Après le budget, l’Assemblée restreint le droit du sol à Mayotte lors de débats houleux

Le budget de l’Etat à peine adopté, le gouvernement souhaitait embrayer sur des mesures d'”ordre” et d'”autorité”, mais a récolté tout le contraire dans l’hémicycle. Si les députés ont adopté jeudi une proposition de loi visant à durcir les restrictions au droit du sol à Mayotte, ils l’ont fait lors d’une séance particulièrement tumultueuse.Après de multiples suspensions de séance, rappels aux règlements, et invectives, la proposition de loi portée par la droite a finalement été adoptée en début de soirée avec les voix des macronistes et du Rassemblement national.Elle a été âprement combattue par la gauche, qui à défaut d’arriver à bloquer le texte a pu afficher une certaine unité, après de fortes divergences stratégiques sur les textes budgétaires — censurés par La France insoumise (LFI) mais négociés avec le Parti socialiste (PS). Au banc toute la journée, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est réjoui devant la presse que le texte ait pu être adopté face à “l’obstruction parlementaire” de LFI notamment.Se disant à titre personnel pour l’abrogation pure et simple du droit du sol à Mayotte, il a aussi estimé “que le débat public doit s’ouvrir sur le droit du sol dans notre pays”, et qu’il faut sur le sujet une réforme de la Constitution, que ce soit via un référendum ou à l’occasion de la présidentielle de 2027.Le président du groupe LR, Laurent Wauquiez, a lui salué un “premier pas”, souhaitant aller plus loin à Mayotte et sur le reste du territoire.- Le texte initial durci -Depuis 2018, une dérogation au droit du sol existe déjà à Mayotte. Le texte porté par les Républicains (LR) prévoit de conditionner l’obtention de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte à la résidence régulière sur le sol français, au moment de la naissance, des “deux parents” (et non plus d’un seul), et ce depuis trois ans (et non plus trois mois).Le texte initial prévoyait d’étendre le délai de résidence nécessaire à un an, mais dans la confusion, des députés de gauche ont voté par inadvertance un amendement UDR (groupe d’Eric Ciotti) l’étendant à trois ans. Gérald Darmanin, qui représentait le gouvernement, a promis de corriger cette erreur au Sénat, face au risque de censure du Conseil constitutionnel.Mais il n’a pas souhaité provoquer une deuxième délibération, et la majorité des députés, dont LR et une partie des EPR, s’y est opposée.”C’est en ce genre d’après-midi que les choses évoluent et glissent vers l’innommable”, a fustigé le député LFI Eric Coquerel, dénonçant un texte “qui revient sur le droit républicain avec les voix de l’extrême droite.”Face à l’immigration en provenance des Comores voisines, le texte est “un signal pas suffisant”, a pour sa part jugé Marine Le Pen pour le RN. Il faut “faire cesser cet appel d’air de l’immigration clandestine.”Les Insoumis avaient déposé plusieurs dizaines d’amendements, certains visant ostensiblement à faire durer les débats. Car le texte était examiné lors de la journée réservée aux propositions du groupe LR, qui s’achève obligatoirement à minuit, comme toute “niche” parlementaire.Une tactique contrée par M. Darmanin, qui a utilisé l’article 44 de la Constitution permettant de faire tomber tous les amendements n’ayant pas préalablement été étudiés en commission, afin d’accélérer la discussion. – “Brèche” -Ce texte ouvre “une brèche”, a dénoncé la députée PS Colette Capdevielle. “Après Mayotte, ce sera la Guyane, puis Saint-Martin, puis un beau jour, l’ensemble du territoire français”, a abondé Aurélien Taché pour LFI. Le RN, favorable à l’abrogation du droit du sol à Mayotte, a de fait réaffirmé vouloir sa suppression en métropole.La députée de Mayotte Estelle Youssouffa (groupe centriste Liot) a, elle, souligné souhaiter l’abrogation du droit du sol “uniquement pour Mayotte”. La proposition de loi avait été élaborée avant le passage du dévastateur cyclone Chido sur l’archipel. Mais celui-ci a ravivé les débats sur l’immigration dans le département de l’océan Indien.Une loi d’urgence sur la reconstruction à Mayotte doit être définitivement adoptée au Parlement rapidement, et une autre loi plus ambitieuse est prévue au printemps.Après le droit du sol à Mayotte, les députés doivent enchaîner sur une autre proposition prévue par LR: un texte visant à “prioriser les travailleurs” dans l’attribution de logements sociaux.

Après le budget, l’Assemblée restreint le droit du sol à Mayotte lors de débats houleux

Le budget de l’Etat à peine adopté, le gouvernement souhaitait embrayer sur des mesures d'”ordre” et d'”autorité”, mais a récolté tout le contraire dans l’hémicycle. Si les députés ont adopté jeudi une proposition de loi visant à durcir les restrictions au droit du sol à Mayotte, ils l’ont fait lors d’une séance particulièrement tumultueuse.Après de multiples suspensions de séance, rappels aux règlements, et invectives, la proposition de loi portée par la droite a finalement été adoptée en début de soirée avec les voix des macronistes et du Rassemblement national.Elle a été âprement combattue par la gauche, qui à défaut d’arriver à bloquer le texte a pu afficher une certaine unité, après de fortes divergences stratégiques sur les textes budgétaires — censurés par La France insoumise (LFI) mais négociés avec le Parti socialiste (PS). Au banc toute la journée, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est réjoui devant la presse que le texte ait pu être adopté face à “l’obstruction parlementaire” de LFI notamment.Se disant à titre personnel pour l’abrogation pure et simple du droit du sol à Mayotte, il a aussi estimé “que le débat public doit s’ouvrir sur le droit du sol dans notre pays”, et qu’il faut sur le sujet une réforme de la Constitution, que ce soit via un référendum ou à l’occasion de la présidentielle de 2027.Le président du groupe LR, Laurent Wauquiez, a lui salué un “premier pas”, souhaitant aller plus loin à Mayotte et sur le reste du territoire.- Le texte initial durci -Depuis 2018, une dérogation au droit du sol existe déjà à Mayotte. Le texte porté par les Républicains (LR) prévoit de conditionner l’obtention de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte à la résidence régulière sur le sol français, au moment de la naissance, des “deux parents” (et non plus d’un seul), et ce depuis trois ans (et non plus trois mois).Le texte initial prévoyait d’étendre le délai de résidence nécessaire à un an, mais dans la confusion, des députés de gauche ont voté par inadvertance un amendement UDR (groupe d’Eric Ciotti) l’étendant à trois ans. Gérald Darmanin, qui représentait le gouvernement, a promis de corriger cette erreur au Sénat, face au risque de censure du Conseil constitutionnel.Mais il n’a pas souhaité provoquer une deuxième délibération, et la majorité des députés, dont LR et une partie des EPR, s’y est opposée.”C’est en ce genre d’après-midi que les choses évoluent et glissent vers l’innommable”, a fustigé le député LFI Eric Coquerel, dénonçant un texte “qui revient sur le droit républicain avec les voix de l’extrême droite.”Face à l’immigration en provenance des Comores voisines, le texte est “un signal pas suffisant”, a pour sa part jugé Marine Le Pen pour le RN. Il faut “faire cesser cet appel d’air de l’immigration clandestine.”Les Insoumis avaient déposé plusieurs dizaines d’amendements, certains visant ostensiblement à faire durer les débats. Car le texte était examiné lors de la journée réservée aux propositions du groupe LR, qui s’achève obligatoirement à minuit, comme toute “niche” parlementaire.Une tactique contrée par M. Darmanin, qui a utilisé l’article 44 de la Constitution permettant de faire tomber tous les amendements n’ayant pas préalablement été étudiés en commission, afin d’accélérer la discussion. – “Brèche” -Ce texte ouvre “une brèche”, a dénoncé la députée PS Colette Capdevielle. “Après Mayotte, ce sera la Guyane, puis Saint-Martin, puis un beau jour, l’ensemble du territoire français”, a abondé Aurélien Taché pour LFI. Le RN, favorable à l’abrogation du droit du sol à Mayotte, a de fait réaffirmé vouloir sa suppression en métropole.La députée de Mayotte Estelle Youssouffa (groupe centriste Liot) a, elle, souligné souhaiter l’abrogation du droit du sol “uniquement pour Mayotte”. La proposition de loi avait été élaborée avant le passage du dévastateur cyclone Chido sur l’archipel. Mais celui-ci a ravivé les débats sur l’immigration dans le département de l’océan Indien.Une loi d’urgence sur la reconstruction à Mayotte doit être définitivement adoptée au Parlement rapidement, et une autre loi plus ambitieuse est prévue au printemps.Après le droit du sol à Mayotte, les députés doivent enchaîner sur une autre proposition prévue par LR: un texte visant à “prioriser les travailleurs” dans l’attribution de logements sociaux.

‘Intolerable’ US claim sparks new row over Panama Canal

Panama on Thursday rejected the United States’ claim of securing free passage for its government vessels through the Panama Canal, while bowing to US pressure to quit a key Chinese project.Panamanian President Jose Raul Mulino told reporters the US assertion about the waterway was “intolerable,” adding that he rejected “bilateral relations based on lies and falsehoods.”Since winning the US election in November, President Donald Trump has refused to rule out the use of force to seize the canal built by Washington over a century ago and later handed over to Panama.Around 40 percent of US container traffic passes through the narrow body of water linking the Caribbean Sea with the Pacific Ocean.The new row between Panama and Washington erupted after the US State Department claimed that Panama had agreed to let American government vessels through the canal for free after talks last weekend between Mulino and Trump’s Secretary of State Marco Rubio.In a post on the social media platform X, the State Department claimed the decision would save the US government “millions of dollars a year.”Speaking Thursday in the Dominican Republic, Rubio argued that it was “absurd” for US naval vessels to have to pay “to transit a zone we are obligated to protect in time of conflict.”He stopped short however of claiming that an agreement had been reached. The Panama Canal Authority (PCA), an independent body that runs the waterway, said it had “not made any adjustments” to its tariffs but that it was open to dialogue on the matter.- ‘Not breaking the US’ -US government vessels — primarily from the navy — make up a small portion of the ships that pass through the canal.Trump has loudly complained that US vessels are being overcharged to use the shipping route.Mulino said that US government vessels, including navy vessels, paid “$6-7 million a year” for the right of passage.”It’s not as if the canal toll is breaking the economy of the United States,” he remarked.Beyond the tolls, Washington has appeared chiefly concerned about Chinese investment in the 50-mile (80-kilometer) long canal, which handles five percent of global maritime trade.CK Hutchison Holdings — owned by Hong Kong billionaire Li Ka-shing — has a concession to manage two of the canal’s five ports.Trump, who is scheduled to hold telephone talks on Friday with Mulino, has claimed that Beijing could close the canal to the United States in a crisis — a claim Panama strenuously denies.But in a key concession to Washington, Mulino on Thursday confirmed that Panama had pulled out of China’s massive Belt and Road Initiative (BRI) infrastructure program.- Chinese project torpedoed -Mulino said that the Panamanian Embassy in Beijing had given China the required 90-day notice of its decision not to renew its involvement in the program, which it joined in 2017.Panama is the first Latin American country to announce its withdrawal from President Xi Jinping’s signature, trillion-dollar program, which operates in over 100 countries.On Wednesday, China’s Foreign Affairs spokesman, Lin Jian, had argued that the partnership was yielding “fruitful results” and urged Panama to “resist external interferences.”The latest controversy over the Panama Canal comes at the end of Rubio’s week-long visit to Central America, his first as the US top diplomat.He had threatened action against Panama unless it made immediate changes to reduce Chinese influence on the canal but later appeared more conciliatory, hailing Mulino’s pledge to quit China’s infrastructure program as a “great step forward” for bilateral relations.Following Trump’s canal takeover threat, Mulino last month ordered an audit of Hutchison Holdings.”If they violate the terms of the concession or cause imminent economic harm to the country, we will act accordingly, but for now the audit is ongoing,” he said Thursday.

‘Intolerable’ US claim sparks new row over Panama Canal

Panama on Thursday rejected the United States’ claim of securing free passage for its government vessels through the Panama Canal, while bowing to US pressure to quit a key Chinese project.Panamanian President Jose Raul Mulino told reporters the US assertion about the waterway was “intolerable,” adding that he rejected “bilateral relations based on lies and falsehoods.”Since winning the US election in November, President Donald Trump has refused to rule out the use of force to seize the canal built by Washington over a century ago and later handed over to Panama.Around 40 percent of US container traffic passes through the narrow body of water linking the Caribbean Sea with the Pacific Ocean.The new row between Panama and Washington erupted after the US State Department claimed that Panama had agreed to let American government vessels through the canal for free after talks last weekend between Mulino and Trump’s Secretary of State Marco Rubio.In a post on the social media platform X, the State Department claimed the decision would save the US government “millions of dollars a year.”Speaking Thursday in the Dominican Republic, Rubio argued that it was “absurd” for US naval vessels to have to pay “to transit a zone we are obligated to protect in time of conflict.”He stopped short however of claiming that an agreement had been reached. The Panama Canal Authority (PCA), an independent body that runs the waterway, said it had “not made any adjustments” to its tariffs but that it was open to dialogue on the matter.- ‘Not breaking the US’ -US government vessels — primarily from the navy — make up a small portion of the ships that pass through the canal.Trump has loudly complained that US vessels are being overcharged to use the shipping route.Mulino said that US government vessels, including navy vessels, paid “$6-7 million a year” for the right of passage.”It’s not as if the canal toll is breaking the economy of the United States,” he remarked.Beyond the tolls, Washington has appeared chiefly concerned about Chinese investment in the 50-mile (80-kilometer) long canal, which handles five percent of global maritime trade.CK Hutchison Holdings — owned by Hong Kong billionaire Li Ka-shing — has a concession to manage two of the canal’s five ports.Trump, who is scheduled to hold telephone talks on Friday with Mulino, has claimed that Beijing could close the canal to the United States in a crisis — a claim Panama strenuously denies.But in a key concession to Washington, Mulino on Thursday confirmed that Panama had pulled out of China’s massive Belt and Road Initiative (BRI) infrastructure program.- Chinese project torpedoed -Mulino said that the Panamanian Embassy in Beijing had given China the required 90-day notice of its decision not to renew its involvement in the program, which it joined in 2017.Panama is the first Latin American country to announce its withdrawal from President Xi Jinping’s signature, trillion-dollar program, which operates in over 100 countries.On Wednesday, China’s Foreign Affairs spokesman, Lin Jian, had argued that the partnership was yielding “fruitful results” and urged Panama to “resist external interferences.”The latest controversy over the Panama Canal comes at the end of Rubio’s week-long visit to Central America, his first as the US top diplomat.He had threatened action against Panama unless it made immediate changes to reduce Chinese influence on the canal but later appeared more conciliatory, hailing Mulino’s pledge to quit China’s infrastructure program as a “great step forward” for bilateral relations.Following Trump’s canal takeover threat, Mulino last month ordered an audit of Hutchison Holdings.”If they violate the terms of the concession or cause imminent economic harm to the country, we will act accordingly, but for now the audit is ongoing,” he said Thursday.

Savoie: la route des stations rouverte vendredi, en “toute sécurité” après l’éboulement

Une “très bonne nouvelle” pour le début des vacances d’hiver: la route RN90 qui mène aux stations de ski de la Tarentaise (Savoie), partiellement coupée après un éboulement rocheux survenu le weekend dernier, rouvre entièrement vendredi en “toute sécurité” pour les nombreux usagers qui y sont attendus ces prochains jours.Les deux voies dans le sens de la montée rouvriront à la circulation à partir de 16H00, tout comme le tunnel descendant de Poncerand, jusque-là aménagé en double sens pour permettre aux véhicules de contourner la route impraticable à cet endroit, a précisé le préfet de Savoie lors d’une conférence de presse. “Les travaux de sécurisation seront terminés et tout ce qui est nécessaire à la remise en circulation sera fini” pour 16H00, a assuré François Ravier, qui avait déjà annoncé mercredi la réouverture d’au moins une voie sur les deux montantes, avec une “incertitude” liée aux travaux planant toujours sur la question d’une réouverture totale.”Ce n’était pas gagné”, a-t-il ajouté, finalement soulagé de voir que de toutes les hypothèses, c’est “la plus favorable qui se réalise”.L’éboulement de plusieurs imposants rochers, survenu samedi, avait provoqué d’importants embouteillages au cours du weekend entre Albertville et Moûtiers. Sur cette route, les trajets avaient été rallongés de plusieurs heures pour pouvoir accéder au domaine skiable des 3 Vallées, qui comprend par exemple les stations de Tignes, Val d’Isère, La Plagne, Les Arcs ou encore La Rosière.Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, 1.500 naufragés de la route avaient trouvé refuge dans des centres d’hébergement ouverts en urgence.- “Territoires habités” -À propos de l’avancement rapide des travaux, Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a salué auprès de l’AFP un “tour de force” réalisé jeudi: le filet de protection à flanc de montagne, en partie détruit par la chute des blocs de rochers, a pu être réinstallé. La route est désormais praticable “en toute sécurité”, a-t-il assuré.”C’est évidemment une très très bonne nouvelle”, s’est-il félicité. “C’est important, à la faveur du weekend qui arrive et de la saison d’hiver”, a-t-il dit, le trafic s’annonçant en effet chargé sur cet axe routier en fin de semaine avec le début des vacances scolaires pour la zone B. Près de 130.000 véhicules au total y sont attendus de vendredi à dimanche, selon la préfecture de Savoie. En montée, 22.000 véhicules devraient circuler vendredi et 32.000 samedi. En descente, 18.000 et 29.000 respectivement les mêmes jours.”Mais c’est d’autant plus important pour l’ensemble des usagers de la route au quotidien, car ce sont aussi des territoires habités et il faut que les uns et les autres puissent aller à l’école, au travail, ou vaquer aux occupations domestiques de manière ordinaire”, a ajouté M. Pannekoucke.Avant sa réouverture complète en descente à 16H00 vendredi, le tunnel de Poncerand sera toutefois fermé pendant deux heures pour qu’il soit remis en “conditions de circulation normale”, a détaillé le préfet de Savoie. Une halte de repos et de restauration sera accessible à la halle olympique d’Alberville pour les personnes qui “souhaitent faire une pause” et ne pas “alimenter un bouchon” au moment de la fermeture du tunnel.L’itinéraire sera par ailleurs “imposé” depuis Albertville jusqu’à la vallée de la Tarentaise: les sorties de la RN90 seront fermées pour éviter que des automobilistes n’empruntent les petites routes en espérant gagner du temps pour se réinsérer après, des comportements qui provoquent généralement des “ralentissements considérables”, a prévenu M. Ravier.

Savoie: la route des stations rouverte vendredi, en “toute sécurité” après l’éboulement

Une “très bonne nouvelle” pour le début des vacances d’hiver: la route RN90 qui mène aux stations de ski de la Tarentaise (Savoie), partiellement coupée après un éboulement rocheux survenu le weekend dernier, rouvre entièrement vendredi en “toute sécurité” pour les nombreux usagers qui y sont attendus ces prochains jours.Les deux voies dans le sens de la montée rouvriront à la circulation à partir de 16H00, tout comme le tunnel descendant de Poncerand, jusque-là aménagé en double sens pour permettre aux véhicules de contourner la route impraticable à cet endroit, a précisé le préfet de Savoie lors d’une conférence de presse. “Les travaux de sécurisation seront terminés et tout ce qui est nécessaire à la remise en circulation sera fini” pour 16H00, a assuré François Ravier, qui avait déjà annoncé mercredi la réouverture d’au moins une voie sur les deux montantes, avec une “incertitude” liée aux travaux planant toujours sur la question d’une réouverture totale.”Ce n’était pas gagné”, a-t-il ajouté, finalement soulagé de voir que de toutes les hypothèses, c’est “la plus favorable qui se réalise”.L’éboulement de plusieurs imposants rochers, survenu samedi, avait provoqué d’importants embouteillages au cours du weekend entre Albertville et Moûtiers. Sur cette route, les trajets avaient été rallongés de plusieurs heures pour pouvoir accéder au domaine skiable des 3 Vallées, qui comprend par exemple les stations de Tignes, Val d’Isère, La Plagne, Les Arcs ou encore La Rosière.Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, 1.500 naufragés de la route avaient trouvé refuge dans des centres d’hébergement ouverts en urgence.- “Territoires habités” -À propos de l’avancement rapide des travaux, Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a salué auprès de l’AFP un “tour de force” réalisé jeudi: le filet de protection à flanc de montagne, en partie détruit par la chute des blocs de rochers, a pu être réinstallé. La route est désormais praticable “en toute sécurité”, a-t-il assuré.”C’est évidemment une très très bonne nouvelle”, s’est-il félicité. “C’est important, à la faveur du weekend qui arrive et de la saison d’hiver”, a-t-il dit, le trafic s’annonçant en effet chargé sur cet axe routier en fin de semaine avec le début des vacances scolaires pour la zone B. Près de 130.000 véhicules au total y sont attendus de vendredi à dimanche, selon la préfecture de Savoie. En montée, 22.000 véhicules devraient circuler vendredi et 32.000 samedi. En descente, 18.000 et 29.000 respectivement les mêmes jours.”Mais c’est d’autant plus important pour l’ensemble des usagers de la route au quotidien, car ce sont aussi des territoires habités et il faut que les uns et les autres puissent aller à l’école, au travail, ou vaquer aux occupations domestiques de manière ordinaire”, a ajouté M. Pannekoucke.Avant sa réouverture complète en descente à 16H00 vendredi, le tunnel de Poncerand sera toutefois fermé pendant deux heures pour qu’il soit remis en “conditions de circulation normale”, a détaillé le préfet de Savoie. Une halte de repos et de restauration sera accessible à la halle olympique d’Alberville pour les personnes qui “souhaitent faire une pause” et ne pas “alimenter un bouchon” au moment de la fermeture du tunnel.L’itinéraire sera par ailleurs “imposé” depuis Albertville jusqu’à la vallée de la Tarentaise: les sorties de la RN90 seront fermées pour éviter que des automobilistes n’empruntent les petites routes en espérant gagner du temps pour se réinsérer après, des comportements qui provoquent généralement des “ralentissements considérables”, a prévenu M. Ravier.

Elections agricoles: la CR revendique une large percée après les premiers résultats provisoires

Les premiers résultats des élections aux chambres d’agriculture semblaient confirmer jeudi une percée de la Coordination rurale (CR) dans un paysage toujours dominé par l’alliance majoritaire FNSEA-JA, selon des données provisoires émanant des préfectures, des chambres d’agricultures et des syndicats.En fin de journée, les “bonnets jaunes” de la CR, qui avaient appelé à un vote dégagiste contre la FNSEA, revendiquaient une majorité de sièges dans au moins dix chambres, dont le Cher, les Ardennes, la Dordogne, la Charente, l’Indre-et-Loire et le Gers.Vers 18H30, la CR voyait déjà “basculer au moins sept chambres”, tout en conservant ses trois bastions (Lot-et-Garonne, Vienne et Haute-Vienne). “Et ce n’est pas fini, on attend d’autres résultats”, avait déclaré à l’AFP son porte-parole Patrick Legras.En Gironde, où la CR revendique la victoire avec six voix d’écart avec la liste FNSEA-JA, le président de la FDSEA Jean Samuel Eynard accusait le coup: “Les agriculteurs de Gironde ont fait leur choix… Nous avons 3 élus”, contre 12 à la CR du fait du mode de scrutin favorisant la liste arrivée en tête.En fin d’après-midi, l’alliance FNSEA-JA semblait l’avoir emporté dans plus d’une quarantaine de départements, dont ses fiefs historiques du Nord, de Bretagne, mais aussi dans les Alpes-Maritimes, la Loire ou le Rhône, selon des résultats provisoires publiés par les chambres d’agriculture et le site spécialisé Terre-net.En Haute-Garonne, c’est la liste indépendante soutenue par Jérôme Bayle, figure du mouvement de protestation des agriculteurs début 2024, qui s’est imposée devant l’alliance majoritaire sortante, selon les résultats annoncés par la préfecture.”Le monde agricole a besoin de changement. On veut casser le système. Il y a une fracture entre le terrain et le syndicalisme. Nous sommes une région oubliée, on ne se sentait plus représentés”, a déclaré à l’AFP Jérôme Bayle, éleveur dans ce département durement frappé par la sécheresse et les maladies animales.- “Renverser la table” -La Confédération paysanne, syndicat qui plaide pour une “réelle transition agroécologique”, pourrait s’imposer en Ardèche, selon les résultats provisoires publiés par les chambres.S’il est encore trop tôt pour avoir une vision nationale du scrutin, il semble que dans de nombreux départements où les listes FNSEA-JA sont en tête, elles recueillent moins de suffrages que lors du précédent scrutin en 2019.Il y a six ans, moins d’un agriculteur sur deux avait voté et l’alliance FNSEA-JA avait vu son hégémonie confortée.Cette dernière s’était retrouvée, avec 55,55% des voix, à la tête de 97 chambres sur 101, tandis que la CR (21,5% des suffrages) ne détenait que trois chambres. Avec 20% des voix, la Confédération paysanne n’en avait qu’une, Mayotte, qu’elle conserve pour le moment, le scrutin y ayant été reporté après le cyclone Chido.Quelque 2,2 millions d’électeurs, dont près de 400.000 chefs d’exploitation mais aussi des retraités, salariés ou propriétaires fonciers, étaient appelés à élire leurs représentants — par voie électronique ou postale — du 15 au 31 janvier.Les opérations de dépouillement ont débuté jeudi dans la plupart des départements, mais certaines préfectures, notamment en Corse ou dans le Cantal, ne proclameront les résultats que vendredi.Le ministère de l’Agriculture communiquera des résultats une fois l’ensemble des résultats départementaux proclamés, pas avant vendredi voire samedi.La FNSEA organise jeudi soir une conférence de presse pour dresser un premier bilan du vote. La Confédération paysanne prévoit de s’exprimer vendredi.Dans la dernière ligne droite de la campagne, les syndicats ont tous dénoncé des “dysfonctionnements” voire des “irrégularités”, laissant présager de nombreux recours.La campagne a été rude, de l’avis de l’ensemble des syndicats.Les bonnets jaunes de la CR, adeptes des opérations coup de poing, avaient dénoncé sans relâche la FNSEA, accusée d’une “catastrophique cogestion avec l’État”.Porteurs d’un discours anti-normes, réclamant la suppression de l’Office français de la biodiversité, ils espéraient “renverser la table” et ravir 10 à 15 chambres.En glanant une majorité des chambres départementales en Nouvelle-Aquitaine, la CR pourrait ravir la chambre régionale en mars: ce serait la première en France à échapper au couple FNSEA-JA.La FNSEA, qui s’affichait confiante, a reconnu une campagne dure, marquée selon un cadre du syndicat par un “populisme” et une forme de “radicalisation” imprégnant l’ensemble de la société.Acteurs clés, les chambres d’agriculture sont des établissements publics qui conseillent et offrent des prestations aux exploitants, tout en représentant les intérêts agricoles auprès des pouvoirs publics.