Soumission chimique: une expérimentation pour rembourser les analyses même sans plainte

Une expérimentation visant à améliorer la prise en charge des victimes de soumission chimique en simplifiant leur accès aux analyses médicales a été lancée vendredi à Nantes, en présence de la ministre Aurore Bergé et de la députée Sandrine Josso.Cette expérimentation de trois ans, qui concerne les Pays de la Loire, l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, prévoit notamment le remboursement des analyses médicales en cas de suspicion de soumission chimique, même en l’absence de plainte préalable. Elle comprend également la mise en place d’un “parcours patient” qui permettra aux victimes de déposer plainte en cas de résultat positif.L’objectif est d’être “extrêmement rapide sur la réalisation des prélèvements”, a expliqué Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes, les substances recherchées par ce type d’analyses disparaissant rapidement de l’organisme. Le dispositif est ouvert à toute personne munie d’une ordonnance établie par un médecin pratiquant dans l’une des régions concernées.En dehors de l’expérimentation, les examens pour détecter les substances montrant un état de soumission chimique sont pris en charge à condition que la victime potentielle ait porté plainte au préalable.La ministre a visité vendredi le laboratoire de toxicologie du CHU de Nantes aux côtés de la députée MoDem de Loire-Atlantique Sandrine Josso, dont elle a salué l'”engagement”, la “détermination” et le “courage”. L’ex-sénateur Joël Guerriau a été reconnu coupable mardi d’avoir drogué Mme Josso en vue de la violer et condamné à quatre ans de prison dont 18 mois ferme. Lui plaide l’accident et a fait appel. Sandrine Josso, qui a mené une mission sur le sujet confiée par le gouvernement, s’est réjouie du lancement de cette expérimentation, qui mobilisera médecins et laboratoires pour “faire en sorte d’avoir des preuves”. “Comme on le comprend tous ici, c’est un contre-la-montre”, a-t-elle déclaré devant la presse.Sandrine Josso a expliqué qu’elle allait aujourd’hui “de l’avant” après “l’épreuve” qu’a représenté le procès de Joël Guerriau. “Je suis d’un côté victime et d’un autre côté députée. Les actions que je mets en place servent aussi pour le plus grand nombre”, a-t-elle ajouté.

Ligue 1: supporters du Paris FC, combien de divisions?

La réception de l’Olympique de Marseille samedi est une belle occasion pour les supporters du Paris FC de jauger la popularité croissante du deuxième club de la capitale en Ligue 1.La montée parmi l’élite de l’ambitieux promu, désormais propriété de la famille Arnault, et le passage du peu fonctionnel stade Charléty à Jean-Bouin, situé dans le 16e arrondissement juste en face du Parc des Princes, ont permis de multiplier par deux le nombre de spectateurs, selon le secrétaire général du club Arnaud Campanella. Dans un même mouvement, les principaux groupes de supporters ont également profité de la nouvelle dimension prise par le PFC et ont vu leurs contingents singulièrement gonfler, avec des abonnements multipliés par quatre ou cinq. Il s’agit désormais de “fidéliser les abonnés (au nombre de 7000) et conquérir de nouveaux supporters”, expose le dirigeant à l’AFP.Le choc face à l’OM, s’il n’a pas le même lustre que le traditionnel “Clasico” PSG-OM, est donc l’opportunité rêvée de mesurer l’engouement naissant autour de l’ex-pensionnaire de Ligue 2.    “C’est un match spécial parce que c’est Paris-Marseille, même s’il n’y a pas de rivalité particulière avec l’OM contrairement au Paris Saint-Germain”, explique à l’AFP Bastien Oriano, ancien membre du groupe Ultras Lutetia.Clément (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), du Old Clan, l’autre groupe ultra, voit ce PFC-OM comme “une belle affiche contre un grand club français, comme le PSG, Lens ou Lyon” qui va remplir l’enceinte que le promu parisien partage avec le Stade Français.”La dynamique commence à prendre, l’histoire est en train de se créer”, poursuit-il.- “Familial” -Un avis partagé par le sociologue Ludovic Lestrelin, spécialiste du supportérisme.”C’est plutôt réussi, estime le chercheur. Les supporters veulent être au début d’une nouvelle aventure”, dopée par la puissance des actionnaires du PFC, la famille Arnault 52,4% (70% en 2027) et Red Bull (10,6%). Le succès populaire du PFC s’explique notamment par “l’accessibilité”, poursuit-il. Ils viennent voir de la Ligue 1 bien moins chère qu’au PSG et avec beaucoup plus de tickets disponibles.Cette montée en puissance a commencé il y a deux saisons avec l’idée du président Pierre Ferracci d’instaurer la gratuité à Charléty, leur ancienne enceinte dans le 13e arrondissement.”On est passé de 1000 à 8.000 ou 9.000 spectateurs par matches en L2, rembobine Bastien Oriano. De nombreux supporters présents à Charléty sont restés fidèles au PFC et viennent désormais à Jean-Bouin. Ils viennent pour le foot, ils peuvent devenir supporters”.Quel est le profil de ce nouveau public? Plutôt “familial”, disent de concert Arnaud Campanella et les supporters rencontrés.”L’identité du PFC, c’est moins strass et paillettes que le PSG”, ajoute Clément du Old Clan.Bastien Oriano “voi(t) notamment en tribune des jeunes quarantenaires qui viennent avec leurs enfants et des couples”.- “Fidéliser” -Lui par exemple a pris un abonnement en même temps que deux amis, “un supporter du PSG qui veut voir de la L1 à moindre prix et un autre qui n’est pas supporter de club mais aime le foot”.Ils paient chacun 280 euros le billet annuel, soit 16,50 euros la place. En comparaison, les rares places restantes au Parc des Princes, qui joue à guichets fermés depuis des années, se vendent ou se revendent très rarement en-dessous de 100 euros.Si Jean-Bouin est bien rempli, il le doit aussi aux provinciaux qui viennent soutenir leur club. Contre Strasbourg, Lyon ou Toulouse, chaque but de l’adversaire a été célébré ici et là dans les travées par quelques bouquets de bras levés.”Ce n’est pas une surprise. C’était déjà le cas pour le Parc des Princes avec le PSG des années 1970 et 1980″, selon le sociologue Ludovic Lestrelin, qui a notamment travaillé sur le supportérisme à distance.”On espère les fidéliser et les voir revenir comme supporters du PFC”, souhaite Arnaud Campanella. Des supporters adverses à Jean-Bouin, “ça risque d’arriver avec l’OM!” rigole Bastien Oriano, le club phocéen étant celui en France qui draine le plus de fans à l’extérieur, bien que ce déplacement à Paris soit interdit aux ultras marseillais par la préfecture.S’il peine un peu au classement (14e), le PFC est donc en train de réussir son opération populaire. “Ça prend forme, conclut Bastien Oriano, c’est chouette de voir un projet grandir, on est presque parti d’une page blanche”.

Gold, silver prices tumble as investors soothed by Trump’s Fed pick

Gold and silver prices dived Friday, European stock markets ended the week up while Wall Street fell slightly with investors reassured by US President Donald Trump’s pick to take over as head of the Federal Reserve.The precious metals, viewed as safe-haven investments, had already begun sliding on reports, later confirmed, that Trump had nominated former Fed official Kevin Warsh to replace Jerome Powell as chair of the US central bank.Trump confirmed his choice Friday on Truth Social.”I have known Kevin for a long period of time, and have no doubt that he will go down as one of the GREAT Fed Chairmen, maybe the best,” Trump wrote on his social media platform.”On top of everything else, he is ‘central casting,’ and he will never let you down.” Kathleen Brooks, research director at XTB trading group, said the “interesting pick… may give the market some hope that Fed independence will be preserved”.Trump’s personal attacks on Fed boss Jerome Powell — set to depart in May — have fuelled widespread fears among investors that the central bank’s policy independence is under threat, potentially posing an inflation risk to the US economy.- A rollercoaster week -Precious metals prices tumbled on Friday after surging in recent days when investors sought a safe haven over doubts about Trump’s policies.Gold was down more than eight percent below $5,000 an ounce after reaching a record high of $5,595.47 Thursday.Silver, which Thursday reached an all-time peak above $120 an ounce, shed 20 percent meanwhile in sliding down to $90 an ounce. Financial markets have endured a rollercoaster ride this week as traders weathered a weaker dollar, Trump’s threats against Tehran, the president’s resumption of tariff threats and a possible US government shutdown.Asian stock markets closed out the week with some hefty losses following Thursday’s tech-led retreat on Wall Street on renewed concerns over vast investments in artificial intelligence.Healthy earnings from Meta, Samsung and SK Hynix provided much cheer early in the week but on Thursday, after Microsoft announced a surge in spending on AI infrastructure, that revived concerns that companies could take some time before seeing a return on their investments.There are fears that firms’ valuations may be a little too stretched and that markets could be in a bubble, having soared in recent years to record highs on the back of a tech-fuelled rally.Oil prices regained their poise after an early fall Friday, having surged the day before as Trump ramped up geopolitical tensions with threats of a military strike on Iran.”The building tensions between Iran and the US have driven Brent crude prices to a six-month high,” said Megan Fisher, assistant economist at Capital Economics.”That said, we think that the historical example of last year’s 12-day war (between Iran and Israel with US involvement), and a well-supplied oil market, will still bear down on Brent crude prices by end-2026.”- Key figures at around 1650 GMT -New York – Dow: DOWN 0.7 percent at 48,684.32 pointsNew York – S&P 500: DOWN 0.4 percent at 6,940.69New York – NASDAQ Composite: DOWN 0.5 percent at 23,561.52London – FTSE 100: UP 0.5 percent at 10,223.54 (close) Paris – CAC 40: UP 0.7 percent at 8,126.53 (close)Frankfurt – DAX: UP 1.0 percent at 24,515.73 (close)Tokyo – Nikkei 225: DOWN 0.1 percent at 53,322.85 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: DOWN 2.1 percent at 27,387.11 (close)Shanghai – Composite: DOWN 1.0 percent at 4,117.95 (close)Euro/dollar: DOWN at $1.1875 from $1.1962 on ThursdayPound/dollar: DOWN at $1.3716 from $1.3800Dollar/yen: UP at 154.33 yen from 153.04 yenEuro/pound: DOWN at 86.58 pence from 86.67 penceBrent North Sea Crude: UP 0.2 percent at $70.89 per barrelWest Texas Intermediate: UP 0.6 percent at $65.93 per barrel

Gold, silver prices tumble as investors soothed by Trump’s Fed pick

Gold and silver prices dived Friday, European stock markets ended the week up while Wall Street fell slightly with investors reassured by US President Donald Trump’s pick to take over as head of the Federal Reserve.The precious metals, viewed as safe-haven investments, had already begun sliding on reports, later confirmed, that Trump had nominated former Fed official Kevin Warsh to replace Jerome Powell as chair of the US central bank.Trump confirmed his choice Friday on Truth Social.”I have known Kevin for a long period of time, and have no doubt that he will go down as one of the GREAT Fed Chairmen, maybe the best,” Trump wrote on his social media platform.”On top of everything else, he is ‘central casting,’ and he will never let you down.” Kathleen Brooks, research director at XTB trading group, said the “interesting pick… may give the market some hope that Fed independence will be preserved”.Trump’s personal attacks on Fed boss Jerome Powell — set to depart in May — have fuelled widespread fears among investors that the central bank’s policy independence is under threat, potentially posing an inflation risk to the US economy.- A rollercoaster week -Precious metals prices tumbled on Friday after surging in recent days when investors sought a safe haven over doubts about Trump’s policies.Gold was down more than eight percent below $5,000 an ounce after reaching a record high of $5,595.47 Thursday.Silver, which Thursday reached an all-time peak above $120 an ounce, shed 20 percent meanwhile in sliding down to $90 an ounce. Financial markets have endured a rollercoaster ride this week as traders weathered a weaker dollar, Trump’s threats against Tehran, the president’s resumption of tariff threats and a possible US government shutdown.Asian stock markets closed out the week with some hefty losses following Thursday’s tech-led retreat on Wall Street on renewed concerns over vast investments in artificial intelligence.Healthy earnings from Meta, Samsung and SK Hynix provided much cheer early in the week but on Thursday, after Microsoft announced a surge in spending on AI infrastructure, that revived concerns that companies could take some time before seeing a return on their investments.There are fears that firms’ valuations may be a little too stretched and that markets could be in a bubble, having soared in recent years to record highs on the back of a tech-fuelled rally.Oil prices regained their poise after an early fall Friday, having surged the day before as Trump ramped up geopolitical tensions with threats of a military strike on Iran.”The building tensions between Iran and the US have driven Brent crude prices to a six-month high,” said Megan Fisher, assistant economist at Capital Economics.”That said, we think that the historical example of last year’s 12-day war (between Iran and Israel with US involvement), and a well-supplied oil market, will still bear down on Brent crude prices by end-2026.”- Key figures at around 1650 GMT -New York – Dow: DOWN 0.7 percent at 48,684.32 pointsNew York – S&P 500: DOWN 0.4 percent at 6,940.69New York – NASDAQ Composite: DOWN 0.5 percent at 23,561.52London – FTSE 100: UP 0.5 percent at 10,223.54 (close) Paris – CAC 40: UP 0.7 percent at 8,126.53 (close)Frankfurt – DAX: UP 1.0 percent at 24,515.73 (close)Tokyo – Nikkei 225: DOWN 0.1 percent at 53,322.85 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: DOWN 2.1 percent at 27,387.11 (close)Shanghai – Composite: DOWN 1.0 percent at 4,117.95 (close)Euro/dollar: DOWN at $1.1875 from $1.1962 on ThursdayPound/dollar: DOWN at $1.3716 from $1.3800Dollar/yen: UP at 154.33 yen from 153.04 yenEuro/pound: DOWN at 86.58 pence from 86.67 penceBrent North Sea Crude: UP 0.2 percent at $70.89 per barrelWest Texas Intermediate: UP 0.6 percent at $65.93 per barrel

How far will he go? Trump’s options for US action against Iran

US President Donald Trump has threatened military action against Iran over its crackdown on protesters, while still for now appearing to leave the door open for negotiations over the Islamic republic’s controversial nuclear programme.But should Trump, after weeks of American threats and counter-threats from Tehran, finally decide to order military action after already sending a US aircraft carrier to the region, he faces another dilemma over what form the intervention should take.Such action could replicate American strikes during Israel’s June war against the Islamic republic, enforce economic strangulation by targeting the energy sector or amount to a bid to replace the theocratic system under supreme leader Ayatollah Ali Khamenei.- Venezuela economic pressure scenarioTrump’s relatively cautious stance so far has sparked speculation he could target Iranian energy infrastructure and squeeze its oil exports, mimicking a strategy Washington used over Venezuela.This policy earlier this month led to the capture of Venezuelan leader Nicolas Maduro, with Trump then working with the remnants of his former administration.The US naval group in Middle East waters could look to block “dark fleet vessels” carrying Iranian oil and put pressure on Iran’s oil exports, said Farzan Sabet, managing researcher of the Sanctions and Sustainable Peace Hub at the Geneva Graduate Institute.”And that pressure can be gradual, similar to what we saw in Venezuela. It could play out over days, weeks, months, it’s hard to foresee, but possibly longer,” he said, while acknowledging that Trump was playing “his cards very close to his chest”.The naval group, repeatedly described as an “armada” by Trump, consists of the aircraft carrier USS Abraham Lincoln and its more than 80 aircraft, as well as its escort of three destroyers, equipped with anti-missile capabilities and Tomahawk cruise missiles.- Strikes on military and IRGC targetsIf Trump decides on a course of military action, prime targets would be bases of the Islamic Revolutionary Guards Corps (IRGC) and its youth militia, the Basij, which are accused by rights groups of taking a frontline role in the deadly crackdown on the protests that according to rights groups left thousands dead. Using Tomahawk missiles and combat aircraft, the United States could strike positions of the Basij and the IRGC forces, “particularly those forces that participated and continue to participate in targeting Iranian protesters”, said independent military researcher Eva J. Koulouriotis.She said US intelligence, helped by Israel’s Mossad spy agency, has “a clear picture” of those forces and their location nationwide. “Such a strike would serve as a direct warning to the Iranian regime,” she said.During its June war against Tehran, Israel showed its deep intelligence penetration of the Islamic republic by killing senior security officials including the IRGC’s chief and the armed forces chief of staff in targeted strikes based on location intelligence.In a “harsh but measured strike”, the United States could target “operations command and senior officers involved in mass killings carried out by the Iranian regime”, she said.- Massive strikes and regime change bid -Iran’s theocratic system has been in place since the 1979 revolution led by Ayatollah Ruhollah Khomeini that ousted the largely pro-Western shah.Relations with the United States were cut in the wake of the hostage siege of the US embassy in Tehran that began that year and have remained severed ever since.Under Khomeini, the revolution survived the war with Iraq in the 1980s. Since Khamenei took over in 1989, he has managed to keep the system in place despite economic sanctions and repeated protests.As well as the so-called “armada”, Washington already has a heavy deployment of military resources in the region with dozens of aircraft deployed at the air bases of Al Udeid in Qatar and Al Dhafra in the United Arab Emirates.”The American objective is to destabilise the regime,” said David Khalfa, co-founder of the Atlantic Middle East Forum (AMEF) think-tank.”So there is really a strategy that will aim to paralyse it, to disrupt the chain of command” marked by the physical “elimination” of Khamenei, his close advisors and senior IRGC generals, he added.But he said: “The regime is still relatively solid and resilient, it will not be an easy task”, especially as “the Guards have anticipated this scenario”.Sabet said it would appear for now that Washington “would prefer something limited, where they can continue the process of weakening the system while minimising the Islamic republic’s desire — and to some extent its ability, but mostly its desire –- to carry out larger-scale retaliation”.

Crans-Montana: des victimes françaises désorientées par la complexité des procédures

Un mois après l’incendie meurtrier d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, des victimes françaises se sentent désorientées par la complexité des procédures, déplore la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), qui doit rencontrer la semaine prochaine le parquet de Paris.Ce drame, survenu dans la nuit du Nouvel An, a fait 40 morts et 116 blessés. Parmi eux: neuf Français ont perdu la vie et 25 ont été blessés.La Fenvac souligne la “difficulté persistante” pour les proches à identifier leurs interlocuteurs dans ce dossier transfrontalier complexe.”Un rendez-vous est prévu avec le procureur de la République (de Paris) adjoint, dans le cadre d’un travail de coopération visant à améliorer la circulation de l’information dans l’intérêt exclusif des victimes françaises et leurs familles”, explique dans un communiqué l’association, qui a aussi saisi les autorités suisses fédérales et cantonales. Ce rendez-vous est prévu la semaine prochaine, précise-t-elle à l’AFP.Le parquet de Paris a ouvert le 5 janvier une enquête dite “miroir”, “afin d’accompagner les familles françaises”, tout en précisant que les autorités suisses demeuraient compétentes pour les investigations en elles-mêmes.Avec pour leitmotiv: éviter “une victimisation secondaire” – notion selon laquelle une victime subit un préjudice supplémentaire en raison de la manière dont les institutions et d’autres individus la traitent.Sollicité vendredi par l’AFP, le parquet a précisé que son enquête miroir avait “vocation à permettre aux victimes de disposer d’interlocuteurs judiciaires sur le territoire français, d’être entendues par la police française (OCRVP), de voir un médecin à proximité de leur domicile afin de faire évaluer leurs préjudices (physiques et psychologiques)”.La Fédération France victimes (réunissant les associations d’aide aux victimes réparties sur tout le territoire national) a été mandatée par le parquet: “les associations du réseau ont contacté les victimes pour proposer leur accompagnement de proximité. Elles sont en mesure de mettre les victimes en relation avec des avocats et des psychologues”, a précisé le ministère public.Le parquet a par ailleurs indiqué que le ministre de la Justice avait mandaté en urgence la Diav (Délégation interministérielle à l’aide aux victimes) et le Sadjav (Service de l’accès au droit et à la justice et de l’aide aux victimes) pour assurer une prise en charge.- “Labyrinthe” -“Notre rôle et notre obsession, c’est que les familles soient accompagnées dans ce contexte si particulier, avec trois pays qui sont directement concernés: la France, la Suisse et l’Italie”, insiste auprès de l’AFP Marie-Claude Desjeux, vice-présidente de la Fenvac, qui entend échanger de manière “constructive” avec le parquet.Pour éviter que l’après-drame ne devienne un “labyrinthe”, la Fenvac, qui met en avant ses 30 années d’expérience dans les drames collectifs, a présenté des propositions.Outre l’organisation “le plus rapidement possible” d’une réunion d’information centralisée et la mise en place de “coordonnateurs identifiés”, elle demande l’accès des associations de victimes aux procédures pénales transfrontalières, afin qu’elles puissent se constituer partie civile.Le parquet de Paris a précisé à ce sujet que “les constitutions de parties civiles reçues en France seront transmises aux autorités suisses”.Il va par ailleurs “être destinataire d’une commission rogatoire internationale pour mener des investigations en France qui viendront alimenter le dossier des autorités suisses”.- Souci de l’indemnisation -Autre demande clé de la Fenvac: “une stratégie indemnitaire coordonnée et équitable, afin d’éviter des inégalités de traitement entre victimes, selon leur nationalité ou leur lieu de résidence”.”Il n’y a pas d’avance de provision à ce jour”, expose à l’AFP Sophie Cormary, autre vice-présidente de l’association, en qualifiant la situation de “scandaleuse” pour les victimes françaises.De plus, selon elle, l’assureur AXA Suisse a fait savoir que les garanties souscrites par l’établissement “ne permettraient pas de dédommager tout le monde”.”Nous sommes en lien avec les autorités et les instances concernées pour remplir nos engagements, que ce soit en termes de responsabilité civile ou de prise en charge médicale”, a indiqué l’assureur à l’AFP.L’enquête pénale en Suisse a été élargie cette semaine à deux responsables de la sécurité de la commune de Crans-Montana, qui reconnaît avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans le bar Le Constellation depuis 2019.Les Français propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, font l’objet d’une instruction pénale pour “homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence”.

Canal: le Panama en contact avec Maersk après l’annulation de la concession du Hongkongais CK Hutchison

Le Panama a annoncé vendredi être en contact avec le géant mondial du transport maritime danois Maersk afin qu’il gère temporairement deux ports du canal reliant l’Atlantique au Pacifique, après l’annulation par la justice de la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison.La Cour suprême du Panama a annulé jeudi la concession accordée à CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, provoquant une vive réaction de Pékin qui a promis de “protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises”.Cette annonce a eu lieu alors que les États-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur cette voie stratégique, exacerbant les tensions autour de cette voie maritime de 80 kilomètres par laquelle transite environ 5% du commerce maritime mondial. Les États-Unis et la Chine en sont les deux principaux utilisateurs. “Des discussions ont progressé” avec “une filiale du groupe APM Moller Maersk, qui s’est montrée disposée à prendre temporairement en charge l’exploitation des deux terminaux”, a indiqué le président panaméen José Raul Mulino dans une déclaration enregistrée.Dans un premier temps, “il y aura une période de continuité avec l’opérateur actuel”, après quoi “débutera une période de transition, qui aboutira à une nouvelle concession à des conditions favorables à notre pays”, a expliqué M. Mulino.Le chef de l’Etat panaméen avait qualifié à plusieurs reprises de “contraires aux intérêts nationaux” les contrats en vertu desquels CK Hutchison exploitait les ports situés aux deux extrémités du canal, celui de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique.- Pression américaine -La Cour suprême a jugé jeudi “inconstitutionnelles” les lois en vertu desquelles le groupe hongkongais opère ces infrastructures.La nullité des contrats avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne, qui avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant qu’ils présentaient des irrégularités.”La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a réagi Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse régulier.Le gouvernement de Hong Kong a également répondu vendredi, affirmant dans un communiqué qu’il “désapprouve vivement et rejette fermement cette décision”. L’exécutif de la région administrative spéciale dit s’opposer “catégoriquement à ce que tout gouvernement étranger utilise des moyens coercitifs, répressifs ou autres pratiques déraisonnables dans les relations économiques et commerciales internationales”.Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, a dénoncé une décision qui “manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire”.- Prudence des investisseurs -Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.Sa filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).A son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, estimant qu’il se trouve sous l’influence de Pékin. Il a également exigé du Panama des conditions préférentielles pour son utilisation par les navires américains.En mars, CK Hutchison avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un conglomérat mené par le fonds américain BlackRock, mais la transaction, que la Chine considère avec suspicion, n’a toujours pas été finalisée.Après l’annonce venue du Panama, l’action du conglomérat a perdu 4,6% en séance vendredi à la bourse de Hong Kong.Selon Kelvin Lam, économiste chez Pantheon Macroeconomics, “dorénavant, les pays étrangers vont être de plus en plus prudents lorsqu’il s’agira d’investir des capitaux dans des projets d’infrastructures stratégiques dans l’arrière-cour des États-Unis, en particulier pour les pays qui n’entretiennent pas de bonnes relations avec ces derniers”.