Immigration: les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur renforcent leur coopération

Le chef de la diplomatie française a promis vendredi “une coordination nouvelle” entre ministère des Affaires étrangères et ministère de l’Intérieur pour mieux répondre à l’attente des Français en matière de maîtrise des flux migratoires à la frontière.”Nos compatriotes attendent que nos frontières soient maîtrisées. Oui, nous gagnons à accueillir des travailleurs, des créateurs, des innovateurs étrangers”, a déclaré Jean-Noël Barrot dans son discours annuel aux ambassadeurs. Mais “lorsqu’une personne ne dispose pas ou qu’elle ne dispose plus du droit de séjourner sur le territoire national, elle doit être reconduite à nos frontières”, a-t-il ajouté, soulignant que “le premier niveau de réponse à cette attente légitime” était la résolution des tensions géopolitiques qui font fuir les populations.Il a salué l’adoption au niveau européen du Pacte sur la migration et l’asile qui entrera en vigueur cette année et qui va, selon lui, “changer la donne”. “Mais nous devons aller plus loin encore et nous ne pouvons le faire qu’en lien étroit avec le ministère de l’Intérieur”, a-t-il insisté alors que la maîtrise de l’immigration est un sujet de débat politique récurrent en particulier à l’approche des élections municipales.Jean-Noël Barrot a fait part d’une “coordination nouvelle”, associant ambassadeurs et préfets “pour gagner en fluidité et en efficacité”. “Cette coordination nous permettra de mieux gérer le risque migratoire, mais aussi l’attractivité des talents dont la France a besoin”, a-t-il ajouté. “La lutte contre l’immigration irrégulière est une priorité absolue et elle ne pourra se passer d’une coopération internationale solide”, a abondé dans son allocution le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.Il a ainsi demandé aux ambassadeurs “de continuer” à “appuyer les efforts” pour “augmenter les retours volontaires et forcés qui portent leurs fruits”. Les retours forcés ont enregistré une hausse de 22% en 2025, a-t-il indiqué.Laurent Nuñez a également évoqué l’accord bilatéral franco-britannique signé cet été qui prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de petits bateaux au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par ce pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du “un pour un”.L’accord est valable “jusqu’en juin 2026”, “j’espère que d’ici là on passera à autre chose”, a-t-il souligné.”Nous gérons une frontière extérieure de l’Union européenne pour l’instant seuls (…) Nous avons besoin d’un soutien extrêmement important de l’ensemble des pays de transit”, a plaidé le ministre, soulignant que “40% des entrées irrégulières dans l’Union européenne sont des personnes qui se dirigent vers La Manche pour rejoindre le Royaume-Uni.

Paris revendique “le droit” de s’opposer à Washington

Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a revendiqué vendredi “le droit” des Européens “de dire non” à leur allié historique américain lorsque celui-ci agit d’une manière qu’ils jugent inacceptable.Dans son discours annuel devant les ambassadeurs français, Jean-Noël Barrot a souligné ce qu’il a qualifié de “fait marquant” en ce début d’année: la dissonance avec “les États-Unis d’Amérique, un peuple avec lequel nous, Européens et plus encore, nous Français, avons une histoire longue et singulière, forgée dans les guerres et les révolutions communes”.”En quelques mois, la nouvelle administration américaine a décidé, et c’est son droit, de repenser les liens qui nous unissent”, a-t-il pris acte. “C’est aussi notre droit de dire non à un allié historique, tout aussi historique soit-il, lorsque sa proposition n’est pas acceptable et lorsqu’il faut dire non”.Cette semaine, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont publié une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark, face aux revendications de Donald Trump sur ce territoire rattaché au Danemark.Avant cela, le 3 janvier, Jean-Noël Barrot avait publiquement condamné la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine, critiquant une opération qui “contrevient” au droit international.Il avait néanmoins également reproché à M. Maduro, au pouvoir depuis 2013, d’avoir porté “une atteinte grave à (la) dignité et (au) droit à l’auto-détermination” des Vénézuéliens.Vendredi, le ministre des Affaires étrangères a en outre réfuté l’analyse selon laquelle l’Europe risque “un effacement civilisationnel”, comme écrit dans la stratégie de sécurité nationale américaine publiée en décembre.”Non, l’Europe n’est pas au bord de l’effacement civilisationnel et les voix présomptueuses qui le prétendent feraient mieux de prendre garde à leur propre effacement”, a rétorqué le ministre français.Pour autant, a-t-il analysé, l’Union européenne est “menacée de l’extérieur par des adversaires qui tentent de détricoter les liens de solidarité qui nous unissent” et “de l’intérieur par la lassitude démocratique”.- “En ordre de bataille” -Pour y remédier, Jean-Noël Barrot a appelé à amplifier la voix de la France, attaquée parce qu’elle dérange “l’internationale réactionnaire” allant “des couloirs du Kremlin au cercle MAGA” (Make America Great Again, ndr) entourant le président américain.”Elle dérange les autocrates et les régimes dits libéraux. Elle dérange les oligarchies corrompues, les révisionnistes et les complotistes de tout bord qui nous ont déclaré la guerre dans le champ des perceptions”, a-t-il poursuivi. Avec un objectif clair “de saper la confiance des Français dans leurs institutions, saper la concorde nationale et saper l’unité européenne”.Jean-Noël Barrot a assuré avoir mis “le Quai d’Orsay en ordre de bataille, avec le soutien du Premier ministre” Sébastien Lecornu pour organiser la riposte, notamment dans le champ informationnel.Le ministre a enfin promis “une coordination nouvelle” entre ministère des Affaires étrangères et ministère de l’Intérieur pour mieux répondre à l’attente des Français en matière d’immigration, un sujet récurrent, en particulier à l’approche des municipales de mars. Un sujet sur lequel Donald Trump attaque régulièrement l’Europe, lui reprochant d’accueillir trop d’immigrés.”Nos compatriotes attendent que nos frontières soient maîtrisées. Oui, nous gagnons à accueillir des travailleurs, des créateurs, des innovateurs étrangers”, a déclaré Jean-Noël Barrot aux ambassadeurs. Mais “lorsqu’une personne ne dispose pas ou qu’elle ne dispose plus du droit de séjourner sur le territoire national, elle doit être reconduite à nos frontières”, a-t-il ajouté.”Le premier niveau de réponse à cette attente légitime” est la résolution des tensions géopolitiques qui font fuir les populations de leurs pays d’origine, a-t-il dit.Il a salué l’adoption au niveau européen du Pacte sur la migration et l’asile qui entrera en vigueur cette année et qui va, selon lui, “changer la donne”. “Mais nous devons aller plus loin encore et nous ne pouvons le faire qu’en lien étroit avec le ministère de l’Intérieur”, a-t-il insisté.

L’Australie en proie aux feux dans des “conditions catastrophiques”, selon les pompiers

Des feux de brousse ont brûlé des habitations et réduit en cendres des milliers d’hectares de forêt vendredi dans le sud-est rural de l’Australie, ont annoncé les pompiers, précisant que des vents chauds rendaient les conditions “catastrophiques” dans cette région extrêmement sèche. Des dizaines de hameaux ont été évacués dans l’Etat de Victoria et trois personnes, dont …

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Russia joins Chinese, Iran warships for drills off S.AfricaFri, 09 Jan 2026 12:00:25 GMT

A Russian warship arrived off South Africa’s main naval base Friday to join Chinese and Iranian vessels in military exercises that risk further damaging Pretoria’s relations with Washington.The exercises draw together several nations feuding with the US administration and come at a time of heightened tensions following Washington’s raid on Venezuela.A Chinese destroyer and replenishment …

Russia joins Chinese, Iran warships for drills off S.AfricaFri, 09 Jan 2026 12:00:25 GMT Read More »

Russia joins Chinese, Iran warships for drills off S.Africa

A Russian warship arrived off South Africa’s main naval base Friday to join Chinese and Iranian vessels in military exercises that risk further damaging Pretoria’s relations with Washington.The exercises draw together several nations feuding with the US administration and come at a time of heightened tensions following Washington’s raid on Venezuela.A Chinese destroyer and replenishment ship, and an Iranian forward base ship sailed into South African waters earlier this week ahead of the week-long manoeuvres due to kick off with an opening ceremony Saturday.AFP journalists near the Simon’s Town base saw the Russian-flagged corvette vessel pull into False Bay. China is the lead nation in the “Will for Peace 2026” drill involving navies from the 11-nation BRICS group of emerging nations which US President Donald Trump has labelled “anti-American”.The South African navy said it would confirm details of the vessels present later Friday.The United Arab Emirates was also expected to send ships, Deputy Defence Minister Bantu Holomisa told Newzroom Afrika television late Thursday.Other BRICS nations Indonesia, Ethiopia and Brazil will send observers, he said. The remaining members of the grouping are India, Egypt and Saudi Arabia. The drills will allow the navies “to exchange best practices and improve joint operational capabilities, which contributes to the safety of shipping routes and overall regional maritime stability,” South Africa’s defence force said.- Global tensions -Washington this week seized a Russian-flagged oil tanker it said was part of a shadow fleet that carried oil for countries such as Venezuela, Russia and Iran. It has also threatened action against Iran should protesters be killed in mounting demonstrations sparked by anger over the rising cost of living.Asked about the timing of the navy exercises, Holomisa said: “This exercise was planned long before these tensions we are witnessing today.” “Let us not press panic buttons because the USA has got a problem with countries,” he said. “Those are not our enemies,” he said. The joint drills were initially scheduled for November 2025 but were postponed due to a clash with the G20 summit in Johannesburg.Washington boycotted the summit amid a row with Pretoria that includes anger over its ties with Russia and Iran.”Washington has clearly been attempting to put Pretoria in its bad book since the beginning of the current Trump administration,” Priyal Singh, senior researcher at the Institute for Security Studies, told AFP.”The optics surrounding the upcoming naval exercise will likely be used by policymakers in Washington as another prime example of why its bilateral relations with South Africa should be reviewed,” he said.

L’influenceur d’extrême droite Papacito jugé en février pour cyberharcèlement de la boxeuse algérienne Imane Khelif

Nouveau procès pour cyberharcèlement à la suite des JO-2024: l’influenceur d’extrême droite Papacito sera jugé le 26 février à Paris pour avoir harcelé en ligne la boxeuse algérienne Imane Khelif, cible d’une polémique sur son genre pendant la compétition mondiale.La médaillée d’or avait déposé une plainte à Paris le 12 août 2024, dénonçant une “campagne féroce” à son encontre. L’enquête, confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), a mené à l’identification de l’un de ses cyberharceleurs présumés: Papacito, Ugo Gil-Jimenez de son vrai nom.L’accusation lui reproche des propos relayés sur le réseau social TikTok, où il réunit plus de 30.000 abonnés (il a par ailleurs 160.000 suiveurs sur Instagram).”C’est important que la justice passe, et qu’elle rappelle que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit. Le cyberharcèlement, de manière générale, peut avoir des répercussions dramatiques pour les victimes”, a réagi auprès de l’AFP l’avocat d’Imane Khelif, Me Nabil Boudi.Le trentenaire, né à Toulouse et demeurant en Espagne d’après le parquet, est déjà bien connu des services d’enquête.Son premier scandale remonte à juin 2021, quand il avait diffusé une vidéo sur YouTube simulant l’exécution d’un électeur de La France insoumise. En avril 2024, il a été condamné pour injures homophobes et incitation à la violence envers le maire d’un petit village du Sud-Ouest, qui avait dû être placé sous protection policière. Cette affaire avait conduit YouTube France à clôturer sa chaîne en juin 2023.En février, il comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour cyberharcèlement et injure discriminatoire au préjudice de Mme Khelif.- “Exprimer son avis” -“Mon client s’étonne de se voir reprocher une prétendue campagne de cyberharcèlement alors qu’il s’est strictement borné à exprimer son avis dans le cadre de la controverse relative à l’éligibilité d’Imane Khelif à concourir dans la catégorie féminine”, s’est indigné auprès de l’AFP son avocat, Me Martial Groslambert.La polémique autour de la championne olympique avait trouvé son origine dans l’exclusion d’Imane Khelif, comme de la Taïwanaise Lin Yu-ting, des championnats du monde à New Delhi en mars 2023.Selon la Fédération internationale de boxe (IBA), Imane Khelif avait échoué à un test destiné à établir son genre. Non reconnue par le monde olympique, l’IBA a refusé de préciser quel type de test avait été pratiqué.Sauf que pour le Comité international olympique (CIO), son éligibilité ne faisait aucun doute: elle pouvait participer aux Jeux dans le tournoi féminin. Mais l’exclusion de New Delhi a refait surface quand son adversaire au premier tour, l’Italienne Angela Carini, a abandonné dès la première minute de leur combat.Sur les réseaux sociaux, la boxeuse a alors été victime d’une campagne de haine et de désinformation, empreinte de racisme, la présentant comme un “homme combattant des femmes”.”Je suis une femme forte avec des pouvoirs spéciaux. Depuis le ring, j’ai envoyé un message à ceux qui étaient contre moi”, avait déclaré Imane Khelif aux médias après sa victoire à la finale des -66kg.”Je suis pleinement éligible pour participer, je suis une femme comme les autres. Je suis née femme, j’ai vécu en tant que femme et j’ai concouru en tant que femme”, avait-t-elle insisté.Outre Papacito, un autre homme sera jugé le 26 février par le tribunal de Paris: un Algérien âgé de 31 ans soupçonné d’avoir cyberharcelé et d’avoir proféré des menaces de mort racistes à une autre boxeuse, la Marocaine Oumayma Bel Ahbib, a précisé le ministère public.La boxeuse avait porté plainte le 7 août 2024, dénonçant des menaces, des injures et du cyberharcèlement, lui valant 5 jours d’ITT. Elle expliquait être accusée par ces internautes d’être “l’instigatrice des rumeurs sur le genre d’Imane Khelif”, rapporte le parquet.Plusieurs affaires de cyberharcèlement ont bousculé la tenue des Jeux olympiques en France, telles que le déferlement haineux ayant ciblé la DJ française Barbara Butch ou le directeur artistique de la cérémonie d’ouverture des Jeux Thomas Jolly. Des condamnations ont depuis été prononcées.

Le monde agricole ne décolère pas contre le Mercosur, voté à Bruxelles

Repli des tracteurs de la Coordination rurale et entrée en scène de ceux de la Confédération paysanne, qui dénonce l’interpellation de deux de ses responsables devant l’Arc de Triomphe: la mobilisation agricole se poursuit vendredi en France, contre le Mercosur et la politique sanitaire du gouvernement.Le vote vendredi à Bruxelles de ce traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains, malgré l’opposition de la France et des agriculteurs qui craignent un déferlement de boeuf, volailles et sucre produits avec des normes moins disantes que les règles européennes, devrait amplifier la colère qui éclate depuis début décembre dans les campagnes.Deux porte-parole de la Confédération paysanne ont été interpellés devant l’Arc de Triomphe où ils marchaient avec des militants après une opération escargot sur le périphérique parisien. Le syndicat a dénoncé des “arrestations scandaleuses” et “violentes”.Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X “une grave mise en cause de la liberté de manifestation”, peu après le dépôt par son parti la France insoumise d’une motion de censure contre le gouvernement, notamment pour protester contre l’accord de libre-échange.Avant l’aube, plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique à l’est, porte de Montreuil, avec six tracteurs. Vers 11H00, des tracteurs étaient bloqués dans l’ouest de Paris, porte Maillot, accompagnés de militants de la CGT et des Soulèvements de la terre.”C’est le Mercosur qu’il faut abattre, pas nos vaches!”, a déclaré Nicolas Fortin, secrétaire général du 3e syndicat agricole français, historiquement marqué à gauche, opposé au libre-échange et très engagé contre la gestion actuelle de l’épizootie de dermatose qui frappe les bovins.- “Un exploit” -Une position défendue la veille par les “bonnets jaunes” de la Coordination rurale (CR), 2e syndicat agricole, coutumier des opérations coup de poing et dont certains responsables dans le Sud-Ouest ne cachent pas leur proximité avec l’extrême droite.”Mercosur mort à coup sûr”, clamait une pancarte accrochée à un tracteur de la CR jeudi à l’Arc de Triomphe, où ils n’ont pas été inquiétés par les forces de l’ordre.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR ont réussi leur démonstration de force, parvenant à entrer dans la capitale, jusque devant l’Assemblée nationale malgré les interdictions de rassemblements non déclarés devant le grandes institutions parisiennes.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées jeudi par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France, hors de la capitale. Laurent Nunez a assumé de n’avoir pas dispersé cette action “illégale”.Dans la soirée, le président du syndicat, l’éleveur Bertrand Venteau, a appelé ses troupes au repos, promettant de “revenir” en force si besoin.- Actions dans plusieurs régions -Des actions sont prévues vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne.Dans le Nord, les autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, sont fermées depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique. L’entrepôt pétrolier de Haulchin (Nord) est bloqué par des tracteurs de la CR.La gendarmerie a fait état de plusieurs blocages routiers à 7h30, à Beaune (Bourgogne) mais aussi en Lozère, dans le Tarn et dans le Pays Basque.L’accès au dépôt de carburant de Bassens, sur le port de Bordeaux, est toujours bloqué par des agriculteurs de la CR.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectare”, avec des OGM interdits en Europe, se désole ean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne. “C’est une distorsion complète”, ajoute cet éleveur de poulet qui compare son prix, 7 euros, au “poulet ukrainien deux fois moins cher au poulet brésilien à 2,5 euros”.Depuis début décembre, la mobilisation s’est durcie, pour dénoncer la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire, la signature imminente du traité de libre-échange UE-Mercosur, la faiblesse des prix des céréales et la hausse de celui des engrais. Les annonces de Paris et de Bruxelles en faveur des agriculteurs n’ont pas suffi et l’annonce d’un “non” au Mercosur de la France, qui n’est pas parvenue à réunir une minorité de blocage à Bruxelles, signifie surtout, pour les syndicats, la “faiblesse” et “l’isolement” de la première puissance agricole européenne.La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier contre l’accord de libre-échange.

Le monde agricole ne décolère pas contre le Mercosur, voté à Bruxelles

Repli des tracteurs de la Coordination rurale et entrée en scène de ceux de la Confédération paysanne, qui dénonce l’interpellation de deux de ses responsables devant l’Arc de Triomphe: la mobilisation agricole se poursuit vendredi en France, contre le Mercosur et la politique sanitaire du gouvernement.Le vote vendredi à Bruxelles de ce traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains, malgré l’opposition de la France et des agriculteurs qui craignent un déferlement de boeuf, volailles et sucre produits avec des normes moins disantes que les règles européennes, devrait amplifier la colère qui éclate depuis début décembre dans les campagnes.Deux porte-parole de la Confédération paysanne ont été interpellés devant l’Arc de Triomphe où ils marchaient avec des militants après une opération escargot sur le périphérique parisien. Le syndicat a dénoncé des “arrestations scandaleuses” et “violentes”.Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X “une grave mise en cause de la liberté de manifestation”, peu après le dépôt par son parti la France insoumise d’une motion de censure contre le gouvernement, notamment pour protester contre l’accord de libre-échange.Avant l’aube, plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique à l’est, porte de Montreuil, avec six tracteurs. Vers 11H00, des tracteurs étaient bloqués dans l’ouest de Paris, porte Maillot, accompagnés de militants de la CGT et des Soulèvements de la terre.”C’est le Mercosur qu’il faut abattre, pas nos vaches!”, a déclaré Nicolas Fortin, secrétaire général du 3e syndicat agricole français, historiquement marqué à gauche, opposé au libre-échange et très engagé contre la gestion actuelle de l’épizootie de dermatose qui frappe les bovins.- “Un exploit” -Une position défendue la veille par les “bonnets jaunes” de la Coordination rurale (CR), 2e syndicat agricole, coutumier des opérations coup de poing et dont certains responsables dans le Sud-Ouest ne cachent pas leur proximité avec l’extrême droite.”Mercosur mort à coup sûr”, clamait une pancarte accrochée à un tracteur de la CR jeudi à l’Arc de Triomphe, où ils n’ont pas été inquiétés par les forces de l’ordre.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR ont réussi leur démonstration de force, parvenant à entrer dans la capitale, jusque devant l’Assemblée nationale malgré les interdictions de rassemblements non déclarés devant le grandes institutions parisiennes.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées jeudi par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France, hors de la capitale. Laurent Nunez a assumé de n’avoir pas dispersé cette action “illégale”.Dans la soirée, le président du syndicat, l’éleveur Bertrand Venteau, a appelé ses troupes au repos, promettant de “revenir” en force si besoin.- Actions dans plusieurs régions -Des actions sont prévues vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne.Dans le Nord, les autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, sont fermées depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique. L’entrepôt pétrolier de Haulchin (Nord) est bloqué par des tracteurs de la CR.La gendarmerie a fait état de plusieurs blocages routiers à 7h30, à Beaune (Bourgogne) mais aussi en Lozère, dans le Tarn et dans le Pays Basque.L’accès au dépôt de carburant de Bassens, sur le port de Bordeaux, est toujours bloqué par des agriculteurs de la CR.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectare”, avec des OGM interdits en Europe, se désole ean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne. “C’est une distorsion complète”, ajoute cet éleveur de poulet qui compare son prix, 7 euros, au “poulet ukrainien deux fois moins cher au poulet brésilien à 2,5 euros”.Depuis début décembre, la mobilisation s’est durcie, pour dénoncer la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire, la signature imminente du traité de libre-échange UE-Mercosur, la faiblesse des prix des céréales et la hausse de celui des engrais. Les annonces de Paris et de Bruxelles en faveur des agriculteurs n’ont pas suffi et l’annonce d’un “non” au Mercosur de la France, qui n’est pas parvenue à réunir une minorité de blocage à Bruxelles, signifie surtout, pour les syndicats, la “faiblesse” et “l’isolement” de la première puissance agricole européenne.La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier contre l’accord de libre-échange.