A 50 ans, la députée Sandrine Josso est devenue “malgré elle” la porte-voix politique de la lutte contre la soumission chimique, une “mission” qu’elle entend bien poursuivre au nom de toutes les “victimes silenciées”. A quelques jours de l’ouverture du procès, lundi, de l’ancien sénateur Joël Guerriau, accusé de l’avoir droguée en vue de l’agresser sexuellement en novembre 2023, l’élue MoDem de Loire-Atlantique se dit “ravagée à l’intérieur” mais “déterminée”.”Depuis cette histoire, j’ai des problèmes de santé, notamment de dos et de dents, parce que je suis tout le temps contractée et crispée, tout le temps sur le qui-vive”, déclare-t-elle à l’AFP. “Je me serais bien passée de tout ça. Mais je prends ça comme une mission, je me dis +si ça m’est arrivé et que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose+”.En novembre 2023, sa plainte contre son collègue parlementaire, qui a toujours nié avoir agi volontairement, invoquant une “erreur de manipulation” de la MDMA ce soir-là, fait l’effet d’une déflagration. Son récit braque les projecteurs sur la soumission chimique, phénomène jusque-là cantonné dans l’imaginaire collectif à l’espace festif, loin des couloirs feutrés du Parlement.Elle aussi tombe des nues – “c’était une telle trahison de la part d’une personne que je connaissais depuis 10 ans” – et découvre alors “la réalité des victimes de soumission chimique, les problèmes d’accès aux preuves, les problèmes d’empathie, le manque de connaissance sur ce sujet dans la société”.Quelques semaines après sa plainte, elle devient marraine de l’association M’endors pas, cofondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, droguée et livrée par son époux à des dizaines d’inconnus pendant près de 10 ans. Elle se voit parallèlement confier par Gabriel Attal, alors Premier ministre, une mission sur “la soumission chimique comme forme de violence faite aux femmes”. Mission qui débouchera fin 2025 sur un rapport coécrit avec la sénatrice socialiste Véronique Guillotin et exhortant l’exécutif à passer à la vitesse supérieure. “En brisant le silence”, Sandrine Josso a “permis de faire de ce fléau un combat politique”, estime la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes hommes, Aurore Bergé, saluant un “courage et un engagement sans limite”. – “Money time” -Mère de trois enfants, nutritionniste de formation, Sandrine Josso n’en est pas à son premier “combat”. En 2012, lorsque les médecins détectent une leucémie chez sa fille de 4 ans, elle promet à cette dernière qu’elle ira porter la voix des victimes de cancers pédiatriques au Parlement.Cinq ans plus tard, en 2017, elle est élue députée sous les couleurs de la République en marche, face au candidat LR, l’ancien directeur de communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier.En revanche, elle ne parvient pas à être élue maire de la Baule lors des élections municipales de 2020, scrutin pour lequel elle sera par ailleurs condamnée à un an d’inéligibilité pour avoir tardé à rendre ses comptes de campagne.A l’Assemblée, elle “tien(t) parole” et devient notamment rapporteuse d’une commission d’enquête sur les politiques de santé environnementale, dont un volet insiste sur l’importance d’agir contre les cancers pédiatriques.Ses autres combats, menés depuis 2021 sous les couleurs du MoDem, seront au service des droits des femmes. Sa proposition de loi visant à mieux prendre en charge les femmes après une fausse couche est adoptée en 2023, tout comme deux ans plus tard son amendement sur le contrôle coercitif. “Même si on me dit que je suis devenue +Madame sujet politique sociétale+, en réalité c’est arrivé malgré moi, mais ça me va bien parce qu’il y a énormément d’attentes là-dessus”, déclare-t-elle. “Il y a encore trop de victimes de violences sexuelles qui sont silenciées dans ce pays”, déplore la députée. “Tout ce que j’ai vu me fait dire qu’on n’a aucunement une politique d’État à la hauteur. Le procès Mazan, ce qui s’est passé quand moi j’ai lancé l’alerte, c’était le money-time (moment décisif au basket, ndlr) et en fait rien ne se passe”.
A 50 ans, la députée Sandrine Josso est devenue “malgré elle” la porte-voix politique de la lutte contre la soumission chimique, une “mission” qu’elle entend bien poursuivre au nom de toutes les “victimes silenciées”. A quelques jours de l’ouverture du procès, lundi, de l’ancien sénateur Joël Guerriau, accusé de l’avoir droguée en vue de l’agresser sexuellement en novembre 2023, l’élue MoDem de Loire-Atlantique se dit “ravagée à l’intérieur” mais “déterminée”.”Depuis cette histoire, j’ai des problèmes de santé, notamment de dos et de dents, parce que je suis tout le temps contractée et crispée, tout le temps sur le qui-vive”, déclare-t-elle à l’AFP. “Je me serais bien passée de tout ça. Mais je prends ça comme une mission, je me dis +si ça m’est arrivé et que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose+”.En novembre 2023, sa plainte contre son collègue parlementaire, qui a toujours nié avoir agi volontairement, invoquant une “erreur de manipulation” de la MDMA ce soir-là, fait l’effet d’une déflagration. Son récit braque les projecteurs sur la soumission chimique, phénomène jusque-là cantonné dans l’imaginaire collectif à l’espace festif, loin des couloirs feutrés du Parlement.Elle aussi tombe des nues – “c’était une telle trahison de la part d’une personne que je connaissais depuis 10 ans” – et découvre alors “la réalité des victimes de soumission chimique, les problèmes d’accès aux preuves, les problèmes d’empathie, le manque de connaissance sur ce sujet dans la société”.Quelques semaines après sa plainte, elle devient marraine de l’association M’endors pas, cofondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, droguée et livrée par son époux à des dizaines d’inconnus pendant près de 10 ans. Elle se voit parallèlement confier par Gabriel Attal, alors Premier ministre, une mission sur “la soumission chimique comme forme de violence faite aux femmes”. Mission qui débouchera fin 2025 sur un rapport coécrit avec la sénatrice socialiste Véronique Guillotin et exhortant l’exécutif à passer à la vitesse supérieure. “En brisant le silence”, Sandrine Josso a “permis de faire de ce fléau un combat politique”, estime la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes hommes, Aurore Bergé, saluant un “courage et un engagement sans limite”. – “Money time” -Mère de trois enfants, nutritionniste de formation, Sandrine Josso n’en est pas à son premier “combat”. En 2012, lorsque les médecins détectent une leucémie chez sa fille de 4 ans, elle promet à cette dernière qu’elle ira porter la voix des victimes de cancers pédiatriques au Parlement.Cinq ans plus tard, en 2017, elle est élue députée sous les couleurs de la République en marche, face au candidat LR, l’ancien directeur de communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier.En revanche, elle ne parvient pas à être élue maire de la Baule lors des élections municipales de 2020, scrutin pour lequel elle sera par ailleurs condamnée à un an d’inéligibilité pour avoir tardé à rendre ses comptes de campagne.A l’Assemblée, elle “tien(t) parole” et devient notamment rapporteuse d’une commission d’enquête sur les politiques de santé environnementale, dont un volet insiste sur l’importance d’agir contre les cancers pédiatriques.Ses autres combats, menés depuis 2021 sous les couleurs du MoDem, seront au service des droits des femmes. Sa proposition de loi visant à mieux prendre en charge les femmes après une fausse couche est adoptée en 2023, tout comme deux ans plus tard son amendement sur le contrôle coercitif. “Même si on me dit que je suis devenue +Madame sujet politique sociétale+, en réalité c’est arrivé malgré moi, mais ça me va bien parce qu’il y a énormément d’attentes là-dessus”, déclare-t-elle. “Il y a encore trop de victimes de violences sexuelles qui sont silenciées dans ce pays”, déplore la députée. “Tout ce que j’ai vu me fait dire qu’on n’a aucunement une politique d’État à la hauteur. Le procès Mazan, ce qui s’est passé quand moi j’ai lancé l’alerte, c’était le money-time (moment décisif au basket, ndlr) et en fait rien ne se passe”.
