son) niveau”, mais au niveau de Bernard Chenevière, son “N-3”.Ce dernier demande à plusieurs reprises à l’ARH de Bretagne de saisir le CDOM du Finistère. En vain: Joël Le Scouarnec pratiquera la chirurgie auprès d’adultes et enfants jusqu’à son arrestation pour viol sur mineur en 2017.- Petits hôpitaux -Pour Mme Podeur, l’affaire Le Scouarnec est symptomatique de l’isolement des praticiens dans “les petits établissements” hospitaliers comme Quimperlé.”Loin de moi l’idée de remettre en cause les instances disciplinaires, mais force est de constater qu’elles ont failli, et sans doute parce qu’on est dans des microcosmes locaux”, estime-t-elle.En ligne de mire, les CDOM du Finistère et de Charente-Maritime, départements où Joël Le Scouarnec a exercé après sa condamnation en 2005.Interrogé par visioconférence, l’ancien président du CDOM de Charente-Maritime, Joël Belloc, a semblé faire amende honorable. “Personnellement, je pense que (sa condamnation) était gravissime”, indique-t-il à la cour.Pour le médecin, “ça méritait au moins interdiction de contact avec les enfants” pour Joël Le Scouarnec dans sa pratique médicale.Mais lorsque la présidente, Aude Burési, lui demande s’il avait voté contre son inscription au tableau de l’ordre départemental en 2008, il ne se “souvient pas”.- “Un loupé” -Appelé à la barre, le directeur-adjoint de l’ARH de l’époque, Yvon Guillerm, tente de justifier l’absence de sanctions disciplinaires envers le médecin pédocriminel mais se perd dans un charabia administratif.”Savez-vous combien de victimes” a fait Joël Le Scouarnec pendant les 12 ans qui ont suivi sa première condamnation en 2005, le presse Me Céline Astolfe, avocate de parties civiles. “Avez-vous compris l’urgence?””J’ai conscience qu’il y a un décalage”, finit par avouer Yvon Guillerm.Celle qui fut sa chargée des ressources humaines, Valérie Astruc, admet qu'”à Quimperlé, comme de nombreux petits hôpitaux à cette époque, la priorité était d’avoir un certain nombre de spécialités représentées” pour éviter la fermeture.On pouvait donc “dissocier l’exercice chirurgical de la détention d’images pédopornographiques”, lâche-t-elle. “Avec le recul, je trouve que c’est un loupé.”Mme Podeur, de son côté, “veut bien assumer des responsabilités, mais il y a une hiérarchie dans les responsabilités: il y a un homme qui a été assez intelligent pour tout dissimuler à ses collègues”, rappelle-t-elle, évoquant l’accusé qui, dans son box, se tait.Auriez-vous pu faire les choses différemment? demande la présidente à Joël Belloc. “Il est évident qu’avec le recul on peut le penser” mais à l’époque “les perceptions étaient différentes”, estime le médecin retraité.Il admet ainsi que si le dossier de Joël Le Scouarnec avait été instruit en 2025, “il aurait été refusé”.

Le créateur Pierpaolo Piccioli nommé directeur artistique de Balenciaga

L’Italien Pierpaolo Piccioli va devenir en juillet directeur artistique de la maison Balenciaga et prendre la suite de Demna, dont le départ chez Gucci, une autre maison du groupe Kering, a été annoncé en mars.Il prendra ses fonctions officiellement le 10 juillet et présentera sa première collection en octobre, indique le groupe de luxe (Saint Laurent, Bottega Veneta…) lundi dans un communiqué.Après 25 ans chez Valentino, dont huit comme directeur artistique, il avait annoncé son départ de la maison italienne en mars 2024. Chez Balenciaga, “il s’appuiera sur les atouts et les succès construits par la maison au cours de la dernière décennie sous la direction créative de Demna, dans la continuité de l’héritage de Cristóbal Balenciaga et de l’histoire de cette maison parisienne emblématique”, affirme Kering.”Sa maîtrise de la haute couture, sa voix créative et sa passion pour le savoir-faire font de lui un choix idéal”, a souligné Francesca Bellettini, directrice générale adjointe de Kering en charge du développement des maisons, saluant également “la vision audacieuse et distinctive” de Demna, qui a façonné “l’identité contemporaine de la maison”.Le départ du provocateur Demna pour Gucci a été annoncé en mars, avec l’ambition de relancer la marque italienne, dont les contre-performances plombent la maison mère Kering.Chez Balenciaga, Pierpaolo Piccioli devra faire oublier les polémiques liées à son prédécesseur, capable aussi aussi bien d’habiller la rappeuse Cardi B que l’actrice Isabelle Huppert, et rendre désirable le “moche”, comme des Crocs à semelles compensées ou des sacs “poubelle”.Au risque d’aller trop loin: en 2021, la tenue noire intégralement masquée de Kim Kardashian au gala du Met, interpelle. L’année suivante, sa campagne publicitaire mettant en scène des enfants avec des accessoires d’inspiration sado-masochiste fait scandale. Demna reconnaît alors un “mauvais choix” et promet de changer. L’année d’après, il présente un défilé sage au Louvre, loin de ses scénographies anxiogènes ou apocalyptiques.Lundi, Pierpaolo Piccioli s’est dit en phase avec les équipes dirigeantes de Kering et prêt à “façonner une nouvelle version de la maison, d’ajouter un nouveau chapitre à son histoire”.”Je suis reconnaissant à François-Henri (Pinault), Francesca (Bellettini) et Gianfranco (Gianangeli, directeur général de Balenciaga, ndlr) de m’accorder leur confiance. Nos visions se sont alignées immédiatement et naturellement, ce qui est la meilleure façon de commencer quelque chose de nouveau”, a-t-il ajouté.

Young Cameroonians face prospect of new bid by 92-year-old leaderMon, 19 May 2025 16:48:04 GMT

Young Cameroonian voters hoping for change in this year’s elections still face the possibility that 92-year-old President Paul Biya could announce a bid to extend his more than four decades in power.Biya, who took the reins in 1982, has remained tight-lipped on whether he plans to stand again in October.But with just a month to …

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Au procès Kardashian, le “cerveau” très fatigué du braquage

D’un côté il y a le dossier, qui le désigne comme le “cerveau” du braquage de Kim Kardashian. Et de l’autre, la réalité d’un procès, neuf ans plus tard, où Aomar Aït Khedache, vieil homme tassé dans son siège, semble trop fatigué pour se soucier de son propre sort.Pendant les heures qu’a duré son interrogatoire devant la cour d’assises lundi, on n’a entendu que la voix du président David De Pas. Ses réponses, Aomar Aït Khedache, désormais sourd et quasiment muet, les griffonne au stylo sur un cahier à grands carreaux d’écolier, projeté à l’écran de la salle grâce à un rétroprojecteur.Souvent, elles ne correspondent pas aux questions que l’accusé de 69 ans lit sur son ordinateur grâce à deux sténotypistes retranscrivant tous les débats.”Avez-vous été brusque ou violent avec Mme Kardashian ?”  “Comme je vous l’ai dit j’ai eu beaucoup de mal à suivre ce procès je dors 14 à 16 heures par jour pour fuir mes acouphènes”, écrit très lentement l’accusé dans le silence de la salle.Sur son cahier aussi, il s'”excuse” s’il s’est “endormi” pendant le procès – à cause des “cachets”. Un vrai “papy braqueur”, comme la presse continue à surnommer les accusés – la moyenne d’âge tourne autour de 70 ans – malgré les protestations régulières de l’accusation qui préfère insister sur leur profil de malfrats “chevronnés” et multirécidivistes. Impossible dans ces conditions de tout reprendre à zéro. Le président relit donc des pans entiers de ses déclarations devant les enquêteurs. Pour résumer: Aomar Aït Khedache, confondu par son ADN, a reconnu être l’un des deux hommes montés braquer, ligoter, bâillonner et dépouiller Kim Kardashian de 9 millions d’euros de bijoux dans la nuit du 2 au 3 octobre 2016. “L’idée” viendrait d’une “vieille connaissance”, un ancien codétenu, recroisé par hasard dans un bar. Ce dernier, “X” ou “Ben”, avait un “dossier complet sur elle” : photos de Kim Kardashian avec sa fameuse bague à 4 millions de dollars, “plans” de l’hôtel, etc.- “La peur des représailles” -Aomar Aït Khedache dit “Omar le vieux”, n’avait jamais entendu parler de la star américaine. “Le commanditaire” lui avait sûrement donné le nom mais il n’avait retenu que “femme d’un rappeur”. “Je ne m’intéresse pas à ce milieu, pour moi la téléréalité c’est pour les adolescents”, avait-il expliqué pendant l’enquête.”Ca fait neuf ans et demi, est-ce que vous pouvez dire à la cour qui est ce commanditaire ?”, demande le président.Non. “La peur des représailles”, écrit laconiquement l’accusé, engoncé dans sa parka à grosse capuche qu’il n’a pas quittée depuis le début du procès.Le président rappelle que lui seul avait une ligne dédiée avec chacun des complices. Que c’est lui qui est allé en Belgique revendre le butin.Alors, insiste le magistrat, ce “commanditaire”, “existe-t-il vraiment ou c’est une invention de votre part ?””NON ce n’est pas une INVENTION”, martèle par écrit l’air buté “Omar le vieux”. Et la fameuse bague, “symbole de ce braquage” qui “a fait couler beaucoup d’encre”, qu’est-elle devenue ?”C’est Ben qui s’est occupé de ça”.La cour laisse tomber. Se contente des “Je ne me souviens pas”, “si vous dites que… c’est possible” qui noircissent la page du cahier. Tente une dernière fois sa chance, en le questionnant sur ce nouveau “projet” sur lequel Aomar Aït Khedache et ses complices travaillaient, selon l’accusation, quand ils ont été arrêtés en janvier 2017.Chez lui avait été retrouvée une note manuscrite prévoyant d'”équiper” un fauteuil roulant d’une caméra – pour des repérages en toute discrétion selon les enquêteurs. “Vous prépariez un autre braquage ?””Absolument pas surtout avec le mal au ventre de l’affaire Kardashian”, s’insurge-t-il par écrit. Avant de suspendre l’audience et qu’Aomar Aït Khedache se lève à nouveau de son pas lent rythmé par le cliquetis de sa canne, le président fait diffuser un extrait audio d’une écoute téléphonique de l’époque. On entend l’accusé en pleine conversation, débit rapide, voix vive. Comme pour donner un aperçu de qui était “Omar le vieux” au moment des faits.Les avocats de Kim Kardashian plaideront mardi après-midi.

Justice des mineurs: la réforme Attal aboutit au Parlement après un parcours chaotique

Sortie indemne d’un parcours législatif très chaotique, la proposition de loi de Gabriel Attal pour durcir la justice des mineurs a été définitivement adoptée lundi au Parlement après un ultime vote du Sénat, en attendant le couperet du Conseil constitutionnel sur plusieurs mesures contestées.”Restaurer l’autorité” de la justice, “responsabiliser” les parents et “juger plus vite” les mineurs délinquants récidivistes: l’initiative de l’ancien Premier ministre s’articule autour de ces trois promesses, formulées après les émeutes de l’été 2023, impliquant de nombreux jeunes. Près de deux ans plus tard, celui qui a pris la tête du parti présidentiel Renaissance est parvenu à faire aboutir son initiative, avec 223 sénateurs pour et 112 contre, lors de ce dernier vote qui ne faisait guère de doute dans un hémicycle dominé par une alliance droite-centristes qui soutient globalement le texte. L’Assemblée avait approuvé la proposition de loi à l’identique mardi, par 341 voix pour et 187 contre. Dans les deux chambres, l’ensemble de la gauche s’est opposée au texte, s’indignant à l’unisson des professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de mesures qui remettent en cause selon elle le principe même de la justice des mineurs: primauté de l’éducation sur la répression.Le chef du groupe Ensemble pour la République (EPR) défend au contraire la nécessité de “revenir à des principes simples et clairs” et “d’adapter notre réponse pénale”, car “les jeunes de 2025 ne sont pas les jeunes de 1945”, date de la parution de l’ordonnance fixant les règles de procédure pénale spécifiques aux mineurs en France. – Comparution immédiate -“Le texte ne renverse pas l’équilibre de notre justice des mineurs. Il ne substitue pas la répression à l’éducation. Il les articule pour garantir que la réponse judiciaire soit à la fois rapide, adaptée et efficace”, a justifié devant les sénateurs le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola.La réforme prévoit notamment la création d’une amende civile pour les parents qui ne répondraient pas aux convocations aux audiences, ou encore la création très décriée d’une procédure de comparution immédiate pour les jeunes récidivistes à partir de 16 ans.Autre dispositif phare: l’inversion du principe de “l’excuse de minorité”, selon laquelle un mineur est sanctionné moins sévèrement qu’un majeur. A partir de 16 ans, cela deviendra l’exception qui devra être motivée par le juge et non plus la règle, pour les cas de récidive punis d’au moins cinq ans d’emprisonnement.Pour Gabriel Attal, ce succès parlementaire est bienvenu, près d’un an après une dissolution qui l’a subitement fait passer des projecteurs de Matignon au quotidien moins médiatique de la gestion du groupe parlementaire et de l’organisation du parti.Le député des Hauts-de-Seine, discret ces derniers mois sur le ring de l’Assemblée, revient même de très loin avec son texte de loi. Son examen a en effet été marqué par plusieurs camouflets, et ce, dans les deux chambres du Parlement.- Mesures censurées ? -A l’Assemblée, des mesures phares avaient été supprimées en commission, avant de renaître en séance publique. Même scénario au Sénat, où le rapporteur Francis Szpiner, membre des Républicains alliés à Renaissance dans la coalition gouvernementale, avait exprimé un regard plus que critique sur ce texte, craignant “une loi de circonstance” écrite “sous le coup de l’émotion”, “inutile” et “inapplicable”.Mais l’alliance gouvernementale s’est démenée pour sauver l’initiative et préserver l’essentiel des mesures clés, grâce notamment à la mobilisation du garde des Sceaux Gérald Darmanin, partisan du texte.Cela n’a pas éteint la colère de la gauche, qui s’est unie à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour qualifier ces mesures de “populistes, simplistes, répressives” voire “dangereuses”.Socialistes, écologistes et Insoumis ont d’ailleurs promis de saisir le Conseil constitutionnel sur de nombreuses mesures, espérant les voir censurées au motif, notamment, qu’elles contreviendraient aux droits de l’enfant et aux principes qui fondent la justice des mineurs.Le “seul résultat évident” de ce texte sera “de fragiliser une nouvelle fois notre État de droit”, a regretté la sénatrice socialiste Corinne Narassiguin, dénonçant un “gadget de Monsieur Attal” qui “sali(ra) les principes républicains”.

La Bourse de Paris termine sans entrain après la perte du triple A américain

La Bourse de Paris a terminé à l’équilibre lundi, après une séance dominée par les interrogations des marchés, à la suite de la dégradation de la note de la dette américaine par l’agence Moody’s.L’indice vedette CAC 40 est resté stable (-0,04%), pour s’établir à 7.883,63 points. Vendredi, il avait pris 0,42% à la clôture.”Moody’s a ravivé les inquiétudes quant à la discipline budgétaire des États-Unis”, résume Fawad Razaqzada, analyste chez City Index.Pour la toute première fois, Moody’s a retiré vendredi soir à la dette américaine sa note maximale de Aaa et l’a rétrogradée à Aa1, en y ajoutant une perspective stable. Elle était la dernière des trois grands agences de notation à avoir laissé aux Etats-Unis son précieux “triple A”.L’agence a justifié sa décision par la hausse de l’endettement des États-Unis et de son coût pour le budget fédéral, disant s’attendre au cours de la prochaine décennie à “des déficits encore plus importants”.”Cette annonce met en exergue un certain nombre de problèmes concernant la trajectoire des déficits américains”, explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.Le rapport remet en question “la proposition de loi budgétaire actuellement discutée” au Congrès américain, qui doit concrétiser la prolongation de crédits d’impôt et de nouvelles baisses de taxes, selon Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Selon une commission indépendante du Congrès américain, ces mesures entraîneraient une hausse de plus de 4.800 milliards de dollars du déficit de l’État fédéral au cours de la prochaine décennie.”Il va falloir financer la dette et les baisses d’impôts, alors que les marchés anticipent un ralentissement économique qui réduira les entrées fiscales”, ce que “les droits de douane ne permettront pas de combler”, relève Aurélien Buffault, directeur de gestion obligataire chez Delubac.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts français à dix ans a grimpé au cours de la séance jusqu’à 3,33%, contre 3,26% vendredi en clôture, dans le sillage de leurs équivalents américains. Ils se sont ensuite stabilisés, terminant la journée à 3,26%.Le luxe plombé par la ChineLes titres des géants français du luxe ont reculé à Paris, plombés par la publication de ventes au détail jugées décevantes en avril en Chine, un marché crucial pour le secteur. Cet indicateur de la consommation a progressé de 5,1% sur un an contre 5,8% attendus par Bloomberg.Kering a perdu 1,62% à 175,62 euros, Hermes 0,97% à 2.559,00 euros et LVMH 1,05% à 498,60 euros.