Cuba dénonce une tentative d'”infiltration” d’un groupe armé venant des Etats-Unis

Cuba a dénoncé une tentative d'”infiltration à des fins terroristes” après avoir abattu mercredi au large de l’île quatre occupants d’une vedette immatriculée en Floride, dans un contexte de tensions croissantes avec les Etats-Unis.Quatre personnes ont été tuées et six autres blessées après avoir été interceptées dans les eaux cubaines à bord d’une vedette immatriculée aux Etats-Unis, a déclaré le ministère cubain de l’Intérieur.De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a indiqué que les Etats-Unis enquêtaient sur cette fusillade.Ce violent affrontement survient alors que les tensions entre Washington et La Havane se sont  intensifiées ces dernières semaines, l’embargo pétrolier de facto imposé par le président Donald Trump à ce pays communiste aggravant une crise humanitaire qui dure depuis des années.Selon le gouvernement cubain, les hommes à bord de la vedette étaient en possession notamment de fusils d’assaut, d’armes de poing, d’engins explosifs de fabrication artisanale (cocktails Molotov), de gilets pare-balles et de vêtements de camouflage.Les membres du groupe armé sont “des Cubains résidant aux Etats-Unis” et “la plupart d’entre eux ont des antécédents connus d’activité délictueuse et violente”, a précisé le ministère de l’Intérieur, qui a publié les noms des six occupants de la vedette blessés, ainsi que celui d’un tué.”Cuba doit changer radicalement, car c’est sa seule chance d’améliorer la qualité de vie de sa population”, avait affirmé juste avant l’incident le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.- “Réagir en conséquence” -Auparavant, le ministère américain des Finances avait fait savoir que du pétrole d’origine vénézuélienne pourrait être revendu et acheminé au secteur privé à Cuba, à condition que les transactions ne profitent pas au régime de La Havane mais “au peuple” de l’île.Après avoir capturé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, lors d’un raid militaire surprise le 3 janvier, l’administration Trump a pris le contrôle des exportations de pétrole du Venezuela et a interdit les livraisons de pétrole dont dépendait Cuba.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui se trouvait mercredi à Saint-Kitts-et-Nevis dans le cadre d’une visite diplomatique pour rencontrer des responsables de pays des Caraïbes, a déclaré que Washington enquêtait sur la fusillade.”Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage d’informations, nous serons prêts à réagir en conséquence”, a-t-il dit.Interrogé sur la possibilité que cet épisode ait impliqué du personnel du gouvernement américain ou soit une opération du gouvernement américain, M. Rubio a catégoriquement répondu: “Non”.Marco Rubio, fils d’immigrants cubains né à Miami, a affirmé récemment que l’administration Trump espère voir son emprise économique contribuer à renverser ce qu’il a appelé le “régime illégitime” de La Havane.Selon le gouvernement cubain, deux des blessés “figurent sur la liste nationale des personnes et entités qui (…) ont fait l’objet d’enquêtes pénales et sont recherchées par les autorités cubaines”.Les autorités cubaines indiquent également qu’un Cubain “envoyé depuis les Etats-Unis pour assurer la réception du groupe armé infiltré a été arrêté sur le territoire national” et “a avoué ses actes”.La vedette rapide a été interceptée au large de la côte nord de Cuba, près du Cayo Falcones, dans la province de Villa Clara (centre).Selon les autorités cubaines, des “coups de feu” ont été tirés depuis l’embarcation contre les effectifs cubains qui s’approchaient pour procéder à son identification, blessant le commandant du navire. Avant l’annonce de La Havane sur la présence à bord d’un groupe armé, le procureur général de Floride, James Uthmeier, avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. “Le gouvernement cubain n’est pas digne de confiance et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces communistes répondent de leurs actes”, a-t-il écrit sur X.”J’appelle à une enquête immédiate sur ce massacre”, a affirmé le député républicain de Floride, Carlos Gimenez, dans un communiqué. “Le régime cubain doit être relégué dans les poubelles de l’histoire pour ses innombrables crimes contre l’humanité”, a-t-il ajouté.Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré pour sa part que les Etats-Unis “surveillaient” la situation.Les Etats-Unis ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l’île de 9,6 millions d’habitants et ils appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, invoquant la “menace exceptionnelle” que ferait peser sur la sécurité nationale américaine ce pays situé à seulement 150 km des côtes de la Floride.Washington maintient un embargo sur la plupart des échanges commerciaux avec Cuba depuis 1960.burs-aje/bpi/bfi

Ukrainiens et Américains se réunissent à Genève, après de nouvelles frappes russes

Les émissaires ukrainiens et américains se retrouvent jeudi à Genève pour préparer de nouvelles discussions trilatérales avec la Russie afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, entrée mardi dans sa cinquième année.Le rendez-vous en Suisse a été précédé par une nouvelle nuit d’attaques russes en Ukraine.Moscou a tiré quelque 420 drones et 39 missiles sur son voisin pendant la nuit, faisant des dizaines de blessés, dont des enfants, a annoncé sur X le président ukrainien Volodymyr Zelensky.La plupart des missiles ont été interceptés, mais des infrastructures cruciales et des immeubles résidentiels ont été touchés dans huit régions, a-t-il précisé.A Kiev, les journalistes de l’AFP ont entendu des explosions en plein nuit, pendant l’attaque aérienne russe aux drones et aux missiles.Ces nouvelles frappes ont eu lieu alors que le négociateur ukrainien Roustem Oumerov doit rencontrer à Genève les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump.Peu avant ces discussions en Suisse, la Russie a par ailleurs annoncé avoir remis un millier de dépouilles de soldats ukrainiens à Kiev, contre les corps de 35 combattants russes.Mercredi soir, Volodymyr Zelensky et Donald Trump se sont entretenus 30 minutes au téléphone pour évoquer la rencontre de Genève et les préparatifs de nouvelles discussions trilatérales entre Ukrainiens, Russes et Américains, prévues “au tout début du mois de mars”, selon le président ukrainien.L’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, doit se rendre lui aussi jeudi à Genève “afin de poursuivre les négociations avec les Américains sur le volet économique”, selon une source citée mercredi par l’agence d’Etat russe Tass.M. Dmitriev a déjà rencontré les deux envoyés américains à plusieurs reprises.Le président Zelensky a affirmé début février que Moscou – par la voix de Dmitriev – aurait proposé à Washington une reprise de la coopération économique et des accords de coopération pour des centaines de milliards de dollars. – Pression américaine sur Kiev -Washington fait pression pour mettre fin à la guerre déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.Ce pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale a fait depuis des centaines de milliers de morts et de blessés, des millions d’Ukrainiens réfugiés à l’étranger et des destructions massives notamment dans l’est et le sud de l’Ukraine.Mais selon Kiev et ses soutiens européens, l’administration de Donald Trump réclame plus de concessions de la part de l’Ukraine que de Moscou en vue de mettre fin aux hostilités. “On ne peut pas exercer — je l’ai dit — plus de pression sur nous que sur les Russes, car ce sont eux les agresseurs”, a ainsi déclaré le président Zelensky dans un entretien accordé à l’AFP vendredi.M. Zelensky a par ailleurs précisé mercredi que les discussions avec les Américains à Genève allaient également porter sur le plan économique de “redressement” de l’Ukraine et la préparation d’un nouvel échange de prisonniers de guerre entre Kiev et Moscou.Le président ukrainien souhaite aussi une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine et Donald Trump pour résoudre les points clés des pourparlers, ce à quoi le dirigeant russe s’est jusqu’à présent refusé.Les négociations bloquent notamment sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l’est de l’Ukraine: Moscou réclame que les forces ukrainiennes abandonnent les zones qu’elles y contrôlent, ce que Kiev refuse.Genève avait accueilli à la mi-février un précédent cycle de pourparlers entre Ukrainiens et Russes sous médiation américaine, qui n’a débouché sur aucun résultat tangible autre qu’un nouvel échange de prisonniers.Ces échanges sont une des rares avancées concrètes issues des contacts entre les deux belligérants.Marquant mardi les quatre ans du début de l’invasion russe de l’Ukraine, M. Zelensky s’est félicité que Vladimir Poutine n’ait “pas atteint ses objectifs” de guerre ni “brisé les Ukrainiens” malgré les combats à haute intensité et les bombardements quotidiens du pays par Moscou.

Iran-US talks begin in push to avert war

Iran and the United States began indirect talks in Switzerland on Thursday, a last-ditch bid to avert war following the biggest American military build-up in the Middle East in decades. The Oman-mediated discussions follow repeated threats from Donald Trump to strike Iran, with the US president last Thursday giving Tehran 15 days to reach a deal.The US and Iranian delegations arrived at the venue at the Omani ambassador’s residence amid tight security, following a protest by Iranian exiles at their talks last week who threw objects at the Iranian motorcade.Oman’s Foreign Minister Badr Albusaidi later confirmed that discussions had begun, saying the two sides had expressed “unprecedented openness to new and creative ideas and solutions”.Iran’s president insisted ahead of the talks that the Islamic republic was not “at all” seeking a nuclear weapon.”Our Supreme Leader has already stated that we will not have nuclear weapons at all,” President Masoud Pezeshkian said, in a reference to Ayatollah Ali Khamenei.United Nations nuclear chief Rafael Grossi would likely also attend the discussions in Geneva, Iran’s foreign ministry spokesman said.While Iran has insisted the talks focus solely on its nuclear programme, the US wants Tehran’s missile programme and its support for militant groups in the region curtailed.As part of the dramatic US build-up, the USS Gerald R. Ford, the world’s largest aircraft carrier, sent to the Mediterranean this week, left a naval base in Crete Thursday, an AFP photographer said.The developments follow a massive protests in Iran that rights groups say saw thousands of demonstrators killed after the movement called for the end of the Islamic republic. – ‘Sinister nuclear ambitions’ -In his State of the Union address on Tuesday, Trump accused Iran of “pursuing sinister nuclear ambitions”, though Tehran has always insisted its programme is for civilian purposes.Trump also claimed Tehran had “already developed missiles that can threaten Europe and our bases overseas, and they’re working to build missiles that will soon reach the United States of America”.The Iranian foreign ministry called these claims “big lies”.The maximum range of Iran’s missiles is 2,000 kilometres (1,200 miles) according to what Tehran has publicly disclosed. However the US Congressional Research Service estimates they top out at about 3,000 kilometres — less than a third of the distance to the continental United States.Trump’s State of the Union accusations in Congress were delivered in the same forum in which then-president George W. Bush laid out the case for the invasion of Iraq in 2003.Ahead of Thursday’s talks, Secretary of State Marco Rubio warned that Iran must also negotiate on its missile programme, calling Tehran’s refusal to discuss ballistic weapons “a big, big problem”.He followed up by saying “the president wants diplomatic solutions”.But US Vice President JD Vance told Iran to take Trump’s threats “seriously”, saying the US president had a “right” to use military action.”You can’t let the craziest and worst regime in the world have nuclear weapons,” Vance told “America’s Newsroom” on Fox News.- ‘People would suffer’ -Foreign Minister Abbas Araghchi, who is leading the Iranian delegation at the talks, had called them “a historic opportunity”, adding that a deal was “within reach”.The US will be represented by envoy Steve Witkoff and Jared Kushner, who is married to Trump’s daughter Ivanka.The two countries held talks earlier this month in Oman, then gathered for a second round in Geneva last week.A previous attempt at negotiations collapsed when Israel launched surprise strikes on Iran last June, beginning a 12-day war that Washington briefly joined to bomb Iranian nuclear sites.In January, Tehran launched a mass crackdown on nationwide protests that have posed one of the greatest challenges to the Islamic republic since its inception.Protests have since resumed around Iranian universities.Tehran residents who spoke to AFP were divided as to whether there would be renewed conflict.”There would be famine and people would suffer a lot. People are suffering now, but at least with war, our fate might be clear,” 60-year-old homemaker Tayebeh said.burs/axn/ser

Le sanglier sur le ballast, “bête noire” de la SNCF

Le long des voies de la ligne Rouen-Caen, en pleine forêt normande, des balises sonores et lumineuses diffusent tous les 50 mètres des “bruits de forêt” – claquement sec, froissement d’ailes, craquements de branche –  avant chaque passage de train, pour prévenir les animaux: il faut s’éloigner des rails.Et ça marche. Depuis l’installation de ces avertisseurs “Safe”, la SNCF a “réduit les collisions de trains avec les sangliers et la faune sauvage de quasi 100%” sur cette portion de voie, explique Frédéric Cochepain, chef du projet.Le son se déplace à la vitesse du train. Les animaux sont alertés quelques secondes avant le passage de la rame.Grâce à un radar, une balise détectrice plantée le long des rails calcule la vitesse du convoi à l’approche. L’information est transmise à une balise émettrice alimentée par énergie solaire. Celle-ci déclenche un haut-parleur et répercute l’alerte sonore à la borne suivante. Et ainsi de suite.Safe a été créé par la SNCF avec une société spécialisée dans la signalétique et une jeune chercheuse en thèse de doctorat qui a élaboré les “bruits de forêt” susceptibles d’avertir les animaux.”Le but est de leur faire relever la tête”, explique à l’AFP Maxime Gombart, référent national faune à SNCF Réseau, la filiale qui entretient les 28.000 kilomètres de voies ferrées en France.- Zone de collision -“Les collisions arrivent souvent à tombée de nuit, l’heure où les animaux sortent s’abreuver ou s’alimenter”, explique-t-il, et surtout en automne ou en hiver car ils sortent au moment des heures de pointe des trains, en fin de journée.Ils ne voient pas ou n’entendent pas les trains, “de plus en plus silencieux” et rapides, souligne M. Gombart. Ce matin-là, de part et d’autre du ballast – la couche de cailloux disposée sous et autour des rails – des empreintes de pattes sont imprimées dans la terre noire et grasse de lisière forestière.Un sanglier a traversé la voie, une biche a remonté le talus en sautant: Maxime Gobart sait lire la forêt. Safe a été installé là car c’est une zone de passage et de collision. “On était à 10 heurts de sangliers par an” sur ces 5,5 km, souligne M. Cochepain. Plus aucun depuis l’installation du système.Avec l’augmentation du nombre de sangliers, les collisions sont devenues un tel problème pour la SNCF qu’elle a élaboré en 2024 son premier “plan faune”, avec “régulateurs” humains et avertisseurs balises.Car tout arrêt de train – quinze par jour en moyenne en France liés aux sangliers – génère des retards en chaîne et des pertes financières, souligne Valérie Lallemand, directrice du programme végétation-faune de la SNCF.A chaque collision, le conducteur doit vérifier son train, surtout le châssis du dessous. Un train croiseur est ensuite envoyé à 30 km/heure pour nettoyer les voies.- “La bête noire” -En 2025, la SNCF a comptabilisé 1.400 heurts entre trains et sangliers, 27% de plus qu’en 2024. “C’est la bête noire, l’animal qui nous cause le plus de dégâts”, dit Maxime Gombart. Un problème dans toute l’Europe.Sans être classé nuisible, le sanglier est chassable en raison des dommages qu’il cause dans les champs agricoles. Près de 900.000 sangliers ont été abattus en 2025, contre 100.000 dans les années 1990, indique Eric Baubet, de l’Office français de la biodiversité (OFB). Il estime la population de sangliers “entre 1,5 et 2 millions d’individus” en France.”Nous travaillons avec les autorités” et les fédérations de chasseurs, dit M. Gombart. Parfois des battues sont organisées. Il n’y a “pas de solution unique, c’est du cas par cas”, et le mieux, c’est d’inciter les animaux à ne pas pénétrer sur les voies.Plus loin sur la ligne Rouen-Caen, à Beaumont-le-Roger, d’autres dispositifs permettent aux sangliers de s’échapper à temps des voies. La SNCF en installe aussi sur son réseau TGV, grillagé et théoriquement protégé des intrusions.  Outre la Seine-Maritime, la SNCF a placé deux effaroucheurs Safe en Pays de Loire sur la ligne Angers-Le Mans, et un en Alsace. Coût: 350.000 euros l’unité. Il pourrait baisser si le système s’industrialise, estime la compagnie qui compte sur l’aide financière des régions pour le déployer.

Foot: “la base du groupe” des Bleues pour le Mondial-2027 est “établie” (Bonadei à l’AFP)

Le sélectionneur de l’équipe de France, Laurent Bonadei, a assuré à l’AFP que la “base du groupe” était “établie” pour le Mondial-2027 et que les Bleues devaient “assumer le statut” de favorites pour les qualifications.Q: Quel bilan faites-vous de 2025 ?R: “C’est positif sur le plan comptable: 48 buts depuis le début de mon mandat et neuf nouvelles joueuses lancées. On a affiché un très bon état d’esprit. J’avais à coeur de faire que cette équipe montre une belle image. Il y a aussi eu des déceptions (élimination en quarts de finale de l’Euro et en demi-finales de la Ligue des nations, ndlr). Le dernier stage nous donne beaucoup d’espoir et nous a donné du baume au cœur. On apprend aussi de nos échecs.”Q: Avez-vous été pleinement satisfait du niveau de vos joueuses cadres lors des grands rendez de 2025 ?R: “Globalement, oui. J’ai trouvé que les joueuses ont assumé leurs responsabilités et ont répondu présentes. On voudrait toujours plus de nos joueuses, de nos cadres, qu’elles soient de plus en plus performantes. J’ai aimé comment les cadres ont accueilli les jeunes, comment elles ont su les mettre en confiance. Elles savaient très bien aussi l’enjeu pour elles (Geyoro, Mbock, Karchaoui, Toletti, ndlr), notamment à la suite de mes choix forts (non sélection de Renard, Le Sommer et Dali, ndlr). L’enjeu était de créer un état d’esprit et que les joueuses vivent bien ensemble, qu’elles aient un peu plus de tolérance entre elles.”Q: Comment appréhendez-vous cette année sans grande compétition ?R: “Quand on est sélectionneur, on voudrait qu’il y ait des grosses compétitions toutes les années. Mais c’est une bonne chose pour les joueuses d’avoir une longue période de trêve cet été. Mais pour nous ce n’est pas une année de repos, parce qu’on démarre les qualifications pour la Coupe du monde. Nous avons des joueuses à superviser pour peaufiner le groupe et faire en sorte que cette équipe s’améliore.”Q: Justement, comment abordez-vous ces qualifications pour le Mondial-2027 ?R: “C’est un groupe homogène avec deux nations, l’Irlande et la Pologne, en constante progression. Les Pays-Bas restent une grande nation de football. Elles auront une revanche à prendre de l’Euro (victoire des Bleues 5-2, ndlr). C’est un groupe dans lequel on est les favorites, puisqu’on est les mieux classées. On doit assumer ce statut.”Q: Pour cette année 2026, allez-vous faire de nouveaux choix forts ? R: “Je ne fais pas des choix forts pour faire des choix forts. Je les fais uniquement en pensant à l’intérêt de l’équipe de France. Sur l’année écoulée, j’ai intégré beaucoup de jeunes joueuses. Il y a eu de belles satisfactions à l’Euro avec Alice Sombath et Thiniba Samoura. Et Oriane Jean-François a vraiment pris la mesure de son rôle au milieu de terrain.”Q: Vous attendez-vous à des retraites internationales? Pauline Peyraud-Magnin a 33 ans, comptez-vous toujours sur elle ?R: “Elle est à fond, elle est dans un projet à Denver, une nouvelle franchise aux Etats-Unis. C’était son rêve depuis très longtemps de pouvoir y jouer, donc elle est en pleine euphorie, elle est très contente. Tant qu’elle peut tout donner, tant qu’elle peut jouer en équipe de France, elle répondra présente.”Q: Quel regard portez-vous sur le choix de Delphine Cascarino et Grace Geyoro de signer à London City, qui ne joue pas la Ligue des champions ?R: “Chaque cas est différent: Delphine et Grace ont déjà une certaine expérience du haut niveau. London City a un projet ambitieux et a envie de jouer la Ligue des champions. Le principal, c’est que les joueuses soient épanouies. Oriane Jean-François a quitté Chelsea pour avoir plus de temps de jeu. C’est une bonne option car c’est important pour elle d’avoir du temps de jeu plutôt que de cirer un banc et d’avoir le moral dans les chaussettes. La Ligue des champions n’est pas un gage complet de réussite en équipe nationale. A l’inverse, aujourd’hui, elle sert à Kessya Bussy (Wolfsburg), à Maëlle Lakrar (Real Madrid).”Q: Allez-vous garder la même ossature pour le prochain Mondial que pour l’Euro l’été dernier ?R: “C’est important de garder une certaine continuité, même si on peut voir que ce groupe est élargi avec plusieurs U23. Au gré de leur progression, des performances qu’elles font en club, de leur forme… on va faire un choix. La base du groupe est établie et en fonction des aléas, il y a des rotations qui peuvent s’effectuer.”Propos recueillis par Alice LEFEBVRE

A Genève, début de nouveaux pourparlers entre Iran et Etats-Unis

L’Iran et les Etats-Unis ont démarré jeudi une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, avec pour objectif de sortir du flou actuel “ni guerre ni paix”, selon les mots du président iranien.Depuis janvier, chaque partie se dit ouverte au dialogue mais aussi prête à l’action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios.Les deux délégations sont arrivées jeudi peu avant 10H00 (09H00 GMT) à la résidence de l’ambassadeur d’Oman, pays médiateur, près de Genève, ont constaté des journalistes de l’AFP.Washington veut arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique, une crainte des Occidentaux qui nourrit de longue date le différend avec Téhéran.Donald Trump, qui a envoyé dans le Golfe un dispositif militaire massif, répète qu’il privilégie la diplomatie, mais a accusé mardi Téhéran d’avoir de “sinistres ambitions nucléaires”.”Notre guide suprême (l’ayatollah Ali Khamenei, NDLR) a déjà déclaré que nous n’aurions pas du tout d’armes nucléaires”, a réaffirmé jeudi le président Massoud Pezeshkian, en écho mot pour mot aux accusations du président américain.Il avait dit la veille vouloir sortir de “cette situation +ni guerre ni paix”+.Autre sujet de discorde: le programme balistique iranien.Alors que Washington exige d’aborder cette question, comme celle du soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël, la diplomatie iranienne a affirmé que seul le dossier nucléaire serait débattu, amenuisant la perspective d’un accord.D’après le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, il s’agit d'”un gros problème”. “Nous devrons discuter d’autres sujets que le seul programme nucléaire”, a-t-il averti avant l’ouverture des pourparlers en Suisse.- “Contradictoires” -L’Iran a “développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases” militaires et cherche à en concevoir des plus puissants encore, capables “d’atteindre bientôt les Etats-Unis”, a assuré mardi le président Trump, dans son discours sur l’état de l’Union.C’est dans ce discours, temps fort de la vie politique américaine, que le président George W. Bush avait en son temps exposé ses arguments en faveur de l’invasion de l’Irak de 2003.Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a qualifié de “gros mensonges” ces affirmations.L’Iran dispose d’un large arsenal d’engins conçus localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et quelques pays d’Europe orientale.Malgré les divergences, l’Iran assure qu’un accord est “à portée de main”, selon le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui mène la délégation aux négociations, invoquant une “opportunité historique”.Mais “le succès de ces négociations dépend du sérieux de l’autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires”, a-t-il insisté jeudi.- Précédentes négociations -Les Etats-Unis sont représentés par l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui en parallèle doivent mener des pourparlers avec l’Ukraine, également à Genève jeudi.L’Iran et les Etats-Unis ont repris le dialogue début février à Oman, puis se sont retrouvés une première fois en Suisse le 17.Un précédent cycle de négociations avait été interrompu au printemps 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l’Iran.Washington avait à cette occasion frappé des sites nucléaires en Iran et Donald Trump avait assuré avoir “anéanti” son programme nucléaire, même si l’étendue exacte des dégâts n’est pas connue.Téhéran met en avant son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.D’après la diplomatie iranienne, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, devrait participer aux discussions à Genève.Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang en janvier d’un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de venir “en aide” au peuple iranien.