Nouvelle marche à Caracas de partisans de Maduro, une semaine après sa capture par les Etats-Unis

Les sympathisants du président déchu Nicolas Maduro doivent défiler à nouveau samedi dans les rues de Caracas, une semaine après sa capture par les Etats-Unis qui entendent exercer une tutelle sur le pays et son pétrole.Accusés notamment de trafic de drogue, Nicolas Maduro et la Première dame Cilia Flores, qui ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi devant la justice américaine à New York, sont incarcérés depuis aux Etats-Unis.Dans la foulée de sa chute surprise, l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim. Parmi les premiers changements depuis son accession au pouvoir, elle a nommé mardi un ex-directeur de la banque centrale vénézuélienne comme vice-président chargé de l’économie, poste qui constitue une priorité pour son administration.Son gouvernement a également “décidé d’entamer un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019. Des diplomates américains se sont rendus vendredi à Caracas, et “l’administration Trump reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, indique samedi un responsable du Département d’Etat. Donald Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington exclut pour l’instant d’organiser des élections, préférant traiter avec Delcy Rodriguez, à laquelle la Maison Blanche entend “dicter” toutes ses décisions. Elle a rétorqué que son pays n’est ni “subordonné, ni soumis” à Washington. Moins d’une vingtaine de libérationsLa libération de prisonniers politiques est par ailleurs “un geste très important et intelligent” de Caracas a estimé Donald Trump, en référence à l’annonce jeudi par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez, de la libération de “nombreux prisonniers”. Depuis, des dizaines de familles d’opposants ou militants vivent dans l’angoisse et l’espoir de retrouver leurs proches. Pour la seconde nuit consécutive, certains sont restés devant des prisons sur des matelas ou à même le sol. “C’est inhumain, ce qu’ils nous infligent, c’est se moquer de nous. C’est comme s’ils voulaient faire du mal jusqu’au bout”, se désole auprès de l’AFP la mère d’un détenu qui souhaite garder l’anonymat par crainte de représailles. Elle attend des nouvelles de son fils depuis les abords du centre pénitentiaire de Rodeo I, à l’est de Caracas.”Nous sommes inquiets, très angoissés, très anxieux”, témoigne pour sa part Hiowanka Ávila, 39 ans. Son frère est détenu, condamné pour attaque de drone sur Nicolas Maduro. “Aujourd’hui nous allons rester parce que nous ne savons pas ce qui peut se passer, nous savons qu’ils ont libéré” des prisonniers “de nuit”.L’ONG Foro Penal fait état de 11 libérations depuis jeudi, dont celle d’Antonio Gerardo Buzzetta Pacheco, un binational italien-vénézuélien. La principale coalition d’opposition, Plataforma Unitaria, évoque elle le nombre de 17, sur un total de détenus qui oscille entre 800 et 1.200 selon les estimations d’ONG et d’organisations.Dans un message sur X, Plataforma Unitaria exique “que s’accélère le processus de libération pour que cesse la souffrance” des prisonniers et leurs familles.- “Avec nous” -Depuis son opération militaire sur le sol vénézuélien, qui a fait au moins 100 morts dont des militaires vénézuéliens et cubains, le gouvernement américain continue son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième ces dernières semaines.Le président des Etats-Unis a réuni à la Maison Blanche les grands groupes pétroliers pour les pousser à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l’Arabie saoudite (267 milliards) et l’Iran.- “Agir ensemble” -En parallèle du dossier du pétrole vénézuélien, Donald Trump dit aussi vouloir s’en prendre au narcotrafic. Après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, faisant plus de 100 morts, les Etats-Unis vont mener “des frappes au sol” contre les cartels, menace-t-il.Le chef d’Etat colombien Gustavo Petro a sur ce sujet invité Mme Rodriguez “à agir ensemble” contre le narcotrafic, arguant que ce sujet était devenu “l’excuse parfaite” pour justifier une “agression” contre les pays d’Amérique latine.De puissantes guérillas financées par le trafic de cocaïne opèrent le long de la poreuse frontière de plus de 2.200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela.