Open d’Australie: Alcaraz et Sabalenka en patrons, Williams battue avec les honneurs

Les N.1 mondiaux Carlos Alcaraz et Aryna Sabalenka se sont qualifiés sans grande frayeur dimanche pour le deuxième tour de l’Open d’Australie, l’ex-patronne du circuit Venus Williams s’inclinant elle en trois sets pour son retour à Melbourne à plus de 45 ans.Triple finaliste sortante, Sabalenka s’est d’abord imposée 6-4, 6-1 contre la Française Sarah Rakotomanga (118e) pour entamer sa quête d’un troisième titre à Melbourne après ceux de 2023 et 2024. Sous le regard des légendes Rod Laver et Roger Federer, “je n’ai pas très bien débuté et elle a tout de suite très bien joué”, a déclaré la Bélarusse de 27 ans. “Son service m’a décontenancée. Il n’était pas tellement lourd ou rapide, mais elle trouvait de très bonnes zones. J’avais du mal à trouver la bonne position pour le retourner”, a détaillé Sabalenka.”C’était un match piège (…) je suis contente de l’avoir bouclé en deux sets secs”, a commenté la quadruple lauréate de tournois du Grand Chelem, opposée au deuxième tour à la surprenante Chinoise Bai Zhuoxuan (702e).Autre tête d’affiche de la première session de nuit du premier Grand Chelem de la saison, Alcaraz a succédé à Sabalenka sur le Central et dominé 6-3, 7-6 (7/2), 6-2 l’Australien Adam Walton (81e).Pour son premier match officiel depuis sa séparation mi-décembre de son entraîneur historique Juan Carlos Ferrero, le N.1 mondial a connu une petite baisse de régime en début de deuxième set, avant d’effacer son break de retard et de s’imposer en un peu plus de deux heures.”C’était un match difficile pour moi” mais “dans l’ensemble, je suis content”, a commenté le vainqueur en conférence de presse.”En termes de niveau de jeu ou de tactique, je sais que je dois améliorer beaucoup de choses si je veux aller plus loin dans le tableau”, a-t-il estimé.En quête à Melbourne du seul titre du Grand Chelem qui lui manque, l’Espagnol de 22 ans affrontera au deuxième tour l’Allemand Yannick Hanfmann (102e).- Williams est “passée tout près” -Dans la John Cain Arena, l’ex-N.1 mondiale Venus Williams a livré un combat de plus de deux heures contre la Serbe Olga Danilovic (69e) mais a fini par s’incliner 6-7 (5/7), 6-3, 6-4.Vingt-huit ans après sa première apparition dans le tableau final à Melbourne, la septuple lauréate du Grand Chelem a mené 4-0 dans le set décisif, avant de s’effondrer et de perdre les six derniers jeux du match.”C’est génial d’avoir joué aussi bien, d’être passée tout près” de la victoire”, a savouré la double finaliste à Melbourne (2003 et 2017), bénéficiaire d’une invitation des organisateurs pour intégrer directement le tableau final en dépit de son classement actuel (578e).Plusieurs têtes de série ont mordu la poussière dimanche, comme la Russe Ekaterina Alexandrova (11e), l’Italien Flavio Cobolli (22e) ou les Ukrainiennes Dayana Yastremska (28e) et Marta Kostyuk (20e).Cette dernière a été battue par Elsa Jacquemot à l’issue d’un marathon de 3h31, gagné 6-7 (4/7), 7-6 (7/4), 7-6 (10/7) par la Française.”Ça va faire partie des matches que je n’oublierai pas”, a assuré Jacquemot après la première victoire de sa carrière contre une membre du top 20. Mais “je n’ai passé que le premier tour”, a nuancé la droitière de 22 ans.Finaliste sortant à Melbourne, le N.3 mondial Alexander Zverev a survécu à un premier tour piégeux contre le Canadien Gabriel Diallo (41e), dominé 6-7 (1/7), 6-1, 6-4, 6-2.”Je n’aurais pas pu jouer plus mal que ça au premier set”, a fulminé l’Allemand de 28 ans.Heureusement pour lui, Zverev a ensuite accéléré et retrouvera au prochain tour le Français Alexandre Müller (52e) ou l’Australien Alexei Popyrin (50e).Un deuxième tour que disputeront également l’Italienne Jasmine Paolini (8e), le Kazakhstanais Alexander Bublik (10e) et l’Ukrainienne Elina Svitolina (12e), qualifiés dimanche sans laisser échapper le moindre set.La journée de lundi sera marquée par l’entrée en lice du décuple vainqueur à Melbourne Novak Djokovic (4e) et de la N.2 mondiale Iga Swiatek, qui chasse comme Alcaraz le seul titre du Grand Chelem manquant à son palmarès.

L’armée reprend aux forces kurdes le plus grand champ pétrolifère de Syrie

L’armée syrienne a repris dimanche aux forces kurdes le plus grand champ pétrolifère de Syrie, poursuivant son offensive dans le nord et l’est du pays où le pouvoir de Damas veut étendre son autorité.Confronté au défi d’unifier le pays déchiré par la guerre civile, le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé Bachar al-Assad il y a plus d’un an, cherche à reprendre le contrôle de ces régions où les Kurdes jouissaient d’une autonomie de facto depuis plus de dix ans. Dans un geste apparent de bonne volonté, le président avait accordé vendredi par décret des droits nationaux inédits aux Kurdes, reconnaissant notamment leur langue comme officielle. Une mesure jugée insuffisante par l’administration autonome kurde du nord de la Syrie.Parallèlement, les négociations entre le pouvoir central et les Kurdes, visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l’Etat aux termes d’un accord conclu en mars 2025, sont dans l’impasse.Dimanche à l’aube, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, “se sont retirées de tous les secteurs sous leur contrôle” dans l’est de la province de Deir Ezzor, peuplée en majorité d’arabes, dont “les champs pétrolifères de al-Omar”, le plus grand du pays “et al-Tanak”, selon une ONG.Les autorités de cette province de l’est de la Syrie ont annoncé que “toutes les institutions publiques” resteraient fermées dimanche et appelé les habitants “à rester chez eux”.Pour le ministre de l’Energie Mohammad al-Bachir, la reprise de contrôle par l’Etat des ressources naturelles “signifie ouvrir grand la porte à la reconstruction, au renouveau de l’agriculture, de l’énergie et du commerce”. – “Sécurité” -Le champ d’al-Omar était sous le contrôle des forces kurdes depuis qu’elles en ont expulsé le groupe jihadiste Etat islamique en 2017. Pendant des années, ce site avait abrité la plus grande base de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, qui a aidé les FDS à combattre l’EI, finalement défait en Syrie en 2019.La minorité kurde avait alors profité du chaos de la guerre civile, qui a pris fin en 2024, pour s’emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, incluant champs pétroliers et gaziers.La semaine dernière, les forces gouvernementales ont délogé les combattants kurdes de quartiers d’Alep, puis les ont sommés de se retirer d’une zone située entre cette ville du nord du pays et l’Euphrate, plus à l’est.A mesure que les forces kurdes se repliaient sans opposer de véritable résistance, les troupes gouvernementales ont progressé vers l’est et se rapprochent désormais de Raqa, l’ancienne capitale de facto de l’EI, dans la province du même nom, où elles ont annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la ville de Tabqa. Selon l’agence Sana, deux civils ont été tués dimanche à Raqa par des tirs des FDS. L’OSDH a fait état d’affrontements dans plusieurs quartiers.A Tabqa, les forces gouvernementales sont déployées avec des véhicules blindés et des chars autour de la ville et patrouillent dans les rues, aux magasins fermés, a constaté un correspondant de l’AFP. “Les forces de sécurité et l’armée y mènent des opérations de ratissage”, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire, faisant état d’affrontements sporadiques avec les FDS. A Tabqa, les autorités de Damas ont annoncé avoir pris aussi le contrôle du principal barrage sur ce fleuve.”Nous demandons la sécurité”, a affirmé à l’AFP Ismail Al-Omar, un agriculteur de 43 ans, assis devant sa maison, ajoutant que beaucoup d’habitants “restent chez eux par peur”. Plus loin, Ahmad Hussein espère que “la situation s’améliorera avec l’arrivée de l’armée syrienne”. Les combattants kurdes affirment pourtant que cette localité, à une quarantaine de kilomètres de Raqa, ne faisait pas partie de l’accord de retrait qu’ils avaient accepté.- Appel kurde à manifester -Les FDS ont fait état d’affrontements avec les troupes de Damas dans le village d’al Mansoura, sur les rives de l’Euphrate, à moins de 20 kilomètres de Tabqa. L’agence Sana a ensuite affirmé que les FDS avaient fait sauter dans la nuit les deux ponts menant vers Raqa, coupant la ville de la zone située sur la rive occidentale.L’offensive de l’armée inquiète les pays occidentaux, dont les Etats-Unis, qui ont récemment levé leurs sanctions imposées à Damas sous Bachar al-Assad.La minorité kurde, notamment répartie entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran, a souffert de décennies d’oppression en Syrie, où elle est estimée à quelque deux millions de personnes, sur 20 millions d’habitants.Les autorités kurdes ont appelé à des manifestations en soutien aux FDS dans plusieurs villes kurdes, dont Qamichli, principale ville de la zone autonome kurde.

Les opposants à la future loi fin de vie manifestent à Paris

Plusieurs milliers d’opposants à la future loi fin de vie, dont l’examen reprend mardi au Sénat, se sont retrouvés dimanche à Paris dans le cadre de la “marche pour la vie” pour “porter le message que la vie vaut d’être vécue”.Cette manifestation, organisée chaque année par des militants s’inscrivant dans les rangs catholiques conservateurs, a débuté à 14H00 place Vauban à Paris. Selon ses organisateurs, elle devait rassembler quelque 10.000 personnes.”Le projet de loi sur la fin de vie est un basculement civilisationnel”, a déclaré à l’AFP Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la “marche pour la vie”.”Le médecin est là pour soigner, pour soulager le malade, non pour lui donner la mort. Nous voulons que les plus fragiles soient respectés dans leur dignité humaine et accompagnés jusqu’à leur mort naturelle avec des soins palliatifs. L’euthanasie va tuer les soins palliatifs”, a-t-elle poursuivi.”Ce projet de loi est un dévoiement de la mission du corps médical, qui est de protéger la vie. L’histoire l’a montré, là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté”, a aussi lancé sur le podium Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, avant le début de la marche. Repoussés en raison de l’instabilité politique, les débats sur la fin de vie ont repris en commission mercredi au Sénat. Le texte doit désormais être examiné à partir de mardi dans l’hémicycle avant un vote solennel prévu le 28 janvier. L’Assemblée nationale devrait s’en saisir de nouveau en février. Deux propositions de loi sont examinées en parallèle, une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre, nettement plus sensible, sur la création d’une aide à mourir.”On espère que la majorité sénatoriale s’opposera à la mort administrée”, a déclaré à l’AFP il y a quelques jours le président de la “marche pour la vie”, Guillaume de Thieulloy. Car “si l’euthanasie est légalisée, c’est la mort des soins palliatifs”, a-t-il estimé, appelant les parlementaires à instaurer des “garde-fous” en matière notamment de délais de réflexion et de clause de conscience. “Je suis là pour montrer qu’il y a des jeunes qui défendent la vie, que la vie n’appartient à personne”, a expliqué dimanche à l’AFP Marie, 17 ans, en école d’infirmière, sans vouloir donner son nom de famille. “Tous les Français devraient se mobiliser contre ce projet de loi ignoble, qui derrière une prétendue compassion, consiste tout simplement à faire mourir des gens par injection létale”, a de son côté estimé Jean-François De Wilde, 75 ans, qui vient chaque année de Normandie pour la marche. “C’est un retour en arrière de la civilisation. Après avoir été le seul pays au monde à constitutionnaliser l’IVG, le gouvernement s’attaque à l’autre bout de la vie”.Parmi les autres mots d’ordre de la manifestation de dimanche, figurent le développement d’un “grand plan soins palliatifs”, la défense de l’objection de conscience des personnels de santé ou encore “encourager l’accouchement sous X”. L’an dernier, la “marche pour la vie” avait été placée sous le signe de l’opposition à l’avortement 50 ans après la loi Veil. Elle avait rassemblé 4.300 personnes, selon la préfecture de police, 15.000 participants selon les organisateurs. 

Présidentielle au Portugal : l’extrême droite attendue au second tour

Les Portugais se rendent aux urnes dimanche pour le premier tour d’une élection présidentielle où l’extrême droite, déjà la plus grande force d’opposition nationale, peut franchir un nouveau palier en plaçant son candidat au second tour.Avant les résultats du comptage des suffrages, attendus plus tard dans la soirée, les projections de sortie des bureaux de vote des télévisions seront connues à 20H00 (heures locale et GMT).Selon les sondages, André Ventura, le président du parti d’extrême droite Chega (“Assez”), pourrait arriver en tête de ce scrutin mais ce député de 43 ans aurait très peu de chances de l’emporter au second tour, prévu pour le 8 février.”Je suis très confiant”, a-t-il assuré après avoir voté à Lisbonne, où brillait un éclatant soleil d’hiver.”On ne peut pas passer notre temps à critiquer les choses et rester assis sur le canapé le jour où nous sommes appelés à prendre une décision”, a-t-il ajouté.Jusqu’à midi, le taux de participation des 11 millions d’électeurs au Portugal et à l’étranger était de 21,18%, en nette hausse par rapport à la présidentielle de 2021, organisée en pleine pandémie de Covid-19 et à l’issue beaucoup plus prévisible, qui avait enregistré une abstention record.Au bout d’une campagne électorale cette fois à grand suspense, le candidat socialiste Antonio José Seguro semblait avoir une petite longueur d’avance sur l’eurodéputé libéral Joao Cotrim Figueiredo dans la course pour la deuxième place.- “Candidat du peuple” -Luis Marques Mendes, le représentant du camp du gouvernement de droite, et l’indépendant Henrique Gouveia e Melo, un amiral à la retraite qui avait dirigé avec succès la campagne de vaccination contre le Covid-19, gardaient eux aussi l’espoir de se qualifier pour le second tour, qui opposera les deux personnalités ayant recueilli le plus de voix dimanche.Le vainqueur de l’élection succédera au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, élu à deux reprises dès le premier tour. Depuis l’avènement de la démocratie au Portugal, une seule présidentielle s’est décidée au second tour, en 1986.Déjà candidat en 2021, André Ventura avait alors recueilli 11,9% des suffrages, soit près de 500.000 voix, pour terminer en troisième position, juste derrière une candidate socialiste dissidente.Depuis, son parti n’a cessé de progresser dans les urnes, obtenant 22,8% des suffrages et 60 députés aux législatives de mai dernier, dépassant le Parti socialiste en tant que premier parti d’opposition au gouvernement minoritaire de Luis Montenegro.”Un nouveau score solide pour l’extrême droite confirmerait sa domination sur le paysage politique” et marquerait un nouveau chapitre dans “la bataille en cours au sein de la droite, entre le centre droit traditionnel et l’extrême droite émergente”, a résumé dans une note le cabinet d’analyses Teneo.Auto-proclamé “candidat du peuple” qui promet de “mettre de l’ordre” au Portugal, M. Ventura a terminé sa campagne en demandant aux autres partis de droite de ne pas lui “faire obstacle” en cas d’éventuel second tour l’opposant au candidat socialiste.- “Bon sens” -Antonio José Seguro, un socialiste ancré au centre, a quant à lui joué la carte du candidat rassembleur et modéré, se posant en défenseur de la démocratie contre “l’extrémisme”.”Je crois dans le bon sens des Portugais”, a lancé cet homme de 63 ans après voté dimanche à Caldas da Rainha (centre), où il réside.A Lisbonne, Alexandre Leitao, un biologiste de 50 ans, reconnaît avoir fait le choix d’un vote utile à gauche, disant assister avec “une grande inquiétude” à “une dérive vers l’extrême droite très négative”.”Nous, les jeunes, nous ne sommes pas contents du pays que nous avons”, a témoigné Irina Ferestreoaru, une électrice de 33 ans d’origine roumaine. Selon elle, la popularité croissante d’André Ventura constitue “un signal d’alerte” pour le Portugal “car les gens désespèrent de voir du changement”.”Celui qui me séduit le plus, c’est encore l’amiral. Les autres, ce sont des candidats liés aux partis politiques. Ils défendent uniquement leurs intérêts”, a pour sa part commenté José Alexandre, un ouvrier de 59 ans, après avoir voté dans la banlieue sud de la capitale.Elu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, le président portugais n’a pas de pouvoirs exécutifs mais peut être appelé à jouer un rôle d’arbitre en cas de crise, disposant du droit de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives.