Une tempête hivernale majeure s’apprête vendredi à frapper les Etats-Unis et pourrait causer des “accumulations de glace catastrophiques”, des “températures glaciales” et toucher au moins 160 millions de personnes à travers le pays, selon les services météo.La tempête, qui doit balayer à partir de vendredi soir les Grandes plaines du centre et se déplacer jusqu’à lundi vers les métropoles de la côte est, devrait produire des quantités considérables de neige, ainsi que du grésil et des pluies verglaçantes.Elle risque de provoquer “des conditions de conduite dangereuses, des coupures de courant, et des dégâts sur les arbres”, prédisent les services météo nationaux (NWS).Pour le météorologue Ryan Maue, “les dix prochains jours d’hiver seront les pires depuis 40 ans à travers les Etats-Unis”.”Réfléchissez à là où vous pouvez aller, à ce que vous pouvez faire, et à ceux qui ont besoin d’être aidés encore plus pour survivre durant la semaine à venir. Ce n’est pas une exagération ou une blague”, a lancé l’expert sur X.Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi avoir été “informé sur la vague de froid record et la tempête hivernale historique qui vont frapper une grande partie des États-Unis ce week-end”, dans un message publié sur sa plateforme Truth Social. “L’administration Trump coordonne ses efforts avec les autorités locales et régionales. La FEMA (l’agence américaine de gestion des catastrophes naturelles) est prête à intervenir”, a-t-il ajouté. Au Texas, beaucoup se rappellent la tempête hivernale de 2021, lorsqu’une panne généralisée sur le réseau électrique de cet Etat du sud avait laissé des millions de foyers sans courant et fait plus de 200 morts.”Cette fois-ci, j’ai un générateur, et je suis prêt”, a déclaré à l’AFP Clinton Moore, rencontré près de Houston. “Je ne pense pas que ça sera pire qu’il y a cinq ans. Ça ne peut pas l’être.”Le réseau électrique de l’Etat “n’a jamais été aussi robuste, jamais aussi préparé, et est complètement capable de tenir face à cette tempête hivernale”, a assuré jeudi le gouverneur Greg Abbott.Les conditions pourraient en revanche être plus dangereuses dans le nord-est des Etats-Unis, où l’accumulation de glace sur les arbres pourrait entraîner des chutes de branches sur les lignes électriques.Plus de 7.000 vols domestiques et internationaux prévus de vendredi à dimanche aux Etats-Unis ont été annulés, selon le site spécialisé FlightAware.- Vortex polaire -Les autorités locales ont encouragé les habitants à stocker nourriture et médicaments.Dans la région de Washington, plusieurs supermarchés présentaient des étalages dégarnis vendredi, à l’approche des intempéries.”Il va y avoir une tempête violente comme peu d’habitants de Houston en ont connu”, a averti John Whitmire, le maire de cette grande ville du Texas. “Tout le monde est le bienvenu dans nos abris. Nous ne demanderons à personne ses papiers”, a-t-il ajouté vendredi lors d’une conférence de presse, en référence aux opérations de la police de l’immigration à travers le pays.Des centres d’accueil, notamment pour les sans-abris, seront ouverts à Houston à partir de samedi après-midi. Donald Trump a profité de la météo pour exprimer de nouveau son scepticisme sur l’existence du changement climatique.”Est-ce que les insurgés de l’environnement pourraient m’expliquer s’il vous plaît: QU’EST CE QUI EST ARRIVE AU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE?”, a lancé le président américain sur sa plateforme Truth social.Le rapport entre le changement climatique et les tempêtes hivernales de ce type, quand l’air arctique d’ordinaire confiné au pôle Nord s’échappe vers le continent nord-américain, fait l’objet de débats au sein de la communauté scientifique.Les chercheurs relèvent que les perturbations du vortex polaire, qui envoient ces masses d’air arctique vers les Etats-Unis, deviennent plus fréquentes depuis 20 ans. Cela pourrait être dû au réchauffement relativement rapide de l’Arctique, qui affaiblit la ceinture de vents isolant habituellement l’atmosphère au-dessus de cette zone polaire de l’Amérique du Nord. Mais les scientifiques attendent d’avoir davantage de données, sur une plus longue période, pour établir fermement un lien entre ces tempêtes hivernales extrêmes et le dérèglement climatique.
