Motard percutĂ© sur l’A4: deux policiers condamnĂ©s Ă 3 ans de prison avec sursis
Deux policiers ont Ă©tĂ© reconnus coupables de violence volontaire aggravĂ©e et condamnĂ©s Ă Â trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de CrĂ©teil jeudi pour avoir volontairement percutĂ© un motard avec leur voiture de service sur l’A4 en rĂ©gion parisienne.Le major de police, Eric B., 53 ans, et le gardien de la paix Nils P., 26 ans, ont Ă©galement Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă une interdiction d’exercer la profession de fonctionnaire de police pendant un an et de porter une arme pendant un an, avec exĂ©cution provisoire.C’est un jugement plus sĂ©vère que les rĂ©quisitions du parquet, qui avait demandé une peine de 18 mois de prison avec sursis, assortie d’une interdiction de porter une arme pendant un an et d’exercer toute fonction publique pendant deux ans, avec exĂ©cution provisoire.”Nous sommes particulièrement contents de cette dĂ©cision qui montre l’Ă©volution de la prise de conscience de la gravitĂ© des violences policières par la justice dĂ©sormais frĂ©quemment sanctionnĂ©e par l’Ă©viction des auteurs de la police”, a commentĂ© l’avocat du motard, Me AriĂ© Alimi.Le 14 octobre, la voiture de service des deux policiers a Ă©tĂ© filmĂ©e par la camĂ©ra embarquĂ©e d’un vĂ©hicule situé en retrait, percutant le motard Hugo Van Rooij sur l’A4, au niveau de Charenton-le-Pont dans le Val-de-Marne. Rapidement devenues virales, les images de la scène ont montrĂ© la voiture se dĂ©porter vers le motard tandis que le gardien de la paix sort son bras par la fenĂŞtre en direction d’Hugo Van Rooij. PercutĂ©e, la moto guidonne avant de retrouver son Ă©quilibre alors que le vĂ©hicule sĂ©rigraphiĂ© s’Ă©loigne.”C’est un traumatisme que mon cerveau ne sait pas comment traiter. Je rumine Ă©normĂ©ment. Je dors moins bien. J’ai du mal Ă me concentrer”, a tĂ©moignĂ© Hugo Van  Rooij, 37 ans.Tout au long des dĂ©bats, le conducteur du vĂ©hicule Eric B. et son coĂ©quipier Nils P., qui Ă©tait passager, ont contestĂ© le caractère intentionnel de la collision.A la barre, ils ont livrĂ© le mĂŞme rĂ©cit qu’aux enquĂŞteurs de l’Inspection gĂ©nĂ©rale de la police nationale (IGPN): malade le jour des faits, Nils P. a cĂ©dĂ© sa place Ă son supĂ©rieur qui a pris le volant et enclenchĂ© les gyrophares pour rentrer au plus vite, en raison de son Ă©tat de santĂ©.”Je sais que la moto est lĂ , j’estime mal sa vitesse et je pense pouvoir passer devant la moto (…) mais la moto va bien plus vite que ce que je pense”, a arguĂ© Eric B., reconnaissant “une faute de conduite” et un dĂ©faut de vigilance.Des explications rejetĂ©es par la cour.









