“French response”, la riposte “désinhibée” sur X de la diplomatie française

Punchlines anti-Maga, gifs contre la Russie et second degré: avec son compte X “French response”, le ministère français des Affaires étrangères s’est doté d’un outil au ton volontairement ironique pour tenter de décourager les adversaires de la France dans la guerre informationnelle.Le temps des déclarations policées dénonçant les ingérences étrangères et la désinformation ciblant les …

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UN rights council decries ‘unprecedented’ crackdown in Iran, deepens scrutiny

The UN Human Rights Council decided Friday to deepen its scrutiny of Iran over its crackdown on protests that left thousands dead, including children, amid demands it end its “brutal repression”.The 47-member body voiced alarm about “the unprecedented scale of the violent crackdown on peaceful protests by security forces” in Iran.With 25 votes in favour, seven opposed and the rest abstaining, it decided to extend and broaden the mandate of independent investigators gathering evidence towards ensuring accountability for rights violations in the country.”A climate of fear and systematic impunity cannot be tolerated,” Iceland’s ambassador Einar Gunnarsson said as he presented the text to the council before the vote. “Victims and survivors deserve truth, justice and accountability.”Stressing the need for “accountability”, the adopted text extends the mandate of a special rapporteur on Iran for another year.It also extended for two years the work of a separate fact-finding mission set up in November 2022, following Iran’s crackdown on a wave of protests sparked by the death in custody of an Iranian Kurdish woman named Mahsa Amini.The resolution empowers the investigative body to probe “allegations of recent and ongoing serious human rights violations and abuses, and crimes perpetrated in relation to the protests”.The vote came at the end of an urgent session of the rights council, requested by Britain, Germany, Iceland, Moldova and North Macedonia, but harshly criticised by Iran.- ‘Accountability’ -In his opening remarks to the council, UN rights chief Volker Turk described how security forces used “live ammunition” against protesters, decrying that “thousands” had been killed, including children.”I call on the Iranian authorities to reconsider, to pull back, and to end their brutal repression, including summary trials and disproportionate sentences,” he said.”I call for the immediate release of all those arbitrarily detained by the Iranian authorities, and I call for a complete moratorium on the death penalty.”His comments were broadly echoed during the rights council special session.”There must be accountability for the dire events of the past weeks, and justice must be done for all those who were killed, injured or detained only for exercising their human rights and for voicing legitimate demands,” the European Union representative Michele Cervone d’Urso told the gathering.Iranian ambassador Ali Bahreini however slammed Friday’s meeting as “posturing” and “a pressure tool against Iran”. His colleague Somayeh Karimdoost described the resolution as “a thoroughly unbalanced biased and politically motivated text”.A number of countries also came to Iran’s defence, accusing the council of being “politicised” and showing “double standards”.Cuban ambassador Rodolfo Benitez slammed the session as an “act of supreme cynicism”, while China’s ambassador Jia Guide said Beijing “opposed interference in other countries’ internal affairs on the pretext of human rights”.- ‘Chilling’ -Turk’s office and NGOs tracking the toll from the crackdown on the biggest protests in Iran in years have said their task has been impeded by a now two-week internet shutdown.Giving their first official toll from the protests, Iranian authorities on Wednesday said 3,117 people had been killed since the massive demonstrations erupted late December. But the US-based Human Rights Activists News Agency on Friday put the number of deaths at more than 5,000, warning the confirmed figures were likely to be far lower than the actual toll.Another NGO, Norway-based Iran Human Rights, has warned the final toll risks reaching the scale of 25,000.The protests have now largely halted, but while “the killing in the streets of Iran may have subsided… the brutality continues”, Turk warned.He decried the “chilling development” in which Iran’s judiciary chief this week said there would be no leniency for the thousands detained.”I am deeply concerned by contradictory statements from the Iranian authorities about whether those detained in connection with the protests may be executed,” Turk said.He pointed out that Iran “remains among the top executioner states in the world”, with at least 1,500 people reportedly executed there last year.

Lecornu éloigne la censure et veut tourner la page du budget

Sébastien Lecornu a souhaité vendredi tourner la page du budget pour s’engager dans des projets plus “réalistes”, réfutant ainsi tout “immobilisme”, après avoir surmonté sans surprise deux motions de censure grâce à la mansuétude des socialistes.”Il faut savoir terminer une crise politique”, a affirmé le Premier ministre en marge d’un déplacement en Seine-Saint-Denis consacré au logement, pour justifier son recours au 49.3 pour faire adopter le budget.”Maintenant, il faut avancer” car “très vite, la campagne présidentielle va débuter” et dans ce contexte “la projection du gouvernement” sur la suite des réformes “sera réaliste”, a-t-il ajouté.Mais “on ne va pas rien faire. Il n’y aura pas d’immobilisme” car “il y a des sujets qui ne peuvent pas attendre”, comme le logement, a-t-il souligné en se donnant un ambitieux objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030 dans le cadre d’un plan de “relance” à venir du secteur.Le chef du gouvernement a assuré qu’il n’avait pas “d’agenda” politique, semblant ainsi écarter une candidature à l’Elysée, et redemandé à ses ministres de se tenir “le plus éloigné de la campagne présidentielle”.- “Dernier secours” -Dans la matinée, Sébastien Lecornu avait surmonté sans surprise les motions de censure déposées par la gauche hors PS et le RN, en réponse à sa décision d’utiliser le 49.3 sur la partie “recettes” du budget. La partie recettes adoptée, il a dans la foulée engagé un nouveau 49.3, sur les dépenses et l’ensemble du texte qui pourrait être adopté définitivement début février. La France insoumise et le RN ont déposé de nouvelles motions de censure, qui devraient être examinées et rejetées de la même manière mardi.La motion commune des groupes Insoumis, écologiste, GDR (communistes et ultra-marins) a obtenu 269 voix, 19 de moins que les 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement, la droite et le PS refusant de s’y associer.”Il y a une majorité fragile”, a reconnu sur BFMTV Laurent Panifous, le ministre des Relations avec le parlement. “Elle est à peu près la même depuis deux, trois mois (…) Soyons prudents, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité”.La motion du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a aussi échoué, recueillant 142 voix.Le Premier ministre a redit vendredi son “regret” de devoir actionner le 49.3 sur le budget de l’Etat pour 2026, rompant avec la promesse faite début octobre d’y renoncer, à la demande des socialistes.Après plus de trois mois de discussion, le Parlement “ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir” mais  désormais le 49.3 “ne pourra plus être utilisé comme avant”, sauf “en absolu et dernier ressort” pour “préserver les institutions”, a-t-il espéré.- Majorité “fragile” -Le débat, tenu dans un hémicycle clairsemé, a mis en lumière les fractures de la gauche, le PS se trouvant isolé face aux trois autres groupes.”Le PS vole 65 voix d’opposition du NFP (l’alliance de gauche Nouveau Front populaire aux législatives 2024; ndlr). Il faudra s’en souvenir aux municipales”, a déclaré sur X le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fustigeant des “milliards de coupe” de la “nouvelle majorité Attal, Faure, Wauquiez”.La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a elle fustigé la “trahison du pacte solennel” conclu par le Premier ministre avec le Parlement, et un “passage en force”, selon elle “marque de fabrique” du macronisme. “Tout aurait dû vous conduire à démissionner”, a-t-elle estimé, pointant du doigt l'”impuissance” du gouvernement.Le PS avait confirmé dès mardi qu’il ne voterait pas la motion de censure déposée par les trois autres groupes de gauche. Le député PS Laurent Baumel a défendu ce choix, saluant les “inflexions substantielles” obtenues par son groupe, et se félicitant que l’abandon au moins temporaire du 49.3 ait permis de donner une “portée effective” aux discussions menées dans l’hémicycle.Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent aussi un goût amer, alors que le déficit devrait s’élever à 5% du PIB. “Nos désaccords avec ce texte sont réels et assumés”, a souligné l’ancienne ministre Horizons Agnès Firmin-Le Bodo. Mais en attendant la présidentielle, “nous devons sortir (le pays) du blocage permanent”, a souligné le député LR Nicolas Ray.Le ministre de l’Economie Roland Lescure, qui accompagnait M. Lecornu à Rosny-sous-Bois, a dit espérer “de bonnes nouvelles sur la croissance”.

Lecornu éloigne la censure et veut tourner la page du budget

Sébastien Lecornu a souhaité vendredi tourner la page du budget pour s’engager dans des projets plus “réalistes”, réfutant ainsi tout “immobilisme”, après avoir surmonté sans surprise deux motions de censure grâce à la mansuétude des socialistes.”Il faut savoir terminer une crise politique”, a affirmé le Premier ministre en marge d’un déplacement en Seine-Saint-Denis consacré au logement, pour justifier son recours au 49.3 pour faire adopter le budget.”Maintenant, il faut avancer” car “très vite, la campagne présidentielle va débuter” et dans ce contexte “la projection du gouvernement” sur la suite des réformes “sera réaliste”, a-t-il ajouté.Mais “on ne va pas rien faire. Il n’y aura pas d’immobilisme” car “il y a des sujets qui ne peuvent pas attendre”, comme le logement, a-t-il souligné en se donnant un ambitieux objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030 dans le cadre d’un plan de “relance” à venir du secteur.Le chef du gouvernement a assuré qu’il n’avait pas “d’agenda” politique, semblant ainsi écarter une candidature à l’Elysée, et redemandé à ses ministres de se tenir “le plus éloigné de la campagne présidentielle”.- “Dernier secours” -Dans la matinée, Sébastien Lecornu avait surmonté sans surprise les motions de censure déposées par la gauche hors PS et le RN, en réponse à sa décision d’utiliser le 49.3 sur la partie “recettes” du budget. La partie recettes adoptée, il a dans la foulée engagé un nouveau 49.3, sur les dépenses et l’ensemble du texte qui pourrait être adopté définitivement début février. La France insoumise et le RN ont déposé de nouvelles motions de censure, qui devraient être examinées et rejetées de la même manière mardi.La motion commune des groupes Insoumis, écologiste, GDR (communistes et ultra-marins) a obtenu 269 voix, 19 de moins que les 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement, la droite et le PS refusant de s’y associer.”Il y a une majorité fragile”, a reconnu sur BFMTV Laurent Panifous, le ministre des Relations avec le parlement. “Elle est à peu près la même depuis deux, trois mois (…) Soyons prudents, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité”.La motion du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a aussi échoué, recueillant 142 voix.Le Premier ministre a redit vendredi son “regret” de devoir actionner le 49.3 sur le budget de l’Etat pour 2026, rompant avec la promesse faite début octobre d’y renoncer, à la demande des socialistes.Après plus de trois mois de discussion, le Parlement “ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir” mais  désormais le 49.3 “ne pourra plus être utilisé comme avant”, sauf “en absolu et dernier ressort” pour “préserver les institutions”, a-t-il espéré.- Majorité “fragile” -Le débat, tenu dans un hémicycle clairsemé, a mis en lumière les fractures de la gauche, le PS se trouvant isolé face aux trois autres groupes.”Le PS vole 65 voix d’opposition du NFP (l’alliance de gauche Nouveau Front populaire aux législatives 2024; ndlr). Il faudra s’en souvenir aux municipales”, a déclaré sur X le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fustigeant des “milliards de coupe” de la “nouvelle majorité Attal, Faure, Wauquiez”.La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a elle fustigé la “trahison du pacte solennel” conclu par le Premier ministre avec le Parlement, et un “passage en force”, selon elle “marque de fabrique” du macronisme. “Tout aurait dû vous conduire à démissionner”, a-t-elle estimé, pointant du doigt l'”impuissance” du gouvernement.Le PS avait confirmé dès mardi qu’il ne voterait pas la motion de censure déposée par les trois autres groupes de gauche. Le député PS Laurent Baumel a défendu ce choix, saluant les “inflexions substantielles” obtenues par son groupe, et se félicitant que l’abandon au moins temporaire du 49.3 ait permis de donner une “portée effective” aux discussions menées dans l’hémicycle.Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent aussi un goût amer, alors que le déficit devrait s’élever à 5% du PIB. “Nos désaccords avec ce texte sont réels et assumés”, a souligné l’ancienne ministre Horizons Agnès Firmin-Le Bodo. Mais en attendant la présidentielle, “nous devons sortir (le pays) du blocage permanent”, a souligné le député LR Nicolas Ray.Le ministre de l’Economie Roland Lescure, qui accompagnait M. Lecornu à Rosny-sous-Bois, a dit espérer “de bonnes nouvelles sur la croissance”.

Agressions sexuelles sur Adèle Haenel: trois ans de prison ferme requis en appel contre Christophe Ruggia

Trois ans de prison ferme ont été requis vendredi en appel à Paris à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était âgée de 12 à 14 ans, l’actrice exposant à la cour d’appel de Paris sa “honte” d’enfant blessée. Les mains enfoncées dans les poches d’un ample costume, les yeux baissés et humides, les mots difficiles, espacés de silence, la comédienne récompensée par deux César a dévoilé, l’espace d’une petite demi-heure à la barre, un traumatisme symptomatique des enfants victimes de violences sexuelles.”Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas. J’ai tendance à minimiser parce que c’est une manière de repousser l’importance de M. Ruggia dans ma vie. Ça me dégoûte de le dire, mais cette importance, c’est l’ampleur de la destruction”, lâche-t-elle, la bouche crispée.Aujourd’hui âgé de 61 ans, Christophe Ruggia est poursuivi pour agressions sexuelles de 2001 à 2004 sur la comédienne lors de rendez-vous hebdomadaires à son domicile, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables” où le réalisateur, de 24 ans son aîné, avait offert à la jeune adolescente son premier rôle au cinéma.Démentant farouchement les faits dans cette affaire, révélée en 2019 dans une enquête de Mediapart, Christophe Ruggia a été condamné en février à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique, et a fait appel.”J’ai envie d’arrêter cette dépression, d’y mettre un terme, mais je sais pas si ça sera fini. Juste vivre avec. C’est une image de soi complètement détruite depuis l’âge de 12 ans”, confie Adèle Haenel à la cour à la reprise vendredi du procès, dont la première moitié s’est tenue en décembre avec l’interrogatoire du réalisateur.Sous la femme de 36 ans, qui a rompu avec le monde du cinéma après une carrière stratosphérique, refait surface dans le prétoire l’adolescente qu’elle était.”Ce que j’ai fait avec l’argent des per diem sur +Les diables+, c’est aller au JouéClub de la place de la Nation pour acheter des Lego, des jouets. C’est ça l’enfant que j’étais en fait. Je faisais du judo, j’étais en 5e, j’étais assez énergique je dirais. Après… après… c’est un peu le début de cet état dépressif. C’est difficile à qualifier, c’est comme si ça avait été toute ma vie. Je croyais que c’était comme ça la vie en fait.”- “Coupable, forcément coupable” -Des séquelles qui se matérialisent aujourd’hui encore par les nombreux tics traversant son corps, rendu plus nerveux encore par la tension du procès. Le chewing gum furieusement mâchonné. Les mains qui se tordent. Les paupières qui clignent frénétiquement. Les grattements à la tête.”Cet endroit sur la tête que j’ai, que je gratte tout le temps, c’est M. Ruggia qui m’a dit un jour que j’étais sur ses genoux +ah tu as un truc là+ (…) Je me suis mis à gratter cet endroit en fait, j’ai eu ma main recouverte de sang et depuis je n’ai pas arrêté”, explique-t-elle.Fustigeant la stratégie de défense de Christophe Ruggia, qui avec ses “mensonges poisseux” se présente comme l'”énième victime sérielle d’une enfant nymphomane”, Adèle Haenel implore la justice qu'”on circonscrive la responsabilité”: “c’est moi qui porte la culpabilité de M. Ruggia, de parents démissionnaires”.Adèle Haenel “vous donne à voir l’enfant qui se recroqueville dans le canapé pour échapper à son agresseur”, résume son avocate Anouck Michelin, qui la représente avec Yann Le Bras.Quelques minutes plus tard, l’avocat général Alexis Bouroz requiert à l’encontre de Christophe Ruggia cinq ans de prison, dont trois ferme, afin que le prévenu connaisse “l’emprisonnement réel”.Ce dossier “a pour particularité de se passer dans le monde du cinéma, mais sur le fond, les ressorts, la réalité, c’est ce que vous retrouvez dans tous les dossiers sur lesquels vous êtes amenés à statuer: le prof d’équitation, le prof de gymnastique, l’encadrant de camp scout… C’est pas un MeToo, c’est des abus sexuels sur des enfants”, analyse-t-il.Pour sa part, la défense dénonce une “procédure menée depuis le premier jour contre Christophe Ruggia, coupable, forcément coupable” et regrette le “déséquilibre médiatique dans cette affaire et son impact, conscient, inconscient, sur la décision de justice”.”Les souvenirs d’Adèle Haenel qui sont l’objet de votre prévention sont des souvenirs reconstruits”, plaide devant la cour Me Fanny Colin. “Adèle Haenel ne décrit qu’une seule scène, qu’elle systématise à cent samedis”, jour de leur rendez-vous hebdomadaire, s’étonne-t-elle, arguant d’une mémoire traumatique “confuse” de l’actrice.Décision le 17 avril.

Agressions sexuelles sur Adèle Haenel: trois ans de prison ferme requis en appel contre Christophe Ruggia

Trois ans de prison ferme ont été requis vendredi en appel à Paris à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était âgée de 12 à 14 ans, l’actrice exposant à la cour d’appel de Paris sa “honte” d’enfant blessée. Les mains enfoncées dans les poches d’un ample costume, les yeux baissés et humides, les mots difficiles, espacés de silence, la comédienne récompensée par deux César a dévoilé, l’espace d’une petite demi-heure à la barre, un traumatisme symptomatique des enfants victimes de violences sexuelles.”Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas. J’ai tendance à minimiser parce que c’est une manière de repousser l’importance de M. Ruggia dans ma vie. Ça me dégoûte de le dire, mais cette importance, c’est l’ampleur de la destruction”, lâche-t-elle, la bouche crispée.Aujourd’hui âgé de 61 ans, Christophe Ruggia est poursuivi pour agressions sexuelles de 2001 à 2004 sur la comédienne lors de rendez-vous hebdomadaires à son domicile, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables” où le réalisateur, de 24 ans son aîné, avait offert à la jeune adolescente son premier rôle au cinéma.Démentant farouchement les faits dans cette affaire, révélée en 2019 dans une enquête de Mediapart, Christophe Ruggia a été condamné en février à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique, et a fait appel.”J’ai envie d’arrêter cette dépression, d’y mettre un terme, mais je sais pas si ça sera fini. Juste vivre avec. C’est une image de soi complètement détruite depuis l’âge de 12 ans”, confie Adèle Haenel à la cour à la reprise vendredi du procès, dont la première moitié s’est tenue en décembre avec l’interrogatoire du réalisateur.Sous la femme de 36 ans, qui a rompu avec le monde du cinéma après une carrière stratosphérique, refait surface dans le prétoire l’adolescente qu’elle était.”Ce que j’ai fait avec l’argent des per diem sur +Les diables+, c’est aller au JouéClub de la place de la Nation pour acheter des Lego, des jouets. C’est ça l’enfant que j’étais en fait. Je faisais du judo, j’étais en 5e, j’étais assez énergique je dirais. Après… après… c’est un peu le début de cet état dépressif. C’est difficile à qualifier, c’est comme si ça avait été toute ma vie. Je croyais que c’était comme ça la vie en fait.”- “Coupable, forcément coupable” -Des séquelles qui se matérialisent aujourd’hui encore par les nombreux tics traversant son corps, rendu plus nerveux encore par la tension du procès. Le chewing gum furieusement mâchonné. Les mains qui se tordent. Les paupières qui clignent frénétiquement. Les grattements à la tête.”Cet endroit sur la tête que j’ai, que je gratte tout le temps, c’est M. Ruggia qui m’a dit un jour que j’étais sur ses genoux +ah tu as un truc là+ (…) Je me suis mis à gratter cet endroit en fait, j’ai eu ma main recouverte de sang et depuis je n’ai pas arrêté”, explique-t-elle.Fustigeant la stratégie de défense de Christophe Ruggia, qui avec ses “mensonges poisseux” se présente comme l'”énième victime sérielle d’une enfant nymphomane”, Adèle Haenel implore la justice qu'”on circonscrive la responsabilité”: “c’est moi qui porte la culpabilité de M. Ruggia, de parents démissionnaires”.Adèle Haenel “vous donne à voir l’enfant qui se recroqueville dans le canapé pour échapper à son agresseur”, résume son avocate Anouck Michelin, qui la représente avec Yann Le Bras.Quelques minutes plus tard, l’avocat général Alexis Bouroz requiert à l’encontre de Christophe Ruggia cinq ans de prison, dont trois ferme, afin que le prévenu connaisse “l’emprisonnement réel”.Ce dossier “a pour particularité de se passer dans le monde du cinéma, mais sur le fond, les ressorts, la réalité, c’est ce que vous retrouvez dans tous les dossiers sur lesquels vous êtes amenés à statuer: le prof d’équitation, le prof de gymnastique, l’encadrant de camp scout… C’est pas un MeToo, c’est des abus sexuels sur des enfants”, analyse-t-il.Pour sa part, la défense dénonce une “procédure menée depuis le premier jour contre Christophe Ruggia, coupable, forcément coupable” et regrette le “déséquilibre médiatique dans cette affaire et son impact, conscient, inconscient, sur la décision de justice”.”Les souvenirs d’Adèle Haenel qui sont l’objet de votre prévention sont des souvenirs reconstruits”, plaide devant la cour Me Fanny Colin. “Adèle Haenel ne décrit qu’une seule scène, qu’elle systématise à cent samedis”, jour de leur rendez-vous hebdomadaire, s’étonne-t-elle, arguant d’une mémoire traumatique “confuse” de l’actrice.Décision le 17 avril.

Gold nears $5,000, silver shines as stocks slip on turbulent week

Global stocks were subdued and precious metals hit fresh highs Friday after a turbulent week that saw US President Donald Trump back down from threats to seize Greenland and hit European allies with fresh tariffs.Gold — a safe-haven asset — pushed closer to a record $5,000 an ounce despite “a calmer end to a chaotic week on the markets”, said Dan Coatsworth, head of markets at AJ Bell.Fellow safe haven silver also continued its rise, blasting through $101 an ounce amid worries over what Trump may say, or actually do, next.”Gold nudged ahead… as investors were reluctant to let go of their safety blanket, just in case Donald Trump woke up with another controversial idea,” said Coatsworth.Sentiment has calmed over the past two days after the US president pulled back from his threat to hit several European nations with levies because of their opposition to Washington taking over the Danish autonomous territory.European markets sought direction in vain, Frankfurt closing just in the green as London and Paris fell the red side of the line at the end of the week.Wall Street was a similar picture, with the Dow losing 0.6 percent around two hours into trading although the broader-based S&P and the tech-heavy Nasdaq were just in positive territory.Intel plunged 16 percent after lacklustre expectations on the chip maker’s earnings.Asian markets closed higher.- Powell under pressure -Trump’s latest salvo against allies revived trade war fears and uncertainty about US investment, putting downward pressure on the dollar this week.Analysts said there was no guarantee that Europe-US relations had improved durably.The US president’s willingness to threaten tariffs over any issue had rattled confidence on trading floors, boosting safe-haven metals, analysts said.Investors were also preparing for next week’s Federal Reserve meeting following economic data broadly in line with forecasts and after US prosecutors took aim at boss Jerome Powell, which has raised fears over the bank’s independence.The bank is tipped to hold interest rates, having cut them in the previous three meetings.The meeting also comes as Trump considers candidates to replace Powell when the Fed chair’s term comes to an end in May.The Bank of Japan left its key interest rate unchanged ahead of the country’s snap election next week, which could impact government spending plans.After sharp volatility in the wake of the announcement, the yen traded slightly higher.Next week’s US earnings calendar is packed with results from Apple, Microsoft, Boeing, Tesla, Meta and other corporate giants.- Key figures at around 1650 GMT -New York – Dow: DOWN 0.6 percent at 49,114.15 pointsNew York – S&P 500: UP 0.2 percent at 6,917.18New York – NASDAQ: UP 0.4 percent at 23,531.81London – FTSE 100: DOWN 0.1 percent at 10,143.44 (close)Paris – CAC 40: DOWN 0.1 percent at 8,143.05 (close)Frankfurt – DAX: UP 0.2 percent at 24,900.71 (close)Tokyo – Nikkei 225: UP 0.3 percent at 53,846.87 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: UP 0.5 percent at 26,749.51 (close)Shanghai – Composite: UP 0.3 percent at 4,136.16 (close)Euro/dollar: UP at $1.1774 from $1.1751 on ThursdayPound/dollar: UP at $1.3593 from $1.3500Dollar/yen: DOWN at 157.52 yen from 158.39 yenEuro/pound: DOWN at 86.63 pence from 87.05 penceWest Texas Intermediate: UP 2.8 percent at $61.02 per barrelBrent North Sea Crude: UP 2.7 percent at $65.80 per barrel

Gold nears $5,000, silver shines as stocks slip on turbulent week

Global stocks were subdued and precious metals hit fresh highs Friday after a turbulent week that saw US President Donald Trump back down from threats to seize Greenland and hit European allies with fresh tariffs.Gold — a safe-haven asset — pushed closer to a record $5,000 an ounce despite “a calmer end to a chaotic week on the markets”, said Dan Coatsworth, head of markets at AJ Bell.Fellow safe haven silver also continued its rise, blasting through $101 an ounce amid worries over what Trump may say, or actually do, next.”Gold nudged ahead… as investors were reluctant to let go of their safety blanket, just in case Donald Trump woke up with another controversial idea,” said Coatsworth.Sentiment has calmed over the past two days after the US president pulled back from his threat to hit several European nations with levies because of their opposition to Washington taking over the Danish autonomous territory.European markets sought direction in vain, Frankfurt closing just in the green as London and Paris fell the red side of the line at the end of the week.Wall Street was a similar picture, with the Dow losing 0.6 percent around two hours into trading although the broader-based S&P and the tech-heavy Nasdaq were just in positive territory.Intel plunged 16 percent after lacklustre expectations on the chip maker’s earnings.Asian markets closed higher.- Powell under pressure -Trump’s latest salvo against allies revived trade war fears and uncertainty about US investment, putting downward pressure on the dollar this week.Analysts said there was no guarantee that Europe-US relations had improved durably.The US president’s willingness to threaten tariffs over any issue had rattled confidence on trading floors, boosting safe-haven metals, analysts said.Investors were also preparing for next week’s Federal Reserve meeting following economic data broadly in line with forecasts and after US prosecutors took aim at boss Jerome Powell, which has raised fears over the bank’s independence.The bank is tipped to hold interest rates, having cut them in the previous three meetings.The meeting also comes as Trump considers candidates to replace Powell when the Fed chair’s term comes to an end in May.The Bank of Japan left its key interest rate unchanged ahead of the country’s snap election next week, which could impact government spending plans.After sharp volatility in the wake of the announcement, the yen traded slightly higher.Next week’s US earnings calendar is packed with results from Apple, Microsoft, Boeing, Tesla, Meta and other corporate giants.- Key figures at around 1650 GMT -New York – Dow: DOWN 0.6 percent at 49,114.15 pointsNew York – S&P 500: UP 0.2 percent at 6,917.18New York – NASDAQ: UP 0.4 percent at 23,531.81London – FTSE 100: DOWN 0.1 percent at 10,143.44 (close)Paris – CAC 40: DOWN 0.1 percent at 8,143.05 (close)Frankfurt – DAX: UP 0.2 percent at 24,900.71 (close)Tokyo – Nikkei 225: UP 0.3 percent at 53,846.87 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: UP 0.5 percent at 26,749.51 (close)Shanghai – Composite: UP 0.3 percent at 4,136.16 (close)Euro/dollar: UP at $1.1774 from $1.1751 on ThursdayPound/dollar: UP at $1.3593 from $1.3500Dollar/yen: DOWN at 157.52 yen from 158.39 yenEuro/pound: DOWN at 86.63 pence from 87.05 penceWest Texas Intermediate: UP 2.8 percent at $61.02 per barrelBrent North Sea Crude: UP 2.7 percent at $65.80 per barrel

Municipales à Paris: à gauche, Emmanuel Grégoire en quête de visibilité

A moins de deux mois des municipales, le candidat de la gauche à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, cherche à booster une campagne encore peu visible qui l’oblige à marcher sur un fil, entre l’héritage revendiqué d’Anne Hidalgo et son désir d’incarner une “nouvelle histoire”.L’accord historique de premier tour arraché en décembre entre socialistes, écologistes et communistes a placé le chef de file de la gauche non-mélenchoniste en tête dans les sondages au premier tour du scrutin des 15 et 22 mars, devant sa rivale de droite, Rachida Dati. Avant un second round au coude à coude.”Etre en tête au premier tour, même de peu, était la raison principale de l’union”, souligne une source chez les Ecologistes. “Sinon, trois listes auraient été en concurrence à gauche. Désormais il n’y a qu’un match, Grégoire-Dati”.”Nous avons une dynamique positive, notre responsabilité c’est de l’amplifier”, estimait la semaine dernière le chef de file de la gauche après son premier meeting.- Dynamique “encore faiblarde” -Pour le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi, cette dynamique est “encore faiblarde”. “La campagne peine à prendre faute de visibilité”, abonde Anne-France Taiclet, enseignante chercheuse en sciences politiques.En face, analyse-t-elle, la dynamique de Rachida Dati “n’est pas non plus vertigineuse” mais la candidate de droite “a commencé assez fort, avec sa capacité produire rapidement des effets d’opinion”, grâce à ses vidéos virales.En terme de visibilité, la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, déjà candidate en 2020, “joue hors catégorie”, constate Bernard Sananès, le président d’Elabe. Selon un récent sondage de l’institut, 89% des inscrits sur les listes électorales connaissent Rachida Dati contre seulement 45% pour Emmanuel Grégoire, derrière Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (LFI). Le prétendant à l’Hôtel de ville a beaucoup progressé en six mois (+18 points), mais cherche à gagner encore en notoriété. Un facteur rendu déterminant avec la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille qui permet de voter directement pour la tête de liste centrale sans passer par les arrondissements.Il y a deux semaines, le député de 48 ans s’est affiché avec Bertrand Delanoë sur un marché, où l’ancien édile socialiste a été souvent mieux reconnu. – “Un vrai bosseur” -“Sur le terrain, on ressent un manque de notoriété mais il passe bien. Et puis en 2001 les Parisiens ne connaissaient pas tant que ça Delanoë”, se souvient Franck Guillory, secrétaire de la section socialiste de Paris Centre.”C’est pas un bateleur mais il est à l’aise et accessible. Après son meeting, il est rentré en métro. Et c’est un vrai bosseur”, témoigne un militant écologiste. Emmanuel Grégoire a aussi “l’avantage d’être peu clivant” par rapport à Rachida Dati, ajoute Bernard Sananès. Sur le projet, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo pendant six ans doit jouer les équilibristes: il revendique un héritage dont il est “fier”, en tant qu’architecte du PLU bioclimatique dessinant l’avenir de Paris, tout en proposant une “nouvelle histoire” après un quart de siècle de règne à gauche.Malgré son froid avec la maire sortante et sa volonté de gouverner différemment, Emmanuel Grégoire a du mal à incarner le renouvellement, ses principaux partenaires, l’écologiste David Belliard et le communiste Ian Brossat, ayant eux aussi été adjoints. Le rassemblement inédit au premier tour “n’est pas la reproduction à l’identique de la majorité municipale depuis 2001”, rétorque Maxime Sauvage, l’un des porte-parole de campagne, citant le ralliement de l’ex-Insoumise de L’Après Danielle Simonnet, qui fut “longtemps notre farouche opposante à gauche”.Emmanuel Grégoire est également comptable d’un bilan sévèrement critiqué par le camp adverse, sur les finances de ville ou les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire dont il a dit “prendre sa part de responsabilité”. “La campagne est encore embryonnaire et sa visibilité peut s’améliorer car la gauche sait faire sur le terrain. A condition de la compléter avec des propositions”, selon la professeure Taiclet. “On a choisi de privilégier le porte-à-porte pour mobiliser dans les quartiers populaires. L’union nous permet de nous y déployer très nombreux, c’est un avantage stratégique”, affirme Ian Brossat.