Aux Etats-Unis, une fronde se lève pour préserver la Fed face à Trump

Des personnalités américaines de tous bords ont défendu lundi avec force l’indépendance de la banque centrale des Etats-Unis, selon elles menacées par une tentative de déstabilisation inédite du gouvernement Trump.En rendant publique dimanche soir une procédure lancée à son encontre par le ministère américain de la Justice, le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell a déclenché une foule de marques de soutien.Ses prédécesseurs à la Fed ont dénoncé une instrumentalisation de la justice “sans précédent” visant à “saper l’indépendance” de l’institution monétaire. Une telle démarche “n’a pas sa place aux Etats-Unis”, ont affirmé dans un communiqué Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen, associés à d’autres personnalités économiques de premier plan.”L’histoire nous montre que quand des tentatives indues de peser sur la politique monétaire parviennent à leurs fins, cela conduit souvent à des résultats très regrettables, notamment une instabilité économique et une inflation élevée”, a déclaré de son côté un haut responsable actuel de la banque centrale, le président de la Fed de New York John Williams, lors d’un événement organisé dans sa ville.  Quant au gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, il a qualifié Jerome Powell de “modèle d’intégrité”.- Des républicains se rebiffent -Des parlementaires républicains ont aussi manifesté leur désapprobation, alors que le parti présidentiel a jusqu’ici peu résisté aux initiatives de la Maison Blanche.”Les enjeux sont trop élevés pour fermer les yeux: si la Réserve fédérale perd son indépendance, la stabilité de nos marchés et de l’économie dans son ensemble en souffrira”, a écrit sur X la sénatrice de l’Alaska Lisa Murkowski.Comme son collègue Thom Tillis, elle a prévenu qu’elle n’adouberait aucun candidat de Donald Trump à un poste au sommet de la Fed tant que cette affaire perdurera.Le chef d’Etat peut annoncer à tout moment le nom de la personne qu’il veut voir prendre la suite de Jerome Powell, dont le mandat de président prend fin en mai.Donald Trump a lui-même présenté son conseiller économique Kevin Hassett comme favori mais il ménage un certain suspens.Il veut une “colombe” décomplexée à la tête de la Fed, soit, dans le jargon de banque centrale, une personne fermement décidée à réduire les taux d’intérêt, peu regardante sur le niveau de l’inflation. – “Prétexte” -C’est par une déclaration solennelle filmée que le très pondéré Jerome Powell a annoncé dimanche soir que le ministère de la Justice avait lancé une enquête pouvant conduire à des poursuites pénales à son encontre.Il a affirmé sans détour que la procédure était fondée sur un “prétexte”, l’important coût des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington, qui cache selon lui la raison véritable: l’institution n’a pas fourni à Donald Trump les baisses de taux d’intérêt qu’il attendait.Ce nouveau rebondissement a surpris les investisseurs, qui apprécient généralement les baisses de taux directeurs mais sont aussi attachés à l’indépendance de la Fed, garde-fou contre l’inflation.Après une ouverture dans le rouge, la Bourse de New York a toutefois renversé la vapeur et terminé en hausse.”Les marchés se disent que cette enquête aura peu, voire pas d’impact sur l’indépendance de la Fed” au bout du compte, selon Bernard Yaros, d’Oxford Economics. Outre Jerome Powell, Donald Trump a tenté de révoquer une autre responsable de la Fed, Lisa Cook. L’affaire arrive ce mois-ci devant la Cour suprême.

Iran: la répression s’accentue, Trump menace les partenaires de Téhéran de sanctions

Le président américain Donald Trump a menacé lundi les partenaires commerciaux de l’Iran de sanctions douanières, au moment où selon une ONG le bilan de la répression des manifestations contre le pouvoir dépasse les 600 morts.Donald Trump, qui a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement, a annoncé lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis.”Cette décision est définitive” et “prend effet immédiatement”, a affirmé le président américain sur son réseau Truth Social, une mesure susceptible de frapper notamment la Chine, principal partenaire commercial de l’Iran.Lundi, les autorités iraniennes ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant des rassemblements massifs à travers le pays. A l’appel du président Massoud Pezeshkian, des milliers d’Iraniens ont envahi selon les images de la télévision d’Etat la place de la Révolution, au coeur de Téhéran, en soutien au pouvoir confronté à l’un de ses plus grands défis depuis la proclamation de la République islamique en 1979.Leur mobilisation est un “avertissement” aux Etats-Unis, a réagi le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.Dans la capitale, au milieu de drapeaux de la République islamique et de slogans “Mort à l’Amérique”, la foule a récité des prières pour les membres des forces de sécurité tués dans ce que le gouvernement qualifie “d’émeutes”. Des dizaines sont morts au total, selon la presse iranienne.L’Iran mène une guerre contre des “terroristes”, a lancé sur place le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, menaçant d’infliger à Donald Trump une leçon “inoubliable” en cas d’attaque américaine.D’autres rassemblements similaires ont eu lieu dans plusieurs villes, d’après les médias officiels, tandis que le gouvernement a décrété trois jours de deuil national.- Prêts pour “la guerre” -Dans le même temps, dénonce l’ONG Iran Human Rights (IHR), la répression du mouvement débuté le 28 décembre contre le marasme économique et défiant désormais ouvertement le pouvoir, s’intensifie. L’organisation dit avoir confirmation de la mort de 648 manifestants au total – et d’environ 10.000 arrestations. Son bilan précédent faisait état de 192 tués.Mais la réalité pourrait être bien plus noire, craint IRH, évoquant des rapports pour l’heure non confirmés allant jusqu’à 6.000 morts. Les autorités ont imposé une coupure totale des communications internet depuis le 8 janvier, compliquant la collecte d’informations. Sur une vidéo authentifiée dimanche par l’AFP, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de la capitale, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé dimanche que les hôpitaux étaient “débordés” par l’afflux de manifestants blessés et que les réserves de sang diminuaient.A Paris, le président français Emmanuel Macron a condamné “la violence d’Etat qui “frappe aveuglément” les manifestants, et Londres a fustigé “l’horrible” répression, appelant à “cesser immédiatement les violences”. L’Union européenne a dit envisager “de nouvelles sanctions, plus sévères” contre l’Iran.En écho à Téhéran, Moscou a de son côté dénoncé les “tentatives d’ingérence extérieures”.Les autorités iraniennes ont convoqué lundi des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, pour protester contre le soutien affiché aux manifestants.Le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade de France a par ailleurs quitté le pays, selon deux sources informées du dossier.Après les menaces répétées de Donald Trump, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a affirmé que son pays “ne cherchait pas la guerre”, mais y était “tout à fait préparé”, tout en laissant la porte ouverte à des négociations.- “Ligne rouge franchie” -Selon la Maison Blanche, des frappes aériennes pour mettre fin à la répression du mouvement sont toujours sur la table. Toutefois, “la diplomatie est toujours la première option pour le président”, a déclaré lundi la porte-parole Karoline Leavitt, le pouvoir iranien adoptant un “ton très différent” lors de discussions privées avec l’émissaire américain, Steve Witkoff.Les Etats-Unis avaient mené en juin des frappes contre les installations nucléaires iraniennes, aux côtés de son allié Israël.La vague de contestation survient dans un pays affaibli par cette guerre de 12 jours et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire, rétablies en septembre par l’ONU.Le fils de l’ancien chah d’Iran, chassé du pouvoir en 1979, et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a exhorté sur les réseaux sociaux les forces armées et de sécurité à “se tenir aux côtés du peuple”.Dans une interview sur CBS News, il a mis en garde contre un pouvoir iranien qui “tente de duper le monde en faisant croire une nouvelle fois qu’il est prêt à négocier”.Donald Trump “sait ce qui est en jeu”, ajoute l’ancien prince héritier, estimant que “la ligne rouge qui avait été tracée a été clairement franchie par ce régime”.Ce mouvement est d’une ampleur sans précédent depuis celui qui avait ébranlé l’Iran après la mort en septembre 2022 de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs pour avoir prétendûment enfreint le code vestimentaire imposé aux femmes.

Images dénudées: Londres durcit le ton et ouvre une enquête contre Grok

Londres a durci le ton lundi contre le réseau social X d’Elon Musk, avec l’ouverture d’une enquête sur les images à caractère sexuel générées par son intelligence artificielle Grok, à l’origine d’un tollé mondial, qui pourrait déboucher sur un blocage de la plateforme au Royaume-Uni.”Si X ne peut contrôler Grok, nous le ferons – et …

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Plongé dans l’incertitude, le Hamas en quête d’une nouvelle hiérarchie

Le Hamas prépare des élections internes dans les semaines à venir après des mois de direction collégiale, avec notamment pour objectif de s’assurer un rôle à l’avenir dans la bande de Gaza, détruite par la guerre avec Israël.L’attaque du 7 octobre 2023 sur Israël par le mouvement islamiste palestinien a déclenché la guerre. Deux ans et …

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Venezuela: l’attaque américaine secoue la rentrée des classes

La spectaculaire attaque américaine ayant conduit à la capture du président Nicolas Maduro a secoué la capitale mais aussi les esprits des plus jeunes, et était omniprésente à la rentrée des classes lundi au Venezuela, entre peurs et traumatismes. “Je suis vivante, ma famille est vivante, et vous êtes vivantes. Je ne peux pas passer mon temps …

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Images dénudées: Londres durcit le ton et ouvre une enquête contre Grok

Londres a durci le ton lundi contre le réseau social X d’Elon Musk, avec l’ouverture d’une enquête sur les images à caractère sexuel générées par son intelligence artificielle Grok, à l’origine d’un tollé mondial, qui pourrait déboucher sur un blocage de la plateforme au Royaume-Uni.”Si X ne peut contrôler Grok, nous le ferons – et …

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Contre une désinformation en santé “massive”, le gouvernement dévoile de premiers outils de riposte

Consultations citoyennes, infovigilance… le gouvernement a dévoilé lundi les grandes lignes de sa stratégie de riposte face à une désinformation en santé devenue “massive” au point de mettre parfois “en péril” la santé publique.”La désinformation en santé est aujourd’hui l’un des principaux risques pour notre santé publique. Quand les fausses informations circulent plus vite que …

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Minnesota sues Trump administration over immigration crackdown

The US state of Minnesota sued the Trump administration on Monday over the immigration crackdown that saw a woman protester fatally shot by a federal agent in Minneapolis last week.Minnesota Attorney General Keith Ellison, who announced the lawsuit, said the Department of Homeland Security’s surge of immigration officers into the Democratic-led northern state in recent days has “made us less safe.””Thousands of poorly trained, aggressive and armed agents of the state, of the federal government, have rolled into our communities,” Ellison said at a press conference.”The obvious targeting of Minnesota for our diversity, for our democracy and our differences of opinion with the federal government, is a violation of the Constitution and federal law,” he said.”This is, in essence, a federal invasion.”Jacob Frey, the mayor of Minneapolis, where 37-year-old Renee Nicole Good was killed by an Immigration and Customs Enforcement (ICE) agent on Wednesday, said Republican President Donald Trump was targeting Minnesota for his immigration crackdown because of its Democratic leadership.”If the goal were simply to look for people who are undocumented, Minneapolis and Saint Paul would not be the place you would go,” Frey said. “There are countless more people that are undocumented in Florida and Texas and Utah,” the mayor said, but those states, he noted, are Republican-controlled.Illinois, another Democratic-ruled state targeted by the Trump administration for its immigration crackdown, filed a similar suit against the federal government on Monday.Homeland Security Secretary Kristi Noem, in television interviews on Sunday, defended the actions of the ICE officer who shot and killed Good, an American citizen.Noem said the officer acted in self-defense when Good drove her car at him, a narrative strongly disputed by local officials who point to footage from the scene showing Good’s vehicle turning away from the agent.Noem also said that hundreds more federal agents were heading to Minneapolis, where there have been daily protests and vigils mourning Good’s death.

Trump has options on Iran, but first must define goal

US President Donald Trump has options to intervene in protest-hit Iran that range from low to high risk, but choosing his course depends on him deciding his ultimate goal.It has been 10 days since Trump said the United States was “locked and loaded” and ready to “come to the rescue” if Iran’s clerical state kills demonstrators who have taken to the streets in major numbers.Since then, Trump has kept threatening a military option, even as hundreds of people have died, according to rights groups.Iran has been a sworn foe of the United States since the 1979 Islamic revolution toppled the pro-Western shah. The downfall of the Islamic republic in power since then would transform the Middle East.But Trump has previously lashed out against “regime change” as a goal, especially pointing to lessons from US involvement in Iraq, a smaller country.Trump on Monday exercised economic leverage, announcing 25 percent tariffs on Iran’s trading partners, and he has spoken of ways to forcibly restore internet access shut by Tehran.The two governments have also revealed that they have been in communication, coordinated by Trump’s friend and roving envoy Steve Witkoff.- Momentum on streets -In a message likely designed to galvanize Trump, Reza Pahlavi, the US-exiled son of the late shah, has publicly encouraged Trump not to be like Democratic predecessor Barack Obama, who hesitated at supporting 2009 protests for fear of co-opting a homegrown movement.Some experts say that Obama’s fears nearly a generation ago may no longer be as relevant, with demonstrations having spread well beyond educated, urban circles that always opposed the religious state.Ray Takeyh, a senior fellow at the Council on Foreign Relations who wrote a book about the fall of the late shah, said that Trump could target forces including the elite Revolutionary Guards that have taken the lead in repressing the protests.Intervention could ease Iranians’ fears and “affect the fence-sitters in thinking about joining the protests or not,” Takeyh said.Sanam Vakil, director of the Middle East and North Africa program at the Chatham House think tank, agreed that intervention by Trump could bring momentum on the streets.But she said: “It could equally play further into the hands of a regime that is paranoid and this would build further unity and propel them to crack down further.”- How much action needed? -Trump in June ordered strikes on Iranian nuclear sites in support of an Israeli campaign.While Trump had previously spoken of a diplomatic resolution, the attack was in line with his inclination, as seen again recently in Venezuela, for one-off military operations he quickly claims as successes.Vali Nasr, a professor at Johns Hopkins School of Advanced International Studies, noted 130 to 150 Iranian cities have seen protests.”Trying to hit security forces in all of these, or even major cities of Iran, is more than just a few airstrikes,” Nasr said.As Trump likely “doesn’t want to get his hands dirty, a performative strike may be more where he wants to go,” Nasr said.Behnam Ben Taleblu, a research fellow at the Foundation for Defense of Democracies, said the risk from intervention was less that Iranians rally around the flag than that they become afraid to go out.”The challenge of the strikes is how to make sure they don’t lead to the disbursement of protesters rather than the amplification of protests, if the strikes go off the rails — if targeting is poor, if intelligence is poor,” he said.He said the impact would also be high if Trump finally decides not to strike.Inaction would “play into the regime’s narrative of painting America as not able to actually come through,” Ben Taleblu said.Pahlavi and a number of Republican hawks have voiced opposition to diplomacy, warning it would only give the Islamic republic a lifeline.  But Mohammad Ali Shabani, editor of the Amwaj.media site that closely follows Iran, believed many Iranians would welcome a deal that eases sanctions and “lifts the shadow of war.””I think this would supersede any kind of short-term survival for the Islamic republic because the way things are structured, I think most Iranians at this point accept that the Islamic republic is not going to be there forever.”