Froid polaire aux Etats-Unis, plus de 800.000 foyers sans électricité

Des millions d’Américains affrontent lundi une vague de froid polaire qui aggrave les conséquences d’une tempête ayant causé la mort d’au moins 21 personnes et privé d’électricité plus de 800.000 foyers.Dans la région des Grands Lacs, dans le nord des Etats-Unis, les habitants se sont réveillés avec des températures extrêmes, sous les -20°C, et jusqu’à -30 degrés dans des secteurs du Minnesota et du Wisconsin (nord) selon le service météorologique national (NWS).Ces températures doivent encore chuter dans les prochains jours sous l’action d’une masse d’air arctique, notamment dans des régions du centre du pays, où le ressenti pourrait atteindre -45°C.A travers le pays, d’importantes chutes de neige – plus de 30 centimètres dans une vingtaine d’Etats américains – ont entraîné des coupures d’électricité.Selon le site spécialisé PowerOutage.com, quelque 820.000 clients étaient toujours sans courant lundi matin, principalement dans le sud des États-Unis, où la glace a fait tomber des lignes électriques.Près de 250.000 personnes sont touchées dans le Tennessee et plus de 150.000 dans le Mississippi.”Les coupures d’électricité pourraient durer encore plusieurs jours car les autorités ont du mal à se remettre (de la tempête). La plupart de ces régions n’ont ni les moyens ni les ressources nécessaires pour déblayer après de tels événements, car elles n’y sont pas habituées”, explique à l’AFP la météorologue Allison Santorelli. Considérée par certains spécialistes comme l’un des pires épisodes hivernaux de ces dernières décennies aux Etats-Unis, la tempête s’accompagne d’accumulations de glace aux conséquences potentiellement “catastrophiques”, selon le NWS.- Vortex polaire -Ces conditions extrêmes ont entraîné la mort d’au moins 21 personnes, selon un décompte effectué grâce aux médias locaux américains.Au Texas, les autorités ont confirmé trois décès, dont celui d’une adolescente de 16 ans tuée dans un accident de luge. Deux personnes sont mortes d’hypothermie en Louisiane, et une dans l’Iowa lors d’une collision.Le maire de New York, Zohran Mamdani, a déclaré que cinq personnes avaient été retrouvées mortes à l’extérieur au cours du week-end.”Alors que nous ne connaissons pas encore les causes de leur décès, rien ne rappelle plus fortement le danger du froid extrême et la vulnérabilité de nombreux habitants, en particulier des New-Yorkais sans abri”, a-t-il déclaré dimanche.L’état d’urgence a été déclaré dans une vingtaine d’Etats ainsi que dans la capitale, Washington, et les moyens de transports ont été fortement perturbés.Plusieurs grands aéroports, à Washington, Philadelphie ou New York, étaient quasiment à l’arrêt, alors que plus de 19.000 vols ont été annulés depuis samedi et que des milliers d’autres ont été retardés, selon le site FlightAware.La tempête est liée à une déformation du vortex polaire, une masse d’air circulant habituellement au-dessus du pôle nord, mais qui s’est étirée vers le sud.Les scientifiques estiment que la fréquence croissante de ces perturbations du vortex pourrait être liée au changement climatique, bien que le débat ne soit pas tranché et que la variabilité naturelle joue également un rôle.Climatosceptique assumé, Donald Trump a toutefois pris prétexte de la tempête pour exprimer de nouveau son scepticisme sur sa plateforme Truth Social, dans un message en partie en lettres capitales: “Est-ce que les insurgés environnementaux pourraient m’expliquer s’il vous plaît: qu’est-ce qui est arrivé au réchauffement climatique?”.

Migrants: arrestation en France de deux militants britanniques pour provocation à la haine

Deux Britanniques soupçonnés d’être des militants d’extrême droite venus participer en France à une mobilisation interdite contre les migrants ont été placés dimanche en garde à vue pour provocation à la haine, ont annoncé lundi les autorités françaises.Les deux hommes ont été arrêtés près de Calais dimanche vers 21H30, a déclaré à l’AFP le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch.Agés de 35 et 53 ans, ils diffusaient du contenu susceptible d’inciter à la haine en direct sur une chaîne YouTube, a détaillé une source policière.Ils ont été placés en garde à vue pour provocation à la haine et participation à un groupement en vue de la préparation de violences, sur la base de propos tenus en ligne le jour-même, a précisé à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.Il s’agit des premières gardes à vue de militants d’extrême droite britanniques en France pour ces motifs, a-t-elle souligné, précisant qu’il ne leur est pas reproché de violences physiques.”En fonction de l’enquête” judiciaire, le préfet a ensuite averti dans un communiqué qu’il délivrerait “une obligation de quitter le territoire français (OQTF) fondée sur la menace à l’ordre public”, dans la perspective de “leur reconduite dans leur pays d’origine”.Les deux Britanniques pourraient ainsi transiter par un centre de rétention administrative, où sont retenus les migrants en attente d’une expulsion.Leur éloignement sera assorti de mesures administratives de nature à leur interdire l’accès sur le territoire, a aussi glissé l’entourage du ministre de l’Intérieur à l’AFP.Ils ne faisaient pas partie des dix militants d’extrême-droite britanniques interdits de territoire français depuis mi-janvier en raison d’accusations d'”actions à caractère violent” envers des migrants sur le littoral français.- Opération “Overlord” -Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont prolongé jusqu’à mercredi l’interdiction de rassemblements liés à une opération anti-migrants intitulée “Overlord”, lancée par un militant britannique d’extrême droite, Daniel Thomas.L’opération – nommée en référence à la bataille de Normandie dans laquelle des soldats alliés ont traversé la Manche en 1944 pour combattre les troupes nazies en France – vise “à se substituer aux autorités de polices françaises afin d’empêcher” des départs de migrants vers le Royaume-Uni, explique l’arrêté qui l’interdit.Daniel Thomas avait notamment appelé sur ses réseaux sociaux à des rassemblements samedi 24 janvier à Douvres et sur le littoral français.Dans plusieurs vidéos diffusées en direct sur une chaîne YouTube dimanche, on peut voir deux hommes, vraisemblablement les deux Britanniques arrêtés par la suite, arpenter une plage près de Calais.”Je vais garder les plages ce soir, si personne d’autre ne veut le faire (…). Si je vois un canot, je cours et je le transperce de toutes mes forces”, assure l’un d’eux dans l’une de ces vidéos, appelant d’autres Britanniques en renfort.”On ne peut en accueillir que jusqu’à un certain point, trop c’est trop et là c’est trop, n’est-ce pas? C’est pour ça qu’on fait ça”, dit-il encore.De son côté, M. Thomas, qui n’a pas été interpellé selon la préfecture, a publié samedi et dimanche des images de lui brandissant un drapeau, qu’il dit prises ce week-end sur des plages françaises.Une centaine de personnes se sont également rassemblées samedi à Douvres, dans le sud de l’Angleterre, porte d’entrée du pays pour la plupart des migrants arrivés par la mer.Daniel Thomas mène, selon les autorités françaises, une branche “très radicale” du mouvement d’ultra-droite “Raise the Colours”, née d’une scission du groupe à la suite des interdictions de territoire français.Le compte principal de Raise the Colours sur X a insisté samedi n’avoir “rien à voir” avec l’opération menée par Daniel Thomas.La justice française a ouvert en octobre une enquête préliminaire pour “violences aggravées” commises sur des migrants et signalées par une association, laquelle soupçonne des activistes d’extrême-droite britanniques, mais sans “preuve formelle”.Les traversées clandestines sont un sujet de tensions récurrentes entre Londres et Paris, qui a durci ses méthodes pour tenter de contrer les passeurs.Dans une décision publiée lundi, la défenseure des droits Claire Hédon a alerté sur l’usage de pistolets à impulsion électrique ou grenades lacrymogènes à l’encontre des migrants s’apprêtant à traverser la Manche, soulignant que cela bafoue parfois les règles en vigueur.En 2025, 41.472 migrants ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni sur des “small boats”, le deuxième nombre le plus élevé après le record de 2022 selon des chiffres britanniques. Au moins 29 migrants ont péri lors de telles traversées l’an passé.cnp-etb-cln-mca/dsa

Nigerian military officers to face trial over 2025 coup plotMon, 26 Jan 2026 19:16:20 GMT

Nigeria’s military will try several officers over an alleged plan to oust President Bola Tinubu last year, it said Monday, acknowledging a plot the government had initially denied.In October, the military said 16 officers had been arrested over “issues of indiscipline”.Despite official denials, sources across the Nigerian government and military had told AFP they were …

Nigerian military officers to face trial over 2025 coup plotMon, 26 Jan 2026 19:16:20 GMT Read More »

Loi simplification, suppression des ZFE: le gouvernement repousse un vote mal embarqué

Promise au “casse-pipe” à l’Assemblée, la loi sur la simplification et sa mesure controversée de suppression des zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants, ne sera pas mise au vote cette semaine, le gouvernement espérant d’abord trouver “un compromis” au Parlement.”De très nombreuses mesures (…) sont très largement partagées et attendues, notamment par le monde économique, mais nous avons aussi dans ce texte une mesure qui fait blocage”, a argué sur LCP Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, actant le report du vote déjà ébruité par de nombreuses sources parlementaires et gouvernementales.Selon certaines sources interrogées, le vote pourrait même n’avoir lieu qu’après les municipales de mars.La question devrait rapidement être soulevée autour de Sébastien Lecornu : le Premier ministre tiendra selon son entourage “une réunion la semaine prochaine avec les présidents de groupe pour définir l’agenda parlementaire, dont le texte sur la simplification”.Après un accord mardi en commission mixte paritaire (CMP), le projet de loi pouvait pourtant être définitivement adopté cette semaine en cas de votes favorables mardi à l’Assemblée et jeudi au Sénat.Mais si l’adoption au Sénat fait peu de doute, l’approbation côté Assemblée est une gageure : le groupe macroniste devant à ce stade se résoudre à remettre en cause un totem du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.”Plutôt que d’envoyer un texte, pardon de le dire de manière un peu triviale, au casse-pipe, il nous semblait plus opportun d’essayer de trouver un accord en amont”, a justifié M. Panifous. Il a expliqué que le gouvernement pourrait, en cas d’accord avec suffisamment de parlementaires, déposer un amendement pour modifier une dernière fois le texte avant le vote final.- La ZFE qui cache la forêt -En gestation depuis presque deux ans, le projet de loi ambitionnait de simplifier la vie administrative des entreprises et faciliter l’implantation de projets industriels. A l’Assemblée, Les Républicains et le RN y ont ajouté, avec le concours de certaines voix macronistes et LFI, la suppression des ZFE.Initiées en 2019 et étendues en 2021, ces zones entendent limiter les émissions de particules fines en excluant de leur périmètre certains véhicules anciens et polluants, identifiés par les vignettes Crit’Air.Mais dans tous les groupes, y compris ceux favorables à leur maintien, des députés considèrent la mesure mal conçue, et potentiellement injuste pour les foyers n’ayant pas les moyens de changer de véhicule.Certaines sources parlementaires s’attendent aussi à ce que le Conseil constitutionnel rejette la mesure comme “cavalier législatif”, c’est-à-dire un ajout sans lien suffisant avec le texte initial.”Dans ce cas on vote et on voit ce que dit le Conseil constitutionnel”, rétorque Ian Boucard, député LR qui avait présidé la commission sur le texte, et qui déplore un report “pas très respectueux du Parlement”. Pierre Meurin, député RN, a lui dénoncé sur X une “forfaiture démocratique”, et appelé les Français opposés aux ZFE à interpeller leurs parlementaires.A contrario, la députée macroniste Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, juge que ce report, décidé à l’aube d’élections municipales, “permettra peut-être à la raison de revenir”, et assure que “quasiment tous les maires concernés par les ZFE ne soutiennent pas” leur suppression sèche.D’autres parlementaires déplorent que cette controverse entrave le reste du projet de loi devenu tentaculaire. Outre la mesure sur les ZFE, le texte prévoit notamment de faciliter l’implantation de centres de données (“datacenters”), et de sécuriser le parcours juridique de projets d’infrastructure comme la controversée autoroute A69.Il porte également un recul du “zéro artificialisation nette” (ZAN), dispositif de lutte contre l’artificialisation des sols, et prévoit des facilitations pour l’accès des entreprises à la commande publique, ou encore la suppression de certaines instances consultatives.

Mort d’El Hacen Diarra en garde à vue : nouvelle plainte et dépaysement de l’enquête demandée

Craignant que “la vérité soit étouffée”, la famille d’El Hacen Diarra, mort mi-janvier en garde à vue à Paris, soupçonne que des images de son interpellation violente aient été détruites ou dissimulées et réclame le dépaysement de l’enquête sur son décès.Ce Mauritanien de 35 ans est décédé dans la nuit du 15 au 16 janvier durant sa garde à vue au commissariat du 20e arrondissement de Paris, après avoir été interpellé au pied de son foyer de travailleurs. Sa famille dénonce des violences policières, et sur une vidéo tournée par un voisin, on voit deux policiers dont l’un, à genoux, donne deux coups de poings en direction de l’homme qui se trouve au sol.Le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour “violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique” cinq jours après les faits, et deux jours après une demande de l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.Lundi, ce dernier a annoncé à l’AFP le dépôt d’une nouvelle plainte, pour “destruction de preuves”, dénonçant l’absence d’images provenant des caméras-piéton des policiers intervenus.Le parquet avait indiqué que ces caméras, que doivent porter sur eux les policiers, “n’étaient pas fonctionnelles, du fait selon eux de la décharge de leur batterie, ce qui a été vérifié par l’officier”, sans plus de précision sur les fonctions de cet officier.- 12 heures de batterie -“Une explication techniquement impossible et suspecte”, rétorque l’avocat de la famille de la victime.Il relève que les batteries de ces caméras piétons sont “censées fonctionner 12 heures”, et qu’elles ne sont allumées qu’en cas d’interpellation, et non en continu. Il souligne par ailleurs dans sa plainte que “des témoins ont indiqué avoir vu une mare de sang sur les lieux de l’interpellation”.”Il est permis de penser que les images (…) ont pu être détruites ou dissimulées aux enquêteurs afin d’éviter qu’elles constituent des éléments démontrant les violences commises lors de l’interpellation de M. Diarra ou durant son transport au commissariat”, explicite l’avocat dans sa plainte.”Ce n’est pas l’IGPN (la police des polices, ndlr) qui a fait les premiers actes d’enquête mais les policiers du commissariat du centre de Paris, ce qui ne se justifie aucunement au vu de la qualité de policier des personnes mises en cause”, pointe-il aussi.Me Yassine Bouzrou exige qu’une enquête fasse la lumière sur le non-fonctionnement des caméras piétons : les constatations ont-elles été faites au commissariat de Paris-centre, ou à l’IGPN ? Ou s’agit-il “de simples éléments déclaratifs non vérifiés des policiers interpellateurs et/ou de leurs collègues” ?Au moment de l’ouverture de l’information judiciaire, le parquet avait déclaré que le récit des policiers ayant interpellé M. Diarra avait “été recueilli dans un premier temps par des policiers d’un autre commissariat, avant même que la saisine de l’IGPN puisse être effective”. “Ce récit a été rapporté à la presse pour ce qu’il est : le récit des personnes entendues”, précisait-il.- “Opacité persistante” -Dans son communiqué, la famille dénonce “également l’opacité persistante de la procureure” de Paris Laure Beccuau ainsi que de la juge d’instruction chargée de l’enquête, “qui refusent de donner les vidéos et les conclusions de l’autopsie”.”Face à ces obstructions, la famille demande le dépaysement immédiat de l’enquête pour garantir son impartialité”, poursuit Me Bouzrou. “La famille refuse que la vérité soit étouffée. La justice doit enfin agir avec transparence”.Après la mort de M. Diarra, le parquet de Paris avait dans un premier temps ouvert une enquête pour “recherche des causes de la mort”, et demandé une autopsie. Le 19 janvier, il indiquait que celle-ci “n’apportait pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès”, et expliquait que des examens complémentaires étaient ordonnés.Me Bouzrou considère ces mêmes résultats “caractéristiques” d’un étranglement (fracture de la corne du cartilage de la thyroïde) et qu’il traduisent “des violences d’une intensité particulière (plaie profonde à la tempe).

Assassinat de Samuel Paty: les quatre accusés contestent les faits à l’ouverture du procès en appel

Les quatre hommes condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty par un islamiste tchétchène, ont contesté lundi les faits qui leur sont reprochés, à l’ouverture de leur procès en appel.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.Lors du procès en première instance, les huit accusés (sept hommes et une femme) avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de un à 16 ans de prison.Quatre sont rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, jusqu’au 27 février.Parmi eux figurent d’un côté deux amis d’Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés à 16 ans de réclusion pour complicité d’assassinat; et de l’autre, Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste, accusés d’avoir participé à la campagne de haine ayant conduit à l’assassinat de l’enseignant.Les quatre autres personnes qui n’ont pas fait appel étaient en contact avec Anzorov sur les réseaux sociaux.- Mensonge -Tout est né du mensonge d’une élève de 13 ans, fille de Brahim Chnina, accusant le professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté mais son mensonge avait été relayé massivement sur les réseaux sociaux par son père et Abdelhakim Sefrioui.Après plusieurs jours d’une campagne virulente ciblant l’enseignant de 47 ans, ce dernier avait été tué par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène.En décembre 2024, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont admis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas l’assassin.Mais, selon les juges, “les deux accusés ont, en connaissance de cause, pris le risque, malgré le danger et les menaces visant Samuel Paty, qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit portée par un tiers, violent et radicalisé qui devenait leur bras armé”. Et ils “ont contribué à créer un état d’esprit propre à susciter le crime”, “en attisant la colère et la haine d’un esprit radicalisé”.Concernant les proches de M. Anzorov, les magistrats de première instance ont retenu qu’ils étaient “parfaitement” conscients de la dangerosité de leur ami et qu’ils l’avaient pourtant aidé, dans sa recherche d’armes notamment.A l’issue de la première journée d’audience, largement consacrée à des questions d’organisation et à la lecture du rapport retraçant les faits et les investigations, la présidente a donné la parole aux quatre hommes assis dans le box des accusés.Tous ont contesté les faits qui leur étaient reprochés. “Je voulais présenter mes excuses, dire que je regrette infiniment et dire que je ne reconnais pas les faits”, a dit Brahim Chnina.”Je suis totalement innocent et je suis en réalité accablé chaque fois que j’entends l’acte d’accusation”, a déclaré de son côté Abdelhakim Sefrioui.Pour les conseils de Brahim Chnina, Mes Frank Berton et Louise Tort, dans ce dossier, “on a une extension de l’association de malfaiteurs terroriste” qui “n’est pas normale” ni “légitime”.La défense de M. Sefrioui attend de son côté que la cour d’assises d’appel reconnaisse “l’innocence” du prédicateur.”Il y a une évidence matérielle dans ce dossier, c’est qu’il ne connaissait pas l’auteur de l’attentat et que l’auteur de l’attentat n’a absolument pas vu la vidéo dans laquelle il apparaissait”, a déclaré avant le début du procès un de ses avocats, Me Vincent Brengarth.Les avocats ont demandé que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti soient cités comme témoins pour les entendre “sur les défaillances qui ont conduit à l’assassinat”.Des interrogations planent toutefois sur leur présence, prévue vendredi: la présidente de la cour d’assises d’appel a indiqué que M. Dupond-Moretti avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas se présenter à la barre; quant à M. Nuñez, sa présence ne peut être autorisée que par un décret présenté en conseil des ministres par le garde des Sceaux. Ces questions restent pour l’heure en suspens.

Assassinat de Samuel Paty: les quatre accusés contestent les faits à l’ouverture du procès en appel

Les quatre hommes condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty par un islamiste tchétchène, ont contesté lundi les faits qui leur sont reprochés, à l’ouverture de leur procès en appel.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.Lors du procès en première instance, les huit accusés (sept hommes et une femme) avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de un à 16 ans de prison.Quatre sont rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, jusqu’au 27 février.Parmi eux figurent d’un côté deux amis d’Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés à 16 ans de réclusion pour complicité d’assassinat; et de l’autre, Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste, accusés d’avoir participé à la campagne de haine ayant conduit à l’assassinat de l’enseignant.Les quatre autres personnes qui n’ont pas fait appel étaient en contact avec Anzorov sur les réseaux sociaux.- Mensonge -Tout est né du mensonge d’une élève de 13 ans, fille de Brahim Chnina, accusant le professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté mais son mensonge avait été relayé massivement sur les réseaux sociaux par son père et Abdelhakim Sefrioui.Après plusieurs jours d’une campagne virulente ciblant l’enseignant de 47 ans, ce dernier avait été tué par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène.En décembre 2024, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont admis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas l’assassin.Mais, selon les juges, “les deux accusés ont, en connaissance de cause, pris le risque, malgré le danger et les menaces visant Samuel Paty, qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit portée par un tiers, violent et radicalisé qui devenait leur bras armé”. Et ils “ont contribué à créer un état d’esprit propre à susciter le crime”, “en attisant la colère et la haine d’un esprit radicalisé”.Concernant les proches de M. Anzorov, les magistrats de première instance ont retenu qu’ils étaient “parfaitement” conscients de la dangerosité de leur ami et qu’ils l’avaient pourtant aidé, dans sa recherche d’armes notamment.A l’issue de la première journée d’audience, largement consacrée à des questions d’organisation et à la lecture du rapport retraçant les faits et les investigations, la présidente a donné la parole aux quatre hommes assis dans le box des accusés.Tous ont contesté les faits qui leur étaient reprochés. “Je voulais présenter mes excuses, dire que je regrette infiniment et dire que je ne reconnais pas les faits”, a dit Brahim Chnina.”Je suis totalement innocent et je suis en réalité accablé chaque fois que j’entends l’acte d’accusation”, a déclaré de son côté Abdelhakim Sefrioui.Pour les conseils de Brahim Chnina, Mes Frank Berton et Louise Tort, dans ce dossier, “on a une extension de l’association de malfaiteurs terroriste” qui “n’est pas normale” ni “légitime”.La défense de M. Sefrioui attend de son côté que la cour d’assises d’appel reconnaisse “l’innocence” du prédicateur.”Il y a une évidence matérielle dans ce dossier, c’est qu’il ne connaissait pas l’auteur de l’attentat et que l’auteur de l’attentat n’a absolument pas vu la vidéo dans laquelle il apparaissait”, a déclaré avant le début du procès un de ses avocats, Me Vincent Brengarth.Les avocats ont demandé que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti soient cités comme témoins pour les entendre “sur les défaillances qui ont conduit à l’assassinat”.Des interrogations planent toutefois sur leur présence, prévue vendredi: la présidente de la cour d’assises d’appel a indiqué que M. Dupond-Moretti avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas se présenter à la barre; quant à M. Nuñez, sa présence ne peut être autorisée que par un décret présenté en conseil des ministres par le garde des Sceaux. Ces questions restent pour l’heure en suspens.