L’accusation requiert au procès de Lafarge pour financement du terrorisme

La parole est à l’accusation mardi au procès du cimentier français Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014, dont l’Etat islamique (EI), dans le but d’y maintenir l’activité d’une cimenterie, en dépit de la guerre civile qui faisait rage.Au terme de quatre semaines de débats, et après les plaidoiries des parties civiles, les deux représentantes du parquet national antiterroriste (Pnat) vont prendre leurs réquisitions à l’encontre des prévenus, jugés pour financement d’entreprises terroristes et pour certains aussi pour non-respect de sanctions financières internationales.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, comparaissent à Paris l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, vit à l’étranger et ne s’est pas présenté au procès. Il est visé par un mandat d’arrêt international.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Cette usine avait ouvert en 2010 avec un investissement de 680 millions d’euros.Alors que les autres multinationales avaient quitté le pays en 2012, Lafarge n’a évacué cette année-là que ses employés de nationalité étrangère, et maintenu l’activité de ses salariés syriens jusqu’en septembre 2014, date à laquelle le groupe EI a pris le contrôle de l’usine.La société, qui a déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux Etats-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable, risque cette fois-ci jusqu’à 1,125 million d’euros d’amende pour le financement du terrorisme. Pour la violation d’embargo, l’amende encourue est nettement plus lourde, allant jusqu’à 10 fois le montant de l’infraction qui sera retenu in fine par la justice.Les personnes physiques risquent de leur côté dix ans d’emprisonnement et 225.000 euros d’amende pour le financement du terrorisme.Pendant le procès, divers courriels et compte-rendus échangés entre les différents protagonistes, dont certains sont accablants, ont été méticuleusement examinés par le tribunal correctionnel. – Ligne de défense malmenée –  Les prévenus ont expliqué avoir été l’objet de “racket” de la part des différentes factions armées qui encerclaient l’usine, et y avoir cédé, pensant que la situation ne durerait pas aussi longtemps.”Soit on se faisait taxer – c’était pas nouveau, ce système est généralisé au niveau de la Syrie – soit on fermait”, a ainsi déclaré Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de la multinationale.La thèse de la défense, selon laquelle les autorités françaises – la diplomatie et les services de renseignement – approuvaient la présence de Lafarge en Syrie et étaient au courant des versements aux jihadistes, s’est dégonflée à l’audience.La société faisait effectivement remonter en haut lieu des informations du terrain, ont témoigné plusieurs personnes, dont l’ancien directeur de la sûreté du groupe, Jean-Claude Veillard, qui avait été mis en examen dans le dossier avant de bénéficier d’un non-lieu. Mais cela ne signifiait pas que les autorités savaient que le groupe finançait les groupes armés, et qu’elles lui avaient donné un “blanc-seing”, ont déclaré ces témoins.Dans leurs plaidoiries vendredi, les avocats des parties civiles ont dénoncé le cynisme des prévenus, qui ont choisi de maintenir l’activité “coûte que coûte”, au détriment de la sécurité des salariés, qui devaient franchir, la peur au ventre, les checkpoints tenus par les rebelles pour rejoindre l’usine.La position de l’ex-patron Bruno Lafont, affirmant ne pas avoir été au courant des versements illicites, a été notamment critiquée.”Lorsqu’on est aux commandes, on est responsable, diriger une grande multinationale ça oblige, on a des milliers de personnes sous sa hiérarchie”, a observé Me Julie Février, avocate de l’ONG Sherpa. “On ne peut pas sérieusement croire que quand la guerre éclate (…), on ne surveille pas ce qui se passe près de l’usine” et “qu’on est tenus à l’écart des confidences”, a-t-elle estimé.Après les réquisitions, ce sera au tour des avocats de la défense de plaider, jusqu’au 19 décembre. Délibéré attendu en 2026.

Bank of Japan expected to hike rates to 30-year high

The Bank of Japan is expected to hike interest rates Friday for the first time since January, pushing them to their highest level in 30 years and potentially exacerbating turmoil in debt markets.Yields on Japanese government bonds have risen in recent weeks on worries about Prime Minister Sanae Takaichi’s budget discipline, while the yen has weakened.Higher BoJ interest rates make Japanese bonds more attractive than other assets, pushing down their prices but sending yields — which move inversely — higher.Japan’s economy contracted 0.6 percent in the third quarter, but BoJ governor Kazuo Ueda said last weekthat the impact of US tariffs was less than feared.”So far, US corporates have swallowed the burden of tariffs without fully passing (them) through to consumer prices,” Ueda told the Financial Times.At the same time, inflation has been above the BoJ’s target of two percent for some time, with core consumer prices rising 3.0 percent in October.”The urgency stems from policymakers’ recognition that the window for hiking will close once external headwinds intensify,” said BMI (Fitch Solutions) in a note.- Record-high yields -The majority of economists polled by Bloombergexpect the BoJ to raise its main rate from 0.5 percent to 0.75 percent, which would be the highest since 1995.The BoJ only began raising rates from below zero in March 2024. The US Federal Reserve is now going in the other direction and cutting rates.The BoJ’s move should help keep inflation in check, which would be welcome news to Takaichi, Japan’s first woman prime minister.She hopes to avoid the fate of her predecessor Shigeru Ishiba, who suffered a string of election debacles in part because of anger over rising prices.The lower house last week approved an extra budget worth 18.3 trillion yen ($118 billion) to finance a major stimulus package to help households.But more than 60 percent of the planned spending will come from government borrowing, rekindling market anxiety about Japan’s fiscal health.The country already has the biggest ratio of debt to gross domestic product (GDP) among major economies, with the International Monetary Fund projecting it to hit 232.7 percent this year.Yields on 30-year bond yields reached a record high in early December, and 10-year yields last week hittheir highest level in 19 years.As well as pushing up bond yields, worries about Takaichi’s “responsible proactive fiscal policy” have added to pressure on the yen, which in turn fuels inflation since Japan is so reliant on imports.”These factors will offset the effects of the economic stimulus measures and undermine the medium- to long-term stability of the economy and financial markets,” said Takahide Kiuchi at the Nomura Research Institute.”This is the contradiction and weakness of the Takaichi administration’s proactive fiscal policy,” he said.

Entre Mbappé et le PSG, les prud’hommes tranchent un litige à plusieurs centaines de millions d’euros

Le conseil de prud’hommes de Paris doit rendre mardi à 13h00 sa décision dans le litige à plusieurs centaines de millions d’euros opposant Kylian Mbappé au PSG après le départ de la star en 2024, une affaire qui pourrait néanmoins rebondir.Car les quatre conseillers prud’homaux pourraient décider de renvoyer l’affaire à une audience ultérieure pour bénéficier du renfort d’un juge professionnel – sans même parler de l’appel que ne manquerait pas d’interjeter chacune des deux parties en cas de défaite.Le dossier est complexe, ultra médiatisé avec deux parties qui demandent des sommes colossales pour réparation de leur préjudice présumé.Au départ, c’est Kylian Mbappé qui, après avoir cherché en vain à obtenir devant les instances sportives 55 millions de salaires et primes impayés à la fin de son contrat à l’été 2024, a assigné le PSG devant les prud’hommes.Lors de l’audience du 17 novembre, les conseils du capitaine des Bleus ont exigé 263 millions d’euros au PSG, sur la base notamment d’une requalification de son contrat de CDD (contrat à durée déterminée) en CDI (à durée indéterminée).Ils ont dénoncé entre autres un licenciement sans cause (44,6 millions d’euros), un harcèlement moral et du travail dissimulé (deux fois 37,5 millions d’euros) ou encore l’exécution déloyale du contrat de travail (19 millions d’euros).Pour sa part, le club de la capitale, conscient que le droit du travail français protège les salariés, a opté pour une stratégie de contre-attaque en demandant un total de 440 millions d’euros à son ancien buteur, désormais au Real Madrid. – Institution -Le club s’appuie sur l’existence établie, selon lui, d’un accord verbal entre les deux parties à l’été 2023 pour que le joueur, appelé à partir libre – c’est-à-dire sans indemnité de transfert pour le PSG – ne lèse pas financièrement son employeur “après l’investissement exceptionnel consenti”.Il réclame 180 millions d’euros pour ce qu’il estime être une dissimulation par le joueur de cet accord, 180 millions supplémentaires pour la perte de chance de le transférer, 60 millions pour mauvaise foi dans l’exécution de l’accord et 20 millions de préjudice à l’image.Après des tentatives de conciliation, il s’agit désormais de protéger l’institution face à un comportement du joueur jugé déloyal, explique un proche de la direction du PSG. Le club s’est félicité le week-end dernier que la cour d’appel ait rejeté un pourvoi de Mbappé contre l’annulation de la saisie conservatoire des 55 millions d’euros pratiquée sur les comptes du PSG.En face, les avocats de la star de l’équipe de France et du Real Madrid soulignent que “M. Mbappé ne formule aucune demande exceptionnelle et sollicite uniquement l’application du droit du travail, comme tout salarié”.Le litige empoisonne les relations entre les deux parties depuis deux ans et demi. L’attaquant, au PSG depuis l’été 2017, avait été mis à l’écart du groupe professionnel au début de la saison 2023-2024 par le PSG car il voulait aller au terme de son contrat sans le prolonger. Un choix qui privait le club parisien d’une juteuse indemnité de transfert.Mbappé avait finalement été réintégré après la première journée du championnat. Mais à l’annonce aux dirigeants, en février 2024, de la confirmation de son départ à venir, la relation s’est encore un peu plus refroidie.Le départ du meilleur buteur de l’histoire du club avait eu lieu au printemps, sans faste et autre évènement public que l’organisation, par les “ultras” de la tribune Auteuil, d’un hommage de quelques minutes après un match.

‘Waiting to die’: the dirty business of recycling in Vietnam

Crouched between mountains of discarded plastic, Lanh strips the labels off bottles of Coke, Evian and local Vietnamese tea drinks so they can be melted into tiny pellets for reuse.More waste arrives daily, piling up like technicolour snowdrifts along the roads and rivers of Xa Cau, one of hundreds of “craft” recycling villages encircling Vietnam’s capital Hanoi where waste is sorted, shredded and melted.The villages present a paradox: they enable reuse of some of the 1.8 million tonnes of plastic waste Vietnam produces each year, and allow employees to earn much-needed wages.But recycling is done with few regulations, pollutes the environment and threatens the health of those involved, both workers and experts told AFP.”This job is extremely dirty. The environmental pollution is really severe,” said Lanh, 64, who asked to be identified only by her first name for fear of losing her job.It is a conundrum facing many fast-growing economies, where plastic use and disposal has outpaced the government’s ability to collect, sort and recycle.Even in wealthy countries, recycling rates are often abysmal because plastic products can be expensive to repurpose and sorting rates are low.But the rudimentary methods used in Vietnam’s craft villages produce dangerous emissions and expose workers to toxic chemicals, experts say.”Air pollution control is zero in such facilities,” said Hoang Thanh Vinh, an analyst at the United Nations Development Programme focused on waste recycling.Untreated wastewater is often dumped directly into waterways, he added.The true scale of the problem is hard to judge, with few comprehensive studies.In one village, Minh Khai, Vinh said a sediment analysis found “very high contamination of lead and the presence of dioxins”, as well as furan — all of which have been linked to cancer.And in 2008, the life expectancy for residents of the villages was found to be a full decade shorter than the national average, according to the environment ministry.Local authorities and the environment ministry did not reply to AFP’s requests for comment.Lanh believes the toxic waste in Xa Cau gave her husband blood cancer, but she still spends her days sorting rubbish to pay his medical bills.”This village is full of cancer cases, people just waiting to die,” she said.- Sickness and wealth -No data exists on cancer rates in the villages, but AFP spoke to more than half a dozen workers in Xa Cau and Minh Khai who reported colleagues or family members with cancer.Xuan Quach, coordinator of the Vietnam Zero Waste Alliance, said sustained exposure to the “toxic environment” made it inevitable that residents face “health risks that are of course higher”.Dat, 60, has been sorting plastic in Xa Cau for a decade and said the job “definitely affects your health”.  “There’s no shortage of cancer cases in this village.”But there is also no shortage of workers, keen for the economic lifeline recycling provides.In Xa Cau, plastic piles up around multi-storey homes, some with ornate facades noting the years they were built.”We get richer thanks to this business,” said 58-year-old Nguyen Thi Tuyen, who lives in a two-storey home.”Now all the houses are brick houses… In the past, we were just a farming village.” Most of the waste the villagers recycle is home-grown, researchers and residents say.But even though Vietnam only recycles about a third of its own plastic waste, it also imports thousands of tons annually from Europe, the United States and Asia.Imports soared after China stopped accepting plastic waste in 2018, though recently Vietnam has tightened regulations and announced plans to phase out imports too.For now, US and EU trade statistics show shipments to Vietnam from the two economies reached over 200,000 tonnes last year.In Minh Khai, the owner of a plant producing plastic pellets said domestic supply “is not enough”.”I have to import from overseas,” 23-year-old Dinh, who only gave one name, explained over the whir of heavy machinery. Most domestic waste doesn’t get sorted, so it cannot easily be reused. There have been efforts to improve the industry, including a ban on burning unrecyclable waste and building modern facilities.But burning continues and unusable waste is often dumped in empty lots, according to Vinh.He said the government should help recyclers move to industrial parks with better environmental safeguards, formalising a sector that handles a quarter of the country’s recycling.”The current way of recycling in recycling villages… is not good to the environment at all.”