Boudanov, l’énigmatique chef espion ukrainien devient chef du cabinet présidentiel

Figure laconique et énigmatique, Kyrylo Boudanov est connu pour d’audacieuses opérations contre la Russie en tant que chef du renseignement militaire ukrainien. Il entre désormais dans la grande politique en devenant le chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, après une nomination surprise à ce poste clé.Honni en Russie où il est qualifié de “terroriste”, cet homme qui aura 40 ans le 4 janvier apparaît peu dans les médias et reste très discret sur son parcours ou sa vie privée. Il est parfois surnommé “l’homme sans sourire” pour son attitude imperturbable.Il est pourtant l’incarnation de certaines des opérations ukrainiennes les plus audacieuses menées dans les zones occupées et en profondeur en Russie.Il remplace à la tête de la présidence Andriï Iermak, l’un des hommes les plus puissants d’Ukraine, déchu sur fond d’affaires de corruption. Avec cette nomination, Kyrylo Boudanov obtient un accès à Volodymyr Zelensky et une influence qui devrait inquiéter Moscou.”Nous continuerons à faire notre travail: vaincre l’ennemi, défendre l’Ukraine et oeuvrer pour une paix juste”, a déclaré l’ancien chef espion peu après avoir accepté sa nomination par le président.”Le clown sanguinaire (…) a choisi un nouveau chef de cabinet. Il s’agit du terroriste Boudanov. Un excellent choix”, a ironisé de son côté l’ex-président russe Dmitri Medvedev, sous-entendant par ailleurs que M. Zelensky place ainsi sous son aile un rival politique potentiel.- Blessé trois fois -Originaire de Kiev, diplômé de l’académie militaire d’Odessa, membre des forces spéciales, Kyrylo Boudanov était inconnu du public lorsqu’il prend la tête en août 2020, à 34 ans, du renseignement militaire du ministère de la Défense (GUR).Quand un conflit séparatiste orchestré par la Russie éclate dans l’est du pays en 2014, il y est déployé. Mais rien ne filtre de ses activités.Une des rares informations rendues publiques est sa participation en 2016 à une opération commando en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou deux ans plus tôt, pendant laquelle des agents russes auraient été tués.Kyrylo Boudanov lui-même ne dit pas grand-chose de ses états de service, sinon qu’il a été blessé à trois reprises, dont une fois par un éclat près du coeur.Une blessure par balle au coude lui a laissé en outre une raideur bien visible dans le bras droit. Selon le porte-parole du GUR, il a également été visé par “plus de dix” tentatives d’attentats. En 2019, sa voiture a explosé à Kiev, une attaque attribuée à l’époque aux services spéciaux russes.Le jeune agent a su se faire remarquer, devenant à 35 ans un des plus jeunes généraux du pays. Symbole d’une nouvelle génération de militaires, il jouit d’une bonne réputation auprès de l’armée.C’est l’invasion du 24 février 2022 qui mettra un coup de projecteur sur le GUR et son chef, d’autant qu’il avait prédit publiquement, plusieurs mois avant l’assaut, une attaque de grande ampleur.”Nous allons vaincre la +grande et invincible+ armée russe, comme David a vaincu Goliath”, assurait Boudanov que ses partisans décrivent comme un maître des opérations asymétriques.Il assure aujourd’hui que la Russie s’apprête à attaquer l’Otan dès 2027 pour s’emparer des pays baltes et à frapper la Pologne.Mais sa prédiction d’entrée de troupes ukrainiennes en Crimée en 2023 est resté lettre morte, alors que la grande contre-offensive ukrainienne a échoué et que la Russie a désormais l’initiative sur le front.- Cible pour Moscou -Les Ukrainiens n’en tiennent pas rigueur à celui que des mèmes surnomment “Bouddhanov” du fait de son flegme apparent.Car il peut aussi se targuer d’une série d’opérations spectaculaires en Russie, comme des frappes contre les raffineries de pétrole ou l’explosion ayant endommagé en 2022 l’emblématique pont de Crimée, construit par la Russie.Jeudi, le GUR a annoncé avoir mis en scène la mort d’un chef militaire russe combattant pour Kiev afin d’identifier des agents russes qui avaient mis à prix sa tête. Boudanov et ses hommes ont été une cible de choix pour le Kremlin. Depuis le début de l’invasion, la Russie a visé au moins deux fois le siège du renseignement militaire à Kiev, proclamant même en mai 2023 avoir tué M. Boudanov.Le général participe aussi en coulisse à des négociations sur l’échange de prisonniers avec Moscou. Selon une source interrogées par l’AFP, il a ainsi rencontré des représentants russes à Abou Dhabi en novembre.De récents sondages le placent comme l’une des deux figures capables de détrôner Volodymyr Zelensky en cas d’élection présidentielle, avec l’ex-commandant de l’armée ukrainienne Valery Zaloujny.
Figure laconique et énigmatique, Kyrylo Boudanov est connu pour d’audacieuses opérations contre la Russie en tant que chef du renseignement militaire ukrainien. Il entre désormais dans la grande politique en devenant le chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, après une nomination surprise à ce poste clé.Honni en Russie où il est qualifié de “terroriste”, cet homme qui aura 40 ans le 4 janvier apparaît peu dans les médias et reste très discret sur son parcours ou sa vie privée. Il est parfois surnommé “l’homme sans sourire” pour son attitude imperturbable.Il est pourtant l’incarnation de certaines des opérations ukrainiennes les plus audacieuses menées dans les zones occupées et en profondeur en Russie.Il remplace à la tête de la présidence Andriï Iermak, l’un des hommes les plus puissants d’Ukraine, déchu sur fond d’affaires de corruption. Avec cette nomination, Kyrylo Boudanov obtient un accès à Volodymyr Zelensky et une influence qui devrait inquiéter Moscou.”Nous continuerons à faire notre travail: vaincre l’ennemi, défendre l’Ukraine et oeuvrer pour une paix juste”, a déclaré l’ancien chef espion peu après avoir accepté sa nomination par le président.”Le clown sanguinaire (…) a choisi un nouveau chef de cabinet. Il s’agit du terroriste Boudanov. Un excellent choix”, a ironisé de son côté l’ex-président russe Dmitri Medvedev, sous-entendant par ailleurs que M. Zelensky place ainsi sous son aile un rival politique potentiel.- Blessé trois fois -Originaire de Kiev, diplômé de l’académie militaire d’Odessa, membre des forces spéciales, Kyrylo Boudanov était inconnu du public lorsqu’il prend la tête en août 2020, à 34 ans, du renseignement militaire du ministère de la Défense (GUR).Quand un conflit séparatiste orchestré par la Russie éclate dans l’est du pays en 2014, il y est déployé. Mais rien ne filtre de ses activités.Une des rares informations rendues publiques est sa participation en 2016 à une opération commando en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou deux ans plus tôt, pendant laquelle des agents russes auraient été tués.Kyrylo Boudanov lui-même ne dit pas grand-chose de ses états de service, sinon qu’il a été blessé à trois reprises, dont une fois par un éclat près du coeur.Une blessure par balle au coude lui a laissé en outre une raideur bien visible dans le bras droit. Selon le porte-parole du GUR, il a également été visé par “plus de dix” tentatives d’attentats. En 2019, sa voiture a explosé à Kiev, une attaque attribuée à l’époque aux services spéciaux russes.Le jeune agent a su se faire remarquer, devenant à 35 ans un des plus jeunes généraux du pays. Symbole d’une nouvelle génération de militaires, il jouit d’une bonne réputation auprès de l’armée.C’est l’invasion du 24 février 2022 qui mettra un coup de projecteur sur le GUR et son chef, d’autant qu’il avait prédit publiquement, plusieurs mois avant l’assaut, une attaque de grande ampleur.”Nous allons vaincre la +grande et invincible+ armée russe, comme David a vaincu Goliath”, assurait Boudanov que ses partisans décrivent comme un maître des opérations asymétriques.Il assure aujourd’hui que la Russie s’apprête à attaquer l’Otan dès 2027 pour s’emparer des pays baltes et à frapper la Pologne.Mais sa prédiction d’entrée de troupes ukrainiennes en Crimée en 2023 est resté lettre morte, alors que la grande contre-offensive ukrainienne a échoué et que la Russie a désormais l’initiative sur le front.- Cible pour Moscou -Les Ukrainiens n’en tiennent pas rigueur à celui que des mèmes surnomment “Bouddhanov” du fait de son flegme apparent.Car il peut aussi se targuer d’une série d’opérations spectaculaires en Russie, comme des frappes contre les raffineries de pétrole ou l’explosion ayant endommagé en 2022 l’emblématique pont de Crimée, construit par la Russie.Jeudi, le GUR a annoncé avoir mis en scène la mort d’un chef militaire russe combattant pour Kiev afin d’identifier des agents russes qui avaient mis à prix sa tête. Boudanov et ses hommes ont été une cible de choix pour le Kremlin. Depuis le début de l’invasion, la Russie a visé au moins deux fois le siège du renseignement militaire à Kiev, proclamant même en mai 2023 avoir tué M. Boudanov.Le général participe aussi en coulisse à des négociations sur l’échange de prisonniers avec Moscou. Selon une source interrogées par l’AFP, il a ainsi rencontré des représentants russes à Abou Dhabi en novembre.De récents sondages le placent comme l’une des deux figures capables de détrôner Volodymyr Zelensky en cas d’élection présidentielle, avec l’ex-commandant de l’armée ukrainienne Valery Zaloujny.