Trump affirme que l’espace aérien du Venezuela doit être considéré comme “entièrement fermé”

Le président américain Donald Trump a lancé samedi un avertissement selon lequel l’espace aérien au-dessus et à proximité du Venezuela devait être considéré comme “entièrement fermé”, dans le cadre de sa confrontation croissante avec le dirigeant de gauche Nicolas Maduro.”À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains,” a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social, “veuillez considérer L’ESPACE AÉRIEN AU-DESSUS ET AUTOUR DU VENEZUELA COMME ENTIÈREMENT FERMÉ”. Le président américain n’a pas donné de détails. Cette déclaration intervient alors que l’administration Trump, dans sa lutte contre les cartels de la drogue, intensifie la pression sur le Venezuela avec un déploiement militaire majeur dans les Caraïbes, incluant le plus grand porte-avions du monde.Donald Trump accuse en particulier le Venezuela d’être un artisan du trafic de drogue qui inonde le marché américain. Caracas dément et insiste sur le fait que le véritable but est un changement de régime et la mainmise sur les réserves pétrolières du pays.Le président Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été réélu en 2024 à l’issu d’un scrutin contesté, marqué par des troubles et des arrestations massives.Les forces américaines ont mené des frappes contre plus de 20 navires soupçonnés de trafic de drogue vénézuéliens dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique Est depuis début septembre, tuant plus de 80 personnes. Washington n’a pas encore fourni de preuves que les navires ciblés étaient utilisés pour le trafic de drogue ou représentaient une menace pour les États-Unis. Et les tensions régionales se sont intensifiées en raison de cette campagne et du renforcement militaire qui l’accompagne. Le New York Times a rapporté vendredi que MM. Trump et Maduro s’étaient récemment entretenus par téléphone et avaient discuté d’une possible rencontre aux États-Unis. Pourtant, avant le déploiement militaire dans les Caraïbes, la justice américaine avait porté à 50 millions de dollars la récompense pour des informations conduisant à la capture de Nicolas Maduro.Washington a aussi intensifié la pression en désignant comme organisation terroriste étrangère le Cartel des Soleils, une organisation dont l’existence reste à démontrer selon de nombreux experts et qui, selon Washington, serait dirigée par le président Maduro.Jeudi, le président américain avait déclaré que ses forces allaient très bientôt commencer à cibler des “trafiquants de drogue vénézuéliens” lors d’opérations terrestres, accentuant encore la pression sur Caracas.Dans ce contexte tendu, six compagnies aériennes, dont Iberia, TAP et Turkish Airlines, ont suspendu leurs liaisons avec le Venezuela, ce qui leur a valu de se voir retirer leurs licences par Caracas. 

Grippe: des stocks de vaccins débloqués face à l’inquiétude des pharmaciens

Le gouvernement a annoncé samedi qu’il allait débloquer des doses supplémentaires de vaccins contre la grippe, face à l’inquiétude de pharmaciens qui craignent de ne pas en disposer assez au moment où l’épidémie semble sur le point de commencer dans l’Hexagone.”Pour accompagner la période des fêtes et éviter toute tension, nous libérerons progressivement les doses supplémentaires déjà sécurisées”, a déclaré sur le réseau X (ex-Twitter), la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.Cette décision était une demande de l’une des deux principales organisations de pharmaciens, l’Union des syndicats de pharmacies d’officine (Uspo). Celle-ci a alerté samedi, auprès du média Franceinfo, sur le fait que les doses disponibles seraient bientôt épuisées.La campagne actuelle de vaccination, entamée mi-octobre, semble bien démarrer. Le nombre de doses vendues par les pharmacies est supérieur à celui de la même époque l’an dernier, une saison qui avait finalement été marquée par une épidémie très sévère, selon des données transmises en début de semaine par la direction générale de la Santé (DGS).Selon l’Uspo, la campagne risque toutefois d’être victime de son succès. L’organisation a rapporté à Franceinfo que seules 1,5 million de doses étaient encore disponibles, des pharmacies peinant déjà à trouver des vaccins à administrer.Elle a donc appelé l’Etat à libérer des doses supplémentaires, via l’usage d’un stock de sécurité maintenu de côté par les pouvoirs publics. C’est au sein de cette réserve que Mme Rist a annoncé la libération de certaines doses.Interrogée par l’AFP, l’Uspo a exprimé une satisfaction prudente. La mesure fonctionnera “si la libération des doses se fait de façon fluide et efficiente”, a déclaré son président, Pierre-Olivier Variot.”Pas genre: +Je commande et j’ai les doses 10 jours plus tard+”, a-t-il prévenu, évoquant des expériences malheureuses avec la vaccination anti-Covid.L’épidémie de grippe saisonnière n’a officiellement pas commencé en métropole mais elle apparaît sur le point de démarrer. Cette semaine, l’agence de santé publique a classé trois régions en “pré-épidémie”: Île-de-France, Normandie et Nouvelle-Aquitaine.

Le congrès de l’extrême droite allemande démarre au milieu des manifestations

Le congrès du parti d’extrême droite, Alternative pour l’Allemagne (AfD), destiné à former sa nouvelle organisation de jeunesse, a commencé samedi avec plus de deux heures de retard à Giessen, près de Francfort, en raison de manifestations et blocages de rues des détracteurs de la formation antimigrants et prorusse, un peu partout dans la ville.”Vous êtes la prochaine génération de notre parti. Vous êtes la prochaine génération après moi, après Tino Chrupalla (un des co-présidents de l’AfD), après les anciens ici présents qui dirigent ce pays”, a déclaré Alice Weidel, coprésidente du parti, à l’ouverture du congrès qui devait débuter à 10H00 locales (09H00 GMT), devant le millier de délégués réunis dans la salle du congrès.Dès potron-minet, plus de 15.000 personnes protestant contre cette formation, selon le collectif d’associations anti-AfD, “plusieurs milliers”, selon la police, ont convergé vers Giessen, certains lançant des fumigènes, d’autres brandissant des drapeaux arc en ciel ou des banderoles avec des slogans comme “combattre le facisme”, encadré par un important dispositif policier.Arrivée deuxième aux législatives de février dernier, l’AfD, première force d’opposition, se met en ordre de bataille avant une série d’élections régionales en 2026 qu’elle espère remporter, en particulier dans ses bastions de l’Est.Ce parti avait dû dissoudre au début de l’année sa précédente organisation de jeunesse, “Junge Alternative” (Jeune Alternative), menacée d’interdiction pour son extrémisme.On lui reprochait la promotion d’idées xénophobes et divers scandales, allant du chant raciste à l’organisation d’entraînements paramilitaires.Les militants doivent désigner les cadres de sa nouvelle organisation de jeunesse, adopter ses statuts, choisir un nom et un logo. “Ce pays est en difficulté. Et quelque chose doit changer”, a déclaré Kevin Potthast, un électricien de 34 ans, de Steinfurt (ouest de l’Allemagne) rencontré par l’AFP au congrès. La direction de l’AfD veut désormais une organisation de jeunesse nettement plus sous son contrôle mais toujours en lien avec les mouvances les plus radicales.Elle “continuera à entretenir des contacts étroits avec d’autres milieux d’extrême droite et à coopérer avec eux”, prédit auprès de l’AFP Fabian Virchow, professeur à l’université de Düsseldorf et spécialiste de ces mouvements.”Le parti-mère pourra agir avec plus de modération, sans avoir à perdre ses partisans les plus radicaux”, abonde le politologue Stefan Marschall.- Jugend Germania -Car l’AfD cherche à la fois à lisser son image pour gagner en popularité dans l’ouest du pays, où les électeurs répugnent, bien plus qu’à l’Est, à voter pour un parti lié à la fois à des néonazis et à la Russie.  Les délégués devront choisir un nom. Parmi les propositions, “Generation Deutschland”, “Jugend Germania” ou reprendre “Junge Alternative”.Côté logo, l’assemblée doit se prononcer sur “un blason rouge bordé d’or surmonté d’une croix noire elle-même surmontée d’un aigle doré”, d’après un descriptif de l’AfD.”L’aigle symbolise notre nation allemande, pour laquelle nous brûlons de passion, la croix représente l’Occident et ses valeurs, que nous défendons avec ardeur”, explique le document.Le blason aux couleurs de l’Allemagne s’inscrit “dans une tradition patriotique et conservatrice de droite que nous voulons raviver”.Les délégués devraient désigner comme chef Jean-Pascal Hohm, 28 ans, un député régional du Brandebourg, un bastion de l’AfD dans l’Est.Selon le professeur Virchow, les cadres du mouvement de jeunesse “proviennent d’un milieu d’extrême droite où se côtoient d’ex-militants du mouvement identitaire, des corporations étudiantes, ainsi que des individus issus du néonazisme et de groupes ethno-nationalistes”. Les organisateurs des manifestations espèrent rassembler 57.000 personnes, selon la police, qui a prévu un dispositif exceptionnel impliquant des milliers d’agents.Irina Gildt, 28 ans, a déclaré à l’AFP qu’en participant à la manifestation contre l’AfD, elle souhaitait prendre position en faveur de la liberté d’expression et de la diversité, et montrer qu’elle ne se laissait pas intimider “par la peur ou la haine”. “Ça vaut bien de se lever tôt”, a ajouté la manifestante, rencontrée à l’aube dans les rues de Giessen.L’Allemagne, marquée par son passé nazi, a longtemps résisté à l’essor électoral de l’extrême droite. Mais la crise migratoire de 2015, puis des attaques islamistes et des crimes commis par des étrangers ont alimenté la popularité de l’AfD.

Le budget de la Sécu de retour à l’Assemblée pour un examen express en commission

La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a commencé samedi l’examen en nouvelle lecture du budget de la Sécurité sociale, pour une seule journée, avant une semaine à haut risque pour le texte comme pour la méthode du gouvernement Lecornu. Les commissaires ont notamment rétabli la hausse de la CSG sur les revenus du capital, votée en première lecture à l’Assemblée début novembre avant d’être supprimée au Sénat.Le dispositif voté à l’initiative du groupe socialiste propose de faire progresser la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, permettant des recettes de 2,8 milliards d’euros supplémentaires en 2026.Le groupe des députés Renaissance a de nouveau apporté son soutien à la mesure, recevant les remerciements du député PS Jérôme Guedj, pour qui il est absolument nécessaire d’augmenter les recettes de ce budget pour qu’il soit “potable”. La droite et l’extrême droite s’y sont opposées.Plus tôt dans la matinée, les députés avaient comme en première lecture supprimé le gel du barème de la contribution sociale généralisée proposé par le gouvernement, et rétabli par les sénateurs. Les députés LR adoptant une position contraire à celles des sénateurs LR.Sans surprise, ils se sont également à nouveau opposés au gouvernement sur la suppression de l’exonération de cotisations salariales en faveur des apprentis, qui ferait baisser leur rémunération nette.Les députés de la commission des Affaires sociales termineront leurs travaux samedi soir, sans assurance d’aller au terme du texte. L’Assemblée repartira quoiqu’il arrive mardi en séance de la version du texte transmise par les sénateurs, les débats de samedi ayant des allures de tour de chauffe, permettant d’entrevoir les accords qui se noueront ou pas dans l’hémicycle.Le Sénat a largement remanié la copie gouvernementale, supprimant notamment la suspension de la réforme des retraites.Les tractations se poursuivront tout le week-end sur les compromis possibles, avant une réunion cruciale à Matignon lundi entre le Premier ministre et les socialistes.- Objectif 20 milliards de déficit -Pour Jérôme Guedj, on “va vraiment rentrer dans le dur” à la deuxième lecture, et il faut désormais que les groupes parlementaires se mettent “autour de la table” pour “trouver un point d’atterrissage” qui convienne à une majorité.Car si après une nouvelle lecture au Sénat, le dernier mot est donné à l’Assemblée, la copie soumise au vote final ne pourra que très peu différer de celle négociée la semaine prochaine.Et l’enjeu dépasse celui de ce seul texte. Pour beaucoup, le budget de la Sécu sera un “juge de paix” qui pourrait enclencher une dynamique positive également pour le budget de l’État.Si le budget de la Sécu est adopté, “vous avez fait la moitié du chemin. (…) l’histoire n’est pas la même derrière, c’est absolument majeur”, confie une ministre. Tenir l’objectif d’un déficit ne dépassant pas 20 milliards d’euros, comme souhaité par le gouvernement, sera difficile alors qu’il était évalué à 24 milliards en sortie de première lecture à l’Assemblée.Outre l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital, une piste de recettes réside dans une mesure des sénateurs socialistes pour soumettre aux cotisations sociales certains compléments de salaire (primes d’intéressement…) lorsqu’ils dépassent 6.000 euros par an, pour les salaires supérieurs à trois Smic. Mais la commission des Affaires sociales a supprimé l’article.Autre clé des négociations: le gel des prestations sociales et pensions de retraites, habituellement indexées sur l’inflation. Un compromis pourra-t-il être trouvé pour réindexer les petites retraites uniquement alors que les députés les avaient toutes dégelées en première lecture? Sans parler des discussions inflammables sur les franchises médicales que le gouvernement souhaite doubler et élargir à certains dispositifs.Le vote des députés sur le texte est prévu le 9 décembre.Les sénateurs poursuivent de leur côté l’examen en première lecture du projet de loi de finances, réécrivant substantiellement la copie gouvernementale : ils ont ainsi supprimé samedi matin une surtaxe sur les bénéfices des entreprises censée rapporter 4 milliards d’euros, et même 6 milliards dans la version qui avait été approuvée par l’Assemblée avant qu’elle ne rejette l’ensemble du texte.

Le budget de la Sécu de retour à l’Assemblée pour un examen express en commission

La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a commencé samedi l’examen en nouvelle lecture du budget de la Sécurité sociale, pour une seule journée, avant une semaine à haut risque pour le texte comme pour la méthode du gouvernement Lecornu. Les commissaires ont notamment rétabli la hausse de la CSG sur les revenus du capital, votée en première lecture à l’Assemblée début novembre avant d’être supprimée au Sénat.Le dispositif voté à l’initiative du groupe socialiste propose de faire progresser la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, permettant des recettes de 2,8 milliards d’euros supplémentaires en 2026.Le groupe des députés Renaissance a de nouveau apporté son soutien à la mesure, recevant les remerciements du député PS Jérôme Guedj, pour qui il est absolument nécessaire d’augmenter les recettes de ce budget pour qu’il soit “potable”. La droite et l’extrême droite s’y sont opposées.Plus tôt dans la matinée, les députés avaient comme en première lecture supprimé le gel du barème de la contribution sociale généralisée proposé par le gouvernement, et rétabli par les sénateurs. Les députés LR adoptant une position contraire à celles des sénateurs LR.Sans surprise, ils se sont également à nouveau opposés au gouvernement sur la suppression de l’exonération de cotisations salariales en faveur des apprentis, qui ferait baisser leur rémunération nette.Les députés de la commission des Affaires sociales termineront leurs travaux samedi soir, sans assurance d’aller au terme du texte. L’Assemblée repartira quoiqu’il arrive mardi en séance de la version du texte transmise par les sénateurs, les débats de samedi ayant des allures de tour de chauffe, permettant d’entrevoir les accords qui se noueront ou pas dans l’hémicycle.Le Sénat a largement remanié la copie gouvernementale, supprimant notamment la suspension de la réforme des retraites.Les tractations se poursuivront tout le week-end sur les compromis possibles, avant une réunion cruciale à Matignon lundi entre le Premier ministre et les socialistes.- Objectif 20 milliards de déficit -Pour Jérôme Guedj, on “va vraiment rentrer dans le dur” à la deuxième lecture, et il faut désormais que les groupes parlementaires se mettent “autour de la table” pour “trouver un point d’atterrissage” qui convienne à une majorité.Car si après une nouvelle lecture au Sénat, le dernier mot est donné à l’Assemblée, la copie soumise au vote final ne pourra que très peu différer de celle négociée la semaine prochaine.Et l’enjeu dépasse celui de ce seul texte. Pour beaucoup, le budget de la Sécu sera un “juge de paix” qui pourrait enclencher une dynamique positive également pour le budget de l’État.Si le budget de la Sécu est adopté, “vous avez fait la moitié du chemin. (…) l’histoire n’est pas la même derrière, c’est absolument majeur”, confie une ministre. Tenir l’objectif d’un déficit ne dépassant pas 20 milliards d’euros, comme souhaité par le gouvernement, sera difficile alors qu’il était évalué à 24 milliards en sortie de première lecture à l’Assemblée.Outre l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital, une piste de recettes réside dans une mesure des sénateurs socialistes pour soumettre aux cotisations sociales certains compléments de salaire (primes d’intéressement…) lorsqu’ils dépassent 6.000 euros par an, pour les salaires supérieurs à trois Smic. Mais la commission des Affaires sociales a supprimé l’article.Autre clé des négociations: le gel des prestations sociales et pensions de retraites, habituellement indexées sur l’inflation. Un compromis pourra-t-il être trouvé pour réindexer les petites retraites uniquement alors que les députés les avaient toutes dégelées en première lecture? Sans parler des discussions inflammables sur les franchises médicales que le gouvernement souhaite doubler et élargir à certains dispositifs.Le vote des députés sur le texte est prévu le 9 décembre.Les sénateurs poursuivent de leur côté l’examen en première lecture du projet de loi de finances, réécrivant substantiellement la copie gouvernementale : ils ont ainsi supprimé samedi matin une surtaxe sur les bénéfices des entreprises censée rapporter 4 milliards d’euros, et même 6 milliards dans la version qui avait été approuvée par l’Assemblée avant qu’elle ne rejette l’ensemble du texte.

Municipales: LFI et le RN envoient leurs députés à l’assaut des villes

Les uns “n’ont rien à perdre”, les autres vont “y aller franchement”: lancés à l’assaut des municipales, le RN et LFI vont envoyer des députés en nombre aux élections de mars, en tablant sur leur notoriété pour s’implanter durablement dans les villes.A La France insoumise, ce sont une quinzaine d’élus qui se présentent, sur 71 députés. Le mouvement de gauche radicale est, en proportion, le parti représenté à l’Assemblée qui envoie le plus de députés aux municipales de 2026. Devant le Rassemblement national, dont une vingtaine de députés (sur 123) sont pressentis pour porter les couleurs du parti d’extrême droite. Sans compter les députés européens: deux pour LFI et six pour le RN.”On a dit qu’on y allait franchement et y aller franchement, c’est aussi, dans certaines villes, mettre en position de conduire les listes des personnalités qui sont très largement identifiées par la population”, explique à l’AFP Manuel Bompard, le coordinateur de LFI.Sophia Chikirou à Paris, Sébastien Delogu à Marseille, Anaïs Belouassa-Cherifi à Lyon, François Piquemal à Toulouse, Nathalie Oziol à Montpellier, Marie Mesmeur à Rennes… C’est surtout dans les grandes villes et quelques communes de banlieue populaire, là où Jean-Luc Mélenchon a réussi ses meilleurs scores à la présidentielle 2022, que les Insoumis déploient leurs troupes.Surtout qu’après avoir fait l’impasse sur les municipales de 2020, LFI dispose d’une faible implantation locale (seulement deux maires dans des villes de plus de 5.000 habitants) et doit donc faire de nécessité vertu en puisant dans ses forces vives au Palais Bourbon.”On a toujours encouragé nos députés à être candidats”, abonde Paul Vannier, responsable des élections au sein de la formation mélenchoniste.”La notoriété du rôle de député aide à la construction d’une liste, c’est sûr. Ca change d’avoir un appui national et cette expérience parlementaire”, illustre la députée du Puy-de-Dôme Marianne Maximi, candidate à Clermont-Ferrand, où elle est par ailleurs conseillère municipale d’opposition depuis 2014.La recette n’avait cependant pas suffi en début d’année lors d’un scrutin anticipé à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) où, malgré sa renommée, le député Louis Boyard avait perdu face à la droite, faute notamment d’avoir pu faire l’union de la gauche derrière lui.- “Volonté de s’ancrer” -Le RN fait le même pari. “Il y a un intérêt stratégique” à présenter des parlementaires, susceptibles de “faire de très bons scores, parce qu’ils ont la notoriété et l’implantation”, reconnait la vice-présidente du parti à la flamme, Edwige Diaz.Et ce même si la formation d’extrême droite envoie ses têtes d’affiche “dans des communes qui ne sont pas forcément gagnables tout de suite”, admet la députée de Gironde, citant en exemple Bordeaux où sa jeune collègue eurodéputée Julie Rechagneux tentera déjà d’atteindre les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour et espérer quelques places au conseil municipal.Même cas de figure pour ses camarades bruxellois Matthieu Valet à Lille, Aleksandar Nikolic à Tours et Virginie Joron à Strasbourg, dont les chances de victoire sont a priori infimes.Les mieux placés siègent sur les bancs de l’Assemblée, en particulier les méridionaux Laure Lavalette à Toulon, Alexandra Masson à Menton et Franck Allisio à Marseille. “Ils n’ont rien à perdre et beaucoup à gagner”, souligne le secrétaire général du groupe RN, Renaud Labaye, assurant que le parti n’a pas poussé ses meilleurs espoirs.”C’est d’abord leur volonté d’y aller. Le mandat de maire est particulier, il faut aimer ça”, ajoute ce proche de Marine Le Pen, tout en admettant que “ça s’inscrit dans la volonté du parti de s’ancrer localement”.”Il n’y a pas d’obligation, on nous a laissé une grande liberté”, confirme Mme Diaz, qui réfléchit elle-même à une possible candidature dans son département – mais pas comme tête de liste.Au RN comme à LFI, cette approche conquérante des municipales tranche avec celle, plus fébrile, des autres groupes. En particulier chez les macronistes, où l’ambiance est au sauve-qui-peut: Violette Spillebout à Lille, Antoine Armand à Annecy, Karl Olive à Poissy, Thomas Cazenave à Bordeaux…”C’est un peu notre dernière chance”, affirmait un député Renaissance il y a quelques mois, prédisant que “ceux qui n’auront pas un ancrage local en 2027 ne survivront pas”.

Municipales: LFI et le RN envoient leurs députés à l’assaut des villes

Les uns “n’ont rien à perdre”, les autres vont “y aller franchement”: lancés à l’assaut des municipales, le RN et LFI vont envoyer des députés en nombre aux élections de mars, en tablant sur leur notoriété pour s’implanter durablement dans les villes.A La France insoumise, ce sont une quinzaine d’élus qui se présentent, sur 71 députés. Le mouvement de gauche radicale est, en proportion, le parti représenté à l’Assemblée qui envoie le plus de députés aux municipales de 2026. Devant le Rassemblement national, dont une vingtaine de députés (sur 123) sont pressentis pour porter les couleurs du parti d’extrême droite. Sans compter les députés européens: deux pour LFI et six pour le RN.”On a dit qu’on y allait franchement et y aller franchement, c’est aussi, dans certaines villes, mettre en position de conduire les listes des personnalités qui sont très largement identifiées par la population”, explique à l’AFP Manuel Bompard, le coordinateur de LFI.Sophia Chikirou à Paris, Sébastien Delogu à Marseille, Anaïs Belouassa-Cherifi à Lyon, François Piquemal à Toulouse, Nathalie Oziol à Montpellier, Marie Mesmeur à Rennes… C’est surtout dans les grandes villes et quelques communes de banlieue populaire, là où Jean-Luc Mélenchon a réussi ses meilleurs scores à la présidentielle 2022, que les Insoumis déploient leurs troupes.Surtout qu’après avoir fait l’impasse sur les municipales de 2020, LFI dispose d’une faible implantation locale (seulement deux maires dans des villes de plus de 5.000 habitants) et doit donc faire de nécessité vertu en puisant dans ses forces vives au Palais Bourbon.”On a toujours encouragé nos députés à être candidats”, abonde Paul Vannier, responsable des élections au sein de la formation mélenchoniste.”La notoriété du rôle de député aide à la construction d’une liste, c’est sûr. Ca change d’avoir un appui national et cette expérience parlementaire”, illustre la députée du Puy-de-Dôme Marianne Maximi, candidate à Clermont-Ferrand, où elle est par ailleurs conseillère municipale d’opposition depuis 2014.La recette n’avait cependant pas suffi en début d’année lors d’un scrutin anticipé à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) où, malgré sa renommée, le député Louis Boyard avait perdu face à la droite, faute notamment d’avoir pu faire l’union de la gauche derrière lui.- “Volonté de s’ancrer” -Le RN fait le même pari. “Il y a un intérêt stratégique” à présenter des parlementaires, susceptibles de “faire de très bons scores, parce qu’ils ont la notoriété et l’implantation”, reconnait la vice-présidente du parti à la flamme, Edwige Diaz.Et ce même si la formation d’extrême droite envoie ses têtes d’affiche “dans des communes qui ne sont pas forcément gagnables tout de suite”, admet la députée de Gironde, citant en exemple Bordeaux où sa jeune collègue eurodéputée Julie Rechagneux tentera déjà d’atteindre les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour et espérer quelques places au conseil municipal.Même cas de figure pour ses camarades bruxellois Matthieu Valet à Lille, Aleksandar Nikolic à Tours et Virginie Joron à Strasbourg, dont les chances de victoire sont a priori infimes.Les mieux placés siègent sur les bancs de l’Assemblée, en particulier les méridionaux Laure Lavalette à Toulon, Alexandra Masson à Menton et Franck Allisio à Marseille. “Ils n’ont rien à perdre et beaucoup à gagner”, souligne le secrétaire général du groupe RN, Renaud Labaye, assurant que le parti n’a pas poussé ses meilleurs espoirs.”C’est d’abord leur volonté d’y aller. Le mandat de maire est particulier, il faut aimer ça”, ajoute ce proche de Marine Le Pen, tout en admettant que “ça s’inscrit dans la volonté du parti de s’ancrer localement”.”Il n’y a pas d’obligation, on nous a laissé une grande liberté”, confirme Mme Diaz, qui réfléchit elle-même à une possible candidature dans son département – mais pas comme tête de liste.Au RN comme à LFI, cette approche conquérante des municipales tranche avec celle, plus fébrile, des autres groupes. En particulier chez les macronistes, où l’ambiance est au sauve-qui-peut: Violette Spillebout à Lille, Antoine Armand à Annecy, Karl Olive à Poissy, Thomas Cazenave à Bordeaux…”C’est un peu notre dernière chance”, affirmait un député Renaissance il y a quelques mois, prédisant que “ceux qui n’auront pas un ancrage local en 2027 ne survivront pas”.