Enquête ouverte pour suspicion de nouvelles violences policières à Paris

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la “police des polices”, a été saisie d’une enquête visant des membres des forces de l’ordre filmés en train de molester un homme à Paris, dans une vidéo devenue virale, a indiqué vendredi le parquet de Paris.Cette procédure intervient quelques jours seulement après une autre affaire de mort suspecte survenue dans un commissariat parisien.Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a en outre demandé à la préfecture de police (PP) de Paris d’ouvrir une enquête administrative, a expliqué son entourage à l’AFP.Le parquet, confirmant des informations du Parisien, fait état de la diffusion sur les réseaux sociaux “d’une vidéo montrant une interpellation, possiblement survenue le 19 janvier rue Bichat (10e arrondissement de Paris, NDLR), au cours de laquelle des policiers sont vus porter des coups de matraque”.Sur ces images, un homme apparaît encerclé par trois policiers, recevant des coups de matraque de la tête aux jambes, avant d’être plaqué contre le capot d’un véhicule marqué “Police”. Les coups, portés par le même fonctionnaire, se poursuivent alors qu’un autre policier lui assène un coup de poing au visage.L’homme interpellé est ensuite tiré par les cheveux par l’un des policiers, qui lui intime de partir. On entend distinctement les mots “Dégage!” et “kebab sur pattes!”, semblant provenir des policiers, tandis que l’homme s’enfuit en courant. La section de protection des libertés fondamentales du parquet de Paris a saisi l’IGPN afin qu’elle mène les investigations, précise le parquet.”Les images de cette vidéo ne sont pas acceptables”, a déclaré la préfecture de police de Paris à l’AFP, avant de rappeler que “ces faits ont eu lieu dans un contexte d’émeutes”.Selon la PP, cette interpellation a eu lieu après un rassemblement “non déclaré” et “initialement calme” qui a réuni lundi 400 personnes place de la République en soutien à la communauté kurde du Rojava en Syrie. Les forces de l’ordre ont dû intervenir après des débordements et des jets de projectiles, a ajouté la PP. Au total, il y a eu cinq interpellations et six policiers légèrement blessés.Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu. Lundi, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort, après le décès en garde à vue d’un Mauritanien de 35 ans dans un commissariat de la capitale, survenu un peu plus d’une semaine auparavant.Un juge d’instruction est désormais chargé d’enquêter sur les circonstances du décès d’El Hacen Diarra, mort dans la nuit du 14 au 15 janvier au commissariat du 20e arrondissement. Sa famille dénonce des violences policières.Une vidéo filmée par des voisins lors de son interpellation, devant le foyer de travailleurs migrants où il résidait, a circulé sur les réseaux sociaux. On y voit deux policiers, dont l’un, agenouillé, porter deux coups de poing à un homme maintenu au sol. Selon une analyse sonore réalisée par la famille du défunt, on entend également El Hacen Diarra crier: “Vous m’étranglez!”.

UK PM slams Trump for saying NATO troops avoided Afghan front line

UK Prime Minister Keir Starmer Friday denounced as “insulting” Donald Trump’s claim that troops from NATO allies avoided the front line in Afghanistan, as anger grows at the US president’s remarks.In an interview with Fox News aired on Thursday, Trump appeared unaware that 457 British soldiers were among NATO troops who died during the conflict in Afghanistan following the September 11, 2001, attacks on the United States.”They’ll say they sent some troops to Afghanistan,” Trump told the US outlet, referring to NATO allies.”And they did, they stayed a little back, a little off the front lines,” he added, triggering outrage across the political divide in Britain.Trump also repeated his suggestion that NATO would not come to the aid of the US if asked to do so.In fact, following the 9/11 attacks, the UK and several European countries joined the US in Afghanistan after it invoked NATO’s collective security clause for the first and only time.Soldiers from Canada, France, Germany, Italy, Denmark and others also died in the conflict.”Let me start by paying tribute to 457 of our armed services who lost their lives in Afghanistan,” Starmer said in a video message.”There are many also who were injured, some with life-changing injuries, and so I consider President Trump’s remarks to be insulting and frankly, appalling, and I’m not surprised they’ve caused such hurt to the loved ones of those who were killed or injured.” He said that if he had misspoken in such a way, he “would certainly apologise”.- ‘Heroes’ -Poland’s Defence Minister Wladyslaw Kosiniak-Kamysz said he expected respect for Polish veterans “who have proven how much they serve this country and our commitments to allies”.Poland lost 43 soldiers in the conflict in Afghanistan.French armed forces minister Catherine Vautrin said 90 French soldiers died in Afghanistan on operations alongside NATO allies and “many others” were wounded.”We remember their sacrifice, which commands respect.”UK defence minister John Healey posted on X that the British troops who died were “heroes who gave their lives in service of our nation”.Armed forces minister Al Carns, who served five tours in Afghanistan, said Trump’s comments were “utterly ridiculous”.The leader of the opposition Conservatives, Kemi Badenoch, said Trump’s comments were “complete nonsense” which could weaken the NATO alliance.Even Nigel Farage, leader of the anti-immigration Reform UK party and a long-time Trump supporter rebuked the American leader.”Donald Trump is wrong,” he said on X. “For 20 years our armed forces fought bravely alongside America’s in Afghanistan.” Lucy Aldridge, whose son William died aged 18 in Afghanistan, told The Mirror newspaper that Trump’s remarks were “extremely upsetting”.Mark Atkinson, Director General of the veterans’ charity, The Royal British Legion, said the service and sacrifice of British troops in Afghanistan “cannot be called into question”.Prince Harry, who undertook two frontline tours to Afghanistan with the Army Air Corps, also weighed in.”I served there. I made lifelong friends there. And I lost friends there,” he said.”Thousands of lives were changed forever. Mothers and fathers buried sons and daughters. Children were left without a parent. Families are left carrying the cost. Those sacrifices deserve to be spoken about truthfully and with respect.”According to official UK figures, 405 of the 457 British casualties who died in Afghanistan were killed in hostile military action.The US reportedly lost more than 2,400 soldiers.More than 150,000 UK armed forces personnel served in Afghanistan between September 2001 and August 2021, the Ministry of Defence said, making the UK the second-largest contributor to the US-led force there.

Pour Laurent Vinatier, ex-prisonnier en Russie, “le traumatisme” et le “miracle”

Le soulagement d’être un homme libre est incommensurable pour celui qui a cru mourir dans une prison russe. C’est “comme un miracle”, confie Laurent Vinatier, dans un entretien à l’AFP où il décrit le traumatisme de l’incarcération, qui l’a changé “de manière cardinale”.Il ne sait rien “des détails, des négociations” entre la France et la Russie qui ont conduit le président russe Vladimir Poutine à le gracier et le libérer le 8 janvier en échange du basketteur russe Daniil Kasatkin.Mais une certitude: “une page s’est tournée”, “je n’ai pas du tout envie de revenir” en Russie. “J’y suis allé quelques années. Mais voilà, c’est fini. C’est un chapitre clos”, raconte ce chercheur spécialiste de l’espace post-soviétique qui a “une longue histoire” avec ce pays.Avant son incarcération, la Russie exerçait sur lui “une espèce de fascination romantique”. “Comme pour la plupart des Français (…) Ça date depuis Voltaire et Diderot”, poursuit Laurent Vinatier, russophone, marié à une Russe.Le 6 juin 2024, il est à une terrasse de café à Moscou quand il  est arrêté pour ne pas s’être enregistré comme agent de l’étranger. “Je n’y croyais pas”, se remémore-t-il. Il avait déjà été interrogé des années auparavant et était ressorti libre.Et le motif est infondé: “évidemment que je ne savais pas qu’il fallait s’enregistrer” puisqu’il ne travaillait pas en Russie. “J’étais nécessairement un agent de l’étranger”.A ce moment-là, il est en mission de dix jours pour une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels.- Cellule VIP -Il doit monter une conférence avec des chercheurs internationaux sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les conflits.Quatre jours avant son départ, il est incarcéré à Moscou. Sur le trajet de la prison, il est trimballé dans une cage où on ne peut pas s’asseoir.Il pensait être assigné à résidence, il restera 10 mois au centre de détention numéro 7. A posteriori, il comprend que c’est une cellule “VIP”. Ils sont 14 autres détenus mais “il y a une interaction sociale” même si les rapports de force sont immédiatement palpables.Les journées sont rythmées par des jeux, dominos ou échecs “pour s’intégrer socialement”. “On participe à la vie de la cellule, le ménage. On achète au magasin (…) du thé, des petits gâteaux, du chocolat. Et puis on lit. (…) J’ai écrit et lu autant que je pouvais”, raconte-t-il. Les journées sont finalement “très rythmées”. Il doit néanmoins digérer l’escroquerie dont lui et sa femme sont victimes de la part d’un avocat qui est parvenu à leur soutirer un million de roubles (plus de 11.200 euros au cours actuel).- Conditions “terribles” -Mais après le procès en appel, la plongée dans l’horreur est vertigineuse.Laurent Vinatier est transféré dans un centre de détention de transit en vue d’être incarcéré dans une colonie pénitentiaire.C’est à Toula, à 200 kilomètres au sud de Moscou.Les conditions y sont “terribles”. “J’aurais jamais pu imaginer ça. Il n’y avait pas de livres. Les toilettes, c’était des trous. C’était sale tout autour. Il n’y avait pas de chasse d’eau. L’eau coulait à peine. Pas d’eau chaude, évidemment. On ne pouvait pas faire bouillir de l’eau. Il n’y avait rien”, dit-il. Il y reste 15 jours au cours desquels il apprend qu’une nouvelle enquête va commencer, cette fois pour espionnage.Le temps d’organiser son retour à Moscou, il est conduit à l’hôpital de la prison.”Je n’étais pas tout seul à l’hôpital, mais seul dans cette chambre. Et je sentais que j’étais déjà sous la coupe du FSB”, le renseignement russe.”Là, j’ai eu très peur. J’ai cru que j’allais mourir. J’ai cru qu’on allait me faire des expériences”, se souvient-il.Au moment des repas, il s’arrange pour ne pas prendre le plateau qui lui est destiné, de peur d’être empoisonné.Il doit affronter le regard d’autres détenus mourants, dont la souffrance se lit sur le visage.Dans la nuit du 10 mai 2025, il apprend qu’il va être envoyé dans la prison du FSB à Moscou. Nouvelle dégringolade, “l’isolement est total”.Les conditions d’hygiène sont normales. “Mais c’est le confinement. C’est l’enfermement réel”, dit-il. Il ne sort qu’une heure maximum dans des cours délabrées. Dans la cellule, les fenêtres ne s’ouvrent pas, “sauf une en haut”. – Extrême vulnérabilité -Les relations aux gardiens sont “plus sévères, plus autoritaires”. Il y a “plus de pression, des cris”. Sur les accusations d’espionnage, il se souvient avoir pensé que le FSB ne trouverait rien puisque c’est infondé. Mais la peur est omniprésente.”J’ai peur qu’ils inventent des preuves. Tout était possible. (…) Je ressens une extrême vulnérabilité”, explique-t-il, avec ce sentiment de ne pouvoir respirer. “Les interrogatoires se passent bien. Ce n’est pas comme dans les films où il y a des torture physiques, où il n’y a pas de lumière”. “Ce sont des interrogatoires normaux. Mais c’est tout ce qu’il y a en dehors des interrogatoires qui fait peur. Tout ce qu’ils ne disent pas. Tout ce qu’ils laissent penser. Les menaces larvées. Quinze ans, vingt ans de prison. (…) Ce sont ces messages subliminaux (…) qui stimulent mon imagination dans le mauvais sens.”Et puis, il y a cette obligation de prélèvement de son ADN.”L’ADN c’est un peu comme les empreintes digitales. Vous vous dites que ça va être un élément de preuve. Ils peuvent utiliser n’importe quoi. Tu as été là, parce qu’on a retrouvé ton ADN”. Aujourd’hui, Laurent Vinatier aspire à vivre ses rêves et faire ce qu’il a toujours voulu faire, écrire des histoires.”J’avais jamais vraiment osé ou j’avais peut-être rien à dire”, dit-il.”Il y a tout ce qu’on peut tirer de la prison. C’est toutes les autres histoires qu’on pourra tirer qui sont inspirées par ce que j’ai vu en prison, qui parleront de la vie, de l’amour, de la mort. Tous les thèmes éternels”.

Pour Laurent Vinatier, ex-prisonnier en Russie, “le traumatisme” et le “miracle”

Le soulagement d’être un homme libre est incommensurable pour celui qui a cru mourir dans une prison russe. C’est “comme un miracle”, confie Laurent Vinatier, dans un entretien à l’AFP où il décrit le traumatisme de l’incarcération, qui l’a changé “de manière cardinale”.Il ne sait rien “des détails, des négociations” entre la France et la Russie qui ont conduit le président russe Vladimir Poutine à le gracier et le libérer le 8 janvier en échange du basketteur russe Daniil Kasatkin.Mais une certitude: “une page s’est tournée”, “je n’ai pas du tout envie de revenir” en Russie. “J’y suis allé quelques années. Mais voilà, c’est fini. C’est un chapitre clos”, raconte ce chercheur spécialiste de l’espace post-soviétique qui a “une longue histoire” avec ce pays.Avant son incarcération, la Russie exerçait sur lui “une espèce de fascination romantique”. “Comme pour la plupart des Français (…) Ça date depuis Voltaire et Diderot”, poursuit Laurent Vinatier, russophone, marié à une Russe.Le 6 juin 2024, il est à une terrasse de café à Moscou quand il  est arrêté pour ne pas s’être enregistré comme agent de l’étranger. “Je n’y croyais pas”, se remémore-t-il. Il avait déjà été interrogé des années auparavant et était ressorti libre.Et le motif est infondé: “évidemment que je ne savais pas qu’il fallait s’enregistrer” puisqu’il ne travaillait pas en Russie. “J’étais nécessairement un agent de l’étranger”.A ce moment-là, il est en mission de dix jours pour une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels.- Cellule VIP -Il doit monter une conférence avec des chercheurs internationaux sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les conflits.Quatre jours avant son départ, il est incarcéré à Moscou. Sur le trajet de la prison, il est trimballé dans une cage où on ne peut pas s’asseoir.Il pensait être assigné à résidence, il restera 10 mois au centre de détention numéro 7. A posteriori, il comprend que c’est une cellule “VIP”. Ils sont 14 autres détenus mais “il y a une interaction sociale” même si les rapports de force sont immédiatement palpables.Les journées sont rythmées par des jeux, dominos ou échecs “pour s’intégrer socialement”. “On participe à la vie de la cellule, le ménage. On achète au magasin (…) du thé, des petits gâteaux, du chocolat. Et puis on lit. (…) J’ai écrit et lu autant que je pouvais”, raconte-t-il. Les journées sont finalement “très rythmées”. Il doit néanmoins digérer l’escroquerie dont lui et sa femme sont victimes de la part d’un avocat qui est parvenu à leur soutirer un million de roubles (plus de 11.200 euros au cours actuel).- Conditions “terribles” -Mais après le procès en appel, la plongée dans l’horreur est vertigineuse.Laurent Vinatier est transféré dans un centre de détention de transit en vue d’être incarcéré dans une colonie pénitentiaire.C’est à Toula, à 200 kilomètres au sud de Moscou.Les conditions y sont “terribles”. “J’aurais jamais pu imaginer ça. Il n’y avait pas de livres. Les toilettes, c’était des trous. C’était sale tout autour. Il n’y avait pas de chasse d’eau. L’eau coulait à peine. Pas d’eau chaude, évidemment. On ne pouvait pas faire bouillir de l’eau. Il n’y avait rien”, dit-il. Il y reste 15 jours au cours desquels il apprend qu’une nouvelle enquête va commencer, cette fois pour espionnage.Le temps d’organiser son retour à Moscou, il est conduit à l’hôpital de la prison.”Je n’étais pas tout seul à l’hôpital, mais seul dans cette chambre. Et je sentais que j’étais déjà sous la coupe du FSB”, le renseignement russe.”Là, j’ai eu très peur. J’ai cru que j’allais mourir. J’ai cru qu’on allait me faire des expériences”, se souvient-il.Au moment des repas, il s’arrange pour ne pas prendre le plateau qui lui est destiné, de peur d’être empoisonné.Il doit affronter le regard d’autres détenus mourants, dont la souffrance se lit sur le visage.Dans la nuit du 10 mai 2025, il apprend qu’il va être envoyé dans la prison du FSB à Moscou. Nouvelle dégringolade, “l’isolement est total”.Les conditions d’hygiène sont normales. “Mais c’est le confinement. C’est l’enfermement réel”, dit-il. Il ne sort qu’une heure maximum dans des cours délabrées. Dans la cellule, les fenêtres ne s’ouvrent pas, “sauf une en haut”. – Extrême vulnérabilité -Les relations aux gardiens sont “plus sévères, plus autoritaires”. Il y a “plus de pression, des cris”. Sur les accusations d’espionnage, il se souvient avoir pensé que le FSB ne trouverait rien puisque c’est infondé. Mais la peur est omniprésente.”J’ai peur qu’ils inventent des preuves. Tout était possible. (…) Je ressens une extrême vulnérabilité”, explique-t-il, avec ce sentiment de ne pouvoir respirer. “Les interrogatoires se passent bien. Ce n’est pas comme dans les films où il y a des torture physiques, où il n’y a pas de lumière”. “Ce sont des interrogatoires normaux. Mais c’est tout ce qu’il y a en dehors des interrogatoires qui fait peur. Tout ce qu’ils ne disent pas. Tout ce qu’ils laissent penser. Les menaces larvées. Quinze ans, vingt ans de prison. (…) Ce sont ces messages subliminaux (…) qui stimulent mon imagination dans le mauvais sens.”Et puis, il y a cette obligation de prélèvement de son ADN.”L’ADN c’est un peu comme les empreintes digitales. Vous vous dites que ça va être un élément de preuve. Ils peuvent utiliser n’importe quoi. Tu as été là, parce qu’on a retrouvé ton ADN”. Aujourd’hui, Laurent Vinatier aspire à vivre ses rêves et faire ce qu’il a toujours voulu faire, écrire des histoires.”J’avais jamais vraiment osé ou j’avais peut-être rien à dire”, dit-il.”Il y a tout ce qu’on peut tirer de la prison. C’est toutes les autres histoires qu’on pourra tirer qui sont inspirées par ce que j’ai vu en prison, qui parleront de la vie, de l’amour, de la mort. Tous les thèmes éternels”.

Incendie meurtrier d’un bar en Suisse : le propriétaire français libéré, les familles “sidérées”

La justice suisse a ordonné vendredi la libération du propriétaire français du bar de Crans-Montana ravagé par un incendie qui a fait 40 morts la nuit du nouvel an, suscitant la colère des avocats des familles des victimes.”Un scandale et une honte à l’égard des victimes et de leurs familles”, a réagi auprès de l’AFP Me Jean-Luc Addor, qui représente les proches d’un adolescent décédé dans le drame de la station des Alpes.Un tribunal du canton suisse du Valais a annoncé avoir “levé la détention provisoire” de Jacques Moretti après le versement d’une caution de 200.000 francs suisses (environ 215.000 euros) par “un de ses amis proches”.Comme pour son épouse et copropriétaire Jessica, qui est resté libre, le tribunal lui a imposé des “mesures de substitution” destinées à “contrer le risque de fuite présenté par le prévenu”.En plus de la caution, il s’agit selon le tribunal de “mesures classiques” comme l’interdiction de quitter le territoire helvétique ou l’obligation de se présenter quotidiennement à un poste de police.M. Moretti, un Corse d’origine âgé de 49 ans, est mis en cause avec son épouse dans l’enquête ouverte après la tragédie. Avant son incarcération provisoire le 9 janvier, plusieurs avocats de victimes ou familles de victimes s’étaient déjà étonnés du fait que le ministère public ne prenne pas en compte le risque de collusion, voire de fuite, en le laissant libre. “Mes clients relèvent qu’une nouvelle fois il n’est émis aucune considération sur le risque de collusion et de disparition des preuves”, a regretté vendredi dans un message à l’AFP Me Romain Jordan, avocat de plusieurs familles de victimes. – Un ministre “sans voix” -L’indignation a même gagné l’Italie, dont sont originaires de nombreuses victimes, où le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a dit sur X “rester sans voix” face à cette libération, qui selon lui “constitue un véritable affront aux sentiments des familles qui ont perdu leurs enfants”.”C’est une décision inattendue et particulièrement sidérante pour mon client et les familles de victimes”, a réagi de son côté à l’AFP Me Christophe De Galembert, défenseur du père d’un enfant décédé.”Des soupçons très graves pèsent sur Jacques Moretti”, ajoute-t-il, évoquant un “risque de fuite en France, et particulièrement en Corse, où le prévenu a pourtant des attaches connues”.Il s’interroge aussi sur le “risque de collusion, que ce soit avec tiers ou même entre les époux Moretti eux-mêmes”.De leur côté, les défenseurs du couple Moretti ont indiqué dans un bref communiqué que leurs clients “prennent toute la mesure de la décision rendue et des obligations qu’elle impose”.Rappelant que “tout prévenu est présumé innocent” jusqu’à une éventuelle condamnation, le tribunal a souligné que le “principe cardinal en procédure pénale suisse est que le prévenu reste en liberté jusqu’à son jugement”.”La détention provisoire subie jusqu’à ce jour par le prévenu n’avait pas pour but de déjà le punir”, a-t-il encore expliqué.L’incendie du bar Le Constellation, qui a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes, a été provoqué selon l’enquête par les étincelles de bougies “fontaine” qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l’établissement. L’enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités, alors que la commune de Crans-Montana a notamment reconnu avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans l’établissement depuis 2019.En tant que propriétaires de l’établissement, les époux Moretti font l’objet d’une instruction pénale pour “homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”. Ils ont été entendus mardi et mercredi sur les faits par la justice du canton.Lors de ces auditions de plus de dix heures chacune, les avocats présents n’ont pu poser toutes leurs questions. Ils “seront en mesure de le faire lors d’audiences ultérieures”, a indiqué vendredi le ministère public du Valais, sans préciser quand celles-ci auraient lieu.”Seuls les gérants sont prévenus”, mais le ministère public “se réserve le droit d’étendre l’instruction à toutes les personnes dont la responsabilité pénale pourrait être engagée”, a-t-il ajouté.Au total, 70 des 116 blessés dans l’incendie restent hospitalisés, dont 26 en Suisse et 44 à l’étranger (Allemagne, Belgique, France et Italie), a appris l’AFP auprès des autorités fédérales et des hôpitaux helvétiques.

Across the globe, views vary about Trump’s world vision

Donald Trump is shaping a new world order of empires and coercion, from Venezuela to Greenland and through his newly created “Board of Peace, shattering the post-war global consensus.As the old order crumbles, AFP sought the views of ministers, advisers, lawmakers and military from across the globe.Celso Amorim, chief adviser to Brazil’s President Lula Inacio Lula da Silva, described the situation as “a very difficult moment of transition to a new order”.”But these periods of transition sometimes lead to terrible consequences,” he added.One Filipino diplomat, speaking on condition of anonymity, said no one felt able to speak out that “the emperor has no clothes”.Weng Hsiao-ling, a Taiwanese lawmaker from the main opposition Kuomintang party, said there had been a belief in “international rules”.”But Trump’s approach has broken those norms,” she said.- Geography -How the future could play out looks different from the Americas, Europe, Eurasia and South Asia.Brazil, for example, is an emerging power and member of the BRICS group of developing nations, but also located within Trump’s purported sphere of influence.Amorim said Brazil needed “to maintain and build on what’s being done”, pointing to the recent trade agreement between the European Union and the Mercosur bloc of Argentina, Brazil, Paraguay and Uruguay.It also needed to stay onside with the United States, as well as China, India and other BRICS countries, he added.”We are very much interested in maintaining good relations with the United States, let that be clear,” said Amorim. But he added: “Those relations must be based on mutual respect; they must be conducted through dialogue.”Many countries on the continent may find it difficult to find a balance and distance from American hegemony. Trump, for example, regularly threatens neighbouring Mexico.But Ricardo Monreal, parliamentary leader for the ruling Morena party, rejected the idea that Washington could make Mexico a “subordinate”.”The United States believes that Mexico’s alignment with the American empire is automatic. I don’t think it’s that simple,” he said.”The margin we have is very limited because our dependence is strong. Our proximity is unavoidable.”But I maintain that Mexico, with 110 or 120 million inhabitants, is a country that can shape the economic bloc — and that the way the United States treats Mexico is not as a partner, but as a subordinate. And I don’t think they’re going to pull that off.”- Protection -China and Russia may feel emboldened by US action under Trump but the countries threatened by their territorial ambitions still want to believe they are protected.In Taiwan, whose survival in its current political form depends largely on US support, lawmaker Wang Ting-yu, of the ruling DPP party, hopes the show of force to capture Venezuela’s Nicolas Maduro will force authoritarian regimes to think twice about acts of aggression.That will be “a good thing” for Taiwan. But he added: “We need to be careful because China will learn from this kind of operation.”The Filipino diplomat said the Indo-Pacific, including the Philippines and the ASEAN bloc, was vital for the United States’ economic security, whatever happened in Greenland.”I’m not saying (Trump’s actions) don’t keep people awake at night. But there’s a level of comfort there, and we hope we’re proven right,” they added.On the South China Sea, where Beijing has designs, Filipino Rear Admiral Roy Vincent Trinidad also said he was reassured by “the surge and upscale of not only US but even allied forces in this part of the globe”.- ‘Darwinian’ -Europe enjoyed US protection from the Soviets for decades and according to some remains indispensable to Washington because of its geographical location as the gateway to Eurasia.Yet one high-ranking officer said the continent was “completely paralysed” and bogged down in debate rather than action.”The world has become very Darwinian again,” he warned. “It’s not intelligence that matters most, it’s the speed of adaptation” to the new reality.The chairman of the German parliament’s foreign affairs committee, Armin Laschet, said the US-Europe alliance needed to be maintained “for as long as possible” — even if that means calling Trump “daddy”, like NATO chief Mark Rutte.The current state of affairs has raised questions about the effectiveness of the traditional tools of multilateralism.Colombia’s deputy foreign minister, Mauricio Jaramillo, said he was “surprised” at the lack of weighty UN reaction after Maduro’s capture.But despite criticism about its limitations, Laschet said there was “no alternative” to the world body, which emerged from the failings of the post-World War I League of Nations, and the ashes of World War II in 1945.”But today the big difference is that countries have atomic weapons that can destroy everything. So, we need to act beforehand.”