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Venezuela: l’opposition réaffirme la souveraineté du pays sur la région disputée de l’Essequibo

Les dirigeants de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado et Edmundo Gonzalez Urrutia ont exprimé mardi leur engagement envers la “défense” de la souveraineté du Venezuela sur l’Essequibo, une région riche en pétrole que le pays réclame au Guyana voisin.Le gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a fait de l’Essequibo un thème récurrent de ses discours, a accusé à plusieurs reprises l’opposition de vouloir “livrer” la zone au Guyana, petit pays anglophone d’Amérique du Sud.”L’Essequibo appartient au Venezuela et nous le défendrons. Les droits du Venezuela sur le territoire de l’Essequibo sont incontestables, fondés sur des titres historiques et juridiques solides”, déclarent dans un communiqué commun la cheffe de l’opposition et le candidat à l’élection présidentielle de 2024 que l’opposition dit avoir remportée.”Nous voulons être clairs : nous nous opposons catégoriquement à toute option militaire pour résoudre cette affaire”, précisent les deux leaders.Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a la semaine dernière mis en garde le Venezuela contre toute “attaque” du Guyana.Le président Maduro avait réagi en traitant le responsable américain “d’imbécile”. Le Venezuela “ne tolérera pas les menaces d’un fonctionnaire ou d’un gouvernement étranger (…) nous répondrons avec fermeté et détermination”, avait déclaré le ministre de la défense Vladimir Padrino Lopez.Début mars, le Guyana a dénoncé une incursion dans ses eaux par un navire militaire vénézuélien, ce que le Venezuela a nié.  Le différend concernant l’Essequibo, territoire de 160.000 km² qui couvre les deux tiers de la superficie du Guyana, a été ravivé lorsque ExxonMobil a découvert d’immenses réserves de pétrole en 2015. Caracas a organisé un référendum sur l’Essequibo en 2023. Le gouvernement Maduro a également approuvé l’année dernière un projet de loi pour déclarer l’Essequibo 24e État du Venezuela et assure vouloir y faire élire un gouverneur lors des élections régionales en mai. Le parti de M. Maduro a annoncé lundi la candidature à ce poste d’un haut responsable militaire, l’amiral Neil Villamizar, ancien commandant de la marine.Caracas estime que l’accord de Genève signé en 1966 – avant l’indépendance du Guyana – jette les bases d’un règlement négocié hors de la Cour internationale de justice (CIJ) et soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777. Le Guyana assure de son côté que la frontière, datant de l’époque coloniale anglaise, a été entérinée en 1899 par une cour d’arbitrage à Paris. Et demande à la CIJ de le ratifier.Contrairement au pouvoir, l’opposition a demandé de défendre la position vénézuélienne devant la CIJ, jugeant que “ce processus exige une défense juridique et stratégique intégrale, avec la participation des meilleurs experts, sans manipulations politiques ni idéologiques”.

Au Groenland, des élections municipales à l’ombre des menaces de Trump

Les Groenlandais votaient mardi pour élire leurs conseils municipaux, un scrutin parasité par le souhait de Donald Trump d’annexer leur île, un territoire autonome danois.Trois semaines après des élections législatives marquées par une victoire du centre-droit et une poussée des indépendantistes, les électeurs de ce territoire de 57.000 habitants votent depuis 10H00 GMT au terme …

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Au Groenland, des élections municipales à l’ombre des menaces de Trump

Les Groenlandais votaient mardi pour élire leurs conseils municipaux, un scrutin parasité par le souhait de Donald Trump d’annexer leur île, un territoire autonome danois.Trois semaines après des élections législatives marquées par une victoire du centre-droit et une poussée des indépendantistes, les électeurs de ce territoire de 57.000 habitants votent depuis 10H00 GMT au terme d’une campagne essentiellement en ligne. Les résultats ne devraient pas être connus avant mercredi.Ces élections, dont la date avait été fixée au début de l’année, “ne concernent pas l’avenir du Groenland, le sujet c’est l’école et des questions locales”, rappelle la chercheuse Signe Ravn-Højgaard auprès de l’AFP.Mais elles “restent dans l’ombre des législatives” du 11 mars et au menu de la campagne “ont également figuré les thèmes de la santé, du logement, du développement du tourisme ou des activités minières”, note-t-elle.Avec en toile de fond les appétits américains pour le territoire.”Nous allons obtenir le Groenland. Oui, à 100%!”, a répété le président américain dimanche sur NBC News, à l’issue d’une semaine d’échanges tendus entre les dirigeants groenlandais, danois et américains.”Soyons clairs: les Etats-Unis n’obtiendront pas le Groenland. Nous n’appartenons à personne d’autre. Nous décidons de notre propre avenir”, a réagi sur Facebook le nouveau Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen.A Copenhague, le chef de la diplomatie danoise Lars Løkke Rasmussen a quant à lui critiqué le “ton employé” par les Américains après une virulente attaque du vice-président JD Vance sur la supposée inaction du Danemark dans cette île arctique.- Municipalités géantes -Les observateurs seront attentifs aux scores des deux partis arrivés en tête des législatives.Le premier, les Démocrates, que préside M. Nielsen, est à la tête d’une municipalité: celle d’Avannaata, dont le chef-lieu est Ilulissat, la capitale du tourisme groenlandais.Plus largement, “il va être intéressant de voir si les Démocrates profiteront de la vague de surprise et de succès qu’ils ont connue aux élections nationales”, juge Carina Ren, directrice du programme Arctique à l’Université d’Aalborg au Danemark.A suivre également, les résultats du parti indépendantiste Naleraq, arrivé deuxième aux législatives et désormais unique parti d’opposition à l’Inatsisartut, le Parlement groenlandais.”Nous verrons (quel sera) le rôle de Naleraq, par exemple comment sa position nationale se traduira dans le système municipal”, dit Mme Ren.Ce vaste territoire compte cinq municipalités. La plus grande, Sermersooq, 27.000 habitants, avec la capitale Nuuk comme chef-lieu, est avec ses quelque 532.000 km2 plus grande que l’Espagne et est “la plus grande du monde”, relève Mme Ravn-Højgaard, qui dirige le centre de réflexion Digital Infrastruktur à Nuuk. A l’extrême sud, la plus petite municipalité fait à peu près la même superficie que la Catalogne mais ne compte que 6.600 habitants.Avec les défis en matière de gestion municipale que cela implique. “Toutes les municipalités couvrent une vaste zone avec des populations dispersées”, souligne Mme Ravn-Højgaard.Dans ce contexte, la campagne s’est essentiellement faite sur les réseaux sociaux, où les services de renseignement danois (PET) avait noté avant les législatives une flambée d'”informations erronées ou décontextualisées”.”Dans les petites sociétés interconnectées, il suffit de peu de partages pour que presque tout le monde ait vu un message”, relève Mme Ravn-Højgaard.Mais le fait que “tout le monde est étroitement lié, en ligne et hors ligne”, permet aussi de limiter l’impact des fausses nouvelles, estime-t-elle.En 2021, près de 64% des électeurs s’étaient déplacés pour voter. Les bureaux de vote sont ouverts entre 09H00 et 20H00 locales (10H00 et 21H00 GMT).

Le texte intégrant le non-consentement à la définition pénale du viol bien engagé à l’Assemblée

Faut-il inscrire la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol? Les députés ont commencé mardi soir à examiner un texte à la portée symbolique forte, qui devrait être largement soutenu dans l’hémicycle malgré les longs débats qui ont entouré son élaboration.La mesure ne fait pas consensus chez les juristes et les associations féministes. Ses opposants craignent qu’inclure le non-consentement à la définition pénale du viol conduise à centrer l’enquête sur l’attitude de la victime. Ses défenseurs le contestent, arguant que cette modification permettrait d’inclure des situations mal couvertes aujourd’hui, comme l’état de sidération.Tout en envoyant un signal fort, quelques mois après le procès des viols de Mazan.”Le consentement est au coeur de notre combat contre les violences sexuelles. Il est une évidence qui aurait dû s’imposer depuis toujours”, a estimé en ouverture des débats la ministre chargée de l’Egalité femmes-hommes, Aurore Bergé.La proposition de loi transpartisane, portée par les députées macroniste Véronique Riotton et écologiste Marie-Charlotte Garin, est issue d’une mission d’information parlementaire de plusieurs mois et examinée mardi en première lecture.”Le consentement est partout dans la procédure judiciaire, mais il est absent de la loi française”, qui en l’état actuel, “ne permet pas suffisamment de sanctionner les agresseurs”, a argumenté Mme Riotton.- “Libre et éclairé” -La proposition de loi redéfinit l’article du code pénal portant sur l’ensemble des agressions sexuelles, dont le viol.Elle propose de les redéfinir comme “tout acte sexuel non consenti”. Le texte précise ce qu’est ou n’est pas le consentement, afin d’aiguiller les enquêteurs et les juges.”Le consentement est libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il est apprécié au regard des circonstances environnantes”, propose d’établir le texte. “Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime”, ajoute-t-il.Enfin, il précise qu'”il n’y a pas de consentement si l’acte à caractère sexuel est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise”, quatre modalités déjà présentes dans le code pénal.Les formulations ont été travaillées avec le Conseil d’Etat, et reprises par les deux co-rapporteures, qui ont modifié leur texte à l’occasion de l’examen en commission.Il y avait été adopté la semaine dernière sans vote contre, mais avec des abstentions, notamment du Rassemblement national.Le groupe socialiste, divisé, a opté pour une liberté de vote mardi.- “Changement de mentalité” -Dans son avis rendu début mars, le Conseil d’Etat a estimé que “le principal apport de la proposition de loi” serait de “consolider (…) les avancées de la jurisprudence”, qui considère déjà le défaut de consentement “comme un élément clé”.Mais selon la députée PS Céline Thiébault-Martinez, “personne ne peut dire que cette proposition de loi aura l’effet attendu, à savoir une meilleure reconnaissance des victimes”.Elle redoute que l’initiative ne “pénalise encore plus les victimes, qui vont se retrouver face à des policiers ou des gendarmes qui les interrogerons d’abord et avant tout sur leur consentement”.Un argument balayé par Mme Garin, pour qui l’introduction du consentement dans la loi “n’a jamais” mis la victime “au cÅ“ur des audiences”, dans les pays qui l’ont fait, citant l’Espagne, la Suède ou le Danemark.”Demain, ce sera l’auteur qui devra démontrer par des actes positifs qu’il s’est assuré du consentement, et l’enquête devra porter sur ce qu’il a compris, ce qu’il a perçu, ce qu’il a fait pour s’assurer de l’accord de l’autre”, a abondé mardi le ministre de la Justice Gérald Darmanin.Sans toutefois que le texte n’impose “d’obligation de preuve positive comme on signerait un contrat”, a-t-il ajouté.Près de l’Assemblée, quelques dizaines de femmes se sont rassemblées dans l’après-midi à l’appel de mouvements féministes. Il est “important de montrer qu’une partie des féministes est avec les parlementaires”, a estimé Sarah Durocher, présidente du Planning familial. “L’écriture du texte nous convient” et reflète “un changement de mentalité”, a-t-elle ajouté.Avant ce texte, une résolution non-contraignante visant “à mettre fin à la culpabilisation des victimes de violences physiques et sexuelles” a été adoptée à l’unanimité par les députés. Elle invite notamment le gouvernement “à réaffirmer l’obligation d’enregistrer l’intégralité des plaintes”.

Jugée pour meurtre, une ex-employée de crèche reconnaît avoir donné du Destop à un bébé

“Je reconnais les faits mais ce n’était pas volontaire”: une ancienne employée de crèche a reconnu mardi, à l’ouverture de son procès à Lyon, avoir administré du Destop à une fillette dont elle avait la garde, tout en niant avoir voulu la tuer.Myriam Jaouen, 30 ans, est accusée du meurtre de la petite Lisa, onze mois, qui a succombé en 2022 à cause des graves lésions causées par ce produit caustique.La jeune femme, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, ne conteste pas les faits. Mais “je n’ai pas donné la mort volontairement”, a-t-elle martelé devant la cour d’assises du Rhône, qui rendra son verdict jeudi.En garde à vue, après de premières dénégations, elle avait déjà admis son geste, disant avoir agi parce qu’elle était “excédée par les pleurs” de la fillette. “Son idée, c’était de la faire taire”, rappelle, à la barre des témoins, l’enquêtrice qui a mené l’audition.”J’ai toujours aimé les enfants”, assure pourtant Myriam Jaouen, quand le président de la cour l’interroge sur son choix d’un CAP petite enfance. “J’aimais bien les voir évoluer…”Lors de l’enquête, des parents ont plutôt décrit une jeune femme ayant des difficultés à communiquer, “parfois dépassée” ou “un peu sèche”, “peu à l’aise avec les enfants”, relate l’un des enquêteurs. “Elle ne savait pas faire”, estime une de ses anciennes collègues qui avait signalé une possible erreur de recrutement auprès de la directrice. Elle n’avait toutefois jamais constaté de maltraitance.- “Un graal” -Appelé à témoigner, son père assure que Myriam Jaouen n’a “pas confiance en elle” et “tout le temps la peur d’être dénigrée”. “Le moindre accroc à la routine, ça la panique”, dit-il.Le 22 juin 2022, la jeune employée était seule à l’ouverture de la micro-crèche lyonnaise “Danton rêve” du groupe People & Baby, où elle travaille depuis trois mois. Un CDI vécu comme un “graal” par Myriam Jaouen et sa famille, après un parcours scolaire difficile, pénalisée notamment par une surdité partielle liée à des otites à répétition. Ce matin-là, elle regarde des styles de coiffure sur son téléphone pendant que le père de Lisa dépose sa fille.Ensuite, “ça se joue à quelques minutes”, souligne la policière en charge de l’enquête de flagrance: le père de la fillette quitte la crèche à 7H59 et à 8H07, Myriam Jaouen fait une première recherche Google sur son téléphone : “Que faire quand un enfant a mangé déboucheur toilette ?”.Vers 8H10, deux mamans arrivent, et tombent sur la jeune employée paniquée, et l’enfant en train de vomir. L’une d’elles appelle les secours. “Un appel glaçant (…) où on entend très distinctement les cris de l’enfant”, explique à la barre l’enquêteur de la police judiciaire qui a pris le relais des investigations. Inconsciente à l’arrivée des pompiers, l’enfant décède à l’hôpital.- “Deux enjeux” -Myriam Jaouen est interpellée vers 17h30, à la sortie d’un parc. Entre-temps, elle a fait du shopping dans un centre commercial.Lors de l’enquête, elle a affirmé qu’elle ne savait pas que le Destop était un produit caustique ou encore avoir effectué un geste très rapide. Mais, au vu des lésions importantes, la quantité avalée “était forcément plus importante qu’une ingestion accidentelle”, a estimé une des médecins ayant soigné l’enfant à l’hôpital.L’accusée sera interrogée sur les faits mercredi, avant le réquisitoire et les plaidoiries jeudi.Le drame a participé à la prise de conscience sur les dysfonctionnements des crèches privées, et notamment dans les micro-crèches qui accueillent au maximum 12 enfants et profitent d’un système dérogatoire.Les “deux enjeux” du dossier sont la responsabilité de l’accusée et “la législation sur l’encadrement des micro-crèches”, estime ainsi Me Jean Sannier, conseil de l’association Innocence en danger, constituée partie civile tout comme l’association L’Enfant Bleu – Enfance maltraitée, outre les parents et plusieurs membres de la famille de Lisa.Ces derniers n’ont pas souhaité s’exprimer à ce stade d’un procès qui s’annonce éprouvant. La mère a ainsi quitté la salle d’audience temporairement au moment du témoignage sur les efforts de réanimation de sa fille.

Jugement Le Pen: le RN attaque les juges, décision en appel envisagée pour “l’été 2026”

Le Rassemblement national a violemment riposté mardi au jugement choc qui empêche, à ce stade, Marine Le Pen de candidater pour 2027 et dénoncé une “tyrannie des juges”. La justice a de son côté annoncé qu’une décision en appel devrait être rendue à “l’été 2026”, donc bien avant la présidentielle.François Bayrou, qui s’était dit “troublé” par le jugement, selon son entourage, ce qui avait suscité des critiques notamment du PS, a assuré devant les députés que le gouvernement n’avait “pas le droit” de “critiquer” une décision de justice.Mais il a fait part de ses “interrogations” sur l’application immédiate de l’inéligibilité, considérant qu’une “réflexion” doit être conduite par les parlementaires. “La loi à partir de laquelle les juges ont pris leur décision a été votée par le Parlement” et “c’est le Parlement qui décidera si oui ou non, il convient de toucher à l’écriture de la loi”.Devant les députés RN, Marine Le Pen a, elle, accusé “le système” d’avoir, avec le jugement de la veille, “sorti la bombe nucléaire”. “S’il utilise une arme aussi puissante contre nous, c’est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner des élections”, a-t-elle affirmé lors d’une réunion de groupe ouverte de manière inédite à la presse.”Ne vous laissez pas intimider (…) On sera là jusqu’à la victoire”, a-t-elle lancé, très combative, à ses troupes qui l’ont ovationnée, dénonçant “l’ingérence des magistrats dans l’élection présidentielle”.”Tout sera fait pour nous empêcher d’arriver au pouvoir”, avait accusé plus tôt le président du parti lepéniste Jordan Bardella, établissant un parallèle entre “le climat” en France et la Roumanie, où un candidat d’extrême droite prorusse a été privé d’une victoire potentielle par l’annulation de l’élection présidentielle fin 2024.- “Procès équitable” -Tout en “condamnant les menaces” à leur égard, il a dénoncé “la tyrannie des juges”, qualifiés de “rouges” car “on a le sentiment que ça se tourne souvent contre un camp politique”, en référence aux affaires Fillon et Sarkozy.Ces violentes critiques du RN ont poussé l’un des deux plus hauts magistrats de France, le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, à dénoncer des propos “inacceptables” et à défendre une justice qui “n’est pas politique”.”La décision a été rendue au terme d’un procès équitable, à la suite d’un débat contradictoire qui a duré deux mois, une instruction qui a duré des années”, a réagi le magistrat.- Meeting du RN -Le RN refuse “de passer à autre chose” et va organiser dimanche à Paris “un meeting de soutien” à Marine Le Pen, dans le cadre de la “mobilisation populaire et pacifique” lancée par le parti après sa condamnation. Une invitation d’alliés européens est en réflexion au sein du parti.Le parti d’extrême droite revendique “300.000 signatures pour la pétition de soutien à Marine Le Pen en 24 heures”, ainsi que “10.000 nouvelles adhésions au RN”, des chiffres que l’AFP n’était pas en mesure de vérifier.Dauphin sur le papier, Jordan Bardella a juré de sa “loyauté” envers la triple candidate à la présidentielle.Marine Le Pen a martelé lundi son intention de “ne pas se laisser éliminer” et réclamé un procès en appel rapide. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a souhaité qu’il se tienne dans le délai “le plus raisonnable possible”. Et dès mardi soir, la cour d’appel de Paris a annoncé son intention d'”examiner ce dossier dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026″.Mais c’est sans garantie que la cour d’appel rende une décision différente de celle du tribunal. Marine Le Pen a également été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique (elle n’ira pas en prison), et à une amende de 100.000 euros. Il a considéré qu’il y avait bien eu un “système” entre 2004 et 2016 pour faire faire des “économies” au parti en payant avec l’argent du Parlement européen des assistants d’eurodéputés travaillant pour le parti. Le préjudice total est évalué à 4,1 millions d’euros.- Soutiens à l’étranger -Le jugement a été critiqué à l’étranger par ce que le président Emmanuel Macron avait qualifié “d’internationale réactionnaire”.Après le Kremlin, le Hongrois Viktor Orban ou encore l’ex-président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro, Marine Le Pen a reçu le soutien de l’Italienne Giorgia Meloni, du milliardaire Elon Musk et de Donald Trump, qui a comparé la condamnation de Marine Le Pen à ses propres déboires judiciaires.Le jugement a aussi divisé la classe politique française. Pour Jean-Luc Mélenchon (LFI), “la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple”. Laurent Wauquiez (LR) a regretté un fait “pas très sain dans une démocratie”.”Mettre en scène une opposition entre le peuple et la justice, c’est emprunter une voie sans issue qui nous conduit hors de l’état de droit, hors de la démocratie, hors de la République”, a mis en garde Boris Vallaud, chef de file des députés socialistes.sac-far-lum-are-fff/cbn

L’Assemblée nationale approuve largement un texte pour lutter contre le narcotrafic

L’Assemblée nationale a très largement adopté mardi en première lecture une proposition de loi sénatoriale pour “sortir la France du piège du narcotrafic”, un texte clé de la politique de sécurité du gouvernement qui a suscité de vifs débats.Le texte a été approuvé par 436 voix contre 75. La coalition gouvernementale et le Rassemblement national ont voté pour, tandis que la gauche s’est divisée: le Parti socialiste a voté pour, La France insoumise contre, tandis que les députés écologistes et communistes se sont majoritairement abstenus.Le texte doit être adopté définitivement les 28 et 29 avril au Sénat et à l’Assemblée, après une commission mixte paritaire permettant d’accorder les points de vue des deux chambres.Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est félicité de l’adoption d’un texte qui “fera date”, en permettant “enfin” aux forces de sécurité de “lutter à armes égales contre un fléau qui est en train de ravager l’ensemble du pays”, grâce à la création d’une “chaîne judiciaire spécialisée”, d’un “vrai état-major interministériel” et à “de nouveau moyens en termes de renseignement et (…) d’enquête”.Seul regret pour M. Retailleau: le rejet par les députés d’une mesure entendant contraindre les plateformes de messagerie chiffrée (Signal, WhatsApp) à communiquer les correspondances des trafiquants aux enquêteurs. Mais il n’entend pas y renoncer: “nous devrons, à un moment ou un autre, définir des procédures respectueuses évidemment de nos libertés publiques”, a-t-il dit.Adoptée à l’unanimité le 4 février au Sénat, la proposition de loi des sénateurs Étienne Blanc (Les Républicains) et Jérôme Durain (PS) a suscité des débats longs et passionnés à l’Assemblée, conduisant au report d’une semaine du vote solennel.Si l’ensemble des groupes se sont accordés sur ses objectifs, ils se sont souvent affrontés sur l’impact des mesures envisagées sur les libertés publiques et les droits de la défense, et sur leur efficacité.- Quartiers de haute sécurité -Particulièrement dans le viseur des groupes de gauche: l’introduction dans le texte, au stade de son examen en commission à l’Assemblée, d’un nouveau régime carcéral d’isolement pour les gros trafiquants, défendu par le garde des Sceaux Gérald Darmanin.Plusieurs dispositions qui avaient été supprimées par les députés en commission ont finalement été approuvées en séance: ainsi de l’emblématique “dossier coffre” ou “procès-verbal distinct”, destiné à protéger les enquêteurs, mais jugé par les avocats pénalistes et la gauche attentatoire aux droits de la défense. Également rétablies en séance, grâce au soutien du RN à une coalition gouvernementale aux rangs clairsemés: la possibilité de prolonger jusqu’à 120 heures la garde à vue des “mules”, ou celle d’activer à distance des objets connectés pour espionner des suspects à leur insu.D’autres mesures ont divisé l’hémicycle avant d’être adoptées, comme le recours, dans le cadre d’une expérimentation, au renseignement algorithmique pour détecter des menaces liées à la criminalité organisée; la possibilité donnée aux préfets de prononcer des “interdictions de paraître” sur les points de deal pour les personnes y participant, ou de fermer des commerces sur de simples soupçons de blanchiment; ou encore la généralisation de la visioconférence pour la comparution des gros trafiquants.Cheffe de file de son groupe sur le texte, la députée communiste Elsa Faucillon a regretté mardi une forme de “surenchère” dans les débats, faisant part de son “impression que les agendas politiques et personnels des ministres ont primé sur la recherche du consensus”.”Face à un bloc central absent en commission, en séance et dans les débats, nos propositions d’ajustement n’ont malheureusement jamais été entendues”, a de son côté déploré la socialiste Colette Capdevielle, pointant des mesures qui “paraissent inconstitutionnelles”, notamment s’agissant du nouveau régime carcéral d’isolement.Les députés LFI ont d’ores et déjà annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel.

Le monde cherche la parade face aux nouveaux droits de douane de Trump

Riposter au risque de braquer l’impulsif président américain? Tenter de l’amadouer en faisant déjà des concessions? Les partenaires commerciaux des Etats-Unis se préparent tant bien que mal avant l’annonce attendue mercredi de nouveaux droits de douane par Donald Trump.”Demain, c’en sera fini de dépouiller l’Amérique”, a dit mardi sa porte-parole Karoline Leavitt, indiquant que les nouvelles taxes devraient entrer en vigueur “immédiatement”.”Personne ne sait ce qui va se passer”, témoigne Carrie McEachran, dirigeante de la Chambre de commerce de Sarnia Lambton, à la frontière entre le Canada et les Etats-Unis, “c’est difficile de préparer un plan concret.”Le nouveau Premier ministre Mark Carney a dit que le Canada serait “très réfléchi” quand il s’agira de répliquer aux “mesures injustifiées du gouvernement américain”.Les mesures en question doivent être exposées mercredi, jour selon Donald Trump de la “libération” de l’Amérique, pendant une cérémonie à 16h00 locale (20h00 GMT) à la Maison Blanche. C’est-à-dire juste après la fermeture de la Bourse de New York, qui a déjà commencé à tanguer comme d’autres places à travers le monde.En attendant, l’imprévisible président américain entretient l’incertitude sur l’ampleur de son offensive protectionniste.Lundi, il a promis d’être “gentil” au moment de mettre en place ses droits de douane “réciproques”, dont le montant, la portée ou la durée n’ont jusqu’ici pas filtré.- Equilibrisme -Les Bourses asiatiques et européennes, qui avaient nettement reculé lundi, ont un peu rebondi mardi. Wall Street a ouvert en baisse.Les partenaires commerciaux des Etats-Unis ont engagé un périlleux exercice d’équilibrisme diplomatique, mêlant promesse de fermeté, ouverture au dialogue, tentatives d’apaisement et rapprochements stratégiques.Donald Trump est “toujours prêt à répondre au téléphone, toujours prêt à mener une bonne négociation mais il veut vraiment redresser les torts du passé”, a assuré sa porte-parole.”Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles”, mais “nous disposons d’un plan solide pour le faire si nécessaire”, a prévenu la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen.”Nos contre-mesures ont été évaluées et analysées: par exemple, comment nous réagirions à un droit de douane de 10% ou comment nous réagirions à taux de 25%”, a résumé le ministre taïwanais des Affaires économiques Kuo Jyh-huei. Certains espèrent un traitement indulgent, comme le Vietnam qui a annoncé réduire ses droits de douane sur une série de biens.Londres travaille aussi “d’arrache-pied” pour arriver à un accord commercial bilatéral avec Washington, permettant d’éviter un matraquage douanier, “mais il est probable qu’il y aura des droits de douane”, a dit mardi le Premier ministre britannique Keir Starmer.- Baguette magique -Le républicain ne peut se permettre une reculade complète. Il a vendu les droits de douane comme une sorte de baguette magique, capable à la fois de réindustrialiser l’Amérique, de rééquilibrer la balance commerciale et d’éponger le déficit budgétaire.Les analystes de Goldman Sachs ont eux exposé, dans une note, les dangers économiques liés à une avalanche de droits de douane, qui aurait le même impact négatif qu’une hausse d’impôts sur la consommation et le pouvoir d’achat des ménages.Les assauts de Washington contre le libre-échange poussent aussi les Etats à réaliser des rapprochements stratégiques. Pendant le week-end, Pékin, Tokyo et Séoul ont annoncé vouloir “accélérer” leurs négociations en vue d’un accord de libre-échange. Des responsables européens ont de leur côté souhaité un renforcement des liens UE-Canada.Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a déjà augmenté les droits de douane sur les produits venant de Chine, une partie de ceux en provenance des voisins mexicain et canadien, de même que l’acier et l’aluminium, quelle que soit leur origine.Jeudi, à 04H01 GMT, Washington prévoit également d’imposer 25% de taxes additionnelles sur les voitures fabriquées à l’étranger, ainsi que les pièces détachées.