La stratégie nationale alimentation-climat de nouveau bloquée in extremis par Matignon

La publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), attendue depuis plus de deux ans, a de nouveau été suspendue vendredi par Matignon alors qu’elle avait été présentée à la presse et suscitait déjà des critiques d’associations.La publication officielle de ce document était attendue pour 14h, après des mois d’allers-retours ministériels et de controverses, notamment sur la question de la consommation de viande mais aussi sur les publicités pour les produits trop gras ou trop sucrés à destination des mineurs.Au terme d’un après-midi de flou, les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de la Transition écologique, chargés de son élaboration et sollicités par de nombreux journalistes qui attendaient la publication, ont renvoyé la presse vers Matignon.Le Premier ministre n’a “pas été informé” et n’a pas pu de ce fait “valider” la stratégie, a indiqué l’entourage de Sébastien Lecornu. “Il est donc décidé de ne pas publier à ce stade”.Lors de la présentation aux journalistes, le ministère de l’Agriculture, interrogé sur la participation du cabinet du Premier ministre, avait répondu que ce document interministériel était “bien évidemment validé par le Premier ministre”.Censée définir l’action du gouvernement d’ici 2030 pour une alimentation saine et moins émettrice de gaz à effet de serre, cette stratégie est issue de la Convention citoyenne sur le climat et de la loi Climat et résilience qui a suivi en 2021. Elle devait être présentée avant juillet 2023.Selon le texte qui devait être publié vendredi, consulté par l’AFP, parmi les “actions phares” prévues, “mises en œuvre dès” cette année, la Stratégie veut “encadrer réglementairement pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance, Ehpad, établissements pénitentiaires”.Le texte évoquait également des mesures pour la restauration collective ou pour lutter contre le gaspillage.Les modalités de mise en action de ces mesures n’étaient toutefois pas claires dans l’immédiat et il n’y a “pas de budget alloué à la Snanc”, l’idée étant de “faire avec l’existant”, a expliqué vendredi matin à l’AFP le ministère de la Transition écologique (MTE).- Viande: limiter ou réduire ? -Le système alimentaire représente près d’un quart de l’empreinte carbone des Français, dont 61% issus des “produits d’origine animale”. Or, les négociations ont été particulièrement âpres sur la formulation concernant la consommation de viande.Le texte consulté parle de “limitation”, un terme souvent employé au ministère de l’Agriculture, et non plus de “réduction”, terme qui figurait dans le projet initial et était défendu par le ministère de la Transition écologique.Ce remplacement avait déjà entraîné un premier blocage en septembre de la publication de la stratégie par Matignon, qui souhaitait remplacer l’idée de réduction par “une consommation de viande équilibrée”. François Bayrou était alors Premier ministre, sur le départ.Selon le ministère de la Transition écologique, des objectifs chiffrés de réduction de consommation de viande, réclamés par les associations environnementales et autres, mais absents du texte consulté, sont prévus dans la future Stratégie nationale bas carbone (SNBC), en discussion.- “Poids des lobbies” -Selon le texte, le gouvernement veut aussi “réduire efficacement l’exposition des enfants et des adolescents aux publicités et parrainages pour des produits trop gras, sucrés, salés”, par incitation, quand des associations demandaient leur interdiction.”En cas d’insuffisance des dispositions volontaires, une mesure réglementaire d’encadrement du marketing alimentaire dans les médias sera envisagée”, indique la Stratégie, quand le projet soumis à consultation au printemps ne comportait l’évocation d’aucune mesure contraignante.”Pourquoi attendre?”, demande l’organisation Foodwatch, pour qui cette stratégie “manque de courage politique”. L’ONG a ensuite déploré “le report de la publication en toute dernière minute, dans la foulée des révélations de la cellule investigation de Radio France”.Selon un article de Radio France publié vendredi matin, une recommandation du Programme national nutrition santé (PNNS) encourageant “à limiter les produits ultratransformés” a disparu de la Snanc, au profit d’une recommandation pour “privilégier les produits peu ou pas transformés” selon le texte consulté par l’AFP, à la demande du ministère de l’Agriculture et contre l’avis des deux autres ministères.Le texte incite à “poursuivre les travaux pour arriver à une définition opérationnelle” des aliments ultratransformés. Cela va dans le sens du lobby de l’agroalimentaire, opposé à certaines définitions utilisées dans des études scientifiques quant à leur incidence sur la santé des consommateurs.”C’est une histoire rocambolesque cette Stratégie qui doit être publiée depuis deux ans. Elle doit paraître et ne paraît pas, c’est une vraie chimère”, a réagi Serge Hercberg, professeur de nutrition et cocréateur du Nutri-Score. Pour lui, “ce que l’on pressent, c’est le poids des lobbies”.De leur côté, le Réseau Action Climat, le Secours catholique, les associations Quatre pattes et France Assos Santé dénoncent un “blocage ministériel” aux “conséquences écologiques, sanitaires et sociales majeures”.cho-mdz-ref-are/hh/cbn

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La stratégie nationale alimentation-climat de nouveau bloquée in extremis par Matignon

La publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), attendue depuis plus de deux ans, a de nouveau été suspendue vendredi par Matignon alors qu’elle avait été présentée à la presse et suscitait déjà des critiques d’associations.La publication officielle de ce document était attendue pour 14h, après des mois d’allers-retours ministériels et de controverses, notamment sur la question de la consommation de viande mais aussi sur les publicités pour les produits trop gras ou trop sucrés à destination des mineurs.Au terme d’un après-midi de flou, les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de la Transition écologique, chargés de son élaboration et sollicités par de nombreux journalistes qui attendaient la publication, ont renvoyé la presse vers Matignon.Le Premier ministre n’a “pas été informé” et n’a pas pu de ce fait “valider” la stratégie, a indiqué l’entourage de Sébastien Lecornu. “Il est donc décidé de ne pas publier à ce stade”.Lors de la présentation aux journalistes, le ministère de l’Agriculture, interrogé sur la participation du cabinet du Premier ministre, avait répondu que ce document interministériel était “bien évidemment validé par le Premier ministre”.Censée définir l’action du gouvernement d’ici 2030 pour une alimentation saine et moins émettrice de gaz à effet de serre, cette stratégie est issue de la Convention citoyenne sur le climat et de la loi Climat et résilience qui a suivi en 2021. Elle devait être présentée avant juillet 2023.Selon le texte qui devait être publié vendredi, consulté par l’AFP, parmi les “actions phares” prévues, “mises en œuvre dès” cette année, la Stratégie veut “encadrer réglementairement pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance, Ehpad, établissements pénitentiaires”.Le texte évoquait également des mesures pour la restauration collective ou pour lutter contre le gaspillage.Les modalités de mise en action de ces mesures n’étaient toutefois pas claires dans l’immédiat et il n’y a “pas de budget alloué à la Snanc”, l’idée étant de “faire avec l’existant”, a expliqué vendredi matin à l’AFP le ministère de la Transition écologique (MTE).- Viande: limiter ou réduire ? -Le système alimentaire représente près d’un quart de l’empreinte carbone des Français, dont 61% issus des “produits d’origine animale”. Or, les négociations ont été particulièrement âpres sur la formulation concernant la consommation de viande.Le texte consulté parle de “limitation”, un terme souvent employé au ministère de l’Agriculture, et non plus de “réduction”, terme qui figurait dans le projet initial et était défendu par le ministère de la Transition écologique.Ce remplacement avait déjà entraîné un premier blocage en septembre de la publication de la stratégie par Matignon, qui souhaitait remplacer l’idée de réduction par “une consommation de viande équilibrée”. François Bayrou était alors Premier ministre, sur le départ.Selon le ministère de la Transition écologique, des objectifs chiffrés de réduction de consommation de viande, réclamés par les associations environnementales et autres, mais absents du texte consulté, sont prévus dans la future Stratégie nationale bas carbone (SNBC), en discussion.- “Poids des lobbies” -Selon le texte, le gouvernement veut aussi “réduire efficacement l’exposition des enfants et des adolescents aux publicités et parrainages pour des produits trop gras, sucrés, salés”, par incitation, quand des associations demandaient leur interdiction.”En cas d’insuffisance des dispositions volontaires, une mesure réglementaire d’encadrement du marketing alimentaire dans les médias sera envisagée”, indique la Stratégie, quand le projet soumis à consultation au printemps ne comportait l’évocation d’aucune mesure contraignante.”Pourquoi attendre?”, demande l’organisation Foodwatch, pour qui cette stratégie “manque de courage politique”. L’ONG a ensuite déploré “le report de la publication en toute dernière minute, dans la foulée des révélations de la cellule investigation de Radio France”.Selon un article de Radio France publié vendredi matin, une recommandation du Programme national nutrition santé (PNNS) encourageant “à limiter les produits ultratransformés” a disparu de la Snanc, au profit d’une recommandation pour “privilégier les produits peu ou pas transformés” selon le texte consulté par l’AFP, à la demande du ministère de l’Agriculture et contre l’avis des deux autres ministères.Le texte incite à “poursuivre les travaux pour arriver à une définition opérationnelle” des aliments ultratransformés. Cela va dans le sens du lobby de l’agroalimentaire, opposé à certaines définitions utilisées dans des études scientifiques quant à leur incidence sur la santé des consommateurs.”C’est une histoire rocambolesque cette Stratégie qui doit être publiée depuis deux ans. Elle doit paraître et ne paraît pas, c’est une vraie chimère”, a réagi Serge Hercberg, professeur de nutrition et cocréateur du Nutri-Score. Pour lui, “ce que l’on pressent, c’est le poids des lobbies”.De leur côté, le Réseau Action Climat, le Secours catholique, les associations Quatre pattes et France Assos Santé dénoncent un “blocage ministériel” aux “conséquences écologiques, sanitaires et sociales majeures”.cho-mdz-ref-are/hh/cbn

Colombia spy chief says working ‘hand in hand’ with CIA despite row

Colombia’s spymaster on Friday told AFP that intelligence-sharing with the CIA and other US agencies is “completely fluid” despite an angry public spat between the country’s two leaders.  “They are collaborating a lot, and so are we,” Jorge Lemus, head of the National Intelligence Directorate, said in a rare interview, seeking to scotch talk of a rupture with the US spy agency.Decades of close security cooperation between Colombia and the United States were upended last month when Washington slapped sanctions on Gustavo Petro, accusing the guerrilla-turned leftist president of aiding drug traffickers.Petro responded by lambasting Donald Trump’s “murder” of alleged traffickers in the Caribbean Sea and declaring that Colombia would no longer share intelligence with the United States.  That threat was later rowed back by Petro’s aides. But Lemus’s comments are the first high-level confirmation that intelligence cooperation continues unabated despite the diplomatic rancor. Lemus said Colombia had destroyed 10,000 cocaine labs this year and operations are still being carried out “many times together with them, hand in hand with them.”Experts had warned that a break in intelligence cooperation could spark a surge in cocaine exports to the United States and strengthen the hand of cartels.  Several Colombian ex-military and intelligence bosses had told AFP Petro’s threat to cut intelligence sharing was “absurd” and “makes no sense.”One former US intelligence official said information gleaned from human sources by Colombian officers was often vital in supporting American eavesdropping and satellite intelligence.Lemus insisted that cooperation continues “not only with the CIA, but with all agencies, they have various. With all of the US intelligence agencies, it remains completely fluid,” he said.  “We continue exactly as before,” he added.  “At the end of the day, we are both fighting against drug trafficking”.  – No CIA leak -Lemus, himself a former guerrilla, was appointed by Petro earlier this year.In recent weeks, his powerful agency has been rocked by accusations that a senior spy colluded with guerrilla groups, helping them to buy arms and evade detection.  Lemus told AFP that the operative in question, Wilmar Mejia, had been suspended from duty pending investigation.  At the same time, he argued that Mejia had been an excellent spy who had rose quickly through the ranks and that the evidence against him may have been “staged.”Local media have published alleged chats between Mejia, an army general, and a guerrilla commander of a FARC splinter group that opposed the 2016 peace process.  The Caracol TV report alleged that Mejia worked with the rebels to set up a security company that allowed them to travel undetected in armored vehicles and carry weapons.  Petro has claimed the information is false, accusing the CIA of being behind the leak.Lemus denied the CIA was involved and said the president had “perhaps received incorrect information.”  “No, we don’t support it [this accusation], and the president also knows that the issue comes from other sources.”  

US National Guard shooting suspect to be charged with murder

An Afghan national accused of shooting two National Guard members will be charged with first-degree murder, a US official said Friday, after one of the soldiers died of her wounds as President Donald Trump pledged to suspend migration from “third world countries.”The announcement marks an escalation in charges facing the assailant, identified as 29-year-old Rahmanullah Lakanwal, who opened fire on the guardsmen just a few blocks from the White House on Wednesday, the eve of the Thanksgiving holiday.”There are certainly many more charges to come, but we are upgrading the initial charges of assault to murder in the first degree,” Jeanine Pirro, the attorney for Washington DC, told the Fox News program Fox & Friends.”It is a premeditated murder. There was an ambush with a gun toward people who didn’t know what was coming.”Pirro’s announcement comes after Attorney General Pam Bondi pledged on Thursday to seek the death penalty against Lakanwal, describing him as a “monster.”US media said Lakanwal was part of the “Zero Units” — a CIA-backed Afghan paramilitary force — and entered the United States as part of a resettlement program following the American military withdrawal from Afghanistan in 2021.Sarah Beckstrom, a 20-year-old West Virginia National Guard member deployed in the US capital as part of Trump’s crackdown on crime, died from her wounds, the president said on Thursday.He said the other soldier wounded in the attack, 24-year-old Andrew Wolfe, was “fighting for his life.””We still have hope,” Pirro said of Wolfe.”He’s still in critical condition. We are doing everything we can to assist his family.”Lakanwal, who was also wounded and is in custody, was said to have opened fire with a .357 Smith and Wesson revolver.The shooting has brought together three politically explosive issues: Trump’s controversial use of the military on American soil, immigration, and the lingering legacy of the 20-year conflict in Afghanistan — America’s longest war.- ‘Rigorous reexamination’ -Late Thursday Trump pledged on Truth Social to “permanently pause” migration from “all Third World Countries” and threatened to reverse “millions” of admissions granted under his predecessor Joe Biden, in a new escalation in his anti-immigration stance.When asked which specific nationalities would be affected, the US Department of Homeland Security, pointed AFP to a list of 19 countries — including Afghanistan, Cuba, Haiti, Iran and Myanmar — facing US travel restrictions under an order from Trump in June.Separately, Joseph Edlow, Trump’s director of US Citizenship and Immigration Services (USCIS), said on Thursday he had ordered a “full-scale, rigorous reexamination of every Green Card for every alien from every country of concern.”When asked to specify the countries, the USCIS referred AFP to the same list of 19 nations.More than 1.6 million US green card holders, roughly 12 percent of the total permanent resident population, were born in the countries listed, according to the latest immigration data available on the agency’s “Eligible to Naturalize Dashboard” analyzed by AFP.Afghanistan, which has over 116,000 green card holders, is also affected by a total halt of immigration application processing, ordered by the Trump administration after the recent shooting.CIA director John Ratcliffe said Lakanwal had been part of a US “partner force” fighting the Taliban in Afghanistan. He added that Lakanwal had been brought to the United States as part of a program to evacuate Afghans allied with the agency after the Taliban toppled the American-backed government in 2021.Lakanwal had been living in the western state of Washington with his family and drove across the country to the capital, officials said.The heads of the FBI, CIA and Homeland Security and other senior Trump appointees all insisted that Lakanwal had been granted unvetted access to the US because of what they called lax asylum policies in the wake of the chaotic final US withdrawal from Afghanistan under former president Biden.However, AfghanEvac, a group that helped resettle Afghans in the US after the military withdrawal, said they had undergone “some of the most extensive security vetting” of any migrants. It said Lakanwal applied for asylum under Biden but received it later, under Trump.”This individual’s isolated and violent act should not be used as an excuse to define or diminish an entire community,” AfghanEvac wrote on the platform X, drawing a barrage of hateful comments.

La France fixe une nouvelle doctrine d’intervention en mer contre les traversées clandestines vers l’Angleterre

Après des mois de discussions, la France a annoncé vendredi qu’elle allait débuter “prochainement” des opérations visant à intercepter en mer des petits bateaux clandestins en chemin vers l’Angleterre, avant qu’ils n’embarquent des groupes de migrants.Ce changement de doctrine engagé par Paris sous pression de Londres était en gestation depuis plusieurs mois.Les forces de l’ordre françaises peinent à trouver la parade face aux “taxi-boats”, un mode d’action des passeurs consistant à faire partir une embarcation d’un point éloigné des principales plages de départ où sont rassemblés les migrants. Le taxi-boat s’approche ensuite du rivage et vient récupérer des passagers directement dans l’eau, avant de poursuivre sa route vers l’Angleterre.”La Gendarmerie maritime sera bientôt en mesure d’effectuer des opérations de contrôle et d’intervention en mer, sur des embarcations soupçonnées d’être des taxi-boats”, a déclaré à l’AFP la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar), confirmant des informations du journal Le Monde.Le quotidien évoque un document signé par le préfet maritime mais aussi ceux du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais.Le ministère de l’Intérieur français n’a pas souhaité réagir. Côté britannique, un porte-parole du gouvernement a simplement rappelé vendredi à l’AFP que Londres a “déjà travaillé à s’assurer que les autorités en France réforment leurs tactiques en mer afin qu’elles puissent intervenir dans les eaux peu profondes”.- Pas de filets à ce stade -Actuellement, une fois une embarcation clandestine en mer, seul le dispositif de secours intervient en cas de besoin, en raison des risques que présentent ce type d’opérations, comme prévu par les conventions internationales.Désormais, il pourra aussi y avoir des “opérations de contrôle et d’intervention (…) issues d’études menées par l’ensemble des services de l’État concernés”, a précisé la Prémar. Elles “comportent des dispositions prenant en compte la primauté de la sauvegarde de la vie humaine”.Ces futures opérations de la gendarmerie maritime sont prévues en amont de l’embarquement de passagers, pour ne pas mettre leurs vies en péril, selon une source proche du dossier.”L’ensemble des travaux sur le sujet se fait en lien avec les parquets concernés”, a souligné à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Cécile Gressier.En outre, la Prémar précise que “l’emploi de filets visant à stopper le taxi-boat n’est pas envisagé à ce stade”.Cette méthode, mentionnée la semaine dernière dans la presse, avait soulevé l’indignation d’associations d’aide aux migrants et d’ONG comme Amnesty International.Pour le professeur de droit international Thibaut Fleury-Graff, “les interceptions sont susceptibles d’être contraires au droit de quitter tout pays” inscrit dans le Pacte de l’ONU sur les droits civils et politiques, et doivent respecter “l’ensemble des droits de la personne humaine”.Les taxi-boats embarquent leurs passagers sur une ou plusieurs haltes et repartent en direction de l’Angleterre surchargés, transportant régulièrement plus de 70 candidats à l’exil dans des conditions périlleuses.Au moins 27 migrants sont morts cette année lors de ces dangereuses tentatives de traversées de la Manche, selon un décompte de l’AFP.Après le pire naufrage dans la Manche, qui a fait 31 morts en novembre 2021, le parquet de Paris a demandé vendredi un procès en correctionnelle pour 14 hommes, nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak, soupçonnés d’être impliqués dans des réseaux de passeurs à l’origine du drame.Depuis le 1er janvier, plus de 39.000 personnes sont arrivées sur les côtes anglaises à bord de petites embarcations, selon les données britanniques, soit plus que sur la totalité de 2024.Plus de la moitié des personnes arrivées clandestinement au Royaume-Uni entre septembre 2024 et septembre 2025 sont de cinq nationalités: Érythréens (la nationalité la plus représentée), Afghans, Iraniens, Soudanais et Somaliens.Le gouvernement travailliste britannique, sous pression de l’extrême-droite, a annoncé ce mois-ci une réforme qui durcit fortement sa politique d’asile et d’immigration, espérant ainsi décourager les arrivées irrégulières de migrants sur ces “small boats”, qu’il peine à endiguer.

La France fixe une nouvelle doctrine d’intervention en mer contre les traversées clandestines vers l’Angleterre

Après des mois de discussions, la France a annoncé vendredi qu’elle allait débuter “prochainement” des opérations visant à intercepter en mer des petits bateaux clandestins en chemin vers l’Angleterre, avant qu’ils n’embarquent des groupes de migrants.Ce changement de doctrine engagé par Paris sous pression de Londres était en gestation depuis plusieurs mois.Les forces de l’ordre françaises peinent à trouver la parade face aux “taxi-boats”, un mode d’action des passeurs consistant à faire partir une embarcation d’un point éloigné des principales plages de départ où sont rassemblés les migrants. Le taxi-boat s’approche ensuite du rivage et vient récupérer des passagers directement dans l’eau, avant de poursuivre sa route vers l’Angleterre.”La Gendarmerie maritime sera bientôt en mesure d’effectuer des opérations de contrôle et d’intervention en mer, sur des embarcations soupçonnées d’être des taxi-boats”, a déclaré à l’AFP la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar), confirmant des informations du journal Le Monde.Le quotidien évoque un document signé par le préfet maritime mais aussi ceux du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais.Le ministère de l’Intérieur français n’a pas souhaité réagir. Côté britannique, un porte-parole du gouvernement a simplement rappelé vendredi à l’AFP que Londres a “déjà travaillé à s’assurer que les autorités en France réforment leurs tactiques en mer afin qu’elles puissent intervenir dans les eaux peu profondes”.- Pas de filets à ce stade -Actuellement, une fois une embarcation clandestine en mer, seul le dispositif de secours intervient en cas de besoin, en raison des risques que présentent ce type d’opérations, comme prévu par les conventions internationales.Désormais, il pourra aussi y avoir des “opérations de contrôle et d’intervention (…) issues d’études menées par l’ensemble des services de l’État concernés”, a précisé la Prémar. Elles “comportent des dispositions prenant en compte la primauté de la sauvegarde de la vie humaine”.Ces futures opérations de la gendarmerie maritime sont prévues en amont de l’embarquement de passagers, pour ne pas mettre leurs vies en péril, selon une source proche du dossier.”L’ensemble des travaux sur le sujet se fait en lien avec les parquets concernés”, a souligné à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Cécile Gressier.En outre, la Prémar précise que “l’emploi de filets visant à stopper le taxi-boat n’est pas envisagé à ce stade”.Cette méthode, mentionnée la semaine dernière dans la presse, avait soulevé l’indignation d’associations d’aide aux migrants et d’ONG comme Amnesty International.Pour le professeur de droit international Thibaut Fleury-Graff, “les interceptions sont susceptibles d’être contraires au droit de quitter tout pays” inscrit dans le Pacte de l’ONU sur les droits civils et politiques, et doivent respecter “l’ensemble des droits de la personne humaine”.Les taxi-boats embarquent leurs passagers sur une ou plusieurs haltes et repartent en direction de l’Angleterre surchargés, transportant régulièrement plus de 70 candidats à l’exil dans des conditions périlleuses.Au moins 27 migrants sont morts cette année lors de ces dangereuses tentatives de traversées de la Manche, selon un décompte de l’AFP.Après le pire naufrage dans la Manche, qui a fait 31 morts en novembre 2021, le parquet de Paris a demandé vendredi un procès en correctionnelle pour 14 hommes, nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak, soupçonnés d’être impliqués dans des réseaux de passeurs à l’origine du drame.Depuis le 1er janvier, plus de 39.000 personnes sont arrivées sur les côtes anglaises à bord de petites embarcations, selon les données britanniques, soit plus que sur la totalité de 2024.Plus de la moitié des personnes arrivées clandestinement au Royaume-Uni entre septembre 2024 et septembre 2025 sont de cinq nationalités: Érythréens (la nationalité la plus représentée), Afghans, Iraniens, Soudanais et Somaliens.Le gouvernement travailliste britannique, sous pression de l’extrême-droite, a annoncé ce mois-ci une réforme qui durcit fortement sa politique d’asile et d’immigration, espérant ainsi décourager les arrivées irrégulières de migrants sur ces “small boats”, qu’il peine à endiguer.