Israël dit préparer un plan pour autoriser les Gazaouis à quitter leur territoire

Israël a dit jeudi lancer des préparatifs en vue d’un “départ volontaire” des habitants de la bande de Gaza, après la proposition du président Donald Trump d’une prise de contrôle américaine de ce territoire et d’un déplacement de sa population. L’annonce du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, survient alors que l’administration américaine s’est efforcée de nuancer les propos de M. Trump, qui ont levé un tollé international, l’ONU mettant notamment en garde contre tout “nettoyage ethnique”. M. Katz a indiqué dans un communiqué avoir “ordonné à l’armée israélienne de préparer un plan qui permettra à tout habitant de Gaza qui le souhaite de partir vers n’importe quel endroit du monde qui accepte de l’accueillir”.  Le plan, a-t-il précisé, comprendra “des options de sortie aux points de passage terrestres ainsi que des dispositions spéciales pour les sorties par voie maritime et aérienne”. Les Gazaouis ne peuvent actuellement pas quitter leur territoire, assiégé par Israël et largement détruit par la guerre contre le Hamas, déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien du 7 octobre 2023. Une trêve est entrée en vigueur le 19 janvier.M. Trump avait lancé mardi l’idée d’une prise de contrôle américaine du territoire et répété que sa population pouvait être déplacée vers l’Egypte et la Jordanie voisines – qui ont catégoriquement rejeté cette option – après une rencontre à Washington avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Après un déluge de critiques internationales, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a affirmé que tout transfert des Gazaouis serait temporaire.- “Idée remarquable” -M. Trump veut “reconstruire les bâtiments” afin que “les gens puissent y retourner”, a-t-il dit. La Maison Blanche a elle indiqué que Donald Trump ne s’était pas engagé “pour l’instant” à envoyer des troupes à Gaza.Dans une interview à la chaîne Fox News mercredi soir, M. Netanyahu a qualifié son idée de “remarquable”, estimant qu’elle devait être “examinée (…) et réalisée”. Il a laissé entendre que l’initiative ne signifiait pas nécessairement que les Palestiniens quittent définitivement le territoire.Le Hamas a accusé M. Trump de “jeter de l’huile sur le feu”, et son rival, le président palestinien Mahmoud Abbas, y a opposé une fin de recevoir catégorique. “Il est essentiel d’éviter toute forme de nettoyage ethnique”, a de son côté souligné le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, rappelant le “droit des Palestiniens à tout simplement vivre comme des êtres humains sur leur propre terre”.Alors que M. Trump a aussi dit vouloir faire du territoire palestinien la “Côte d’Azur du Moyen-Orient”, la Maison-Blanche a précisé que les Etats-Unis ne financeraient “pas la reconstruction de Gaza”, mais travailleraient dans ce sens avec ses “partenaires dans la région”. – “Refus d’être déplacés” -Dans la bande de Gaza, beaucoup d’habitants rentrés chez eux à la faveur du cessez-le-feu excluent tout départ. “Nous sommes revenus malgré les destructions massives (…) parce que nous refusons catégoriquement d’être déplacés”, a affirmé Ahmed al-Minaoui, de retour à Gaza-ville, dans le nord. En revanche pour Kfir Dekel, un Israélien de 48 ans qui vit dans la zone frontalière avec Gaza, “le plan de Trump a du sens. Gaza est complètement détruite et il est impossible de réparer tant qu’il y a des gens”. “Laissons les partir et construire leur vie ailleurs”.Le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi et son homologue français Emmanuel Macron ont averti que tout “déplacement forcé de la population palestinienne à Gaza comme en Cisjordanie serait inacceptable”. La Jordanie, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et la Ligue arabe ont également rejeté le plan américain, de même que l’Union européenne.L’Iran a de son côté jugé jeudi “scandaleux” tout “déplacement forcé” des Gazaouis.- Pourparlers sur la suite de la trêve -Dans le même temps, les négociations indirectes ont repris sur le cessez-le-feu à Gaza, dont une première phase de six semaines a débuté le 19 janvier, mais dont la suite reste incertaine.Le Hamas a annoncé mardi que ces négociations avaient “commencé”. Israël a indiqué qu’il enverrait “en fin de semaine” une délégation au Qatar, l’un des trois pays médiateurs avec les Etats-Unis et l’Egypte. La première phase a permis jusqu’à présent la libération de 18 otages retenus à Gaza et d’environ 600 Palestiniens détenus par Israël, un afflux d’aide humanitaire et le retour de plus d’un demi-million de déplacés dans le nord du territoire.La deuxième phase est censée permettre la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, avant une dernière étape consacrée à la reconstruction de Gaza.Au total, 251 personnes avaient été enlevées le 7-Octobre lors de l’attaque du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.L’offensive israélienne menée en représailles dans la bande de Gaza a fait au moins 47.518 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Corée du Sud: deux ministères bloquent l’accès à DeepSeek sur leurs ordinateurs

Les ministères sud-coréens de la Défense et du Commerce ont indiqué jeudi avoir bloqué l’accès à DeepSeek sur leurs ordinateurs, dans l’attente d’explications de la start-up chinoise sur le traitement des informations récoltées auprès des utilisateurs.Le robot conversationnel chinois, qui a fait irruption le mois dernier, a stupéfié par sa capacité à égaler ses concurrents américains pour un coût moindre, et suscité l’inquiétude de gouvernements alors que l’application s’est hissée en tête des téléchargements sur l’App Store.Le 31 janvier, le régulateur sud-coréen chargé de la protection des données personnelles avait annoncé avoir demandé des explications à DeepSeek concernant son traitement des informations fournies par les utilisateurs, à l’instar d’autres pays dont la France et l’Irlande.”Les mesures de blocage de DeepSeek ont été mises en oeuvre spécifiquement pour les PC militaires connectés à Internet”, a précisé le ministère de la Défense à l’AFP, soulignant avoir “rappelé les consignes de sécurité concernant l’utilisation de l’IA générative pour chaque unité et chaque soldat”.Un autre ministère, celui du Commerce, a indiqué que l’accès à DeepSeek avait également été restreint, de manière provisoire, sur tous les ordinateurs de son administration.”Nous avons temporairement bloqué DeepSeek car il n’a pas répondu à l’enquête de la Commission de protection des informations personnelles”, a déclaré à l’AFP un responsable du ministère du Commerce.- “Pas trop excessif” -Le ministère des Finances a également fait part à l’AFP de la “mise en oeuvre de mesures visant à interdire la fuite d’informations personnelles et confidentielles vers DeepSeek” pour tous ses fonctionnaires.Kim Jong-hwa, professeur au département d’intelligence artificielle de l’université Cheju Halla de Jeju (sud), a confié qu’au vu de la rivalité croissante entre les Etats-Unis et la Chine, il soupçonnait des “facteurs politiques” d’être à l’origine de cette réaction.Le chercheur a expliqué à l’AFP que “d’un point de vue technique, les modèles d’IA comme ChatGPT sont également confrontés à de nombreux problèmes de sécurité qui n’ont pas encore été entièrement résolus”.Mais “comme nous ne pouvons pas actuellement évaluer l’attention portée par DeepSeek aux questions de sécurité lors du développement de son chatbot, (…) je pense que prendre des mesures proactives n’est pas trop excessif”, a-t-il dit. Interrogé jeudi lors d’un point presse régulier, Pékin a déploré la décision de ces ministères sud-coréens.Le gouvernement chinois “n’a jamais exigé et n’exigera jamais des entreprises ou des individus qu’ils collectent ou stockent illégalement des données”, a indiqué Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.”La Chine s’est toujours opposée à la généralisation exagérée du concept de sécurité nationale et à la politisation des questions économiques, commerciales et technologiques”, a-t-il déclaré, soulignant que Pékin “défendra fermement les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”. – Précédentes interdictions -Un jour avant son équivalente sud-coréenne, l’autorité italienne de protection des données personnelles avait lancé son enquête sur DeepSeek, à qui elle a interdit de traiter les données des utilisateurs italiens.Elle a justifié sa décision par les réponses “totalement insuffisantes” apportées par DeepSeek à ses questions sur l’utilisation des données personnelles. Jeudi, Canberra a à son tour décidé de retirer de “tous les équipements fixes et mobiles du gouvernement australien” les programmes de DeepSeek, face à un “risque” sécuritaire jugé “inacceptable”.La Chine a dénoncé cette décision, soulignant qu’elle s’opposait à la “politisation des questions économiques, commerciales et technologiques”.Des géants technologiques sud-coréens comme Samsung Electronics ou son rival SK Hynix sont des fournisseurs majeurs des microprocesseurs avancés utilisés pour les serveurs d’IA.Le gouvernement a annoncé mercredi un investissement supplémentaire de 34.000 milliards de wons (presque 22,6 milliards d’euros) dans les semi-conducteurs et les industries de haute technologie.Mardi, le patron d’OpenAI Sam Altman a conclu un partenariat avec le mastodonte sud-coréen d’internet Kakao lors d’un déplacement à Séoul.Kakao, qui propose une application de réservation de taxi, une messagerie ou encore une banque en ligne, va pouvoir désormais recourir au robot conversationnel américain ChatGPT d’OpenAI pour proposer de nouveaux services.

Corée du Sud: deux ministères bloquent l’accès à DeepSeek sur leurs ordinateurs

Les ministères sud-coréens de la Défense et du Commerce ont indiqué jeudi avoir bloqué l’accès à DeepSeek sur leurs ordinateurs, dans l’attente d’explications de la start-up chinoise sur le traitement des informations récoltées auprès des utilisateurs.Le robot conversationnel chinois, qui a fait irruption le mois dernier, a stupéfié par sa capacité à égaler ses concurrents américains pour un coût moindre, et suscité l’inquiétude de gouvernements alors que l’application s’est hissée en tête des téléchargements sur l’App Store.Le 31 janvier, le régulateur sud-coréen chargé de la protection des données personnelles avait annoncé avoir demandé des explications à DeepSeek concernant son traitement des informations fournies par les utilisateurs, à l’instar d’autres pays dont la France et l’Irlande.”Les mesures de blocage de DeepSeek ont été mises en oeuvre spécifiquement pour les PC militaires connectés à Internet”, a précisé le ministère de la Défense à l’AFP, soulignant avoir “rappelé les consignes de sécurité concernant l’utilisation de l’IA générative pour chaque unité et chaque soldat”.Un autre ministère, celui du Commerce, a indiqué que l’accès à DeepSeek avait également été restreint, de manière provisoire, sur tous les ordinateurs de son administration.”Nous avons temporairement bloqué DeepSeek car il n’a pas répondu à l’enquête de la Commission de protection des informations personnelles”, a déclaré à l’AFP un responsable du ministère du Commerce.- “Pas trop excessif” -Le ministère des Finances a également fait part à l’AFP de la “mise en oeuvre de mesures visant à interdire la fuite d’informations personnelles et confidentielles vers DeepSeek” pour tous ses fonctionnaires.Kim Jong-hwa, professeur au département d’intelligence artificielle de l’université Cheju Halla de Jeju (sud), a confié qu’au vu de la rivalité croissante entre les Etats-Unis et la Chine, il soupçonnait des “facteurs politiques” d’être à l’origine de cette réaction.Le chercheur a expliqué à l’AFP que “d’un point de vue technique, les modèles d’IA comme ChatGPT sont également confrontés à de nombreux problèmes de sécurité qui n’ont pas encore été entièrement résolus”.Mais “comme nous ne pouvons pas actuellement évaluer l’attention portée par DeepSeek aux questions de sécurité lors du développement de son chatbot, (…) je pense que prendre des mesures proactives n’est pas trop excessif”, a-t-il dit. Interrogé jeudi lors d’un point presse régulier, Pékin a déploré la décision de ces ministères sud-coréens.Le gouvernement chinois “n’a jamais exigé et n’exigera jamais des entreprises ou des individus qu’ils collectent ou stockent illégalement des données”, a indiqué Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.”La Chine s’est toujours opposée à la généralisation exagérée du concept de sécurité nationale et à la politisation des questions économiques, commerciales et technologiques”, a-t-il déclaré, soulignant que Pékin “défendra fermement les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”. – Précédentes interdictions -Un jour avant son équivalente sud-coréenne, l’autorité italienne de protection des données personnelles avait lancé son enquête sur DeepSeek, à qui elle a interdit de traiter les données des utilisateurs italiens.Elle a justifié sa décision par les réponses “totalement insuffisantes” apportées par DeepSeek à ses questions sur l’utilisation des données personnelles. Jeudi, Canberra a à son tour décidé de retirer de “tous les équipements fixes et mobiles du gouvernement australien” les programmes de DeepSeek, face à un “risque” sécuritaire jugé “inacceptable”.La Chine a dénoncé cette décision, soulignant qu’elle s’opposait à la “politisation des questions économiques, commerciales et technologiques”.Des géants technologiques sud-coréens comme Samsung Electronics ou son rival SK Hynix sont des fournisseurs majeurs des microprocesseurs avancés utilisés pour les serveurs d’IA.Le gouvernement a annoncé mercredi un investissement supplémentaire de 34.000 milliards de wons (presque 22,6 milliards d’euros) dans les semi-conducteurs et les industries de haute technologie.Mardi, le patron d’OpenAI Sam Altman a conclu un partenariat avec le mastodonte sud-coréen d’internet Kakao lors d’un déplacement à Séoul.Kakao, qui propose une application de réservation de taxi, une messagerie ou encore une banque en ligne, va pouvoir désormais recourir au robot conversationnel américain ChatGPT d’OpenAI pour proposer de nouveaux services.

Sommet sur l’IA à Paris: le grand raout s’ouvre avec deux journées de débats scientifiques

Avant d’accueillir patrons de la tech et chefs d’État lundi, le sommet mondial sur l’intelligence artificielle organisé à Paris s’ouvre jeudi avec deux journées où des experts échangeront sur cette technologie qui, en moins de deux ans, a bouleversé de nombreux secteurs.Le programme de cet événement, porté depuis des mois par le président Emmanuel Macron qui a convié Donald Trump et le propriétaire de X Elon Musk, s’étale sur six jours et devrait rassembler des milliers de participants. Il débute jeudi à l’école Polytechnique avec des tables rondes aux sujets pointus. Il y sera question de recherche scientifique, mais aussi de questionnements sur la confiance dans l’IA et les dangers potentiels de cette technologie qui suscite des inquiétudes. Samedi et dimanche, place à un volet culturel: l’occasion de se pencher sur la place de l’IA dans la création artistique et la production de l’information. Dès mercredi soir, le président Macron a organisé un dîner privé, réunissant une vingtaine de chercheurs renommés, dont le Français Yann LeCun, l’un des pères de l’intelligence artificielle et directeur scientifique pour l’IA chez Meta, a indiqué l’Élysée.Avec ce “sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle”, la France espère affirmer sa position sur la carte mondiale de l’IA et influer sur la direction que prendra le développement de cette technologie dans le futur.- Trois prix Nobel -Alors que la participation d’une centaine de pays est annoncée, la liste des représentants politiques a commencé à se préciser: le vice-président américain J.D. Vance représentera les États-Unis, tandis que seront également présents le vice-Premier ministre chinois Ding Xuexiang, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ou encore le chancelier allemand Olaf Scholz.L’incertitude persiste toutefois sur la présence du propriétaire de X, Elon Musk, et sur celle du fondateur de la start-up chinoise DeepSeek, Liang Wenfeng, avec lequel l’Elysée a indiqué être en “discussions”. De nombreux chercheurs se retrouveront jeudi et vendredi pour un premier volet scientifique avec une conférence organisée à l’école d’ingénieurs Polytechnique. Au programme des tables rondes, autour du thème “IA, sciences et société”, des interventions des Français Yann LeCun (Meta) et Joëlle Barral (Google DeepMind), mais aussi de chercheurs américains tels que Michael Jordan, professeur à Berkeley en Californie.En parallèle de ces échanges, trois prix Nobel, Geoffrey Hinton, Maria Ressa et Joseph Stiglitz, se retrouveront pour une conférence organisée par l’Association internationale pour une IA sûre et éthique, créée en 2024.- Crédibilité -Paris, qui a déjà attiré les laboratoires de recherche en IA de plusieurs géants de la tech, tels que Google, Meta ou OpenAI, espère réaffirmer le potentiel national dans le domaine. Le choix de Polytechnique, symbole de l’excellence française dans la formation scientifique, ne doit rien au hasard.”Ce sommet doit vraiment être un moment où on peut positionner Paris comme la capitale mondiale de l’IA”, avait indiqué Clara Chappaz, ministre française chargée de l’Intelligence artificielle, auprès de journalistes de l’AFP.Face à l’irruption de l’IA chinoise DeepSeek, qui a stupéfié la Silicon Valley par sa capacité à égaler ses concurrents américains à un coût très inférieur, et la puissance de frappe des États-Unis, qui ont annoncé 500 milliards de dollars d’investissements pour développer des infrastructures dans l’IA, il s’agit pour la France de prouver sa crédibilité sur la scène mondiale de l’IA, avec ce sommet.Paris espère des annonces d’investissements “massifs”, notamment pour de nouveaux centres de données en France.L’entourage d’Emmanuel Macron évoque un ordre de grandeur “au moins” comparable à celui du sommet annuel Choose France. Vitrine annuelle de l’attractivité française avec ses centaines de patrons étrangers invités, ce sommet avait attiré 15 milliards d’euros d’investissements en 2024.

La Turquie commémore le “séisme du siècle” avec chagrin et colère

La Turquie commémore jeudi le tremblement de terre du 6 février 2023, qui a englouti près de 60.000 vies et transformé des villes entières en champs de ruines.Dès 4H17 (01H17 GMT), l’heure exacte de la secousse d’une magnitude de 7.8, les proches des victimes et les rescapés se sont retrouvés dans plusieurs villes dévastées, dont Adiyaman et Antakya dans le sud-est du pays, la vieille Antioche particulièrement meurtrie, pour se souvenir de ces terribles minutes qui ont emporté leur vie.Le séisme, ressenti jusqu’en Egypte, a fait s’écrouler des milliers d’immeubles dans un grand quart sud-est de la Turquie, prenant au piège en pleine nuit leurs habitants endormis.”Deux ans ont passé mais c’est toujours la même émotion, nous la vivons comme au premier jour. Rien n’a changé”, confie à l’AFP Emine Albayrak, 25 ans qui s’est jointe au rassemblement d’Antakya.”Ca fait deux ans mais c’est comme si c’était hier. La vie continue, mais comment?”, lâche Hümeysa Bagriyanik, 18 ans. “Je me sens étrangère dans ma propre ville, elle est rasée, je ne reconnais rien, aucune des rues que j’emprunte”. Des incidents ont éclaté dans Antakya, traditionnelement frondeuse, quand la foule qui voulait avancer vers le centre-ville a été bloquée par les barricades et les charges de la police. Selon les médias locaux, trois personnes ont été arrêtées.”Vous nous envoyez du gaz, allez-vous aussi arroser nos morts?” a crié la foule en colère, en réclamant la “démission du gouvernement”.- “volonté d’acier” -Dans un message posté sur X à 4H17 exactement, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a qualifié le drame de “catastrophe du siècle”, a appelé ses concitoyens à la “patience”: “Je prie Dieu d’avoir pitié de chacun de nos 53.537 frères et sÅ“urs perdus. Je souhaite encore une fois patience aux familles et à notre nation”.Le chef de l’Etat qui se rendra à Adiyaman dans la journée, promet aussi de poursuivre les efforts de construction “avec beaucoup de travail, de sueur, de courage et une volonté d’acier jusqu’à ce que nos villes soient pleinement rétablies”.Deux ans après, 670.000 personnes vivent toujours dans des conteneurs, attendant pour beaucoup d’être tirées au sort pour pouvoir emménager dans des appartements construits par l’Etat.Près de 201.500 nouveaux logements ont été livrés dans la vaste région affectée par le séisme, et plus de 220.000 autres doivent l’être encore d’ici la fin de l’année, selon le ministère de l’Urbanisme.”Partout où je vais, le premier endroit que je regarde est le plafond. Je me demande s’il s’effondrera et si je resterai coincée sous les décombres”, a confié à l’AFP Sema Genç, 34 ans, une rescapée relogée de la province d’Hatay.Unique survivante de sa famille, elle se dit toujours “en colère” contre l’entreprise qui a construit son ancien immeuble, qui s’est écroulé sur elle et ses proches.A ce jour, 189 personnes, reconnues pour beaucoup coupables de “négligences” dans la construction des bâtiments, ont été condamnées à des peines de prison. Et 1.342 procès impliquant 1.850 prévenus sont en cours, selon le ministère turc de la Justice.- promesses non tenues-Özgür Özel, le chef du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l’opposition turque, présent dans un cimetière d’Adiyaman mercredi a dénoncé “les promesses non tenues” de M. Erdogan, qui s’était engagé au printemps 2023, en pleine campagne présidentielle, à reconstruire plus de 300.000 logements en un an.M. Özel a aussi évoqué les séismes à répétition en mer Egée, près de l’île grecque de Santorin, qui font redouter depuis plusieurs jours une secousse d’ampleur qui pourrait affecter le sud-ouest de la Turquie.Mardi, le ministre turc de l’Urbanisme, Murat Kurum, a mis en garde contre les conséquences d’un “Big One” à Istanbul, la plus grande ville du pays, dont les rives sud ne sont distantes que d’une quinzaine de kilomètres de la faille nord-anatolienne.En 1999, une rupture sur cette faille avait provoqué un séisme de magnitude 7,4 qui avait tué 17.000 personnes, dont un millier à Istanbul. Or nombre d’immeubles de la mégapole ne répondent toujours pas aux normes antisismiques.”Istanbul n’aura pas la force de résister à un nouveau tremblement de terre” d’ampleur, a prévenu mardi le ministre turc, estimant que “des millions de nos frères et sÅ“urs stambouliotes vivent dans 600.000 logements qui pourraient s’effondrer”.

Janvier 2025 le plus chaud jamais mesuré dans le monde, nouveau record “surprenant”, selon Copernicus

Janvier 2025 a été le mois de janvier le plus chaud jamais mesuré dans le monde, selon l’observatoire européen Copernicus, douchant l’espoir que le phénomène La Niña interrompe près de deux ans de records de températures, avant tout sous l’effet du réchauffement climatique d’origine humaine.”Janvier 2025 est un autre mois surprenant, poursuivant les températures record observées au cours des deux dernières années, malgré le développement des conditions La Niña dans le Pacifique tropical et leur effet de refroidissement temporaire sur les températures mondiales”, a déclaré Samantha Burgess, directrice adjointe du service changement climatique (C3S) de Copernicus, dans son bulletin mensuel publié jeudi.Avec une température moyenne de 13,23°C selon Copernicus, “janvier 2025 a dépassé de 1,75°C le niveau préindustriel”, avant que les humains modifient en profondeur le climat par l’utilisation massive du charbon, du pétrole et du gaz fossile.Les scientifiques s’attendaient à ce que la série de records des années 2023 et 2024, les deux plus chaudes jamais mesurées, s’interrompe avec la fin du phénomène naturel réchauffant El Niño et l’arrivée de son opposé, La Niña.”C’est ce qui est un peu surprenant… on ne voit pas cet effet de refroidissement, ou du moins de frein temporaire, sur la température mondiale que l’on s’attendait à voir”, a déclaré à l’AFP Julien Nicolas, un climatologue de Copernicus.Copernicus relève même des signes “d’un ralentissement ou d’un arrêt de l’évolution vers des conditions La Niña”, qui pourrait disparaître complètement d’ici mars, selon le climatologue.Les températures mondiales, dont la hausse a alimenté sécheresses, canicules ou inondations dévastatrices, sont fortement dépendantes de celles des mers. Or les températures à la surface des océans, régulateurs primordiaux du climat qui couvrent plus de 70% du globe, se maintiennent à des niveaux jamais vus avant avril 2023.Pour la surface des océans, janvier 2025 se classe toutefois deuxième mois le plus chaud derrière le record absolu de janvier 2024.En Arctique, où l’hiver est très anormalement chaud, la banquise a atteint sa plus faible étendue pour un mois de janvier, pratiquement égale à 2018, selon Copernicus.- Projections invalides ? -Avec ce record de température, janvier 2025 devient “le dix-huitième des dix-neuf derniers mois pour lequel la température moyenne de l’air à la surface du globe a dépassé de plus de 1,5°C le niveau préindustriel”, note encore l’observatoire européen.Soit davantage que la barre symbolique des +1,5°C, correspondant à la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris de 2015, qui vise à contenir le réchauffement bien en-dessous de 2°C et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C.Cet accord fait toutefois référence à des tendances de long terme: une telle moyenne de réchauffement devra être observée sur au moins 20 ans pour considérer la limite franchie.En prenant ce critère, le climat est actuellement réchauffé d’environ 1,3°C. Le Giec estime que la barre d’1,5°C sera probablement atteinte entre 2030 et 2035. Et ce, quelle que soit l’évolution des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité, aujourd’hui proches du pic mais pas encore en déclin.Si la plupart des climatologues estiment que ces records successifs n’invalident pas les projections, tout en se situant dans la fourchette haute de leurs estimations, certains scientifiques à la marge formulent l’hypothèse que le climat se réchauffe plus vite sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.”Est-ce qu’on arrive à discerner une réponse du climat plus forte? Pour l’instant il y a quelques éléments, mais pas encore je dirais de constat, de démonstration, d’une réponse plus forte que celle attendue”, résume Valérie Masson-Delmotte, éminente climatologue.Les études sont en cours pour se prononcer, mais quoiqu’il en soit, “dans un climat où on continue à ajouter des gaz à effet de serre, il ne faut pas être surpris qu’on batte des records de chaud”, rappelle cette ancienne haut responsable du Giec.

Janvier 2025 le plus chaud jamais mesuré dans le monde, nouveau record “surprenant”, selon Copernicus

Janvier 2025 a été le mois de janvier le plus chaud jamais mesuré dans le monde, selon l’observatoire européen Copernicus, douchant l’espoir que le phénomène La Niña interrompe près de deux ans de records de températures, avant tout sous l’effet du réchauffement climatique d’origine humaine.”Janvier 2025 est un autre mois surprenant, poursuivant les températures record observées au cours des deux dernières années, malgré le développement des conditions La Niña dans le Pacifique tropical et leur effet de refroidissement temporaire sur les températures mondiales”, a déclaré Samantha Burgess, directrice adjointe du service changement climatique (C3S) de Copernicus, dans son bulletin mensuel publié jeudi.Avec une température moyenne de 13,23°C selon Copernicus, “janvier 2025 a dépassé de 1,75°C le niveau préindustriel”, avant que les humains modifient en profondeur le climat par l’utilisation massive du charbon, du pétrole et du gaz fossile.Les scientifiques s’attendaient à ce que la série de records des années 2023 et 2024, les deux plus chaudes jamais mesurées, s’interrompe avec la fin du phénomène naturel réchauffant El Niño et l’arrivée de son opposé, La Niña.”C’est ce qui est un peu surprenant… on ne voit pas cet effet de refroidissement, ou du moins de frein temporaire, sur la température mondiale que l’on s’attendait à voir”, a déclaré à l’AFP Julien Nicolas, un climatologue de Copernicus.Copernicus relève même des signes “d’un ralentissement ou d’un arrêt de l’évolution vers des conditions La Niña”, qui pourrait disparaître complètement d’ici mars, selon le climatologue.Les températures mondiales, dont la hausse a alimenté sécheresses, canicules ou inondations dévastatrices, sont fortement dépendantes de celles des mers. Or les températures à la surface des océans, régulateurs primordiaux du climat qui couvrent plus de 70% du globe, se maintiennent à des niveaux jamais vus avant avril 2023.Pour la surface des océans, janvier 2025 se classe toutefois deuxième mois le plus chaud derrière le record absolu de janvier 2024.En Arctique, où l’hiver est très anormalement chaud, la banquise a atteint sa plus faible étendue pour un mois de janvier, pratiquement égale à 2018, selon Copernicus.- Projections invalides ? -Avec ce record de température, janvier 2025 devient “le dix-huitième des dix-neuf derniers mois pour lequel la température moyenne de l’air à la surface du globe a dépassé de plus de 1,5°C le niveau préindustriel”, note encore l’observatoire européen.Soit davantage que la barre symbolique des +1,5°C, correspondant à la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris de 2015, qui vise à contenir le réchauffement bien en-dessous de 2°C et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C.Cet accord fait toutefois référence à des tendances de long terme: une telle moyenne de réchauffement devra être observée sur au moins 20 ans pour considérer la limite franchie.En prenant ce critère, le climat est actuellement réchauffé d’environ 1,3°C. Le Giec estime que la barre d’1,5°C sera probablement atteinte entre 2030 et 2035. Et ce, quelle que soit l’évolution des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité, aujourd’hui proches du pic mais pas encore en déclin.Si la plupart des climatologues estiment que ces records successifs n’invalident pas les projections, tout en se situant dans la fourchette haute de leurs estimations, certains scientifiques à la marge formulent l’hypothèse que le climat se réchauffe plus vite sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.”Est-ce qu’on arrive à discerner une réponse du climat plus forte? Pour l’instant il y a quelques éléments, mais pas encore je dirais de constat, de démonstration, d’une réponse plus forte que celle attendue”, résume Valérie Masson-Delmotte, éminente climatologue.Les études sont en cours pour se prononcer, mais quoiqu’il en soit, “dans un climat où on continue à ajouter des gaz à effet de serre, il ne faut pas être surpris qu’on batte des records de chaud”, rappelle cette ancienne haut responsable du Giec.

Janvier 2025 le plus chaud jamais mesuré dans le monde, nouveau record “surprenant”, selon Copernicus

Janvier 2025 a été le mois de janvier le plus chaud jamais mesuré dans le monde, selon l’observatoire européen Copernicus, douchant l’espoir que le phénomène La Niña interrompe près de deux ans de records de températures, avant tout sous l’effet du réchauffement climatique d’origine humaine.”Janvier 2025 est un autre mois surprenant, poursuivant les températures record observées au cours des deux dernières années, malgré le développement des conditions La Niña dans le Pacifique tropical et leur effet de refroidissement temporaire sur les températures mondiales”, a déclaré Samantha Burgess, directrice adjointe du service changement climatique (C3S) de Copernicus, dans son bulletin mensuel publié jeudi.Avec une température moyenne de 13,23°C selon Copernicus, “janvier 2025 a dépassé de 1,75°C le niveau préindustriel”, avant que les humains modifient en profondeur le climat par l’utilisation massive du charbon, du pétrole et du gaz fossile.Les scientifiques s’attendaient à ce que la série de records des années 2023 et 2024, les deux plus chaudes jamais mesurées, s’interrompe avec la fin du phénomène naturel réchauffant El Niño et l’arrivée de son opposé, La Niña.”C’est ce qui est un peu surprenant… on ne voit pas cet effet de refroidissement, ou du moins de frein temporaire, sur la température mondiale que l’on s’attendait à voir”, a déclaré à l’AFP Julien Nicolas, un climatologue de Copernicus.Copernicus relève même des signes “d’un ralentissement ou d’un arrêt de l’évolution vers des conditions La Niña”, qui pourrait disparaître complètement d’ici mars, selon le climatologue.Les températures mondiales, dont la hausse a alimenté sécheresses, canicules ou inondations dévastatrices, sont fortement dépendantes de celles des mers. Or les températures à la surface des océans, régulateurs primordiaux du climat qui couvrent plus de 70% du globe, se maintiennent à des niveaux jamais vus avant avril 2023.Pour la surface des océans, janvier 2025 se classe toutefois deuxième mois le plus chaud derrière le record absolu de janvier 2024.En Arctique, où l’hiver est très anormalement chaud, la banquise a atteint sa plus faible étendue pour un mois de janvier, pratiquement égale à 2018, selon Copernicus.- Projections invalides ? -Avec ce record de température, janvier 2025 devient “le dix-huitième des dix-neuf derniers mois pour lequel la température moyenne de l’air à la surface du globe a dépassé de plus de 1,5°C le niveau préindustriel”, note encore l’observatoire européen.Soit davantage que la barre symbolique des +1,5°C, correspondant à la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris de 2015, qui vise à contenir le réchauffement bien en-dessous de 2°C et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C.Cet accord fait toutefois référence à des tendances de long terme: une telle moyenne de réchauffement devra être observée sur au moins 20 ans pour considérer la limite franchie.En prenant ce critère, le climat est actuellement réchauffé d’environ 1,3°C. Le Giec estime que la barre d’1,5°C sera probablement atteinte entre 2030 et 2035. Et ce, quelle que soit l’évolution des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité, aujourd’hui proches du pic mais pas encore en déclin.Si la plupart des climatologues estiment que ces records successifs n’invalident pas les projections, tout en se situant dans la fourchette haute de leurs estimations, certains scientifiques à la marge formulent l’hypothèse que le climat se réchauffe plus vite sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.”Est-ce qu’on arrive à discerner une réponse du climat plus forte? Pour l’instant il y a quelques éléments, mais pas encore je dirais de constat, de démonstration, d’une réponse plus forte que celle attendue”, résume Valérie Masson-Delmotte, éminente climatologue.Les études sont en cours pour se prononcer, mais quoiqu’il en soit, “dans un climat où on continue à ajouter des gaz à effet de serre, il ne faut pas être surpris qu’on batte des records de chaud”, rappelle cette ancienne haut responsable du Giec.