A Saint-Denis, la sécurité gagne du terrain, mais la méfiance envers la police municipale demeure

Les faisceaux des torches balaient les halls d’immeubles de la cité Gabriel-Péri. LBD au poing, le regard fixé vers les étages supérieurs d’une tour, un policier municipal de Saint-Denis reste en appui à l’extérieur, pendant qu’une brigade s’engouffre dans l’entrée d’un bâtiment vide, historiquement connu comme un gros point de deal.Ici, le trafic n’a pas disparu, mais il n’est pas apparent. La cité, sous vidéosurveillance, est calme ce soir. “L’effet plumeau”, selon Rudy, chef des unités, qui comme ses collègues n’a pas donné son nom: “On enlève la poussière ici, mais elle part se déposer ailleurs.”Suffisant pour ces policiers municipaux qui se concentrent essentiellement, selon eux, sur “la tranquillité” et la “prox” (pour proximité) avec les habitants.C’est dans ce quartier que Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a en partie grandi. “Jordan qui ?”, lance Rudy. “Un joueur de foot”, ironise son collègue. Attablé dans un fastfood face à la cité, un adolescent observe la patrouille à travers la vitre. “C’est un dealer qu’on connaît bien”, glisse Alexandre, 36 ans, chef du groupe de sécurisation de proximité (GSP), une brigade de dix hommes créée il y a un an par la municipalité socialiste notamment pour intervenir sur des “points de deal installés de longue date”.Faute de flagrant délit, l’ancien policier national, récemment passé à la municipale, se contentera d’un regard appuyé dans sa direction. Désormais, il ne lutte plus directement contre le trafic de drogue, seulement contre les nuisances qu’il génère, et n’a pas le droit de procéder à des contrôles d’identité.- “Pas des pots de fleurs” -En théorie. Sekou, 40 ans, qui souhaite garder l’anonymat, n’a toujours pas digéré d’avoir été contrôlé par la police municipale devant son fils, même s’il reconnaît à demi-mot qu’avec leur présence le quartier a changé en mieux.La méfiance envers les policiers se heurte au besoin de sécurité des habitants d’une ville au taux de criminalité plus élevé que la moyenne nationale. Ahmed, un agent de sécurité de 54 ans qui souhaite aussi rester anonyme, résume bien ce paradoxe: “La police municipale est bienfaitrice pour la ville, mais attention aux abus par-ci, par-là”, ajoute-t-il, en insistant sur les palpations “humiliantes”.Ces “abus” ont été dénoncés fin novembre par la Ligue des droits de l’Homme dans une lettre ouverte au maire socialiste Mathieu Hanotin. “Tutoiements, insultes, mises au sol étouffantes, inhalations de gaz toxiques, tirs de flash-ball, mises en fourrière arbitraires…”, y énumère l’association.Des accusations que balaie le chef de la police municipale (PM), Sofyan El Belqasmi, qui revendique une police “agissante”. L’ex-gendarme qui a grandi entre Paris et la Seine-Saint-Denis liste les délits les plus courants: agressions, vols, rixes, vente à la sauvette ou encore tapage nocturne. “Nous ne sommes pas des pots de fleurs en uniforme. Nous réglons des problèmes, et ils sont nombreux à Saint-Denis”, affirme-t-il.En 2025, au moins sept enquêtes pour des faits de violences impliquant la PM de Saint-Denis ont été ouvertes, précise le parquet de Bobigny à l’AFP.- “Saturer” l’espace – Depuis mai dernier, l’hôtel de la police municipale et ses 160 agents se sont installés dans l’ancien commissariat de la plus grande ville du département. Le Centre de surveillance urbain (CSU) contrôle 850 caméras, contre 90 il y a cinq ans, disséminées dans la ville de 150.000 habitants. La municipalité entend encore en ajouter si elle est reconduite.Les agents, rivés à leurs écrans, reçoivent aussi les appels des habitants. “55.000 appels en 2025, contre 250 en 2019″, précise l’adjointe au maire chargée de la sécurité, Gwenaëlle Badufle-Douchez.”Ceux qui s’opposent à la sécurité ne connaissent pas le quotidien des habitants et ne comprennent pas ce qu’est une ville populaire. Ses habitants veulent avant tout vivre en sécurité”, estime-t-elle.A l’approche des élections municipales, les méthodes de cette police de proximité sont critiquées par l’opposition, emmenée par LFI et les communistes. Dans le quartier bondé de la gare, la brigade menée par Rémy entend “saturer” l’espace. Sur leur passage, les attroupements se dispersent, les vendeurs de cigarettes s’éclipsent et les amendes pour stationnement illégal pleuvent, mais un homme bien connu du quartier n’a pas l’intention de bouger: “Vous inquiétez pas, on va tous aller voter pour récupérer notre ville.”

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky lance une OPA sur Fnac Darty

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a lancé vendredi une offre publique d’achat (OPA) du spécialiste de l’électronique et des produits culturels Fnac Darty, au prix de 36 euros par action, a annoncé lundi l’entreprise dans un communiqué. “Le conseil d’administration de Fnac Darty a unanimement accueilli favorablement l’offre”, fait savoir Fnac Darty, dont Daniel Kretinsky est déjà le principal actionnaire, à hauteur de 28,5%. Avec cette OPA, il compte franchir le seuil de 50% du capital de l’entreprise.EP Group, la société contrôlée par Daniel Kretinsky qui a transmis l’offre au conseil d’administration de Fnac Darty, propose un prix de 36 euros par action, soit une plus-value de “24% et 26% sur la moyenne des cours de Bourse pondérée par les volumes sur 1 et 3 mois”, indique le communiqué. Ce prix porte la valorisation de Fnac Darty à plus d’un milliard d’euros, et le montant de l’investissement nécessaire pour atteindre le seuil des 50% du capital à presque 230 millions d’euros. L’offre, dont le dépôt auprès de l’Autorité des marchés financiers est prévu “avant la fin du premier trimestre 2026”, n’entraînera pas de sortie de la Bourse, puisqu’EP Group n’a “pas l’intention de mettre en oeuvre une procédure de retrait obligataire”, est-il précisé. Fnac Darty, présent dans 14 pays à travers plus de 1.500 magasins et fort d’un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros, a récemment fait l’objet d’une attention particulière de Bercy concernant son contrôle et ses actionnaires. Le distributeur allemand Ceconomy, qui détient plus de 20% du capital de l’entreprise française, est en cours de rachat par le géant chinois de l’e-commerce JD.com, qui est donc amené à devenir de manière indirecte le deuxième actionnaire de Fnac Darty. Ce changement de main a poussé Bercy à poser quelques conditions au cours de l’automne, parmi lesquelles, outre la non intervention dans la gestion, un engagement de JD et Ceconomy à ne pas augmenter leur participation au capital de Fnac Darty. Des conditions que JD.com a acceptées fin novembre. A 8H10 heure de Paris, ni Ceconomy, ni JD.com n’avaient réagi à l’annonce de Fnac Darty. 

Philippines: au moins 18 morts et 24 disparus dans le naufrage d’un ferry

Le naufrage d’un ferry transportant plus de 350 personnes dans le sud des Philippines a fait au moins 18 morts lundi, ont indiqué les gardes-côtes de l’archipel, qui recherchent 24 disparus.Le MV Trisha Kerstin 3 a émis un signal de détresse vers 01H50 (17H50 GMT dimanche), alors qu’il assurait la liaison entre Zamboanga City, sur l’île de Mindanao, en direction de l’île de Jolo, à environ 150 kilomètres de là.En début d’après-midi, 317 personnes ont été secourues, 18 étaient décédées, tandis que 24 restaient portées disparues, selon les garde-côtes philippins.Ronalyn Perez, une représentante des services de secours de Basilan, a déclaré à l’AFP que les sauveteurs avaient du mal à faire face à l’afflux de survivants.”Le véritable défi réside dans le nombre de patients qui arrivent. Nous manquons de personnel pour le moment”, a-t-elle déclaré à l’AFP, ajoutant qu’au moins 18 personnes avaient été transportées dans un hôpital local.Mal entretenus et peu contrôlés, les ferries sont l’un des principaux moyens de transport dans l’archipel philippin, qui compte plus de 7.100 îles. Ils sont empruntés par des millions de personnes.Lundi, le naufrage du navire de 44 mètres, qui comprend trois ponts, a eu lieu en pleine nuit, à environ cinq kilomètres à l’est de l’île de Baluk-Baluk, dans la province de Basilan.- Enquête ouverte -La porte-parole des gardes-côtes, Noemie Cayabyab, a précisé à la télévision que les rescapés avaient fait état d’une mer agitée au moment de la catastrophe de lundi.Des images diffusés par les gardes-côtes montrent des survivants être tirés de l’eau dans l’obscurité, éclairés par des lampes torches, ou recevant des boissons chaudes sur un navire de sauvetage. Sur une autre vidéo postée sur les réseaux sociaux, on entend des naufragés appelant à l’aide.”Nous ne pouvons pas dire pour le moment quelle est la raison du naufrage”, a déclaré M. Dua, précisant qu’une enquête avait été ouverte: “Pour le moment, nous sommes concentrés sur les opérations de secours”.Il a également indiqué que les rescapés avaient été emmenés vers les stations des gardes-côtes de Zamboanga et d’Isabela City.Une vidéo diffusée par le gouverneur de la province de Basilan montre des survivants pieds nus enveloppés dans des couvertures et placés sur des civières, tandis que les victimes du naufrage sont transportées dans des sacs mortuaires.Dans leur communiqué, les gardes-côtes ont assuré que le ferry n’était pas surchargé comme c’est fréquemment le cas dans l’archipel philippin, où vivent 116 millions d’habitants et qui a connu nombre de catastrophes maritimes dans le passé.Le 21 décembre 1987, le ferry Dona Paz est entré en collision aux Philippines avec un pétrolier, faisant plus de 4.300 morts. Cette tragédie est à ce jour le pire accident maritime de l’histoire en temps de paix.Plus récemment, en 2015, le Kim Nirvana a chaviré peu après son départ, faisant 61 morts dans le centre des Philippines. Le naufrage du ferry, qui transportait également plusieurs tonnes de ciment, riz ou engrais, a vraisemblablement été causé par à un excès de charge.En 2023, l’incendie du ferry Lady Mary Joy 3, qui reliait lui aussi Zamboanga City à Jolo, a fait plus de 30 morts.

Une tempête hivernale majeure fait au moins 10 morts aux Etats-Unis

Une tempête hivernale majeure a causé la mort d’au moins dix personnes aux Etats-Unis, privant également plus d’un million de foyers d’électricité et clouant au sol des milliers d’avions.Davantage de neige est attendu lundi selon le service météo national, alors qu’une vingtaine d’Etats ainsi que la capitale fédérale Washington DC ont décrété l’état d’urgence.Considérée par certains météorologues comme l’un des pires épisodes hivernaux de ces dernières décennies aux Etats-Unis, la tempête s’accompagne de températures glaciales, d’importantes chutes de neige et d’accumulations de glace aux conséquences potentiellement “catastrophiques”, selon le service météo national (NWS).Le NWS a indiqué aux Américains qu’ils devaient s’attendre à davantage de neige, de verglas et de pluie verglaçante jusqu’à lundi matin.Le maire de New York, Zohran Mamdani, a déclaré que cinq personnes avaient été retrouvées mortes à l’extérieur au cours du week-end dans des températures glaciales.”Alors que nous ne connaissons pas encore les causes de leur décès, rien ne rappelle plus fortement le danger du froid extrême et la vulnérabilité de nombreux habitants, en particulier des New-Yorkais sans abri”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse dimanche.Au Texas, les autorités ont confirmé trois décès, dont celui d’une adolescente de 16 ans tuée dans un accident de luge. Deux personnes sont mortes d’hypothermie en Louisiane, a indiqué le département de la santé de cet État du Sud.Plus de un million de foyers ont été privés d’électricité et 840.000 clients étaient toujours sans électricité dimanche soir, principalement dans le Sud des États-Unis, selon le site spécialisé PowerOutage.com.Au Tennessee, où une bande de glace a fait tomber des lignes électriques, plus de 300.000 clients résidentiels et commerciaux étaient sans courant, tandis que la Louisiane, le Mississippi et la Géorgie, où ce type de tempêtes est moins fréquent, comptaient chacun plus de 100.000 coupures.Les autorités, du Texas à la Caroline du Nord et à New York, ont exhorté les habitants à rester chez eux en raison des conditions périlleuses.”Évitez de prendre la route sauf en cas d’absolue nécessité”, a publié la Division de gestion des urgences du Texas sur X.- Etat d’urgence -La tempête se déplaçait dimanche vers le nord-est, déversant de la neige sur les grandes villes densément peuplées dont Philadelphie, New York et Boston. Une couche de plusieurs centimètres de neige recouvrait notamment les trottoirs et les routes de Washington, où l’état d’urgence a été déclaré. “Nous continuerons à surveiller et à rester en contact avec tous les Etats qui se trouvent sur le trajet de cette tempête. Restez en sécurité et restez au chaud!”, a pour sa part exhorté le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.Plusieurs grands aéroports de la capitale Washington, de Philadelphie ou de New York étaient quasiment à l’arrêt, alors que plus de 19.000 vols à destination et en provenance des Etats-Unis ont été annulés depuis samedi et que des milliers d’autres ont été retardés, selon le site FlightAware.La tempête est liée à une déformation du vortex polaire, une masse d’air circulant habituellement au-dessus du pôle nord, mais qui s’est étirée vers le sud.Les scientifiques estiment que la fréquence croissante de ces perturbations du vortex pourrait être liée au changement climatique, bien que le débat ne soit pas tranché et que la variabilité naturelle joue également un rôle.Climatosceptique assumé, Donald Trump a toutefois pris prétexte de la tempête pour exprimer de nouveau son scepticisme sur sa plateforme Truth Social: “Est-ce que les insurgés environnementaux pourraient m’expliquer s’il vous plaît: QU’EST CE QUI EST ARRIVE AU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE?”.Les autorités ont mis en garde contre un froid potentiellement mortel pouvant durer une semaine après la tempête, notamment dans les Grandes Plaines du Nord et d’autres régions du centre, où les températures ressenties pourraient atteindre -45°C.De telles températures peuvent provoquer des engelures en quelques minutes.

L’ex-sénateur Joël Guerriau au tribunal pour avoir drogué la députée Sandrine Josso

Un tête-à-tête entre élus de la République, un champagne au goût étrange, et une retentissante affaire politico-judiciaire: l’ex-sénateur Joël Guerriau est jugé lundi et mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, accusé d’avoir drogué à l’ecstasy la députée Sandrine Josso afin de la violer.Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, fléau de société sur lequel Sandrine Josso est politiquement très engagée depuis les faits, l’éventuelle motivation sexuelle, niée par Joël Guerriau, devrait faire l’objet d’âpres débats à l’audience.Le 14 novembre 2023 au soir, Sandrine Josso, 48 ans, est invitée au domicile parisien du sénateur de Loire-Atlantique de 56 ans, un homologue parlementaire avec lequel elle entretient depuis dix ans une relation amicale sans la moindre ambiguïté sexuelle. Celui-ci veut fêter sa fraîche réélection à la chambre haute, à laquelle il siège depuis 2011.À son arrivée vers 20H00 dans son appartement du 6e arrondissement, la députée MoDem découvre à sa grande surprise être la seule invitée de Joël Guerriau. Pendant qu’elle patiente au salon, son hôte leur prépare dans la cuisine, hors de sa vue, des coupes de champagne pour trinquer.Sandrine Josso accepte le verre qui lui est offert, boit quelques gorgées. En bouche, le champagne blanc a un drôle de goût.D’après la députée de Loire-Atlantique, Joël Guerriau se montre étrangement pressant. Il lui reproche de ne pas boire ou manger, insiste pour la resservir, trinquer. Le sénateur réalise des “tours de magie” devant son invitée, joue avec l’éclairage de la pièce en coupant puis rallumant par à-coups le plafonnier.Après une coupe et demi de champagne, accompagnée de deux fajitas, Sandrine Josso ressent des symptômes “bizarres”: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausée, tremblements… Voyant Joël Guerriau manipuler un sachet transparent et le ranger dans un tiroir de la cuisine, elle panique.Prétextant devoir retourner à l’Assemblée nationale, la députée, en grande détresse, ayant même du mal à parler ou tenir debout, quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues députés de venir la récupérer au palais Bourbon.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.- “Acte d’inadvertance” -Interpellé dès le lendemain des faits, Joël Guerriau dément avoir drogué Sandrine Josso pour l’agresser et argue d’un “acte d’inadvertance” de sa part.Selon le récit qu’il a fourni tout au long de l’instruction, il s’est procuré pour lui-même un euphorisant dans une période de vague à l’âme consécutive à la mort de son chat, et a servi par erreur à son amie un verre qu’il se destinait.En perquisition, un sachet de 30 grammes d’ecstasy a été retrouvé dans le tiroir de sa cuisine.”Je ne suis pas au top de ma forme. J’ai l’air d’aller bien mais à l’intérieur, je suis ravagée”, a confié à l’AFP Sandrine Josso en amont du procès. “Quelque part, je prends ça comme une mission en fait. Je me dis, si ça m’est arrivé, que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose”.Pour sa part, Joël Guerriau “réserve ses explications au tribunal”, ont indiqué à l’AFP ses avocats, Mes Maria Roumiantseva et Henri Carpentier. L’ex-sénateur, qui a démissionné le 5 octobre dernier du palais du Luxembourg, encourt cinq ans d’emprisonnement.Sandrine Josso considère qu’en la droguant, Joël Guerriau avait l’intention de la violer pour “assouvir une pulsion, un fantasme”, ce dont le prévenu se défend.Si le sénateur n’a effectué aucun geste à caractère sexuel durant la soirée, les juges d’instruction ont estimé que le “cadre à tout le moins intimiste” du tête-à-tête et ses recherches sur internet, quelques semaines avant les faits, sur la drogue et le viol étaient suffisants pour qu’il soit jugé de ce chef devant le tribunal.

L’ex-sénateur Joël Guerriau au tribunal pour avoir drogué la députée Sandrine Josso

Un tête-à-tête entre élus de la République, un champagne au goût étrange, et une retentissante affaire politico-judiciaire: l’ex-sénateur Joël Guerriau est jugé lundi et mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, accusé d’avoir drogué à l’ecstasy la députée Sandrine Josso afin de la violer.Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, fléau de société sur lequel Sandrine Josso est politiquement très engagée depuis les faits, l’éventuelle motivation sexuelle, niée par Joël Guerriau, devrait faire l’objet d’âpres débats à l’audience.Le 14 novembre 2023 au soir, Sandrine Josso, 48 ans, est invitée au domicile parisien du sénateur de Loire-Atlantique de 56 ans, un homologue parlementaire avec lequel elle entretient depuis dix ans une relation amicale sans la moindre ambiguïté sexuelle. Celui-ci veut fêter sa fraîche réélection à la chambre haute, à laquelle il siège depuis 2011.À son arrivée vers 20H00 dans son appartement du 6e arrondissement, la députée MoDem découvre à sa grande surprise être la seule invitée de Joël Guerriau. Pendant qu’elle patiente au salon, son hôte leur prépare dans la cuisine, hors de sa vue, des coupes de champagne pour trinquer.Sandrine Josso accepte le verre qui lui est offert, boit quelques gorgées. En bouche, le champagne blanc a un drôle de goût.D’après la députée de Loire-Atlantique, Joël Guerriau se montre étrangement pressant. Il lui reproche de ne pas boire ou manger, insiste pour la resservir, trinquer. Le sénateur réalise des “tours de magie” devant son invitée, joue avec l’éclairage de la pièce en coupant puis rallumant par à-coups le plafonnier.Après une coupe et demi de champagne, accompagnée de deux fajitas, Sandrine Josso ressent des symptômes “bizarres”: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausée, tremblements… Voyant Joël Guerriau manipuler un sachet transparent et le ranger dans un tiroir de la cuisine, elle panique.Prétextant devoir retourner à l’Assemblée nationale, la députée, en grande détresse, ayant même du mal à parler ou tenir debout, quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues députés de venir la récupérer au palais Bourbon.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.- “Acte d’inadvertance” -Interpellé dès le lendemain des faits, Joël Guerriau dément avoir drogué Sandrine Josso pour l’agresser et argue d’un “acte d’inadvertance” de sa part.Selon le récit qu’il a fourni tout au long de l’instruction, il s’est procuré pour lui-même un euphorisant dans une période de vague à l’âme consécutive à la mort de son chat, et a servi par erreur à son amie un verre qu’il se destinait.En perquisition, un sachet de 30 grammes d’ecstasy a été retrouvé dans le tiroir de sa cuisine.”Je ne suis pas au top de ma forme. J’ai l’air d’aller bien mais à l’intérieur, je suis ravagée”, a confié à l’AFP Sandrine Josso en amont du procès. “Quelque part, je prends ça comme une mission en fait. Je me dis, si ça m’est arrivé, que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose”.Pour sa part, Joël Guerriau “réserve ses explications au tribunal”, ont indiqué à l’AFP ses avocats, Mes Maria Roumiantseva et Henri Carpentier. L’ex-sénateur, qui a démissionné le 5 octobre dernier du palais du Luxembourg, encourt cinq ans d’emprisonnement.Sandrine Josso considère qu’en la droguant, Joël Guerriau avait l’intention de la violer pour “assouvir une pulsion, un fantasme”, ce dont le prévenu se défend.Si le sénateur n’a effectué aucun geste à caractère sexuel durant la soirée, les juges d’instruction ont estimé que le “cadre à tout le moins intimiste” du tête-à-tête et ses recherches sur internet, quelques semaines avant les faits, sur la drogue et le viol étaient suffisants pour qu’il soit jugé de ce chef devant le tribunal.

Ivory Coast cocoa growers rue ‘curse of brown gold’Mon, 26 Jan 2026 06:39:50 GMT

Laurent Kone’s wattle-and-daub house, with its tarpaulin roof and no electricity, lies down a bumpy red-earth track in western Ivory Coast.For 30 years, he has been growing cocoa and is typical of the smallholders who have been the backbone in making the west African country the world’s leading producer of the crop.But the country currently …

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Ouverture du procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty

Le procès en appel de quatre personnes, condamnées en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty par un islamiste tchétchène, survenu après une campagne de haine et d’intimidation, s’ouvre lundi.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, qui avait été abattu par la police juste après son crime. Lors du procès en première instance, les huit accusés (sept hommes et une femme) avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de un à 16 ans de prison.Quatre sont rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, jusqu’au 27 février.Parmi eux figurent d’un côté deux amis d’Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés à 16 ans de réclusion pour complicité d’assassinat; et de l’autre, Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui qui avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste.Les quatre autres personnes qui n’ont pas fait appel étaient en contact avec Anzorov sur les réseaux sociaux.- Mensonge -Tout est né du mensonge d’une élève de 13 ans, fille de Brahim Chnina, accusant le professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté mais son mensonge avait été relayé massivement sur les réseaux sociaux par son père et Abdelhakim Sefrioui.Après plusieurs jours d’une campagne virulente ciblant l’enseignant de 47 ans, ce dernier avait été tué par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène.En décembre 2024, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont admis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas l’assassin.Mais, selon les juges, “les deux accusés ont, en connaissance de cause, pris le risque, malgré le danger et les menaces visant Samuel Paty, qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit portée par un tiers, violent et radicalisé qui devenait leur bras armé”. Et ils “ont contribué à créer un état d’esprit propre à susciter le crime”, “en attisant la colère et la haine d’un esprit radicalisé”.A ce nouveau procès, les conseils de Brahim Chnina, Mes Frank Berton et Louise Tort, attendent que le rôle de leur client “soit ramené à sa juste place”: “Il n’a jamais participé à la moindre entreprise terroriste”.”C’est le procès de la dernière chance pour Abdelhakim Sefrioui”, commente un de ses avocats, Me Vincent Brengarth.”On ne comprend pas pourquoi la juridiction de première instance n’a pas tiré les conséquences de la réalité factuelle de ce dossier, à savoir que M. Sefrioui ne connaissait pas M. Anzorov, et que rien ne le relie, directement ou indirectement, au crime de ce dernier”, explique-t-il.- Nuñez et Dupond-Moretti cités -Les avocats ont demandé que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti soient cités comme témoins, pour les entendre “sur les défaillances qui ont conduit à l’assassinat”.Concernant les proches de M. Anzorov, les magistrats de première instance ont retenu qu’ils étaient “parfaitement” conscients de la dangerosité de leur ami, et qu’ils l’avaient pourtant aidé, dans sa recherche d’armes notamment.Pour Mes Hiba Rizkallah et Martin Méchin, avocats de Naïm Boudaoud, ce dernier “a été condamné sur le fondement d’interprétations fragiles et hasardeuses, sans aucune preuve d’une intention criminelle”. Ils appellent la cour d’assises d’appel à ne “céder ni à l’émotion, ni aux pressions populaire et médiatique”.La famille de l’enseignant espère, elle, une “confirmation du jugement sur le principe, au niveau des qualifications et des peines”, et “que les faits soient reconnus et que chaque étape de l’engrenage soit jugée”, déclare Me Virginie Le Roy, avocate des parents et d’une soeur de Samuel Paty. Même attente du côté de Mickaëlle Paty, une autre soeur de la victime, qui est “combative et déterminée”, selon ses conseils, Mes Thibault de Montbrial et Pauline Ragot.