Groenland: Trump menace les Européens de droits de douane
Dans un message agressif, Donald Trump a accusé samedi huit pays européens alliés de jouer à “un jeu très dangereux” au Groenland, et les a menacés de nouveaux droits de douane, une escalade sans précédent pour s’emparer de l’immense territoire autonome danois.”Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland dans un but inconnu. (…) Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable”, a écrit le président américain sur Truth Social, en référence à l’envoi de militaires européens sur place.”Après des siècles, il est temps pour le Danemark de le rendre – la paix mondiale est en jeu!”, a-t-il encore tonné.Il a menacé ces pays de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu'”un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland”. Cette surtaxe, de 10%, sera effective à partir du 1er février et pourrait s’envoler à 25% au 1er juin, a affirmé Donald Trump.Les dirigeants européens ont immédiatement fustigé l’annonce américaine. Des “menaces tarifaires inacceptables”, a dénoncé Emmanuel Macron, promettant une réponse “unie” de la part des Européens.L’Union européenne a mis en garde contre une “spirale dangereuse”. “Une très mauvaise chose”, a jugé le Premier ministre britannique Keir Starmer, quand son homologue suédois Ulf Kristersson a assuré: “Nous ne nous laisserons pas intimider.”Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen s’est dit lui “surpris” par les annonces de Donald Trump.- Crise -Il s’agit d’une crise inédite pour l’Otan puisque les Etats-Unis, piliers de l’alliance, menacent leurs alliés de sanctions pour s’emparer d’un territoire rattaché à l’un de leurs partenaires, le Danemark, pays souverain et démocratique.Depuis son retour au pouvoir, le président américain parle régulièrement de prendre le contrôle de l’immense île arctique rattachée au Danemark.Il a assuré qu’il s’en emparerait “d’une manière ou d’une autre”, avançant qu’une telle acquisition est nécessaire pour faire pièce aux avancées russes et chinoises en Arctique.Donald Trump s’est néanmoins dit “ouvert immédiatement à des négociations avec le Danemark et/ou” les autres pays européens qu’il accuse de prendre “tant de risques”.- “Pas à vendre” -Au Danemark et au Groenland, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés samedi pour dénoncer ces ambitions territoriales.Dans le centre de Nuuk, la capitale du Groenland, les protestataires se sont retrouvés sous une pluie fine, arborant des casquettes estampillées “Make America Go Away” (“Faites Partir les Etats-Unis”, détournement du slogan MAGA) et chantant des chants traditionnels inuits, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.A Copenhague, une marée humaine rouge et blanche, aux couleurs des drapeaux groenlandais et danois, s’est rendue devant l’ambassade américaine, scandant le nom du Groenland en groenlandais: “Kalaallit Nunaat!””Le Groenland n’est pas à vendre”, ont scandé des manifestants.”On ne peut pas être intimidé par un État, par un allié. C’est une question de droit international”, a expliqué à l’AFP Kirsten Hjoernholm, 52 ans, employée de l’ONG Action Aid Danemark, venue manifester dans la capitale danoise.Le gouvernement danois rappelle avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande, la Slovénie et le Royaume-Uni, ont envoyé au Groenland du personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois “Arctic Endurance” organisé avec des alliés de l’Otan.Donald Trump avait déjà menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas son plan pour acquérir le territoire.Les manifestations samedi surviennent trois jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur le sujet.Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables.cbw-jll-phy-nzg-pno/cls
Angleterre: Arsenal rate le coche, Manchester City et Liverpool n’avancent plus
Le leader Arsenal n’a ramené qu’un point de son déplacement à Nottingham Forest (0-0), samedi, mais cela suffit pour accroître un peu l’écart avec son poursuivant Manchester City, battu 2-0 chez le rival Manchester United (2-0).Accroché par Burnley (1-1), Liverpool ne s’est lui pas rassuré avant son déplacement à Marseille, mercredi en Ligue des champions. L’ancien entraîneur de Strasbourg, Liam Rosenior, est sorti vainqueur de son premier match de Premier League, avec Chelsea contre Brentford (2-0). – Des regrets pour Arsenal -Les “Gunners” (1er, 50 pts) n’ont “que” sept points d’avance sur Manchester City (2e, 43 pts) après avoir buté sur le premier non-relégable, Nottingham Forest (17e, 22 pts).Au City Ground, les joueurs de Mikel Arteta ont rarement été mis en danger, comme souvent. Mais ils ont aussi échoué à convertir plusieurs occasions franches, à l’image de Declan Rice (17e), Vikto Gyökeres (28e) puis Gabriel Martinelli dans la foulée, ou encore Bukayo Saka et Mikel Merino peu après l’heure de jeu.Bien qu’ils prennent un peu plus d’avance sur City, ils risquent de voir Aston Villa (3e, 43 pts) revenir à quatre points dimanche si le club de Birmingham prolonge sa belle dynamique actuelle face à Everton. – City en panne sèche -Si les joueurs de Manchester City espéraient passer devant Arsenal dans la course au titre, le début d’année a douché leurs espoirs, avec trois matches nuls et une défaite en championnat.Rien n’a fonctionné pour les joueurs de Pep Guardiola à Old Trafford, apathiques comme rarement, y compris depuis le début du déclin, il y a dix-huit mois. Un certain mérite peut être attribué à Manchester United, qui a abordé ce match en roue libre avec son entraîneur intérimaire, Michael Carrick, probablement là jusqu’en fin de saison après avoir succédé à Ruben Amorim cette semaine. Bryan Mbeumo a trouvé l’ouverture après une longue domination (65e, 1-0), puis Patrick Dorgu a fini de décourager les Citizens (76e, 2-0).En l’absence de Ruben Dias, pour encore un mois, les errances défensives ont été frappantes.”Nous savions que United était une équipe de transition et nous n’avons pas réussi à contrôler cela”, a reconnu Pep Guardiola. Cinquième du classement, Manchester United reste dans la course pour la Ligue des Champions.- Liverpool maladroit -Quatre jours avant son déplacement à Marseille en Ligue des Champions, Liverpool (4e, 36 pts) a de nouveau enregistré une sérieuse contre-performance, face à l’avant-dernier, Burnley (1-1). Les Reds avaient fait le plus dur en ouvrant le score juste avant la pause par Florian Wirtz (42e), mais ils ont été rejoints par un but de Marcus Edwards (65e). Les coéquipiers d’Hugo Ekitiké, titularisé pour la première fois depuis le 1er janvier mais dont aucun des six tirs n’a pu faire la différence, voient tous leurs poursuivants revenir menacer leur place qualificative pour la prochaine Ligue des Champions (cinq équipes en trois points). Ils n’ont remporté aucun de leurs matches de championnat en 2026. – Première victoire pour Rosenior -Logiquement battu 3-2 par Arsenal mercredi en demi-finale aller de Coupe de la Ligue, Chelsea et son nouvel entraîneur Liam Rosenior sont péniblement venus à bout de Brentford (2-0). Les Blues, sixièmes de Premier League, ont fait preuve d’une efficacité maximale en marquant sur leurs deux seuls tirs cadrés, ceux de Joao Pedro (26e) et Cole Palmer, sur pénalty (76e).Malgré le premier match du milieu de terrain Connor Gallagher, venu de l’Atlético Madrid, Tottenham s’est incliné 2-1 devant West Ham grâce à but de Callum Wilson dans le temps additionnel. L’avenir de son entraîneur Thomas Frank, arrivé l’été dernier, est plus que jamais menacé, comme l’ont chanté les supporters des Spurs, actuellement quatorzièmes.
Budget: le PS ne devrait pas censurer le gouvernement, le dénouement approche
Satisfait des “victoires obtenues” avec les dernières annonces budgétaires de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste s’engage à ne pas censurer le gouvernement pourvu que celui-ci ne finance pas ces nouvelles mesures “sur le dos des Français” mais bien en partie sur les grandes entreprises.Invité du JT de TF1 samedi soir, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a annoncé qu’il proposerait à ses députés “de ne pas censurer” le gouvernement à deux conditions : “la première, c’est d’avoir la copie (budgétaire, ndlr) complète, qu’il n’y ait pas de flou”; “La deuxième, c’est que le financement de toutes ces victoires obtenues ne se fasse pas sur le dos des Français”. “Nous avons cherché à avancer, à ne pas être dans la posture, mais être de ceux qui proposent des solutions. Et nous avons bien fait”, s’est réjoui M. Faure.En quête d’un compromis sur le budget 2026 pour éviter la censure, Sébastien Lecornu a annoncé vendredi soir plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat (hausse de la prime d’activité notamment), des étudiants (repas à un euro) et sur le logement (400 millions de plus sur le logement social), comme le réclamait le Parti socialiste.Le Premier ministre devrait détailler ces mesures “dans un courrier adressé à tous les parlementaires lundi pour que chacun puisse se positionner”, a précisé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin dans un entretien à Ouest-France.Mais le locataire de Matignon est resté évasif sur leur financement, au grand dam de plusieurs de ses soutiens.”Les concessions annoncées par le Premier ministre représentent plusieurs milliards de moindres économies, en grande partie issues de la surenchère des socialistes, sans que leurs financements ne soient encore clairement établis”, a ainsi déploré Paul Christophe, chef des députés Horizons, le parti d’Edouard Philippe.Le chef des députés du MoDem Marc Fesneau a dit attendre de l’exécutif “des clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du déficit” de 5% du PIB au maximum en 2026 comme s’y est engagé le Premier ministre.”L’effort reposera de manière égale sur des baisses de dépenses et sur des hausses de recettes (…) sans jamais faire porter l’effort sur les ménages”, leur a répondu samedi soir Mme de Montchalin.- “il est temps d’en finir” -En dépit de l’opposition du Sénat et d’une partie de sa propre majorité, le gouvernement maintiendra ainsi la surtaxe sur les 400 plus grandes entreprises, comme le réclame la gauche. Avant que les discussions budgétaires ne soient suspendues jeudi, le gouvernement avait proposé un amendement pour porter le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.Et l’effort demandé aux collectivités locales sera “d’un ordre de grandeur compris entre 2 et 2,5 milliards d’euros nets”, selon Mme de Montchalin. Les discussions budgétaires sont censées reprendre mardi après-midi et le Premier ministre va donc, faute de majorité pour aller au vote, avoir d’ici là choisi de recourir à l’article 49.3 ou à une ordonnance (article 47 de la Constitution), possiblement à l’occasion d’un Conseil des ministres lundi.L’article 49.3, auquel il avait solennellement renoncé en octobre à la demande du PS, permettrait au gouvernement de faire passer un budget en retenant les amendements de son choix.Mais il devrait l’utiliser trois fois (sur les dépenses, les recettes puis l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure. L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite mais permettrait elle de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.M. Faure a laissé entendre que l’attitude du PS ne dépendrait pas du moyen retenu par le gouvernement. “Aucun de ces moyens n’a en réalité ma préférence ou mon soutien”, a-t-il dit.Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le patron de Renaissance Gabriel Attal juge dans un entretien au Parisien “qu’il est temps d’en finir avec le budget” même s’il ne lui trouve guère de positif.”À ce stade, la qualité principale de ce budget est d’avoir un budget”, a-t-il résumé.
Budget: le PS ne devrait pas censurer le gouvernement, le dénouement approche
Satisfait des “victoires obtenues” avec les dernières annonces budgétaires de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste s’engage à ne pas censurer le gouvernement pourvu que celui-ci ne finance pas ces nouvelles mesures “sur le dos des Français” mais bien en partie sur les grandes entreprises.Invité du JT de TF1 samedi soir, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a annoncé qu’il proposerait à ses députés “de ne pas censurer” le gouvernement à deux conditions : “la première, c’est d’avoir la copie (budgétaire, ndlr) complète, qu’il n’y ait pas de flou”; “La deuxième, c’est que le financement de toutes ces victoires obtenues ne se fasse pas sur le dos des Français”. “Nous avons cherché à avancer, à ne pas être dans la posture, mais être de ceux qui proposent des solutions. Et nous avons bien fait”, s’est réjoui M. Faure.En quête d’un compromis sur le budget 2026 pour éviter la censure, Sébastien Lecornu a annoncé vendredi soir plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat (hausse de la prime d’activité notamment), des étudiants (repas à un euro) et sur le logement (400 millions de plus sur le logement social), comme le réclamait le Parti socialiste.Le Premier ministre devrait détailler ces mesures “dans un courrier adressé à tous les parlementaires lundi pour que chacun puisse se positionner”, a précisé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin dans un entretien à Ouest-France.Mais le locataire de Matignon est resté évasif sur leur financement, au grand dam de plusieurs de ses soutiens.”Les concessions annoncées par le Premier ministre représentent plusieurs milliards de moindres économies, en grande partie issues de la surenchère des socialistes, sans que leurs financements ne soient encore clairement établis”, a ainsi déploré Paul Christophe, chef des députés Horizons, le parti d’Edouard Philippe.Le chef des députés du MoDem Marc Fesneau a dit attendre de l’exécutif “des clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du déficit” de 5% du PIB au maximum en 2026 comme s’y est engagé le Premier ministre.”L’effort reposera de manière égale sur des baisses de dépenses et sur des hausses de recettes (…) sans jamais faire porter l’effort sur les ménages”, leur a répondu samedi soir Mme de Montchalin.- “il est temps d’en finir” -En dépit de l’opposition du Sénat et d’une partie de sa propre majorité, le gouvernement maintiendra ainsi la surtaxe sur les 400 plus grandes entreprises, comme le réclame la gauche. Avant que les discussions budgétaires ne soient suspendues jeudi, le gouvernement avait proposé un amendement pour porter le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.Et l’effort demandé aux collectivités locales sera “d’un ordre de grandeur compris entre 2 et 2,5 milliards d’euros nets”, selon Mme de Montchalin. Les discussions budgétaires sont censées reprendre mardi après-midi et le Premier ministre va donc, faute de majorité pour aller au vote, avoir d’ici là choisi de recourir à l’article 49.3 ou à une ordonnance (article 47 de la Constitution), possiblement à l’occasion d’un Conseil des ministres lundi.L’article 49.3, auquel il avait solennellement renoncé en octobre à la demande du PS, permettrait au gouvernement de faire passer un budget en retenant les amendements de son choix.Mais il devrait l’utiliser trois fois (sur les dépenses, les recettes puis l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure. L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite mais permettrait elle de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.M. Faure a laissé entendre que l’attitude du PS ne dépendrait pas du moyen retenu par le gouvernement. “Aucun de ces moyens n’a en réalité ma préférence ou mon soutien”, a-t-il dit.Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le patron de Renaissance Gabriel Attal juge dans un entretien au Parisien “qu’il est temps d’en finir avec le budget” même s’il ne lui trouve guère de positif.”À ce stade, la qualité principale de ce budget est d’avoir un budget”, a-t-il résumé.
Budget: le PS ne devrait pas censurer le gouvernement, le dénouement approche
Satisfait des “victoires obtenues” avec les dernières annonces budgétaires de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste s’engage à ne pas censurer le gouvernement pourvu que celui-ci ne finance pas ces nouvelles mesures “sur le dos des Français” mais bien en partie sur les grandes entreprises.Invité du JT de TF1 samedi soir, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a annoncé qu’il proposerait à ses députés “de ne pas censurer” le gouvernement à deux conditions : “la première, c’est d’avoir la copie (budgétaire, ndlr) complète, qu’il n’y ait pas de flou”; “La deuxième, c’est que le financement de toutes ces victoires obtenues ne se fasse pas sur le dos des Français”. “Nous avons cherché à avancer, à ne pas être dans la posture, mais être de ceux qui proposent des solutions. Et nous avons bien fait”, s’est réjoui M. Faure.En quête d’un compromis sur le budget 2026 pour éviter la censure, Sébastien Lecornu a annoncé vendredi soir plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat (hausse de la prime d’activité notamment), des étudiants (repas à un euro) et sur le logement (400 millions de plus sur le logement social), comme le réclamait le Parti socialiste.Le Premier ministre devrait détailler ces mesures “dans un courrier adressé à tous les parlementaires lundi pour que chacun puisse se positionner”, a précisé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin dans un entretien à Ouest-France.Mais le locataire de Matignon est resté évasif sur leur financement, au grand dam de plusieurs de ses soutiens.”Les concessions annoncées par le Premier ministre représentent plusieurs milliards de moindres économies, en grande partie issues de la surenchère des socialistes, sans que leurs financements ne soient encore clairement établis”, a ainsi déploré Paul Christophe, chef des députés Horizons, le parti d’Edouard Philippe.Le chef des députés du MoDem Marc Fesneau a dit attendre de l’exécutif “des clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du déficit” de 5% du PIB au maximum en 2026 comme s’y est engagé le Premier ministre.”L’effort reposera de manière égale sur des baisses de dépenses et sur des hausses de recettes (…) sans jamais faire porter l’effort sur les ménages”, leur a répondu samedi soir Mme de Montchalin.- “il est temps d’en finir” -En dépit de l’opposition du Sénat et d’une partie de sa propre majorité, le gouvernement maintiendra ainsi la surtaxe sur les 400 plus grandes entreprises, comme le réclame la gauche. Avant que les discussions budgétaires ne soient suspendues jeudi, le gouvernement avait proposé un amendement pour porter le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.Et l’effort demandé aux collectivités locales sera “d’un ordre de grandeur compris entre 2 et 2,5 milliards d’euros nets”, selon Mme de Montchalin. Les discussions budgétaires sont censées reprendre mardi après-midi et le Premier ministre va donc, faute de majorité pour aller au vote, avoir d’ici là choisi de recourir à l’article 49.3 ou à une ordonnance (article 47 de la Constitution), possiblement à l’occasion d’un Conseil des ministres lundi.L’article 49.3, auquel il avait solennellement renoncé en octobre à la demande du PS, permettrait au gouvernement de faire passer un budget en retenant les amendements de son choix.Mais il devrait l’utiliser trois fois (sur les dépenses, les recettes puis l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure. L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite mais permettrait elle de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.M. Faure a laissé entendre que l’attitude du PS ne dépendrait pas du moyen retenu par le gouvernement. “Aucun de ces moyens n’a en réalité ma préférence ou mon soutien”, a-t-il dit.Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le patron de Renaissance Gabriel Attal juge dans un entretien au Parisien “qu’il est temps d’en finir avec le budget” même s’il ne lui trouve guère de positif.”À ce stade, la qualité principale de ce budget est d’avoir un budget”, a-t-il résumé.
Grégory Doucet, un meeting pour “déjouer les pronostics”
A deux mois des municipales, le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, donné largement battu dans les sondages face à l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, a lancé samedi sa campagne avec un premier meeting pour tenter de “déjouer les pronostics”.Rendez-vous donné en soirée au “Sucre”, salle de concert dans le quartier en transformation de Confluences. La plupart des participants sont debout, sous les spots multicolores. Il est venu chercher l'”énergie” qui se dégage de la foule — 800 personnes selon l’organisation.L’énergie d’un rassemblement des familles “écologistes, socialistes, communistes, social-démocrate” qui “lorsqu’elles s’unissent déjouent tous les pronostics”, affirme le maire sortant, sans mentionner la dissidence de LFI qui fait liste à part.”Quel plaisir de me présenter devant vous en candidat”, lance d’emblée Grégory Doucet. De son principal adversaire soutenu par le centre et la droite, qui ne cesse de l’attaquer, il ne dit quasiment rien. Mis à part une pique sur la promesse phare de Jean-Michel Aulas: un projet de double-voies routières sous Lyon visant à désengorger le tristement célèbre tunnel de Fourvière, des travaux estimés par leurs défenseurs à deux milliards d’euros, largement raillé par la salle.La députée socialiste Sandrine Runel, qui l’a précédé sur scène, a en revanche mené la charge contre celui qu’elle qualifie d'”homme de l’ancien monde”.- “Tout est possible” -Dans un sondage réalisé en décembre par OpinionWay, Jean-Michel Aulas apparaît largement en tête dès le premier tour, sa liste recueillant 60% des intentions de vote au second face à celle de Grégory Doucet.Mais samedi, personne ne veut croire en ces prophéties.”Ca ne nous inquiète pas forcément parce que les sondages sont encore à deux mois des élections, donc tout est possible. En 2020, ça s’était déjà vérifié”, puisque les écologistes avaient emporté la ville et l’agglomération contre toute attente, avance Arthur Duvivier, adjoint dans le 3e arrondissement de Lyon. Fabrice Tavel, 30 ans, qui est candidat dans la commune voisine de Oullins-Pierre-Bénite, relève de son côté que “la victoire totale” de la gauche aux dernières législatives “n’était pas vraiment annoncée par les sondages”.”Ils sont faits sur une période où Aulas a une lumière médiatique”, balaie de son côté Matéo Chichet, 26 ans, collaborateur parlementaire de la députée écologiste Marie-Charlotte Garin.Sur scène, Grégory Doucet déroule ses annonces, qui ont ponctué tout le mois de janvier avec l’accélération de la campagne lyonnaise en ce début d’année. Si les premiers mots du maire écologiste sont pour le climat, la suite se concentre sur la “sécurité des Lyonnais”, un thème sur lequel les oppositions l’attaquent régulièrement.- “Il se bat pour” -“Toutes les sécurités”, répond Grégory Doucet, celle du logement en premier lieu. “Personne à Lyon ne désencadrera les loyers”, lance-t-il, son principal adversaire ayant promis d’abolir cette mesure prise par les écologistes pour contenir la flambée des loyers.Sous les hourras du public, il poursuit en promouvant la création d’une garantie municipale des loyers.Après avoir reçu le soutien du militant antidrogue marseillais Amine Kessaci, il s’attarde sur la sécurité “des biens et des personnes” et promet un “plan ambitieux de prévention et de lutte contre le trafic de stupéfiants”.”Grégory, quand il se bat, il ne se bat pas contre, il se bat pour la dignité”, avait souligné auparavant le jeune militant marseillais, dont un frère a été assassiné en novembre. “Il se bat pour l’égalité, il se bat pour l’équité, il se bat pour les transports qui accompagnent tout le monde, il se bat pour la justice sociale et la justice environnementale dans ses quartiers. En bref, il se bat pour notre vie !””En tant que militante j’en ressors boostée”, dit Eline, 28 ans, qui travaille pour une association. “Ca fait du bien de montrer qu’il y a une dynamique, qu’on est ensemble, de se rappeler aussi le projet qu’on défend et qu’on va continuer de défendre, cette vision de la ville et cette vision de société”.





