Mozambique: le projet gazier géant de TotalEnergies à un tournant

Le projet gazier mené par TotalEnergies au Mozambique, un investissement de 20 milliards de dollars, pourrait prochainement reprendre après avoir été mis à l’arrêt dans la foulée d’une sanglante attaque jihadiste en 2021.La manne gazière tant attendue par le Mozambique, un des pays les plus pauvres au monde, ne se concrétisera pas immédiatement: le PDG du groupe français Patrick Pouyanné a dit le mois dernier au Nikkei espérer un début de production en 2029.Selon sa direction, TotalEnergies envisage de relancer le projet dans le courant de cet été, et M. Pouyanné serait attendu à Maputo courant juillet, selon une source proche de l’industriel à l’AFP.Pour que le projet reprenne, il reviendra aux actionnaires du projet Mozambique LNG (dont TotalEnergies a 26,5%) de lever la force majeure, qu’ils avaient eux-mêmes invoquée en 2021 après l’attaque.- Réserves colossales -Paradoxe, le pays d’Afrique le plus vulnérable au changement climatique – selon le World Risk Index de 2023 – dispose de gigantesques réserves de gaz naturel décelées au début des années 2010 au large de la province de Cabo Delgado (nord), dans le bassin de Rovuma.Le début d’une “ruée vers le gaz” mozambicain et de projets de production de gaz naturel liquéfié qualifiés de “bombes climatiques” par le collectif “Say No to Gas”, rassemblé autour de l’ONG locale Justica Ambiental.La Banque africaine de développement évoque des réserves de plus de 5.000 milliards de mètres cubes de gaz. “Suffisamment pour approvisionner la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie pendant près de 20 ans”, écrivait-elle en 2018.- Multiples projets de multinationales –Le site offshore flottant du groupe italien ENI à Coral Sul, dont une réplique plus au nord devrait bientôt être officialisée, a bien commencé à produire fin 2022, représentant l’équivalent du quart de la capacité de production de celui de TotalEnergies.Enfin, un troisième projet, à la capacité encore supérieure et conduit par la jaor américaine ExxonMobil devrait recevoir l’an prochain sa décision d’investissement finale, dernière étape avant sa mise en oeuvre, d’après le président mozambicain.Ces projets “pourraient faire du Mozambique un des dix premiers producteurs mondiaux (de gaz, ndlr), contribuant à 20% de la production africaine d’ici 2040”, d’après un rapport du cabinet d’audit Deloitte de 2024.Le projet de TotalEnergies – comme celui d’ExxonMobil – comprend des installations de liquéfaction onshore pour transformer le gaz à l’état liquide et ainsi pouvoir le transporter par la mer.- Insurrection jihadiste et justice saisie -Une insurrection jihadiste déchire le nord du Mozambique depuis 2017. Dans son épisode le plus marquant en mars 2021, le groupe local affilié à l’organisation Etat islamique a pillé plusieurs jours durant Palma, la ville voisine du site, et fait de nombreuses victimes.L’ONG Acled, qui collecte des données sur les conflits, a dénombré 801 morts dans l’attaque, dont des dizaines de sous-traitants.Une information judiciaire a été ouverte en France pour homicide involontaire contre TotalEnergies, à la suite de plaintes de survivants et familles de victimes. Ils reprochent au groupe de ne pas avoir assuré leur sécurité.Des soldats mozambicains chargés de protéger le site gazier à cette période-là ont aussi été accusés d’exactions mortelles sur des villageois dans des témoignages recueillis par le média Politico. La justice mozambicaine et la commission des droits de l’homme du Mozambique ont ouvert une enquête. TotalEnergies a souligné avoir “sollicité” ces investigations.Depuis le début de l’insurrection en 2017, 6.000 morts ont été dénombrés par l’Acled.- Intervention rwandaise financée par l’UE -Face à l’incapacité du groupe paramilitaire russe Wagner à endiguer les insurgés, des soldats rwandais ont été déployés en 2021.L’Union européenne a renouvelé le financement de cette opération cette année malgré l’implication du Rwanda dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Bruxelles cherche à diversifier ses approvisionnements pour limiter sa dépendance au gaz russe.Environ 48.000 personnes ont été déplacées par des attaques moins meurtrières mais encore fréquentes depuis le début de l’année, d’après l’ONU.Trois mois de vive contestation des résultats des élections générales d’octobre, entachées d’irrégularités, ont aussi retardé la reprise du projet. – Retombées miracle ou mirage? -La croissance du Mozambique “devrait s’accélérer fortement pour atteindre 10% en 2028 et 2029, lorsque le premier projet onshore commencera à produire”, estimait l’an passé le Fonds monétaire international (FMI). Un bond spectaculaire pour un pays à la croissance estimée à 2,5% en 2025 par le FMI.Le projet de TotalEnergies ne doit créer que 5.000 emplois locaux au pic de la construction, d’après le consortium Mozambique LNG.Les retombées de cet “Eldorelgado” dépendront du fonds souverain créé par les autorités du Mozambique. Un pays où une partie de la classe politique a déjà été prise dans un scandale de détournement de fonds illégalement empruntés par des entreprises publiques.

Un superyacht en feu dans le port de Saint-Tropez

Un yacht de luxe de 41 mètres a pris feu jeudi soir dans le port de Saint-Tropez (Var) et continuait de brûler après minuit, a-t-on appris auprès des pompiers qui ont mis en place un barrage antipollution.”Tout le monde a évacué le bateau”, a indiqué à l’AFP le commandement régional de la gendarmerie. Selon les pompiers, deux hommes de 24 et 30 ans ont “inhalé des fumées “et ont été pris en charge par les secours sur place.Le feu, d’origine accidentelle selon les gendarmes, s’est déclaré peu après 20h15 sur le superyacht Sea Lady II, amarré dans le vieux port de cette station huppée de la Côte d’Azur, très prisée par la jet-set internationale.Peu après minuit, le feu n’était “toujours pas éteint” et avait gagné “les trois ponts supérieurs” du bateau, a déclaré à l’AFP un porte-parole des pompiers du Var.”Tous les bateaux à proximité ont été enlevés pour éviter tout risque de propagation” et un barrage anti-pollution a été mis en place autour du yacht, ont ajouté les pompiers.Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, l’incendie dégageait d’épaisses fumées noires dans le ciel de Saint-Tropez, où de nombreux badauds filmaient la scène dans la soirée le long du quai Meiffret qui jouxte la capitainerie du port.Une trentaine de sapeurs-pompiers assistés de quatre engins sont mobilisés pour lutter contre l’incendie, assistés de la gendarmerie et de sauveteurs en mer de la SNSM.Selon la gendarmerie, l’incendie est d’origine “accidentelle” et a “vraisemblablement été causé par un problème électrique”.Le Sea Lady II est un superyacht de 41,20 mètres battant pavillon maltais. Construit en 1986 et rénové en 2024, il est proposé à la location 80.000 euros la semaine hors frais en haute saison. Outre ses huit membres d’équipage, il peut accueillir jusqu’à dix passagers avec ses cinq cabines, toutes équipées d’une salle de bains privée, selon le site de location de yachts Charterindex.

A “Eggs-en-Provence”, une pouponnière à dinosaures unique au monde

Armée d’une brosse à main, une paléontologue inspecte méticuleusement un monticule d’argile rouge au pied de la montagne Sainte-Victoire, au coeur de la Provence, à la recherche de fossiles bien particuliers, vieux de quelque 75 millions d’années: des oeufs de dinosaures.Mais ici, pas besoin de chance pour en trouver tant ce site, confidentiel auprès du grand public mais mondialement réputé des scientifiques, qui l’ont renommé “Eggs(oeufs)-en-Provence”, pour sa proximité immédiate avec “Aix” (Bouches-du-Rhône), en abrite vraisemblablement le plus grand gisement au monde.”Ce site n’a pas d’équivalent, il suffit de se baisser pour trouver des restes de coquilles”, explique Thierry Tortosa, paléontologue et conservateur de la Réserve Naturelle Nationale de Sainte-Victoire: “On marche littéralement sur des oeufs!”.Environ 1.000 d’entre-eux, certains jusqu’à 30 centimètres de diamètre, ont été découverts ces dernières années lors de fouilles effectuées sur moins d’un hectare sur les… 280 que comptera bientôt la réserve naturelle, dont la superficie doit doubler d’ici 2026, notamment pour éviter les pillages.”On estime avoir un oeuf au mètre carré: on est donc sur des milliers voire potentiellement des millions d’oeufs”, avance le scientifique.”Eggs” ne cherche pas la compétition avec d’autres sites selon lui, même s’il sourit en évoquant les 17.000 oeufs de dinosaures retrouvés à Heyuan en Chine en 1996, un “record du monde”.”Nous, on ne les sort pas de terre car dans une réserve naturelle on ne doit pas changer le paysage. On attend qu’ils apparaissent grâce à l’érosion. Ensuite on n’aurait pas la capacité de tous les stocker. On prélève seulement ceux qui ont un intérêt paléontologique”. – Où t’es maman (dino) ? -Mais ces oeufs renferment encore des secrets puisqu’ils sont jusqu’à présent tous vides, éclos ou non fécondés: “Tant qu’on n’aura pas trouvé d’embryon dedans, on ne saura pas de quel type de dinosaure ils proviennent. On sait juste que ce sont des herbivores en raison de leur forme ronde”, explique M. Tortosa, qui qualifie cette quête de “Saint Graal”.Rares sont les spécimens fécondés retrouvés, comme “Baby Yingliang”, fossile d’Oviraptorosaure vieux d’au moins 66 millions d’années, découvert vers l’an 2000 à Ganzhou (Chine).Mais Thierry Tortosa se veut optimiste: “il ne faut jamais dire jamais. Depuis neuf ans que je travaille ici, on a découvert des choses qu’on ne pensait pas découvrir”.C’est pourquoi, une fois par an, des experts viennent fouiller pendant 20 jours une nouvelle parcelle de la réserve, dans un lieu tenu secret, pour éviter tout pillage.Cachées sous un filet de camouflage, dans un vallon perdu dans la garrigue, six personnes du département des Bouches-du-Rhône et du Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence grattent, à l’aide de burins puis de pointes à tracer, sur quelques mètres carrés d’un sol argilo-calcaire. “Il y a toujours un côté magique, un retour à l’enfance, quand on découvre un oeuf ou un os fossilisé. Ici, on n’aura jamais terminé de notre vivant car à chaque fois qu’on vient, on sait qu’on va en trouver”, dit à l’AFP Séverine Berton, technicienne de fouilles paléontologiques. Leurs trouvailles ? Un petit fémur, recensé du chiffre “38”, et un tibia-péroné (“52”) de trente centimètres. Sans doute les restes d’un Rhabdodon ou d’un Titanosaure, grands herbivores qui peuplaient cette zone. Un millier d’ossements ont déjà été prélevés sur la réserve.- Pillages -Difficile d’imaginer qu’au lieu d’oliviers, pins d’Alep ou de la Sainte-Victoire elle-même, rendue mondialement célèbre par les peintures de Cézanne, le paysage vers la fin du Crétacé (-89 à 66 millions d’années) ressemblait davantage aux marécages de Camargue ou du delta de l’Okavango au Botswana avec, en sus, palmiers, conifères et plantes à fleurs.Au milieu, de grandes plaines d’inondation aux sols limono-argileux rendant idéales les conditions d’alimentation, de nidification… et de conservation d’oeufs.Cette zone allant de l’actuelle Espagne jusqu’au Massif central formait alors une île qui abritait diverses espèces de dinosaures endémiques. Herbivores mais aussi carnivores comme Variraptor, cousin du Velociraptor popularisé par Spielberg dans Jurassic Park, ou Arcovenator, dont les seuls fossiles ont été découverts non-loin.En 1846, le paléontologue français Philippe Matheron trouvait le premier oeuf de dinosaure au monde à Rognac, à une trentaine de kilomètres. Depuis, nombreuses sont les sociétés savantes à venir dans la région pour “chasser” des oeufs, de manière plus ou moins encadrée. “Les musées du monde entier voulaient un oeuf de la Sainte-Victoire”, rappelle M. Tortosa.Malgré des interdictions, les pillages se poursuivent. En 1989, un incendie révèle des fossiles à l’air libre: “tout le monde venait ramasser des oeufs”, regrette l’actuel conservateur. En 1994, le site est classé réserve naturelle nationale à vocation géologique, plus haut niveau de protection avec interdiction d’accès du public.Le département réfléchit désormais à valoriser ce patrimoine pour développer “le tourisme paléontologique”: selon lui “la France est le seul pays au monde à ne pas savoir communiquer sur les dinosaures: d’autres pays font un musée autour d’une dent alors que c’est ici qu’on trouve le plus de diversité”.

Euro-2025: avec l’Espagne, l’idéal de “fluidité” d’Alexia Putellas

Etincelante à l’Euro-2025, la double Ballon d’Or Alexia Putellas porte une Espagne habitée par un idéal: trouver un football si “fluide” qu’il la mènera vers un premier doublé titre mondial-titre continental.Dans un entretien mercredi à l’AFP, la milieu de 31 ans “profite” d’un début de tournoi marqué par deux titres de meilleure joueuse du match, trois buts et deux passes décisives, elle qui s’était gravement blessée à la veille de l’Euro-2022.QUESTION: La sélectionneuse Montse Tomé et vous-même insistez sur la nécessité d’un jeu “fluide”. Est-il possible de l’être encore plus qu’en marquant cinq buts au Portugal (5-0) et six à la Belgique (6-2) en attendant le match face à l’Italie vendredi ?REPONSE: “C’est vrai que Montse utilise beaucoup ce mot, et nous aussi désormais. La +fluidité+, c’est ce mélange entre appliquer rigoureusement le plan de jeu et, en même temps, se laisser aller, s’amuser, laisser les choses venir naturellement. Et ce n’est pas facile d’en arriver là. Il y a beaucoup de travail derrière et à chaque match, on peut y arriver ou non. L’important c’est de gagner, mais nous savons que si nous atteignons cet état, tout coulera de source et tout ira de soi.”Q: Savourez-vous davantage ces moments de joie lorsqu’ils arrivent après une période difficile – la grave blessure au genou gauche que vous avez subie en 2022, avec une nouvelle opération fin 2023 ?R: “Je pense que oui. C’était une période difficile, comme toute blessure grave subie par un athlète. Cela vous permet de tirer des leçons, d’apprendre à profiter de chaque instant. Je profite de chaque jour ici au championnat d’Europe.”Q: Après les deux premiers matches, vous avez dit que vous +pensiez et voyiez le jeu plus rapidement+. Depuis combien de temps n’aviez-vous pas ressenti cela ?R: “J’ai eu ce sentiment tout au long de la saison, ce n’est pas seulement à l’Euro. Il s’agit maintenant de la prolonger le plus possible pendant tous les matches du tournoi.”Q: Vous êtes internationale depuis plus de dix ans, comment avez-vous vécu la révolution du football espagnol, marquée par une révolte des joueuses dont vous faisiez partie contre la Fédération ?R: “Récemment, dans le car, nous avons raconté aux jeunes qui arrivaient les débuts de notre génération. Tout était très différent, la vie quotidienne, les entraînements…. Nous leur avons raconté quelques anecdotes et elles étaient stupéfaites, elles disaient +comment cela pouvait être normal ?+. Aujourd’hui, ce n’est évidemment pas possible, et encore moins à un niveau sportif professionnel.”Q: Quand on vous qualifie d’icône mondiale, qu’est-ce que ça vous inspire ?R: “Honnêtement, cela m’est égal. Je vois les choses d’un point de vue totalement extérieur, et je suis heureuse qu’il y ait des sportives professionnelles et qu’elles disposent de cet espace. Je suis heureuse si cela permet à d’autres personnes d’être inspirées, de tirer le meilleur d’elles-mêmes, d’être un peu plus heureuses, c’est ce qui me fait le plus plaisir.”Q: Voyez-vous l’effervescence qui entoure le football comme un devoir ou un privilège ?R: “J’en suis maintenant au point où je sais que cela fait partie de la profession. Je suis quelqu’un d’assez introvertie et il m’est beaucoup plus naturel de parler de choses techniques dans le football. Je suis un peu plus réservée dans ma personnalité, j’ai un peu plus de mal à m’ouvrir. Mais cela ne me frustre plus, je l’ai compris et je l’accepte.” Q: Comment est Alexia Putellas lorsqu’elle ne pense pas au football ?R: “Je suis turbulente, j’aime créer, je réfléchis toute la journée, j’ai des projets plein la tête, j’ai l’impression d’être en mouvement permanent. Et puis quand je me rends compte qu’il faut que je m’arrête, j’adore être à la maison. J’ai la chance d’avoir une grande famille, dont mes amis font également partie, et ces moments sont aussi la vie pour moi.”Q: Il vous reste encore beaucoup de temps avant de prendre votre retraite, mais est-ce que vous aimeriez rester dans le football ? R: “On ne sait jamais, mais j’aime le football, j’aime ça d’un point de vue de footballeuse. Je ne peux pas vous dire ce qui va m’animer, j’ai eu la chance et le privilège de pouvoir décider de ce qui me motive vraiment sans avoir aucun besoin, ce que je considère comme un privilège, donc ce qui me motive vraiment, c’est ce que je choisirai.”

En Indonésie, capturer les gaz de climatisation pour limiter le réchauffement climatique

Au sous-sol d’un complexe résidentiel de Jakarta, entouré des tuyaux du système de climatisation, Ari Sobaruddin mène un travail peu glamour mais inspirant: capturer les gaz de refroidissement afin de lutter contre le changement climatique.Avec ses collègues, le technicien de 30 ans récupère le gaz réfrigérant des climatiseurs pour empêcher ce “superpolluant” climatique, des milliers de fois plus puissant que le dioxyde de carbone, de s’échapper dans l’atmosphère.”J’adore ça parce qu’il s’agit de préserver la nature, de la sauver”, confie à l’AFP cet employé de la société Recoolit, lancée en Indonésie en 2021 pour traiter les fluides réfrigérants, présents dans les climatiseurs, les réfrigérateurs ou les voitures.Des recherches menées dans les années 1970 ont montré que les réfrigérants alors courants, appelés chlorofluorocarbures (CFC), détruisent la couche d’ozone.Un accord international visant à les éliminer progressivement est entré en vigueur en 1989.Mais si leurs substituts, notamment les hydrofluorocarbures (HFC), sont moins nocifs pour la couche d’ozone, ils présentent d’importantes propriétés de réchauffement climatique.”Et ceux-ci se trouvent dans des unités de climatisation (…) partout dans les pays en développement”, explique Yosaka Eka Putranta, responsable des opérations de Recoolit.- “Problème croissant” -Des accords internationaux ont été signés, visant à réduire progressivement les HFC, mais ces produits seront utilisés pendant encore plusieurs décennies.Et la demande pour ces produits ne fait qu’augmenter en raison du changement climatique et parce que les classes moyennes en pleine expansion recherchent des solutions de climatisation.”C’est un problème croissant car nous avons besoin que nos environnements intérieurs soient plus résilients au changement climatique”, estime Robyn Schofield, professeure de chimie atmosphérique à l’Université de Melbourne.Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les HFC devraient représenter entre 7 et 19% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.Le risque de dispersion survient lors de l’entretien ou de l’élimination, lorsque des réfrigérants comme le HFC connu sous le nom de “R-134a” peuvent être libérés accidentellement ou volontairement.En Indonésie, comme dans la plupart des pays, cette dispersion est illégale, mais l’application de cette interdiction est limitée.”C’est inodore, impossible à repérer. La capture (du gaz) nécessite énormément de ressources: la machine, les hommes. Donc certains le laissent s’échapper”, déplore Erik Cahyanta, directeur du développement commercial de Recoolit.Un technicien reçoit 50.000 roupies (2,60 euros) par kilogramme de réfrigérant récupéré. Le réfrigérant récupéré est ensuite détruit à haute température dans un four ou un incinérateur.- Crédits carbone -Pour se financer, l’entreprise lève des fonds en vendant des crédits carbone pour les émissions évitées.Le prix d’une tonne d’équivalent dioxyde de carbone est fixé à 75 dollars (64 euros), un prix plus élevé que de nombreux crédits vidant à empêcher la déforestation, mais inférieur à celui de l’élimination du carbone par d’autres technologies de pointe.Alors que de nombreux crédits carbone sont vendus sur des bourses avec vérification par un tiers, Recoolit vend directement aux acheteurs, grâce à une méthodologie développée par le Carbon Containment Lab, une organisation à but non lucratif issue de l’Université américaine de Yale.Les crédits carbone ont été l’objet de critiques ces dernières années. Pour Benja Faecks, analyste pour l’ONG Carbon Market Watch, “la compensation” peut donner l’impression “que les émissions peuvent simplement être effacées par des transactions financières”.Cela permet aux “pollueurs de revendiquer la +neutralité carbone+ ou de +nier les émissions en cours+ sans réellement réduire leurs propres émissions”, a-t-elle déclaré à l’AFP.Recoolit répond que ses crédits carbone sont robustes car ils détruisent de manière mesurable un gaz à effet de serre. Les bidons sont échantillonnés et l’analyse est ensuite effectuée par le seul laboratoire qualifié de la région, en Malaisie, pour confirmer que le contenu est constitué de réfrigérants, explique M. Putranta.De plus, l’entreprise paie les fluides frigorigènes moins cher que le marché, évitant ainsi de créer un marché pour de nouveaux fluides frigorigènes.La destruction des réfrigérants reste une part relativement faible du marché du carbone, même si certains acteurs clés y participent, notamment la société américaine Tradewater.Recoolit a de son côté attiré l’attention de l’un des plus grands acteurs du marché, le géant américain du numérique Google, qui a annoncé récemment un partenariat avec Recoolit et avec une deuxième entreprise pour éviter des émissions équivalentes à un million de tonnes de dioxyde de carbone.Contactée par l’AFP, Google n’a pas répondu dans l’immédiat mais a indiqué vouloir aider Recoolit à multiplier ses opérations par 10 et à s’étendre en dehors de l’Indonésie.

En Indonésie, capturer les gaz de climatisation pour limiter le réchauffement climatique

Au sous-sol d’un complexe résidentiel de Jakarta, entouré des tuyaux du système de climatisation, Ari Sobaruddin mène un travail peu glamour mais inspirant: capturer les gaz de refroidissement afin de lutter contre le changement climatique.Avec ses collègues, le technicien de 30 ans récupère le gaz réfrigérant des climatiseurs pour empêcher ce “superpolluant” climatique, des milliers de fois plus puissant que le dioxyde de carbone, de s’échapper dans l’atmosphère.”J’adore ça parce qu’il s’agit de préserver la nature, de la sauver”, confie à l’AFP cet employé de la société Recoolit, lancée en Indonésie en 2021 pour traiter les fluides réfrigérants, présents dans les climatiseurs, les réfrigérateurs ou les voitures.Des recherches menées dans les années 1970 ont montré que les réfrigérants alors courants, appelés chlorofluorocarbures (CFC), détruisent la couche d’ozone.Un accord international visant à les éliminer progressivement est entré en vigueur en 1989.Mais si leurs substituts, notamment les hydrofluorocarbures (HFC), sont moins nocifs pour la couche d’ozone, ils présentent d’importantes propriétés de réchauffement climatique.”Et ceux-ci se trouvent dans des unités de climatisation (…) partout dans les pays en développement”, explique Yosaka Eka Putranta, responsable des opérations de Recoolit.- “Problème croissant” -Des accords internationaux ont été signés, visant à réduire progressivement les HFC, mais ces produits seront utilisés pendant encore plusieurs décennies.Et la demande pour ces produits ne fait qu’augmenter en raison du changement climatique et parce que les classes moyennes en pleine expansion recherchent des solutions de climatisation.”C’est un problème croissant car nous avons besoin que nos environnements intérieurs soient plus résilients au changement climatique”, estime Robyn Schofield, professeure de chimie atmosphérique à l’Université de Melbourne.Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les HFC devraient représenter entre 7 et 19% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.Le risque de dispersion survient lors de l’entretien ou de l’élimination, lorsque des réfrigérants comme le HFC connu sous le nom de “R-134a” peuvent être libérés accidentellement ou volontairement.En Indonésie, comme dans la plupart des pays, cette dispersion est illégale, mais l’application de cette interdiction est limitée.”C’est inodore, impossible à repérer. La capture (du gaz) nécessite énormément de ressources: la machine, les hommes. Donc certains le laissent s’échapper”, déplore Erik Cahyanta, directeur du développement commercial de Recoolit.Un technicien reçoit 50.000 roupies (2,60 euros) par kilogramme de réfrigérant récupéré. Le réfrigérant récupéré est ensuite détruit à haute température dans un four ou un incinérateur.- Crédits carbone -Pour se financer, l’entreprise lève des fonds en vendant des crédits carbone pour les émissions évitées.Le prix d’une tonne d’équivalent dioxyde de carbone est fixé à 75 dollars (64 euros), un prix plus élevé que de nombreux crédits vidant à empêcher la déforestation, mais inférieur à celui de l’élimination du carbone par d’autres technologies de pointe.Alors que de nombreux crédits carbone sont vendus sur des bourses avec vérification par un tiers, Recoolit vend directement aux acheteurs, grâce à une méthodologie développée par le Carbon Containment Lab, une organisation à but non lucratif issue de l’Université américaine de Yale.Les crédits carbone ont été l’objet de critiques ces dernières années. Pour Benja Faecks, analyste pour l’ONG Carbon Market Watch, “la compensation” peut donner l’impression “que les émissions peuvent simplement être effacées par des transactions financières”.Cela permet aux “pollueurs de revendiquer la +neutralité carbone+ ou de +nier les émissions en cours+ sans réellement réduire leurs propres émissions”, a-t-elle déclaré à l’AFP.Recoolit répond que ses crédits carbone sont robustes car ils détruisent de manière mesurable un gaz à effet de serre. Les bidons sont échantillonnés et l’analyse est ensuite effectuée par le seul laboratoire qualifié de la région, en Malaisie, pour confirmer que le contenu est constitué de réfrigérants, explique M. Putranta.De plus, l’entreprise paie les fluides frigorigènes moins cher que le marché, évitant ainsi de créer un marché pour de nouveaux fluides frigorigènes.La destruction des réfrigérants reste une part relativement faible du marché du carbone, même si certains acteurs clés y participent, notamment la société américaine Tradewater.Recoolit a de son côté attiré l’attention de l’un des plus grands acteurs du marché, le géant américain du numérique Google, qui a annoncé récemment un partenariat avec Recoolit et avec une deuxième entreprise pour éviter des émissions équivalentes à un million de tonnes de dioxyde de carbone.Contactée par l’AFP, Google n’a pas répondu dans l’immédiat mais a indiqué vouloir aider Recoolit à multiplier ses opérations par 10 et à s’étendre en dehors de l’Indonésie.

En Indonésie, capturer les gaz de climatisation pour limiter le réchauffement climatique

Au sous-sol d’un complexe résidentiel de Jakarta, entouré des tuyaux du système de climatisation, Ari Sobaruddin mène un travail peu glamour mais inspirant: capturer les gaz de refroidissement afin de lutter contre le changement climatique.Avec ses collègues, le technicien de 30 ans récupère le gaz réfrigérant des climatiseurs pour empêcher ce “superpolluant” climatique, des milliers de fois plus puissant que le dioxyde de carbone, de s’échapper dans l’atmosphère.”J’adore ça parce qu’il s’agit de préserver la nature, de la sauver”, confie à l’AFP cet employé de la société Recoolit, lancée en Indonésie en 2021 pour traiter les fluides réfrigérants, présents dans les climatiseurs, les réfrigérateurs ou les voitures.Des recherches menées dans les années 1970 ont montré que les réfrigérants alors courants, appelés chlorofluorocarbures (CFC), détruisent la couche d’ozone.Un accord international visant à les éliminer progressivement est entré en vigueur en 1989.Mais si leurs substituts, notamment les hydrofluorocarbures (HFC), sont moins nocifs pour la couche d’ozone, ils présentent d’importantes propriétés de réchauffement climatique.”Et ceux-ci se trouvent dans des unités de climatisation (…) partout dans les pays en développement”, explique Yosaka Eka Putranta, responsable des opérations de Recoolit.- “Problème croissant” -Des accords internationaux ont été signés, visant à réduire progressivement les HFC, mais ces produits seront utilisés pendant encore plusieurs décennies.Et la demande pour ces produits ne fait qu’augmenter en raison du changement climatique et parce que les classes moyennes en pleine expansion recherchent des solutions de climatisation.”C’est un problème croissant car nous avons besoin que nos environnements intérieurs soient plus résilients au changement climatique”, estime Robyn Schofield, professeure de chimie atmosphérique à l’Université de Melbourne.Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les HFC devraient représenter entre 7 et 19% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.Le risque de dispersion survient lors de l’entretien ou de l’élimination, lorsque des réfrigérants comme le HFC connu sous le nom de “R-134a” peuvent être libérés accidentellement ou volontairement.En Indonésie, comme dans la plupart des pays, cette dispersion est illégale, mais l’application de cette interdiction est limitée.”C’est inodore, impossible à repérer. La capture (du gaz) nécessite énormément de ressources: la machine, les hommes. Donc certains le laissent s’échapper”, déplore Erik Cahyanta, directeur du développement commercial de Recoolit.Un technicien reçoit 50.000 roupies (2,60 euros) par kilogramme de réfrigérant récupéré. Le réfrigérant récupéré est ensuite détruit à haute température dans un four ou un incinérateur.- Crédits carbone -Pour se financer, l’entreprise lève des fonds en vendant des crédits carbone pour les émissions évitées.Le prix d’une tonne d’équivalent dioxyde de carbone est fixé à 75 dollars (64 euros), un prix plus élevé que de nombreux crédits vidant à empêcher la déforestation, mais inférieur à celui de l’élimination du carbone par d’autres technologies de pointe.Alors que de nombreux crédits carbone sont vendus sur des bourses avec vérification par un tiers, Recoolit vend directement aux acheteurs, grâce à une méthodologie développée par le Carbon Containment Lab, une organisation à but non lucratif issue de l’Université américaine de Yale.Les crédits carbone ont été l’objet de critiques ces dernières années. Pour Benja Faecks, analyste pour l’ONG Carbon Market Watch, “la compensation” peut donner l’impression “que les émissions peuvent simplement être effacées par des transactions financières”.Cela permet aux “pollueurs de revendiquer la +neutralité carbone+ ou de +nier les émissions en cours+ sans réellement réduire leurs propres émissions”, a-t-elle déclaré à l’AFP.Recoolit répond que ses crédits carbone sont robustes car ils détruisent de manière mesurable un gaz à effet de serre. Les bidons sont échantillonnés et l’analyse est ensuite effectuée par le seul laboratoire qualifié de la région, en Malaisie, pour confirmer que le contenu est constitué de réfrigérants, explique M. Putranta.De plus, l’entreprise paie les fluides frigorigènes moins cher que le marché, évitant ainsi de créer un marché pour de nouveaux fluides frigorigènes.La destruction des réfrigérants reste une part relativement faible du marché du carbone, même si certains acteurs clés y participent, notamment la société américaine Tradewater.Recoolit a de son côté attiré l’attention de l’un des plus grands acteurs du marché, le géant américain du numérique Google, qui a annoncé récemment un partenariat avec Recoolit et avec une deuxième entreprise pour éviter des émissions équivalentes à un million de tonnes de dioxyde de carbone.Contactée par l’AFP, Google n’a pas répondu dans l’immédiat mais a indiqué vouloir aider Recoolit à multiplier ses opérations par 10 et à s’étendre en dehors de l’Indonésie.

A Los Angeles, des petits commerces “en crise” après les opérations antimigrants

A l’heure du déjeuner, Nayomie Mendoza avait l’habitude de voir ses clients faire la queue devant son restaurant de Los Angeles. Mais depuis les opérations anti-immigration de l’administration Trump, ses tables sont désespérément vides.”Nos ventes ont chuté de 80%”, affirme la restauratrice à la tête du Cuernavaca’s Grill, restaurant mexicain coloré dans le Fashion district, quartier dynamique et commerçant de Los Angeles.”Ce qui nous sauve, c’est que nous avons beaucoup de livraisons à domicile, soit les autres 20%. Et nous avons beaucoup de livraisons à domicile (…) car beaucoup de nos voisins ont peur de sortir”, ajoute-t-elle.Ce quartier d’ordinaire animé s’est transformé en ville fantôme après les descentes d’agents fédéraux de la police de l’immigration (ICE) dans des usines et commerces de la ville.Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, le président américain Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité absolue, évoquant une “invasion” des Etats-Unis par des “criminels venus de l’étranger” et communiquant abondamment sur les expulsions d’immigrés.Un tiers de la population de Los Angeles est d’origine étrangère et la ville compte des centaines de milliers de sans-papiers, selon des estimations. C’est peut-être une des raisons qui ont poussé les habitants à manifester le mois dernier contre les opérations anti-migrants menées par ICE.Le gouvernement fédéral a accusé les autorités de Los Angeles, une ville dite “sanctuaire” pour les migrants, d’avoir encouragé les heurts lors de ces manifestations d’opposition aux raids musclés menés par les agents de ICE contre des immigrés clandestins.- “Pire que la pandémie” – Engagé dans un bras de fer, le gouvernement Trump ne semble pas vouloir faire marche arrière.”Il vaut mieux s’habituer à nous maintenant, car cela va devenir la normalité très vite. Nous irons partout, quand nous le voulons à Los Angeles”, a déclaré lundi sur la chaîne Fox News Gregory Bovino, du service des douanes et de la protection des frontières (CBP).”Le gouvernement fédéral ne partira pas de Los Angeles”, a-t-il ajouté.Nayomie Mendoza maintient elle que ces descentes n’affectent pas seulement les étrangers ou les sans-papiers, mais également toute une industrie. L’année avait déjà mal commencé pour les commerces de la mégapole dévastée par des feux de forêt en janvier.Faute de clients, la restauratrice, va fermer boutique à 15H00. Une situation bien différente de l’année dernière quand elle pouvait parfois servir jusqu’à tard dans la journée.”C’est probablement pire que durant la pandémie (de Covid-19)”, confie-t-elle.Dans une rue voisine, Manuel Suarez, qui vend des jouets dans une petite échoppe, confirme. “En ce moment c’est pire car, pendant la pandémie, même si c’était une pandémie, on vendait”, ajoute celui qui travaille depuis 35 ans dans ce quartier. “Là, nous sommes totalement en crise”.Selon lui, beaucoup de commerçants ont fermé leurs boutiques préventivement à mesure que les descentes antimigrants s’intensifiaient. D’autres ont licencié des employés, après un fort recul de leurs ventes.- “Au chat et à la souris” -“Les gens ont peur de venir, et s’ils viennent, ils ciblent une boutique en particulier, pour faire ce qu’ils ont à faire et après rentrent chez eux”, explique Jose Yern, gérant d’Anita’s Bridal, spécialisé dans les robes de soirée.Dans le quartier, les commerçants assurent que la peur est partout. Ils communiquent entre eux à l’aide de talkie-walkie et préviennent du passage d’un hélicoptère ou de l’arrivée d’agents en uniforme.Certains surveillent aussi la rue juchés sur les toits, alertant leurs voisins de l’arrivée d’agents fédéraux en criant “la migra”, surnom donné aux membres de ICE.”C’est malheureux que le gouvernement ne comprenne pas que quand on nous attaque, on est tous perdants”, déclare un vendeur qui n’a pas voulu donné son nom.”Mais nous n’allons pas partir. Ce qui va se passer, c’est qu’on va jouer au chat et à la souris. On verra bien qui se fatiguera en premier”. 

S.Africa’s apartheid crimes panel’s work ‘unfinished’ 30 years onFri, 11 Jul 2025 05:52:07 GMT

Nomonde Calata’s tears as she testified in court last month about her husband’s assassination 40 years ago echoed the raw anguish heard during South Africa’s Truth and Reconciliation Commission hearings after apartheid ended in 1994.From 1996 to 1998, the TRC heard harrowing accounts of murders, torture and other apartheid-era abuses from hundreds of victims and …

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