En Syrie, fragile cessez-le-feu dans les quartiers kurdes d’Alep

Les autorités syriennes ont décrété vendredi un cessez-le-feu dans les quartiers kurdes d’Alep, salué par les Etats-Unis, après plusieurs jours d’affrontements avec l’armée qui ont contraint des milliers de civils à fuir.Les violences, qui ont fait au moins 21 morts depuis mardi, sont les plus graves dans la deuxième ville de Syrie entre le gouvernement central et les Kurdes, une importante minorité ethnique qui contrôle de vastes étendues dans le nord-est de la Syrie et certains quartiers d’Alep.Les combats ont poussé des milliers de Kurdes sur la route et fait craindre que le conflit prenne une dimension régionale, la Turquie se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.”Afin d’éviter toute nouvelle escalade militaire”, un cessez-le-feu est ordonné à compter de 03H00 (minuit GMT) dans les quartiers de Cheikh Maqsoud, Achrafieh et Bani Zeid, a annoncé tôt vendredi le ministère de la Défense syrien.Les combattants kurdes avaient jusqu’à 09H00 vendredi (06H00 GMT) pour quitter ces secteurs en n’emportant que leurs “armes légères”, l’armée s’engageant à “leur garantir un passage sûr jusqu’à ce qu’ils aient rejoint le nord-est du pays”.L’objectif est que les habitants puissent “revenir et reprendre le cours d’une vie normale dans un climat de sécurité et de stabilité”, souligne le ministère.Après cette annonce, le calme est revenu, a constaté un photographe de l’AFP, qui n’a pas vu de combattants partir, tandis que des civils profitaient de l’arrêt des combats pour fuir. – “Balles de snipers” -Les Etats-Unis ont exprimé leur “profonde gratitude à toutes les parties (…) pour la retenue et la bonne volonté qui ont rendu possible cette trêve vitale”. “Nous travaillons activement pour prolonger ce cessez-le-feu”, a déclaré sur son compte X l’émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack.Les forces kurdes n’ont pas immédiatement commenté ces annonces.Jeudi, l’armée syrienne a encore pilonné les quartiers kurdes d’Alep et des combats ont fait rage jusque dans la soirée sur fond de tirs d’artillerie.Les autorités avaient accordé trois heures aux civils pour fuir à travers deux “couloirs humanitaires”, empruntés selon elles par quelque 16.000 personnes pour cette seule journée.”Nous avons vécu des moments très difficiles, mes enfants étaient terrorisés”, a raconté à l’AFP Rana Issa, 43 ans. “Nous sommes partis sous les balles des snipers, beaucoup de gens veulent sortir mais ont peur”.Les deux parties se sont rejeté la responsabilité du début des violences, qui ont débuté mardi.Elles surviennent alors que les Kurdes et le gouvernement peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et son bras armé, les puissantes Forces Démocratiques Syriennes (FDS), au sein du nouvel Etat syrien.Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a jugé que “les tentatives de prise d’assaut des quartiers kurdes, en pleine phase de négociation, sapaient les chances de parvenir à une entente”.- Rivalités régionales -Selon Aron Lund, chercheur au centre Century International, “Alep est la zone la plus vulnérable des FDS. Ses quartiers kurdes sont entourés de tous côtés par des territoires contrôlés par le gouvernement”.Face au coût humanitaire et au risque d’embrasement régional, Washington a lancé jeudi “un appel urgent” à cesser les hostilités, par la voix de son émissaire pour la Syrie, Tom Barrack.Les violences ont exacerbé la rivalité en Syrie entre Israël et la Turquie, qui se livrent une lutte d’influence depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Ankara, allié des autorités syriennes, s’est dit prêt à “soutenir” l’armée dans son “opération antiterroriste” contre les combattants kurdes.La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d’envergure contre les forces kurdes.Israël, qui mène des négociations avec Damas pour parvenir à un accord de sécurité, a condamné les “attaques” du pouvoir syrien contre la minorité kurde.A la veille d’une visite vendredi à Damas de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’UE a appelé les belligérants à faire preuve de “retenue” et à “protéger les civils”.

CAN-2025: Brahim et Hakimi, armes fatales d’un Maroc au jeu balbutiant

Balbutiant mais toujours présent, le Maroc, archi-favori de la CAN-2025 qu’il organise, va s’en remettre une nouvelle fois à Brahim Diaz, son facteur X, et Achraf Hakimi, son capitaine star remis de sa blessure à une cheville, pour venir à bout du Cameroun, en quarts de finale vendredi (20h) à Rabat.”Brahim est dans le quota des joueurs qui peuvent te faire gagner la CAN”, a assuré sans ambages Walid Regragui, le sélectionneur des Lions de l’Atlas, après la victoire marocaine en huitièmes face à la modeste Tanzanie (1-0).L’attaquant du Real Madrid, utilisé avec parcimonie depuis l’arrivée de Xabi Alonso en début de saison, venait de sortir le Maroc du piège tanzanien en inscrivant le seul but de la rencontre à la 64e minute, son quatrième de la CAN dont il domine le classement des buteurs. En l’absence de Hakimi, convalescent lors des rencontres de groupe, “Brahim”, comme sont floqués les maillots de la sélection à son nom, s’est mué en patron, inscrivant un but à chaque match, masquant aussi les carences de l’équipe en proie, malgré ses victoires, à d’intenses critiques de la presse et de ses supporters.- Jongles -Avec le retour du latéral du Paris SG en tant que titulaire lors du huitième, l’attaquant a gardé les clés du jeu marocain tentant de compenser le forfait sur blessure pour le reste de la compétition d’Azzedine Ounahi, le “leader technique” des Lions selon Regragui. “Le joueur avec lequel je suis le plus dur dans ce groupe, c’est Brahim parce que je sais ce qu’il peut nous donner: il peut encore faire mieux”, a avancé le sélectionneur marocain, cible principale des critiques, qui reste malgré la tempête, fidèle à ses idées.”Il commence à comprendre que quand il est plus proche de la surface, il peut se permettre de faire surgir son talent, mais de prendre le moins de risques lorsqu’il est plus loin du but, parce qu’il perd des ballons et nous met en danger”, a-t-il expliqué, pas loin de ce que le Camerounais Patrick Mboma a confié à l’AFP.”Souvent, les joueurs d’Afrique du nord en rajoutent, comme Brahim Diaz par exemple qui se met à jongler sur le terrain parce qu’il est devant son public et qu’il sent que les choses vont bien”, a dit l’ancien Lion Indomptable, une tendance que Diaz, né à Malaga, élevé et formé au foot en Espagne, tend à gommer. – “Le meilleur d’Achraf” en quarts-Vendredi face au Cameroun, pour le premier véritable test du Maroc lors de “sa” CAN qu’il doit à tout prix remporter, l’attaquant ne sera plus seul. Achraf Hakimi, tête de gondole de la compétition et leader incontesté des Lions, est de retour. Sa blessure du 4 novembre avec le Paris SG face au Bayern Munich en Ligue des champions n’est plus qu’un lointain souvenir. Un bout de match face à la Zambie en poule (3-0) et un match entier en huitième contre la Tanzanie ont suffi à le signifier au monde entier. Alternant le bon et le moins bon, Hakimi a servi idéalement Diaz pour l’ouverture du score, faisant de son flanc droit l’arme fatale du Maroc. Auparavant, il avait été tout proche de marquer lui-même en catapultant sur la barre transversale un coup franc puissant du pied droit (60e), alors que des “Hakimi ! Hakimi !” retentissaient dans un Stade Prince Moulay Abdellah entièrement acquis à sa cause.”Le meilleur d’Achraf, on va le voir en quarts de finale”, a affirmé Regragui. Le sélectionneur l’espère plus que n’importe qui, lui qui serait assurément et malgré ses succès passés la première victime en cas d’échec vendredi face aux Indomptables camerounais, ressuscités depuis leur arrivée dans le royaume chérifien.

CAN-2025: Brahim et Hakimi, armes fatales d’un Maroc au jeu balbutiant

Balbutiant mais toujours présent, le Maroc, archi-favori de la CAN-2025 qu’il organise, va s’en remettre une nouvelle fois à Brahim Diaz, son facteur X, et Achraf Hakimi, son capitaine star remis de sa blessure à une cheville, pour venir à bout du Cameroun, en quarts de finale vendredi (20h) à Rabat.”Brahim est dans le quota des joueurs qui peuvent te faire gagner la CAN”, a assuré sans ambages Walid Regragui, le sélectionneur des Lions de l’Atlas, après la victoire marocaine en huitièmes face à la modeste Tanzanie (1-0).L’attaquant du Real Madrid, utilisé avec parcimonie depuis l’arrivée de Xabi Alonso en début de saison, venait de sortir le Maroc du piège tanzanien en inscrivant le seul but de la rencontre à la 64e minute, son quatrième de la CAN dont il domine le classement des buteurs. En l’absence de Hakimi, convalescent lors des rencontres de groupe, “Brahim”, comme sont floqués les maillots de la sélection à son nom, s’est mué en patron, inscrivant un but à chaque match, masquant aussi les carences de l’équipe en proie, malgré ses victoires, à d’intenses critiques de la presse et de ses supporters.- Jongles -Avec le retour du latéral du Paris SG en tant que titulaire lors du huitième, l’attaquant a gardé les clés du jeu marocain tentant de compenser le forfait sur blessure pour le reste de la compétition d’Azzedine Ounahi, le “leader technique” des Lions selon Regragui. “Le joueur avec lequel je suis le plus dur dans ce groupe, c’est Brahim parce que je sais ce qu’il peut nous donner: il peut encore faire mieux”, a avancé le sélectionneur marocain, cible principale des critiques, qui reste malgré la tempête, fidèle à ses idées.”Il commence à comprendre que quand il est plus proche de la surface, il peut se permettre de faire surgir son talent, mais de prendre le moins de risques lorsqu’il est plus loin du but, parce qu’il perd des ballons et nous met en danger”, a-t-il expliqué, pas loin de ce que le Camerounais Patrick Mboma a confié à l’AFP.”Souvent, les joueurs d’Afrique du nord en rajoutent, comme Brahim Diaz par exemple qui se met à jongler sur le terrain parce qu’il est devant son public et qu’il sent que les choses vont bien”, a dit l’ancien Lion Indomptable, une tendance que Diaz, né à Malaga, élevé et formé au foot en Espagne, tend à gommer. – “Le meilleur d’Achraf” en quarts-Vendredi face au Cameroun, pour le premier véritable test du Maroc lors de “sa” CAN qu’il doit à tout prix remporter, l’attaquant ne sera plus seul. Achraf Hakimi, tête de gondole de la compétition et leader incontesté des Lions, est de retour. Sa blessure du 4 novembre avec le Paris SG face au Bayern Munich en Ligue des champions n’est plus qu’un lointain souvenir. Un bout de match face à la Zambie en poule (3-0) et un match entier en huitième contre la Tanzanie ont suffi à le signifier au monde entier. Alternant le bon et le moins bon, Hakimi a servi idéalement Diaz pour l’ouverture du score, faisant de son flanc droit l’arme fatale du Maroc. Auparavant, il avait été tout proche de marquer lui-même en catapultant sur la barre transversale un coup franc puissant du pied droit (60e), alors que des “Hakimi ! Hakimi !” retentissaient dans un Stade Prince Moulay Abdellah entièrement acquis à sa cause.”Le meilleur d’Achraf, on va le voir en quarts de finale”, a affirmé Regragui. Le sélectionneur l’espère plus que n’importe qui, lui qui serait assurément et malgré ses succès passés la première victime en cas d’échec vendredi face aux Indomptables camerounais, ressuscités depuis leur arrivée dans le royaume chérifien.

Suisse: l’heure du recueillement après l’incendie tragique de Crans-Montana

Toute la Suisse est appelée vendredi à rendre hommage aux jeunes victimes de l’incendie d’un bar qui a endeuillé la station de ski de Crans-Montana la nuit du nouvel an, faisant 40 morts et 116 blessés.Les autorités de la Confédération et les Eglises de Suisse ont invité la population à observer une minute de silence à 14H00 (13H00 GMT). Les cloches des églises retentiront ensuite dans l’ensemble du pays alpin.Dans le même temps, une cérémonie commémorative doit se tenir à Martigny, ville située dans la vallée du Rhône, non loin de Crans-Montana. Les capacités d’accueil et les conditions météo devraient y être plus favorables que dans la station du Valais (sud-ouest), balayée par la neige depuis jeudi soir, mais des écrans géants permettront aussi à la population de Crans-Montana de suivre les cérémonies.Devant le bar Le Constellation, un mémorial orné de fleurs, de bougies, de peluches et de photos des victimes, était recouvert d’une toile blanche en forme d’igloo pour le protéger de la neige. À l’intérieur, dans une atmosphère chargée d’odeurs parfumées, une femme, submergée par l’émotion, tente d’allumer une bougie, tandis qu’une autre la réconforte en lui tenant le bras. – Deuil national -Sur une autre table, un épais livre de condoléances est déjà presque rempli. “Un deuil, un grand deuil national à jamais gravé dans nos esprits. Paix à leur âme. Toutes mes pensées aux parents, familles et amis”, dit l’un des messages.La France et l’Italie, particulièrement affectées par le drame avec respectivement neuf et six morts et de nombreux blessés, seront représentées à Martigny par les présidents Emmanuel Macron et Sergio Mattarella. Au total, 19 nationalités ont été frappées par le drame qui a fait 40 morts – dont une moitié de mineurs – et 116 blessés. Selon un dernier décompte, un total de 83 blessés demeurent à ce jour hospitalisés en Suisse, mais aussi dans des services pour grands brûlés en France, en Italie, en Allemagne et en Belgique.Après le drame, le président de la Confédération helvétique Guy Parmelin avait affirmé qu’il s’agissait de “l’une des pires tragédies” que la Suisse ait connues. – Les Moretti entendus -L’enquête devra faire la lumière sur les responsabilités des propriétaires Jacques et Jessica Moretti, un couple de Français qui se retrouve au centre de l’attention. Ils sont arrivés vendredi matin au siège du ministère public de Sion, la capitale régionale, au milieu d’une nuée de journalistes, pour y être entendus pour la première fois depuis l’ouverture le 3 janvier d’une instruction pénale pour “homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence”.”On attend que nos clients, que les familles puissent avoir des réponses, qu’ils puissent se sentir considérés et puis que toutes les responsabilités de A à Z soient établies”, a commenté sur place un des avocats des victimes, maître Romain Jordan, qui doit assister à l’audience.Selon lui, les familles veulent savoir “pourquoi ce drame, qui n’aurait jamais dû avoir lieu, a pu se produire ici, en Suisse, malgré tout un arsenal juridique, un arsenal législatif, un arsenal de surveillance ?”D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame aurait été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec le plafond du sous-sol du bar Le Constellation, sis en bas d’un immeuble de la station cossue du Valais.L'”embrasement généralisé” et soudain du local aurait ensuite piégé les clients, principalement des adolescents et de jeunes adultes.En cette soirée de la Saint-Sylvestre, l’établissement était bondé et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des bousculades de personnes tentant désespérément de sortir au niveau du rez-de chaussée.Mardi, la commune de Crans-Montana a provoqué une première secousse dans l’enquête en reconnaissant une faute grave: aucune inspection sécurité et incendie du bar n’a été effectuée depuis 2019. Ce qui a suscité la consternation des familles de victimes.Le local et ses voies de sortie étaient-ils aux normes? Pourquoi autant de mineurs étaient-ils présents au moment du drame? Pourquoi le feu s’est-il propagé aussi rapidement? Y avait-il un extincteur accessible au sous-sol? Les interrogations sont nombreuses.La nature de la mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment au coeur des débats qui agitent médias et réseaux sociaux en Suisse, comme en France et en Italie. Jacques Moretti – connu de la justice française et condamné pour une affaire de proxénétisme en 2008 – et son épouse n’ont été ni placés en détention provisoire, ni assignés à résidence, ce qui a suscité l’étonnement. Dans un communiqué, le couple a assuré mardi de son “entière collaboration” à l’enquête, indiquant qu’il “ne se dérober(ait) pas”.