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Au procès Depardieu, les attaques de la défense ne font pas trembler les plaignantes

Altercation, invectives et moqueries: au procès de Gérard Depardieu pour agressions sexuelles, l’avocat de l’acteur a cherché mardi à déstabiliser les plaignantes et leurs conseils, faisant monter la tension à son paroxysme dans la salle bondée du tribunal correctionnel de Paris.”Arrêtez de le cuisiner pendant une heure ! C’est tellement abject ! Ça n’a pas de sens, c’est stupide”, s’emporte Me Jérémie Assous, alors que Gérard Depardieu est interrogé par l’avocate d’Amélie, une des plaignantes.”C’est insupportable de vous entendre”, ajoute l’avocat de Gérard Depardieu, allant jusqu’à se moquer de la voix de sa consÅ“ur, Me Carine Durrieu Diebolt. Les avocates des parties civiles, traitées d'”hystériques” par Me Assous, se lèvent et protestent.Dans la salle d’audience bondée, le public retient son souffle. A la barre Gérard Depardieu, vêtu tout de noir, observe la scène tout comme les deux plaignantes, Amélie et Sarah. Après un rappel à l’ordre du président, les questions ont repris sans que l’acteur de 76 ans ne change de version.Selon ses souvenirs de ce jour de tournage en septembre 2021, il a seulement pris Amélie par les hanches “pour ne pas glisser” de son tabouret alors qu’il l’attaquait sur la décoration du film. A de nombreuses reprises, Gérard Depardieu avoue ne pas se rappeler, ne comprend pas la question, demande de répéter, de mieux articuler.Dans la matinée, le prévenu a contesté l’agression sexuelle à la barre: “Il y a des vices que je ne connais pas”, a-t-il expliqué, au deuxième jour de son procès.”Je ne vois pas pourquoi je m’amuserais à peloter une femme, des fesses, des seins, je ne suis pas un frotteur dans le métro”, a-t-il lancé, assis sur un tabouret face au président du tribunal.- “C’est quoi, graveleux ?” -Interrogé dans la matinée sur les propos grossiers qu’il aurait tenus à l’encontre de la décoratrice, Gérard Depardieu s’est emporté: “C’est quoi, graveleux ? C’est dire +chatte+ ? +Chatte+, mais ça m’arrive tout le temps de le dire, même à moi-même, je trouve ça drôle !”.Dans la salle, assise au premier rang à côté de l’autre plaignante, Amélie, 54 ans aujourd’hui, a écouté attentivement celui qu’elle accuse avant de prendre sa place pour donner une version complètement différente.Sur le tournage selon elle, Gérard Depardieu “gesticule”, “grogne”. “Ce n’est pas du tout le monsieur qu’on a là aujourd’hui”, poursuit-elle, qualifiant l’acteur de “fauve”.- “J’aime la féminité” -La décoratrice a raconté avoir évoqué le décor du film avec Gérard Depardieu et sa recherche de parasols des années 70 pour la suite du tournage dans le sud de la France.Cheveux blonds mi-longs, Amélie a raconté doucement la suite: “Il referme alors les jambes, il m’attrape les hanches”, mime-t-elle à la barre. “Il m’avance, il me coince, il a beaucoup de force et il malaxe”, poursuit Amélie, se remémorant “son gros visage”, “ses yeux rouges, très excités” et les propos de Gérard Depardieu: “Viens toucher mon gros parasol, je vais te le mettre dans la chatte !”.Pendant au moins trente minutes, l’avocat de Gérard Depardieu a interrogé la décoratrice sur la disposition de l’appartement, assurant en brandissant un plan que l’agression ne pouvait pas avoir eu lieu.La voix calme et posée, la mère de famille a maintenu sa version. Concernant sa plainte contre Gérard Depardieu, déposée après trois ans, Amélie a expliqué qu’elle n’avait pas envie d’en parler, qu’elle se sentait “humiliée”, précisant avoir eu beaucoup de mal à trouver du travail dans le cinéma une fois cet épisode connu dans le milieu.”Moi ça fait trois ans !” a réagi plus tard Gérard Depardieu. “C’est horrible ce qu’on me fait en me refusant des contrats !”, s’est-il écrié. “A chaque fois que j’ai essayé de chanter, j’avais une vingtaine de folles avec des pancartes qui m’attaquaient”, a-t-il ajouté, faisant référence à ses concerts de reprises de Barbara perturbés par des manifestations féministes.”Je défends la liberté de parole, j’aime la féminité mais pas les femmes qui sont dans l’hystérie”, a insisté le comédien.Figure du cinéma français connue dans le monde entier, Gérard Depardieu a été accusé de comportements identiques par une vingtaine de femmes mais plusieurs procédures ont été classées pour cause de prescription des faits.La comédienne française Charlotte Arnould, présente dans la salle depuis le début du procès, a porté plainte pour viol en 2018. Le parquet de Paris a requis un procès à l’encontre de l’acteur.

Vance ira au Groenland malgré les protestations du Danemark

Le vice-président américain JD Vance a annoncé mardi qu’il se rendrait vendredi au Groenland, défiant le Danemark qui s’était auparavant insurgé contre la visite prochaine de responsables américains dans son territoire autonome, ouvertement convoité par Donald Trump.Etaient déjà prévus les déplacements du conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz, qui doit aller cette semaine au …

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Vance ira au Groenland malgré les protestations du Danemark

Le vice-président américain JD Vance a annoncé mardi qu’il se rendrait vendredi au Groenland, défiant le Danemark qui s’était auparavant insurgé contre la visite prochaine de responsables américains dans son territoire autonome, ouvertement convoité par Donald Trump.Etaient déjà prévus les déplacements du conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz, qui doit aller cette semaine au Groenland selon le gouvernement groenlandais, et du ministre de l’Energie Chris Wright, d’après la presse américaine.Ainsi que d’Usha Vance, l’épouse de M. Vance, qui y sera de jeudi à samedi.C’est au tour maintenant du vice-président, qui a pris des positions particulièrement dures en matière de politique étrangère, de se rendre sur place. “Il y avait tant d’excitation autour de la visite d’Usha au Groenland vendredi que j’ai décidé que je ne voulais pas la laisser s’amuser toute seule et je me joindrai donc à elle”, a déclaré le vice-président américain dans une vidéo publiée sur la plateforme X.JD Vance se rendra à la base spatiale de Pituffik, une base de la branche de l’armée américaine dédiée à l’espace, “pour être informé des sujets liés à la sécurité de l’Arctique” et rencontrer les troupes, ont fait savoir ses services.Il sera accompagné de sa femme, qui n’assistera finalement pas à une course nationale de chiens de traîneau, comme cela avait été initialement annoncé. L’annonce des premières visites, présentées comme privées, avait déjà déclenché l’ire des responsables politiques danois et groenlandais.”On ne peut pas organiser une visite privée avec des représentants officiels d’un autre pays”, a dit la cheffe du gouvernement danois Mette Frederiksen à la presse.”La pression exercée sur le Groenland et le Danemark dans cette situation est inacceptable. Et c’est une pression à laquelle nous allons résister”, a ajouté la Première ministre, soulignant avoir le soutien de ses alliés à travers l’Europe.- Attente d’un nouveau gouvernement -Le Groenland est dans l’attente d’un gouvernement après la tenue d’élections législatives le 11 mars qui ont vu la victoire du centre-droit.Sur Facebook, le gouvernement sortant a rappelé n’avoir “envoyé aucune invitation pour des visites, qu’elles soient privées ou officielles”.”Le gouvernement actuel est un gouvernement de transition dans l’attente de la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale, et nous avons demandé à tous les pays de respecter ce processus”, est-il écrit.”Aucun membre du système officiel groenlandais n’a invité ces soi-disant touristes”, a insisté auprès de l’AFP la députée Aaja Chemnitz, qui représente le Groenland au Parlement danois.Le président Trump, qui ne cesse de répéter son souhait d’annexer le Groenland, a de son côté assuré que la visite répondait à “l’appel” de “nombreuses personnes du Groenland qui aimeraient que quelque chose se passe pour qu’il soit correctement protégé et que l’on s’en occupe correctement”.”Nous sommes des alliés, nous avons un accord de défense sur le Groenland qui remonte à 1951″, a rappelé Mme Frederiksen. “Rien n’indique, ni au Danemark ni au Groenland, que nous ne voulons pas coopérer avec les Américains”.Depuis décembre et les premières annonces de Donald Trump sur son intention d’acquérir l’immense île arctique, sa classe politique a souligné qu’elle n’était pas à vendre, mais “ouverte aux affaires”. Dans un sondage réalisé fin janvier, la population groenlandaise s’est dite massivement opposée à l’idée d’un rattachement à Washington.”À Sisimiut (où a lieu la course de chiens), ils seront accueillis par une manifestation, que je soutiens. Ils auraient dû y réfléchir à deux fois”, a souligné Mme Chemnitz.Territoire grand comme quatre fois la France, le Groenland attise les convoitises sur ses supposées richesses minérales, très largement inexploitées.Le gouvernement sortant avait introduit une législation interdisant l’extraction de produits radioactifs. La prospection pétrolière a elle aussi été suspendue. Soutenues par la population, ces deux interdictions ne devraient pas être remises en cause.Quant au nouveau gouvernement, les analystes ne se risquent pas à prévoir sa formation. Des négociations sont en cours sont la houlette du vainqueur du scrutin, les Démocrates.

Les universitaires ouvrent un nouveau front judiciaire contre Trump sur la liberté d’expression

Contre-attaque en justice. Des professeurs universitaires ont engagé mardi des poursuites contre Donald Trump et son administration, dont l’offensive contre l’université new-yorkaise de Columbia, et plus largement les manifestations propalestiniennes sur les campus, viole, selon eux, le principe constitutionnel de la liberté d’expression.Depuis le retour du milliardaire à la Maison Blanche, les autorités accentuent la pression contre cette prestigieuse université, accusée par Donald Trump d’avoir laissé prospérer un mouvement de protestation contre la guerre menée par Israël à Gaza, qu’il juge relever de l’antisémitisme.Le gouvernement américain, qui a frappé l’université au portefeuille, tente en parallèle de museler les porte-voix de la cause palestinienne, en multipliant les arrestations – ou tentatives d’arrestations -, à l’instar de celle qui secoue les Etats-Unis depuis plusieurs semaines: le placement en détention par la police fédérale de l’immigration de Mahmoud Khalil, une figure de ces manifestations étudiantes à Columbia, titulaire d’une carte verte de résident permanent, mais menacé d’expulsion.Dans le sillage de Columbia, l’administration Trump a menacé une soixantaine de grandes universités comme Harvard, auxquelles il demande d’appliquer scrupuleusement ses directives.- Trump ne “s’arrêtera pas là” -Le fait de cibler les manifestants non-Américains qui expriment une sympathie pour la cause palestinienne est contraire à la constitution, notamment car cela empêche les citoyens américains d’entrer en lien avec des ressortissants étrangers et d’entendre leurs points de vue, argumente le recours déposé mardi par les organisations professorales auprès d’un tribunal du Massachusetts.La politique “d’expulsion idéologique a créé un climat de répression et de peur intenses sur les campus universitaires”, selon la plainte déposée notamment par l’Association américaine des professeurs d’université (AAUP).”Le premier amendement signifie que le gouvernement ne peut pas arrêter, maintenir en détention ou expulser une personne qui exprime une opinion politique dans le cadre légal, c’est aussi simple que ça. C’est le genre de pratiques qu’on voit d’ordinaire dans les régimes les plus répressifs et cela n’a pas sa place dans notre démocratie”, fustige Jameel Jaffer, directeur de l’institut indépendant de Columbia dédié à la liberté d’expression (Knight First Amendment Institute), l’une des organisations qui ont rédigé la plainte.”L’administration Trump s’en prend aux universitaires et aux étudiants étrangers qui donnent leur avis sur la Palestine, mais ne vous y méprenez pas: elle ne s’arrêtera pas là. Elle s’en prendra ensuite à ceux qui enseignent l’histoire de l’esclavage ou (…) qui font de la recherche sur le climat”, prévient Todd Wolfson, président de l’AAUP.- Expulsion bloquée -Mardi encore, une juge new-yorkaise a ordonné à l’administration de ne plus essayer d’arrêter une étudiante sud-coréenne de Columbia, en vue de son expulsion et le temps de l’examen du dossier. Elle avait participé l’an dernier au mouvement propalestinien. Yunseo Chung, 21 ans, avait lancé des poursuites lundi contre le président Trump et son gouvernement, qui veulent l’expulser bien qu’elle soit une résidente permanente des Etats-Unis, où elle a émigré à l’âge de 7 ans avec ses parents.La police fédérale de l’immigration (ICE) a notamment fouillé plusieurs résidences étudiantes de Columbia à sa recherche, le 13 mars, selon ses avocats.C’est dans un de ces bâtiments que des agents de l’ICE avaient arrêté Mahmoud Khalil le week-end du 8 mars. Son expulsion aussi a été bloquée par un juge new-yorkais, le temps d’un examen qui doit se poursuivre lors d’une audience décisive jeudi dans le New Jersey voisin. L’administration Trump exerce une forte pression sur Columbia, privée de 400 millions de dollars de subventions fédérales. En fin de semaine dernière, l’université a accepté d’engager des réformes drastiques dans l’espoir d’ouvrir des négociations pour recouvrer ces fonds. Elle a notamment accepté de revoir totalement sa gestion des mouvements de protestation, de formaliser une définition de l’antisémitisme ou encore de réformer les départements d’études sur le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et l’Afrique.

Les universitaires ouvrent un nouveau front judiciaire contre Trump sur la liberté d’expression

Contre-attaque en justice. Des professeurs universitaires ont engagé mardi des poursuites contre Donald Trump et son administration, dont l’offensive contre l’université new-yorkaise de Columbia, et plus largement les manifestations propalestiniennes sur les campus, viole, selon eux, le principe constitutionnel de la liberté d’expression.Depuis le retour du milliardaire à la Maison Blanche, les autorités accentuent la …

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Bolsonaro doit savoir mercredi s’il est renvoyé en procès pour projet de coup d’Etat

La Cour suprême brésilienne doit décider mercredi si elle ouvre un procès contre Jair Bolsonaro pour projet présumé de coup d’Etat, après une première journée de débats en présence de l’ex-président d’extrême droite, qui risque une lourde peine de prison.”Après l’analyse de toutes les questions préliminaires des défenses, les délibérations sont suspendues et reprendront demain, avec les votes” des cinq juges appelés à trancher sur l’avenir judiciaire de M. Bolsonaro, a déclaré le magistrat Cristiano Zanin, qui a présidé la séance de mardi.Au début de ces délibérations, retransmises en direct sur plusieurs chaînes d’informations, le procureur général de la République, Paulo Gonet, a accusé M. Bolsonaro, 70 ans, d’avoir été le “leader” d’une “organisation criminelle qui avait pour objectif de garantir qu’il se maintienne au pouvoir”.Et ce “quel que soit le résultat des élections de 2022″, qu’il a finalement perdues au second tour face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.À la surprise générale, l’ancien chef de l’Etat (2019-2022) a décidé d’assister en personne aux débats de la Cour suprême, s’asseyant au premier rang face aux magistrats.”Ils m’accusent d’un crime que je n’ai pas commis”, a déclaré dans un communiqué l’ex-président, qui encourt une peine cumulée pouvant dépasser les 40 ans de prison.Il s’est dit victime de la “plus grande persécution politico-judiciaire de l’histoire du Brésil” et espère encore se présenter à la présidentielle de 2026, malgré son inéligibilité actuelle.Son avocat Celso Vilardi a déclaré pour sa part mardi dans sa plaidoirie que “rien n’a été trouvé” pour incriminer son client, bien qu’il ait été “le président le plus ciblé par des enquêtes dans l’histoire” du Brésil. Au total, 34 personnes ont été inculpées en février, dont plusieurs ex-ministres et des militaires de haut rang.- “Noyau crucial” -La journée de mardi a été consacrée à l’exposition des arguments de l’accusation et des avocats, avant que les magistrats ne rejettent une à une des contestations pour vice de forme de la part des avocats des inculpés.Cinq des onze juges de la Cour suprême doivent évaluer mercredi s’ils disposent d’éléments suffisants pour ouvrir un procès pénal contre Jair Bolsonaro et sept autres inculpés, tous soupçonnés d’avoir fait partie du “noyau crucial” du complot présumé.Les magistrats doivent voter tour à tour, exposant leurs arguments de façon détaillée. Le premier à se prononcer sera Alexandre de Moraes. Honni du camp Bolsonaro, ce puissant juge est en charge de plusieurs dossiers concernant l’ex-président. À ses côtés siègent aussi un ex-ministre de Lula, Flavio Dino, et l’ancien avocat de l’actuel chef de l’Etat, Cristiano Zanin.”L’arbitre a déjà sifflé avant même que le match ne commence”, a assuré Jair Bolsonaro sur la plateforme X.Selon le parquet, les velléités putschistes de ce dernier et de ses proches collaborateurs ont commencé à se manifester bien avant le scrutin d’octobre 2022, avec une tentative de jeter le discrédit sur le système d’urnes électroniques en vigueur au Brésil.Après l’échec de l’ex-président à se faire réélire, le plan présumé aurait prévu l’élaboration d’un décret prévoyant la convocation d’un nouveau scrutin, mais aussi l’assassinat de Lula, de son vice-président Geraldo Alckmin et du juge Moraes.Le coup d’Etat n’a finalement pas eu lieu, faute de soutien de membres du haut commandement militaire, selon le ministère public.- “Procès politique” -L’accusation s’appuie sur un rapport d’enquête de près de 900 pages de la police fédérale. Ce rapport mentionne également les émeutes du 8 janvier 2023 à Brasilia. Une semaine après l’investiture de Lula, des milliers de sympathisants bolsonaristes ont envahi et saccagé les bâtiments de la Cour suprême, du Parlement et du palais présidentiel.M. Bolsonaro, qui se trouvait aux Etats-Unis ce jour-là, balaie toutes les accusations qui pèsent contre lui et fustige un “procès politique”.Inéligible jusqu’en 2030 en raison de ses attaques sans preuves contre les urnes électroniques, Jair Bolsonaro espère encore voir cette sanction annulée ou réduite pour lui permettre d’être candidat en 2026.L’ex-président compare souvent sa situation à celle de Donald Trump, de retour à la Maison Blanche malgré ses démêlés avec la justice. Il espère que le président américain, “ami” et modèle politique, jouera de son “influence” en sa faveur.La prochaine présidentielle est également marquée par l’incertitude à gauche. Lula, dont la popularité est plombée par l’inflation, n’a pas levé le voile sur ses intentions.

Bolsonaro doit savoir mercredi s’il est renvoyé en procès pour projet de coup d’Etat

La Cour suprême brésilienne doit décider mercredi si elle ouvre un procès contre Jair Bolsonaro pour projet présumé de coup d’Etat, après une première journée de débats en présence de l’ex-président d’extrême droite, qui risque une lourde peine de prison.”Après l’analyse de toutes les questions préliminaires des défenses, les délibérations sont suspendues et reprendront demain, avec les votes” des cinq juges appelés à trancher sur l’avenir judiciaire de M. Bolsonaro, a déclaré le magistrat Cristiano Zanin, qui a présidé la séance de mardi.Au début de ces délibérations, retransmises en direct sur plusieurs chaînes d’informations, le procureur général de la République, Paulo Gonet, a accusé M. Bolsonaro, 70 ans, d’avoir été le “leader” d’une “organisation criminelle qui avait pour objectif de garantir qu’il se maintienne au pouvoir”.Et ce “quel que soit le résultat des élections de 2022″, qu’il a finalement perdues au second tour face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.À la surprise générale, l’ancien chef de l’Etat (2019-2022) a décidé d’assister en personne aux débats de la Cour suprême, s’asseyant au premier rang face aux magistrats.”Ils m’accusent d’un crime que je n’ai pas commis”, a déclaré dans un communiqué l’ex-président, qui encourt une peine cumulée pouvant dépasser les 40 ans de prison.Il s’est dit victime de la “plus grande persécution politico-judiciaire de l’histoire du Brésil” et espère encore se présenter à la présidentielle de 2026, malgré son inéligibilité actuelle.Son avocat Celso Vilardi a déclaré pour sa part mardi dans sa plaidoirie que “rien n’a été trouvé” pour incriminer son client, bien qu’il ait été “le président le plus ciblé par des enquêtes dans l’histoire” du Brésil. Au total, 34 personnes ont été inculpées en février, dont plusieurs ex-ministres et des militaires de haut rang.- “Noyau crucial” -La journée de mardi a été consacrée à l’exposition des arguments de l’accusation et des avocats, avant que les magistrats ne rejettent une à une des contestations pour vice de forme de la part des avocats des inculpés.Cinq des onze juges de la Cour suprême doivent évaluer mercredi s’ils disposent d’éléments suffisants pour ouvrir un procès pénal contre Jair Bolsonaro et sept autres inculpés, tous soupçonnés d’avoir fait partie du “noyau crucial” du complot présumé.Les magistrats doivent voter tour à tour, exposant leurs arguments de façon détaillée. Le premier à se prononcer sera Alexandre de Moraes. Honni du camp Bolsonaro, ce puissant juge est en charge de plusieurs dossiers concernant l’ex-président. À ses côtés siègent aussi un ex-ministre de Lula, Flavio Dino, et l’ancien avocat de l’actuel chef de l’Etat, Cristiano Zanin.”L’arbitre a déjà sifflé avant même que le match ne commence”, a assuré Jair Bolsonaro sur la plateforme X.Selon le parquet, les velléités putschistes de ce dernier et de ses proches collaborateurs ont commencé à se manifester bien avant le scrutin d’octobre 2022, avec une tentative de jeter le discrédit sur le système d’urnes électroniques en vigueur au Brésil.Après l’échec de l’ex-président à se faire réélire, le plan présumé aurait prévu l’élaboration d’un décret prévoyant la convocation d’un nouveau scrutin, mais aussi l’assassinat de Lula, de son vice-président Geraldo Alckmin et du juge Moraes.Le coup d’Etat n’a finalement pas eu lieu, faute de soutien de membres du haut commandement militaire, selon le ministère public.- “Procès politique” -L’accusation s’appuie sur un rapport d’enquête de près de 900 pages de la police fédérale. Ce rapport mentionne également les émeutes du 8 janvier 2023 à Brasilia. Une semaine après l’investiture de Lula, des milliers de sympathisants bolsonaristes ont envahi et saccagé les bâtiments de la Cour suprême, du Parlement et du palais présidentiel.M. Bolsonaro, qui se trouvait aux Etats-Unis ce jour-là, balaie toutes les accusations qui pèsent contre lui et fustige un “procès politique”.Inéligible jusqu’en 2030 en raison de ses attaques sans preuves contre les urnes électroniques, Jair Bolsonaro espère encore voir cette sanction annulée ou réduite pour lui permettre d’être candidat en 2026.L’ex-président compare souvent sa situation à celle de Donald Trump, de retour à la Maison Blanche malgré ses démêlés avec la justice. Il espère que le président américain, “ami” et modèle politique, jouera de son “influence” en sa faveur.La prochaine présidentielle est également marquée par l’incertitude à gauche. Lula, dont la popularité est plombée par l’inflation, n’a pas levé le voile sur ses intentions.

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La Cour suprême brésilienne doit décider mercredi si elle ouvre un procès contre Jair Bolsonaro pour projet présumé de coup d’Etat, après une première journée de débats en présence de l’ex-président d’extrême droite, qui risque une lourde peine de prison.”Après l’analyse de toutes les questions préliminaires des défenses, les délibérations sont suspendues et reprendront demain, avec …

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