Volodymyr Zelensky a appelé lundi à une “paix réelle et durable” en 2025 en accueillant à Kiev un sommet avec des dirigeants étrangers à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine.Cet anniversaire intervient en plein revirement américain, les Etats-Unis de Donald Trump négociant directement avec la Russie et se montrant très critiques du président ukrainien, lui faisant porter faussement la responsabilité de l’invasion. La Russie, qui occupe 20% du territoire ukrainien, a de son côté déclaré qu’elle ne cesserait les combats que lorsqu’elle aurait obtenu ce qu’elle veut des négociations sur la fin de la guerre. Moscou accuse les Européens de chercher à poursuivre le conflit.L’invasion russe de l’Ukraine déclenchée le 24 février 2024 sur ordre de Vladimir Poutine a provoqué le pire conflit en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, faisant des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et détruisant des villes entières sous les bombardements.”Cette année devrait être l’année du début d’une paix réelle et durable”, a déclaré Volodymyr Zelensky en présidant à Kiev un sommet avec une vingtaine de dirigeants étrangers – certains ayant fait le déplacement et d’autres en visioconférence – qui ont exprimé leur soutien à l’Ukraine.Le dirigeant ukrainien a appelé à “gagner la paix par la force, la sagesse et l’unité”. Une alerte aérienne à travers le pays a été brièvement déclenchée pendant le sommet, signalant le risque de frappes de missiles russes.Dans la même veine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que malgré l’ouverture de discussions unilatérales entre Washington et Moscou, Vladimir Poutine n’était selon elle pas prêt à reculer. “Son objectif reste la capitulation de l’Ukraine”, a-t-elle déclaré.- Mobilisation européenne -Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a averti depuis Ankara en Turquie que Moscou ne cesserait les hostilités que lorsque les négociations “aboutiront à un résultat ferme et durable qui conviendra à la Russie”.Moscou réclame notamment que Kiev lui cède cinq régions entièrement ou partiellement occupées et renonce à rejoindre l’Otan.La Russie ne cache pas sa satisfaction de voir Donald Trump briser l’isolement de Vladimir Poutine face aux Occidentaux et adopter des positions proches du Kremlin, estimant par exemple que la présence de Volodymyr Zelensky à des négociations avec la Russie sur le conflit n’est “pas importante”.Le Kremlin a par ailleurs annoncé que M. Poutine avait “informé” lundi le président chinois Xi Jinping des discussions russo-américaines qui ont débuté la semaine dernière. “La Chine est contente de voir les efforts positifs déployés par la Russie et les autres parties concernées pour résoudre la crise”, a déclaré Xi Jinping à Vladimir Poutine, selon un média chinois d’Etat. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui apporté son soutien à son homologue ukrainien en déclarant dans un discours vidéo que Kiev et Moscou devaient être représentées de “manière équitable” aux négociations et plaidant en faveur de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.Les alliés européens de Kiev tentent de se mobiliser depuis le revirement américain. Le président français Emmanuel Macron doit être reçu par Donald Trump lundi à Washington, plusieurs jours avant le Premier ministre britannique Keir Starmer.- “Fatigué de la guerre” -Dans les rues de Moscou, le revirement américain sur l’Ukraine a été accueilli avec enthousiasme par les habitants interrogés par l’AFP.L’Europe et l’Ukraine “ont besoin d’être malmenées pour montrer qu’elles ne sont pas les plus importantes au monde”, a déclaré Irina Svetlichnaïa, retraitée de 77 ans, pour qui la Russie “ne peut pas se montrer faible”.Des soldats ukrainiens interrogés par l’AFP près du front dans l’Est n’ont à l’inverse pas mâché leurs mots à l’égard de Donald Trump.”Cet idiot ne comprend pas du tout de quoi il parle. Il vit dans une bulle et se laisse emporter par la rhétorique russe”, estime Mykhaïlo, un militaire de 41 ans.”Je ne veux pas abandonner le territoire ukrainien (…) nous nous battons depuis si longtemps”, lâche Mykola, un officier de 38 ans, avant d’admettre que “tout le monde est fatigué de la guerre”.Après s’être aligné sur la position russe qui juge l’Ukraine responsable du déclenchement du conflit, M. Trump insiste sur sa volonté de récupérer le montant de l’aide américaine fournie à Kiev en obtenant un accès aux ressources minières ukrainiennes.Son administration fait pression sur l’Ukraine pour signer un accord dans ce domaine qui a dans un premier temps été rejeté par Volodymyr Zelensky.Lundi, l’Ukraine a cependant annoncé être en phase finale de ces pourparlers. Une source ukrainienne haut placée a dit à l’AFP avoir proposé aux Américains la signature d’un “accord cadre” à Washington en présence de MM. Zelensky et Trump.
Mon, 24 Feb 2025 14:30:11 GMT
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