Budget, Groenland, Ukraine: Macron a rendez-vous avec les Armées à Istres
Emmanuel Macron présente jeudi ses vœux aux Armées, un rendez-vous très attendu alors que la France est toujours en quête d’un budget pour 2026, sur fond de tensions géopolitiques, y compris transatlantiques, et de besoins militaires croissants.Signe de ces tensions, le chef de l’État arrivera sur la base aérienne stratégique d’Istres (Bouches-du-Rhône) dans la foulée d’un conseil de défense convoqué jeudi matin en urgence à l’Élysée sur la situation au Groenland mais aussi en Iran.Le chef des Armées va “donner ses orientations pour la défense nationale” devant un millier d’invités, à 12H30, sur ce site qui abrite l’arme nucléaire, à 60 kilomètres de Marseille, a précisé l’Élysée.L’Ukraine et désormais le Groenland, territoire autonome du Danemark que le président américain, Donald Trump, convoite par “tous les moyens”, au mépris de l’Alliance transatlantique, seront au centre de l’attention.Dans ce contexte de crise sans précédent au sein de l’Otan, Emmanuel Macron a confirmé dans la nuit que la France participerait, “à la demande du Danemark”, à des “exercices conjoints” au Groenland, “l’Opération Endurance Arctique”, aux côtés de l’Allemagne et de pays nordiques.”De premiers éléments militaires français sont d’ores et déjà en chemin. D’autres suivront”, a dit le président sur X.Une “quinzaine” de chasseurs alpins sont déjà concernés par cette “préparation” de l’opération de “dissuasion” visant à “montrer aux États-Unis que l’Otan est présente”, a précisé jeudi matin sur France info l’ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor.Le président-délégué du groupe Rassemblement national à l’Assemblée, Jean-Philippe Tanguy, a appelé Emmanuel Macron à “parler aux Français directement” pour expliquer “la position de la France” sur le Groenland et le soulèvement populaire en Iran. Ce que le président devrait faire dans ses vœux.- Service national -Responsables politiques et militaires vont aussi guetter les signaux relatifs à la discussion budgétaire, toujours dans l’impasse au Parlement, alors qu’Emmanuel Macron a demandé d’augmenter de 3,5 milliards les crédits des Armées en 2026.”C’est un moment qui sera très probablement axé sur ce sujet-là”, relève un conseiller militaire du président, en rappelant que le chef de l’État avait pris l’engagement à Istres en 2017 de porter l’effort de défense de la France à 2% du PIB d’ici 2025, objectif atteint.L’actuelle loi de programmation militaire (LPM) pour 2024-2030 prévoit 413 milliards d’euros pour les Armées. Mais “face à un monde de plus en plus brutal”, en pleine guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a demandé une rallonge budgétaire de 3,5 milliards d’euros en 2026 et 3 milliards en 2027.L’actualisation de la LPM, plusieurs fois reportée, doit intervenir désormais avant l’été. Avec cette trajectoire, le budget de la défense aura quasiment doublé sous les deux mandats d’Emmanuel Macron pour atteindre 64 milliards d’euros annuels dès 2027 et non plus 2030.Le chef de l’État a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, un de ses chantiers pour 2026.Les armées comptent enrôler 3.000 candidats cette année, puis 4.000 en 2027, 10.000 en 2030 avec 42.500 comme ambition en 2035.- Pesquet dans le cockpit -Le président prononcera également cette année, probablement en février, un discours sur la dissuasion nucléaire, clé de voûte de la stratégie de défense de la France.Il a déjà évoqué à plusieurs reprises “la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen”, compte tenu de la menace russe.Au retour, M. Macron embarquera à bord d’un avion ravitailleur et de transport de troupes – un Airbus A330 MRTT (Multirole Tanker Transport) – piloté par l’astronaute Thomas Pesquet, à destination d’Orly.L’ex-commandant de la Station spatiale internationale est depuis 2024 colonel de réserve dans l’armée de l’Air, affecté à Istres, et a “tous les brevets et diplômes pour piloter un MRTT”, a précisé l’Élysée.Le président assistera au décollage et à l’atterrissage dans le cockpit, ainsi qu’à un ravitaillement de chasseurs Rafale en vol. Une équipe de santé lui présentera aussi les capacités d’évacuation sanitaires, jusqu’à 10 blessés graves, dans les conditions d’un service de soins intensifs, à bord de l’appareil.







