La SNCF conclut mardi ses négociations annuelles sur les salaires

Le trafic ferroviaire était quasi-normal à la SNCF mardi, malgré l’appel à la grève national lancé par deux syndicats le jour où doivent aboutir les négociations annuelles sur les salaires au sein du groupe ferroviaire national.Le “trafic TGV et Intercités est normal ce mardi” a indiqué SNCF Voyageurs, mais le trafic est perturbé localement sur le réseau des trains régionaux, notamment en Ile-de-France (lignes D, R et E) et en Occitanie.Ce mouvement social intervient dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui s’achèvent mardi. Les deux syndicats qui appellent à la grève, CGT et Sud-Rail, comptent ainsi soutenir leurs revendications. Malgré le versement d’une prime anticipée en décembre par la direction, la CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe, et Sud-Rail, troisième organisation, estiment que le compte n’y est pas.Dans un tract publié jeudi, la CGT réclame une hausse des salaires et des pensions de 12% ainsi que la mise en place d’un treizième mois pour tous les cheminots et d’une grille unique des salaires quel que soit leur statut. Elle dénonce également les recrutements insuffisants et la dégradation des conditions de travail en appelant à la mobilisation.Pour Sud-Rail, “l’évolution du métier, marquée par l’augmentation constante des missions et une polyvalence imposée, doit obliger la direction à revaloriser immédiatement les salaires” de 400 euros pour tous les salariés et à augmenter les primes.”L’entreprise ferroviaire SNCF est la plus rentable d’Europe en ce moment: quand est-ce que le pouvoir d’achat des cheminots va monter s’il se contente de stagner quand tout va bien?”, s’est interrogé Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud-Rail auprès de l’AFP. – Garder les salariés -Les résultats financiers 2025 de la SNCF seront connus fin février. Au premier semestre, elle a multiplié par six son bénéfice net, à 950 millions d’euros, portée notamment par la hausse du trafic sur les rails et l’engouement des voyageurs pour le train depuis le Covid.La direction n’a pas divulgué la proposition de hausse salariale qui sera faite mardi aux syndicats lors d’une table ronde.Mais elle fait valoir que les cheminots ont bénéficié en moyenne d’une hausse de rémunération des personnels présents de 16,4% sur les quatre dernières années, pour une inflation cumulée de 8,1% sur la période. Et 100% d’entre eux ont eu plus de 10%, précise la direction qui compte porter son attention sur les bas salaires, dont “aucun n’est inférieur au Smic + 10%”, c’est-à-dire 1.594 euros net actuellement.Depuis son arrivée à la tête de la SNCF début novembre, l’ancien premier ministre Jean Castex a reçu toutes les organisations syndicales afin d’échanger sur la façon dont le groupe compte accompagner la transition, voire la mutation, à laquelle il est confronté dans les prochaines années, avec l’ouverture à la concurrence sur ses rails.Charge de travail, santé mentale, formation, égalité hommes-femmes, la SNCF a lancé des ateliers et des travaux sur plusieurs sujets pour tenter de maintenir son attractivité et fidéliser ses salariés.Certains – à la maintenance par exemple-  pourraient être tentés de partir chez des constructeurs comme Alstom ou Airbus à Toulouse. Les cheminots employés pour faire rouler les trains – conducteurs, chefs de bord ou contrôleurs – pourraient être tentés par les sociétés de transport concurrentes qui arrivent sur les rails français comme Trenitalia.Car depuis une réforme en 2020, la SNCF ne recrute plus de personnel “au statut” garantissant un emploi à vie. Les cheminots statutaires représentent encore deux tiers des personnels. Les autres sont des contractuels en contrat à durée indéterminée (CDI). Ils devraient représenter 50% des effectifs d’ici la fin de la décennie, selon les projections de la direction qui estime qu’elle doit “repenser complètement sa politique d’attractivité” pour garder ses salariés.

Ukraine: frappes russes massives, quatre morts et des coupures de courant

Au moins quatre personnes sont mortes près de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, au cours d’une nuit de bombardements russes massifs qui ont provoqué mardi de nouvelles coupures de courant dans le pays en proie à un hiver glacial, a indiqué Kiev.Moscou a visé les régions de Kiev, Kharkiv, Zaporijjia (sud), Dnipropetrovsk (centre-est) avec 25 missiles et 293 drones, a indiqué l’armée de l’air ukrainienne, quatre jours après un pilonnage similaire. Depuis près de quatre ans, la Russie bombarde villes et infrastructures du pays.”Ce matin est glacial en Ukraine avec des températures en dessous de -15°C. Et c’est exactement pour cela que la Russie a attaqué l’Ukraine (…) en visant le secteur énergétique pour priver les gens d’électricité, d’eau et de chauffage”, a affirmé sur X le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga.Un journaliste de l’AFP a vu des pompiers s’affairer autour des décombres d’un entrepôt postal en proie aux flammes près de Kharkiv, où une frappe russe a fait au moins quatre morts et six blessés, selon le gouverneur régional Oleg Synegoubov.Andriï Pidnebesny, un responsable de l’entreprise âgé de 31 ans, a raconté à l’AFP avoir ressenti le souffle de l’explosion, qui a laissé plusieurs de ses collègues coincés sous les gravats.”Il y a du danger partout. Vous ne savez jamais ce qui peut arriver. Vous allez dans un magasin et vous pouvez être tué. Vous allez au travail, vous dormez chez vous, la même chose peut se produire”, a-t-il déclaré.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé sur X une frappe “sans aucun but militaire” sur l’entrepôt et les bombardements qui ont laissé “plusieurs centaines de milliers de foyers sans électricité” dans la région de Kiev.”La Russie doit comprendre que le froid ne l’aidera pas à gagner la guerre”, a-t-il néanmoins ajouté, réitérant son appel aux pays alliés de Kiev à renforcer les systèmes de défense aérienne de l’Ukraine.Le ministère de l’Energie a annoncé de nouvelles coupures de courant dans la capitale et ses environs en raison des attaques sur les infrastructures électriques et des conditions météorologiques, alors que Kiev connaît des températures oscillant entre -7°C et -15°C.A Kiev, des journalistes de l’AFP ont vu des clients faire leurs courses dans les allées sombres d’un magasin dont quelques caisses fonctionnaient encore grâce à un générateur.- Usine de drones -A Odessa sur la mer Noire, 47.000 foyers étaient privés de courant selon l’opérateur électrique privé DTEK, en raison d’attaques sur deux de ses installations énergétiques.C’est, selon lui, la huitième attaque depuis octobre contre ses installations. “Depuis le début de l’invasion, les centrales de DTEK ont été attaquées par l’ennemi plus de 220 fois”, a ajouté la compagnie sur Telegram.Six personnes ont été blessées dans deux attaques de drones successives sur le centre-ville d’Odessa qui ont touché des bâtiments civils, selon le gouverneur régional Oleg Kiper.Une femme et un homme ont également été blessés dans la région de Dnipropetrovsk selon les services de secours ukrainiens mardi.Le ministère russe de la Défense a affirmé mardi, comme après chaque frappe, que Moscou ne vise que des cibles liées aux forces ukrainienne.L’armée ukrainienne, qui cible également des infrastructures russes en disant vouloir assécher les finances et la production militaire russes, a affirmé mardi avoir frappé une usine de drones à Taganrog dans la région frontalière de Rostov et plusieurs cibles militaires dans les territoires ukrainiens occupés par Moscou.La maire de Taganrog, Svetlana Kamboulova, a fait état mardi de l’entrée en vigueur d’un “état d’urgence local” après des dégâts subis notamment par deux entreprises.Les efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin au conflit se sont intensifiés ces derniers mois sous l’impulsion du président américain Donald Trump, mais sans aboutir à des avancées concrètes.Les Etats-Unis ont dénoncé lundi devant le Conseil de sécurité de l’ONU une “escalade dangereuse et inexplicable” de la Russie après son utilisation vendredi du missile balistique de dernière génération Orechnik. Moscou affirme avoir frappé une usine aéronautique près de Lviv (ouest).

Iran worries push up oil price as world stocks diverge

European and Asian stock markets diverged Tuesday as investors awaited key US inflation data while concerns about Iran lifted oil prices.Tokyo closed at a record high and the yen fell on speculation over a snap election in Japan.Paris and Frankfurt were in the red nearing the half-way mark, while London was flat. Wall Street finished at another record high Monday, as investors shrugged off worries about a US criminal probe of the Federal Reserve central bank.The heads of major central banks have thrown their support behind the US Fed and its chairman Jerome Powell, saying in a joint statement Tuesday that it was “critical to preserve” their independence.On Sunday, Powell took aim at escalating pressure from President Donald Trump’s administration to lower interest rates.Investors were treading water ahead of the release of US inflation data later in the day.”This is by far the most important metric for the Fed,” said Kathleen Brooks, research director at XTB trading group. “Today’s data is expected to reset inflation expectations and be a clear indicator of what the Fed should do this year and how many rate cuts to expect,” she added.In Asia, Tokyo’s Nikkei closed up 3.1 percent, driven by anticipation that Prime Minister Sanae Takaichi will capitalise on strong poll numbers by calling an election.Takaichi was appointed Japan’s first woman prime minister in October and her cabinet is enjoying an approval rating of around 70 percent.But her ruling bloc has only a slim majority in parliament’s powerful lower house, hindering her ambitious policy agenda.Hong Kong also gained, while Shanghai closed lower. Seoul climbed 1.5 percent after South Korean chip giant SK hynix said it would spend 19 trillion won ($12.9 billion) building an advanced chip packaging plant, as the firm rides the global AI boom.Oil prices rose after US President Donald Trump announced a 25-percent tariff on any country trading with Iran, ramping up pressure on Tehran and its friends over its violent crackdown on a wave of protests.Trump said in a social media post on Monday that the new levies would “immediately” hit the Islamic republic’s trading partners who also do business with the United States.The move “is likely to hit its biggest trading partners like China”, said Victoria Scholar, head of investment at Interactive Investor.In other company news, shares in Danish renewable energy firm Orsted climbed five percent after a US judge cleared the way for its offshore wind project to resume work in New England, nullifying a Trump administration order pausing the project.- Key figures at around 1100 GMT -London – FTSE 100: FLAT at 10,144.11 pointsParis – CAC 40: DOWN 0.5 percent at 8,316.16Frankfurt – DAX: DOWN 0.1 percent at 25,368.69Hong Kong – Hang Seng Index: UP 0.9 percent at 26,848.47 (close)Shanghai – Composite: DOWN 0.6 percent at 4,138.76 (close)Tokyo – Nikkei 225: UP 3.1 percent at 53,549.16 (close)New York – Dow: UP 0.2 percent at 49,590.20 (close)Euro/dollar: UP at $1.1667 from $1.1666 on MondayPound/dollar: UP at $1.3471 from $1.3466Dollar/yen: UP at 158.89 yen from 158.17 yenEuro/pound: DOWN at 86.62 pence from 86.63 penceBrent North Sea Crude: UP 1.2 percent at $64.65 per barrelWest Texas Intermediate: UP 1.3 percent at $60.28 per barrel

Volvo Cars pauses battery factory after fruitless partner search

Swedish automaker Volvo Cars said Tuesday that it was pausing operations at a battery factory under construction, dismissing all 75 workers there, after failing to find a partner for the business.Volvo Cars, majority-owned by the Chinese conglomerate Geely, last year took full control of NOVO Energy, a subsidiary it had previously shared with Northvolt, a battery maker that went bankrupt in March.Northvolt’s failure, one of the biggest in Swedish corporate history, highlights the difficulties for EU battery producers facing by high costs and Chinese competition.Last month, the EU Commission said it would provide 1.5 billion euros ($1.76 billion) to support the bloc’s battery producers through interest-free loans.NOVO Energy, founded in 2021, was to build a mega battery factory supplying Volvo Cars and Geely-owned Polestar.But the business requires an external technology partner, which Volvo said it had failed to find after a search it started last year.”Until a new technology partner is secured, NOVO Energy can no longer proceed with its operations as previously planned,” Volvo Cars said. “As a result, NOVO Energy AB today announces layoffs that affect all positions in the company.”Volvo Cars said it maintained its “long-term ambition to produce batteries for its electric cars in the Gothenburg, Sweden, area”.But it said it was not possible to say when battery production could start, “or in what organisational structure this might happen”.

Central bank chiefs voice ‘full solidarity’ with US Fed, Powell

The heads of major central banks have thrown their support behind the US Federal Reserve and its chairman Jerome Powell, saying in a joint statement Tuesday that it was “critical to preserve” their independence. US prosecutors have issued subpoenas against Powell threatening a criminal indictment, an unprecedented move widely seen as an escalation of President Donald Trump’s campaign against the central bank.The inquiry prompted a rare public rebuke by Powell on Sunday, who vowed to continue setting monetary policy “without political fear or favor”.”We stand in full solidarity with the Federal Reserve System and its Chair Jerome H. Powell,” said the statement signed by chiefs of the European Central Bank, the Bank of England and others.”The independence of central banks is a cornerstone of price, financial and economic stability in the interest of the citizens that we serve,” it added. “Chair Powell has served with integrity, focused on his mandate and an unwavering commitment to the public interest.”The statement was also signed by the central bank chiefs of Australia, Brazil, Canada, Denmark, South Korea, Sweden and Switzerland, as well as the chairman of the Bank for International Settlements. The US inquiry concerns a $2.5 billion renovation of the Fed headquarters in Washington, which Trump has repeatedly attacked Powell of mismanaging. Last year, Trump floated the possibility of firing Powell over cost overruns for the historic buildings’ facelift.He has also slammed Powell as a “numbskull” and “moron” for the Fed’s policy decisions and not cutting borrowing costs more sharply.In his video statement Sunday, Powell dismissed the renovation and testimony as “pretexts”.”The threat of criminal charges is a consequence of the Federal Reserve setting interest rates based on our best assessment of what will serve the public, rather than following the preferences of the president,” he said.

En France, désormais 69,1 millions d’habitants, plus de décès que de naissances

La France, qui compte désormais 69,1 millions d’habitants, a franchi en 2025 un cap symbolique: le nombre de décès a été supérieur à celui des naissances, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Au 1er janvier 2026, 69,1 millions de personnes vivaient en France, dont 2,3 millions dans les cinq départements d’outre-mer, a indiqué l’Insee mardi. La population a augmenté de 0,25% par rapport à l’an dernier, à “un rythme un peu moins rapide que celui observé ces deux dernières années”, a précisé Sylvie Le Minez, cheffe de l’unité des études démographiques et sociales de l’Insee, lors d’une conférence de presse.Mais pour la première fois depuis 1944, cette croissance de la population est uniquement liée au solde migratoire, estimé à +176.000 personnes, soit la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties du territoire.Le solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et décès, est lui devenu négatif: -6.000 personnes. Une situation qui s’explique par deux facteurs: le recul des naissances et la hausse des décès.”Ce qui frappe, c’est à quel point, en quelques années, le solde naturel a diminué en raison de la diminution rapide des naissances”, a souligné Sylvie Le Minez. Ce solde était encore de +200.000 personnes en 2015.- Natalité en berne -En 2025, 645.000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit 2,1% de moins que l’année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre sur un an depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive. Il s’agit même d’une chute de 24% par rapport à 2010, “année du dernier point haut des naissances”.La baisse des naissances est due au repli de la fécondité, soit le nombre d’enfants par femme. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) a continué lui aussi de diminuer: il s’est établi à 1,56 enfant par femme, après 1,61 en 2024, soit le plus faible niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale.Ce recul s’inscrit aussi dans une tendance de moyen terme: cet indice diminue depuis 2010, lorsqu’il s’élevait à 2,02 enfants par femme en France métropolitaine.Les démographes avancent diverses explications: les personnes ont d’autres aspirations que fonder une familles, sont freinées par des difficultés (à trouver un travail stable, à se loger) ou des craintes (conciliation vie professionnelle et familiale, incertitudes climatiques…)A 37 ans, Jessica envisage d’avoir un seul enfant avec son compagnon, à cause notamment de son âge. “Mon envie de fonder une famille est arrivée tard, on vit très bien et on est très heureux à deux”, explique cette Francilienne, qui travaille dans la communication et s’inquiète aussi du “coût d’une éducation”.La crainte de manquer de moyens financiers est ressortie comme l’un des principaux freins au désir d’enfant lors d’une récente consultation citoyenne, menée dans le cadre d’une mission parlementaire sur la baisse de la natalité.”La crèche représente un poste de dépense énorme pour nous – 800 euros par mois – nous ne pourrions pas avoir deux enfants”, témoigne Océane, 32 ans, mère d’un enfant de trois ans et cadre dans une entreprise à Marseille. “Le travail, la maison, les enfants, je ne saurais pas comment tout mener de front”.- Grippe -Face aux difficultés évoquées par les familles, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) a récemment appelé le gouvernement à réinvestir dans la politique familiale.En parallèle de cette baisse des naissances, on observe une hausse des décès du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom.En 2025, 651.000 personnes sont décédées en France, ce qui représente une hausse de 1,5% par rapport à l’année précédente. Cette progression s’explique également par l’épidémie de grippe hivernale, “particulièrement virulente en janvier”, selon l’Institut nationale de la statistique. Le solde naturel négatif a contribué à réduire la population de 0,01%.”Avec cette nouvelle situation, plus de décès que de naissances, finalement la France ne fait que rejoindre une situation que connaissent déjà la plupart des pays européens”, a commenté auprès de l’AFP Gilles Pison, démographe et conseiller de la direction de l’Institut national d’études démographiques (Ined).En 2024, outre la France, seuls cinq pays affichaient encore un solde naturel de population positif: Chypre, l’Irlande, le Luxembourg, Malte et la Suède, selon Eurostat. Le Danemark était à l’équilibre, les autres nations avaient un solde négatif.

En France, désormais 69,1 millions d’habitants, plus de décès que de naissances

La France, qui compte désormais 69,1 millions d’habitants, a franchi en 2025 un cap symbolique: le nombre de décès a été supérieur à celui des naissances, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Au 1er janvier 2026, 69,1 millions de personnes vivaient en France, dont 2,3 millions dans les cinq départements d’outre-mer, a indiqué l’Insee mardi. La population a augmenté de 0,25% par rapport à l’an dernier, à “un rythme un peu moins rapide que celui observé ces deux dernières années”, a précisé Sylvie Le Minez, cheffe de l’unité des études démographiques et sociales de l’Insee, lors d’une conférence de presse.Mais pour la première fois depuis 1944, cette croissance de la population est uniquement liée au solde migratoire, estimé à +176.000 personnes, soit la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties du territoire.Le solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et décès, est lui devenu négatif: -6.000 personnes. Une situation qui s’explique par deux facteurs: le recul des naissances et la hausse des décès.”Ce qui frappe, c’est à quel point, en quelques années, le solde naturel a diminué en raison de la diminution rapide des naissances”, a souligné Sylvie Le Minez. Ce solde était encore de +200.000 personnes en 2015.- Natalité en berne -En 2025, 645.000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit 2,1% de moins que l’année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre sur un an depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive. Il s’agit même d’une chute de 24% par rapport à 2010, “année du dernier point haut des naissances”.La baisse des naissances est due au repli de la fécondité, soit le nombre d’enfants par femme. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) a continué lui aussi de diminuer: il s’est établi à 1,56 enfant par femme, après 1,61 en 2024, soit le plus faible niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale.Ce recul s’inscrit aussi dans une tendance de moyen terme: cet indice diminue depuis 2010, lorsqu’il s’élevait à 2,02 enfants par femme en France métropolitaine.Les démographes avancent diverses explications: les personnes ont d’autres aspirations que fonder une familles, sont freinées par des difficultés (à trouver un travail stable, à se loger) ou des craintes (conciliation vie professionnelle et familiale, incertitudes climatiques…)A 37 ans, Jessica envisage d’avoir un seul enfant avec son compagnon, à cause notamment de son âge. “Mon envie de fonder une famille est arrivée tard, on vit très bien et on est très heureux à deux”, explique cette Francilienne, qui travaille dans la communication et s’inquiète aussi du “coût d’une éducation”.La crainte de manquer de moyens financiers est ressortie comme l’un des principaux freins au désir d’enfant lors d’une récente consultation citoyenne, menée dans le cadre d’une mission parlementaire sur la baisse de la natalité.”La crèche représente un poste de dépense énorme pour nous – 800 euros par mois – nous ne pourrions pas avoir deux enfants”, témoigne Océane, 32 ans, mère d’un enfant de trois ans et cadre dans une entreprise à Marseille. “Le travail, la maison, les enfants, je ne saurais pas comment tout mener de front”.- Grippe -Face aux difficultés évoquées par les familles, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) a récemment appelé le gouvernement à réinvestir dans la politique familiale.En parallèle de cette baisse des naissances, on observe une hausse des décès du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom.En 2025, 651.000 personnes sont décédées en France, ce qui représente une hausse de 1,5% par rapport à l’année précédente. Cette progression s’explique également par l’épidémie de grippe hivernale, “particulièrement virulente en janvier”, selon l’Institut nationale de la statistique. Le solde naturel négatif a contribué à réduire la population de 0,01%.”Avec cette nouvelle situation, plus de décès que de naissances, finalement la France ne fait que rejoindre une situation que connaissent déjà la plupart des pays européens”, a commenté auprès de l’AFP Gilles Pison, démographe et conseiller de la direction de l’Institut national d’études démographiques (Ined).En 2024, outre la France, seuls cinq pays affichaient encore un solde naturel de population positif: Chypre, l’Irlande, le Luxembourg, Malte et la Suède, selon Eurostat. Le Danemark était à l’équilibre, les autres nations avaient un solde négatif.