Les droits des enfants bafoués par une justice inadaptée, selon la Défenseure des droits

Manque de moyens, conditions de vie “indignes”, absence de cadre éducatif solide : la Défenseure des droits dénonce, dans un rapport publié mercredi, une série d’entorses aux droits des enfants tout au long de leur parcours judiciaire. “Le fondement du droit des mineurs à une justice adaptée est simple : un enfant, ou un adolescent, n’est pas un adulte”, martèle Claire Hédon, d’une même voix avec le Défenseur des enfants Éric Delemar, dans le rapport annuel de l’autorité indépendante sur les droits des enfants. En parallèle de la sanction, “la justice des mineurs doit éduquer, protéger, prévenir la récidive, au risque de reproduire ce qu’elle entend combattre : l’exclusion, la défiance et, in fine, la délinquance”, ajoutent-ils. “Or les dispositifs qui visent à accompagner les mineurs fragiles – protection judiciaire de la jeunesse et protection de l’enfance en premier lieu – souffrent d’un grave manque de moyens”, relèvent-ils.Dans le cadre de la détention, “les conditions indignes de vie et l’absence de cadre éducatif solide, avec notamment un nombre d’heures de cours insuffisant, témoignent de ce que la privation de liberté ne permet pas de garantir leur réinsertion dans la société.”Les mineurs, ajoutent les deux Défenseurs, manquent d’information sur leurs droits et leur “particulière vulnérabilité” n’est pas prise en considération tout au long de leur parcours pénal. Le rapport s’inquiète également de la “remise en cause” récente de la nécessité d’un traitement spécifique des mineurs délinquants, inscrite dans l’ordonnance du 2 février 1945 et réaffirmée dans le code de la justice pénale des mineurs (CJPM) de 2021. Adoptée au Parlement en mai dernier, la loi Attal qui visait à durcir la justice des mineurs a vu plusieurs de ses articles retoqués par le Conseil constitutionnel. La priorité devrait être de “répondre à la délinquance des mineurs par l’éducation et la prévention, par une sanction adaptée et accompagnée et non par la peur ou l’instrumentalisation”, écrivent Claire Hédon et Eric Delemar. Pour son rapport, l’autorité indépendante a consulté plus de 80 structures, institutions, associations et professionnels et a recueilli la parole de plus de 1.600 enfants et jeunes de 6 à 25 ans. Elle émet 25 recommandations, parmi lesquelles l’inscription dans la loi du principe de non-responsabilité pénale des mineurs de moins de 13 ans ou encore la création d’un code de l’enfance. L’institution appelle également à renforcer la prévention du décrochage scolaire, le soutien à la parentalité et à assurer l’effectivité des cours d’enseignement moral et civique. 

Pintes et cacahuètes: en Arabie saoudite, un bar fait le plein, mais sans alcool

Dans un établissement branché de Ryad, des pintes et des cacahuètes sont servies devant des écrans diffusant un match, une scène comme dans n’importe quel bar du monde. Sauf qu’en Arabie saoudite, aucun risque de gueule de bois: la bière est sans alcool.Situé sur l’une des avenues les plus animées de la capitale saoudienne, ce bar est le premier et jusque-là le seul du genre dans la rigoriste monarchie du Golfe. Il ne désemplit pas depuis qu’il a commencé à servir de la bière à la pression en avril.Sous une façade arborant une immense pinte dorée, une cliente soulève son voile intégral pour boire une gorgée de bière, une scène inédite en Arabie saoudite.”L’idée, c’est de proposer au client une expérience originale, qu’il peut partager sur les réseaux sociaux”, affirme à l’AFP son gérant, Abdallah Islam. Dans un pays dont près de 70% des ressortissants ont moins de 30 ans, la jeunesse hyper-connectée se laisse volontiers séduire par les tendances virales sur les réseaux sociaux.A l’image de Sheikha, 18 ans, venue avec une amie après avoir vu des vidéos qui ont circulé massivement sur TikTok, même si, dit-elle, “le mot +bière+ à lui seul fait peur”.Au départ un peu “stressée”, “j’ai dépassé ma peur, et franchement c’est rafraîchissant”, raconte la jeune femme qui n’a pas souhaité donner son nom de famille à l’AFP.Quelques tables plus loin, de jeunes clients en thobe blanc, la tenue traditionnelle saoudienne, se filment sirotant leur boisson. – “Respect des valeurs locales” -L’établissement, baptisé A12, vend de la bière à la pression, une Warsteiner allemande à 0,0% d’alcool, servie dans de larges chopes.Parmi eux, un client à qui l’on vient de servir une chope mousseuse préfère s’assurer par deux fois qu’il n’y a pas “d’alcool là-dedans”. Dans la salle, des jeunes picorent les cacahuètes servies avec les pintes en regardant un match de football à la télévision. “Les gens sont curieux, ils veulent vivre quelque chose de différent, mais dans le respect des valeurs locales”, avance M. Islam.En Arabie saoudite, le secteur des loisirs est en plein développement, et la jeunesse avide de nouvelles expériences. Mais les interdits demeurent, dont celui pesant depuis le début des années 1950 sur la consommation d’alcool, considérée comme illicite par l’islam.”Dans notre pays, il n’y a pas de boissons alcoolisées (pour le grand public, NDLR), et on ne souhaite pas qu’il y en ait”, abonde Ahmed Mohammed, 18 ans, en reposant sa chope vide.La plupart des 35 millions d’habitants du royaume sont officiellement au régime sec, la consommation ou possession d’alcool étant passible d’amendes, de peines de prison et d’expulsion du territoire pour les étrangers.- “Marché opaque” -En tant que “gardien des deux saintes mosquées (de Médine et de la Mecque), le royaume doit aborder avec prudence toute éventuelle légalisation de l’alcool, celle-ci contredisant son image de leader crédible du monde islamique”, décrypte pour l’AFP Sebastian Sons, du groupe de réflexion allemand CARPO.L’alcool, estime-t-il “ne joue pas un rôle significatif” dans la stratégie développée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, 40 ans, pour diversifier l’économie saoudienne et faire du pays un centre d’affaires, de tourisme et de divertissement.  D’autant que, selon M. Sons, “la majorité des touristes non occidentaux manifestent peu d’intérêt” pour sa consommation.  Le royaume a toutefois ouvert, en janvier 2024, son premier magasin de boissons alcoolisées, réservé aux diplomates non musulmans.  Pour tous les autres, la prohibition devrait être maintenue, y compris pendant le Mondial-2034, selon une interview accordée plus tôt cette année par l’ambassadeur saoudien au Royaume-Uni à un média britannique.L’ouverture de la boutique réservée “visait à mieux encadrer et centraliser la consommation d’alcool. Officieusement, de nombreux diplomates bénéficiaient auparavant d’un accès non contrôlé à l’alcool, ce qui avait créé un marché opaque et réservé à une élite”, explique M. Sons.Si certains résidents fabriquent leur propre vin, d’autres se tournent vers le marché noir, où le prix d’une bouteille de whisky peut atteindre plusieurs centaines de dollars.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Au Kenya, des milliers de déplacés par la montée des eaux du célèbre lac Naivasha

Généralement occupés par les touristes, des bateaux du célèbre lac Naivasha, dans le centre du Kenya, voguent cette fois entre des maisons englouties, remplis de mobilier sauvé des inondations qui ont ces dernières semaines déplacé des milliers d’habitants de ses rives.Pourtant au fait des humeurs de cette vaste étendue d’eau située dans la vallée du Rift et dont le niveau augmente depuis plus d’une décennie, les habitants restés dans le modeste quartier Kihoto, aux trois quarts submergé ces dernières semaines, sont abasourdis.”Ca n’avait jamais été à ce point”, raconte à l’AFP Rose Alero, une habitante, évoquant l’eau montant d’abord lentement avant d’accélérer, précipitant des enfants hors des écoles, certains sur des radeaux de fortune, d’autres bravant l’eau à pied. “Tant de gens ont été touchés (…) Les gens souffrent” et “beaucoup sont malades”, soupire cette grand-mère de 51 ans. Chez elle, l’eau arrive au-dessus de la taille et partout dans le quartier, les toilettes débordent. “Ce n’est pas vraiment un endroit où rester, c’est juste que les gens n’ont pas le choix.”Assis sur son lit à moitié immergé, bottes en caoutchouc aux pieds, Stanley Ng’ang’a raconte lui aussi “la vie difficile”, au milieu des eaux usées “pas bonnes pour la santé”.D’autres ont tout perdu. En témoignent des centaines de maisons du quartier entièrement immergées, des églises en ruines, des écoles et un poste de police sous l’eau, entourés d’herbes flottantes.- “Rythme alarmant” -Joyce Cheche, cheffe de gestion des risques de catastrophes du comté de Nakuru, estime que 7.000 personnes vivant autour du lac ont été déplacées par la montée des eaux qui a également impacté la faune sauvage et menace de nombreuses activités touristiques et économiques.Le comté a aidé au transports de nombreuses victimes et mis en place des mesures sanitaires, assure-t-elle. Mais personne n’a encore reçu de compensation financière.De nombreux salariés des entreprises d’horticulture de la zone ont toutefois refusé de partir, s’inquiète la fonctionnaire, évoquant le risque d’épidémie de choléra et d’effondrements. Mais aussi de rencontres dangereuses avec des hippopotames, très nombreux dans le lac.”En une semaine, la situation s’est dégradée à un rythme alarmant, nous ne l’avons pas vu venir”, admet Joyce Cheche. Lors de ces crues, le lac a “gagné un kilomètre, peut-être 1,5km” à l’intérieur des terres, note Joyce Cheche, un phénomène selon elle inédit.”Chaque jour, l’eau progresse d’environ un mètre” sur les rives, s’effraie Peter Mwaura, un entrepreneur de 45 ans de Kihoto, tout en soulignant que l’eau est un “défi majeur” depuis deux décennies.Sur les bords du lac, les troncs nus d’acacias autrefois verdoyants baignent dans une eau qui ne cesse de s’étendre, année après année, sur le rivage.Ce phénomène est observé dans les autres lacs de la vallée du Rift et a déplacé des centaines de milliers de personnes. De nombreuses études l’expliquent principalement par l’augmentation des précipitations dues au changement climatique.- Tectonique -Mais pour d’autres, dont le géologue kényan John Lagat, gestionnaire régional à la Société de développement géothermique publique, “la cause principale est la tectonique”, la chaîne de ces lacs s’étendant le long d’une longue faille géologique.A l’arrivée des colons anglais à la fin du XIXe siècle, le lac était encore plus large qu’aujourd’hui, note-t-il auprès de l’AFP, avant de régresser en raison de mouvements des plaques tectoniques. En 1921, le lac ne faisait qu’un kilomètre de diamètre, indique-t-il également.Aujourd’hui, la majeure partie de la zone, au lieu d’avoir des écoulements souterrains, est scellée en profondeur et par conséquent, “il y a plus d’eau retenue que d’eau s’écoulant des lacs”, poursuit-il.L’augmentation des précipitations et la dégradation des terres qui s’est accélérée avec l’augmentation de la population, jouent également un rôle “substantiel”, concède-t-il.Joyce Cheche avance elle aussi le changement climatique et la dégradation des terres parmi d’autres facteurs et pronostique que le lac Naivasha “ne régressera pas”.”Nous sommes très inquiets”, souffle Rose Alero qui craint déjà les pluies à venir. “Nous ne pouvons pas prévoir ce qui se passera”. 

Au Kenya, des milliers de déplacés par la montée des eaux du célèbre lac Naivasha

Généralement occupés par les touristes, des bateaux du célèbre lac Naivasha, dans le centre du Kenya, voguent cette fois entre des maisons englouties, remplis de mobilier sauvé des inondations qui ont ces dernières semaines déplacé des milliers d’habitants de ses rives.Pourtant au fait des humeurs de cette vaste étendue d’eau située dans la vallée du Rift et dont le niveau augmente depuis plus d’une décennie, les habitants restés dans le modeste quartier Kihoto, aux trois quarts submergé ces dernières semaines, sont abasourdis.”Ca n’avait jamais été à ce point”, raconte à l’AFP Rose Alero, une habitante, évoquant l’eau montant d’abord lentement avant d’accélérer, précipitant des enfants hors des écoles, certains sur des radeaux de fortune, d’autres bravant l’eau à pied. “Tant de gens ont été touchés (…) Les gens souffrent” et “beaucoup sont malades”, soupire cette grand-mère de 51 ans. Chez elle, l’eau arrive au-dessus de la taille et partout dans le quartier, les toilettes débordent. “Ce n’est pas vraiment un endroit où rester, c’est juste que les gens n’ont pas le choix.”Assis sur son lit à moitié immergé, bottes en caoutchouc aux pieds, Stanley Ng’ang’a raconte lui aussi “la vie difficile”, au milieu des eaux usées “pas bonnes pour la santé”.D’autres ont tout perdu. En témoignent des centaines de maisons du quartier entièrement immergées, des églises en ruines, des écoles et un poste de police sous l’eau, entourés d’herbes flottantes.- “Rythme alarmant” -Joyce Cheche, cheffe de gestion des risques de catastrophes du comté de Nakuru, estime que 7.000 personnes vivant autour du lac ont été déplacées par la montée des eaux qui a également impacté la faune sauvage et menace de nombreuses activités touristiques et économiques.Le comté a aidé au transports de nombreuses victimes et mis en place des mesures sanitaires, assure-t-elle. Mais personne n’a encore reçu de compensation financière.De nombreux salariés des entreprises d’horticulture de la zone ont toutefois refusé de partir, s’inquiète la fonctionnaire, évoquant le risque d’épidémie de choléra et d’effondrements. Mais aussi de rencontres dangereuses avec des hippopotames, très nombreux dans le lac.”En une semaine, la situation s’est dégradée à un rythme alarmant, nous ne l’avons pas vu venir”, admet Joyce Cheche. Lors de ces crues, le lac a “gagné un kilomètre, peut-être 1,5km” à l’intérieur des terres, note Joyce Cheche, un phénomène selon elle inédit.”Chaque jour, l’eau progresse d’environ un mètre” sur les rives, s’effraie Peter Mwaura, un entrepreneur de 45 ans de Kihoto, tout en soulignant que l’eau est un “défi majeur” depuis deux décennies.Sur les bords du lac, les troncs nus d’acacias autrefois verdoyants baignent dans une eau qui ne cesse de s’étendre, année après année, sur le rivage.Ce phénomène est observé dans les autres lacs de la vallée du Rift et a déplacé des centaines de milliers de personnes. De nombreuses études l’expliquent principalement par l’augmentation des précipitations dues au changement climatique.- Tectonique -Mais pour d’autres, dont le géologue kényan John Lagat, gestionnaire régional à la Société de développement géothermique publique, “la cause principale est la tectonique”, la chaîne de ces lacs s’étendant le long d’une longue faille géologique.A l’arrivée des colons anglais à la fin du XIXe siècle, le lac était encore plus large qu’aujourd’hui, note-t-il auprès de l’AFP, avant de régresser en raison de mouvements des plaques tectoniques. En 1921, le lac ne faisait qu’un kilomètre de diamètre, indique-t-il également.Aujourd’hui, la majeure partie de la zone, au lieu d’avoir des écoulements souterrains, est scellée en profondeur et par conséquent, “il y a plus d’eau retenue que d’eau s’écoulant des lacs”, poursuit-il.L’augmentation des précipitations et la dégradation des terres qui s’est accélérée avec l’augmentation de la population, jouent également un rôle “substantiel”, concède-t-il.Joyce Cheche avance elle aussi le changement climatique et la dégradation des terres parmi d’autres facteurs et pronostique que le lac Naivasha “ne régressera pas”.”Nous sommes très inquiets”, souffle Rose Alero qui craint déjà les pluies à venir. “Nous ne pouvons pas prévoir ce qui se passera”. 

Guinea-Bissau: coups, cashews, cocaineWed, 19 Nov 2025 06:24:45 GMT

Portuguese-speaking Guinea-Bissau, which heads to the polls Sunday for presidential and legislative elections, is historically one of the most unstable and coup-prone countries in the world.The poor west African nation’s chronic instability has made it vulnerable to corruption and South American drug cartels.- Coups, political instability -Located close to the tip of Africa’s western bulge, …

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Guinea-Bissau’s President Embalo: candidate tipped for second termWed, 19 Nov 2025 06:17:54 GMT

Guinea-Bissau President Umaro Sissoco Embalo is confident he will easily win another term as he criss-crosses the country with a signature red and white keffiyeh wrapped around his head, meeting enthusiastic supporters ahead of Sunday’s vote.Embalo is only the second leader since the introduction of a multiparty system in the west African country to see …

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G.Bissau to choose president, aiming to turn page on troubled pastWed, 19 Nov 2025 06:16:13 GMT

Guinea-Bissau will elect its next president on Sunday, seeking to turn the page on a tumultuous history of coups and unrest with a vote that nonetheless lacks the country’s main opposition. Some 860,000 voters will choose between 12 candidates, including incumbent President Umaro Sissoco Embalo, who is favourite to land a second five-year term.Voters in the …

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Klimt portrait becomes second most expensive artwork sold at auction

A portrait by Austrian artist Gustav Klimt fetched $236.4 million in New York on Tuesday, becoming the second most expensive artwork ever sold at auction. Six bidders battled for 20 minutes over the “Portrait of Elisabeth Lederer,” which Klimt painted between 1914 and 1916. The piece depicts the daughter of Klimt’s main patron dressed in a white imperial Chinese dress, standing before a blue tapestry with Asian-inspired motifs. Sotheby’s, which managed the sale, did not disclose the identity of the buyer. The most expensive painting ever sold at auction remains the “Salvator Mundi,” attributed to Leonardo da Vinci, which was bought for $450 million in 2017. “Full-length society portraits of this impressive scale and from Klimt’s pinnacle period (1912-17) are exceptionally rare; the majority in major museum collections,” Sotheby’s said of Tuesday’s sale. “The painting offered this evening was one of only two such commissioned portraits remaining in private hands,” it added in a statement. Several other works from Klimt were auctioned at the same event, including “Flowering Meadow” for $86 million and “Forest Slope at Unterach am Attersee” for $68.3 million — both part of the collection of Estee Lauder cosmetics heir Leonard Lauder, who died earlier this year. In total, 24 lots from the Lauder collection generated $527.5 million.For Klimt, the past auction record for his work was held by “Lady with a Fan,” which sold for 85.3 million pounds ($108.8 million) in London in 2023. Another notable auction on Tuesday saw Italian provocateur Maurizio Cattelan’s solid gold toilet go for $12.1 million, and was sold to a famous American brand, according to Sotheby’s.An earlier version of the luxe latrine, titled “America,” was stolen in 2019 from a castle in England. Though it was never recovered — and likely was melted down for cash — three men were convicted in connection with the theft.On Thursday, a self-portrait by Frida Kahlo has a chance of setting a record for a female artist when it goes on sale, also at Sotheby’s in New York. Estimated at $40 to $60 million, the 1940 piece called “The Dream (The Bed)” shows the Mexican painter sleeping in a bed overshadowed by a large skeleton. The most expensive painting by a female artist sold to date is a 1932 work by American Georgia O’Keeffe, which fetched $44.4 million in 2014. The record for Frida Kahlo is another self-portrait from 1949, “Diego and I,” which sold for $34.4 million in New York. 

Viol sur mineurs: une proposition de loi au Sénat pour abolir la prescription

Mettre fin à la prescription qui empêche les victimes de viol sur mineurs d’accéder à la justice: une proposition de loi est déposée mercredi au Sénat pour franchir ce pas et élargir la définition de l’inceste aux cousins germains.Proposé à la veille de la journée internationale des droits de l’enfant, ce texte reprend trois des 82 préconisations formulées en novembre 2023 par la Commission sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), créée par le président Emmanuel Macron pour lutter contre la pédocriminalité.Quelque 160.000 enfants sont victimes de viols ou d’agressions sexuelles chaque année, selon la Ciivise.Portée par la sénatrice centriste Annick Billon, la proposition entend “reconnaître l’inceste comme un crime spécifique”. “Un viol incestueux ne peut plus être appréhendé de la même manière qu’un autre crime de viol”, plaide-t-elle.”L’inceste est spécifique car il se déroule dans un cadre familial censé être protecteur. Il est plus facile de dénoncer un inconnu que son père”, explique-t-elle à l’AFP. “En raison du lien de confiance et d’autorité, l’enfant, isolé, manipulé, trahi, souvent réduit au silence, ne parle pas, pris dans un conflit de loyauté”.Le texte prévoit aussi d’élargir aux “cousins germains” la définition du viol et agression sexuelle incestueux. Selon l’association Face à l’Inceste, un auteur d’agression sexuelle et viol sur mineur sur cinq est un cousin de la victime. La proposition la plus controversée est de rendre imprescriptibles les viols sur mineurs, qui divise juristes et associations de victimes.Depuis 2018, une victime de viol survenu dans l’enfance peut déposer plainte jusqu’à 48 ans. Mais abolir totalement la prescription divise, alors qu’en droit pénal français, seul le crime contre l’humanité est imprescriptible.Les violences sexuelles subies dans l’enfance entraînent des conséquences psychologiques profondes et durables, qui empêchent souvent les victimes de porter plainte, souligne la sénatrice.- “La loi ferme la porte” -“Le poids du tabou, les pressions de l’entourage, le conflit de loyauté face au parent qui l’a élevée et la peur de détruire la famille poussent la victime à se taire”, abonde Solène Podevin Favre, de Face à l’Inceste.”Il faut être suffisamment armé dans la vie pour aller déposer plainte et se retrouver seul car c’est tout le système familial qui a couvert le crime”, poursuit la présidente de l’association qui a coopéré avec la sénatrice pour cette proposition de loi.En outre, 50% des victimes d’inceste souffrent d’amnésie dissociative, selon l’association: pour survivre, le cerveau enterre des souvenirs insupportables, qui ressurgissent parfois des décennies plus tard.”Le temps qu’un enfant mette des mots sur la violence qu’il a subie et qu’il ait le courage de déposer plainte, la loi lui ferme la porte”, observe Solène Podevin. “C’est vécu comme une injustice alors que les conséquences de l’inceste sont durables: plus d’une victime sur deux tente de mettre fin à ses jours au cours de sa vie”.”Il est important de dire aux agresseurs potentiels qu’il ne seront jamais tranquilles, que ce crime ne sera jamais impuni”, souligne l’avocat Pascal Cussigh, président de CDP-Enfance, consulté pour l’élaboration du texte.La Ciivise en novembre 2023 l’avait “prudemment” préconisée tout en soulignant que ses membres n’étaient pas “unanimes”. Ses membres actuels restent profondément divisés sur le sujet.Les opposants à l’imprescriptibilité jugent eux que le temps rend les preuves plus dures à obtenir, les témoignages moins fiables, risquant d’aboutir à des classements sans suite ou acquittement. Les enquêteurs déjà débordés devront faire face à un afflux d’affaires. Or, note Mme Billon, moins de 1% des plaintes pour viol ou agression sexuelle incestueux aboutissent à une condamnation. La sénatrice espère voir ce texte inscrit à l’ordre du jour du Sénat ou ses dispositions intégrées dans la loi-cadre contre les violences sexuelles, promise par la ministre chargé de l’égalité Femmes Hommes Aurore Bergé.